Mardi 2 juin - Rencontre autour du livre de Duygu Asena
Publié en Turquie en 1987, Kadının Adı Yok (Une femme n’a pas de nom) accède enfin à une édition française, 38 ans après sa parution originale. Œuvre fondatrice de la littérature féministe turque, ce roman n’avait jusqu’ici jamais été publié en France, malgré son statut emblématique dans l’histoire culturelle et sociale du pays. Figure majeure de la vie intellectuelle turque, Duygu Asena dépasse largement le cadre littéraire. Journaliste, autrice, actrice et militante des droits des femmes, elle incarne une voix pionnière du féminisme contemporain en Turquie. Née à Istanbul le 19 avril 1946, elle débute sa carrière journalistique en 1972 et contribue à plusieurs magazines, notamment à la création du magazine féminin Kadınca.
Avec Une femme n’a pas de nom, elle impose la question des droits des femmes dans le débat public et transforme durablement le paysage culturel turc. Succès fulgurant, le roman est publié 40 fois en un an avant d’être interdit pour «obscénité». S’ensuit un combat juridique de deux ans, remporté par l’autrice, permettant sa ré-autorisation. Aujourd’hui encore, ce texte continue de résonner avec les luttes contemporaines, au point qu’un prix littéraire porte désormais le nom de Duygu Asena.
Sur la quatrième de couverture, Elif Shafak écrit:
«Éloquente, courageuse et avant-gardiste, Asena est l’une des voix les plus importantes pour comprendre la profondeur et la beauté des histoires des femmes turques, y compris leurs silences, leurs luttes et leur remarquable résilience».
Roman d’une modernité saisissante, Une femme n’a pas de nom se distingue par sa liberté de ton, son énergie et la puissance de son écriture. L’héroïne refuse toute passivité : elle observe, affronte les murs invisibles, et construit son propre chemin vers l’émancipation. De l’enfance à l’âge adulte, son parcours fait écho aux combats universels pour les droits des femmes, avec une intensité lumineuse et une audace joyeuse.
Nous profitons de cette sortie pour inviter Claire Lajus, la traductrice du roman, qui vit et enseigne la traductologie à l’université d’Istanbul, et Vanessa Bianchi, l’éditrice le mardi 2 juin de 17h à 19h. Venez nombreuses!