Bienheureux soit ce monde de Jacques Attali - Flammarion (dystopie)
Lecture de Tiffany: 6 janvier 2029. Ehud Elmer, prisonnier politique depuis trois ans, parvient à s’évader à la faveur d’une cyberattaque. Traqué par toutes les polices, il retrouve ses complices et reprend la tête de son groupe de résistants, les «Vivants». Leur but? Éliminer systématiquement ceux qu’ils désignent comme les vrais maîtres du monde, les «Sombres», ces dirigeants insaisissables qui se cacheraient derrière les gouvernants et qui seraient responsables de tous les dérèglements de la planète. La situation mondiale est catastrophique: le réchauffement climatique s’est aggravé. Donald Trump, élu en 2024 et réélu en 2028, a lancé un vaste programme d’expulsion des étrangers et une lutte sans merci contre le trafic de drogue. Marine Le Pen, élue en 2027 est toujours populaire après deux ans de mandat. La plupart des gens se sont résignés à ne pas avoir d’impact sur l’avenir et s’étourdissent de drogues, de malbouffe et de jeux vidéo…
C’est un futur effrayant et pourtant plausible que Jacques Attali présente ici, à travers le point de vue de trois personnages aux positions différentes. Ce roman est une lecture marquante, mais aussi perturbante, entre dystopie, uchronie, avec une drôle d’impression de flottement et d’hallucination, comme si en tant que lecteur·ice·s nous étions placé·e·s au dessus de l’Histoire et laissé·e·s impuissant·e·s.