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La descente aux enfers de la finance de Georges Ugeux - Odile jacob

La descente aux enfers de la financeÉmetteur du verbatim: François C.

Préface de Jean-Claude TRICHET

De l’ouragan des banques au temps des dettes gouvernementales via les banques centrales

. Les banques se complaisent dans des financements incertains

. Les banques centrales font exploser leurs bilans

. Le surendettement public sera-t-il le prochain tsunami financier?

. Le triangle des Bermudes de la finance: la situation européenne

. Le statu quo n’est plus possible.

Première partie LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES

Ch. 1 Les États-Unis entraînent la finance transatlantique dans une crise

. Les banques américaines victimes de leur propre négligence

. La gestion des débiteurs hypothécaires

. Le risque de contagion

. Le sauvetage des banques a un prix

. Les sanctions

. Qui est en charge de mesurer les conséquences des actions des autorités?

. Restaurer la confiance dans la finance

. Le défi de la réglementation bancaire américaine

. Les stress tests de la Federal Reserve rassurent

. American Insurance Group: une succession d’abus.

Ch. 2 Les banques européennes aux prises avec les risques de l’euro

. Il est nécessaire de recapitaliser les banques européennes

. La recapitalisation des banques européennes n’est pas le devoir de l’Europe

. L’Europe ne prend pas les mesures nécessaires pour permettre un environnement stable

. Les cajas espagnoles (accumulation de crédits hypothécaires de mauvaise qualité) menacent la stabilité financière du pays

. La crise bancaire italienne: la déroute de Monte dei Paschi di Siena (le plus haut taux de crédits douteux de l’Italie, des fraudes sur les produits dérivés pour cacher les pertes, l’absence de gestion du risque et une culture complaisante et politisée).

Ch. 3 Les déviations de la finance

. La fraude de Bernie Madoff: la pyramide de Ponzi

. L’affaire Kerviel et la Société générale

. Goldman Sachs ou l’impunité des puissants / Une culture au-dessus des lois / La complicité de la Federal Reserve de New York

. JP Morgan et la baleine de Londres

. La manipulation du Libor / un rapport déterminant et sans ambiguïté

. Le marché des changes: comment manipuler 5 billions de dollars par jour?

. Le bitcoin n’a jamais été une monnaie: chronique d’un marché manipulé.

Deuxième partie LES BANQUES CENTRALES EN PERDITION?

Ch. 1  La Federal Reserve Bank aux prises avec un double mandat

. Comment la Fed en est arrivée là? / Avait-elle le choix?

. Les trois étapes du quantitative easing n’ont pas réussi dans leur mission.

Ch. 2 La BCE au four et au moulin

. La BCE prête aux banques 1 billion d’euros en deux mois

. L’explosion du bilan de la BCE: de 2 à 4 billions d’euros

. Les taux d’intérêt négatifs sont une forme de taxation de l’épargne.

Ch. 3 L’Union bancaire européenne pourra-t-elle décoller?

. L’accouchement douloureux d’une réglementation financière européenne

. Les premiers pas de l’Union bancaire européenne

. La réglementation financière européenne est-elle efficace?

. L’Union bancaire européenne consolide la zone euro

. Les stress tests: pourquoi l’Europe est-elle laxiste?

. En attendant Godot: l’évanescente inflation ne sauvera pas l’endettement.

Troisième partie LE SURENDETTEMENT DES ÉTATS

Ch. 1 L’Europe s’enfonce dans la dette souveraine avec l’aide de la politique monétaire de la BCE

. L’Europe aux prises avec les risques de ses États membres

. L’Irlande

. L’Espagne

. Le Portugal

Ch. 2 La Grèce ou comment aggraver une crise souveraine

. L’errance devant la surprise

. L’Europe au chevet de la Grèce

. L’entrée du Fonds monétaire international

. Faire payer le secteur privé: le rééchelonnement de la dette

. La crise grecque et l’euro

. Les leçons de la crise grecque: la zone euro a besoin d’un Fonds monétaire européen.

Ch. 3 La France endettée acculée à la discipline

. Le déni de l’importance de la dette

. L’austérité doit être équitable.

Ch. 4 La dette italienne de 2,3 billions d’euros menace la zone euro et le monde

. L’impossible rééchelonnement de la dette

. L’Italie menace la zone euro.

Ch. 5 Les États-Unis ou l’absence de discipline budgétaire qui menace le monde

Cette irresponsabilité fiscale, combinée avec les politiques de la Federal Reserve ayant engrangé 2,1 billions de dollars d’emprunts publics, menace la stabilité financière du monde d’un tsunami dont on ne peut qu’imaginer les conséquences mondiales.

Quatrième partie  LA CRISE MONDIALE PEUT-ELLE ENCORE ÊTRE ÉVITÉE?

. Si ce n’est pas une conspiration, cela y ressemble furieusement

. L’évolution économique: la dérive des déséquilibres budgétaires.

 Ch. 1 À quoi devons-nous nous attendre?

. La hausse inexorable des taux d’intérêt ;

. L’impact budgétaire de la hausse des taux ;

. La baisse de la valeur des actifs ;

. La baisse de la notation des États ;

. Le renchérissement du crédit ;

. La perte de pouvoir d’achat ;

. La récession économique.

Ch. 2 Que peuvent faire les banques?

. Réduire la détention d’emprunts d’État

. L’impact comptable des baisses de valeur dans les bilans des banques

. L’impact réel des baisses de valeur

. Réduire la taille des bilans

. La gestion du risque: l’encadrement des ratios bancaires

. Les rémunérations continuent à atteindre des sommets obscènes.

 Ch. 3 Que peuvent faire les banques centrales?

. Les banques centrales investissent massivement en emprunts d’État

. Faut-il éclater les banques centrales ?

. Les banques financent les banques centrales qui financent les banques

. Les banques centrales exproprient les investisseurs

. Arrêter toute forme de quantitative easing

. Créer une hausse progressive des taux d’intérêt

. Revoir la pondération des risques liés aux emprunts d’État.

Ch. 4 Que peuvent faire les gouvernements?

. L’austérité doit être équitable

. Le FMI lance un signal d’alarme sur la dette souveraine

. Diminuer les dépenses

. Augmenter l’impôt sur les sociétés

. Céder les actifs non stratégiques.

Conclusion FINANCE, SOCIÉTÉ ET RESPONSABILITÉ

. La question de confiance reste posée

. Un système refermé sur lui-même

Le triangle des Bermudes n’est pas un mythe: c’est cette interconnexion entre les financiers, les banquiers centraux et les autorités politiques qui, soudée par la mondialisation, a créé un nouveau monde où chaque acteur est dépendant des autres et n’a aucun intérêt à mettre en question le système.

L’heure de la vérité et du courage.

*

ALGORITHMES - Les ADM (Arme de destruction mathématique), bombe à retardement de Cathy O’NEIL - Ed. Les Arènes

Émetteur du verbatim : François C.

Algorithmes : la bombe à retardementLes mécanismes d’une bombe Qu’est-ce qu’un modèle?

C’est de cette manière que les modèles dignes de confiance fonctionnent. Ils entretiennent un va-et-vient permanent avec les réalités de tout ordre qu’ils essaient de comprendre ou de prédire. Quand les conditions changent, les modèles doivent eux aussi changer.

Lorsqu’on crée un modèle, il faut tout d’abord choisir les données que l’on juge pertinentes pour l’alimenter…Les angles morts d’un modèle reflètent les jugements et les priorités de ses concepteurs…Les modèles, malgré leur réputation d’impartialité, sont le reflet d’une idéologie et d’objectifs bien précis.

Les modèles opaques et invisibles sont légion, tandis que les modèles transparents font figure d’exception.

Les trois éléments d’une ADM : opacité, échelle et nocivité.

Sous le choc Comment j’ai perdu mes illusions

Le modèle de risque associé aux créances hypothécaires était une ADM. Les banques étaient bien conscientes que certains de ces emprunts n’avaient aucune chance d’être remboursés. Mais elles s’accrochaient à deux hypothèses fausses, qui maintenaient leur confiance dans le système.

Au cours des mois suivants, la catastrophe finit par toucher le grand public. C’est là que chacun s’aperçut qu’il y avait des gens derrière tous ces algorithmes…La souffrance humaine dissimulée jusque-là derrière les chiffres, les feuilles de calcul et les scores de risque, devint palpable.

Le refus d’admettre le risque imprègne en profondeur le monde de la finance.

Je décelais en réalité toutes sortes de parallèles entre la finance et le Big Data…Dans ces deux secteurs, le monde réel, avec tout son désordre, est mis à l’écart. La tendance consiste à remplacer les gens par des flux de données, et à en faire des acheteurs, des électeurs ou des employés plus efficaces afin de remplir de manière optimale un objectif quelconque.

Un faux sentiment de sécurité conduisait à la mise en œuvre généralisée de modèles imparfaits, à des définitions intéressées du succès, et au développement des boucles de rétroaction. Ceux qui s’y opposaient étaient considérés comme des réactionnaires nostalgiques.

La course à l’armement Entrer à l’université

Toute formule présente en théorie un caractère parfaitement inoffensif. Mais si elle acquiert la dimension d’une norme nationale ou mondiale, elle crée alors sa propre économie, dystopique et dénaturée. C’est ce qui s’est passé dans l’enseignement supérieur.

En devenant une référence nationale, U.S. News créa une boucle de rétroaction particulièrement néfaste. Le problème venait du fait que le classement s’auto-renforçait.

Leur spectaculaire échec résulte plutôt de ce que les journalistes d’U.S. News ont choisi de ne pas prendre en compte : les frais de scolarité. Dans leur modèle, le financement des études a été laissé de côté…Ce qui nous amène à une question cruciale : quel objectif l’auteur d’un modèle poursuit-il ?

N’importe quel système de classement reste exposé aux manipulations. Et quand cela se produit, il engendre alors de nouvelles boucles de rétroaction, en même temps qu’une foule de conséquences indésirables.

Machine de propagande La publicité en ligne

On nous classe, on nous catégorise, on nous note au travers de centaines de modèles, en fonction des préférences et des schémas de comportement que nous dévoilons.

Partout où les besoins et l’ignorance se combinent, des publicités prédatrices ont toutes les chances d’apparaître.

Parce que la vulnérabilité vaut de l’or…L’ignorance du client représente bien entendu une pièce cruciale du puzzle…Une fois cette ignorance de la cible établie, la clé pour les recruteurs consiste à repérer les gens les plus vulnérables et à exploiter à leurs dépens leurs informations personnelles.

Le Web offre aux annonceurs le plus grand laboratoire de tous les temps pour l’étude des consommateurs et la production de contacts…Et de plus en plus, les machines qui traitent et analysent l’information passent toutes seules nos données au crible, à la recherche de nos habitudes et de nos espoirs, de nos peurs et de nos désirs.

Quelque part entre 2008 et 2015, plus ou moins, les compétences linguistiques des algorithmes ont progressé de la première année de maternelle au niveau collège, et bien davantage encore pour certaines applications.

Aux Etats-Unis, les 40% les plus pauvres sont aux abois…20% des gens (le quintile supérieur) contrôlent 89% de la richesse nationale, tandis qu’en bas de l’échelle 40% n’en possèdent rien.

Victimes civiles La justice à l’heure du Big Data

Predpol (modèle de prédiction criminelle) ne se concentre pas sur l’individu mais sur la localisation géographique. Le type, le lieu, le date et l’heure de chaque crime constituent les données essentielles à partir desquelles il travaille.

La répression de la criminalité des cols blancs réclamerait des personnels dotés de compétences et d’outils différents…La police opère des choix et décide où porter son attention. Aujourd’hui, elle se focalise quasi exclusivement sur les pauvres…Même avec les meilleures intentions du monde, PredPol procure aux services de police la faculté de cibler les pauvres, d’en interpeller davantage, d’arrêter une partie d’entre eux et d’en envoyer un certain nombre en prison.

L’équité n’est donc pas prise en compte dans les ADM, et la conséquence en est une production massive et industrielle d’iniquité. Si l’on assimile une ADM à une usine, l’iniquité correspond à la suie noire que vomissent ses cheminées. C’est une émission toxique.

Inapte au service Trouver un emploi

Ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c’est la manière dont des systèmes automatiques nous jugent lorsque nous cherchons un emploi, et sur les critères qu’ils évaluent.

Des tests de personnalité sont aujourd’hui effectués sur 60 à 70% des travailleurs potentiels aux Etats-Unis, soit 30 à 40% de plus qu’il y a cinq ans.

On ne nous dit pas ce que les tests recherchent. Le processus est totalement opaque. Pire encore, une fois que des experts techniques ont calibré le modèle, celui-ci ne reçoit que très peu de remontées d’informations.

Nous avons vu à maintes reprises que les modèles mathématiques pouvaient passer au crible quantité de données afin de repérer les individus susceptibles de faire face à d’importants défis, liés aussi bien à la criminalité qu’à la pauvreté ou à l’éducation. Il appartient à la société, soit d’exploiter ces renseignements pour les rejeter et les punir, soit de leur tendre la main et de leur procurer les ressources dont ils ont besoin. La portée et l’efficience qui confèrent aux ADM un caractère si néfaste peuvent aussi servir à aider les gens. Tout dépend de l’objectif choisi.

L’angoisse au quotidien Sur le lieu de travail

L’emploi…où des ADM focalisées sur l’efficience traitent les travailleurs comme les simples rouages d’une machine.

Les logiciels de planning constituent à mes yeux l’une des ADM les plus épouvantables. Elle…profite d’individus qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Elle s’avère de surcroît totalement opaque. Les travailleurs n’ont souvent aucune idée du moment où ils seront appelés à leur poste. C’est un programme arbitraire qui le leur ordonne.

Le vrai coupable, dans beaucoup de cas, c’est la pauvreté, qui amène les travailleurs à accepter des emplois aux horaires erratiques –et les modèles de planification, qui mettent encore plus de pression sur des familles déjà en difficulté.

L’interprétation erronée des statistiques traverse en réalité toute l’histoire de l’évaluation des enseignants.

Une fois qu’ils sauront les identifier et qu’ils auront compris leurs travers statistiques, les gens exigeront des évaluations plus justes vis-à-vis à la fois des élèves et des enseignants. Si les tests ont en revanche comme objectif de trouver un bouc émissaire et d’intimider les travailleurs, une ADM débitant des scores dénués de sens obtient alors comme on l’a vu la note maximale.

Dommages collatéraux Obtenir un crédit

Statisticiens et mathématiciens nous mesurent aujourd’hui de toutes les manières imaginables en agrégeant un vaste fatras de données…Beaucoup de leurs modèles pseudo-scientifiques s’efforcent de prédire notre solvabilité, en attribuant à chacun ce qu’on appelle des e-scores…Ces derniers sont arbitraires, obscurs, non réglementés et souvent injustes –en bref, ce sont des ADM.

À de rares exceptions près, des concepts comme ceux de justice et de transparence n’ont pas leur place dans ces algorithmes.

Dans l’univers dégradé des e-scores, les perdants n’ont guère de recours pour se plaindre, et encore moins pour rectifier l’erreur. Dans le royaume des ADM, ils constituent des dommages collatéraux.

Près de la moitié des employeurs américains filtrent les recrues potentielles en examinant leur rapport de crédit.

L’utilisation des scores de crédit en matière d’embauche et de promotion crée un cercle vicieux dangereux en termes de pauvreté…C’est une boucle de rétroaction qui entraîne les malchanceux pris au piège dans une spirale d’échec.

Comme le disent de longue date les professionnels du traitement des données : « garbage in, garbage out »- si ce qui entre est faux, ce qui sort sera faux.

Les pauvres sont censés le rester à jamais et se voient traités en conséquence –on leur refuse des opportunités, ils sont plus souvent jetés en prison, et se font escroquer en matière de prêts et de services…Le monde est dominé par des systèmes automatiques qui se nourrissent à la chaîne de dossiers truffés de défauts. Le besoin de contexte, de bon sens et d’équité que seuls les humains peuvent apporter, se fait urgemment sentir.

Avec le développement inexorable des e-scores, nous sommes regroupés et catégorisés sur la base de formules secrètes, reposant pour certaines sur des portefeuilles de données gorgés d’erreurs. On nous envisage non comme des individus mais comme les membres de différentes tribus, et cette classification nous colle à la peau.

Zone à risque Souscrire à une assurance

Le mouvement vers l’individualisation, comme nous le verrons, est encore embryonnaire. Mais les assureurs exploitent d’ores et déjà les données pour nous répartir en « tribus » de plus petite taille, et nous proposer divers produits et services à des tarifs variables.

Si un assureur possède un système qui lui permet d’obtenir d’un conducteur à l’historique vierge 1552 dollars de plus par an, pourquoi s’en priver ? les victimes de son ADM, comme on l’a vu ailleurs, ont de grandes chances d’être pauvres, de manquer d’instruction et d’être issues pour un bon nombre de l’immigration.

La Consumer Federal Association (CFA) a dénombré chez Allstate 100 000 micro-segments de tarification, définis sur la base du montant maximum que chaque groupe pourrait accepter de payer.

Dans l’univers des ADM, le respect de la vie privée représente de plus en plus un luxe que seuls les riches peuvent se permettre.

Des océans de données comportementales iront directement nourrir dans les années à venir les systèmes d’intelligence artificielle. Et ces systèmes demeureront aux yeux de la population de vraies boîtes noires.

Près d’un dollar sur cinq que gagne un américain alimente la vaste industrie de la santé…Les scores de santé, prochaine étape aussi naturelle qu’inquiétante.

Le citoyen pour cible La vie civique

Bien que Facebook puisse donner l’impression d’une place de village moderne, c’est l’entreprise qui détermine, en fonction de ses propres intérêts, ce que les gens voient et apprennent sur les pages de son réseau social.

Ce qu’ils ont démontré, c’est l’immense pouvoir que possède Facebook pour peser sur ce que l’on apprend, sur ce que l’on ressent et sur le fait que l’on aille ou non voter.

Les algotithmes de ces géants d’Internet, d’une importance vitale, constituent de véritables secrets industriels. Ils mènent leur activité à l’abri des regards.

Les groupes partisans identifient les électeurs vulnérables et en font la cible de campagnes alarmistes, attisant leurs craintes quant à la sécurité de leurs enfants ou la montée de l’immigration clandestine. Mais ils peuvent dans le même temps dissimuler ces publicités aux électeurs qui risquent d’être rebutés (voire écoeurés) par de tels messages.

Cette science en plein essor du micro-ciblage, avec ses profils et ses prédictions, entre impeccablement dans notre sinistre collection d’ADM. Elle agit sur une vaste échelle, se montre opaque et ne rend compte de rien. Elle protège les hommes politiques et les incite à endosser en fonction des gens de multiples visages.

Conclusion

Les ADM promettent efficience et équité mais pervertissent en réalité l’enseignement supérieur, aggravent l’endettement, favorisent une incarcération massive, oppriment en toutes occasions les plus pauvres, et sapent la démocratie…Le problème, c’est qu’elles se nourrissent les unes des autres.

 

La Reine maire de Paris de François Deletraz - Editions du Rocher

Émetteur du florilège: François C.

La reine-maire de ParisArtisans

La Mairie de Paris n’aime pas les artisans, en particulier les auto-entrepreneurs. Encore moins lorsqu’ils habitent dans les départements autres que ceux de Paris et de la petite couronne… Si le siège de son entreprise n’est pas dans le 75, le 91, le 92 ou le 93, l’artisan devra stationner au prix fort, jusqu’à 50 € pour 6 heures (le maximum autorisé).

Associations

Depuis 2014, la Ville distribue chaque année environ 260 M€ à quelque 2600 structures associatives… Il existe «une politisation des subventions», ainsi qu’un «manque de contrôle alarmant» (revue Tous Contribuables).

Autolib’

Outre l’augmentation des prix, l’entretien des véhicules était un problème majeur… A ce manque d’entretien s’ajoutait le vandalisme: Blue Solutions recevait en 2017 plus de 200 véhicules abîmés par jour.

Après 10 ans de service, Autolib’ n’aura donc pas passé l’été 2018.

Automobiles

Que la voiture soit propre, que le scooter soit électrique, que le taxi soit vert, que l’autobus soit hybride, tous sont logés à la même enseigne. Car quand une rue est mise en sens interdit, cela empêche tous les véhicules quels qu’ils soient de pénétrer dans un quartier.

Bourse de commerce

La Mairie prend la décision de racheter la Bourse de commerce, en 2016, au prix fort: 86 M€…Les murs du bâtiment accueilleront désormais les quelque 3 000 œuvres du musée d’Art Contemporain de François Pinault.

Ian Brossat

Le logement est un des postes les plus onéreux de la Ville: il pèse 3Md€ sur la mandature… Peu importe le coût, Ian Brossat (PC) n’a qu’une chose en tête: atteindre les 30% de logements sociaux à Paris qu’il s’est fixés. Il veut modérer la gentrification de la Ville «par des bobos, ces bourgeois qui n’osent pas être de droite».

Campion (Marcel)

La sortie de route a été définitive avec les imbroglios de la Grande Roue de Paris et du marché de Noël. Pourtant, Anne Hidalgo, elle, certifie avoir tout tenté.

Canopée des Halles

Il n’y a effectivement pas de quoi fanfaronner sur ces 23 000 m2 de verre et 4000 m2 de capteurs voltaïques (facture s’élevant à 216 M€)… On nous annonçait une immense voûte céleste et majestueuse… on est revenu aux verrues des années 70.

Commissions

«Un progrès de transparence et de démocratie à mettre au crédit d’Anne Hidalgo» Pierre Gaboriau.

En 2016, l’ensemble des 36 809 contrats et titres portant occupation du domaine public a généré plus de 239 M€ de redevances pour la Mairie de Paris.

Communication

Depuis son élection, Ane Hidalgo a créé 41 postes en plus des 273 dédiés exclusivement à la communication, qui existaient déjà à la Mairie de Paris. Et si l’on regroupe toutes les directions de la Ville, on monte à 417 spécialistes de la com’ dans tout l’organigramme de la capitale. Ces chiffres astronomiques représentent plus de 21 millions d’euros en dépenses annuelles. Et pourtant, les erreurs de communication sont nombreuses.

La cour

Comme toute personne en position de pouvoir, Anne Hidalgo réunit autour d’elle une cour sinon bienveillante, tout du moins lénifiante. Un petit cercle restreint d’adjoints et de conseillers qui ont bien compris qu’avec la maire, la flagornerie restait la meilleure assurance de la pérennité, même si cela devait la mener à la faute.

JCDecaux

En mars 2017, la Mairie de Paris passait un contrat avec le publicitaire JCDecaux, qui prévoyait la mise en place de 244 écrans numériques de 2 m2. Or, depuis le 5 février 2018, ces panneaux publicitaires lumineux ne diffusent que des messages à but non lucratif!… Le Conseil d’Etat a confirmé par deux fois l’annulation de ce marché passé entre la Mairie et JCDecaux… La Mairie de Paris devra faire une croix sur les 40 M€ de recettes publicitaires financières supplémentaires que devait générer ce contrat.

Michel Déon

Le 14 février 2017, le Figaro publia une pleine page sur le sujet (refus d’inhumation décidé par la Mairie), rappelant les exceptions déjà faites à Paris. Puis –un affront pour la maire- Le Figaro consacra sa tribune du 19 février à une pétition signée par une centaine d’écrivains et d’éditeurs «afin de demander à Anne Hidalgo que soit trouvée pour l’écrivain une solution digne».

Dette

Au 31 décembre 2017, elle atteignait 5,5 Md€, et 6Md€ fin 2018, selon les chiffres de l’Hotel de Ville.

En dix-sept ans, la dette de la Ville de Paris a été multipliée par six: elle s’élevait à 1Md€ en 2001, au moment où Delanoë est élu pour la première fois…. Aujourd’hui, les frais financiers de la Ville de Paris représentent près de 134 M€. La durée de recouvrement de la dette a, quant à elle, dépassé le stade emblématique des douze ans.

Deux-roues

Les motos et scooters, qui étaient l’apanage de quelques-uns, sont devenus légion. Un flot impossible à endiguer.

Christophe Nadjovski veut réglementer le stationnement des deux-roues et, surtout, le rendre payant. Mais il se heurte à Anne Hidalgo qui a bien compris le risque électoral de pareille décision, et qui craint de se mettre aussi à dos cette catégorie d’usagers.

Dimanche

L’aversion d’Anne Hidalgo pour Emmanuel Macron est connue de tous depuis le débat sur l’ouverture des magasins le dimanche. La Maire s’y était farouchement opposée mais avait dû revenir sur sa position puisque les Parisiens, eux, y étaient favorables.

Free-floating

Adoubés par une maire de Paris obnubilée par la disparition de la voiture –mais qui n’est pas vraiment un chantre de l’uberisation-, ces vélos en libre service ont été la cible de milliers d’agresseurs… Résultat : des épaves sur le trottoir, une pollution visuelle non négligeable et un potentiel danger pour des utilisateurs de vélos inaptes à la circulation.

Entre 2017 et 2018, le nombre de victimes d’accidents de trottinettes et de rollers a bondi de 23% en France. A Paris, en 2018, la préfecture de Paris a fait état de 45 blessés.

Gares

Nous avons pris l’habitude de poser chaque année à la direction de la SNCF la même question: «A quoi sert d’investir des milliards pour les lignes à grande vitesse quand, pour entrer et sortir de certaines gares parisiennes, il faut plus d’une demi-heure, i.e. le temps gagné par la grande vitesse ?»

Grande Roue

Cette idylle a duré jusqu’à la publication d’un rapport explosif de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, fin 2017. Ce document a notamment mis en lumière les petits arrangements effectués par la maire de Paris et ses services au bénéfice du « roi des forains » et au détriment de la Ville et du principe de concurrence.

Guichets du Louvre

La Mairie et l’Etat sont embourbés depuis plusieurs années dans un contentieux sur la rénovation de la route qui relie les guichets. Les travaux de la chaussée réalisés dans les années 90 n’ont pas été correctement réalisés et la dalle, depuis, ne cesse de se dégrader.

Impôts locaux

La taxe d’habitation est stable, de même que la taxe foncière. Seulement, pour financer une partie de ses dépenses de fonctionnement, qui ont augmenté de manière exponentielle depuis 2014, la Mairie a misé sur les impôts indirects pour renflouer les caisses.

Institut des cultures d’Islam

Au total: 1400 m2 dédiés à la culture musulmane et aussi à la pratique de la religion. Dans chacun de ces Instituts est prévue une salle de prière. La Mairie envisage donc de faire cohabiter culturel et cultuel.

Jardin des Halles

Cet espace de 4,3 hectares, de plain-pied et accessible aux personnes handicapées, propose aux Parisiens et visiteurs une grande prairie, un jardin d’aventure, des lisières boisées, des pistes de pétanque… Coût total de ce chantier: 33 M€ l’addition pour la réhabilitation des Halles s’est élevée à environ 1 Md€.

Jeux olympiques

Les experts se sont inquiétés (rapport de mars 2018) «de réels risques à la fois de non-réalisation dans les délais de certains équipements, mais aussi de surcoûts importants».

Bruno Julliard

Cet ancien président de l’Unef, élu conseiller de Paris en 2008 et à qui Bertrand Delanoë avait confié le poste d’adjoint chargé de la Jeunesse, a donc retrouvé les bancs du Conseil de Paris comme simple conseiller.

Logement

La Mairie vise les 30% de logements sociaux dans Paris à la fin de sa mandature.

Dans notre sondage 34% des Parisiens se disent satisfaits de l’action d’Anne Hidalgo en faveur du logement. C’est dire si les 3Md€ d’euros dépensés sur la mandature pour la création nette de moins de 10 000 logements n’a pas eu l’effet escompté en termes de popularité.

Marché de Noël

Marcel Campion, lui, tient sa revanche. Si le marché de Noël n’a pas été reconduit en 2017 et 2018, il a obtenu le feu vert du musée du Louvre pour s’installer au jardin des Tuileries. Un pied de nez à Anne Hidalgo, qui n’est pas encore débarrassée de ses pires ennemis.

Migrants

Entre 2015 et 2018, les forces de l’ordre ont démantelé près d’une quarantaine de camps.

En gros, l’Etat et la Mairie se sont successivement accusés de ne pas faire correctement leur travail et il est difficile, plusieurs mois après la bisbille, de dire qui en était le responsable.

Jean-Louis Missika

Il a le mérite de donner à Paris un élan pour demain. Ainsi, son grand concours « Réinventer Paris » est une vraie réussite.

Christophe Nadjovski

En quelques années, il est devenu un spécialiste de «l’évaporation». Sa guerre, il ne la livre plus contre la pollution, mais contre les déplacements.

Son jusqu’au-boutisme est cependant freiné par la maire, elle-même coincée, car sans les écologistes et les communistes, elle n’a plus de majorité. Hélas, la discrétion de l’adjoint au maire n’a d’égale que son intransigeance.

Nids-de-poule

Depuis avril 2018, une centaine d’agents et deux machines spéciales s’activent pour réparer les trous de la voirie… A ce jour, 2500 nids-de-poule ont été rebouchés.

Philharmonie de Paris

Le principal dérapage de ce projet est budgétaire. De 173 M€ en 2006, la facture est passée à 543,70 M€… soit une augmentation de plus de 300% par rapport à l’estimation retenue en 2006 par le comité de pilotage du projet. Le coût pour la municipalité aura, lui, été de 234,50 M€… Des élus d’opposition, comme de la majorité, dénoncent un « dérapage » spectaculaire qui pèsera encore sur les finances de la Ville de Paris pendant une décennie.

Places (Bastille, Panthéon, deux exemples à ne pas suivre)

Au fil des années, de multiples aménagements de voirie se sont traduits par le ralentissement des autobus

La maire du Vème arrondissement, vivement opposée à la piétonnisation comme à la végétalisation de la place du Panthéon, décide alors d’engager le bras de fer. Selon elle, la piétonnisation aurait «provoqué un phénomène d’embolisation du trafic».

Politique

Ian Brossat et Christophe Nadjovski sont-ils pour autant les deux mauvais génies d’Anne Hidalgo, qui la pousseraient à gauche, alors que la Ville est foncièrement au centre? Qui l’obligeraient à édicter des règles destinées à sévir, et à punir les Parisiens et les banlieusards? Les deux semblent rester dans la droite ligne de leur patronne, qui aime tant réguler, édicter et sévir.

Propreté

Des bouteilles pleines à craquer sorties sur le trottoir, des sacs éventés, des bouteilles en pagaille, des centaines de cadavres de cigarettes et des rats qui déambulent par dizaines dans les parcs. Lorsque l’on circule dans les arrondissements «populaires» de Paris, rien n’indique que l’on se trouve dans une ville réputée être l’une des plus belles du monde.

Certains services ne sont pas tenus. Les rats sont passés du sous-sol au macadam et leur nombre grossit au même rythme que les détritus sur les trottoirs. En 2020, le sujet de la propreté sera, à n’en pas douter, un angle d’attaque des opposants à Anne Hidalgo.

RAPO (Recours administratif préalable obligatoire)

Si vous avez reçu un PV–pardon, un «forfait post-stationnement»- et que vous souhaiter le contester, il vous faudra obligatoirement faire un RAPO.

Rats

Les 400 squares parisiens ont presque tous nécessité des interventions pour limiter la prolifération des rats.

Rue de Rivoli

Largeur de la piste cyclable: 4 m.

Largeur de la voie générale pour les voitures, les VTC, les motos, les livreurs: 3,40 m.

Largeur de la voie de bus avec circulation à vélo possible: 4,60 m.

Ainsi, sur un large espace qui va de la rue Saint-Antoine à la rue de Rivoli, il existera donc quatre pistes cyclables dont trois à double sens à quelques dizaines de mètres seulement les unes des autres ! Voilà qui illustre bien les propos de la Maire: «Un meilleur partage de la voirie au profit de tous les usagers.»

Stationnement

Depuis 2001, la ville est passée de 235 000 à 133 000 places de stationnement disponibles.

Streeteo

Depuis début janvier 2018, la société Streeteo accumule les frasques… Face à tous ces manquements, l’adjoint aux Transports Christophe Najdovski est monté au créneau. Mais pas facile de défendre l’indéfendable.

Urbanisme (L’APUR, juge et partie)

Si tout cela n’est pas, au mieux du «copinage», au pire du «pistonnage», cela y ressemble beaucoup.

Vélib’ (Dérapage total)

Tout a déraillé début 2018. Car changer d’exploitant sur un parc de 25 000 bicyclettes ne se fait pas en un claquement de doigts.

Vidéosurveillance

100% de pure autosatisfaction, 0% d’humilité. Tel est le cocktail détonnant d’Anne Hidalgo.

L'evangile selon Young Shen

 

L´Évangile selon Yong Sheng Recommandations de Mr L et de Marie-Hélène A : Livre extraordinaire!

Dans un village proche de la ville côtière de Putian, en Chine méridionale, au début du vingtième siècle, Yong Sheng est le fils d'un menuisier-charpentier qui fabrique des sifflets pour colombes réputés. Les habitants raffolent de ces sifflets qui, accrochés aux rémiges des oiseaux, font entendre de merveilleuses symphonies en tournant au-dessus des maisons. Placé en pension chez un pasteur américain, le jeune Yong Sheng va suivre l'enseignement de sa fille Mary, institutrice de l'école chrétienne. C'est elle qui fait naître la vocation du garçon : Yong Sheng, tout en fabriquant des sifflets comme son père, décide de devenir le premier pasteur chinois de la ville. Marié de force pour obéir à de vieilles superstitions, Yong Sheng fera des études de théologie à Nankin et, après bien des péripéties, le jeune pasteur reviendra à Putian pour une brève période de bonheur. Mais tout bascule en 1949 avec l'avènement de la République populaire, début pour lui comme pour tant d'autres Chinois d'une ère de tourments - qui culmineront lors de la Révolution culturelle. Dai Sijie, dans ce nouveau roman, renoue avec la veine autobiographique de son premier livre, Balzac et la petite tailleuse chinoise. Avec son exceptionnel talent de conteur, il retrace l'histoire surprenante de son propre grand-père, l'un des premiers pasteurs chrétiens en Chine.

 

Le syndrome de l’autruche, pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique de George Marshall, traduit par Amanda Prat-Giral - Actes Sud, collection «Domaine du possible»

Le syndrome de l'autruche ; pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique Préfaces de Jacques Mirenowicz et Cyril Dion.

Partant du constat que le réchauffement climatique est aujourd’hui un fait scientifiquement reconnu, George Marshall nous donne des clés pour comprendre pourquoi nous nous réfugions dans l’inaction sur un enjeu si fort.  Pour lui, c’est le mode de fonctionnement même du cerveau humain qui est en cause (Au passage, Marshall cite des études montrant que l’acceptation du risque climatique n’a rien à voir avec le QI). Un cerveau qui, structurellement, a des difficultés à admettre la réalité du réchauffement, à examiner les conséquences sur les modes de vie de l’humanité et à passer à l’action préventive.

Marshall a accumulé les rencontres avec des personnalités de tous horizons : psychologues célèbres, militants du Tea Party texan, scientifiques reconnus, climato-sceptiques, écologistes progressistes et conservateurs. Etonnamment, il démontre que, au fond, les processus mentaux à l’œuvre sont assez similaires chez les écologistes et chez leurs opposants conservateurs.

Avec une approche très anglo-saxonne (méthodique, documentée, agréable à lire) l’auteur détaille nos manques de considération pour les générations futures, nos contradictions, nos dénis. Sans oublier les raisons sémantiques pour lesquelles les scientifiques et les organisations de sauvegarde de l’environnement échouent à déclencher une véritable mobilisation. Par exemple : prendre l’ours polaire pour emblème est distrayant mais pas mobilisateur. Autre exemple : : il ne s’agit pas de « sauver la planète », mais de prendre la Nature en compte pour sauvegarder les modes de vie auxquels nous tenons.

Marshall insiste sur le fait que, pour passer à l’action, le cerveau humain a besoin qu’on lui propose un récit , une vision de son avenir (Pour l’instant, le discours reste uniquement alarmiste ou conflictuel). Or, ce récit qui n’existe pas aujourd’hui, ne demande qu’à être créé, discuté, admis et diffusé.

En fin d’ouvrage , Marshall propose des “solutions pour nous tirer d’affaire” : accent sur la coopération,                                                scientifiques plus impliqués dans leurs discours, encouragement d’une vison positive, sentiment que la lutte contre le changement climatique est source de bien-être et de fierté, deuil nécessaire de l’âge des énergies fossiles, chérir ce qui nous reste,   …

On peut regretter que Marshall effleure seulement trois autres facteurs qui concourent à l’inaction vis-à-vis des effets du changement climatique : la culture (en quoi elle place la Nature en tant que partenaire de l’humanité ou en tant que valeur marchande inépuisable), la foi aveugle en « la technologie nous sauvera », la recherche d’argent et de pouvoir à court terme. Mais ce livre pertinent reste un excellent  outil pour abandonner ce qui n’a pas marché et passer à une approche plus convaincante et productive.

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Avis de Bernard

FAUCHÉS - Vivre et mourir pauvre de Darren Mc GARVEY - Ed. Autrement

Fauchés ; vivre et mourir pauvre Conçue à des fins de réinsertion (en plus de la sanction), la prison est un microcosme où la violence atteint des niveaux inimaginables ailleurs…Cette ambiance de poudrière reproduit l’atmosphère des communautés et des familles au sein desquelles la plupart des détenus ont grandi, où les actes violents sont si fréquents qu’on en rigole en se les racontant, comme on commenterait la météo du jour.

Les personnes qui souffrent d’un handicap social – illettrisme, mauvaise opinion de soi- sont souvent, pas toujours cependant, issues d’un milieu où leurs compétences ne sont ni reconnues, ni cultivées, ce qui les a bloquées dans leur parcours.

Un enfant victime de sévices ou de négligences aura plus de risques, en grandissant, de cumuler certains facteurs qui l’enverront sur la mauvaise pente: mauvaise opinion de soi, faible bagage éducatif, consommation de drogues et désocialisation.

La dissociation –se détacher mentalement pendant que la violence se déchaîne- peut anesthésier, mais aussi inhiber les réactions et les émotions. Le corps se met en mode survie, en  attendant que l’orage passe.

La menace est omniprésente dans les zones à risques et les habitants sont constamment sur le qui-vive, en état d’hyper-vigilance, même s’ils n’ont aucune raison de l’être ; et l’activité la plus banale est une source considérable de stress.

La solution que ma mère apportait au problème de la violence, c’était encore et toujours plus de violence.

Malheureusement, fuir la bagarre ou avouer qu’on n’a pas envie de se battre font de vous une cible de choix pour les brimades et les attaques. Dans les milieux vérolés par la violence, la crainte de devenir un objet de risée, un paria ou une victime influe subtilement sur le mode de pensée et de comportement.

Grandir au sein d’un quartier défavorisé, ou considéré comme tel, c’est grandir asphyxié. L’individualité suffoque, les moyens d’exprimer sa singularité aussi. Ce qui explique pourquoi tout le monde ou presque parle et s’habille de la même manière. Choisir l’anticonformisme, c’est se dessiner une cible sur le dos.

Comme ma mère m’avait conditionné à la solitude et au rejet, j’étais toujours sur le qui-vive et je m’attendais à être trahi ou quitté à chaque instant. L’abandon était un thème prégnant dans ma vie et je cherchais activement, à un niveau inconscient, à reproduire le schéma maternel dans toutes mes relations…Ces problèmes insolubles, couplés à la violence qui gangrenait mon environnement, m’empêchaient de me concentrer pleinement sur mes études. Mon esprit était parasité par un incessant dialogue intérieur axé sur mes craintes et mes angoisses.

Moi, ma rancœur, quand elle n’était pas dirigée contre ma mère, je la destinais à ceux qui semblaient s’en sortir mieux que nous, ceux qui traversaient l’existence dégagés des entraves de la pauvreté, des privations et des doutes qui allaient avec.

On décrète que tel ou tel groupe jouit toujours de privilèges plus importants que nous. Que ces chanceux bénéficient d’un tas d’avantages inconnus dont l’existence ne fait aucun doute. On a l’impression que les gens qui font l’information –et les règles- sont complètement détachés de la réalité, incapables de dépeindre notre vie, soit, et c’est pire, qu’ils la représentent délibérément sous un faux jour et que tout cela fait partie d’une vaste conspiration.

Rarement mentionné, et encore moins reconnu: le gouffre dans nos expériences respectives, qu’on soit issu de la classe populaire ou de la classe moyenne, et le gouffre dont la façon dont cette expérience est représentée, relatée et scrutée. De ce gouffre, qui me semble s’aggraver au fil du temps, est née une culture dont semblent bannies un certain nombre de personnes qui se désintéressent de la chose politique ou s’en méfient, ayant perdu leurs repères ou s’estimant lésés par le portrait que l’on fait d’elles.

Il existe un autre révélateur des inégalités que l’information et la culture : les disparités apparentes dans les conditions de vie…Je ne fais qu’identifier un autre domaine dans lequel on observe un abîme entre les possédants et les démunis.

Pendant ce temps, planqués dans ce qu’on peut appeler les bas-fonds de ces quartiers, déjà peu recommandables, vautrés dans l’alcool et la drogue, s’enfonçant dans une existence sordide, des gens tâchaient d’élever des enfants. L’un de ces enfants, c’était ma mère.

Comme la pauvreté, un trouble psychologique peut provoquer une difformité qui sautera aux yeux de tout le monde, sauf aux vôtres. La vérité, c’est que dans une famille à problèmes, on est le dernier à se rendre compte que ça ne tourne pas rond.

Un gouffre énorme s’est creusé entre le programme d’ingénierie sociale souhaité par les dirigeants et les aspirations modestes, mille fois plus terre à terre, des gens du peuple dont l’écrasante majorité ne maîtrise pas les éléments de langage.

La participation citoyenne, ce n’est pas le peuple qui fait entendre sa voix ; c’est le troupeau qu’on pousse vers une destination définie par avance, décidée derrière des portes hermétiquement closes.

Grandir dans un quartier comme Pollok, c’est une expérience qui vous marque à vie, à tous les niveaux. C’est le mental qui prend les coups les plus violents, en particulier à cause du stress émotionnel, facteur clé dans le façonnage des pensées, des émotions et du comportement.

Celui qui vit dans la précarité, qui a peut-être subi des sévices enfant, celui-là, le stress le dévore de l’intérieur : c’est un brouillard dans lequel il patauge en permanence et qui assombrit chaque aspect de sa vie.

La psychologue Marilyn a eu une influence fondamentale sur le cap qu’a pris ma vie et cette influence ne s’est jamais estompée. Sans son intervention, je doute que j’aurais été capable de développer la lucidité nécessaire pour prendre assez de recul, sortir de mes schémas de pensée tordus et examiner mon stress à la loupe.

Il y a mille façons de finir à la rue. Cependant, deux des éléments récurrents dans le parcours des sans-abri, comme chez les détenus, sont la désagrégation de la cellule familiale et les troubles mentaux.

J’ignorais à l’époque que c’est l’une des caractéristiques de la dépendance: refuser de voir la réalité en face et remettre toute décision à plus tard.

La raison pour laquelle la drogue possède un tel pouvoir de séduction, c’est qu’elle se présente à vous quand vous avez touché le fond…C’est à l’époque où je risquais de finir à la rue que je me suis trouvé exposé à toutes sortes de menaces.

Ils sont nombreux, et c’est peu de le dire, à avoir opté pour la colère, la méfiance ou l’indifférence après avoir été dédaignés, bousculés et exclus du débat public des années durant par des organismes et des institutions qui se gargarisent du jargon stérile d’une réhabilitation urbaine imposée à la collectivité sans aucune consultation préalable.

Des générations successives ont grandi dans un dénuement total, avec les handicaps que cela implique, et la conviction qu’elles n’ont aucun contrôle ni aucun ascendant sur leur vie.

Le point important, c’est que l’être humain imprime dans son psychisme des fausses croyances sur sa personne et sur le monde qui l’entoure, et ses croyances forgent son avenir… Cette fracture s’exprimera dans tous les domaines: le comportement, la santé physique et mentale, les études et les perspectives d’avenir, mais aussi les principes moraux, les opinions politiques, les centres d’intérêt en matière de culture jusqu’à la façon de parler.

La pauvreté se rapproche plutôt des sables mouvants: elle vous engloutit malgré les efforts que vous pouvez faire pour vous arracher à son emprise. Plus vous vous débattez, plus vous vous enfoncez. Pour d’autres personnes, c’est un monstre qui vit au loin, quelque part, et il faut à tout prix éviter de tomber sur lui. Et remercier le ciel de ne l’avoir jamais croisé.

Il y a dans notre société non seulement des gouffres socio-économiques à franchir, mais également des cassures au niveau de l’idéologie, de la citoyenneté et des intérêts privés et collectifs… Et n’oublions pas non plus que certaines situations sont moins tolérables que d’autres: celles qui touchent les enfants.

Qu’on l’accepte ou non, ces pauvres bambins maltraités et délaissés, ce sont les délinquants, les SDF, les alcooliques, les toxicos, les parents violents et irresponsables de demain.

Une famille vulnérable qui subit une précarité économique permanente, la menace du chômage, ou un régime de sanctions financières inhumaines perd souvent la capacité d’absorber certains chocs et de faire face aux aléas de la vie.

La réalité brutale de la maltraitance infantile, les statistiques alarmantes de la criminalité, l’omniprésence de la violence, l’horreur des sévices domestiques, le désastre du mal-logement ou la tragédie inévitable de l’alcoolisme et de la toxicomanie sont là, mais personne ne semble en tirer la moindre leçon ni exprimer un quelconque remords alors même que notre impuissance nous saute à la figure. On préfère jouer à notre jeu préféré, celui de la politique politicienne.

Quand on a une habitude nuisible, le moindre écart est source d’angoisse et de nervosité. Un pic de stress, dont l’intensité peut balayer tout le reste, déclenche le besoin impérieux de revenir au comportement habituel. En d’autres termes, quand mon cerveau réclame un McDo, il m’est très difficile de résister à cette envie, surtout si je suis fatigué ou surmené.

Je défends la théorie selon laquelle les inégalités sociales restent la première ligne de fracture d’une société. C’est même une plaie ouverte. Qu’il s’agisse de placer sa confiance dans un médecin, d’être évalué par un enseignant, interrogé par un travailleur social ou un juge pour enfants, menotté par un policier et conseillé par un avocat avant d’entrer dans une salle du tribunal, la catégorie sociale, c’est le problème autour duquel tout le monde tourne sans oser s’y attaquer de front.

La colère et l’amertume, entretenues par la détresse psychologique qui va de pair avec la pauvreté –anxiété, dépression, mode de vie dégradé, faible estime de soi et phobie sociale- peuvent exercer une forte pression sur les esprits. Cette pression entrave l’empathie, la tolérance et la compassion, et exacerbe leurs pendants : fureur, nervosité, rancune, peur. Aujourd’hui, avec la montée du racisme et la banalisation d’une parole xénophobe, il n’est pas compliqué de voir où une grande partie des gens ont dirigé leur colère. C’est ce qui arrive dans des sociétés qui ont remplacé leur cœur par un centre commercial.

Je l’ai déjà souligné, quand on exclut du processus décisionnel des pans entiers de l’opinion publique, on accélère le morcellement de la société.

Ces malheureux qui fuient des pays ravagés par la pauvreté et la violence arrivent au Royaume-Uni et se retrouvent relégués dans des quartiers en déshérence. Au-delà des caricatures, des accusations et des reproches, il y a de la place pour un débat respectueux sur les causes de cette immigration et ses effets sur nos populations les plus vulnérables, mais aussi sur les sorties de crise possibles.

Le voilà, le cauchemar de la dépendance. Et ce qu’on trouve à sa racine, ce n’est plus de la douleur ni un traumatisme affectif comme je le répétais souvent, mais un égoïsme pathogène et brutal ainsi qu’une indifférence profonde pour les besoins des autres. Une incapacité à voir au-delà de ma douleur, de ma petite personne.

Personnellement, décrocher de la came, batailler pour rester sobre et comprendre pourquoi j’étais si mal dans ma peau, cela a bouleversé ma vie de fond en comble…. Quand on se soumet à une modification aussi profonde, on passe au scalpel chaque aspect de sa vie, chaque facette de son identité. Je m’y suis obstinément opposé pendant des années et j’ai fini par rendre les armes quand j’ai dû apprendre à avancer sans la béquille de la drogue.

Mais j’ai commencé à remarquer une évolution quand j’ai accepté cette réalité: je suis le seul à pouvoir régler mes problèmes. Avant de transformer la société en profondeur, reconnaissons la nécessité de nous transformer d’abord nous-mêmes.

Aujourd’hui je me rends compte qu’apporter ma pierre à l’édifice, c’est élever un enfant en bonne santé, heureux, bien dans sa peau. La façon le plus concrète de transformer la société, c’est en premier lieu de me transformer moi-même et de partager mon expérience avec un maximum de gens.

 

*

 

Émetteur du florilège : François C

Activez vos talents, ils peuvent changer le monde de Mathieu Dardaillon - Alisio

Activez vos talents, ils peuvent changer le monde ! Introduction

Partie 1 POURQUOI PRENDRE SA VIE EN MAIN

Ch. 1. Un monde en rupture

  1. Ruptures technologiques: se pose surtout la question du sens, de l’éthique et de la finalité de ces innovations.
  2. Nouvelle donne économique
Ch. 2 Des défts sociétaus sans précédent
  1. Enjeux sociaux: exclusion; replis nationalistes et communautaires; terrorisme; inégalités; accès aux besoins primaires.
  2. Urgence environnementale: réchauffement climatique; épuisement des ressources; pollution; destruction de la biodiversité; préserver le vivant ou le retour du bon sens.
  3. Un monde à réinventer: vers un nouveau modèle de société, l’économie du DONUT (plafond environnemental ; plancher social ; « l’espace sûr et juste pour l’humanité ».
 

Ch. 3 Stop au gâchis de talents

  1. Nous avons tout pour résoudre nos problèmes : L’être humain est capable de répondre à n’importe quel défi auquel il a à faire face ; Talents gâchés : je suis fasciné par des gens talentueux qui font des choses « inutiles ».
  2. Mettre son intelligence au bon endroit : le concept d’ »innovateurs sages ». Navi Radjou définit la sagesse comme « l’application de l’intelligence pour servir une cause noble » ; l’intelligence du cœur ; changer nos priorités. Lorsque nous décidons de priorités et que nous organisons un effort collectif, rien n’est impossible ! (ex. : l’éradication mondialement en cours de la polio).
  3. Les talents de chacun peuvent changer le monde : Chacun a des talents. Nous avons tous un domaine –au moins un- dans lequel nous pouvons faire une grande différence ; Le monde a besoin des talents de chacun.
 

Ch. 4 Changer le monde, c’est possible !

  1. Un mouvement de fond : Un formidable bouillonnement d’initiatives ; Une envie d’agir sans précédent.
  2. Le temps des nouvelles utopies : Créer des « social-fictions » Muhammad Yunus ; Redessiner le système ; Le point de bascule, après les 2,5% d’innovateurs marginaux et les 13,5% de soutiens actifs ; Des cohortes pour changer la donne.
Ch. 5 Le travail, nouveau terrain de jeu ?

La place du travail dans nos vies : 80 000 heures.

  1. Souffrance, perte de sens et désengagement au travail : Les bullshit jobs décrits par Graeber (critère : se demander si les conséquences seraient importantes ou non en cas de disparition de ce métier) ; La prison dorée ; La souffrance éthique désigne la douleur de renier ses valeurs ; Le désengagement au travail ; La double vie des salariés ; Le « carré magique » de l’engagement : sens, reconnaissance, autonomie, relationnel.
  2. La révolution du monde du travail : La crise du quart de vie ; La mode du switch = reconversions –de métier, de statut ou de secteur- de plus en plus fréquentes et de plus en plus tôt/L’émergence des néo-artisans ; le boom des travailleurs indépendants ; la nouvelle tendance des digital nomads ; la vague des slasheurs.
  3. De nouvelles aspirations : Une jeunesse en quête de sens ; Grandes écoles et intérêt général ; L’attractivité croissante de l’E.S.S. ; Une quête de sens intergénérationnelle.
  4. Les carrières à impact : Une autre vision du travail : mettre la question du sens et de l’utilité en numéro 1 ; C’est possible ! ; L’importance du travail : une invitation à repenser sa manière de voir ses 80 000 heures de travail pour en faire un lieu d’épanouissement et d’impact social.
 

Ch. 6 La vie est courte et précieuse

Nous sommes des miracles : La vie est un miracle ; La vie est courte ; Vivre pleinement sa vie ; « Quel usage as-tu fait de ta présence au monde ? »

 

Partie 2 DEMARRER L’EXPLORATION

Ch. 1 Adopter l’état d’esprit des explorateurs

  1. L’état d’esprit des explorateurs Ils conçoivent le travail différemment. Ils sont en quête de sens, d’impact et d’alignement.
  1. L’esprit positif : « Je vais y arriver » ; le sentiment de capacité ; La visualisation créatrice.
  2. L’esprit d’apprentissage : « L’échec est un apprentissage » : L’importance du jeu ; La soif d’apprendre ; L’échec comme opportunité ; La vie comme laboratoire/Toujours porter un carnet sur soi.
  3. La persévérance : « Avancer chaque jour de quelques pas » ; la régularité dans l’effort ; la ténacité (grit).
  4. L’état d’esprit de développement : utiliser le pouvoir du «not yet» je n’y arrive pas encore.
  1. Deux boussoles pour l’exploration
  1. Connaissance de soi : « Connais-toi toi-même »/vision personnelle ; singularité assumée ; écoute de sa voix intérieure.
  2. Compréhension du monde : Curiosité et ouverture d’esprit ; Esprit critique.
  1. Vos règles du jeu : Mes règles d’exploration.
Ch. 2 Le cheminement pour trouver sa mission de vie
  1. A) Découvrir sa mission de vie : Traquer le désalignement ; L’incarner par sa vocation (trois façons de vivre son travail : boulot, carrière, vocation).
  2. B) Le cheminement : points de repère :
  3. a) Le voyage du héros (Joseph Campbell) : 1. Entendre l’appel ; 2. Accepter l’appel ; 3. Franchir le seuil ; 4. Trouver des mentors ; 5. Affronter la difficulté ; 6. Développer de nouvelles ressources ; 7. Réaliser sa mission ; 8. Retourner chez soi.
  4. b) La légende personnelle (Paulo Coelho).
  5. c) Les deep experiences (Arne Naess). Le triptyque expériences profondes, réflexions profondes, engagement profond.
  6. d) Devenir soi (Jacques Attali) : Evénement, pause, renaissance.
  7. e) L’expérience Ticket for Change : Inspiration, introspection, passage à l’action.
  8. f) L’ikigaï : Il se trouve au carrefour de quatre dimensions : ce que j’aime, ce pour quoi je suis bon, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi je peux être rémunéré.
  9. C) Le cheminement proposé dans ce livre: Quatre grandes questions : la passion, l’efficacité, le sens, les besoins primaires.
  10. a) Quatre dimensions : sources d’énergie ; forces ; impact sociétal ; modèle économique.
  11. b) Quatre zones supplémentaires : talents uniques ; terrain de jeu ; aspirations ; compétences.
  12. c) Une seule dimension vous manque et tout est dépeuplé : « Rat racer » ; performeurs à qui il manque le sens ; idéalistes ; sacrifiés (manque de plaisir) ; imposteurs (manque d’efficacité).
Ch. 3 Définir sa propre conception de la réussite
  1. A) C’est quand le bonheur ?
Bronnie Ware « Les cinq regrets des personnes en fin de vie »
  1. B) La vraie richesse
Ma bucket list professionnelle : Que feriez-vous si tout était possible ? Si l’argent n’était pas un problème ? Si vous aviez toutes les compétences nécessaires ? Qu’aimeriez-vous avoir réalisé à la fin de votre vie professionnelle ?
  1. C) Définir sa conception de la vie
Ma métaphore de la vie : le magnifique texte de Mère Teresa. Quelle phrase de ce texte vous touche le plus ?
  1. D) Définir sa conception de la réussite
  2. a) Les personnes qui m’inspirent : Ils, elles me montrent la voie, me donnent envie de donner le meilleur de moi et me prouvent que « oui, c’est possible » !
  3. b) Mes valeurs
  4. c) Mes aspirations professionnelles : argent, sécurité, temps, liberté, reconnaissance, prestige, passion, challenge, apprentissage, impact/sens, l’équipe, les rencontres, fun.
  5. d) Ma définition de la réussite : Quelle est votre définition de la réussite ? Quelle est votre définition de la réussite professionnelle ?
 
  1. E) Prévoir sa réussite : Réussir c’est planifier versus « Life in perpetual beta »/Il est absolument essentiel de se projeter sans pour autant figer le point d’arrivée ni le chemin : »La carte apporte une description, la boussole une direction ».
Mes objectifs de vie : vie professionnelle (mission et carrière ; développement personnel) ; confort et argent ; famille ; vie sociale ; Bien-être (santé et énergie ; loisirs et fun).

 

Ch. 4 Relire son histoire pour inventer son avenir

  1. A) Connecting the dots (Steve Jobs)
  2. B) La ligne de vie : réaliser votre ligne de vie (identifiez les experiences marquantes et les moments clés de votre vie, et placez-les en face des années correspondantes) ; Partagez votre ligne de vie.
 

Partie 3 TROUVER SA VOIE

Ch. 1 Identifiez ce que vous aimez (vos sources d’énergie)

  1. A) L’énergie, la quête du graal: suivre son énergie ; à l’écoute de la passion ; à la recherche du flow.
  2. B) Etes vous spécialiste ou multipotentialiste ? Ces derniers ont trois principaux super-pouvoirs :la synthèse des idées ; l’apprentissage rapide ; l’adaptabilité.
  3. C) Identifier ce qui vous fait vibrer: 1. Les activités 2. Les expériences 3. Les sujets 4. Les personnes 5. L’environnement.
  4. D) Transformer ces envies en action: Keep, stop, start ; démarrer un play project Ne cessez jamais d’explorer ; Compilez vos découvertes.
Ch. 2 Identifier ce en quoi vous êtes bon (vos forces)

Qu’est-ce que vous savez (très) bien faire ? Sur quoi pouvez-vous vous appuyer pour exceller ?

  1. A) Les différentes intelligences: Les huit formes d’intelligence (Howard Gardner) ; L’importance particulière de l’intelligence émotionnelle (Daniel Goleman). Ses cinq compétences : conscience de soi, maîtrise de soi, motivation interne, empathie, aptitudes humaines.
  2. B) Identifiez ce en quoi vous êtes bon ? Identifier ses talents 2. Identifier ses compétences 3. Identifier ses connaissances 4. Identifier ses réseaux.
Ch. 3 Identifier vos talents uniques :
  1. A) Identifier ses talents uniques: Trouver son élément = »point de rencontre entre nos talents et nos passions » ; Misez sur vos forces naturelles.
La matrice des forces : talents révélés ; compétences acquises : potentiels ; faiblesses.

Identifier ses talents uniques.

  1. B) Affiner son rôle dans une équipe et un projet: Les huit profils d’entrepreneurs (méthodologie Wealth Dynamics) : le Créateur ; la Vedette ; le Supporter ; le Négociateur ; le Marchand ; l’Accumulateur ; le Maître ; le Mécanicien.
Les huit profils d’équipiers : l’Explorateur ; le Planificateur ; l’Energiseur ; le Connecteur ; l’Expert ; l’Optimisateur ; le Producteur ; le Coach.
  1. C) Fais ce que toi seul peux faire: Tout ça…au service de quoi ?
Ch. 4 Quel acteur de changement sommeille en vous ?
  1. A) Tous acteurs !
  2. Les entrepreneurs à impact ;
  3. Les intrapreneurs à impact ;
  4. Les dirigeants à impact ;
  5. Les contributeurs à impact ;
  6. Les free-lances à impact.
« Chacun sa voie, chacun son chemin »
  1. B) Identifier son profil d’acteur de changement (leader/follower ; grande ou petite structure).
. Ch. 5 Définir l’impact que vous voulez avoir (votre impact sociétal)

De quoi le monde a-t-il besoin ? A quoi aimeriez-vous contribuer ?

  1. A) L’impact sociétal, qu’est-ce que c’est ? Deux dimensions : la finalité que l’on poursuit ; la manière dont nous faisons les choses.
  2. B) Les enjeux de société: Les objectifs de développement durable ; De quoi le monde a-t-il besoin ?
  3. C) A la recherche du déclic. L’engagement peut partir d’une injustice ; d’une inspiration ; d’un levier d’action.
  4. D) Définir l’impact que vous voulez avoir
  5. Définir son enjeu de société : trouver sa cause ; définir et comprendre son problème ;
  6. S’appuyer sur l’existant ;
  7. Définir son idéal ;
  8. Identifier ses leviers d’action ;
  9. Définir ses pistes d’actions concrètes.
  10. E) Maximiser son impact
  11. Mesurer son impact ;
  12. Affiner sa stratégie d’impact H1 : Business as usual ; H2-: Changement incrémental ; H2+ : Changement transformationnel ; H3 : nouveau paradigme.
  13. F) L’équilibre, afin d’éviter l’épuisement pour la cause.
. Ch. 6 Identifier ce pour quoi vous pouvez être rémunéré (votre modèle économique)

La clé pour transformer votre mission en profession est de faire des choses qui vous plaisent, dans lesquelles vous êtes excellents, qui ont une vraie utilité sociale ET pour lesquelles des personnes sont prêtes à payer.

  1. A) Le modèle économique des organisations à impact
  2. Une grande diversité de modèles ;
  3. Les particularités des organisations à impact ;
  4. Développer le modèle économique de son organisation à impact : se poser cinq grandes questions : A qui – Quoi – Comment – Combien – Pourquoi.
  5. B) Construire son modèle économique personnel
  6. La réalité du marché ;
  7. Chiffrer ses besoins financiers ;
  8. Clarifier son modèle économique personnel.
  9. C) Trouver son premier client
  10. D) De l’idée à l’action: mes besoins, mes pistes, mes premiers pas.
 

. Ch. 7 Découvrir votre mission de vie

  1. A) Laisser la place à l’intuition
  2. B) Faire émerger sa mission
  3. C) Etre en mission vs avoir une mission: C’est le fait d’embarquer dans une mission qui est essentiel
 

Partie 4 SE METTRE EN MOUVEMENT

. Ch. 1 Construire votre parcours à impact

  1. A) Développer une stratégie de carrière à impact: trouver son pourquoi ; définir son comment ; affiner son quoi
  2. B) Faire les bons choix:
  3. Définir ses critères de choix ;
  4. Lister les options ;
  5. Evaluer les options ;
  6. Décidez !
. Ch. 2 Passer à l’action !
  1. Adoptez le bon état d’esprit : Comment pourrais-je… ? ;
  2. Démarrez maintenant ! Découpez votre projet en étapes, et ces étapes en tâches ;
  3. Approfondissez vos connaissances ;
  4. Entourez-vous : Créez votre dream team : l’instigateur ; le fan ; l’avocat du diable ; le superviseur ; le connecteur ; l’exemple/modèle ;
  5. Trouvez vos méthodes de travail ;
  6. Créez des opportunités ;
  7. Gérez votre transition : grand saut ou effet ciseau ;
  8. Faites le bilan régulièrement ;
  9. Créez un cercle vertueux ;
  10. Faites (vous) confiance.
 . Ch. 3 «Ils changent le monde»: témoignages d’acteurs de changement’

 Conclusion

. Réenchanter le monde

. L’engagement a un pouvoir extraordinaire

. Redessiner sa vie

. Trouver ses talents est le voyage d’une vie

 « Je vous souhaite un très bel envol!

Le monde est votre terrain de jeu.

Et souvenez-vous toujours: vos talents peuvent changer le monde !

*

Émetteur du florilège : François C

 

Meurtre pour redémption de Karine Giebel - Pocket

Meurtres pour rédemption Le conseil de Maryline:

 

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes. Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.

 

Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté. Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.

 

Orange

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Le jour de la rentrée scolaire, Naho reçoit une étrange lettre écrite… par elle-même depuis le futur ! La femme souhaite aider la jeune fille qu’elle était à ne pas commettre les mêmes erreurs, et lui adresse une longue liste de directives, notamment concernant le nouvel élève de la classe…

Un manga original et touchant où l’amitié tente de vaincre la fatalité.

Série finie en 6 tomes

Coup de cœur d’Élodie, libraire à De fil en page.

L’AFFOLEMENT DU MONDE -10 enjeux géopolitiques de Thomas GOMART - Ed. Tallandier

L'affolement du monde ; 10 leçons de géopolitique 1. La Chine à la conquête de la première place mondiale

À mes yeux, la Chine est aujourd’hui dans une situation paradoxale: une forte introversion intérieure que reflètent le durcissement du régime et sa volonté étroite de contrôle social et une forte extraversion extérieure, qui s’observe dans le projet BRI (Belt and Road Initiative) ou sa diplomatie publique. En réalité, la Chine est en train de réaliser un pivotement stratégique entre une posture continentale et une posture navale… Ce changement fondamental est indispensable à ses ambitions de puissance globale. Même graduel, il ne peut se faire sans une prise de risque élevée.

  1. Un monde au bord de l’asphyxie

. L’enjeu du réchauffement climatique

. La lente diversification des mix énergétiques

. La gouvernance de l’énergie ne cesse de se complexifier

. Les principaux producteurs: Arabie Saoudite, Russie et États-Unis

. Les principaux consommateurs: Union européenne, Chine et Inde

Des liens dialectiques existent entre le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité et les pollutions qui, à la différence d’autres menaces, ont d’ores et déjà des conséquences irréversibles sur nos modes de vie. Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif extrêmement ambitieux au regard des efforts consentis depuis l’accord de Paris, une course de vitesse est engagée dans laquelle bon nombre de gouvernements et d’acteurs industriels piétinent.

  1. Les inconnues de la puissance américaine

Les États-Unis doivent faire face aux éléments suivants: une désindustrialisation liée à la mondialisation, une violente accentuation des inégalités sociales, une forte dépendance aux capitaux étrangers, un niveau élevé d’endettement, une montée en puissance de la Chine et une érosion du système dollar. En dépit des aléas conjoncturels, ils disposent toujours d’un incomparable pouvoir structurel, c’est-à-dire d’une capacité inégalée d’exporter leurs problèmes et d’imposer leurs préférences.

  1. La lutte pour le contrôle des espaces communs : mer, air, spatial et numérique

Il faut apprendre à penser les espaces communs à la fois dans des logiques de coopération et de confrontation. Deux phénomènes sont actuellement à l’œuvre: la volonté des États-Unis d’exercer une forte primauté dans le domaine spatial ; celle de la Chine d’investir massivement dans les infrastructures portuaires. Les Européens ne sont absents ni de l’un ni de l’autre, mais agissent avec des moyens beaucoup plus limités et sans vision d’ensemble intégrée. La maîtrise des espaces communs passera de plus en plus par celle de l’intelligence artificielle… qui invite à réfléchir sur la nature de la relation homme-machine, et ses conséquences sur l’espace-temps. 

  1. La résurgence de la Russie

Le positionnement international de la Russie est marqué par son héritage impérial et son passé soviétique. Sa trajectoire politique et économique a toujours été appréciée en fonction de celle de l’Europe occidentale, vis-à-vis de laquelle elle accuse un retard de développement séculaire… Or, la Russie conçoit avant tout son rapport au monde à travers l’exercice de la puissance. C’est pourquoi elle cherche à déplacer la compétition avec l’Occident sur d’autres terrains que le seul champ économique.

L’objectif poursuivi par Moscou de découplage entre l’Europe occidentale et les États-Unis demeure. Il s’agit, d’une part, d’éviter une pression stratégique sur ses flancs ouest et sud et, de l’autre, d’évincer les États-Unis d’Europe pour rétablir un concert européen lui permettant de bénéficier des rapports de force bilatéraux… La Russie voit toujours l’OTAN comme la principale menace, mais les inflexions de ses doctrines nucléaire et conventionnelle indiquent qu’elle se préoccupe d’ores et déjà des menaces sur ses flancs orientaux. À cette heure, il est difficile de savoir si la Russie a implicitement abdiqué en faveur de la Chine, de manière à négocier une place favorable dans le nouvel ordre international que Pékin cherche à instituer, ou si elle pense toujours être en mesure de maintenir une complète indépendance stratégique vis-à-vis de l’empire du Milieu. 

  1. Les bruits de guerre se rapprochent

Indicateurs de l’état du contexte géostratégique, les dépenses militaires mondiales ont connu une forte diminution entre 1987 et 1996 –point bas- avant de connaître une augmentation progressive, qui s’accélère depuis 2015. Avec 1739 milliards de dollars, la dépense militaire mondiale a atteint en 2017 son niveau le plus élevé depuis la fin de la guerre froide.

. Nouvelle course aux armements

. Permanence du  cadre interétatique

. Accélération des armes de prolifération

. Crise du modèle occidental

. Le piège du terrorisme

Les principaux pays émergents, au premier rang desquels figure la Chine, entendent modifier les rapports stratégiques en leur faveur en poursuivant des logiques parfaitement classiques de puissance dans une forme de mimétisme avec celles suivies par les puissances occidentales.

Quels que soient leurs avatars et leurs causes, les affrontements au sein de la population entre groupes ou entre un groupe et des forces conventionnelles persisteront. C’est pourquoi il convient de penser simultanément les possibilités de conflits interétatiques et intra-étatiques, et leurs liens réciproques.

  1. L’Europe déboussolée

Les enseignements à tirer de l’histoire européenne sont tellement innombrables qu’ils en deviennent presque illisibles. Phénomène peu visible mais décisif, la diminution des dépenses militaires. L’appartenance à l’OTAN sonne pour nombre de ses membres comme un renoncement à l’effort de défense ; ils s’en remettent à un principe de sécurité collective en limitant au maximum leur contribution.

. Euro, migrants et Brexit

. Splendeurs et misères de l’intégration européenne

. L’autonomie stratégique est-elle possible?

L’affolement du monde est perceptible en Europe plus qu’ailleurs. C’est sans doute parce que les élites et les opinions européennes partagent l’impression de ne plus maîtriser leur destin. L’Europe a imposé son rythme au monde avant d’être foudroyée par les deux guerres mondiales…Aujourd’hui, ses atouts mais aussi son organisation et son identité sont directement menacés par la combinaison de plusieurs forces. L’accentuation de l’interdépendance économique s’accompagne d’un retour de la violence politique et d’une évolution des équilibres globaux en sa défaveur.

  1. La guerre commerciale est déclarée

Deux traits de la mondialisation produisent de puissants effets géoéconomiques. Le premier est l’hégémonie persistante du dollar comme monnaie internationale de référence, ce qui confère aux États-Unis un «privilège exorbitant»… Le second est l’intégration de plus en plus poussée de l’appareil productif mondial à travers des chaînes globales de valeur (CGV).

Face aux comportements des États-Unis, de la Chine et de la Russie, ses trois principaux partenaires commerciaux, l’UE devrait d’urgence réapprendre non seulement à penser mais aussi à agir en termes géopolitiques et géoéconomiques… Comprendre que les leviers de la politique économique sont potentiellement des instruments de conduite de guerre.

8% du patrimoine financier mondial est localisé dans les paradis fiscaux. En outre, 40% des profits des multinationales sont déclarés dans des pays à fiscalité faible ou nulle.

À cette dualité économique (pays matures à faible croissance et, de l’autre, des pays émergents à forte croissance) s’ajoute désormais une dualité de nature politique entre un capitalisme d’inspiration démocratique au sens où il respecte encore la séparation des pouvoirs et un capitalisme d’inspiration autoritaire au sens où la propriété privée n’est jamais totalement garantie.

  1. De la Méditerranée au Moyen-Orient, multiplication des dangers

Cette mer intérieure s’étend d’ouest en est sur 4 000 kilomètres, du sud au nord sur quelques centaines de kilomètres, compte 12 000 kilomètres de littoraux et relie l’Europe, l’Asie et l’Afrique… C’est aujourd’hui un espace maritime congestionné où s’entrelacent échanges commerciaux, flux migratoires et rivalités navales.

La tumeur irako-syrienne irradie au-delà du Levant. Ses métastases se propagent par de multiples canaux et soulèvent deux questions principales. La première concerne l’influence exercée par la Russie, l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui ont modifié les rapports de force au cours des dernières années… La seconde question porte sur le degré d’unité de l’Europe et du monde arabe ou, pour le dire autrement, sur la manière dont le rapport à l’islam est susceptible de diviser les Européens et, inversement, le rapport à l’Europe le monde musulman.

De nombreuses tensions géopolitiques entre voisins émaillent l’espace méditerranéen et contribuent à son instabilité chronique: Israéliens et Palestiniens, Serbes et Bosniaques, Turcs et Kurdes, Catalans et Castillans, Turcs et Grecs, Algériens et Marocains. Présenté comme un «ensemble antagonique», il se compose d’une trentaine de pays de taille variable… pays travaillés, entre eux, par des relations conflictuelles ou, en leur sein, par des revendications sociales menaçant leur stabilité.

Daech a désigné les «judéo-croisés» pour ennemis, comme si les croisades du Moyen Âge n’avaient jamais cessé, et continue à propager une vision apocalyptique des relations avec l’Europe. Les défaites militaires récentes de Daech ne signifient pas la disparition de son idéologie mortifère. Il faut bien la connaître pour la combattre efficacement, en particulier en Europe.

Mers adjacentes: La mer Noire, la mer Caspienne et la mer Rouge constituent, en effet, l’environnement immédiat de trois puissances particulièrement actives dans la région depuis 2015: la Russie, l’Iran et l’Arabie Saoudite.

L’ensemble de la rive sud de la Méditerranée est concernée par l’évolution des structures étatiques. À des degrés divers, les «printemps arabes» ont révélé leurs fragilités internes et l’inadaptation de leurs institutions à la structure des sociétés. Ce sont «des régimes durs pour des États faibles» qui se révèlent incapables d’exercer d’autres fonctions que la sécurité et d’exister autrement que par le contrôle social étroit ou la répression de leurs propres populations.

  1. Les migrations et le choc des identités

La mondialisation entraîne une compartimentation des espaces mondiaux avec de fortes disparités de traitement entre migrants selon leur origine ou leur pouvoir d’achat…Les flux migratoires révèlent une hiérarchie des pays en fonction de leur attractivité et de leur capacité à accueillir ou à sélectionner les migrants. Toute circulation humaine se traduit par un contact avec l’altérité dont dépend l’affirmation d’une identité.

Sur les 31 pays ayant le plus faible PIB par tête dans le monde, 27 se situent au sud du Sahara. Le continent africain est aussi miné par de multiples conflits.

Une zone sensible: la bande sahélo-saharienne (BSS)… Le Sahel est fréquemment présenté comme une «bombe démographique» dans la mesure où l’émigration sahélienne pourrait concerner 40 millions de personnes d’ici la fin du siècle.

. Le débat sur l’identité et l’origine des conflits

. Sécularisation du politique et résurgence du religieux

. Des disparités démographiques préoccupantes

. Les migrations s’intensifient

. La sécurité alimentaire n’est jamais complètement garantie

La mondialisation se traduit par une accentuation vertigineuse des inégalités entre les pays et au sein des pays. 1% des plus riches de la planète possèdent 43% de la richesse mondiale, alors que les 50% les plus pauvres n’en détiennent que 1%. Cette inégalité globale s’observe principalement en Afrique et en Asie du Sud où vit principalement le «milliard d’en bas», i.e. les personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

 

Epilogue. La France affolée?

Le mouvement des «gilets jaunes» met à nu le profond clivage entre les gagnants et les perdants de la mondialisation.

Il ne fait guère de doute, à mes yeux, que nous sommes confrontés à une dégradation rapide de notre environnement stratégique et à une crise sociale aiguë. Nous ne sommes préparés ni à la première, ni à la seconde, et encore moins à la simultanéité des deux.

Commençons par accepter les réalités d’une mondialisation qui se caractérise par des logiques complexes de transaction et de cogestion, une nouvelle répartition de la puissance et la diffusion des technologies de l’information et de la communication. Trois traits principaux la dessinent aujourd’hui: une accentuation des inégalités, une dégradation de l’environnement et une capacité illimitée de mise en réseau des individus comme des groupes, qui relient et segmentent à la fois.

. La France ne doit pas subordonner sa stratégie internationale à la lutte contre le djihadisme.

. La France doit repenser ses relations avec les trois grands (États-Unis, Chine et Russie).

. La France, force motrice de l’autonomie stratégique européenne.

. La France doit ouvrir un débat sur le sens de la mondialisation.

*

Émetteur du verbatim : François C

 

Femme sur écoute d'Hervé Jourdain - Pocket

Femme sur écoute Le conseil de Marylin:  

Strip-teaseuse et escort girl, Manon Legendre ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Son plan: racheter une boutique sur les Champs-Elysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie. Lola Rivière, quant à elle, est de l’autre côté de la barrière. Experte en cybercriminalité, elle vient de rejoindre une équipe de flics aguerris tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé. Sans connexion apparente, les deux femmes vont pourtant se rencontrer et naviguer dans les méandres de la cybersécurité, des écoutes et du jeu médiatique. Le plus dangereux prédateur n’est pas forcément celui qu’on croit…

 

La vie comme elle vient d Anne-Laure Bondoux - École des loisirs

Vie comme elle vient (la)

Coup de cœur de Mademoiselle Jeanne:

Mado et Patty sont deux sœurs que tout oppose et qui ne se supportent pas. Pourtant, à la mort de leur parent dans un accident de voiture, Patti demande la tutelle de sa cadette, et elles sont bien obligées d’apprendre à vivre ensemble et à se consoler à tour de rôle. Au moindre faux pas, Mado est placée dans un foyer jusqu’à sa majorité, or elles n’ont désormais plus qu’une envie : rester ensemble. Plus de huit mois après l’accident, c’est le brevet, les grandes vacances, juillet à Paris, puis enfin août à la campagne, rien que toutes les deux pour la première fois. Toutes les deux, ou presque… car Patty est enceinte et ce n’est pas le dernier de ses mensonges.

En commençant ma lecture j’avais quelques a priori : 1) C’est écrit par Anne-Laure Bondoux, génial !!! 2) Bon ça a l’air un peu cliché quand même… Les deux se sont confirmés : j’ai adoré, et oui c’est cliché ! L’histoire initiale l’est en tous cas : les parents meurent, les sœurs sont radicalement différentes mais s’aiment quand même, l’une très forte en classe et timide, très responsable, l’autre serveuse dans un bar, inconsciente, adore le verni à ongles, et pour couronner le tout un bébé annonce sa venue au monde trop tard pour l’avortement. Bref, la liste est longue parce que quand on y réfléchit deux secondes rien n’est vraisemblable, rien n’arriverait dans la vraie vie… et pourtant le titre est bien La vie comme elle vient. Et ça explique peut-être tout : l’enchainement des circonstances est rarissime mais tout peut arriver, et il faut prendre les événements comme ils viennent, les uns après les autres et sans réfléchir. L’histoire est surement clichée mais au final ça n’a aucune importance, on suit les aventures de Mado et Patty avec d’autant plus de plaisir, parce que ça ne nous arrivera sans doute jamais, et heureusement !

Si j’ai finalement dévoré ce livre, c’est sans doute parce que j’ai tout de suite adoré Mado : c’est à travers ses yeux qu’on entre dans cette histoire abracadabrantesque, mais elle reste un personnage très vrai malgré les circonstances. Elle a des hauts et des bas, est responsable mais en a marre d’avoir trop les pieds sur terre, admire sa sœur et la déteste en même temps, s’énerve et s’en veut après. Paradoxalement c’est un personnage auquel je me suis très facilement identifié malgré tout ce qui lui arrive : certaines de ses réactions, ou de ses réflexions peuvent paraître toutes bêtes mais révèlent souvent ce que les gens n’acceptent pas, n’osent pas dire de peur d’être jugé. Lorsqu’elle raconte son retour au collège après l’accident c’est fait avec beaucoup de finesse, et de justesse aussi peut-être…

 

« Je me suis alors aperçue que j’allais passer mon temps à me surveiller pour être conforme à ce qu’on attendait de moi : je devais avoir l’air triste et abattue, point à la ligne. (…) Mes copines aussi se contrôlaient : il ne fallait pas rire, pas me bousculer, pas me parler de choses tristes, ni de choses gaies, éviter de prononcer les mots tabous comme « papa », maman » et même « voiture »… (…) Elles n’ont pas vraiment voulu me mettre sur la touche. J’étais sur la touche. »

Même si les deux sœurs ont des personnalités un peu exagérées, leur relation est ambiguë et tout sauf linéaire. Elle s’aiment et se détestent en même temps, se consolent et s’engueulent, se serrent les coudes malgré elles.

 

« – Moi ? Je te filais des compl… – Mado est si vive, si intelligente, si curieuse, si réfléchie ! récite-t-elle en clownant les profs. Tu crois pas que ça fout les boules d’entendre ça en permanence ? (…) – Toi aussi, tu me donnes des complexes, dis-je à mi-voix »
En conclusion, j’ai adoré La vie comme elle vient parce que les personnages sont géniaux et attachants, réalistes au milieu de leurs comportements incohérents au possible !

80 ANS, UN CERTAIN ÂGE de Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER - Ed. Albin Michel

80 ans, un certain âgePhilosopher, c’est-à-dire penser son existence, c’est apprendre à bien la vivre jusqu’à la fin. Alors, allons-y!

LE TEMPS

1978 Le quadra «Le temps file entre les doigts comme une corde folle, et les frustrations commencent à s’accumuler.»

2018 L’octo «Je vais bientôt mourir et, comme disait le tant regretté Pierre Desproges, je fais quoi en attendant?»

Désormais, je pense ma vie comme une collection d’instants rares. Ayant renoncé aux grands projets, je peux me permettre ce que s’interdisait l’homme d’action: vivre au jour le jour pour y trouver la saveur d’exister.

Longtemps le souci du temps a pris le pas sur la qualité de mon vécu. Je suis en train d’inverser ces priorités et je trouve ça succulent.

LA FAMILLE

1978 Le quadra «On a souvent décrit les Servan-Schreiber comme un clan, voire une mafia.»

2018 L’octo «Une famille est un pacte existentiel. On y naît, on y vit, on y meurt en compagnie d’autres avec lesquels on a un peu ou beaucoup en commun.»

Octo, je suis à même d’apprécier la continuité avec la famille du Quadra. Instruit par l’exemple de mes parents, j’ai compris que pour que la famille dure, il faut favoriser les contacts entre ceux d’une même génération. L’idéal est que nos enfants et petits-enfants n’aient nul besoin de moi pour se réunir et faire preuve de solidarité en cas de besoin. Constatant que c’est pour la troisième génération ce qui est en train de se tisser entre eux, je souris intérieurement. Les valeurs communes ont donc bien été transmises.

LE COUPLE

1978 Le quadra «Dès que nous cessions de communiquer, l’envie de vivre semblait nous quitter.»

2018 L’octo «Un mois après notre rencontre Perla a déposé ses valises chez moi (où nous sommes encore).»

Et puis, chemin faisant, le vieux couple est voué à devenir un couple de vieux. Sur ce chapitre qui s’ouvre pour nous, ni les témoignages ni les observations ne sont nombreux, car auparavant on mourait trop jeune pour vivre de longues épousailles. Au point que vieillir ensemble passe encore pour un projet imprévu et risqué.

LES ENFANTS

1978 Le quadra «C’est probablement pour nous faire faire la folie de les mettre au monde que les petits enfants ont les yeux si brillants et des rires ensoleillés.»

2018 L’octo «Aucun des miens n’est drogué, gravement malade, en dépression chronique, incapable de trouver un emploi, en prison, ni fâché avec moi.»

LES AUTRES

1978 Le quadra «Chaque année passée depuis ma jeunesse m’a mieux fait admettre que je vous ressemble et que vous m’êtes nécessaires.»

Adulte, j’ai appris que chaque nation mettait un point d’honneur à dépenser cinq fois plus pour perfectionner son armement que pour aider les affamés du tiers monde.

2018 L’octo «Rares sont les liens indéfectibles. On peut partager le même lit des années, puis ne plus se voir, même sans fâcheries.»

J’ai appris que c’est dans ma relation aux autres que j’existe le plus complètement. Parce qu’elle me définit, me précise. Qui est sûr d’exister, au-delà de ses sens, si ce n’est en relation, en connexion avec ce qui n’est pas soi? Le besoin de l’autre est l’expression permanente de mon incomplétude.

Les autres sont pour moi des sources d’émotions, de stimulations, de désirs parfois, bref, de vie. Parce qu’ils sont mes semblables, ils me complètent ; parce qu’ils sont différents, ils m’enrichissent.

LE JOURNALISME

1978 Le quadra «Si je devais travailler aujourd’hui avec la personne que j’étais à vingt-trois ans, j’aurais du mal à la supporter.»

Aussi ai-je favorisé, dans les huit ou dix titres que j’ai dirigés, des qualités sans panache mais essentielles, comme la clarté, la précision, la couverture de l’actualité, la rigueur dans le contrôle des faits, l’élégance de la présentation et, surtout, l’honnêteté intellectuelle.

2018 L’octo «Je me suis trouvé, vers la soixantaine, confronté à une technologie de rupture devant laquelle mon expérience n’était plus adaptée.»

Ne suis-je pas né avant la télévision, le cinéma en couleurs, les antibiotiques, le droit de vote des femmes, la décolonisation, le rideau de fer sur l’Europe, la bombe atomique, la sécurité sociale, les voyages aériens, etc.? Et surtout longtemps avant la communication électronique qui est en train de remodeler les rapports entre les Terriens.

LA POLITIQUE

1978 Le quadra «Avec la politique on connaissait l’orgasme de l’élection, les délices de la renommée et une autojustification à toute épreuve.»

Il m’a fallu du temps pour comprendre que le but dominant de la politique n’est pas de résoudre au mieux et au plus vite les problèmes d’un peuple, mais de conquérir le pouvoir, et de s’y maintenir.

2018 L’octo «Une vision plus réaliste de la politique se résume pour moi à cette formule célèbre outre-Atlantique: It’s a dirty job, but someone has got to do it.»

Je n’en suis pas moins convaincu qu’il reste à la politique une mission majeure, et pour longtemps : la défense des droits de l’homme, qui sont à nouveau l’objet d’attaques et de remises en question sans précédent.

LE BUSINESS

1978 Le quadra «Aussi arrivai-je à la conclusion que si je réussissais ce que j’entreprenais, c’est que ça ne devait pas être très calé.»

Lorsque je considère mon activité… dans le monde du business, je ne me pose que trois questions: «Est-ce intéressant? Est-ce difficile? Est-ce moral?»

2018 L’octo «J’étais probablement trop intellectuel pour me contenter de faire fonctionner des entreprises, mais pas assez pour devenir un penseur établi.»

Peut-être suis-je incapable de croire que mes descendants puissent vivre dans une prospérité sans transcendance, mais pléthorique en divertissements pascaliens.

L’ESTABLISHMENT

1978 Le quadra «Qui donc a décidé de m’accepter et me l’a fait savoir? Tout simplement les secrétaires.»

L’origine des membres de l’establishment peut changer, leur durée, en fonction, se restreindre, le régime politique se transformer, leurs petites manies évoluer, mais le seul jeu qui les intéresse restera immuable : la loterie du pouvoir.

2018 L’octo «Me voici donc émérite ou honoraire dans des fonctions dont j’ai été si longtemps titulaire, la définition courtoise du has been.»

Autres pratiques salutaires: devenir très gentil, convivial, souriant, empathique, prévenant, serviable, drôle et reconnaissant. Car, dépouillé d’éminence sociale, il est crucial de faire ce qu’il faut pour que les autres vous trouvent de bonne compagnie.

LA DISTANCIATION

1978 Le quadra «Ma motivation, c’est l’envie de vivre, faite de curiosités, de désirs, de projets, de fantasmes, de sensations, de besoins.»

Si l’on veut accomplir, construire, réaliser quoi que ce soit, il ne faut pas abuser de la distanciation qui, à haute dose, rend sceptique, blasé, désabusé.

2018 L’octo «Mieux vaut reconnaître d’emblée qu’une vie ne peut être qu’une symphonie inachevée.»

Les sages taoïstes nous ont appris à nous garder de porter un jugement rapide sur ce qui se produit, puisqu’il est impossible alors d’en prévoir toutes les conséquences. Seule la distanciation temporelle révèle après coup la vraie portée d’un contretemps, comme d’une aubaine. Il n’est pas rare qu’avec les années, nos jugements s’inversent.

LA FORME PHYSIQUE

1978 Le quadra «Préférer la victoire sur soi-même à une assiette de profiteroles au chocolat, n’est-ce pas gravir un échelon vers la transcendance?»

J’ai fait le choix de me ménager pour donner à mon cerveau de meilleures chances de rester irrigué, à mon cœur de ne pas s’encrasser, à mes jambes de me porter, à mes yeux de percevoir la lumière.

2018 L’octo «Les quatre grands prédateurs de la Faucheuse, cancer, infarctus, AVC, Alzheimer, frappent au hasard. Il y a des semaines où, pour voir des amis, je navigue d’un hôpital à l’autre.»

Moi non plus je ne peux pas changer de carrosserie, je dois m’arranger avec ce dont je dispose.

LE MASCULIN

1978 Le quadra «Non seulement je trouve mes filles aussi futées que jolies, mais j’ai le sentiment d’avoir investi dans le parti qui monte.»

Parce que l’éducation des mâles, leur culture ne les ont pas préparés à vivre une sexualité fondée sur l’échange, le respect et la réciprocité.

2018 L’octo «J’ai d’autant mieux reconnu et apprécié ma part féminine qu’elle s’accompagnait d’une hétérosexualité inconditionnelle.»

Mon attitude à l’égard des femmes, je me la suis formulée en constatant ce qui est bénéfique dans le couple: à l’horizontale, animalité joyeuse ; à la verticale, respect, souvent admiratif.

 LA MORT

1978 Le quadra «Soudain, la mort saute sur la scène, claque des doigts: «Voilà ce que je fais de tout ça!» Message reçu, pour de bon.»

Vers trente-cinq ans, j’ai vu pour la première fois ma vie comme une fin de vacances. Mon premier coup de vieux.

2018 L’octo «Agnostique, je fais donc une sorte de pari de Pascal inversé: pour ne pas m’illusionner, je préfère penser qu’il n’y aura rien après ma mort et agir en conséquence.»

Selon les jours c’est pile ou face. Je peux ressentir que ma vie n’a aucun sens puisque je vais disparaître sans avoir compris le jeu. Et le lendemain c’est parce que je me sens mortel que chaque instant vécu m’est source de félicité.

 LA VIE

1978 Le quadra «Je n’avais pas d’estime pour ceux qui dormaient tard, parlaient beaucoup trop ou, plus simplement, rentraient chez eux à dix-huit heures pile pour retrouver leur femme et leurs gosses.»

 Principal responsable de mon conditionnement psychologique, j’apprends à minimiser ce qui me nuit et à favoriser ce qui m’est bénéfique.

2018 L’octo «Graduellement se dessine non plus ce que j’aurais pu ou aimer être, mais ce que j’ai été. Ça et pas davantage. Le rendez-vous décisif avec soi-même: tout ça pour ça?»

 Les années sont un filtre qui élimine le fantastique, l’illusoire, l’inaccessible, l’inutile…Des pans entiers de possibles disparaissent du fait que mon corps devient moins fort, moins agile, moins dynamique. Moins ardent aussi et c’est tant mieux. Des désirs moindres valorisent d’autant ceux qui demeurent et paraissent plus authentiques.

 L’AVENIR

1978 Le quadra «On ne peut pas s’émerveiller chaque fois qu’on allume l’électricité, qu’on décroche son téléphone ou qu’on monte dans sa voiture.»

 S’il me faut donc encore sauter de mon lit quatorze mille six cents fois, que vais-je trouver en me levant ainsi chaque matin?

2018 L’octo «Mon interrogation majeure sur notre époque se situe au niveau des valeurs. La seule qui reste universelle: le culte de l’argent, celui d’un veau d’or 2.0.»

 Le principal problème éthique sera de plus en plus l’accroissement vertigineux des inégalités eu égard aux fortunes colossales détenues par 1% de la population.

Épilogue : DE MON VIVANT

Un octogénaire, ça apprend à se faire plaisir avec trois fois rien.

*

Émetteur du verbatim : François C

LA CHALEUR DU CŒUR EMPÈCHE NOS CORPS DE ROUILLER - Vieillir sans être vieux de Marie de HENNEZEL - Ed. Robert Laffont

La châleur du coeur empêche nos corps de rouiller ; vieillir sans être vieux L’abbé Pierre disait qu’il faut toujours garder les deux yeux ouverts, un œil ouvert sur la misère du monde pour la combattre, un œil ouvert sur la beauté ineffable, pour rendre grâce.

Vieillissez, ne vous opposez pas au réel, mais n’empêchez pas la vie d’accomplir son œuvre désirante, de faire jaillir du neuf, du nouveau, jusqu’à votre dernier souffle.

Au Danemark, 60% des plus de soixante-cinq ans travaillent.

La proportion de personnes âgées vivant seules est trois fois plus forte aujourd’hui qu’en 1962. 31% des personnes de plus de 65 ans souffrent d’être « trop seuls », et quatre femmes sur 5 âgées de plus de 75 ans vivent seules.

Nous allons vieillir plus longtemps, mais mieux. Encore nous faudra-t-il construire une image plus positive de cet âge de la vie, affronter nos peurs pour les dépasser, élaborer une vraie politique de prévention de la mauvaise vieillesse. Enfin, il nous appartiendra de lutter contre le déni du vieillissement et de la mort en «travaillant» à vieillir.

Comment tirer le meilleur usage de notre longévité pour accomplir cette ultime tâche, vieillir? Car il ne s’agit pas tant d’allonger une vie qui serait étouffante pour les autres, étouffante pour soi-même, que de trouver les clés d’une jeunesse intérieure donnant au temps qui reste à vivre toute sa lumière.

En Orient, on ne montre pas les corps mais les visages qui, bien que burinés par le temps, expriment la plénitude. Il cite les visages magnifiques des vieux sadous en Inde, la lumière des icônes. Ces dernières parlent d’un corps profond et pas seulement d’un corps apparent et corruptible. Elles enseignent qu’il est possible d’expérimenter un corps de lumière, double ontologique du corps physique.

Dans certains quartiers de New York se mettent en place des «cercles des aînés» pour permettre à ceux qui souffrent de se sentir inutiles et seuls de transmettre aux générations plus jeunes un savoir sur la vie.

Ils rêvent d’être des vieillards rayonnants, «rassasiés de jours», comme il est écrit dans la Bible, heureux d’avoir mené à bien cette aventure qu’est la vie, heureux de terminer leurs jours paisiblement et de porter sur le monde ce regard de bienveillance que l’on acquiert lorsque l’on n’a plus rien à perdre, à prouver, à défendre.

La vieillesse trouve ainsi son sens dans l’accomplissement d’une vie. Elle représente à la fois le couronnement d’une vie, son achèvement, mais aussi l’espace psycho-spirituel propice à son ultime résolution, car ce qui n’a pas été accompli en son temps, dans le passé, se trouve toujours déposé en elle, en attente d’être réalisé.

Une vie accomplie est une vie apaisée. C’est pourquoi il est si important de mettre de l’ordre dans sa vie avant de quitter la scène du monde, de faire le bilan.

Jacqueline Kelen distingue la solitude triste, souffrante des personnes âgées, abandonnées, oubliées, mises à l’écart, qui serait plus exactement un isolement, de la solitude «belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d’artistes, de saints et de philosophes».

Insistant sur cette expression magnifique: la «fécondité du temps», Robert Misrahi affirme que, contre toutes les apparences, la personne âgée peut rester désirante, dans un élan vital, un vouloir-vivre, même quand l’avenir se dérobe. La vieillesse peut être une ouverture et non pas une fermeture.

Enseigner aux vieux que la vieillesse n’est pas un naufrage mais l’occasion d’une véritable renaissance. Misrahi imagine cette rééducation à trois niveaux. Celui de la créativité, de la joie et de la sérénité face à la mort.

Quel que soit l’état dans lequel nous vieillirons, quel que soit le lieu, cette énergie du cœur, si nous l’entretenons, est capable de nous transformer et de transformer notre regard sur le monde.

* *

Cocteau J’aime vieillir, l’âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. L’amitié, le travail tiennent toute leur place.

  1. Decour C’est bien le moment de nous souvenir de l’amour. Avons-nous assez aimé? Avons-nous passé plusieurs heures par jour à nous émerveiller des autres hommes, à être heureux ensemble, à sentir le prix du contact, le poids et la valeur des mains, des yeux, des corps? Savons-nous encore bien nous consacrer à la tendresse? Il est temps, avant de disparaître dans le tremblement d’une terre sans espoir, d’être tout entier et définitivement amour, tendresse, amitié, parce qu’il n’y a pas autre chose. Il faut jurer de ne plus songer qu’à aimer, aimer, ouvrir l’âme et les mains, regarder avec le meilleur de nos yeux, serrer ce que l’on aime contre soi, marcher sans angoisse en rayonnant de tendresse.
  2. Hesse Etre vieux représente une tâche aussi belle et sacrée que celle d’être jeune.
  3. Kelen Le fond de l’être est joie, légèreté, fraîcheur, mais il fallait désencombrer la source, quitter les oripeaux, abandonner le «vieil homme», ses souffrances et ses certitudes.
  4. Misrahi Le désir n’est pas, comme on le dit trop souvent, le règne de l’impossible. Il est au contraire un dynamisme visant la joie et la relation à l’autre comme reconnaissance réciproque. Si l’essence de l’homme est le désir, alors la poursuite de la joie est sa vocation.
  5. Silesius A. Chacun a en lui l’image de ce qu’il doit devenir. Tant qu’il ne l’a pas réalisé, son bonheur n’est pas parfait.
  6. Spinoza La jouissance du présent ne cesse d’étoffer le temps.

*

Émetteur du florilège : François C

LA VALLEE DU NÉANT de Jean-Claude CARRIÈRE - Ed. Odile Jacob 2018

La vallée du néant Mais la mort est nécessaire, nous ne pourrions en aucune façon nous passer d’elle, car elle contribue à tendre, à densifier, à illuminer et même à glorifier –par moments- notre existence brève, à la présenter comme un joyau dans le plus bel écrin possible.

Le «mouvant» n’est pas ce qui se meut, ce qui bouge ou change de place. Ce n’est pas la matière elle-même, qu’elle soit visible ou invisible. C’est une qualité fondamentale, une nécessité, une force obscure qui se cache au fond de chaque être et même sans doute de chaque chose, une force à laquelle nous pouvons donner des noms divers –entropie, évolution, usure, dégradation, poussée, passage, histoire, décadence, vieillissement, dégringolade-, mais qui demeure, de génération en génération, et quels que soient les philosophes et les savants, totalement impénétrable à notre pensée.

Notre intelligence, comme notre sensibilité, comme notre mémoire et notre imagination sont des muscles. Comme tous les muscles, ils ont besoin d’un entraînement quotidien. Sinon nos facultés, se sentant négligées, s’étiolent et, finalement, découragées, déçues, peut-être dépitées…nous abandonnent au bord du torrent, notre regard fixé sur l’eau qui va –qui va sans nous.

Le monde et moi, nous nous éloignons l’un de l’autre, nous nous séparons peu à peu. Une façon de me dire à mi-voix, de me faire comprendre, que bientôt je devrai le quitter.

Nous ne sommes que ce qui bouge, que ce qui s’effrite et qui s’use. Nous sommes tous guettés par la disparition. Nous sommes ce qui fait, et ce qui se défait.

Plus ou moins conscients de ce danger, nous nous efforçons, souvent mais pas toujours, de lutter contre ce morcellement incessant, contre cette dislocation insistante, nous tentons de nous fortifier, dans tous les domaines, de nous réunir, de nous serrer les mains et les coudes, mais ici encore l’immobile, le stable, le durable nous apparaissent comme des idéaux toujours inaccessibles, presque des rêveries de passage.

Le mouvant, le flot, est une réalité profonde, mystérieuse, impérieuse, dont les sources nous sont inconnues, mais dont la force est sans pareille. L’immobilité reste un concept.

Tout ce que nous construisons, tout ce que nous bâtissons s’effrite, s’écoule et disparaît enfin. Aller du rien au rien, ou plutôt du néant au néant, c’est tout le chemin de l’existence, quels que soient le peuple et l’époque.

Toutes les heures blessent, la dernière tue. Mais justement, comment reconnaître la dernière? Qui nous préviendra? Une cloche sonnera-t-elle, quand nous en viendrons au dernier tour?

Toutes nos actions, toutes nos émotions, toutes nos entreprises sont suspendues à l’approche de ce moment-là. Aussi passons-nous le plus clair de notre vie à dresser des barricades souvent risibles –une idéologie, une religion, des colifichets, des rituels, ou une armée de médecins, de guérisseurs, de mercenaires, d’astrologues, de soldats en pierre ou en terre cuite comme les empereurs chinois- pour nous rassurer, pour chasser (en surface) nos craintes, pour proclamer au reste du monde que nous avons trouvé la fermeté, le bastion dur, celui que les siècles n’ébranleront plus.

En réalité, toutes ces valeurs, toutes ces idées,…toutes ces ambitions grandioses ont été emportées par le flot, ou par la vague, l’une après l’autre, conduites à une série d’échouages, et souvent de naufrages. Elles ne reviendront jamais, car les fleuves ne remontent vers leur source que dans les plus sombres prophéties.

Le monde s’écroule sous nos yeux, et, du même coup, notre espérance du monde dévale la pente, remous après cascade et tourbillon.

Banal à dire : le Temps est le grand enfonceur, le grand vainqueur de l’histoire. Et sans doute le seul vainqueur. Il ne la conduit pas –ne sachant où il va, ni dans quelle intention- mais il la contient et la manipule, il est le lit dans lequel l’Univers se couche…Il peut même faire exploser des étoiles.

Parfois-avec notre consentement et même nos encouragements- il ronge en silence, sans nous en avertir, pareil à une armée de taupes, et l’écroulement final est une surprise pour tous.

Litanie de la misère moderne, images et paroles de la désolation, dans une planète épuisée, où les comportements les plus archaïques se réveillent, ou même la Terre est impitoyable, ou même l’instinct de survie disparaît.

On dit qu’une dizaine, peut-être une douzaine de milliards de planètes ressemblant de près ou de loin à la nôtre sont dispersées dans notre seule galaxie. Et nous comptons cent cinquante ou deux cents milliards de galaxies.

Je regarde avec une sorte de calme avidité tous ces objets, tous ces visages et tous ces paysages qui disparaîtront avec moi. Ainsi, je vis dans mon oubli, déjà, je me traîne encore un peu parmi mes fantômes, qui sont plus vrais que moi, au fond, car ils me survivront.

Mettons côte à côte une image de ce Bouddha bien nourri, calme et contemplatif, mourant à quatre-vingts ans couché sur le côté droit, la tête posée sur un coussin, paisible devant l’entrée du nirvana, et une image du crucifié, souffrant et saignant. Ce sont deux formes exactement opposées, peut-être les deux versants de la condition humaine.

Hurlant comme un vivant.

Choisissons donc la vie, même la plus dure, si le néant doit être cette torture, éternelle en plus. La terreur que j’éprouve en pensant à mon cercueil -et moi bloqué dans ce coffre, lucide, paralysé, et pour toujours- rend désirable, et même inestimable, la vie la plus sombre, la plus difficilement supportable.

Et jusqu’à la fin.

La vie, toute vie, comme une éducation perpétuelle, et forcément inachevée.

Luis Bunuel disait à peu près la même chose. Ce qui le chagrinait, c’était de partir « au beau milieu du feuilleton ». Mais il s’agit d’un feuilleton sans fin. Et il le savait. À quoi bon attendre la suite?

Le Mahâbhârata disait, à ce propos: «Chaque jour la mort frappe autour de nous, et nous vivons comme si nous étions des vivants immortels. La voilà, la grande merveille !»

Une merveille qui s’appelle l’oubli, la distraction, l’inconscience, le bruit, le mouvement, autrement dit le divertissement.

Devenir une brume, un vent léger, quitter doucement toute conscience de la Terre, s’effacer peu à peu dans l’espace et se laisser emporter un jour, sans savoir où, dans les espaces : tout le contraire de la société apparemment solide, lourde, métallique et plastique où nous vivons, où nous ne songeons qu’à retarder la fin, et même –nous y viendrons un jour, croyons-nous- à ne jamais mourir.

Si nous renonçons au monde, comment pourrons-nous en parler?

De toute manière, il est assuré, et depuis longtemps, que le plaisir est un art. Qu’il peut l’être en tout cas. D’abord, il faut être doué, réceptif, curieux, avide même , instruit parfois, après quoi le désir et la méthode s’apprennent et se développent, selon les goûts et attirances de chacun.

Lire et voir, jusqu’au bout, jusqu’à l’entrée de cette vallée fatidique. S’intéresser. Ne pas partir idiot, surtout. Apprendre à faire quelque chose, et à le faire du mieux possible.

Ne pas perdre une seule occasion. Rester aux aguets, même encore aujourd’hui, dans cette promenade. Savoir, apprendre, découvrir chaque jour quelque chose sur le monde, ou sur les autres vivants, ou sur nous –mêmes, ou même sur les choses que nous jugeons « inanimées ».

Entre le ciel et nous, des messagers multiples ont voyagé, porteurs de grâces ou de malédictions, des anges, mais aussi des génies, des djinns, des apsaras et même des « esprits », et Mercure avec des ailes aux chevilles, et Iris assise sur son arc-en-ciel, et Zeus sous des déguisements divers, et tant d’autres comme la Vierge Marie à Lourdes, à Fatima et autres lieux. Cela constitue une longue liste d’intermédiaires. Avec aussi des taureaux, des scorpions géants, des centaures, des goules, des génies, des dragons, des voix sans corps, des créatures indécises.

Aux dernières nouvelles, l’Univers compterait de cent cinquante à deux cents milliards de galaxies, chaque galaxie se composant de cent à cent cinquante milliards de systèmes solaires.

Cette Terre précieuse que le cosmos a lentement formée pour nous et qui nous a été donnée, que nous avons mis des millions d’années à apprivoiser, à connaître, à cultiver et à aimer, nous devrions aujourd’hui mettre toutes nos forces à la préserver d’abord et si possible à l’embellir. Et nous faisons tout le contraire. Nous la creusons, nous la déchirons, nous la cassons, nous en aspirons toute la matière, nous l’étouffons sous nos déchets, nous l’empoisonnons, comme si nous voulions lui faire rendre gorge.

Quant à l’Univers, il ne s’en apercevra même pas. Une planète de plus ou de moins, sur des centaines de milliards, qui prendra le temps de faire le compte?

En Inde, rien n’est jamais assuré. Tout est courbe et tout est question. Telle chose peut être à la fois ceci et cela, hier et aujourd’hui, ici et là-bas, moi ou un autre.

Nous avons édifié au fil des siècles, nous et d’autres, un au-delà fantasmagorique –parfois pittoresque, toujours anthropomorphique, où des peintres et poètes se sont amusés à inventer supplice après supplice, plainte après plainte-, et là se rassemblent toutes nos peurs, et quelques-unes de nos espérances.

Ainsi, toute une partie du monde s’efface à chaque instant, emportée par le flot qui n’arrête jamais.

L’esprit est notre remords nocturne, traînant dans tous les fossés de la nuit. Il est une partie de notre honte, de notre chagrin, ou de notre insatisfaction profonde, que le vent porte ici et là, selon les saisons. Il est cette partie de nous que nous avons oubliée en route, ou que nous avons mal dirigée, ou que même nous avons étouffée dès notre jeunesse, et poussée à se séparer de nous, à nous fuir. Il est notre voix persistante et indiscutable, notre présence ici-bas qui s’éteint. Il est aussi notre reproche.

Et je me disais que j’aurais pu mourir sans voir ça ; et même que j’aurais pu ne pas naître, rester à jamais dans l’ignorance, qui est la marque même du néant.

Car je suis ignorant du monde, du monde presque tout entier. Si je me réjouis d’avoir connu le spectacle que nous propose le Yémen, combien d’autres images, dans les milliards de planètes qui se déplacent dans l’infini, aurai-je manqué de voir ?

La beauté n’est pas la sagesse. L’indifférence non plus. Elles en sont même, peut-être, le contraire. Loin de tour fatalisme, de toute abdication, la beauté exige de l’ardeur et de l’enthousiasme, de l’audace, quelquefois même du scandale, du remue-ménage, de la bagarre et du parti pris. Elle nous pique les reins, elle est bruyante, elle excite plus qu’elle ne calme.

Elle ne laisse pas «indifférent».

Il ne faut certainement pas négliger les progrès de la «stupidité artificielle». Ils sont constants, réguliers et par moments assez remarquables.

Ce qui se communique aujourd’hui sur les réseaux sociaux, le big data, les fake news, les like, le chaos médiocre de Facebook et des informations souvent improbables transmises par emojis : la disparition progressive et programmée de l’individu, la déraison incontrôlable, l’instabilité souhaitée du réel. Tout peut inquiéter, à chaque instant.

Et puisqu’il a été dit-souvent-que la mort est le sel, l’épice de la vie, qu’elle en fait le charme et la joie, comment imaginer une existence sans déclin, sans épilogue, sans un lourd rideau qui tombe à la fin?

Pourquoi nous priver de nos alarmes, de notre «crainte de la mort» et du bonheur, chaque matin, de nous réveiller vivants?

Soixante-quinze pour cent des espèces vivant sur notre planète disparaissent, en ce moment, sous nos yeux. Nous n’y prêtons aucune attention, sans paraître même nous douter que nous faisons précisément partie des espèces en danger de mort.

De là-haut, vous regarderez une dernière fois votre passé, en silence, tous les moments particuliers de votre existence, et ceux ou celles qui furent vos parents, vos amis, vos enfants peut-être.

La dernière vallée, où vous reconnaissez les autres. Un précipité de vie juste avant la mort.

Je pense une dernière fois au Japonais dans son torrent et je reste assis, vide d’esprit, là où je me trouve. Tout autour, le jour descend sur les collines, le crépuscule rôde, le vent s’apaise lentement, j’entends s’approcher les premiers oiseaux de la nuit. On pourrait croire qu’ils m’appellent. Je décide, au moins pour quelques minutes, de cesser de vieillir. Je ralentis ma vie, presque jusqu’à l’arrêt, je détends mes muscles, mes nerfs, je freine le mouvement de mon cœur, de mon sang. J’essaie de chasser toute pensée insistante, de maintenir mes yeux mi-clos, d’oublier toutes choses, et d’hier et d’aujourd’hui. Je respire en cachette.

Et le Temps passe.

*

Émetteur du florilège : François C

Ici Londres, de Judith Kerr 

Anna, une émigrée Allemande, vit à Londres depuis son exil forcé. Contrainte de vivre dans une pension séparée de ses parents et de travailler comme secrétaire pour gagner de l’argent, la guerre naissante ne fait qu’empirer sa situation. Son frère Max, brillant élève de Cambridge, se fait arrêter et Anna tente de survivre au Blitz avec ses parents qui peinent à trouver du travail à cause de leur nationalité. Heureusement, ses cours de dessin arrivent à lui donner espoir et à lui faire rêver d’une vie d’artiste libre plus paisible…

Ici Londres est en fait un deuxième tome, après Quand Hitler s’empara du lapin rose. Je ne l’ai pas lu mais ça ne m’a finalement pas du tout gênée : les deux tomes sont plus ou moins indépendants.

résumé de l’éditeur : Classique incontournable de la littérature anglaise, Quand Hitler s’empara du lapin rose raconte l’histoire d’Anna, une jeune allemande de neuf ans, qui vit à Berlin avec ses parents et son grand frère Max. Elle aime dessiner, écrire des poèmes, les visites au zoo avec son oncle Julius. Brusquement tout change. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’exilent pour le rejoindre en Suisse. C’est le début d’une vie de réfugiés. D’abord Zurich, puis Paris, et enfin Londres. Avec chaque fois de nouveaux usages, de nouveaux amis, une nouvelle langue.Ce périple plein d’angoisse et d’imprévus est ensoleillé par la cohésion de cette famille qui fait front, ensemble, célébrant leur bonheur d’être libre. Cette histoire, c’est celle de Judith Kerr. Elle signe avec Quand Hitler s’empara du lapin rose un roman autobiographique bouleversant, précieux témoignage de l’exil  et de la montée du nazisme à travers les yeux d’une enfant.

S’il s’agit donc d’une autobiographie, elle est écrite à la troisième personne, chose plutôt originale ! En tous cas, qu’il soit fictif ou non, je me suis beaucoup attachée au personnage d’Anna. Elle est ici âgée d’une quinzaine d’années, après une enfance en Allemagne puis en exil, et la guerre prend le pas sur son adolescence. En effet, elle a très vite de grandes responsabilités : trouver un emploi pour subvenir à ses besoins et prendre soin de ses parents. Son père, un célèbre écrivain allemand, ne sait pas parler anglais et se sent couper du monde dans ce pays où ses œuvres ne sont pas reconnues, tandis que sa mère s’inquiète, autant pour Max que pour les dépenses de la famille. Anna arrive tout de même à prendre un peu de recul et à s’évader de son univers dur et triste grâce à ses cours de dessin. Elle redevient alors une adolescente comme les autres, insouciante et pleine de rêves et d’ambition. Anna décrit ses sentiments naturellement, sans détours et évoque parfois des situations compliquées, entre culpabilité et regret. Sa relation avec ses parents est parfois ambiguë : elle a conscience de tout ce qu’ils ont fait pour elle, essaye de prendre ses distances mais s’attriste de leur réaction…

« Mais elle ne pouvait pas oublier complètement, et elle savait bien que Mutti ne le pouvait pas, elle non plus. Il y avait entre elles une défiance qui n’existait pas avant cela. Une part d’elle-même s’en attristait. Une autre part, dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence, une part secrète et inflexible, accueillait cette prise de distance. » p.299

Anna se pose des questions sur leur départ d’Allemagne et leur intégration en Angleterre : son père se sentait sans nul doute mieux là-bas mais, quant à elle, son nouveau pays commence à lui plaire…

L’histoire est captivante et on suit la vie quotidienne d’Anna ; quelques rebondissements viennent la ponctuer de retournements de situation surprenants et plusieurs intrigues s’entremêlent pour former un mélange parfois difficile à démêler ! Pour conclure, la fin de l’histoire est pleine d’espoir… Et il suffit de lire la biographie de l’auteure pour confirmer ses attentes !

En bref, Ici Londres est une très belle histoire vraie qui raconte l’intégration d’une jeune allemande en Angleterre en temps de guerre. Il ne me reste plus qu’à lire le premier tome : avec un nom comme ça difficile de résister, ma curiosité est piquée !

*

Émettrice: Mademoiselle Jeanne

 

LE CÂMINO + - Outil ludique de connaissance de soi de Frédérique EPELLY - Ed. Le Souffle d’Or 2016

Le câmino + ; jeu de 108 cartes pour se recentrer et passer à l'action Le CÂMINO est conçu pour vous aider, par un simple tirage à trois cartes, à avancer sur votre chemin de vie, à explorer de nouveaux horizons, à définir un axe pour la journée ou à avancer sur votre problématique actuelle.

Le tirage au hasard est une ouverture à de nouveaux possibles afin de se laisser surprendre par l’axe proposé, d’ouvrir un chemin pour agir. Il permet la clarification d’un état interne, d’une interrogation sur l’instant, il donne une direction.

Il évacue »le comment faire, comment s’y prendre », il propose une piste d’action.

Chaque tirage est une occasion de recentrage et a une résonance particulière.

Les 46 656 combinaisons possibles sont autant de points de départ et de repères. Des déclinaisons d’actions illimitées vous sont offertes, et c’est une direction particulière qui émerge.

Pas à pas, le jeu nourrit votre force et votre discernement.

*

36 CARTES-VERBES

ABANDONNER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

ABOUTIR

ACCEPTER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

AIMER

AIMER

APPROFONDIR

CALMER

CHEMINER

CHOISIR

CLARIFIER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

CONSTRUIRE

CRÉER

CROIRE

DÉCIDER

DIRE

DONNER

ÉCOUTER

ENRACINER

ÊTRE

EXPLORER

FAIRE

IMPULSER

JOUER

LIBÉRER

OBSERVER

OSER

PARDONNER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

RECEVOIR

RÉGÉNÉRER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

REMERCIER

RENCONTRER

RESSENTIR

SURPRENDRE

TRANSFORMER

TRANSMETTRE

VIVRE

36 CARTES-RESSOURCES

ADAPTABILITÉ

ATTENTION

AUTONOMIE

CHARME

CLAIRVOYANCE

CONCENTRATION

CONFIANCE

COURAGE

CRÉATION

CURIOSITÉ

DYNAMISME

ÉNERGIE

ENTHOUSIASME

ÉQUILIBRE

FANTAISIE

GÉNÉROSITÉ

HABILETÉ

HARDIESSE

HUMOUR

INGÉNU

INTELLIGENCE

INTUITION

LÉGÈRETÉ

PERSÉVERANCE

PROFONDEUR

PUISSANCE

RÉCEPTIVITÉ

SENSIBILITÉ

SÉRÉNITÉ

SIMPLICITÉ

SINCÉRITÉ

SOLIDITÉ

SOUPLESSE

SPONTANÉITÉ

TENDRESSE

VOLONTÉ

36 CARTES-ACTIONS

ABANDONNER L’INUTILE

ABORDER L’OBSTACLE AVEC CONFIANCE

ACCUEILLIR L’IMPRÉVU

ALLER À LA RENCONTRE

ALLER À L’ESSENTIEL

AMORCER UN CHANGEMENT

APPORTER DE L’EAU AU MOULIN

CHANGER D’ANGLE DE VUE

CHERCHER UNE NOUVELLE FAÇON DE FAIRE

COMMENCER PAR LA PRIORITÉ

DÉBROUSSAILLER LE CHEMIN

DÉFINIR DES ÉTAPES

DEMANDER LE CHEMIN

EXPLORER D’AUTRES HORIZONS

FAIRE À MON RYTHME

FAIRE UN CHOIX

FORMULER UN PETIT OBJECTIF

FRANCHIR LA LIGNE D’ARRIVÉE

GOÛTER UN MOMENT DE BIEN-ÊTRE

LAISSER DU TEMPS AU TEMPS

ME LAISSER PORTER PAR LE COURANT

MENER MA BARQUE SEREINEMENT

OBSERVER LES COÏNCIDENCES

OSER FRANCHIR UN PAS DE PLUS

PESER LE POUR ET LE CONTRE

PRENDRE LES CHOSES EN MAIN

PRENDRE UNE DÉCISION

RÉALISER UNE CHOSE SIMPLE

REGARDER LES CHOSES EN DÉTAIL

SORTIR DES SENTIERS BATTUS

SUIVRE MON INTUITION

TESTER UNE NOUVELLE IDÉE

TROUVER MA PLACE

UTILISER UNE EXPÉRIENCE PASSÉE

VOIR LE POSITIF

VOLER DE MES PROPRES AILES

NE DITES PAS A MA MERE QUE JE SUIS HANDICAPEE, ELLE ME CROIT TRAPEZISTE DANS UN CIRQUE de Charlotte de VILMORIN - Grasset

Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque Travailler dans la publicité, c’était finalement le meilleur compromis que j’avais trouvé pour pouvoir porter un justaucorps à paillettes juste derrière un bureau.

D’aucuns se plaignent d’indifférence, moi, je venais d’être heurtée en pleine face par la différence.

Elle vous suit tous les jours, prend les cours en notes à votre place, sort les cahiers de votre cartable et porte votre plateau à la cantine. Une auxiliaire de désintégration en somme. Existait-il meilleur moyen de faire fuir mes amies ?

On m’avait soudain mise en situation totale d’aliénation comme si j’avais besoin d’un chien d’aveugle, alors que tout allait pour le mieux. J’ai tout essayé pour m’en débarrasser.

Et ce jour-là, j’ai compris que le seul moyen pour moi de mener une vie normale serait de ne pas lutter. J’étais née comme ça et, sauf miracle, j’étais partie pour être handicapée le restant de mes jours, alors je n’avais pas d’autre choix que de l’accepter, et de faire en sorte d’aller bien. Je pouvais continuer à être malheureuse, à ne pas accepter les choses, cela ne ferait qu’accroître tous mes maux.

Les agences de pub ont cette faculté troublante d’effacer immédiatement toute hiérarchie dans les rapports humains au profit de l’arrière-goût sucré et enfantin de grande amitié festive généralisée.

Je repensai à mes rêves de petite fille. A la trapéziste. Et je me dis que finalement, c’était exactement ce que j’étais devenue. Une trapéziste suspendue dans le vide entre deux trapèzes, m’accrochant malgré la gravité et les limites de mon corps, attendant sereinement la stabilité prochaine, en prenant garde de ne surtout jamais regarder le vide.

*

J’ai créé mon entreprise, inventé mon propre poste, et défini mes propres besoins de déplacement. J’ai décidé de faire germer toutes ces expériences plus ou moins heureuses de mobilité réduite, et de faire, plutôt que d’attendre. Alors j’ai créé le premier site qui permet aux personnes en fauteuil de louer des voitures aménagées, entre particuliers.

« Oh mais ça alors c’est formidable ! Quel courage ! Quelle volonté ! Avoir un handicap et entreprendre, c’est vraiment extraordinaire. Vous devriez écrire un autre livre ! »

Le problème, c’est que je ne vis toujours rien d’extraordinaire. Je suis juste en fauteuil roulant depuis que je suis toute petite. Et si toutes les personnes handicapées de France devaient écrire non pas un, mais deux livres…

*

Émetteur du florilège : François C

Lettres à un jeune auteur de Colum McCann - Belfond

Lettres à un jeune auteur

Prête foi à la langue – les personnages suivront et l’intrigue finira par se dessiner.

Lis sans entraves. Imite, copie, mais deviens ta propre voix.

Il n’y a pas de règles. Ou, si elles existent, elles ne sont faites que pour être transgressées. Assume la contradiction. Tu dois être prêt à tenir dans ta paume deux idées opposées ou davantage, au même instant.

La première phrase doit frapper à la poitrine. Entrer dans la peau et serrer le cœur. Sous-entendre que rien ne sera plus jamais pareil.

Ouvre avec élégance. Férocement. Délicatement. Etonne. Mise gros dès le départ. Evidemment, c’est comme si on te demandait de marcher sur la corde raide. Eh bien, vas-y, marche !

N’écris pas ce que tu sais, aborde plutôt ce que tu as envie de savoir.

Comme disait Vonnegut, nous devrions constamment sauter des falaises pour fabriquer des ailes en tombant.

Affirme-toi dans la persistance. Les mots viendront. Sans doute pas sous la forme d’un buisson ardent ou de colonnes de lumière, mais qu’importe. Bagarre-toi encore et encore. Si tu te bats suffisamment, le mot juste se présentera. Et, dans le cas contraire, tu auras au moins essayé.

Les idées sont là, c’est tout. Arrivées sans prévenir. On tombe sur quelque chose qui contracte les muscles de l’imagination et les serre si fort qu’on finit par avoir une crampe. Cette crampe s’appelle une obsession. Voilà ce que font les écrivains : ils s’adressent à leurs obsessions. Impossible de s’en débarrasser avant d’avoir trouvé des mots pour leur faire face. C’est le seul moyen de s’en libérer.

Dans ton travail d’écriture, déterminer le « moment » d’une histoire –ou même d’une scène-s’apparente à une révélation, et pas des moindres. Tu sais ce que ce moment signifie : c’est le point à partir duquel tout va changer, pas seulement pour tes personnages, mais également pour toi. Tu touches au nœud de l’affaire. Au pivot. A la clé de voûte. Si tu rates ce moment, le reste s’effondrera.

Une formule courante en littérature veut que les « personnages déterminent le destin », ce qui signifie (probablement) qu’un personnage bien composé agira conformément à ses motivations. Dans ce cas, sa personnalité prêtera à conséquence dans le déroulement de l’histoire. Mais celle-ci ne vaudra rien s’il ne fait pas partie du grand tourbillon humain. Nous devons les rendre tellement vrais que le lecteur ne les oubliera jamais.

Les bons textes mêlent l’art et la vraisemblance. Cela vaut pour la fiction, les ouvrages non romanesques, la poésie et même le journalisme. Il nous faut rassembler les potentialités du vrai et de l’invention au même endroit exactement. La vérité a besoin d’être façonnée. Y arriver demande beaucoup de travail.

Ton monde est un gisement à exploiter. Tu dois trouver la faculté de t’enfouir dans les tréfonds les plus obscurs pour découvrir ce qui n’a pas encore été révélé.

Aie toujours un carnet sur toi…Ne passe pas tes journées la tête dedans, mais griffonne dans ses pages à toute occasion. Images, idées, bribes de dialogues recueillies dans la rue, adresses, descriptions –tout ce qui est susceptible à terme de se glisser dans une phrase.

Si tu persévères dans le rôle de la caméra et de son opérateur, tu finiras par entendre la voix utile, tu discerneras la forme convenable, tu découvriras la structure appropriée et le reste s’enchaînera tout seul.

Un dialogue n’a pas besoin d’être véridique, mais juste. Il doit avoir l’apparence du naturel. Comme s’il s’était glissé naturellement sur la page. Bien composé, il rehaussera le reste du texte.

Lorsque tu lis à haute voix, l’intention initiale se rappelle à ton bon souvenir. Tu entends si ta musique chante juste ou faux. Tu t’aperçois qu’il y a un rythme ou pas. Tu découvres des rimes. Et tu trouves quantité d’erreurs. Réjouis-toi de les avoir débusquées.

Le principe du «qui, quoi, où, quand, comment et pourquoi» n’en demeure pas moins le combustible de l’écrivain.

Une histoire se déploie avec agilité. Elle ne se livre pas d’emblée. Son cours est parfois brusque. Elle peut devenir fuyante. Donc le contenant mérite d’être flexible. Bien sûr, il te faut une vision d’ensemble, une fin, ou du moins un projet de fin, mais tu dois être prêt à dévier, à changer d’avis et de direction.

En fin de compte, une intrigue doit nous serrer le cœur d’une façon ou d’une autre. Elle doit nous transformer. Nous rappeler que nous sommes vivants. Nous voulons nous attacher à la musique des événements. Une chose entraîne la suivante. Le cœur humain bat devant nos yeux. C’est ce qui nourrit l’intrigue. Tout peut arriver, mais aussi rien du tout. Et même si rien ne se passe, le monde continue de changer, seconde après seconde, mot après mot. Voilà peut-être le plus intrigant.

La ponctuation a son importance. Dans une phrase, c’est parfois une question de vie ou de mort. Traits d’union. Points. Deux-points. Points-virgules. Points de suspension. Parenthèses. Ce sont les contenants de la phrase. L’échafaudage de tes mots.

Les recherches sont le soubassement de presque tout bon travail d’écriture, poésie comprise. Nous avons besoin de repousser les limites du monde que nous connaissons. Nous devons être capables de nous projeter dans des vies, des périodes, des géographies éloignées de nous…Cela nécessite des recherches approfondies.

Écris comme si tu envoyais à ton lecteur une phrase soignée à la fois. La prose doit être aussi bien rédigée que la poésie. Chaque mot compte. Vérifie le rythme, la précision. Cherche les assonances, les allitérations, les rimes internes. Les réverbérations. Varie les procédés.

Tu dois consacrer toute ton énergie à ton propre travail. Les succès et les échecs des autres ne feront pas jaillir une phrase inédite au bout de tes doigts.

L’échec est utile. L’échec n’exclut pas l’ambition. L’échec incite à la bravoure. L’échec donne de l’audace. Il faut du courage pour échouer et plus encore pour admettre que l’on va échouer. Vise au-delà de toi.

Un jeune auteur doit lire. Lire, lire et lire. Comme un aventurier. Sans discrimination. Sans faute…Il doit lire tout ce qui se présente à lui…Le cerveau est une grosse caisse flexible. Ta tête peut engouffrer tant de choses. Plus le livre est difficile, mieux c’est. Plus tu es élastique dans tes lectures, plus ton travail gagne en souplesse.

Au bout du compte, le lecteur idéal, c’est toi. Tu assumes la responsabilité finale de ce que tu écris. Tu dois écouter cette voix, au fond de toi, qui émet les avis les plus critiques. Quand tu as terminé ton ouvrage, essaie de t’imaginer vingt ans plus tard en train de le lire, et d’estimer s’il vaut encore quelque chose.

Lorsque tu as terminé un récit ou un poème, essaie de le mettre de côté pendant une semaine ou deux, afin d’y revenir ensuite avec un œil nouveau. Ecris quelque chose d’autre dans l’intervalle. Crois en l’absence. Profite de cette solitude.

On n’entend souvent sa voix propre qu’après avoir longuement cheminé dans son récit. Au terme d’une année d’efforts, peut-être après des centaines de pages, voire plus. (Je ne me suis jamais senti aussi libéré dans ma vie d’écrivain, qu’un jour où j’ai jeté dix mois de travail.) Mais quelque chose en toi –et c’est une certitude- sait que tout ce que tu as écrit, à ce stade, a servi de préparation à un autre projet.

Fais confiance au lecteur. Si révélation il y a, qu’il se l’approprie. Tu es un guide en pays étranger. Sois bienveillant sans excès…Sollicite son intelligence, et il reviendra continuellement vers toi. Défie-le. Confronte-le. Ose. Laisse entrevoir l’inconnu. Déroute-le, éventuellement. Puis laisse-le avancer tout seul.

Souvent, au milieu d’un roman ou d’une nouvelle, tu te rendras compte, étonné, que tu ne sais pas franchement où tu vas. Peut-être même pas du tout. Tu surfes sur l’écume des mots, avec la vague impression que ton texte prendra peu à peu une consistance, une épaisseur. Tu as plongé en haute mer, sans beaucoup d’entraînement ou d’équipement, et tu tombes brusquement là-dessous sur un mot ou sur une image. Tu sursautes et comprends que c’est en fait le chemin que tu voulais emprunter.

Crois-moi, si tu te préoccupes d’autre chose que de toi-même, tu seras libéré. Tout ce que tu sais trouvera sa place dans tout ce que tu imagines. Tes personnages paraîtront bien plus vrais lorsqu’ils résulteront librement d’un acte créatif.

*

Émetteur du verbatim: François C.

LES DIX PRÉJUGÉS QUI NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIER de Jacques de LAROSIERE - Odile Jacob

Les 10 préjugés qui nous mènent au désatre économique et financier Préjugé 1 «Plus on émet de la monnaie, plus cela favorise la croissance» . La crise financière de 2007-2008 est née de la surabondance du crédit. C’est le laxisme des politiques monétaires qui a permis l’emballement du cycle financier dont les autorités ont inexplicablement sous-estimé les effets délétères sur l’économie et la société.

. Il est inexplicable que les autorités monétaires n’aient pas tenu compte de l’emballement du crédit. La seule politique raisonnable aurait été d’avertir le marché dès le début des années 2000 de la formation d’une bulle et de prendre les mesures pour limiter la croissance du crédit (en relevant les taux et/ou en exigeant des candidats emprunteurs des acomptes plus élevés).

Préjugé 2 «L’abondance de la liquidité internationale est une bonne chose» . En quoi l’expansion de la liquidité globale a-t-elle fragilisé le secteur financier ? L’ensemble des pays du G20 a accumulé aujourd’hui une dette totale de plus de 150 000 milliards, soit un niveau record de 230% du PIB. Contrairement à ce qu’enseignait le « consensus », l’observation « post-crise » montre que ce sont les pays les plus endettés qui ont connu la plus faible croissance (c’est particulièrement net pour les pays de la zone euro).

Contrairement au « consensus » qui a endormi la vigilance des institutions chargées de la stabilité financière, la création massive de liquidités est loin de présenter un bilan positif. Elle s’est accompagnée d’un excès de l’endettement global qui a fragilisé le système financier en rendant la croissance future plus problématique. Elle a aussi influencé le comportement des Etats en éloignant l’objectif de discipline budgétaire et en reportant à plus tard les réformes indispensables pour augmenter la croissance potentielle.

Préjugé 3 «Des taux d’intérêt nuls, voire négatifs, facilitent le financement de l’économie.» Si l’on a connu, dans le passé, des périodes de taux négatifs en termes réels (taux défalqués de l’inflation), c’est la première fois que l’on peut observer l’existence persistante de taux zéro ou même négatifs en termes nominaux.

. Le marché financier peut-il opérer de façon stable dans un environnement de taux bas ou négatifs? Il est à craindre que les taux de marché très bas soient de nature (comme c’était le cas en 2007-2008) à encourager l’endettement et la prise de risques excessifs par les investisseurs. Or l’excès d’endettement –en particulier des entreprises- constitue, comme en 2007, un risque systémique.

Comment les organismes d’assurance-vie et des fonds de pension pourront-elles faire face à leurs engagements avec des actifs à rendement nul ?

Que ceux qui se disent héritiers de la pensée keynésienne aient pu promouvoir l’existence prolongée de taux réels nuls ou négatifs reste pour moi un mystère.

Préjugé 4 «L’absence d’un vrai système monétaire international n’a guère de conséquences graves sur la stabilité de l’économie mondiale.» C’est la chute du système de Bretton Woods (1973) qui a ouvert la voie à ces crises financières à répétition et à la « sur-financiarisation » qui caractérisent et minent le monde d’aujourd’hui.

Du temps de Bretton Woods, l’économie mondiale était ancrée sur la stabilité des changes. Les attentes étaient, de la sorte, cadrées, et l’importance des marchés financiers était contenue. Aujourd’hui, c’est la liberté et l’ampleur des flux de capitaux qui sont déterminants. Il en résulte que c’est le cycle financier qui nous gouverne avec les phases d’expansion et d’éclatement qui le caractérisent (boom and bust).

Au fond, les gouvernements ont cru retrouver leur liberté pour déterminer leur politique économique lors de la chute de Bretton Woods. En fait, ils n’ont fait que se subordonner aux marchés en profitant passivement des facilités d’endettement qui ont prédominé depuis lors.

Préjugé 5 «Les pertes subies par les entreprises financières seront toujours couvertes par les pouvoirs publics» . Est-il bon de voir l’Etat systématiquement couvrir les pertes subies par les entreprises financières ? Les fondements théoriques du concept d’aléa moral.

Le problème de fond de l’aléa moral est celui de l’asymétrie d’informations : l’assuré négligent ou mal intentionné sait qu’il est négligent ou malhonnête ; l’assureur ne le sait pas.

. La portée extraordinaire de l’aléa moral en matière financière : a) le volume des transactions financières s’est accru de façon spectaculaire ; b) l’effet de levier du système financier a considérablement augmenté ; c) l’analyse et la gestion des risques se sont détériorées.

. Le coût extraordinaire de l’aléa moral en matière financière et les moyens de réduire ce phénomène. Les montants globaux des renflouements engagés (25% du PIB européen ; 75% du PIB américain).

La politique monétaire aurait pu être différente. Son caractère asymétrique (très accommodante au moindre risque de ralentissement économique, à peine restrictive en cas d’emballement) a constitué une véritable invitation à l’aléa moral. En effet, la sanction des pertes en cas de récession était pratiquement éliminée par l’intervention des banques centrales.

En fin de compte, ce qui semble étrange, c’est la nature de la réaction de « l’opinion éclairée » face aux renflouements massifs dont l’ampleur défie l’entendement. Au lieu de centrer une bonne partie de la réprobation sur les causes de la crise –à savoir les bas taux d’intérêt et les bulles d’endettement- la critique s’est focalisée presqu’exclusivement sur l’imprudence –du reste souvent réelle- des banques.

Préjugé 6 «L’endettement public ne constitue pas un problème majeur»

. Les déficits et l’endettement publics : une question qui fâche…A partir d’un certain niveau (de l’ordre de 80 à 90% du PIB), la montée de la dette publique conduit à nombre d’inconvénients –et notamment à des crises- qui jouent contre la croissance.

Théorème de Harrod-Domar : « Lorsque les taux d’intérêt de la dette publique dépassent le taux nominal de croissance d’un pays, sa dette croît à l’infini. »

Depuis les années 1970, le poids des dépenses publiques a augmenté en France de plus de 40% en termes réels. Le graphique des dépenses publiques en France depuis 1970 illustre le caractère fallacieux des affirmations de ceux qui soutiennent que nous souffrons d’une excessive « austérité » en matière de dépenses publiques.

Il faut donc arrêter ce processus infernal, avoir le courage de regarder la réalité en face, et commencer à stabiliser la dette publique en s’attaquant en profondeur aux vrais problèmes. C’est une tâche possible que nombre de pays démocratiques (Suède, Finlande, Canada,…) ont assurée avec succès en quelques années. Rien ne permet d’avancer que cette tâche est hors de notre portée.

La dette publique française est proche de 100% du PIB. Elle atteint 2 250 milliards de dollars. Elle a pratiquement doublé en dix ans. Pendant cette période, 700 000 emplois ont été créés dans les collectivités locales sans que la hausse de la population ou l’amélioration des services rendus puisse, en rien, le justifier.

Préjugé 7 «La dégradation de la balance commerciale de la France est un phénomène conjoncturel sans portée majeure» . La détérioration continue de notre balance commerciale est inquiétante. C’est un domaine où le déni tend à prévaloir sur l’analyse.

. La baisse de nos parts de marché à l’exportation est continue.

. La demande intérieure française est de plus en plus riche en importations. Quand le contenu en emplois de biens importés dépasse significativement et durablement le contenu en emplois des biens exportés, c’est qu’on a très probablement affaire à un problème d’offre et de compétitivité…C’est malheureusement le cas de la France où le déficit net d’emplois (imports-exports) représente environ 2 millions de personnes, soir l’équivalent du chômage français.

En définitive, le problème est grave : trop de nos entreprises, particulièrement les PME (i.e. celles qui créent les deux tiers des emplois), ont du mal à survivre, à investir et à embaucher. Trop d’entre elles sont contraintes à fermer. La désindustrialisation de notre pays ne cesse de s’aggraver depuis des décennies. Notre société est en danger. Ce sont les entreprises qui créent l’emploi et non l’Etat.

Préjugé 8 «Le problème des retraites en France résulte de la trop grande diversité des régimes»

; Répartition ou capitalisation ? Etant donné les incertitudes qui pèsent sur les régimes de retraite (notamment du fait de l’évolution démographique et du déclin du nombre des actifs), il paraît sage d’encourager fiscalement la constitution d’instruments d’épargne-retraite destinés à compléter les régimes généraux et à aider les retraités à maintenir, après leur vie professionnelle, des conditions de vie acceptables.

. La pyramide des âges (structure de la population par âges) des pays développés change rapidement de forme. En 2050, ce ne sera plus du tout une pyramide, mais plutôt un tronc d’arbre vertical avec un renflement vers 60 ans.

. Les effets économiques de ce vieillissement sans précédent sont considérables, notamment sur le poids croissant des retraites. La dégradation des systèmes de retraite est inévitable. C’est là –et pour demain- une source de tensions intergénérationnelles que nos sociétés ne sauraient esquiver.

Le financement public de nos systèmes de retraite (publics et privés) est un des plus coûteux d’Europe (il absorbe 13,7% de notre PIB en 2014, contre 10,9% pour la moyenne de la zone euro)…Augmenter de trois ans au moins la durée de la vie active apparaît donc comme la seule manière, sinon de résoudre complètement le problème, mais du moins d’en traiter l’essentiel.

La priorité est de rétablir l’équilibre global du système, plutôt que de concentrer l’effort sur la recherche d’une solution unificatrice qui, par la force des choses, sera extrêmement complexe à réaliser. En effet, s’attaquer à quarante régimes spéciaux ne peut que susciter une diversité et une intensité de revendications et d’oppositions à la mesure de la complexité du système : pratiquement tout le monde sera mécontent.

Préjugé 9 «La création de l’Union monétaire européenne est de nature à faciliter par elle-même la solution des problèmes de fond»

. L’histoire de l’Union monétaire européenne : une audacieuse aventure, turbulente, mais encore inachevée.

Dès sa mise en œuvre en 2000, les politiques économiques des pays membres de l’Union se mirent à diverger aussi bien en Allemagne et en France que dans le sud de l’Europe…En d’autres termes, loin de converger –ce qui aurait été dans la logique d’une Union monétaire en devenir- les économies de l’Union se différenciaient de jour en jour.

. Un système en cours de réparation, mais encore en quête d’équilibre.

La France est le seul pays européen à présenter aujourd’hui la caractéristique :

  • d’être constamment, depuis dix ans, en déficit de balance courante ;

  • d’enregistrer un niveau record de dépenses publiques ;

  • d’être en déficit primaire (environ -1,5% du PIB) ;

  • de conserver la palme des prélèvements obligatoires.

Si ces formes de solidarité raisonnables et adaptées ne sont pas mises en oeuvre rapidement, la montée des populismes est à craindre. Il est paradoxal de voir l’électorat italien rechercher la voie du salut dans le nationalisme monétaire. En effet, les dévaluations qui suivraient la sortie de l’euro ne feraient qu’appauvrir les populations en cause.

Préjugé 10 «Le principe comptable de la « valeur de marché » est la seule manière de retracer fidèlement les données financières»

. Où l’on voit que les normes comptables peuvent, parfois, obscurcir la réalité et conduire à des aberrations.

La comptabilité en valeur de marché est donc « procyclique » : trop allante dans la phase ascendante, trop pessimiste en phase de récession.

D’une façon générale, la fascination pour la « juste valeur » ne peut qu’alimenter le « court-termisme » et le caractère procyclique des réglementations qui sont une des plaies de notre temps.

De ce point de vue, c’est un fait que les nouvelles règles comptables ont joué un rôle non négligeable dans la genèse de la crise : elles ont contribué à amplifier le sentiment d’euphorie avant l’éclatement des bulles, tout en accusant la chute des valeurs après le retournement du cycle financier.

Conclusion

. Les fondements objectifs (pour ne pas dire « scientifiques ») d’un certain nombre de « consensus » ou d’idées reçues paraissent fragiles.

. Le caractère grégaire et le mimétisme des manifestations de l’ »économiquement correct ».

. Pourquoi les remises en question de paradigmes trop superficiellement fondés ont été si discrètes ? Ce qui pose problème, à mon sens, c’est que les fragilités des marchés, les bulles d’actifs ainsi que la dynamique de crise créées par les excès d’endettement n’aient pas fait l’objet d’études et de mises en gardes suffisantes de la part des macro-économistes et des banquiers centraux.

Les défis sont pressants :

  • la transition énergétique est indispensable si l’on veut éviter le désastre climatique planétaire ;

  • la nécessité d’ajuster, si l’on veut les sauver, nos systèmes de retraite pour tenir compte du vieillissement de la population est inéluctable ;

  • l’adaptation de nos sociétés aux conséquences de la nouvelle donne technologique qui risque de bouleverser en profondeur nos structures sociales et notre rapport au travail doit se préparer systématiquement avec une perspective à long terme ;

  • la prise en compte et la correction, encore beaucoup trop tardives et timides, des effets sociaux de la mondialisation, notamment en matière d’inégalités de revenus, s’impose si l’on veut maintenir un minimum de cohésion sociale ;

  • la consolidation de l’Europe est urgente : l’Union est à un moment critique et décisif, il faudra leadership et clairvoyance pour la sortir de l’ornière.

*

Émetteur du verbatim: François C.

Startup academy, comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneurs de Philippe Bloch - Editions Ventana

Startup academy ; comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneursAucune entreprise n’envisageait plus alors de survivre sans adopter les codes d’un phénomène mondial qui redistribuait les cartes dans tous les domaines d’activité à une vitesse aussi effrayante qu’inédite. Le monde ne vibrait plus qu’aux mots étranges de Big Data, Océan Bleu, Intelligence Artificielle (IA), blockchain, industrie 4.0., API, chatbot, cybersécurité, MVP, POC, transhumanisme, machine learning, homme augmenté, capteurs, objets connectés, internet des objets, robotique, cobotique, cloud, réseaux sociaux, mobilité, connectivité, plateformes, algorithmes, lean, impression 3D, informatique quantique, réalité virtuelle, Bitcoin, etc.

En même temps qu’émergeait le concept d’entrepreneur du digital apparaissait de nouveaux codes, règles, communautés, modes d’organisation, façons de travailler ou de manager, parfois difficiles à décrypter pour les non-initiés mais qui sont en train de s’imposer comme autant de nouveaux standards.

De nombreux exemples attestent qu’une entreprise peut être Grande ET rapide, Puissante ET agile, Complexe ET innovante, Vieille ET branchée.

1/ CHANGER LE MONDE…MÊME UN PEU !

Où est mon étoile du berger ? Quel est le sens de mon action ? me procure-t-elle du plaisir, de la fierté, du bonheur, de l’excitation, de l’adrénaline ? A qui profite mon activité ? Quelle est son utilité sociale ? Majeure, superficielle, inexistante ?

Jeff Bezos (1997) « Nous sommes optimistes, mais nous devons rester vigilants et maintenir un sens de l’urgence. Nous allons continuer à nous concentrer sans relâche sur nos clients…Nous continuerons à apprendre à la fois de nos succès et de nos échecs. Nous investirons toujours massivement plutôt que timidement à chaque fois que nous détecterons une possibilité de renforcer notre leadership. »

L’esprit startup est synonyme de rupture en toutes choses. Casser les codes et penser autrement font partie de l’ADN des jeunes pousses au service d’un seul objectif : enchanter le client en lui proposant le meilleur produit ou service jamais proposé.

Désormais, tout le monde juge et évalue tout et n’importe quoi.

2/ ALLUMER LE FEU…MAIS PAS TROP !

A l’heure de l’intelligence artificielle et des assistants virtuels vocaux…il est urgent d’allumer le feu. De collecter et d’analyser un maximum de données pour combiner le meilleur de l’humain et du digital.

Personne n’est plus à l’abri. Le risque majeur pour toute entreprise ? Vouloir profiter trop longtemps d’une rente de situation confortable ou d’une position dominante, sans se soucier du moment où un nouvel entrant le lui fera regretter brutalement.

A l’image de l’idéogramme chinois qui voit derrière chaque crise une opportunité, il est urgent de transformer nos peurs en autant de challenges stimulants pour nos équipes et de repenser la culture de nos entreprises autant que nos organisations ou nos process.

 3/ FAIRE PLUS AVEC MOINS

Pour éviter le naufrage, conserver les attributs d’une jeune pousse et rester un leader mondial avec un esprit de challenge, Jeff Bezos recommande « l’obsession du client, la lutte contre les process (on ne pense plus, on applique), l’envie d’embrasser les tendances extérieures et une prise de décision hyper-rapide ».

La croissance génère toujours de la complexité. Multiplication d’intervenants non décisionnaires ou pas toujours clairement identifiés, incapacité à trancher ou arbitrer les conflits, rivalités, jalousies, politique interne trop souvent préférée à l’action, lenteur de la prise de décisions, précautionnisme juridique, frilosité des SI, manque de courage, etc. Tout concourt à foncer droit dans le mur, sans que personne ne s’en alarme ou ne mette les pieds dans le plat.

Le rapport au temps pourrait bien devenir un enjeu stratégique majeur.

Autant qu’un CEO, un entrepreneur (ou un dirigeant) doit aujourd’hui être un CPS (Chief Problem Solver) autonome et créatif, capable d’absorber la difficulté et la contrainte et de restituer des solutions et de l’énergie.

L’essentiel est de changer d’angle de vue pour explorer de nouveaux territoires et de nouvelles solutions.

Pour les jeunes pousses, chaque minute, chaque heure, chaque jour compte. Leur obsession : le ROTI (Return On Time Invested) ! D’où une gestion très économe des rencontres, qu’elles limitent au strict nécessaire, et le rejet de tout ce qui ralentit.

Aucun créateur d’entreprise ne bénéficie au départ d’autant de ressources qu’elles. Pourtant, aucun ne se plaint ni ne se sent démuni, tant il prend de plaisir à affronter chaque difficulté l’une après l’autre, sa meilleure récompense étant de se retourner régulièrement et de constater le chemin parcouru, alors que personne n’avait misé sur lui. Entreprendre aguerrit. Surprotéger affaiblit. Faites passer le message !

4/ ACCEPTER L’INCERTITUDE

Entreprendre revient désormais à trouver chaque jour des solutions nouvelles et créatives à des problèmes dont la plupart n’existaient pas la veille.

Tout change à une vitesse inédite dans l’histoire de l’humanité. D’où la nécessité pour toute entreprise de capter les signaux faibles de son environnement et de développer une vision puissante et rassurante permettant de compenser l’absence de repères extérieurs.

A une époque où nous croulons sous les données de toutes sortes, il n’a jamais été aussi facile de se tromper sur leur interprétation et de prendre des mauvaises décisions. Plus que jamais, la pertinence de l’analyse prime sur le volume.

Plusieurs facteurs rendent difficile toute prévision, et impossible toute planification à long terme…Tomber amoureux de l’incertitude ambiante plutôt que de la craindre ! L’incertitude pousse au dépassement de soi.

 5/ ECHOUER SOUVENT…MAIS VITE !

Chaque boucle doit suivre trois étapes : idée, mise au point, validation…Priorité à l’expérimentation, l’ergonomie, l’efficacité intuitive et la simplicité d’utilisation grâce à une collaboration permanente entre l’entreprise et la communauté de ses clients au travers de nombreux outils, dont les blogs.

Le concept de Customer Effort Score (CES), qui mesure désormais le taux d’effort imposé par l’entreprise à ses clients pour utiliser ses produits ou ses services.

Rebondir et tirer rapidement les leçons de leurs erreurs font partie de leur ADN. Quand la plupart des gens décrivent un échec, l’entrepreneur préfère évoquer « une solution qui n’a pas marché », s’inspirant de la science qui ne parle jamais d’échec, mais d’expérimentation.

Consacrer 70% de son temps à son business actuel, 20% à celui de demain et 10% à un horizon plus lointain.

L’une des priorités que tout manager désireux de rester dans la course à l’innovation doit se fixer : donner carte blanche à tous ses collaborateurs pour qu’aucun échec ou aucune déception ne vienne plus jamais décourager leur envie d’aller au bout d’une idée à laquelle ils croient et dont ils pensent qu’elle pourrait faire progresser leur entreprise.

6/ DATA IS KING

La data devenue l’or noir du 21ème siècle.

Les données sont au cœur de la révolution que nous sommes en train de vivre. Elles se logent dans une multitude de cases, et la capacité à les inventorier, collecter, stocker, analyser, visualiser, récupérer, utiliser, diffuser et partager est à l’origine des plus grands succès planétaires récents.

La startup cible souvent des niches, voire désormais une infinie multitude de personnes uniques grâce à l’intelligence artificielle et aux données qu’elle accumule sur elle.

L’IA (que Joël de Rosnay préfère appeler Intelligence Auxiliaire) s’éduque, s’entraîne et ne cesse de s’alimenter par les montagnes de données que nous lui fournissons.

Tout ce qui est peu qualifié et répétitif est pourtant en voie d’être mécanisé, et les machines seront bientôt imbattables dès lors qu’il s’agira de tester des millions de combinaisons et de nous aider dans des opérations complexes, menaçant à l’évidence d’innombrables emplois non qualifiés.

Voici que toutes les professions du droit sont menacées par des plateformes numériques…Et que dire des consultants, architectes, designers, voire des auteurs ?

 7/ LES VALEURS AVANT LES PROCESS

« Manager par les valeurs, c’est un engagement à transformer toute l’entreprise. Et cela vient du dirigeant. » Jacques Horovitz

Leurs valeurs priment sur les process et leur donnent toutes les audaces, cette « part de volonté qui s’ajoute à l’analyse pour forcer le destin » pour reprendre l’expression de Roger-Pol Droit.

Si la complexité du monde a été multipliée par six entre 1995 et 2010, la complication des entreprises l’a été par trente-cinq dans la même période.

Six règles pour une « simplicité intelligente ». Comprendre le travail des autres (leurs comportements quotidiens, actions, interactions, objectifs, contraintes, etc.). Renforcer le rôle des « intégrateurs » (quiconque favorise la collaboration), supprimer les couches de management et les règles inutiles. Augmenter l’autonomie et la quantité totale de pouvoir au service du groupe (place au bon sens et à l’intelligence). Etendre l’ombre du futur (expliquer aux gens les conséquences de leurs actions). Accroître la réciprocité (comprendre et reconnaître l’intérêt qu’il y a à coopérer). Récompenser ceux qui coopèrent (et seulement eux)…Tel est pourtant le prix à payer pour mettre en œuvre la simplexité, valeur-clé de la planète startup.

 8/ TRAVAILLER « AVEC » ET NON PLUS « CONTRE »

Les smartphones ont envahi nos vies, au point de donner naissance à une nouvelle maladie, la nomophobie (la peur d’être séparé de son mobile) et à une nouvelle génération de screenagers (contraction de screen et teenager), ces adolescents qui ne peuvent plus vivre loin de leur écran, devenu leur principal lien avec le monde extérieur.

La viralité est devenue un enjeu clé et donne l’avantage aux entreprises et aux marques sachant développer un lien personnalisé et affinitaire avec chaque consommateur.

Après les slashers (qui cumulent plusieurs activités et statuts en même temps), la glocalisation (néologisme anglais formé par les mots globalisation et localisation), le co-working, le co-design (inspiré du design thinking) ou la fusion food qui nous offre l’accès simultané aux saveurs du monde entier, c’est l’hybridation à tous les étages ! Coopération et compétition fusionnent pour donner naissance à la coopétition. Co-branding, co-investissement, co-construction, co-production, intelligence collective, économie collaborative, etc

Les startups nous démontrent chaque jour que rien ne vaut l’intelligence collaborative pour réussir les paris les plus fous et créer de la valeur, par la magie de l’échange et des technologies de l’information qui en accélèrent la circulation.

 9/ L’HUMAIN N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

La bataille du digital ne se gagne jamais sans, ou contre les hommes. Car si technologie et compétences techniques sont à la portée de n’importe quel carnet de chèques (ou compte Paypal), l’humain reste assurément le plus complexe de tous les défis, même et surtout à l’ère du digital.

« La digitalisation n’est pas une fin en soi. Nous devons la maîtriser, mais pas la subir. Elle doit se faire par et pour les Hommes avec un grand H »  Jean-Dominique Sénard

Les entrepreneurs du numérique ont su comprendre l’importance des soft skills pour penser et agir autrement…Pour un grand nombre d’entre eux, curiosité, passion, empathie, vision, aptitude au risque, sens du collectif, etc…, priment sur la technique, la discipline, le respect des règles de l’autorité et de la hiérarchie. Autant de qualités qui ont besoin de liberté pour s’épanouir et se développer.

(Digital Factory - Thales) Procédures réduites au minimum, chacun prend seul ses décisions sous la responsabilité d’un manager responsable de l’ingénierie, développeur de ressources humaines, facilitateur de problèmes et apporteur de solutions.

Je suis de ceux qui pensent que faire le bonheur des autres et créer du lien ne se délèguent pas. Quels que soient notre pouvoir, notre fonction, notre place dans la hiérarchie, notre ancienneté ou la pression que l’environnement nous fait subir, nous sommes tous des Chief Happiness Officers en puissance.

 10/ « J’OPTIMISME » ET J’INCARNE

Spécialistes du recyclage de problèmes en solutions, ils ont le sentiment d’être faits de béton et recouverts de téflon. Rien ne semble vraiment les atteindre, tant brille toujours dans leurs yeux la lumière au bout du tunnel, même dans les pires circonstances.

« L’histoire d’une entreprise est donc celle d’une cohabitation entre un Powerpoint qui vend du rêve en couleurs et une feuille Excel qui renvoie au noir et blanc de la réalité. » Stéphane Degonde

Afficher son optimisme en toutes circonstances et incarner fièrement sa marque sont deux armes redoutables qu’utilisent habilement les startuppers pour séduire financiers, collaborateurs et clients. A l’inverse, l’émotion, le sourire et l’humour sont le plus souvent absents de la stratégie et de l’image que projettent les grands groupes déshumanisés.

 11/ TOUT N’EST PAS BON DANS LA STARTUP

. Meilleur défricheur que gestionnaire. Oublier que tout métier, quel qu’il soit, est un métier de « centimier » est une erreur tragique.

. Quand un succès trop rapide mène au désastre

. Une bonne idée trop tôt n’est pas une bonne idée. L’importance d’un bon timing pour un lancement est primordiale pour toutes les entreprises, mais seules celles qui ont les moyens de perdre durablement de l’argent avant d’imposer leur vision ont des chances de réussir quand elles sont trop en avance sur leur temps.

. Priorité à l’exécution. Entre une bonne idée et son succès, il y a toujours sa mise en œuvre. Or la jeunesse et le manque d’expérience de la plupart des créateurs les privent souvent des réflexes nécessaires.

. Distribution vs innovation. La bataille de la distribution va s’avérer de plus en plus difficile et coûteuse pour les plus jeunes entreprises.

. La « belle histoire » a ses limites

. De vrais clients plutôt que des Likes ! Seul le comportement réel de vrais clients utilisateurs réguliers d’un service ou d’un produit peut et doit servir de bon pour accord au développement.

. Le projet n’est pas la levée de fonds, elle n’en est qu’une étape

. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

. Traduire son site en plusieurs langues ne veut pas dire être international

. Le management reprend très vite ses droits, startup ou pas

. Pas toujours so cool

. Le « startup management » reste à inventer

. Réinventer l’expérience collaborateur

Nous ne sommes donc qu’au début de l’invention d’un nouveau modèle employee centric, qui porte en lui les gènes de sa transformation permanente.

Après l’innovation numérique, l’innovation sociale et managériale ?

 12/ PLACE AU MANAGEMENT « INTRAPRENEURIAL »

Intraprendre est un état d’esprit à la portée de chacun d’entre nous…Pour simplifier à l’extrême, le terme intrapreneur pourrait être une bonne traduction du mot startupper appliqué au monde du salariat. Dreamers who do. Des rêveurs qui agissent.

Le nombre, le rôle et l’influence des managers ne vont cesser de diminuer dans les années à venir au profit de l’intelligence collective, de l’autonomie et de l’esprit d’entreprise.

Quiconque aime la découverte et l’exploration de nouveaux territoires (par définition inconnus et donc incertains) et met ce talent au service de l’entreprise dont il est salarié est un intrapreneur.

Think big. Start small. Scale fast (Penser grand. Commencer petit. Grandir vite). Rien n’est plus efficace pour susciter l’engagement et l’esprit d’entreprise que d’offrir un environnement où chacun ressent que tout est possible, que tout reste à faire, à l’image de la can do attitude caractéristique de la Silicon Valley.

Ce qui est primordial :

  1. Savoir importer du stress, de la pression et des emmerdes et exporter de l’enthousiasme, de l’énergie et de l’optimisme.
  2. Capacité à se comporter comme s’il était en partie propriétaire ou fondateur de l’entreprise.
  3. Capacité à encourager, accepter, voire valoriser les échecs.
  4. Capacité à s’entourer de gens plus grands que lui et à attirer de fortes personnalités.
  5. Réapprendre à dire merci et bravo aussi souvent que nécessaire.
  6. Propager autour de soi une contagion émotionnelle positive…et être aussi souvent qu’on le peut un émetteur de bonnes nouvelles.
 Conclusion

Si vous êtes dirigeant, votre priorité est de repérer et de mobiliser à tous les niveaux de l’entreprise le talent et la créativité de tous vos collaborateurs au service d’une vision inspirante et partagée.

Tout peut et tout doit être remis en question régulièrement, même et surtout quand cela commence à bien fonctionner. C’est fatigant, mais préférable à la perspective d’assister trop vite à son propre enterrement.

*

Émetteur du verbatim: François C.

LA STRATEGIE DE LA LIBELLULE - La méthode corps-esprit de Thierry MARX - Le Cherche Midi

La stratégie de la libellule ; la méthode de corps-esprit Lorsque la libellule est confrontée à un obstacle, son premier mouvement consiste à changer d’axe. Sans jamais reculer, elle teste un passage par le haut, puis par le bas, de droite à gauche et de gauche à droite, jusqu’à trouver la solution. Autrement dit, la libellule se montre capable de prendre de la distance.

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Si nous commençons à regarder les choses et le monde dans leur autonomie propre et à exiger de nos réactions qu’elles soient utiles ou constructives, alors il est probable que nous commencerons à agir avec méthode et discernement, ce qui n’exclut pas la détermination.

Agressivité  « Ai-je le temps de préparer une tasse de thé ? » Prenons donc le temps d’une tasse de thé pour éviter les réponses à l’emporte-pièce, ouvrir un espace apaisant et mieux résoudre nos problèmes.

Apaisement La seule attitude que nous puissions adopter, dans ce désordre environnant, consiste à trouver en nous l’énergie de l’apaisement…Et cela est possible uniquement si nous savons nous-mêmes ce que nous voulons être, ce qu’est notre projet de vie et si nous nous y tenons vaille que vaille.

Apprentissage  « Si tu sais ce que tu veux, montre ce que tu vaux »

Armée  Savoir être pour durer

Je découvre ma nouvelle règle de trois :

-          La rigueur du projet ;

-          L’engagement qui nous fait lâcher la main du passé ;

-          Le respect du présent.

Avec aussi le sens de l’honneur et de la parole donnée.

Arts martiaux  Transformer les ennemis en partenaires

Les arts martiaux nous apprennent que l’on ne gagne jamais parce qu’on est le meilleur mais parce qu’on a décidé de ne pas perdre.

Bouddhisme

Le shinto et le bouddhisme zen me permettent désormais, au travers des arts martiaux notamment, de mettre enfin du temps entre mes émotions et mes actions. C’est ainsi que j’ai pu reconstruire ma vie, entre ordre et désordre.

Boxe

Lire l’autre, le respecter certes, mais ne pas le subir. Ce n’est pas l’adversaire qu’il faut battre mais une mission qu’il faut remplir. Sans haine ni forfanterie.

Bushido  « la voie du guerrier »

Ce code de la chevalerie du Japon médiéval fournit un sentiment de calme, de confiance au destin et une soumission tranquille à l’inévitable. Un calme stoïque en vue de dangers ou de sinistres, ce dédain de la vie et de convivialité avec la mort. Ce qui est inévitable n’est pas important.

Chance  L’opportunité d’agir sur son destin

La chance, pour moi, est une opportunité qu’il faut saisir…La chance, c’est d’abord un projet. Sinon, c’est un leurre.

Chef (d’entreprise)  Seul, mais avec les autres

Le responsable ne doit jamais chercher de bouc émissaire mais toujours essayer de faire travailler les uns avec les autres.

Compassion

Est-elle vraiment à même d’aider quiconque se trouverait dans le besoin ? La réponse est non.

La fraternité n’est pas de porter les autres mais de les aider à s’épanouir.

Douleur  En analyser les causes pour en choisir les remèdes

Faire l’analyse des causes est toujours le meilleur moyen de leur trouver un remède.

En ne se posant plus prioritairement la question du comment mais celle du pourquoi, il témoigne de son souci d’appréhender une situation telle qu’elle est. Autrement dit, en n’ajoutant pas l’agitation à l’agitation, il fait siens les trois principes qui président à une bonne spirale dynamique : penser son geste, maîtriser son feu intérieur, se jouer des fausses contraintes du temps.

Échec  Baisser les armes ou rebondir

Seules se sont relevées de situations parfois effroyablement complexes et précaires les personnes ayant réussi à remettre un projet en mouvement. Celles qui avaient trouvé la force de rester en état de veille et de se mettre en quête de nouvelles motivations, de nouvelles énergies. Celles qui se montraient capables de se déporter, de se dérouter, de se déplacer légèrement pour considérer les choses sous un autre angle. Assurément, il leur a fallu faire pour cela le deuil d’histoires passées.

Si vraiment nous sommes vivants, alors nous sentons, nous savons que toute solution réside toujours dans le mouvement. Dans l’effort qui nous tirera vers le haut, nous grandira, et qui seul nous donnera l’énergie de ne pas nous laisser rabougrir, rétrécir ou éteindre par la vie. Jusqu’à trouver l’être en nous-même.

Écologie  Plus de temps à perdre, on s’y met tous !

Je milite pour que l’écologie sorte de la case politique et de son vocabulaire stérile pour devenir une partie intégrante de nous-même, un véritable réflexe vital et citoyen !

Émotion  Mettre du temps entre nos émotions et nos actions

« Fais de l’impatience ton pire ennemi » n’hésitait pas à dire Miyamoto Musashi.

Si nous entretenons un rapport si biaisé avec le temps, c’est en grande partie parce que nous nous laissons soumettre par nos émotions.

Tout sport de combat consiste donc en cette nécessité de dompter le temps : le temps extérieur qui voudrait nous contraindre, mais, plus encore, ce temps intérieur auquel nous laissons trop souvent la possibilité de nous dépasser.

Par un apparent paradoxe, c’est en faisant le vide que nous mobiliserons en nous la bonne énergie, la bonne posture. Bref, que nous nous réarmerons. Alors nous pouvons retrouver l’élan de notre spirale dynamique.

Ennemi  Vaincre sans haine

Etre bien avec soi-même est la condition sine qua non pour être bien avec les autres. Qui n’a pas de cap, qui ne se sent pas suffisamment présent à lui-même, qui ne trouve pas sa place dans sa propre existence ou tourne comme plume dans le vent, celui-là se sentira perpétuellement agressé. Et il aura alors tendance à attribuer à d’autres ses propres errances, ruminations, failles ou échecs.

Dit autrement, nous ne progressons pas contre les autres, mais en puisant en soi le désir et l’énergie de renouveler chaque jour le contrat que nous avons passé avec nous-même.

Entreprise  L’employé n’est pas le rouage d’une immense machinerie, mais une sensibilité vivante

Nous avons beau être égaux, du moins théoriquement, nous n’en sommes pas moins différents et inégaux face à la vie. Cette diversité fait la richesse de toute société moderne, mais c’est elle aussi qui occasionne tous les antagonismes imaginables.

Le danger réside aussi dans le fait, tant pour le chef d’entreprise que pour l’employé, de ne pas accepter de quitter sa zone de confort.

Erreur  Une opportunité d’apprentissage

Si une faille quelconque m’apparaît, et il y a forcément une faille quelque part –dans un dossier, une situation, une rencontre-, j’aime à penser qu’il va me falloir la résoudre ou la contourner, car alors quelque chose dans ce travail m’aura fait grandir.

La faille n’est pas un problème en soi : elle l’est si on se refuse à y voir une opportunité cachée.

Escalier (social)

L’ascenseur social est une chimère ! Il existe seulement un escalier que l’Etat doit entretenir en veillant notamment à ce que chaque citoyen puisse l’emprunter et en s’assurant d’une hauteur de marches accessible à tous.

Tout projet ne peut aboutir qu’au terme d’une prise de conscience du corps et de l’esprit, d’une progressivité, d’une construction dont l’image du franchissement, marche après marche, donne une idée très nette. L’ascenseur est le miracle ; l’escalier, la construction.

S’engager, c’est se projeter sur une longue durée afin de garantir ce qui nous tient le plus à cœur et d’œuvrer à l’aboutissement de ce pour quoi nous nous sentons faits.

Feu (intérieur)  Attention au retour de flamme !

Nous devons donc être aussi soucieux de notre propre justesse que l’est le cuisinier devant sa flamme.

Formation  Ne pas gaver mais donner faim

Qui dit émancipation dit éducation. Or, c’est par l’éducation, d’abord et avant tout démarche de liberté, que nous apprenons à connaître et à préciser nos désirs, et c’est par elle encore que nous saurons dans notre vie ce qui nous sera acceptable et ce que nous refuserons de subir. C’est pourquoi je m’intéresse tout particulièrement aux personnes dont la trajectoire de vie a pu être heurtée.

On aide authentiquement quelqu’un uniquement en lui donnant des outils concrets, pratiques, opérationnels.

Si la force du projet fait la force du caractère, la force de caractère n’en fait pas moins la force du projet. On n’avance sans heurt que sur ses deux jambes.

Gentillesse  Méfions-nous de la miévrerie

Etre bienveillant, c’est d’abord avoir conscience que le projet de l’autre n’est pas moins intéressant, ou riche, ou nécessaire, que le sien propre. C’est aussi être capable de se voir soi-même comme l’élément d’un tout…C’est, enfin ne jamais abdiquer notre souci de solidarité.

Geste  Il parle pour nous

On ne peut espérer d’un geste ou d’un mot désordonné qu’il aboutisse à une conclusion efficace et juste : en préalable à tout geste doit exister la pensée de ce geste.

Geste (bis)  Son absolue nécessité pour la cuisine

La cuisine est le domaine de prédilection de la maîtrise du geste (la coupe juste), du feu (l’intensité) et du temps (la cuisson).

Japon  L’évidence

Oui, tout ce que j’avais rêvé était là ! Le dojo, l’ambiance, l’homogénéité d’un peuple, la calligraphie, l’exiguïté du pays.

Judo  Tu ne gagnes pas parce que tu es le meilleur mais parce que tu ne peux pas perdre

Kodawari

Pour moi, le kodawari, c’est tout à la fois ce qui maintient la qualité de vie à des standards élevés et ce qui permet la poursuite d’un idéal d’épanouissement.

Lucidité

Elle m’aide à réaligner les planètes, à retrouver la hiérarchie des priorités. Si tout va bien à 80%, la lucidité me permettra de comprendre pourquoi ce n’est pas le cas pour les 20% restants.

Maîtrise de soi

L’acceptation et le contrôle de soi nous ouvrent aux autres, aux opportunités de l’existence et à la possibilité de nous approprier un projet de vie qui soit l’expression directe de nous-même.

Ce n’est pas tant le but qui importe que la trajectoire. Ce qui transforme la vie réside souvent moins dans la réalisation d’un idéal que dans l’effort auquel on consent pour y parvenir.

L’important est de savoir, de sentir, que chaque jour nous offre l’opportunité de progresser sur une voie singulière, décidée en pleine conscience. Autrement dit, il n’est pas un jour qui ne nous offre l’occasion de nous libérer de tout ce qui entrave notre énergie, tous ces blocages que l’on attribue parfois au monde extérieur et qui trouvent souvent leur origine en nous-même.

Méditation  Nécessaire pour retrouver la juste voie, celle qui permet de rester droit envers soi-même, c’est-à-dire de conserver le cap que l’on s’est fixé. En quelque sorte, méditer revient à se créer un environnement unique. Un écosystème à usage personnel.

S’il s’agit d’être heureux, il s’agit surtout de décider de l’être. C’est la décision qui fait sens.

Montagnard (Le pas du)

Il est bon et nécessaire de contempler le sommet que nous visons, mais nous ne devons jamais douter que l’escalader requerra du temps et de la méthode.

Nous sommes toujours en construction, toujours en quête, toujours en trajectoire. Ce qui est une chance inouïe, car nous pouvons toujours mieux faire. Nous nous adaptons toujours mieux à la vie…Là où nous pensions être arrivés, elle nous offre une nouvelle opportunité.

Nostalgie  Le creuset de nos projets

Alors, par notre volonté de tirer tout leur miel de nos souvenirs, le passé ne sera plus le cimetière des occasions perdues, mais le creuset de nos projets.

Nourrir  (L’art de se) Nous sommes ce que nous mangeons

Se connaître soi-même, savoir distinguer plaisirs et besoins, persévérance et entêtement, voilà qui constitue la base préalable à toute réforme de son régime alimentaire.

Ordre (et désordre)  Savoir se remettre dans l’axe

Si nous avons les deux pieds dans l’ordre, nous nous statufions, nous nous stratifions, nous nous sclérosons. Mais si nous entrons dans le désordre, nous pénétrons dans un tourbillon infernal. Il nous faut donc guider notre projet entre ces deux pôles.

Peur  Affronter cette mer d’incertitude

En nous engageant pleinement dans les 20% de cette mer d’incertitude, nous serons déjà allés bien plus loin que ce que nous connaissons, et ce gain annihile déjà tout bien-fondé à la notion d’échec. Ces 20% représentent l’expérience nouvelle, celle dont nous pourrons tirer les richesses nécessaires à la continuation de notre projet.

Projet  Indispensable, qu’il soit modeste ou ambitieux, raisonnable ou démesuré

Nous disposons tous d’un réservoir infini d’énergie, mais trop peu d’entre nous en prennent conscience. Or il n’est qu’un moyen de mobiliser cette énergie : avoir un projet…Il s’agit seulement de comprendre que l’énergie naîtra de la définition sincère de ce projet et de ce que nous serons prêts à lui sacrifier.

Un projet à la fois, ce n’est déjà pas si mal. Surtout si l’on sait qu’un projet construit toujours le suivant.

Rêve  À chacun sa propre grandeur

Nourrir un rêve, c’est toujours cultiver un idéal…Cet idéal n’est autre que l’expression du chemin de vie que nous nous sommes fixé, de notre désir de nous sentir grand dans l’existence. Aussi une vie entière ne sera-t-elle jamais de trop pour chercher à l’atteindre. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté de notre passage sur Terre.

Réveil  Respecter son fil conducteur

Nous en revenons toujours, in fine, à la nécessité d’être présent à soi-même et de faire précéder nos gestes de la pensée de nos gestes.

Dès mes premiers gestes, je suis maître de mon projet. Dès la première substance avalée ou bue, je ne donne pas seulement à mon corps le carburant dont il a besoin, mais je mets mon esprit dans les conditions idéales pour gagner sérénité et confiance en soi.

Rigueur  Une exigence que l’on doit à soi-même

Dans le shitsuke japonais, la rigueur est un projet. En inversant les termes, disons que c’est parce que nous avons un projet que nous y mettrons la rigueur nécessaire.

Se tenir à ce projet de micro-changement, c’est déjà faire preuve de rigueur. Celle-ci s’amorce au moment où on initie l’effort de faire le premier pas, puis de penser chaque journée comme une nouvelle étape disponible à un nouveau progrès. Ce qui revient à être loyal avec soi-même.

Rire  Une madeleine de Proust

Ryokan  Harmonie, tempérance, sérénité et respect

Je ne peux que rendre hommage à ceux qui, par-delà les siècles, entretiennent et transmettent avec sagesse et soin cette tradition d’harmonie, de tempérance, de sérénité et de respect, les quatre principes fondateurs de la voie du thé.

Sacrifice  « Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu » Hélie Denoix de Saint-Marc

La constance et l’opiniâtreté –la rigueur- conditionnent la définition et la mise en œuvre de tout projet de vie…Une fois que nous savons ce que nous voulons, il va très tôt falloir identifier ce que nous sommes prêts à sacrifier de notre écosystème, de notre zone de confort, pour transformer enfin notre projet en réalisation.

Rigueur, engagement et régularité sont définitivement inconciliables avec toute velléité.

S’alléger  Ce qui, hier, nous donnait des ailes peut finir, aujourd’hui, par nous lester

Et pour gravir les sommets, il faut savoir s’alléger.

Satori  La force du présent

Il faut insister sur la nature transitoire du satori (la force du présent, la compréhension soudaine de l’essence, la signification d’un moment qui vous envahit de façon intime), par opposition à la permanence du nirvana qu’on retrouve dans les traditions bouddhiques de l’Inde.

Silence  Un vecteur d’excellence

N’oublions pas que la pollution sonore est l’une des principales pollutions actuelles.

Temps  Le plus beau des cadeaux

Une des règles de base que je m’impose et que j’impose à tous mes employés ou à tous les élèves de nos centres de formation, est de ne jamais être en retard.

Tristesse  Ne pas s’y complaire

C’est la tristesse qui vient à moi. Aussi la sais-je provisoire. C’est ainsi que je vis : en refusant que mes émotions remettent en cause mon être profond.

Vérité  Nécessaire mais pas toujours aimable

La vérité ne s’appréhende que par la compréhension des contraires.

Zen  Préférer les passerelles aux murs

Le zen est pour moi une philosophie de vie, positive et bienveillante, qui préfère les passerelles aux murs. Qui considère l’instant présent comme une multitude de petits points de vie, pleinement remplis. Qui, analysant notre cheminement de vie, sait que le passé est passé et que le futur, quand nous y sommes, est le présent.

*

Emetteur du verbatim : François C

LES CHEMINS DE L’ESSENTIEL - Tout ce qu’il faut avoir lu, vu, écouté et tenté de Jacques ATTALI - Ed. Fayard

Les chemins de l'essentiel Une vie joyeuse, heureuse, bonne, libre, épanouie ne l’est vraiment que si on la traverse en ayant la chance, entre autres joies, de rencontrer, de profiter, de jouir, aussi souvent que possible, des plus grands chefs-d’œuvre de la création humaine. Plus encore, la fréquentation régulière de ces livres, films, œuvres musicales et œuvres d’art essentiels constitue un formidable moyen de découvrir les autres et le monde ; de se découvrir et d’avoir accès à de nouvelles dimensions du bonheur et de la réussite.

 

Première partie LES CHEMINS

Ch. 1 Plus que jamais disponible, l’essentiel est fui

. L’essentiel est de plus en plus abondant

. L’essentiel est plus que jamais disponible

. Les œuvres majeures sont de moins en moins fréquentées

. Une préférence pour le nouveau Or, aujourd’hui, le flux, devenu planétaire, est si envahissant que presque plus personne ne prend plus le temps de s’intéresser au stock.

. Une préférence pour le facile

. Une préférence pour la conversation

. Une illusion d’éloigner la mort De fait, bien des gens, approchant de la fin, regrettent de n’avoir pas assez lu, vu, entendu, tenté, partagé. Et quand ils se décident enfin à le faire, il est souvent trop tard : ils n’ont plus ni les yeux, ni les oreilles, ni le cerveau, ni les jambes pour parcourir les chemins de l’essentiel. Et souvent, ils n’ont plus personne avec qui les partager.

Ch. 2 Deux pratiques sociales ouvrent les chemins de l’essentiel

. Le rôle de la famille

. Le rôle de l’école

L’école ni la famille ne suffisent donc pas à donner accès à l’essentiel. Il faut, en plus, le vouloir. Et vouloir le vouloir. Dès l’enfance, puis dans l’adolescence et tout au long de la vie.

Ch. 3 Six pratiques individuelles ouvrent les chemins de l’essentiel

. Première pratique : le respect de soi Pour trouver de l’intérêt à l’essentiel, il faut d’abord trouver de l’intérêt à soi-même ; prendre conscience de l’unicité de sa vie et de la possibilité de la mener au plus haut ; il faut prendre confiance en soi, s’aimer, se prendre au sérieux. Se respecter.

. Deuxième pratique : la ténacité La capacité à ne pas renoncer, à fournir un effort soutenu et durable, à s’imposer à soi-même une règle, une discipline, même difficile, et à s’y tenir est la deuxième pratique essentielle.

. Troisième pratique : la répétition C’est dans la pratique de la répétition, que rend possible la ténacité, que se trouve la clé de l’accès à l’essentiel.

. Quatrième pratique : l’admiration L’admiration est un formidable remède contre la mélancolie, un des moyens premiers de la consolation, une voie vers l’empathie et l’altruisme.

. Cinquième pratique : le sens critique Admirer se mérite. Et critiquer se construit. Et c’est aussi dans la critique, dans l’exigence extrême, que se construit l’essentiel.

. Sixième pratique : le partage La littérature, la musique, le cinéma, les œuvres d’art sont autant d’occasions de partager, de débattre avec passion d’un roman, d’un essai, d’un film, d’un tableau, d’une chanson.

Ch. 4 Comment choisir le contenu de l’essentiel ?

. L’essentiel est fait de spécifique Une œuvre est d’autant plus essentielle qu’elle exprime la spécificité de celle, celui ou ceux qui l’ont créée ; qu’elle porte leur voix, par-delà les montagnes et les générations.

. L’essentiel est universel Plus encore que l’expression de sentiments universels, toutes les œuvres essentielles dans tous les domaines, dans toutes les cultures, dans toutes les formes d’art, ont un point commun : elles racontent une histoire.

. L’essentiel est l’œuvre du temps Le temps est un excellent filtre. Même si l’Histoire n’est pas toujours juste et si elle ne garde pas toujours trace des grands génies, elle ne garde presque jamais non plus trace d’artistes non essentiels.

. L’essentiel est apparemment inutile

. Comment recenser l’essentiel ?

 

Deuxième partie L’ESSENTIEL

Ch. 1 Les romans

Les dix œuvres essentielles

. Murasaki SHIKIBU Le Dit du Genji XIème siècle

. Miguel de CERVANTES l’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche 1605 et 1615

. Les frères GRIMM Contes de l’enfance et du foyer 1812-1857

. Alexandre DUMAS Le Comte de Monte-Cristo 1844-1846

. Herman MELVILLE Moby Dick 1851

. Gustave FLAUBERT Madame Bovary 1857

. Léon TOLSTOÏ Guerre et Paix 1865-1869

. CELINE Voyage au bout de la nuit 1932

. Gabriel Garcia MARQUEZ Cent ans de solitude 1967

. Albert COHEN Belle du Seigneur 1968

Les trente

. SOMADEVA XIème siècle Océan des rivières des contes

. Environ 1170 Le Roman de Tristan et Iseut

. Anonyme IXème-XIVème siècle Les Mille et Une Nuits

. Luo GUANSHONG XIVème siècle Les Trois Royaumes

. Jonathan SWIFT 1726 Les Voyages de Gulliver

. Jane AUSTEN 1813 Orgueil et préjugés

. Benjamin CONSTANT 1816 Adolphe

. STENDHAL 1830 Le Rouge et le Noir

. Alexandre DUMAS 1844 Les Trois Mousquetaires

. Charles DICKENS 1850 David Copperfield

. Fiodor DOSTOÏEVSKI 1879 Les Frères Karamazov

. Henry JAMES 1880 Washington Square

. Selma LAGERLÖF 1891 La Légende de Gösta Berling

. Marcel PROUST 1919 A l’ombre des jeunes filles en fleurs

. Italo SVEVO 1923 La Conscience de Zeno

. Stefan ZWEIG 1927 La Confusion des sentiments

. Mikhaïl BOULGAKOV 1927 Récits d’un jeune médecin suivi de Morphine

. D.H. LAWRENCE 1928 L’amant de Lady Chatterley

. Leo PERUTZ 1936 Le Cavalier suédois

. Albert CAMUS 1942 L’Etranger

. Vassili GROSSMAN 1945 La Dernière Lettre

. Richard MATHESON 1954 Je suis une légende

. Michel BUTOR 1957 La Modification

. Harper LEE 1960 Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

. Dino BUZZATI 1966 Le K

. Carlos CASTANEDA 1968 L’Herbe du di            able et la Petite Fumée

. Ismaël KADARE 1980 Qui a ramené Doruntine ?

. Marguerite DURAS 1984 L’Amant

. Philip ROTH 1993 Opération Shylock : une confession

. Siri HUSTVEDT 2003 Tout ce que j’aimais

Les cent autres

Ch. 2 Les autres œuvres littéraires

Histoires, journaux intimes, correspondance et autobiographies

. THUCYDIDE Vème siècle avant notre ère La Guerre du Péloponnèse

. Sima QUIAN 1er siècle Shiji ou Mémoires historiques

. TITE-LIVE 1er siècle avant-1er siècle après notre ère Histoire de Rome depuis sa fondation

. Philippe de COMMYNES 1524-1528 Mémoires

. Bartolomé de LAS CASAS 1552 Très brève relation de la destruction des Indes

. MONTAIGNE 1592 Essais

. Samuel PEPYS 1669 Journal

. Madame de SEVIGNE débute autour de 1670 Correspondance

. Cardinal de RETZ 1675-1677 Mémoires

. Denis DIDEROT 1748-1793 Correspondance

. François-René de CHATEAUBRIAND 1849-1850 Mémoires d’outre-tombe

. Henry David THOREAU 1854 Walden ou la Vie dans les bois

. Gustave FLAUBERT 1887-1893 Correspondance

. Ernst JÜNGER 1920 Orages d’acier

. Paul NIZAN 1931 Aden Arabie

. Stefan ZWEIG 1943 Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen

. Esther « Etty » HILLESUM 1941 à 1943 Une vie bouleversée

. Carlo LEVI 1945 Le Christ s’est arrêté à Eboli

. Anne FRANK 1947 Le journal d’Anne Frank

. Winston CHURCHILL 1948-1953 Mémoires

. Primo LEVI 1947 Si c’est un homme

. Hannah ARENDT 1963 Eichmann à Jérusalem

. Jean-Paul SARTRE 1964 Les Mots

. Wilfred THESIGER 1964 Les Arabes des marais

. Anaïs NIN 1966-1982 Journal et Journal d’enfance

. Alexandre SOLJENITSYNE 1973 L’Archipel du Goulag

. Angela DAVIS 1974 Autobiographie

. William STYRON 1979 Le choix de Sophie

. Fernando PESSOA 1982 Le Livre de l’intranquillité

. Ishmael BEAH 2007 Le Chemin parcouru

Essais et textes philosophiques et métaphysiques

(De -800 à -500) Upanishad

(Entre -500 et -200) Bhagavad-Gita

Lao TSEU, milieu du VIème-milieu du Vème siècle Tao Tö King

ARISTOTE -349 Ethique à Nicomaque

Vers -200 Les Maximes des Pères (recueil de maximes tirées de la Torah)

AVERROèS 1179 Discours décisif

THOMAS d’AQUIN 1266 Somme théologique

MACHIAVEL 1532 Le Prince

Moderata FONTE 1600 Le Mérite des femmes

DESCARTES 1637 Discours de la méthode

HOBBES 1651 Léviathan

PASCAL 1670 Pensées

SPINOZA 1677 Ethique

ROUSSEAU 1755 Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

VOLTAIRE 1763 Traité sur la tolérance

HEGEL 1807 Phénoménologie de l’esprit

TOCQUEVILLE 1835 (tome I) et 1840 (tome II) De la démocratie en Amérique

MARX 1848 Manifeste du parti communiste

NIETZSCHE 1887 Généalogie de la morale

FREUD 1899 L’Interprétation des rêves

Virginia WOOLF 1929 Une chambre à soi

Simone de BEAUVOIR 1949 Le Deuxième Sexe

Richard M. HARE 1952 The Language of Morals

WITTGENSTEIN 1953 Investigations philosophiques

KRISHNAMURTI 1963 Le Sens du bonheur

René GIRARD 1972 La Violence et le Sacré

Paul EKMAN 2003 Emotions revealed

Amartya SEN 2005 The Argumentative Indian

Nassim Nicholas TALEB 2006 Le Cygne noir

Dilgo Khyentsé RINPOCHE 2008 Au cœur de la compassion

Théâtre

ESCHYLE -472 Les Perses

SOPHOCLE -441 Antigone

EURIPIDE -431 Médée

SHAKESPEARE 1599 Henri V

SHAKESPEARE 1610 La Tempête

Pedro CALDERON de la BARCA 1635 La vie est un songe

MOLIERE 1666 Le Misanthrope

RACINE 1670 Bérénice

MARIVAUX 1730 Le Jeu de l’amour et du hasard

GOLDONI 1745 Arlequin valet de deux maîtres

LESSING 1779 Nathan le sage

SCHILLER 1782 Les Brigands

GOETHE 1808 Faust

HUGO 1833 Lucrèce Borgia

MUSSET 1834 Lorenzaccio

LABICHE 1851 Un chapeau de paille d’Italie

STRINDBERG 1888 Mademoiselle Julie

IBSEN 1890 Hedda Gabler

Oscar WILDE 1895 The Importance of Being Earnest

TCHEKHOV 1897 Oncle Vania

Edmond ROSTAND 1897 Cyrano de Bergerac

PIRANDELLO 1921 Six personnages en quête d’auteur

Bertolt BRECHT 1941 La Résistible Ascension d’Arturo Ui

Tennessee WILLIAMS 1947 Un tramway nommé désir

Samuel BECKETT 1948 En attendant Godot

Wole SOYINKA 1959 Les Gens du marais

ANOUILH 1959 Becket, ou l’honneur de Dieu

IONESCO 1962 Le roi se meurt

Edward ALBEE 1962 Qui a peur de Virginia Woolf ?

Harold PINTER 1978 Trahisons

Poésie

Cantique des cantiques XIème siècle avant notre ère

HOMERE VIIIème siècle avant notre ère Odyssée

Le Livre des Psaumes VIème-1er siècle avant notre ère

OVIDE 1er siècle Métamorphoses

Abu I-FARAJ al-ISFAHÂNI 960 Livre des chants

Omar KHAYYÂM XIème siècle Rubayât

Djalâl ad-DÎN RÛMÎ XIIIème siècle Mathnawî

DANTE 1304-1307 Enfer

Christine de PISAN 1402 Le Dit de la Rose

Louise LABE 1555 Elégies et sonnets

SHAKESPEARE 1609 Sonnets

MILTON 1667 Le Paradis perdu

LA FONTAINE 1668-1694 Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine

Matsuo BASHÖ 1672-1694 Haïkus

COLERIDGE 1797-1799 La Complainte du vieux marin

LEOPARDI 1819 L’Infini

KEATS 1820 Hyperion

HEINE 1827 Le Livre des chants

Walt WHITMAN 1855 Feuilles d’herbe

HUGO 1856 Les Contemplations

BAUDELAIRE 1857 Les Fleurs du mal

VERLAINE 1866 Poèmes saturniens

RIMBAUD 1875 « Le cœur supplicié »

APOLLINAIRE 1913 Alcools et 1918 Calligrammes

Marina TSVETAÏEVA 1913 Le ciel brûle

Paul VALERY 1920 Le Cimetière marin

Khalil GIBRAN 1923 Le prophète

Federico Garcia LORCA 1935 Chant funèbre…

Pablo NERUDA 1950 Chant général

SENGHOR 1956 Ethiopiques

Ch. 3. Les films

Dix chefs-d’œuvre pour approcher le cinéma

Charlie CHAPLIN 1940 Le Dictateur

Orson WELLES 1941 Citizen Kane

Ernst LUBITSCH 1942 To Be or Not to Be

Marcel CARNE 1945 Les Enfants du paradis

Vittorio DE SICA 1948 Le Voleur de bicyclette

Stanley KUBRICK 1957 Les sentiers de la gloire

Akira KUROSAWA 1970 Dodes’kaden

Luchino VISCONTI 1971 Mort à Venise

Michael CIMINO 1978 Voyage au bout de l’enfer

Deepa MEHTA 2005 Water

Trente autres chefs-d’œuvre à peine plus difficiles d’accès

Buster KEATON (1926)Le Mécano de la « General »

Leo Mc CAREY 1933 La Soupe au canard

Jean RENOIR 1937 La Grande Illusion

Frank CAPRA 1939 Monsieur Smith va au Sénat

Victor FLEMING 1939 Autant en emporte le vent

John FORD 1939 La Chevauchée fantastique

Victor FLEMING 1939 Le Magicien d’Oz

Michael CURTIZ 1942 Casablanca

Alfred HITCHCOCK 1946 Les Enchaînés

Carol REED 1949Le Troisième Homme

Kenji MIZOGUCHI 1953 Les Contes de la lune vague après la pluie

Luchino VISCONTI 1954 Senso

Charles LAUGHTON 1955 La Nuit du chasseur

Leo Mc CAREY 1957 Elle et lui

William WYLER 1959 Ben Hur

David LEAN 1962 Lawrence d’Arabie

Raj KAPOOR 1964 Sangam

Michelangelo ANTONIONI 1966 Blow-Up

Stanley KUBRICK 1968 2001 : L’Odyssée de l’espace

Dennis HOOPER 1969 Easy Rider

Andreï TARKOVSKI 1969 Andreï Roublëv

Francis Ford COPPOLA 1972 Le Parrain

WOODY ALLEN 1977 Annie Hall

Steven SPIELBERG 1982 E.T ., l’extra-terrestre

Hayao MIYAZAKI 2001 Le Voyage de Chihiro

Park CHAN-WOOK 2003 Old Boy

James CAMERON 2009 Avatar

Michael HANEKE 2012 Amour

Paolo SORRENTINO 2013 La Grande Belleza

Les cent autres films essentiels

Les séries

Aaron SORKIN 1999-2006 A la Maison-Blanche (The West Wing)

David SIMON 2002-2008 Sur écoute (The Wire)

Julian FELLOWES 2010-2015 Downtown Abbey

Hagai LEVI 2008-2010 En analyse (In Treatment)

Charlie BROOKER 2011-2018 Black Mirror

Alexandra CLERT et Guy-Patrick SAINDERICHIN 2005-2018 Engrenages

Adam PRICE 2010-2013 Borgen, une femme au pouvoir

Lior RAZ et Avi ISSACHAROFF 2015 Fauda

Sebastian ORTEGA et Adrian CAETANO 2016 El marginal

Alex PINA 2017 La casa de papel

Ch. 4 La musique

Les dix œuvres essentielles

Jean-Sébastien BACH 1742 Les Variations Goldberg

MOZART 1791 Ave verum

BEETHOVEN 1827 Le 14ème Quatuor

BELLINI 1831 « Casta Diva » dans Norma

LISZT 1853 La Bénédiction de Dieu dans la solitude

RACHMANINOV 1901 Le 2ème Concerto pour piano

MAHLER 1902 L’adagietto de la 5ème symphonie

Richard STRAUSS 1911 Le trio final de l’opéra Le Chevalier à la rose

Thelonius MONK 1954 Blue Monk

The BEATLES 1968 White Album

Les trente

ZIRYAB (début du IXème siècle) Les 24 Noubas

Hildegarde de BINGEN 1160 Ave Generosa

Jean-Sébastien BACH 1723 Les Suites pour violoncelle

VIVALDI 1725 Les Quatre Saisons

PERGOLESE 1736 Stabat Mater

HAENDEL 1741 Le Messie

MOZART 1786 Les Noces de Figaro

BEETHOVEN 1811 5ème Concerto pour piano

Robert SCHUMANN 1838 Scènes d’enfants

ROSSINI 1842 Stabat Mater

CHOPIN 1844 Le largo de la 3ème Sonate

LISZT 1847 2ème Rhapsodie

MENDELSSOHN 1860 Romances sans paroles

TCHAÏKOVSKI 1875 1er Concerto pour piano

BIZET 1875 Carmen

WAGNER 1882 Parsifal

MASSENET 1894 Ma Méditation de Thaïs

Richard STRAUSS 1894 Morgen et Wiegenlied

PUCCINI 1896 La Bohème

1896 Arirang : Musique traditionnelle coréenne.

RACHMANINOV 1912 Vocalise

Ernest BLOCH 1924 Prière

RAVEL 1931 Le Concerto en sol

Samuel BARBER 1936 Adagio

Richard STRAUSS 1946 Métamorphoses

John COLTRANE 1964 A Love Supreme

Nina SIMONE 1965 Feeling Good et 1971 Mr Bojangles

Woodstock 1969

QUEEN 1975 Bohemian Rhapsody

Philip GLASS 1995 Quatuor

Les cent autres

Ch. 5 Les œuvres d’art

Les dix œuvres essentielles

ANONYME 300-900 Dualidad

ANONYME XIIème siècle Le buste de Jayavarman VII

Léonard de VINCI 1495-1498 La Cène

Hans HOLBEIN le JEUNE 1527 Portrait de Sir Thomas More

Pieter BRUEGHEL l’ANCIEN 1559 Le Combat de Carnaval et Carême

CARAVAGE 1607 Portrait d’Alof de Wignacourt

REMBRANDT 1655 Bœuf écorché

GOYA 1805 Portrait d’Isabelle Porcel

PICASSO 1907 Les Demoiselles d’Avignon

MIRO 1949 Femme et oiseau au clair de lune

Les trente

ANONYME Lascaux, grotte peinte il y a environ 17 000   ans en Dordogne

SCULPTEURS de RHODES -40 Le Laocoon

ANONYME vers 1100 Tête d’Ife

BOTTICELLI entre 1484 er 1486 La Naissance de Vénus

MICHEL-ANGE 1501-1504 David

Léonard de VINCI 1503 La Joconde

Mathias GRUNEWALD 1512-1516 Retable d’Issenheim

Artemisia GENTILESCHI 1612 Danaé

REMBRANDT 1642 La Ronde de nuit

VELASQUEZ 1656 Les Ménines

VERMEER 1665 La Jeune Fille à la perle

GAINSBOROUGH 1779 L’Enfant bleu

Anne-Louis GIRODET 1808 Atala au tombeau

CONSTABLE 1810 Paysage avec cottages

INGRES 1814 La Grande Odalisque

GERICAULT 1818-1819 Le Radeau de la Méduse

HOKUSAI 1830 La Grande Vague de Kanagawa

Claude MONET 1847 Impression soleil levant

VAN GOGH 1888 Les Tournesols

Edward MUNCH 1893 Le Cri

Sir Frederic LEIGHTON 1895 Flaming June

CEZANNE 1898 La Montagne Sainte-Victoire

KLIMT 1908-1909 Le Baiser

Edward HOPPER 1914 Soir bleu

Claude MONET 1890-1926 Les Nymphéas

Pablo GARGALLO 1933 Le Prophète

PICASSO 1937 Guernica

Frida KAHLO 1939 Les Deux Fridas

Francis BACON 1953 Etude d’après le portrait du pape Innocent X par Vélasquez

Gerhard RICHTER 1988 Betty

Les cent autres

Ch. 6 Les lieux

Les dix essentiels absolus

Vézelay : L’abbaye Sainte-Marie-Madeleine

Venise

Al-Ula

Vârânasî ou Bénarès

Angkor Vat

Monastère de Taktshang

Xi’an

L’île de Pâques

Jardin zen du Ryoan-ji

Palenque

Trente autres lieux essentiels virtuellement visitables

Le château de Versailles

Notre-Dame à Paris

Le Baptistère à Florence

Le château de Schönbrunn à Vienne

La mosquée/cathédrale de Cordoue

Les canaux de Bruges

Les Fjords islandais

Les palais de Saint-Petersbourg

Le Kremlin de Moscou

Sainte-Sophie à Istanbul

Les lieux saints à Jérusalem

Les ruines de Petra en Jordanie

Les pyramides en Egypte

Les cathédrales souterraines, à Lalibela en Ethiopie

Band I Amir en Afghanistan

La cité de Khiva, en Ouzbékistan

Le Taj Mahal en Inde

Le temple de marbre blanc de Ranakpur en Inde

Le lac Inle au Myanmar

Le monastère de Samyé au Tibet

Les gorges de Guilin en Chine

La vallée de l’Orkhon en Mongolie

Monument Valley aux Etats-Unis

San Juan Chamula, dans le Chiapas

Le temple de Tulum au Mexique

Les temples de Chichen Itza au Mexique

Le Machu Picchu au Pérou

Les géoglyphes de Nazca au Pérou

Le désert de sel «(salar d’Uyuni) en Bolivie

La Papouasie-Nouvelle-Guinée

Et trente musées virtuellement visitables

Le musée du Louvre à Paris

Le musée d’Orsay à Paris

Le Centre Pompidou à Paris

Le musée Groeninge de Bruges

Le musée Tervuren à Bruxelles

Le Rijkmuseum d’Amsterdam

La Tate Britain à Londres

Le British Museum à Londres

La Tate Modern à Londres

La National Gallery à Londres

Le Kunsthistorisches Museum de Vienne

Le Pergamon à Berlin

La pinacothèque de Munich

Le musée des Offices à Florence

Le musée de Florence Gould à Venise

Le musée Pinault à Venise

Le musée Pouchkine à Moscou

Le musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg

Le MoMA à New York

Le Lacma à Los Angeles

La Getty Collection à Los Angeles

Le Museo Nacional de Antropologia à Mexico City

Le musée de la Venta au Mexique

Le musée de l’or à Lima

Le musée du Caire

Le Naoshima Museum au Japon

Le musée de Shanghaï

Le musée national du Palais de Taipei

 

Troisième partie LA BONNE VIE

Combien de temps faut-il pour parcourir les chemins de l’essentiel ?

Une heure par semaine entre 25 et 65 ans.

En quoi la découverte de l’essentiel nous change-t-elle ? Cela développe quatre autres qualités, complémentaires et fort utiles dans la conduite de la vie :

  1. La maîtrise de soi
L’essentiel permet ainsi de résister aux pulsions de l’instant, d’aiguiser son jugement, de remettre toutes les choses en perspective, de relativiser les émotions, d’atteindre une certaine maîtrise de soi.
  1. La perception des autres
Rien mieux que l’essentiel ne permet de se mettre à la place de l’autre…C’est ainsi le meilleur rempart contre l’intolérance, le manque de respect, la violence.
  1. La capacité d’anticipation
Ainsi l’essentiel est-il au cœur de ce qu’il nous faut transmettre aux générations suivantes : les moyens d’anticiper, en puisant dans la plus large possible bibliothèque de comportements et de stratégies.
  1. Le désir de se dépasser
Avec de la ténacité, de l’humilité, du travail, de l’envie, aucune porte ne résiste. A personne.

Au total, ces dix pratiques (le respect de soi, la ténacité, la répétition, l’admiration, le sens critique, le goût du partage, la maîtrise de soi, la perception des autres, la capacité d’anticipation, le dépassement de soi) forment un ensemble qui démultiplie les moyens de la confiance en soi, de l’accès au bonheur.

*

Emetteur du verbatim : François C.

ALTITUDES - Ascensions d’un alpiniste et chef d’entreprise engagé de Luc BOISNARD - Ed. Alisio

Altitudes ; ascensions d'un alpiniste et chef d'entreprise engagé LES CONSEILS DU LEADER REVEUR

. Soyez une personne inspirante, un mentor et un facteur déclenchant.

. Faites souffler le vent de la liberté et de l’entrepreneuriat au sein de vos équipes, de vos amis, de vos relations.

. Réalisez vos rêves et « devenez la meilleure version de vous-même « (Pascal de Clermont).

. « Utopisez » votre quotidien.

. Travaillez sur vos passions et « vous pouvez être ce que vous voulez être » (Paul Arden).

. Créer son entreprise est sans doute la meilleure manière de rester proche de ce qui vous fait rêver.

. Entreprendre, c’est un état d’esprit plutôt qu’un diplôme.

 

LES CONSEILS ATYPIQUES

. L’atypique possède une pensée composite.

. On ne naît pas atypique, on le devient.

. Faites de votre différence une force.

. Montrez qu’on peut voir différemment, qu’on peut faire autrement.

. Adoptez l’esprit variante en toute circonstance.

. Préservez votre indépendance et votre liberté de parole.

. L’atypique est authentique. Sa « manière d’être » bouscule les codes et opère des métamorphoses, fait apparaître de nouvelles réalités, ouvre vers de nouvelles valeurs.

 

LES IMPOSSIBLES CONSEILS DU MANAGER

. Plus l’objectif est ambitieux, plus grande est la satisfaction de la réussite.

. Annoncez la couleur de vos objectifs, cela met une douce pression.

. N’écoutez pas les chimères, mais écoutez votre cœur.

. Montrez aux autres que c’est possible.

. Renversez la vapeur, transformez l’impossible en facile, en possible, en plausible, en concevable, en probable.

. Pour mettre en route la machine à aller vers l’impossible, ne pas oublier de mettre la machine à organiser en marche sur le mode projet.

 

LES CONSEILS ANTICIPATOIRES

. « Si tu choisis une voie, mets tous les atouts de ton côté et ne fais pas les choses à moitié. » Tony Estanguet

. Entourez-vous des meilleurs.

. N’anticipez que les choses, les événements sur lesquels vous avez réellement prise ou une influence directe.

. Ne dépensez pas d’énergie pour les choses sans importance ou celles sur lesquelles vous n’avez aucune influence (météo,…).

. L’anticipation est un FCS (facteur clé de succès) pour la réussite. Avez-vous fait tout ce qu’il était possible de faire pour atteindre votre objectif ?

. Anticiper, c’est modéliser.

. Anticiper, c’est bien ; s’adapter, c’est bien aussi.

. Anticiper, c’est prévoir surtout l’imprévisible.

 

LES CONSEILS INCONFORTABLES

. Un bureau, c’est comme un duvet tout chaud. Alors, réveillez-vous, c’est dehors que ça se passe !

. Chez vos clients, vous trouverez l’essentiel des réponses à vos questions.

. Ne réfléchissez pas en termes de conviction personnelle mais en termes d’intérêt supérieur de l’entreprise.

. Lancez-vous sur les pentes de l’inconfort des nouveaux marchés.

. Sortez de vos propres convictions, de vos préjugés. Pratiquez le contradictoire.

 

LES CONSEILS EN DEPASSEMENT

. Pour bien se dépasser, il ne faut pas aller trop vite.

. Le mental est la clé du moteur du dépassement de soi.

. Explorez vos limites physiques et psychologiques et repoussez-les.

. Fouillez votre inconscient pour identifier vos limites personnelles.

. Dépassement de soi dit aussi repos et récupération.

. Les fausses bonnes idées des séminaires de dépassement de soi.

. Le dépassement de soi est strictement personnel.

. Le dépassement de soi est une forme de quête de l’excellence personnelle.

. Dans le dépassement de soi, l’adversaire c’est soi-même et les contraintes arbitraires que nous nous fixons.

. Considération et reconnaissance : guider les autres vers les chemins de l’excellence.

 

LES CONSEILS DU LEADER SOLITAIRE

. Ne pas aimer la solitude est un déni d’intimité.

. La solitude est une arme fatale pour celui qui s’y instruit.

. La seule véritable façon de gérer la solitude : être en accord avec soi-même, se respecter.

. Mettez à profit les vrais instants de solitude pour trouver votre inspiration.

. La solitude grandit celui ou celle qui s’y confronte.

. Exercez-vous à la solitude consciente.

. Aménagez-vous des temps de « coupure ». L’état « paradoxal » de la solitude permet de se retrouver ou de se préserver, pour finalement se relier à ce qui nous est essentiel.

. Moments d’intimité, et non d’isolement, au sommet de l’Everest, dans un monastère ou un hall de gare pour « séjourner » en soi, disaient les sages antiques.

 

LES CONSEILS EQUILIBRéS

Equilibre

. Vous savez quand vous n’êtes plus en harmonie, en symétrie.

. Faites des choses qui vous élèvent spirituellement, physiquement, intellectuellement.

. Evaluez les demandes et faites les choix qui sont bons pour vous. Arrêtez de vous voiler la face.

Ethique

. Quelles sont vos valeurs ? la confiance ? Le respect ?

. Quelles contradictions êtes-vous prêt à accepter ?

. Quelles sont les actions, les faits dont vous n’êtes vraiment pas fier ?

Esthétique

. Pensez harmonie, rayonnement, lumineux.

. Les victoires sont plus belles que tout le reste.

. Soyez les porte-parole d’un management élégant et fair-play.

. N’oubliez jamais l’immense beauté de la nature.

 

LES CONSEILS DE « L’INTUITEUR »

. « Intuiter » ne s’apprend pas. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’intuition.

. Consignez dans un carnet les situations que vous avez « intuitées », comparez les résultats et recommencez.

. Ouvrez votre cœur et apprenez à détecter les bonnes ondes autour de vous.

. Développez votre authenticité, votre marque de fabrique à vous.

. Développez votre sensibilité et votre perception des choses, écoutez votre troisième œil et votre sixième sens.

. Ne restez pas dans votre tour d’ivoire et ouvrez les écoutilles.

. Mettez un peu d’oxymores dans vos décisions et plus généralement dans votre vie, apprenez à vivre au feeling.

. L’intuition est l’apanage des développeurs.

. Suivez votre intuition avec un plan précis jusqu’au but désiré en faisant preuve d’une vision à long terme.

. Apprenez à gérer et à équilibrer vos contradictions.

. Nourrissez vos espoirs, pas vos regrets.

 

LES CONSEILS DU MANAGER LIBRE

. Le matin, commencez par allumer les moteurs de l’audace, de la volonté, du caractère, de la passion, de la détermination.

. Ne remettez jamais au lendemain ce que quelqu’un d’autre peut faire mieux à votre place le jour même.

. L’entreprise est un véritable laboratoire politique : tentez des expériences inédites. Composez des binômes improbables. Enrichissez-vous de différences réciproques.

. Découvrez les énergies qui font vibrer vos collaborateurs, faites-en des tremplins pour leur réussite et leur rayonnement personnels. N’oubliez jamais et ne sous-estimez jamais l’enjeu du couple autonomie/responsabilité.

. Prévenez vos équipes, autonomie rime avec responsabilité. Décider, c’est trancher. Et tout le monde ne peut pas décider.

. Pour le leader, la liberté, c’est aussi l’indépendance.

 

LES CONSEILS HUMORISTIQUES

. Commencez par rire de vous avant de rire des autres.

. Humble vous serez : parlez le « Nous » et pas le « Je ».

. Abandonnez l’arrogance, l’orgueil, l’ego et passez en mode lego, en mode construction.

. Créez les conditions d’une double adhésion : personnelle et collective.

. Exit les grincheux, nous, on veut se marrer.

. L’humour est une technique managériale à prendre au sérieux.

. Rire n’est pas une menace ni pour les chiffres ni pour la rentabilité.

. Rire est la plus belle émotion.

*

Emetteur : François C.

DEMEURE - Pour échapper à l’ère du mouvement perpétuel de François-Xavier BELLAMY - Grasset

Demeure ; pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel

Saisis par le rythme du quotidien, et n’osant pas nous avouer que notre vie passe devant nous sans que nous parvenions à savoir vers quel but elle va, ni ce qu’elle construit de durable.

Face au camp de l’être, il y a les « partisans du flux » (Protagoras, Empédocle…) : ceux qui affirment que la vie est du côté du mouvement, de la mobilité, du changement permanent.

Le relativisme contemporain empêche le dialogue : car tout dialogue authentique suppose ce lieu commun qu’est la vérité à atteindre, qui constitue l’horizon partagé par tous ceux qui prennent part à l’échange, quelle que soit la diversité de leurs convictions respectives.

Aristote identifie dans ce qui change quelque chose qui est en train de s’accomplir : un potentiel qui attend de devenir réalité.

Le mouvement existe, oui, et il n’est pas pure illusion, comme le pensait Parménide. Mais il n’est en fait qu’une transition entre deux états de stabilité, celui de la pure puissance et celui de l’acte pur.

Ce qui commence, avec ce passage vers l’héliocentrisme, ce n’est pas seulement une nouvelle étape de l’astronomie ; c’est une nouvelle ère, que l’on appelle la modernité.

Nous vivons depuis quelques décennies l’accomplissement de la modernité, qui se traduit simultanément par sa crise globale. De fait, il semble qu’aucun aspect de notre vie collective n’échappe aujourd’hui à cette crise : nous la voyons se manifester sur le plan philosophique, intellectuel et spirituel, mais aussi sur le terrain de la technique, de l’économie, des institutions, de la société…La nature elle-même est désormais dans une situation critique.

Le monde ancien s’est achevé. Dans le nouveau monde qui s’ouvre, on ne peut plus espérer s’arrêter un jour pour goûter le bonheur : il nous faudra toujours tenter d’accroître, d’augmenter, d’agrandir notre puissance, pour pouvoir rester mobiles – pour pouvoir rester vivants.

La vie est un mouvement, mais un mouvement dépourvu de tout but qui pourrait en marquer l’achèvement. Nous ne courons pas pour rejoindre le lieu où nous pourrions nous reposer, non : nous courons pour courir, et courir plus vite que les autres.

Non, dans ce monde désenchanté, le mouvement n’a plus de fin –plus d’autre fin que la mort : il est en fait toute la vie. Quand il s’achève, tout s’achève. Pour rester en vie, il faut tout faire pour continuer de courir.

La structure pascalienne du divertissement, c’est cette ruse inconsciente qui nous fournit sans cesse de nouveaux prétextes pour continuer à courir.

Et ainsi, nous sommes devenus pleinement fidèles à l’essence même de la modernité. Celle qui ne voit dans la vie humaine qu’une course sans autre fin qu’elle-même, et qui observe le monde comme un perpétuel mouvement qu’aucun terme ne viendra conclure.

La vertu antique consistait à s’affranchir de son époque. La vertu moderne consiste à être assez adaptable, assez souple, assez plastique, pour coïncider absolument avec elle.

Pour les « gens de n’importe où », être « de quelque part » c’est refuser l’ouverture, choisir le repli sur soi ; c’est aussi nier la réalité d’un monde en mouvement, le caractère inéluctable de la « globalisation », de la disparition des particularismes périmés dans le grand flux des échanges, auquel rien ne peut échapper.

Ces itinéraires des « migrants » ne sont une chance que s’ils ne nous obligent pas à perdre l’univers familier qui constitue l’une des premières conditions de nos vies : ils ne sont une promesse que s’ils ne voient pas s’évanouir le point d’arrivée espéré à mesure que nous l’approchons. Tout mouvement n’est pas un progrès.

En réalité, nos choix seront toujours contraints par des limites que la technique n’abolit jamais, qu’elle ne fait que déplacer. Toute nouvelle configuration technique comporte un nouvel ordre de contraintes.

Les innovations ne peuvent être décrites comme un progrès que relativement à un choix, dont nous sommes tous responsables : la définition de ce que nous considérons comme une priorité à respecter, comme une ressource à préserver, comme un bien à conserver.

Croire par principe dans la supériorité de l’avenir, c’est ignorer qu’il y a dans l’héritage de l’histoire, et dans la réalité du présent, des biens infinis qui méritent d’être admirés, d’être protégés et transmis…Plus le rythme du progrès technique accélère, plus s’accélère avec lui ce délaissement du réel.

Nouvel idéalisme et nouvelle religion, le transhumanisme est la forme la plus contemporaine du progressisme moderne, une expression parfaite de notre fascination pour le changement.

Reconnaître la valeur infinie de la vie humaine, l’aimer malgré ses limites et ses épreuves, c’est aussi s’inquiéter de sa fragilité, et éprouver une inévitable angoisse devant les risques qui la menacent, à commencer par la folie des hommes eux-mêmes ; si cette vie est un trésor irremplaçable, comment ne pas être inquiet qu’elle puisse sombrer, dans l’extinction écologique ou dans le fantasme techniciste ?

Aucun but n’est donné à ce changement promis : la politique de la transformation s’accomplit dans son mouvement même, dans sa transe permanente…La vraie question politique est : quelle direction devons-nous prendre ? Quel avenir voulons-nous ? Selon quels choix allons-nous le préparer ? En poursuivant quels buts ?

Il faut donc être infiniment modeste, quand on prétend…installer une « nouvelle société » : le risque est immense qu’on détruise cet ordre lentement mûri et irremplaçable dans sa complexité, sa souplesse, sa richesse, au regard desquelles nos capacités d’organisation sont bien peu de chose…En méprisant le passé au nom des promesses de l’avenir, c’est le présent que nous mettons en danger.

La dimension tragique de l’histoire, qui tient à cette équation constamment vérifiée : ce qu’il faut le plus de temps pour construire, c’est ce qu’il faut le moins de temps pour détruire.

« Que l’humanité soit » : ce premier principe de l’éthique du futur nous oblige à préserver la stabilité de l’humain, non seulement face au risque de la destruction, mais aussi devant la tentation de l’augmentation qui ne serait pour l’humanité qu’une autre manière de suicide collectif.

Il n’y a pas de lieu où Sisyphe puisse espérer poser définitivement son fardeau, et se reposer avec le sentiment du devoir accompli, de l’objectif atteint, du projet réalisé. Nous ressemblons à ce malheureux condamné lorsque nous nous imposons de continuer d’avancer sans que nous puissions nous représenter un point d’arrivée pour notre effort. Tout mouvement sans finalité est une malédiction absurde.

C’est cette réduction du politique à l’économique, et de l’économie à l’instantané, qui nous a conduits à perdre toute générosité envers l’avenir, et avec elle le sens même de la demeure. Ce principe a en effet pour conséquence nécessaire une incapacité profonde et nouvelle à penser le long terme, et à construire pour le long terme.

Vivre et habiter ce monde, exister et être un corps, suppose d’accepter un ordre de contraintes, une infinité de renoncements. Se trouver vraiment quelque part, c’est à chaque instant de cette présence renoncer à être ailleurs. Faire vraiment quelque chose, c’est ne pas faire tout le reste.

Ce qui doit nous préoccuper, c’est plutôt l’instrumentalisation de ces histoires au service d’un combat que nous semblons collectivement prêts à livrer, non contre les injustices qui traversent la société, mais simplement contre toutes les contraintes qui s’imposent à nos désirs.

Le marché subtilise les biens les plus simples, les plus nécessaires et les plus gratuits –puis il les fait réapparaître comme par magie, mais sous forme de marchandises.

Aujourd’hui, dans le monde occidental, un enfant s’achète : c’est ce que nous appelons le « progrès ».

Le politique s’autodissout, puisqu’en parlant sans cesse de s’adapter à un monde qui change, il reconnaît par là, non seulement qu’il n’a plus de pouvoir, mais qu’il ne veut plus le prendre.

En interdisant toute alternative, en nous imposant comme seule politique possible l’administration technique des changements sans fin qu’exige de nous la compétition des marchés, la domination de l’économie ne peut que constituer une crise démocratique majeure.

Cette domination de l’économie marchande ne signe pas seulement la crise de la politique : elle entraîne aussi, paradoxalement, une crise inédite de l’économie elle-même. Le marché est un outil essentiel à la vie des hommes ; mais quand il absorbe tout de leur vie, il perd son sens, devient absurde, et se retourne contre eux.

Dans la transformation de l’économie par le marketing, il ne suffit pas que les individus consomment, il faut qu’ils consomment de plus en plus, et qu’ainsi l’économie puisse poursuivre sa croissance. Quand le mouvement devient un but en soi, le dynamisme de l’économie est un objectif absolu ; ce n’est pas seulement la récession qu’il faut éviter, mais aussi la stabilité elle-même, qui nous apparaîtrait comme un échec déprimant.

Il faudrait être aveugle pour prétendre préserver la nature en affirmant simultanément que notre but est de tout changer, de tout transformer, de tout mettre au service de l’idole du « progrès » technique.

La civilisation occidentale, dans sa frénésie de circulation perpétuelle, est passée de l’amour du chef d’œuvre à l’obsolescence programmée.

La demeure suppose du temps, le logement est un simple espace ; de même, le métier est ce qu’il faut du temps pour acquérir, et ce qui ne s’oublie pas –quand il est si rapide de prendre, ou de perdre, un emploi.

Notre travail, comme nos vies, trouve son accomplissement dans une forme de gratuité. Cette soif est difficile à saisir dans un monde où tout doit pouvoir être compté, parce que tout doit pouvoir se marchander ; mais pour sauver ce monde de la raison calculatrice qui finit par nous rendre fous, il faut redire que l’essentiel de nos existences tient, et tiendra toujours, dans ce qui ne se compte pas.

Le seul fait que nous puissions prendre au sérieux cette assimilation de l’intelligence à une machine à calculer en dit long sur le mépris dans lequel nous tenons notre propre vie intérieure, et sur la méprise qui nous empêche de considérer ce qui, dans notre connaissance du monde, échappe à tout calcul.

La numérisation du monde est une étape et un symptôme de la liquéfaction du réel, de cette « liquidation générale » que nous évoquions plus haut…Il nous faut donc, dans cette époque de numérisation du monde, retrouver la consistance des mots, pour qu’ils nous éveillent de nouveau à la réalité des choses.

Défaire les mots, c’est aussi imposer une défaite aux choses –et, quand il est question de genre, aux corps. La déconstruction du genre implique le déni du sexe, que l’on cherche à annexer de force à l’universelle plasticité désormais exigée du réel.

La notation, au moment où on voudrait la bannir de l’école, envahit toutes les dimensions de nos vies :nous passons désormais notre temps, à l’aide des outils numériques, à nous noter les uns les autres et à transformer en chiffres la moindre expérience ordinaire.

A la pression vers le changement, vers l’universel remplacement, il nous faut répondre par un sens renouvelé de la valeur des choses que nous tenons dans nos mains. Et la littérature répond, là encore, à cette nécessité de l’émerveillement : la poésie ne fait rien d’autre que dire le réel, et en manifester la beauté.

Dix ans durant, la navigation d’Ulysse est habitée par sa destination…Ithaque, qui attend « là-bas » concentre dès maintenant chaque geste, chaque décision, chaque mouvement de l’odyssée ; et c’est ce point d’arrivée qui fait naître l’énergie de l’aventure.

Il nous faut retrouver notre Ithaque. Etre capable, pour commencer, de la nommer de nouveau, de désigner ces points fixes que nous espérons atteindre, même sans aucune certitude d’y parvenir un jour, et qui cependant donneront dès aujourd’hui sens à nos engagements, à nos actes, à nos mouvements. Il nous faut retrouver ces buts immuables qui justifient des odyssées.

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Emetteur du florilège : François C.