L’AVENIR EST EN NOUS - Des aventuriers de l’existence témoignent de Marie CLAINCHARD - Ed. Dangles 2014
Émetteur du verbatim : François C.
André MARIE prêtre, moine, sculpteur, potier, écrivain
Sur le plan économique, industriel, financier, les pauvres n’ont plus rien à attendre de personne. C’est la raison pour laquelle il est absolument nécessaire de faire naître l’espérance. La compassion, la beauté, la bienveillance sont autant de mots féminins, comme la Sagesse, qu’il faut mettre maternellement au monde en nous.
Pierre-Yves ALBRECHT Thérapeute, philosophe, écrivain
Ce qui nous transforme substantiellement est le nouveau rapport suite à une expérience subtile qui s’établit entre le visible et l’invisible, la nature et la surnature, le monde des hommes et celui de l’ange.
L’imagination active, la voyageuse, effectue la transmutation des réalités du sensible en la pureté du monde subtil. Le fidèle qui s’élève de degré en degré vers ce cosmos imaginal se voit révéler à chaque niveau supérieur une réalité plus spirituelle et une beauté plus étincelante, une intelligence plus profonde ainsi qu’une joie plus exaltante.
Nadège AMAR Disciple de Chandra Swami, anime des ateliers de méditation
Le cœur spirituel: il est possible de pacifier son mental afin d’ouvrir pleinement son cœur et d’y éveiller, vivifier, nourrir toutes les qualités d’Amour.
Dominique ANNET Chercheuse, communicante, romancière
J’ai découvert que la «syntonie», cet accord parfait, se présente bien plus souvent qu’il n’y paraît et qu’elle peut même être construite… Chaque fois qu’il y a adhésion, appropriation, une «prise de conscience pour soi» de la cause, de l’offre ou du projet d’un autre, nous touchons du doigt le ciel. Vibrations invisibles qui donnent à la vie une autre dimension.
Jean-Pierre BROUILLAUD Globe-trotter aveugle
Il n’y a pas de handicap, il n’y a que des différences. Le seul handicap que je connaisse relève du fait de ne pas accueillir l’autre tel qu’il est.
Hesna CAILLAU Expert sur l’interculturel auprès des entreprises
L’enthousiasme, en grec, veut dire «rempli d’énergie divine». A contrario, la plainte est une plaie par laquelle s’échappe cette précieuse énergie… Dans «émerveillement», vous retrouvez le mot «éveil»… L’étonnement est à mon sens le déclencheur du changement, car il ouvre grandes les portes de l’imaginaire et donc de la créativité. Puissions-nous remplacer de temps en temps nos «pourquoi et comment» par le «Ah» d’admiration!
Jean-Claude CARRIÈRE Écrivain, scénariste, observateur du monde
Que faire alors de cette petite étape qui est la nôtre? Comment nous situer? Laisserons-nous quelque chose? Avons-nous participé aux frais du voyage? Est-ce que nous avons tenté de l’améliorer, d’y apporter quelques petits bouts de paysage supplémentaire ou nous sommes-nous contentés de voyager?
Geneviève CHINCHOLLE-QUÉRAT Analyste jungienne, artiste, écrivain
Je crois à notre capacité d’évoluer, à devenir alchimiste de sa propre existence. Je crois au trésor caché au centre de l’être. Ce sont la vie et parfois les épreuves qui m’amènent à dégager la valeur du sens et des sens. «L’or est dans le fumier». Je travaille mes valeurs dans le quotidien, à travers la simplicité, la rencontre et la créativité.
Sylvie CROSSMAN Directrice des éditions Indigènes et écrivain
Pour un Aborigène, être au monde exige qu’on soit nomade et qu’on crée. Pour eux, d’ailleurs, le monde n’existe –au sens propre- que s’il est dansé, chanté ou peint. Autrement, il est à l’état latent, dans les ténèbres.
Boris CYRULNIK Neuropsychiatre, éthologue, écrivain
Le malheur fait baisser la tête, l’épreuve la relève. Car une épreuve culturellement et rituellement accompagnée –i.e. lorsque d’autres vous entourent affectivement et vous permettent de trouver un sens à ce que vous vivez-, nous apprend un sentiment de victoire. Une vie sans épreuves, c’est de l’eau tiède, ça nous apprend la vulnérabilité et la désidentification.
Véronique DESJARDINS Écrivain
Tout ce qui vient à vous, vient à vous comme un défi et une opportunité.
Ce qui t’advient, ne l’esquive pas.
Bernard ESAMBERT Ingénieur du Corps des Mines et financier
Une intense curiosité me permet d’avoir toujours l’esprit en éveil et d’échapper au confort, aux habitudes, au conservatisme.
Marc HALEVY Physicien de la complexité, philosophe de la spiritualité, écrivain
Le plaisir se prend. Le bonheur se reçoit. Mais la joie se construit… La joie est la conséquence de l’accomplissement de soi, de la réalisation de tous nos possibles intérieurs, de l’accomplissement de tous nos talents, de tous nos potentiels. Et, en nous accomplissant «du dedans», nous rayonnons et nous facilitons l’accomplissement et la joie de ceux qui nous entourent, comme par contagion.
Sébastien HENRY Créateur de ponts entre dirigeants et développement spirituel
La formation des décideurs doit absolument proposer une invitation à l’apprentissage de la sagesse…
Devise: S’exercer à être pour agir avec plus de justesse.
Charles Hervé GRUYER Créateur de la ferme biologique du Bec-Hellouin
Notre monde est en train de mourir… Mais un autre monde est en train de naître: tout autour de la planète, dans chaque village, chaque quartier, des personnes deviennent des explorateurs de l’avenir. Elles inventent des modes de vie inédits, de nouvelles manières de se nourrir, de se loger, de travailler, de se relier aux autres et à la nature.
Stéphane HESSEL Diplomate, ambassadeur et écrivain (décédé le 27/02/2013)
Faites preuve de responsabilité en vous engageant. Changez ce monde !…
François Régis HUTIN Journaliste et PDG du groupe Ouest-France
«Dire sans nuire, montrer sans choquer, témoigner sans agresser, dénoncer sans condamner.»
Eric JULIEN Géographe, fondateur de l’association Tchendukua
La seule orientation possible est d’avoir la paix en soi. Seuls comptent l’instant présent et le lien vécu. Pour le reste…
Marguerite KARDOS Linguiste, naturopathe, a diffusé les Dialogues avec l’Ange
Éveiller le secret du cœur était la vocation des thérapeutes sumériens. Rendre vivant le cœur. J’aime raviver en chacun ce feu, souffler sur les braises… Comment? En faisant feu de tout bois, en toute situation. Seul ce feu de l’Esprit nous rend vivants. Il entre dans notre vie par effraction, par bifurcation, par surprise.
Jacqueline KELEN Écrivain, conférencière
Le bonheur ici-bas n’est autre que vivre selon le Bien, acquérir la sagesse, élever son âme et contempler les réalités célestes, et aussi répandre autour de soi des semences de beauté et d’amour.
Mais l’on peut donner le goût de se mettre en route, de s’aventurer et de prendre le large. Pour moi, le plus précieux consiste à témoigner, pendant mon passage sur terre, de l’immense liberté créatrice impartie à l’être humain.
Magda HOLLANDER – LAFON Psychologue, écrivain et ancienne déportée
Je crois qu’en chaque être humain, il y a une parcelle de lumière. Mais j’ai compris que je ne pouvais appeler personne dans le meilleur de lui-même sans être moi-même libérée de mes propres blessures, de mes peurs, de ma violence.
Jean-Yves LELOUP Prêtre orthodoxe, écrivain, philosophe
C’est en demeurant attentif et vigilant qu’on rend la vie consciente.
C’est en aimant vivement et consciemment qu’on rend l’Amour présent.
Philippe LE RAY Sculpteur
Être amoureux de la vie qui nous entoure, de la nature, et de sa beauté…
Mickael LONSDALE Comédien de théâtre et de cinéma
Il faut souvent des temps de pause pour laisser s’inscrire un sentiment. C’est généralement par la lenteur que la spiritualité s’exprime, et non dans les choses hâtives. Quand vous croyez profondément en ce que vous dites, que vous êtes dans la concentration, vous trouvez le chemin du cœur.
Denis MARQUET Philosophe, thérapeute, romancier
Les artistes nomment cette expérience inspiration. Les spirituels appellent cela être relié. De fait, je suis alors en relation avec une puissance qui me dépasse. Le paradoxe étant que, dans le même temps, je me sens moi-même et présent au réel au plus haut point…
L’éducation représente une tâche très exigeante, qui demande de toujours grandir, en présence, en conscience, ainsi que de se laisser transformer par la relation à l’enfant.
Hassan MASSOUDY Calligraphe, écrivain
Dans mon œuvre, je veux installer la beauté afin qu’elle soit vivante…
Arnaud POISSONNIER Créateur du premier site français de microcrédits Babyloan.org
Ne prenez pas trop la vie au sérieux. De toutes les façons, vous n’en sortirez pas vivant !
Philippe POZZO DI BORGO Homme d’affaires dont l’histoire a inspiré le film Intouchables
Comme tous ceux qui nous ont précédés et qui nous ont permis d’être là, à notre tour, unissons nos pas afin d’entraîner ceux qui nous suivront et contribuer à l’humanité de demain…
Dans ce lâcher-prise de l’individu et de ses appétits, et dans sa curiosité et sa bienveillance à l’égard de l’autre différent et fragile, il va enfin considérer la création et sa beauté avec tendresse et respect. Il devient amour du monde et non pas appropriation du monde.
Florence QUENTIN Égyptologue, journaliste, écrivain
Il me semble que notre époque est dominée par la renonciation et l’abattement. J’aimerais donc transmettre ce qui lui manque tant, c’est-à-dire la confiance, l’enthousiasme (surtout pour les jeunes) et la volonté de ne pas renoncer. Résister, ne pas renoncer. Et garder, autant que faire se peut, l’enthousiasme, ce «transport divin» en soi, qu’il rayonne intensément dans tout geste, tout acte accompli, toute pensée.
Pierre RABHI Agro-écologiste, écrivain et penseur
Dieu, pourquoi as-tu créé cette espèce méchante à laquelle j’appartiens qui détruit tout, mais qui porte en elle les germes d’une existence magnifique si elle le souhaite de toute son âme?
Jacques ROCHER Président le la Fondation Yves Rocher
Face à ce monde, j’essaie de garder un regard d’enfant. Il n’y a pas d’âge pour l’émerveillement!…
Olivier ROELLINGER Grand chef étoilé et alchimiste de l’épice
Dans le voyage, l’important n’est pas la destination, mais le chemin. Je crois beaucoup au métissage, aux rencontres, à l’ouverture à l’autre, car pour recevoir, il faut en premier s’ouvrir. C’est ce que nous apprennent la cuisine et les épices. L’autre, le différent, ne nous appauvrit pas, il nous enrichit.
Émile SHOUFANI Curé de Nazareth, éducateur, chrétien arabe, homme de paix
La joie est mon héritage divin et je désire la transmettre!…
Annick de SOUZENELLE Théologienne orthodoxe, écrivain et conférencière
Nous devons aller vers notre être intérieur pour trouver les valeurs à l’intérieur de soi.
L’avoir n’aura de sens qu’en référence à l’être…
Nahal TAJADOD Écrivain franco-iranienne
C’est l’histoire de milliers d’oiseaux pèlerins qui partent à la recherche de leur oiseau roi, appelé Simorgh. Tout au long de ce périlleux et difficile périple, de nombreux oiseaux se fatiguent, certains meurent, d’autres ont peur, renoncent et abandonnent. Finalement, ceux qui arrivent auprès de l’oiseau roi voient qu’ils sont trente oiseaux, ce qui signifie en persan qu’ils se voient eux-mêmes (Simorgh signifie trente oiseaux).
Bertrand VERGELY Philosophe, enseignant et écrivain
Va, vis et deviens.
Le désir, la persévérance, le courage et la gratitude. J’aime les êtres qui s’engagent en se jetant dans le feu de l’action et de la vie. J’aime ceux qui savent persévérer une fois l’engagement pris. J’aime ceux qui savent faire face au danger. J’aime enfin ceux et celles qui savent remercier quand ils ont réussi et même quand ils ont échoué.
Enseigner, c’est donner envie. C’est être un passeur d’enthousiasmes et d’envies…Aussi la transmission n’est-elle qu’une longue passion, qu’un grand enthousiasme, qu’une grande envie déroulée à travers le temps et les êtres. Qui est passionné est passionnant. Qui est passionnant éveille et réveille la passion. Qui éveille et réveille la passion est un transmetteur.
Zia Inayat KHAN Chef spirituel de l’Ordre Soufi international
Vis chaque instant comme si c’était le dernier… Ne fais aucun acte, n’aie aucune parole,
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10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange d'Elif Shafak - Flammarion (roman)
Recommandation d’Élodie, ancienne stagiaire, puis collègue et maintenant patronne de la librairie de fil en page:
Alors qu’elle vient de mourir, l’esprit de Tequila Leila persiste quelques minutes. Cette prostituée turque se rappelle des moments forts de son existence, de sa naissance dans la campagne anatolienne jusqu’à sa mort dans les bas-fonds d’Istanbul.
Son histoire croise la route d’autres femmes en marge de la société et aux destins singuliers, à travers lesquels on découvre la Turquie des années 50 à nos jours.
PLÉNITUDES - Merveilleuses pensées pour chaque jour de Rosette POLETTI et Barbara DOBBS - Ed. Jouvence
Émetteur du florilège: François C.
Être présent à l’instant
Chaque situation de vie comporte des possibilités d’apprendre, de changer et de croître.
Chaque moment de vie, chaque rencontre, chaque acte peuvent être porteurs de sens. Nul ne saura jamais l’importance d’un sourire, d’une parole échangée, d’un acte de bonté.
S’avancer, mains ouvertes vers ce qui vient, faire confiance, être attentif à ses croyances limitantes, à ses dépendances, à ses certitudes, à ses jugements et s’en défaire, voilà le chemin qui conduit au cœur de la vie!
Se lancer, voilà l’expression centrale! Cela veut dire accepter cette position inconfortable, cette situation d’incertitude comme faisant partie de l’aventure de la vie.
Lâcher prise, se désencombrer
Être pleinement humain, c’est accepter de ne jamais «posséder la vérité», c’est être en recherche, c’est pouvoir se remettre en question, c’est oser aller de l’avant.
Sois sûr que la plus grande chose de la vie, ce n’est pas de vivre, c’est de (re)naître constamment pour ne pas être «vieux»!
Le seul remède au ressentiment, c’est le lâcher-prise! C’est décider que l’essentiel, c’est la paix de l’esprit, la sérénité, la présence à l’instant.
Chaque personne peut vivre dans la joie, l’amour et la paix intérieure, en lâchant prise du passé, des regrets, des offenses et de l’amertume.
Changer ses pensées
La vraie vie est ouverture, échange et accueil.
Quelle que soit la difficulté à vivre d’un être humain, le changement est possible jusqu’à son dernier souffle ; à n’importe quel moment, il peut «s’éveiller» et donner du sens à sa vie, trouver une signification aux événements qu’il traverse.
Ce ne sont pas les événements qui «causent» la tristesse, la peur, la honte ou la colère, mais leurs interprétations, ce qu’on se raconte à leur sujet.
Oser… Faire autrement, penser autrement, questionner les règles établies, c’est vivre une vie choisie plutôt qu’une existence étriquée!
Accepter ce qui est
«Vivre» plutôt qu’exister, c’est «accepter sa vie», c’est choisir de vivre chaque instant en faisant le maximum de bien au maximum de gens, avec joie et en ayant le minimum d’attentes à leur égard.
Toute vie humaine est une suite d’étapes, de moments de peine et de moments de joie, de stabilité et de changements, de stagnation et de croissance.
Accepter ce qui est, c’est le secret de toutes les renaissances, de tous les progrès, de toutes les découvertes.
Que de drames psychologiques on pourrait éviter si l’on savait écouter, partager, dire et expliquer!
Personne n’a le droit de juger la trajectoire de vie de qui que ce soit car il y a tant d’inconnues, tant d’éléments qui forgent un destin, comme la génétique, la généalogie, l’éducation, les circonstances, les rencontres, la présence ou l’absence de spiritualité.
La vie… se présente à chacun de nous avec cette invitation à être tout ce que l’on peut être en tant qu’individu unique et irremplaçable dans un instant unique et fugace!
Prendre la responsabilité de sa vie
Chacun est concerné par l’avènement d’une société plus humaine et plus juste. Si ce n’est pas vous, qui? Si ce n’est pas aujourd’hui, quand? Si ce n’est pas ici, où?
Prendre le pouvoir sur sa vie, cela commence par une intention, puis par une décision suivie de petits pas dans la direction choisie.
Toute vraie relation comprend deux personnes qui ont si possible quelque chose à donner, quelque chose à offrir: une présence positive, une capacité d’écoute de l’autre, une ouverture à ce qui est différent, à ce qui est inattendu, une absence de préjugés et de critiques vis-à-vis de l’autre, de celui qu’on espère rencontrer.
Prendre le pouvoir sur sa vie, c’est accepter son passé, l’empêcher de contrôler notre vie. Chaque jour, chaque nouveau matin représente une nouvelle possibilité de changer quelque chose, d’avancer ou de décider.
Le vrai pouvoir n’est pas un pouvoir sur les autres, cela n’a rien à voir avec le contrôle ou la manipulation. C’est une qualité intérieure qui inclut la sensibilité, la tendresse et la compassion pour soi-même et pour ceux qui nous entourent.
S’engager
Il y a une abondance d’opportunités ; par contre, il y a une pénurie de gens capables de les saisir, de s’engager et de risquer.
Modifier quelque chose dans sa vie implique une démarche intérieure: prendre conscience de ce qui est à changer, clarifier le résultat qui est à créer, reconnaître ses propres ambivalences et ses craintes à propos du changement.
Tout engagement comporte un risque, c’est un pari sur l’inconnu.
Se posent alors les questions suivantes:
Devant toutes les souffrances, les violences et les dégradations, une question se pose: comment puis-je m’engager pour qu’elles diminuent?
Persévérer
Quoi qu’il se produise dans ma vie, je saurai y faire face. J’apprendrai, je grandirai et je trouverai un moyen d’enrichir ma vie à partir de cette difficulté.
L’être humain est fait pour être «en route». Il est fait pour croître et pour se dépasser.
Prendre la responsabilité de sa souffrance, l’accueillir, l’apprivoiser, la transmuter par cette alchimie extraordinaire qui permet de se servir du malheur pour donner du sens à sa vie!
Persévérer, c’est accepter, assumer et transformer ce qu’il nous est donné de vivre.
Donner du sens à sa vie
Rien n’est jamais joué, rien n’est totalement prévisible! À tout instant, tout peut basculer dans une direction inattendue! À nous d’y donner une signification.
La vie n’est jamais absurde, elle nous invite à être tout ce que l’on peut être en tant que personne unique et irremplaçable.
Donner du sens à sa vie, c’est aussi et surtout donner du sens à chaque instant vécu, à chaque minute de vie, c’est vivre en état d’éveil.
À n’importe quel moment, jusqu’à son dernier souffle, l’être humain peut «s’éveiller» et donner du sens à sa vie.
Vivre dans la gratitude, la confiance et l’humilité
Vivre pleinement, ce n’est pas accomplir de grandes choses, c’est de faire en pleine conscience ce que l’on peut, là où on se trouve.
On peut d’instant en instant, célébrer ce que la vie nous offre, remercier, partager, croire en soi, faire confiance, s’ouvrir à ce qui est plus grand que nous et parvenir plus souvent à la sérénité et à la joie.
Vivre, c’est avoir à lâcher prise, à quitter, à perdre, à dire souvent «bonjour» et «adieu» aux gens, aux lieux et aux situations.
Se renouveler, c’est être capable de se laisser remplir par la gratitude, d’ouvrir ses yeux et son esprit à tout ce qui naît, à tout ce qui vit autour de nous, et être dans la joie pour cette possibilité qui est la nôtre d’en être cocréateur.
Connaître l’amour inconditionnel et la compassion
Être concerné par l’autre, faire de chaque contact humain une vraie rencontre dans laquelle l’autre est accueilli, écouté, accepté, cela peut donner du sens à toute vie.
Aimer, c’est être ouvert à l’autre, c’est être là pour lui, pour l’écouter, pour l’encourager et pour l’accompagner.
Être concerné par l’autre, c’est ce qui peut donner une signification profonde, un sens à chaque instant de vie.
À la fin de notre vie, nous n’emporterons rien avec nous. Il ne demeurera de notre passage que les liens que nous aurons créés et l’amour que nous aurons donné.
Jamais on ne saura à quel point un sourire, une parole et un acte d’amour accompli dans l’instant qui passe peuvent être importants pour quelqu’un qui se trouvait là.
L’écoute réelle va droit à l’être, elle est un don: le don d’être là, d’être présent.
Perdre, c’est passer par une crise, c’est aussi pouvoir en sortir plus riche, plus fort, plus apte à la compassion envers les autres.
La joie se trouve dans les relations que nous créons, dans l’amour partagé, dans l’amitié et dans la compassion.
Vivre dans l’espérance
L’espoir imagine ce qui n’a pas encore été vu, trouve des options et garde une vision des possibles.
Ne parlez pas de défaites, utilisez des mots comme foi, victoire et surtout espérance.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’une des caractéristiques de celui qui espère, c’est qu’il est capable d’attendre, de repousser les assauts du désespoir. C’est dans cette capacité d’attendre que le futur a une chance d’émerger.
Plus votre espérance est grande, plus vous donnez du pouvoir à ce qui peut croître en vous.
Espérer, c’est voir la petite pousse qui germe et imaginer déjà le chêne qu’elle peut devenir.
Espérer, c’est s’ouvrir au miracle, à l’inattendu, à ce qui pourrait être.
Plus l’espoir d’atteindre un but est grand, plus on agit en vue de l’atteindre.
Atteindre l’émerveillement et développer sa dimension spirituelle
Développer sa dimension spirituelle, c’est se relier à ce besoin intérieur de vivre une vie signifiante, une vie qui vaut la peine d’être vécue et, au besoin, de s’ouvrir à la dimension de la transcendance.
Saisir chaque instant dans toute sa splendeur, s’émerveiller de tout.
Être disponible à l’événement, à l’autre, à la vie et «cueillir» tous les moments de joie qui fleurissent sur nos routes!
Dépasser la solitude existentielle, c’est reprendre contact avec le Tout-Autre, quel que soit le nom qu’on Lui donne.
S’émerveiller, c’est tout d’abord revêtir les choses de beauté, puis les contempler silencieusement.
La meilleure recette pour ne jamais se sentir vieux, c’est de cultiver la capacité de s’émerveiller.
*
DEVENEZ STRATEGE DE VOTRE VIE d'Olivier BABEAU - Ed J-C Lattes
Émetteur du verbatim : François C.
Lutte pour la survie / C’est notre intérêt… qui nous intéresse véritablement! / Chacun plie son propre parachute avant le saut / La rivalité est inscrite au cœur de notre vie / La vie semblable à une immense vente aux enchères / Prendre la bonne décision dépend souvent d’une prise de recul face à un problème.
Ch. 1 Voyez la vie de façon stratégique
La stratégie est au cœur de votre vie
La bonne échelle sur le bon mur au bon moment avec la bonne personne.
Stratégie: l’ensemble des pratiques et méthodes qui nous permettent de déterminer nos objectifs et de les atteindre.
Du guerrier au courtisan: la longue histoire de la stratégie
. le stratège militaire: Sun Tzu
. opportuniste et arriviste: le Prince machiavélien
. expert en dissimulation: le courtisan.
Pourquoi les maîtres en stratégie d’aujourd’hui portent un costume?
Dans quelle activité devons-nous investir nos ressources?
Quelle position souhaitons-nous occuper dans ces activités?
Quelles sont les opportunités et les menaces de notre environnement?
Quelles forces et quelles faiblesses sont les miennes face à cet environnement? Comment dois-je organiser ma vie pour atteindre mes objectifs?
Qu’est-ce qui est stratégique dans notre vie?
Vous êtes (presque toujours) responsable de ce qui vous arrive/de décisions en décisions, nous devenons ce que nous choisissons d’être/l’effet papillon: le moindre micro-événement aujourd’hui peut, par ricochets, changer notre vie de fond en comble.
Passer à côté d’un chef d’œuvre: le dur métier d’éditeur.
Provoquer les événements, forcer le destin, aller à la rencontre des choses.
Trois critères simples de décision stratégique: durée, coût, réversibilité de ma décision (caractère stratégique faible, moyen, fort).
Ch 2 Quel est mon but? l’objectif stratégique
L’entreprise et ses mille et un buts
La question du sens: une vie, mille buts
32 850 jours d’existence.
Rien de pire qu’une existence vécue sans rêve.
La véritable alternative: l’ennui ou la passion.
RSE : sens de l’engagement à long terme, respect de son entourage.
Vision/objectifs généraux/moyens employés pour atteindre les objectifs.
Ch 3 Où suis-je? le diagnostic stratégique
Comprendre son environnement: les conditions de la survie
Lost in translation: perdus dans un monde étranger.
Les 4 dimensions de l’environnement (PEST)
Politique, économique, social, technologique.
L’analyse de l’environnement
Chaque fois, les événements prennent les caractéristiques soit d’une menace, soit d’une opportunité.
Les facteurs clés de succès.
L’environnement interne: les forces et faiblesses.
Le temps, le réseau social, le patrimoine culturel.
Capacité à se concentrer longtemps, à suivre un objectif sur la durée, goût pour l’étude, audace.
L’art de transformer les menaces en opportunités et ses faiblesses en forces: déterminer sa capacité stratégique «Dans quelle mesure et de quelle façon puis-je atteindre mon objectif?»
Ch 4 Que faire? le moment périlleux du choix stratégique
Mettez votre stratégie de vie à plat
Nos cinq domaines d’activité stratégique (DAS): vie professionnelle, familiale, amicale, sentimentale, culturelle.
Pour chaque activité parmi ces cinq DAS, êtes-vous capable de déterminer un objectif? d’évaluer votre degré d’atteinte de votre objectif?
Choisissez vos activités
Importance de l’investissement dans chaque activité.
Être cohérent dans son choix d’activité.
La matrice attraits (bas, moyen, fort) - atouts (faible, moyen, fort) pour choisir une activité/les opportunités primaires sont les plus intéressantes/opportunité secondaire/se détourner des opportunités tertiaires.
Que veut-on faire? (valeurs et aspirations).
Que peut-on faire? (forces et faiblesses, ressources).
Que devrait-on faire? (opportunités/menaces environnement).
Qu’est-on autorisé à faire? (pressions des parties prenantes).
Gérer sa vie comme un portefeuille d’activité
Matrice d’analyse de portefeuille personnel d’activités: force de la position concurrentielle (atout possédé) / importance du gain réel ou potentiel associé à l’activité
Étoile ; dilemme ; vache à lait ; poids mort.
Notion de coût d’opportunité = la perte virtuelle que l’on fait lorsque l’on alloue ses ressources à une activité moins productive qu’une autre.
La roue tourne. Le cycle d’évolution des activités. Le cas d’un portefeuille personnel d’activités déséquilibré.
Construisez un avantage concurrentiel soutenable
Les 3 stratégies: prix, sophistication, focalisation/niche.
Représentation schématique de la relation inverse entre temps travaillé et prix de l’heure travaillée pour un même niveau de revenus.
Dilemme haut revenu et haut risque et bas revenu et bas risque.
Quel niveau de gain minimum voulons-nous pour quel niveau de risque?
Les conditions de création d’un avantage concurrentiel: la compétence distinctive/la rareté fait la force/la non imitabilité.
La qualification n’est une garantie de haut revenu que si elle est associée à une vraie rareté.
Pour faire durer son avantage concurrentiel, il n’existe pas d’autre solution efficace que de l’adapter en permanence.
Trouver son marché: ciblage, positionnement, marketing mix/la cohérence du mix.
Un chômeur est une entreprise sans clients.
L’étalonnage ou le benchmarking/la diversification de ses atouts.
La stratégie de niche/conformité n’est pas conformisme.
Ch 5 Comment faire? mettre en œuvre sa stratégie au quotidien
Sachez transformer la domination à votre avantage
Processus d’établissement d’une cartographie des parties prenantes:
a) établir la liste des gens qui vous environnent ;
b) déterminer le degré de convergence de leur intérêt par rapport au vôtre ;
c) déterminer le pouvoir qu’ils peuvent exercer sur vous ;
d) classement des parties prenantes en quatre groupes : les adversaires dominés, les adversaires dominants, les alliés dominés, les alliés dominants.
Quatre facteurs qui font que quelqu’un a du pouvoir: la position dite de «marginal-sécant» ; la possession d’une expertise ; la place dans le système d’information ; la maîtrise des règles.
Situations de répartition des pouvoirs déséquilibrée /offreurs nombreux, acheteur unique ; offreur unique, acheteurs nombreux (monopole).
Quelques conseils politiquement incorrects mais stratégiquement efficaces
Soyez égoïste!
Soyez hypocrite/la société est une mise en scène: comment être un bon acteur.
Parlez aux gens leur langue: culture et empathie.
N’ayez pas les goûts de tout le monde.
Optimisez l’utilisation de vos ressources
Bien gérer son argent et son temps.
Le syndrome du «stuck in the middle», autrement dit «coincé au milieu».
Chaque entreprise se bat pour qu’aucune journée ne soit jamais la dernière.
Les sept petites leçons de stratégie de l’empereur
- Ne faites pas l’économie de bases solides.
- De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.
- Retourner les menaces à son avantage et endurer la traversée du désert.
- Adapter en permanence sa stratégie.
- Être le meilleur ne suffit pas. «Bien, bien, mais a-t-il de la chance?»
- Savoir jouer le tout pour le tout.
- Les faiblesses peuvent être surmontées.
Épilogue: votre vie comme une entrepriseJe sais parfaitement que l’essentiel dans la vie «est invisible pour les yeux» comme écrivait Saint-Exupéry… Cependant, quel que soit notre idéal, il a toujours besoin d’une saine gestion pour grandir et s’épanouir… Même sans aller jusqu’à des vies extraordinaires ou spécialement remarquables, il faut tout simplement beaucoup de stratégie accompagnée de réalisations dans la direction choisie pour vivre une vie heureuse et épanouie d’être humain.
*
LA MERE MORTE de Blandine de CAUNES - Ed. Stock 2020
Émetteur du florilège : François C.
On réalise qu’on est entrées dans un nouveau monde et que nous allons devoir réorganiser la vie de maman.
Hier, une reine du monde, aujourd’hui une vieille femme qui perd la tête et qu’on n’invite plus nulle part.
Je suis toujours partagée entre l’admiration et l’irritation devant sa façon de nier la réalité. Même si je suis bien obligée d’admettre que cela ne lui a pas si mal réussi…
Difficile d’exister en face d’une femme qui signait ses lettres Bételgeuse, du nom de l’étoile la plus brillante de la constellation d’Orion: mille fois plus grosse que le Soleil, et cent mille fois plus lumineuse.
Benoîte G. «Dans la vie, deux mondes se côtoient: celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir. Ils ne parlent plus la même langue. Ils se croisent sans se voir.»
D’accord, on est une lignée de mères fortes et ce n’est pas évident de trouver sa place. Maman a connu ça, et moi aussi avec elle. Mais il faut bien digérer sa mère, un jour!
Ce qui est horrible dans ces fins de vie, c’est qu’on ne sait plus ce qu’on doit souhaiter: que ce soit vraiment la fin ou encore un sursis. Mais un sursis pour quoi? Pour cette non-vie qui est la sienne maintenant?
La mort de ses parents, c’est le premier coup de tocsin: on découvre qu’on est mortel, et en première ligne désormais.
Assister à la dégringolade de sa mère, c’est épuisant. Physiquement et psychiquement.
Le reste du temps, elle est rivée devant l’écran de la télévision, comme hypnotisée. Mais le seul commentaire qui lui vient est: «Pitoyable.». Tout est pitoyable: que ce soit triste, gai, intelligent ou idiot, c’est pitoyable. Comme elle?
Fatiguée… Un mot qu’elle ne prononçait jamais, elle l’infatigable qui menait de front toutes ses vies. Femme mariée, femme adultère, mère, écrivaine, journaliste, militante féministe et socialiste, jardinière dans ses trois jardins –en Bretagne, à Hyères, en Irlande-, épistolière, excellente cuisinière, amatrice éclairée de whiskys single malt, bricoleuse, décoratrice, amie fidèle… Maman et son énergie sidérante, son amour de la vie jamais démenti, même dans les moments les plus sombres.
Non, je ne suis pas admirable de dévouement, mais je ne trouve pas admirable d’être admirable dans l’oblation totale, le sacrifice de soi et de sa propre vie.
Hier au téléphone, maman a dit à Lison, entre deux borborygmes: «Je suis incarcérée.» C’est triplement vrai: elle est à l’hôpital, elle est attachée, et elle est prisonnière de son corps et de la vieillesse.
C’est étrange de la voir si calme, si obéissante. Elle est à des années-lumière d’elle-même. Et de nous.
J’admire la façon dont elle s’est battue contre le chagrin et la culpabilité d’être en vie: on se sent toujours coupable de survivre à ceux qu’on aime, surtout à son enfant, même si c’est plus ou moins conscient.
La mort d’un enfant, c’est une perte vertigineuse. Je ne sais pas encore si on s’en remet. Ce que je sais, c’est qu’elle a emporté une part saignante de moi.
Violette est tout le temps avec moi: je suis amputée et j’ai mal à elle, comme on a mal, paraît-il, au membre perdu. C’est ce qu’on appelle les douleurs fantômes.
Il y a deux mois, j’enterrais ma Violette. Tout ce travail que représente l’éducation d’un enfant: les angoisses, les bonheurs, l’interminable crise d’adolescence qu’on finit par surmonter, tout est réduit à néant.
Volées, nous sommes volées: toi de ta vie, moi de toi et je suis en deuil de notre avenir, beaucoup plus que de notre passé. Il y a tant de choses que j’aurais voulu te dire encore ; tant de choses à partager que nous ne partagerons pas.
Oui, le chagrin ronge comme le petit renard du Spartiate ronge son ventre. Personne ne voit rien, mais le travail de destruction est à l’œuvre, souterrainement. Oui j’ai peur que ce chagrin devienne un cancer qui rongera mon corps.
Évidemment, tu as fini par mourir, maman. On a beau s’y attendre et, dans notre cas, le savoir, le vouloir, c’est un choc ce moment où on contemple la mort qui a pris possession de l’être aimé… Il est si ténu ce passage où en une seconde on est précipité dans un autre temps, un autre univers.
Je suis enragée que tu ne sois plus là pour jouir de la beauté du monde: un sentiment d’injustice d’une force inouïe me terrasse alors.
Ma fille Violette est la première, et la seule personne au monde pour qui j’aurais donné ma vie sans hésiter une seconde.
J’ai expliqué à Clémentine que j’avais besoin d’affronter mon chagrin et que je ne croyais pas qu’on puisse faire l’économie de ce parcours du combattant.
J’ai traversé une terrible tempête, j’ai parfois cru que j’allais chavirer corps et âme, mais je nage maintenant dans des eaux plus sereines. Maman et Violette sont là, je sens leur présence, le plus souvent bienfaisante et protectrice.
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L'incroyable voyage de Coyote Sunrise de Dan GEMEINHART - Pocket jeunesse (roman adolescents)
Coup de cœur de Stéphanie, une libraire spécialisée en jeunesse, confinée: Un superbe roman sur la puissance du lien père-fille, sur les hauts et les bas de la vie…
Un road-trip qui nous fait parcourir les États-Unis en compagnie de personnages forts et vulnérables à la fois. Ce roman nous fait rire et pleurer et nous offre surtout de très belle tranches de vies. Magnifique!
LES NOUVELLES CLÉS DE LA LONGÉVITÉ de Dr Pascal DOUEK- Ed. Leduc.s pratique
Émetteur du résumé : François C.
Partie 1 COMMENT VIEILLISSONS-NOUS AUJOURD’HUI ET POURQUOI CHANGER NOS HABITUDES?
Ch. 1 La longévité en 2019
Un patrimoine génétique spécifique, une alimentation frugale, de l’activité physique, des relations sociales, une personnalité forte et une moindre exposition aux toxiques sont aujourd’hui reconnus comme étant les clés de la longévité.
Ch. 2 Les mécanismes biologiques du vieillissement
. Le raccourcissement des télomères, biomarqueurs du vieillissement.
. Gare au stress oxydatif, déséquilibre entre, d’un côté, la production de radicaux libres et, de l’autre, la capacité de notre organisme à neutraliser ces composés avant qu’ils n’occasionnent des dégâts.
. Les mitochondries, en première ligne du processus de vieillissement.
. Le microbiote intestinal, tout un micro-univers à préserver.
Ch. 3 Tous les «bons» conseils pour vieillir plus vite et vivre moins longtemps…
. Les maladies chroniques -maladie de longue durée qui évolue lentement-, un fléau moderne.
. L’inflammation chronique à l’origine de nombreux maux.
. Le tabac tue… même à petites doses.
. L’alcool agit-il négativement ou positivement sur notre santé?
. Le sucre, lit de l’inflammation et accélérateur du vieillissement.
. Le surpoids, un état inflammatoire chronique.
. La sédentarité, facteur de risque pour de nombreuses maladies.
. Des nuits de sommeil de 7 à 8 heures en évitant par tous les moyens la fragmentation.
. Le stress, délétère à tous les niveaux.
. Gare aux toxiques environnementaux!
Partie 2 LES DÉCLICS LONGÉVITÉ POUR UN VIEILLISSEMENT RÉUSSI
Ch. 1 Déclics activité physique: les secrets pour bien bouger
- J’adopte un chien. Je gagne 10 années de vie en bonne santé.
- Je prends le vélo pour aller travailler.
- Je bannis la télévision au-delà de 2 heures par jour.
- Je lâche les écrans pour lutter contre la sédentarité.
- Je pratique au moins 30 minutes d’activité physique quotidienne.
- Je danse pour inverser le processus de vieillissement. La danse est aussi une technique prometteuse pour conserver la capacité d’équilibre.
- Je fais de l’exercice à 40-50 ans pour réduire le risque d’AVC.
- Je vis proche de la nature pour réduire le risque de maladies chroniques.
- Je marche pour prendre soin de mon cerveau.
- Je pratique la gym… faciale pour paraître toujours jeune!
- Je pratique le tai-chi pour vivre mieux et plus longtemps.
- Je me mets au régime méditerranéen (antioxydant et anti-inflammatoire) pour améliorer rapidement mes performances physiques.
- Je marche d’un pas rapide pour vivre plus longtemps.
- Je développe ma puissance musculaire et j’allonge mon espérance de vie.
- Je fais une épreuve d’effort et j’évalue mon âge physiologique.
Ch. 2 Déclics nutrition: bien manger pour préserver sa santé- J’adopte le régime méditerranéen.
- Je consomme des oméga 3 en prévention de la maladie d’Alzheimer.
- Je consomme de la viande rouge avec modération.
- Je mange des noix.
- Je me mets au régime nordique, bon pour le cœur.
- J’élabore mes repas en fonction de mon microbiote.
- Je pratique la restriction calorique, source de longévité.
- Je mange du chocolat noir composé d’au moins 70% de cacao.
- Je mange des pruneaux pour protéger mes os.
- Je consomme bio!
- Je ne saute pas le petit-déjeuner!
- Je consomme des bonnes matières grasses.
- Je bois du jus de grenade pour vivre plus longtemps.
- Je bois du café pour réduire le risque de mortalité.
- Je consomme du curcuma au quotidien.
- Je n’oublie pas les champignons (cèpes, de préférence), les champions anti-âge.
- Je consomme du vinaigre pour calmer l’inflammation digestive.
- Je stoppe les boissons sucrées pour vivre plus longtemps!
- Le brocoli, le super aliment à privilégier.
- Mangez des myrtilles, c’est bon pour votre cœur.
- Je restreins ma consommation d’aliments ultra-transformés.
- Je bois du thé vert et je réduis mon inflammation.
Ch. 3 Déclics cérébraux: Tout pour être bien dans sa tête- Je médite pour ralentir le vieillissement cérébral.
- Garder un cerveau jeune passe par son niveau d’éducation et d’activité physique.
- Je fais de la musique pour rester jeune.
- Je conduis, mais pas trop!
- Je fais des mots croisés pour gagner 10 ans d’âge cérébral.
- Je jardine parce que c’est bon pour mon cerveau.
- Je cultive mon bien-être.
- Je m’occupe des autres pour moins stresser.
- J’apprends une nouvelle langue et je ralentis le vieillissement de mon cerveau.
- 20 minutes d’immersion en pleine nature et je contrôle mon stress.
- Pratiquer une sieste par jour pour réduire la pression artérielle.
- Avoir un projet de vie favorise la longévité. L’ikigai se définit comme l’art de vieillir en restant jeune.
Ch. 4 Déclics activités sociales: une vie active pour mieux vieillir!- J’entretiens mon réseau d’amis pour rester en bonne santé.
- Je mène une vie sociale riche, c’est bon pour mon cœur.
- Je participe activement aux activités sociales pour un vieillissement réussi.
- Je vais régulièrement à des expositions et je réduis mon stress.
- Être heureux en couple est bon pour le cœur.
Ch. 5 Déclics sexualité: prendre du plaisir pour bien vieillir!- Je fais l’amour toutes les semaines pour vivre plus longtemps.
- Plus je fais l’amour, plus je renforce mes performances cognitives!
- Je ne réduis surtout pas mes rapports sexuels avec l’âge.
- Je fais l’amour régulièrement pour prolonger mon espérance de vie.
Ch. 6 Déclics experts: des conseils avisés pour une longévité en bonne santé!- Les déclics activité physique: bien bouger (conseils d’un coach sportif).
- Les déclics nutrition: bien manger (conseils d’un chef cuisinier).
- Les déclics yoga: adopter les bonnes postures (conseils d’une professeure de yoga).
- Les déclics méditation: prendre soin de son cerveau (conseils d’une experte méditation).
Ch. 7 La longévité, c’est bien ; être autonome le plus longtemps possible, c’est mieuxLa perte d’autonomie, ou dépendance, se définit par l’impossibilité pour une personne d’effectuer par elle-même certains actes de la vie courante, dans son environnement habituel.
- Développer sa réserve cognitive pour prendre soin de son cerveau.
- Réduire ses facteurs de risque pour prendre soin de son cœur.
- Bien manger et bien bouger pour réduire le risque de perte de mobilité.
- Bien voir et bien entendre pour prendre soin de son capital sensoriel.
Partie 3 POUR ALLER PLUS LOIN…Ch. 1 Quel est l’avenir de la recherche à propos de la longévité?
- Les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives).
- Les médicaments longévité.
- Longévité et immortalité : le transhumanisme.
Ch. 2 Quelle sera la médecine de demain?- Que nous promet la technologie ?
- La médecine des 4P (prédictive, préventive, personnalisée, participative).
- L’intelligence artificielle au service de la médecine.
Ch. 3 Le business de la longévitéEn 2050, la France comptera 20 millions de personnes de plus de 65 ans…Développement de deux catégories de seniors : une population de retraités, actifs et en bonne santé ; une population de personnes en perte d’autonomie.
- La silver économie regroupe l’ensemble des produits et services destinés aux seniors de plus de 65 ans.
- L’économie de la longévité.
Blog du Dr Pascal DOUEK
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L’ALERTE DEMOCRATIQUE de Nicolas BAVEREZ - Ed. de L’Observatoire
Émetteur du verbatim : François C.
Ch. 1 Quand le populisme avance masqué
À la suite de quatre décennies d’un interminable déclin, la France cumule en effet tous les risques ; stagnation économique et chômage de masse ; paupérisation des classes moyennes ; fracture sociale et territoriale ; désarroi identitaire ; montée de la violence et de l’insécurité ; délégitimation des institutions et de la classe politique.
Il existe désormais plusieurs peuples et plusieurs catégories de territoires qui n’ont plus rien en commun: la France des métropoles intégrée dans la mondialisation ; la France protégée qui dépend de la dépense publique et en vit de plus en plus mal ; la France périphérique des exclus, qui regroupe les ghettos urbains, les régions désindustrialisées et une majorité du monde rural ; la France de l’anomie ou de la violence, qu’elle soit terroriste ou de droit commun.
La dépense publique continue à dépasser 56% du PIB tandis que les impôts, prélèvements et taxes s’élèvent à 53% du PIB… La nature de la dépense publique est par ailleurs de plus en plus déséquilibrée, puisque l’ascension des transferts sociaux (34% du PIB) va de pair avec la paupérisation de l’État régalien, dont le rôle est vital pour le maintien de la paix civile et la défense de la souveraineté dans une période de remontée de la violence et des risques stratégiques.
Dans l’ordre politique, la paupérisation des Français, l’éclatement de la société, la montée de l’insécurité et le blocage de la Vème République, conjuguant autoritarisme et impuissance, ont entraîné le retour en force du nationalisme, du protectionnisme et de la xénophobie, sur fond de dénonciation du capitalisme mondialisé, de peur des migrants et de l’islam.
La France n’est pas une île préservée de la tempête qui ravage les démocraties. Le populisme y est chez lui. Il a contribué à dissoudre la République en transformant la nation en une myriade de communautés, de corporations et de groupes d’intérêts n’ayant plus de lien entre eux. Il s’attaque maintenant à la liberté sous toutes ses formes.
Ch. 2 La tentation du renoncement
La démocratie est un miracle politique instable et précaire. Elle ne peut se maintenir que par un effort permanent des dirigeants et des citoyens… Elle meurt de l’intérieur quand les citoyens arbitrent en faveur de l’autoritarisme contre la liberté, du désengagement contre la nation, de la violence contre le débat public, de la peur contre la raison, du mensonge contre les faits.
Face à l’emprise d’un État gigantesque et ligoté par sa complexité et sa démesure, la société française reste désarmée. Dans cet archipel éclaté qu’elle est devenue, de plus en plus nombreux sont les communautés, les groupes, les corporations ou les entités économiques qui font sécession.
Il existe aujourd’hui 900 zones de non-droit sur le territoire national qui vivent de l’économie parallèle et des transferts de l’État providence, et où l’autorité publique a disparu, remplacée par la loi des gangs et du fondamentalisme islamique.
La fiscalité française est la plus lourde, la plus progressive et la plus redistributive du monde développé… La solidarité ne manque pas de moyens puisqu’elle absorbe 34% du PIB… Son expansion s’est effectuée au détriment de l’Etat régalien -police, justice, défense et diplomatie-, qui ne se voit affecter que 2,8% du PIB.
Tout ce qui réfléchit et qui raisonne, tout ce qui instruit et qui cherche, tout ce qui tempère et qui modère est réputé défendre les intérêts d’une oligarchie honnie. Tout ce qui s’indigne et qui proteste, tout ce qui met en scène les émotions et la colère brute, tout ce qui casse et qui violente est censé exprimer une «urgence citoyenne» au service d’un peuple édifié pour les besoins de la cause… Nous avons laissé la peur et le mensonge gangrener notre société.
Ch. 3 Le peuple contre la liberté
À l’égal des totalitarismes du XXème siècle, les populismes entendent créer un nouveau type de régime politique qui a vocation à se substituer à la démocratie et non pas à la gouverner autrement.
La crise mondiale de la démocratie est la plus sérieuse depuis les années 1930, car le populisme, comme les idéologies totalitaires, pervertit ses valeurs… Il promeut des solutions simples aux problèmes complexes, qui passent par la désignation de boucs émissaires, notamment les étrangers et les migrants, mais aussi les riches et les banques, les élus ou l’Union européenne. Au nom de l’urgence, qu’elle soit nationale ou sociale, technologique ou écologique, elle assume le recours à la tyrannie d’un homme fort entre les mains duquel les citoyens remettent tous les pouvoirs.
La colère des peuples dans laquelle s’enracine le populisme renvoie à quatre séries de causes systémiques: la rupture du contrat économique et social qui sous-tendait la démocratie ; le désarroi culturel et identitaire ; la montée de l’insécurité et de la violence ; la défiance envers les institutions et les dirigeants politiques, nourrie par la conviction de leur impuissance face à la décomposition interne comme aux menaces émanant des démocratures et du djihadisme.
À long terme, les populistes ne laisseront effectivement que des décombres. Leurs promesses se révèlent systématiquement fausses, car le pouvoir absolu, s’il supprime effectivement la liberté, ne produit à terme que la pauvreté et l’anomie, l’oppression et le désespoir.
Aujourd’hui, comme dans les années 1930, une course de vitesse est lancée entre la capacité des démocraties à désarmer le populisme en se réinventant et les ambitions de puissance des régimes politiques se fixant pour objectif de les détruire. Son issue est incertaine et sera tranchée au sein des nations libres, suivant que leurs citoyens s’abandonneront aux passions collectives, à la séduction de la démagogie et à la tentation autoritaire, ou bien se ressaisiront pour réaffirmer leur ancrage dans la raison et leur choix de la liberté.
Ch. 4 Les guerres du droit
L’État de droit est une condition nécessaire à la liberté politique, mais aussi l’instrument d’une politique de puissance poursuivie par d’autres moyens. Les États-Unis, pour l’avoir compris depuis longtemps, utilisent toutes les ressources du mercantilisme juridique et fiscal.
Le massacre de Tian’anmen n’a pas été un accident, mais la pierre d’angle d’un modèle original, combinant développement économique à marche forcée et stabilité politique d’une part, hyper-nationalisme et négation de la liberté d’autre part.
Sous la mondialisation de l’économie et l’interconnexion des hommes et des sociétés, le système géopolitique a ainsi éclaté en pôles dont les institutions, mais aussi les cultures et les valeurs sont irréductiblement divergentes, voire antagonistes pour ce qui est du respect du droit et des libertés individuelles.
Outre les États-Unis et la Chine, le renouveau impérial, antagoniste de l’État de droit, se trouve également au principe de la Russie de Vladimir Poutine, de la Turquie de Recep Erdogan ou de la république islamique d’Iran.
Internet s’est développé en dehors du droit en engendrant deux monstres: l’oligopole des Gafam aux États-Unis ; le totalitarisme numérique chinois autour de Baidu, Alibaba, WeChat, Tencent ou Huawei… Les géants numérique ont conquis le monde en marge du droit du travail, du droit de la propriété intellectuelle, du droit de la concurrence, du droit fiscal, du respect des libertés individuelles comme de la souveraineté des États.
L’Union européenne s’est découverte désarmée face à l’annexion de la Crimée par la Russie puis son intervention en Ukraine, à la transformation de la Turquie en démocrature islamique, à l’implosion du Moyen-Orient et de la Libye, à la multiplication des attentats islamistes ou aux vagues de migrants.
L’Europe joue aujourd’hui sa survie… le défi consiste à réinventer l’Union autour de sa souveraineté juridique, fiscale, technologique et monétaire.
Ch. 5 Le spectre des années 1930
Au cours de la décennie 1930… la conjonction du krach le plus dévastateur de l’histoire du capitalisme, de la prise en tenaille par les totalitarismes soviétique, fasciste et nazi et de son dénouement par la Seconde Guerre mondiale reste une tragédie sans équivalent.
Le spectre des années 1930 hante les démocraties. Elles sont en effet confrontées à des forces similaires à celles qui contribuèrent à la tragédie de l’entre-deux-guerres et qui sont précisément celles qui portent les populismes.
Le retournement de la mondialisation va de pair avec l’exacerbation des sentiments identitaires. Or ceux-ci se confondent avec le nationalisme, le fanatisme religieux et le racisme, comme l’avaient annoncé les guerres de l’ex-Yougoslavie.
Les démocraties disposent aujourd’hui de toutes les ressources pour se réinventer. Il ne dépend que d’elles de répondre à la nouvelle lutte des classes par l’éducation, à la paupérisation des classes moyennes par une croissance inclusive, à la violence par un investissement massif dans la sécurité, à la crise de confiance dans les institutions par une démocratie participative et par le renforcement de l’État de droit. Mais pour cela, elles doivent résister au poison populiste qui se diffuse dans toutes les parties de l’économie, de la société, de la vie intellectuelle et politique.
Ch. 6 Le monde d’après l’Occident
Les démocratures… conjuguent le pouvoir d’hommes forts, l’exaltation des sentiments nationalistes et religieux, la manipulation de l’opinion par la propagande, le contrôle de l’économie, de la société et des médias… La dissémination de la puissance va de pair avec la prolifération de la violence, qui se traduit par la multiplication des crises et des conflits hybrides mêlant guerre civile, tribale, religieuse, interétatique et impériale, à l’image des tensions croissantes en mer de Chine, du chantage nucléaire de la Corée du Nord, de l’escalade de la violence au Moyen-Orient, de la poussée djihadiste en Afrique ou des pressions de la Russie sur l’Europe.
Le défi lancé par la Chine à l’Amérique et à l’Occident est sans exemple, car il est à la fois économique et technologique, politique, idéologique et civilisationnel.
Donald Trump accélère formidablement le déclin des États-Unis… Son imprévisibilité et sa diplomatie du chaos ont transformé les États-Unis de garant des démocraties en facteur d’incertitude qui accroît les risques globaux… Aucun des bras de fer engagés avec la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord ou le Venezuela ne s’est dénoué à l’avantage de Washington.
L’Europe ne cesse de se diviser et de se déchirer, du Brexit à la question de l’euro, en passant par les migrants ou la sécurité… Elle possède en revanche la dimension idéale pour répondre aux enjeux globaux de l’ère de l’histoire universelle, qu’il s’agisse de mouvements migratoires, de changement climatique, d’énergie, de révolution numérique, de sécurité face au djihadisme et aux démocratures.
Ch. 7 La démocratie n’est pas morte
Au total, l’islam politique se réduit à une culture de la pauvreté, de l’oppression et de la mort, à l’opposé d’un projet de civilisation.
Le prix de l’impérialisme russe est plus que jamais exorbitant… L’exaltation nationaliste et la dénonciation de l’Occident peinent à convaincre une population paupérisée et surendettée à hauteur de 210 milliards de dollars, exposée à la progression de la violence et excédée par une corruption endémique… Au total, Vladimir Poutine acte un nouvel et tragique échec de la modernisation de la Russie.
La contre-révolution nationaliste, islamique et raciste engagée par Recep Erdogan est promise à l’échec… La Turquie va au-devant d’une crise financière, économique et sociale majeure.
Les dirigeants populistes sont rapidement rattrapés par la réalité quand ils exercent le pouvoir. Leurs mensonges et leur irresponsabilité conduisent inexorablement à l’échec et au chaos, qu’ils tentent de surmonter en surenchérissant dans la démagogie et la violence.
Sous la guerre des civilisations, des cultures et des religions, la liberté politique, en tant qu’elle permet aux individus et aux nations de décider de leur destin, reste une idée neuve au XXIème siècle.
Les nations libres sont certes entrées dans un monde dangereux et volatil, auquel elles ne sont pas préparées. Elles sont vulnérables en raison de leurs faiblesses intérieures, de leur désunion, de la déliquescence du leadership américain. Mais contrairement aux théocraties, aux totalitarismes et aux démocratures, elles disposent de la capacité de se réinventer en tablant sur le travail, la créativité et la volonté de leurs citoyens.
Ch. 8 Réinventer la démocratie
Le seul véritable antidote aux démocratures, au fanatisme religieux et au populisme, c’est la liberté politique. Mais elle reste à réinventer dans l‘âge de l’histoire universelle.
Les termes du pacte démocratique doivent être redéfinis en répondant à quatre questions majeures: comment refaire une communauté de citoyens? Quel nouveau contrat économique et social? Comment basculer d’un capitalisme de rente et de prédation à une croissance soutenable? Comment restaurer la sécurité dans le respect de l’État de droit?
Les réseaux sociaux se révèlent de plus en plus comme une arme de destruction massive de la démocratie en favorisant la diffusion d’une information manipulée auprès de chaque citoyen.
La décomposition des classes moyennes sous l’effet de la mondialisation, de l’ubérisation et de la robotisation représente une menace majeure pour la survie de la liberté politique et de l’économie de marché. La violence reste condamnable, mais le désespoir qu’elle exprime doit être entendu.
Trois défis se présentent devant les sociétés libres: évoluer vers une croissance inclusive afin de renouer le tissu social et territorial des nations déchirées ; accompagner la révolution numérique en évitant la brutalité et la misère générée par le passage de l’économie agricole à l’ère industrielle ; accélérer la transition écologique.
Ainsi, l’Europe -qui se voulait exemplaire pour l’écologie- a fait naufrage, conjuguant bulle spéculative autour des énergies renouvelables, explosion des prix pour les consommateurs, affaiblissement de la compétitivité des entreprises, arrêt de la baisse des émissions du fait de la lignite allemande et renforcement de la dépendance énergétique, notamment à l’égard du gaz russe.
L’écologie doit donc cesser d’être une idéologie pour prendre la forme d’une stratégie soutenable… On ne sauvera pas la planète contre l’économie marchande, mais avec elle, en réalignant capital humain, capital économique, capital financier et capital environnemental.
Les démocraties se sont laissé saisir à la gorge par l’histoire du XXIème siècle et les risques qui lui sont propres, qu’il s’agisse de la régulation du capitalisme, de la réponse aux défis de la révolution numérique et de la transition écologique, des menaces nouvelles pour la liberté que représentent les démocratures et le djihadisme… Les démocraties doivent aujourd’hui se réarmer non seulement sur le plan militaire, mais plus encore sur les plans politique, intellectuel et moral.
Ch. 9 Refonder l’Europe comme puissance
Les Européens ne peuvent rester dans le déni des transformations du monde et de la dégradation de leur environnement. Le décrochage actuel de l’activité, venant après une décennie perdue, souligne le risque de japonisation de la zone euro, cumulant stagnation, déflation, sous-investissement chronique et faillite du secteur financier.
L’Union n’a jamais été aussi impuissante et clivée entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. Et ce d’abord en raison du couple franco-allemand, qui se refuse à trancher le nœud gordien en accélérant l’intégration du continent pour restaurer sa souveraineté. Or ce couple, s’il n’est plus suffisant, reste nécessaire à toute relance de l’Europe.
Le modèle français hérité des Trente Glorieuses qui conjugue croissance atone, chômage de masse et dette publique de 100% du PIB est insoutenable.
Cette vague migratoire représente une arme redoutable entre les mains des djihadistes, mais aussi des démocratures russe et turque, qui se servent des migrants comme d’une arme de déstabilisation et de chantage.
L’Union crée trop de normes et ne produit pas assez de sécurité. Aujourd’hui, la priorité doit aller à l’élaboration et à la déclinaison opérationnelle d’une Europe de la sécurité… Une Union pour la sécurité devrait être fondée, avec pour missions la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures vitales, la cyberguerre et surtout le contrôle des frontières extérieures de l’Union, qui constitue une demande expresse et légitime des citoyens.
L’Europe doit passer des mots aux actes pour transformer en chances les risques qui découlent des menaces des démocratures et du djihadisme, mais aussi de la fin du leadership américain et du Brexit. Elle doit faire émerger une réponse partagée aux grands enjeux du XXIème siècle: la confrontation entre les États-Unis et la Chine, l’émergence de l’Asie face à l’Occident, le défi des démocratures et de l’islam radical, l’explosion démographique de l’Afrique et les migrations, la démondialisation, la révolution numérique et le dérèglement climatique… Elle doit se réinventer au XXIème siècle autour de la souveraineté et de la sécurité. Non dans l’ambition de dominer le monde du XXIème siècle, mais avec la volonté de défendre, face aux empires, ses valeurs et sa conception modérée, solidaire et humaniste de la liberté.
Conclusion Retrouvons foi dans la liberté !
Le succès n’est pas garanti: tout ou partie des démocraties peuvent disparaître, happées par la violence et le chaos. Les risques de rupture brutale sont très réels, qu’il s’agisse d’un nouveau krach financier, d’une implosion de la zone euro, suivie de près de celle de l’Union européenne, de la perte de tout contrôle des dérèglements climatiques ou bien encore de conflits armés majeurs.
«Se reposer ou être libre, il faut choisir», rappelait Thucydide. Le temps des rentiers est terminé. Dire adieu au travail, à la réforme et aux armes, c’est dire adieu à la liberté. Bienvenue donc aux artisans, aux pédagogues et aux combattants de la liberté du XXIème siècle!
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Rouge de Pascaline Nolot - Gulf Stream
Coup de cœur de Jeanne, l’animatrice de notre club de lecture:
Rouge vit à l’écart du village de Malombre, rejetée de tous depuis sa naissance à cause d’une balafre écarlate sur son visage. Trouvant refuge dans les écuries de l’auberge à la tombée de la nuit, Rouge vit tant bien que mal aidée du Père François et de son seul ami, Liénor. Les villageois superstitieux sont donc soulagés de la voir enfin partir suite à ses premières règles, espérant ainsi mettre le Malin aux portes du hameau. En effet, depuis tout juste treize ans, toutes les nouvelles jeunes femmes sont envoyées dans les bois jusqu’à la maison de Grand-Mère, munies d’un panier contenant une galette de beurre. Jusqu’à présent, aucune n’est revenue. Le conte cache peut-être une plus obscure vérité…
J’ai lu beaucoup de réécritures de contes très réussies mais je pense qu’aucune ne m’a autant plue que celle là! Si le roman reprend bien sûr l’histoire du Petit Chaperon rouge, on retrouve des références à d’autres contes comme Blanche Neige ou même Hansel et Grëtel. L’histoire est très captivante et l’alternance entre flash back et narration lui donne beaucoup de rythme. On en apprend toujours davantage et les révélations s’enchainent, toutes plus scotchantes les unes que les autres!
Rouge est un personnage très attachant: sa différence et son exclusion la rapprochent du lecteur, son courage impressionne et son passé intrigue. Héroïne parfaite, elle enchaîne les affronts sans rien attendre du destin, qui s’est pourtant révélé très cruel à son égard jusqu’à présent. Si les personnages secondaires ne semblent pas avoir beaucoup d’importance au début, ils cachent presque tous un secret et se révèlent à leur tour passionnants! Les événements sont racontés sous différents angles, ce qui leur donne plus d’ampleur et les rend plus riche. Les «méchants» de l’histoire sont eux aussi très intéressants: on s’attend tout d’abord à ce que Grand-Mère soit l’incarnation absolue du mal mais elle se révèle très nuancée.
Derrière un simple conte se cache une histoire bien plus complexe qu’il n’y parait et une dénonciation d’horreurs qui restent malheureusement très actuelles… Des sujets qui peuvent être délicats à traiter avec un public un peu jeune sont ici très bien abordés. Des scènes dures sont narrées mais l’horreur éprouvée par le lecteur est compensée par un univers merveilleux qui permet de dédramatiser un peu les événements. Le message transmis donne beaucoup de force au roman, ainsi qu’une dimension engagée. De plus, l’histoire est très bien écrite et les nombreuses rimes à l’intérieur des phrases donnent une singulière dynamique au texte.
Rouge est donc un roman qui m’a fait réfléchir: derrière des allures de conte pour enfant se cache une vérité beaucoup plus sombre qui traduit le fort engagement de l’auteure. La fin de l’histoire, en plus d’être une délicate conclusion, est une belle invitation à l’acceptation et à l’ouverture d’esprit! Bonne lecture! 
Ose! Tout le monde peut devenir entrepreneur de Alexandre Mars - Flammarion
Émetteur du verbatim: François C.
1. Eurêka! n’existe pas
La liste de tes idées
Trois questions: 1. Le marché est-il suffisamment important? 2. Est-ce que j’ai une vision suffisamment claire du produit que je veux proposer? 3. Y a-t-il des contraintes, des raisons pour lesquelles je ne peux pas faire aboutir cette idée ?
«S’il n’y a pas de concurrence, il est possible qu’il n’y ait pas de marché.»
2. Une seconde avant les autres
Intuition: la capacité d’être en permanence en état de veille, d’éveil, d’écoute et de perception des éléments partiels, fragmentaires, voire anecdotiques, autrement dit des signaux faibles que nous livre en permanence notre environnement.
«La seconde avant les autres». C’est elle qui nous guide pour faire encore mieux, qui nous pousse à nous challenger, à nous dépasser, à nous améliorer, à être très agile au risque de vivre en permanence dans une zone d’inconfort, dans un équilibre souvent compliqué à maintenir.»
«Un entrepreneur, ça agit, ça se trompe, ça étudie le marché, ça évolue, ça se repositionne, ça pivote, ça teste et ça échoue, et puis un jour, quand c’est le bon moment, ça teste et ça réussit.»
3. Socrate, Confucius et les trottinettes
Aujourd’hui, le phénomène de la simultanéité des découvertes et inventions peut presque être touché du doigt.
«Celui que l’on considère être «le premier» est de plus en plus rarement celui qui a inventé l’idée. Il est celui qui a inventé la manière de la populariser juste avant les autres, mais pas trop tôt non plus.»
4. La théorie des 10 000 heures
Les futurs maestros totalisent chacun 10 000 heures de pratique; les bons violonistes atteignent les 8 000 heures, et les futurs professeurs de musique ne dépassent pas les 4 000 heures.
C’est l’effort et lui seul qui déterminera sa progression. Autrement dit, le sommet ne peut être atteint sans un labeur acharné, largement supérieur à la moyenne.
«Ton temps est précieux, ne le perds pas dans des choses inutiles ou qui ne te font pas vraiment plaisir. Garde-le pour l’essentiel.»
5. 100% des gagnants ont tenté leur chance
Ceux qui tentent leur chance ne sont pas tous nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Au contraire, ce sont souvent ceux qui n’ont pas eu, au départ, toutes les chances. Qui n’ont pas grandi dans la ouate. Ils n’ont pas forcément eu faim, mais ils ont traversé des épreuves qui leur ont appris à courir plus vite que les autres, à endurer le stress, les déceptions, l’abandon, le frigo vide malgré les heures de boulot.
6. Design thinking et open innovation
Crée un prototype ou meurs.
La solution que tu cherches est à l’extérieur de la pièce dans laquelle tu te trouves.
7 étapes du Design Thinking: 1. Identifier sa problématique et la cadrer; 2. Lister les problèmes rencontrés jusque-là par l’utilisateur auquel tu destines ton produit; 3. Imaginer quelles solutions on peut identifier pour répondre à ces problèmes; 4.Prototyper; 5. Sélectionner; 6. Mettre en place; 7.Apprendre, apprendre, apprendre.
L’Open innovation repose sur trois éléments: le partage des informations, la coopération avec le monde extérieur et la confiance sans laquelle elle ne peut exister.
7. Assume tes faiblesses!
Qu’est-ce que je sais que je ne sais pas faire?
Quelques qualités qui sont la clé de la réussite entrepreneuriale: 1. La capacité de prendre rapidement des décisions et d’accepter d’en assumer les conséquences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises; 2. La capacité à prendre du recul pour embrasser un champ beaucoup plus large que les affaires courantes du quotidien; 3. L’aptitude à être présent sur différents fronts, même s’il n’excelle pas dans tous.
8. Seul on va plus vite, ensemble va-t-on plus loin?
Il est vrai que 60% des start-up échouent parce que les cofondateurs ne sont pas d’accord entre eux, qu’ils commencent à se disputer, que la paralysie s’installe. Il y a une toute petite fenêtre de tir qu’il faut réussir à saisir.
Penses-y avant de t’engager: l’option 50/50 n’est pas la seule qui se présente à toi.
9. SWOT: apprends à te connaître
Ôte tes œillères et apprends à t’informer, vérifie, recoupe et cherche à aller plus loin pour te tailler ta niche.
Tes forces. Tes faiblesses. Les opportunités. Les menaces.
10. Optimiste…mais jusqu’où?
Se lancer implique un optimisme chevillé au corps.
Ne te pose surtout pas la question de savoir si tu réussiras ton saut, projette-toi déjà sur le pas d’après, sur le moment où tu te relèveras.
Détermine ton terrain de jeu. Adapte tes moyens à ce terrain, sinon réduis-le à la mesure de tes moyens. A partir de cette base qui se doit d’être solide, pose la barre le plus haut possible, sois optimiste, vois grand, très grand, laisse-toi embarquer par ton rêve.
11. Quel est son nom?
Avec cinq lettres, il te reste de belles trouvailles à faire.
Note les mots que tu associes à ton produit, à tes valeurs, à ta mission, à ton ambition. Passe une demi-heure par jour sur ta liste, écris tout ce qui te passe par la tête.
12. La puissance du réseau
N’oublie pas que le réseau est une route à deux voies, non pas une rue à sens unique. Pour l’entretenir, tu dois toujours pouvoir donner quelque chose en échange, ou être prêt à le faire. Si tu te contentes de prendre ou de demander sans jamais offrir, le réseau finit par te rejeter.
13. « L’idée du siècle », c’est tous les jours
Tu ne pourras pas survivre si tu n’as pas, toi aussi, l’innovation chevillée au corps. Ton entreprise grandira avec toi. Elle évoluera toujours et tu seras capable de pivoter et de changer de cap, comme je l’ai fait.
Tout entrepreneur devrait être amené à se poser chaque matin la question : mon entreprise fonctionne bien, comment pourrait-elle fonctionner encore mieux, quitte à changer le système ?…Une fois qu’on est lancé, c’est tous les jours qu’on doit innover, s’élargir, s’ouvrir aux opportunités.
14. You pay peanuts, you get monkeys
La seule compétence exigée d’un entrepreneur est d’être un bon couteau suisse. Quitte à s’outiller sur le tas.
Je vais déléguer: ce que je ne sais pas faire, ce que je n’ai pas envie de faire et que d’autres feront mieux que moi.
15. Ne perds pas de vue ta mission
L’écrasante majorité des entreprises démarrent à la manière d’une tache d’encre: d’abord petites, elles s’élargissent plus ou moins rapidement par diffusion.
L’entrepreneur qui réussit est habité par une mission qui le pousse à aller de l’avant, encore plus loin, toujours plus loin.
16. Comment séduire un investisseur?
Ses questions avant d’investir:
. Le business model. Quel est le coût d’acquisition d’un client (CAC)? Et combien te coûte-t-il de le garder?
. La structure légale
. La taille du marché
. L’équipe
. La responsabilité sociale
. La valeur de l’entreprise et les possibilités de sortie
. Les perspectives de développement
. La différenciation et la protection
. La solidité économique
. La technologie et l’opérationnel
. La diligence juridique
. La diligence financière
Tu pousseras beaucoup de portes, tu essuieras beaucoup de refus et tu seras forcément démoralisé. Ne te laisse pas abattre ! Mets toutes les chances de ton côté et commence par sélectionner tes portes.
17. Une entreprise de son temps
1 milliard d’êtres humains vivent avec moins de 1 dollar par jour
Turkson « L’économie doit servir l’humanité au lieu de la gouverner en instaurant une croissance circulaire, durable, équilibrée et inclusive. »
Les grands industriels commencent à comprendre que s’ils ne changent pas, s’ils ne font pas des valeurs, du sens et du partage le cœur de leur métier, ils ne survivront pas.
Quand tu lances ton entreprise, intègre le bien social dans ton ADN. Sois un micro-activiste. Sinon de moins en moins de personnes te suivront.
18. J’ai échoué et tant mieux !
Nous sommes perpétuellement en apprentissage. Pour grandir, il faut passer par les erreurs, voire par les échecs.
19. Savoir-faire et faire savoir
Crée de la communication autour de tes succès, aussi infimes soient-ils: l’être humain est toujours attiré par la réussite.
20. La chance (et les moyens de l’invoquer)
Mais j’y suis aussi parvenu grâce à la culture d’une équation magique, la TPT –Team, Product and Timing, l’équipe, le produit et le moment: j’ai monté une équipe remarquable et je propose le bon produit qui évolue et se développe avec son temps. Qui a donc, forcément, toutes les chances de grandir.
21. Et maintenant?
Quand tu as le choix entre deux opportunités, par exemple vendre ta boîte ou la garder, construis un tableau à deux colonnes. Il t’évitera de dire ensuite « J’aurais dû », la pire des choses, le pire des mots.
Conclusion Call to action!
Définis ce que signifie le succès pour toi.
Ose!
*
IKIGAI - Le secret des Japonais pour une vie longue et heureuse d'Hector GARCIA et Francesc MIRALLES - Fleuve et Pocket 2017
Émetteur du résumé : François C.
PHILOSOPHIE IKIGAI L’art de vieillir en restant jeune
Vocation: Ce dont le monde a besoin.
Mission: Ce que tu aimes.
Passion: Ce dans quoi tu es bon.
Profession: Ce pourquoi tu peux être payé.
Les cinq zones bleues de la plus grande longévité:
Okinawa, Japon
Sardaigne, Italie
Loma Linda, Californie
Péninsule de Nicoya, Costa Rica
Icarie, Grèce
CLÉS ANTI-ÂGE Les facteurs quotidiens qui favorisent un long et plaisant chemin
L’une des règles essentielles pour rester jeune est de conserver un esprit actif, souple et capable de continuer à apprendre.
Le stress favorise le vieillissement cellulaire, car il altère les télomères des cellules… Plus le stress était important, plus grand était l’effet dégénératif produit sur ces cellules.
Côté positif du stress contrôlé. «Ceux qui vivent avec un faible niveau de stress s’efforcent d’avoir des habitudes saines, fument moins et consomment moins d’alcool».
La sédentarité peut favoriser l’apparition de l’hypertension, les déséquilibres de l’alimentation, les maladies cardiovasculaires, l’ostéoporose, voire certains cancers.
Les personnes qui vivent très longtemps partagent deux attitudes déterminantes: la pensée positive et un niveau élevé d’expressivité émotionnelle.
MAÎTRES DE LONGUE VIE Témoignages des centenaires d’Orient et d’Occident
Le sens de la communauté des Japonais et le fait qu’ils s’efforcent de rester occupés jusqu’à leur mort sont fondamentaux pour vivre longtemps.
Pour être toujours actifs, même quand il n’y a pas de nécessité à travailler, il faut avoir un ikigai à l’horizon, un objectif qui guide la personne tout au long de sa vie et la pousse à créer de la beauté et de l’utilité pour la communauté et pour elle-même.
DE LA LOGOTHÉRAPIE À L’IKIGAI De l’importance de trouver un sens à l’existence pour vivre mieux et plus longtemps
La logothérapie (Frankl) pousse le patient à découvrir consciemment le sens de sa vie afin d’affronter sa névrose.
Pour Frankl, l’homme qui affronte ses problèmes et transforme ses objectifs en activités pourra regarder en arrière avec sérénité en vieillissant… Il aura accumulé un ensemble d’expériences de vie qui lui prouveront qu’il a vécu par et pour quelque chose.
ENTRER DANS LE FLOW AVEC CHAQUE TÂCHE Comment transformer le travail et le temps libre en un espace de développement
. Technique 1 pour le flow: choisir un défi suffisamment ardu, mais pas trop.
. Technique 2 du flow: avoir des objectifs concrets et clairs.
. Technique 3 du flow: concentration sur une seule tâche.
Les artistes savent à quel point il est important de protéger son espace personnel, d’être à l’abri des distractions afin de pouvoir se consacrer à son ikigai.
Vacances instantanées: la méditation, une station balnéaire à disposition dans notre esprit, susceptible de nous procurer des vacances instantanées. Il s’agit simplement d’y pénétrer, ce que nous avons tous le pouvoir de faire avec un peu de pratique.
INSPIRATIONS DES CENTENAIRES Traditions et devises de vie d’Ogimi pour une existence longue et heureuse
. Une vie en communauté.
. Célébrer ensemble chaque jour.
. «Le chemin des dieux», religion première des royaumes d’Okinawa, mêle des éléments du taoïsme chinois, du confucianisme, du bouddhisme et du shintoïsme, ainsi que du chamanisme et de l’animisme.
Les interviews: 1. Ne pas s’inquiéter ; 2. Adopter de bonnes habitudes ; 3. Cultiver les amitiés chaque jour ; 4. Vivre sans hâte ; 5. Être optimiste.
LE RÉGIME IKIGAI Ce que mangent et boivent les gens les plus âgés du monde
. Les natifs consomment une grande variété d’aliments, essentiellement d’origine végétale.
. Ils mangent au moins cinq fruits et légumes par jour.
. Les céréales constituent la base du régime alimentaire.
. Ils consomment très peu de sucre sous forme directe.
. «Le ventre rempli à 80%» : la loi des 80%, concept dénommé hara hachi bu.
. Les secrets du thé vert.
BOUGER DOUCEMENT, C’EST VIVRE PLUS LONGTEMPS Exercices orientaux favorisant la santé et la longévité
. Échauffement matinal
. Yoga
. La salutation au soleil
. Taï-chi
. Qi gong
. Shiatsu
. Mieux respirer pour vivre plus longtemps
RÉSILIENCE ET WABI-SABI Comment affronter les problèmes et les changements de la vie en évitant le stress et l’anxiété, sources de vieillissement prématuré
La résilience n’est pas seulement la capacité à persévérer et à continuer à lutter à tout moment… C’est également une attitude que nous pouvons cultiver pour nous concentrer sur ce qui est important plutôt qu’urgent dans la vie, sans nous laisser mener par des émotions négatives.
L’un des mantras les plus employés dans le bouddhisme se concentre sur le contrôle des émotions négatives: Om mani padme hüm où Om est la générosité qui purifie l’ego, Ma l’éthique qui purifie la jalousie, Ni la patience qui purifie les passions et les désirs, Pad la célérité qui purifie les préjugés, Me le renoncement à la convoitise, et Hüm la sagesse qui purifie la haine.
Le wabi-sabi est un concept japonais qui enseigne la beauté de la nature périssable, changeante et imparfaite de tout ce qui nous entoure.
Un concept japonais complémentaire serait l’ichi-go ichi-e, qui pourrait se traduire par: «Ce moment n’existe que maintenant et ne reviendra pas».
L’ichi-go ichi-e nous apprend à nous concentrer sur le présent et à jouir de chaque instant unique que nous offre la vie. Aussi cela vaut-il la peine de découvrir et de suivre notre propre ikigai.
Le wabi-sabi nous apprend à apprécier la beauté de l’imparfait comme opportunité de développement.
La vie est une pure imperfection, d’après le wabi-sabi, et le passage du temps nous prouve que tout est éphémère, mais avec un ikigai défini, chaque moment recèle tant de possibilités qu’il représente une sorte d’éternité.
Épilogue IKIGAI UN ART DE VIVRE
10 lois de l’ikigai:
- Restez toujours actif, ne prenez jamais votre retraite.
- Prenez les choses calmement.
- Ne mangez pas à satiété : « moins, c’est plus ».
- Entourez-vous de bons amis.
- Soyez en forme pour votre prochain anniversaire.
- Souriez. Il est bon de se rendre compte des choses qui vont mal, mais il ne faut pas oublier le privilège d’être ici et maintenant, dans ce monde plein de possibilités.
- Reconnectez-vous avec la nature.
- Remerciez.
- Vivez l’instant. Tout ce que vous avez est aujourd’hui. Faites-en la meilleure utilisation possible pour que cela mérite de s’en souvenir.
- Suivez votre Ikigai. En vous, il y a une passion, un talent unique qui donne du sens à vos journées et vous pousse à donner le meilleur de vous-même jusqu’à la fin. Si vous ne l’avez pas encore trouvé, comme le disait Victor Frankl, ce sera votre prochaine mission.
Nous vous souhaitons une vie longue, heureuse et pleine de sens. Merci d’être là.*
Avec le temps de Jean-Louis Servan-Schreiber - Albin Michel
Émetteur du verbatim: François C.
Si un ailleurs existe, je ne le saurai qu’à la fin. Mais tant que je suis de ce monde, il vaut mieux que je me prépare à un saut dans le néant.
M’exercer en tous domaines de mon vécu donne un sens à chaque instant que je vis, avec plus d’intensité que jamais auparavant… Désormais il s’agit de se sentir encore vivant. Cet «encore» justifie tous mes efforts.
Mais tant que je ne me réfugie pas dans des souvenirs pour me consoler d’un présent douloureux, c’est que je suis encore bien vivant.
Je me méfie de l’émotion. Je l’associe à des sentiments que je préfère éviter: la colère, la haine, la violence, le désespoir, les décisions instinctives, l’expression bruyante des sentiments. Je les oppose à la rationalité, la tolérance, le calme, la distanciation, la décision réfléchie. Mais je me méfie aussi des émotions généralement recherchées: la passion, l’extase ou la transe.
Réflexion faite, l’âge nous purge efficacement de deux moteurs d’action efficaces mais encombrants: la passion et l’ego… Pourquoi peut-on alors s’en passer sans mal? Du seul fait que la fragilité de sa propre vie devient de plus en plus évidente. Le simple fait de se réveiller, chaque jour, encore présent, est une récompense suffisante pour ne pas en rechercher d’autres, forcément plus compliquées.
La confiance est le socle de l’amour: tout faire pour la préserver et la vivifier constamment. S’il n’y a pas au moins une personne dans ce monde à qui l’on puisse presque tout dire, on est voué à une solitude existentielle.
Je n’ai donc pas d’autre choix que de reprendre de la distance. Le monde s’est à la fois construit et déconstruit sous mes yeux.
Exister se ressent au croisement d’un désir et d’une compétence. Ce que j’aime faire et fais bien me donne le sentiment de jouer un rôle, même minuscule, dans la société où je suis plongé.
Le secret des vieux couples ne serait-il pas qu’ils savent se faire exister mutuellement sans lassitude?
Or ce qui a radicalement changé désormais est que les solutions à trouver sont à l’échelle de la planète. Autant espérer vider la mer avec une louche… Notre vrai déficit est de courage et d’humanisme.
La répétition n’érode pas les plaisirs essentiels, elle les confirme.
Pour autant le désir ne disparaît pas de l’existence, mais il change d’objet et d’intensité. Je valorise désormais ce que je n’aurais naguère considéré que comme des menus plaisirs.
Dans la société d’individualisme technologisé qu’est la nôtre, le réel et les médias traditionnels ne font pas le poids face à la puissance de l’industrie du spectacle, des jeux vidéo et des réseaux sociaux, bref de l’illusion.
Il y a mille manières de mener sa vie, mais j’ai, pour simplifier, classé mes choix entre papillonner agréablement ou creuser un sillon. Même si le second semblait plus austère, je l’ai préféré.
Ce n’est que récemment que sont apparus les fake news et les faits alternatifs, autrement dit les mensonges décomplexés, voire revendiqués.
Smartphone, tablette, ordinateur, télévision, je dispose maintenant d’écrans partout, connectés ensemble et au monde. Incroyable ressource de contacts, de connaissances et de distractions. De mon fauteuil, je suis devenu explorateur de la planète.
Avec le temps je me vois de plus en plus comme un animal parmi les autres.
Si je valorise à ce point la fiabilité pour moi et les autres, c’est que j’ai besoin pour vivre à l’aise de pouvoir faire confiance, de compter sur ceux avec lesquels je suis en rapport.
Le moment est venu de vivre pour vivre, pour chaque jour qui passe, pour chaque proche qui m’entoure, pour le vent, pour la lumière, pour l’odeur des fleurs, pour la musique, qui m’élargit bien au-delà de moi… Le long terme n’est plus dans mes moyens, je ne vois pas de meilleur emploi de mon temps que de cultiver l’instant.
Avec le temps l’important c’est ce qui plaît, à moi ou à ceux que j’aime.
Leurs modes de vie représentaient trop de sacrifices de ce que je considère comme primordial: prendre le temps d’apprécier tout ce qui, à mes yeux, donne de la saveur à mes jours et qui s’apparente davantage au simple, au naturel, au tendre, au souriant, au délicat, au beau… Avec le temps mieux vaut avoir réussi sa vie privée, car c’est tout ce qui reste.
Je suis conscient de mes trois déficits structurels: le doute, l’ignorance et mes limites biologiques. Je n’y changerai rien, je dois vivre avec.
Pour transcender mes inévitables limites, celles de toujours comme celles dues à mon âge, je jongle entre l’acceptation (c’est comme ça et ça pourrait être pire) et la résilience (je bouge, je m’exerce, j’écris). Et je remercie chaque jour la providence d’être encore en état de le faire.
Vivre français, c’est bénéficier de tolérance, de liberté d’expression, de protections juridiques, de traditions démocratiques solides. C’est utiliser une langue élégante, riche en nuances et façonnée par une tradition littéraire séculaire. C’est bien sûr aussi pouvoir jouir, si l’on a un minimum de moyens, d’une qualité de vie plus qu’enviable: climat, nature et cuisine.
L’appréciation que je porte sur mes jours et mes heures est donc celle de leur justesse, au sens que peut donner à ce terme un accordeur de piano. Mais il ne suffit pas que tel ou tel instant soit juste selon mes valeurs. J’essaie que l’accord que représente chaque journée soit harmonieux quand ses différents éléments se combinent.
Sur les vingt moments décisifs décrits ici, onze ont relevé du hasard plutôt clément. Neuf de décisions mûries et planifiées. Je ne sais pas si c’est une proportion habituelle. Au moins ai-je évité la monotonie et une existence où tout aurait été voulu et organisé. Ca aurait été un long purgatoire.
La mort viendra en son temps, l’accepter revient à me concentrer d’ici là sur ce qui me reste à vivre. La mort aura ma peau, mais avant je peux préserver ma joie de vivre tout en faisant mon possible pour que l’échéance vienne le plus tard possible. Il me semble que je n’en ai plus peur.
*
Il est midi à Pékin, le monde à l'heure chinoise de Eric Chol et Gilles Fontaine - Editions Fayard
Émetteur du verbatim: François C.
1. Il est midi à THITU, en mer de Chine méridionale. Bataille navale autour de cailloux stratégiques.
En quelques années, une stratégie d’expansionnisme rampant a permis à la Chine de devenir d’une part l’acteur incontournable de mer de Chine méridionale -espace maritime jouant un rôle géopolitique et stratégique de premier plan parce que commandant l’accès au détroit de Malacca par où transitent 80% des importations d’énergie chinoise; d’autre part un géant invincible, en tout cas pour les puissances riveraines (Philippines, Vietnam, Brunei, Indonésie, Malaisie, Taïwan).
2. Il est 11 heures à TOMSK, en Sibérie occidentale. Ces pins sylvestres qu’on abat.
Devenu le premier importateur et le premier exportateur de bois dans le monde, l’Empire du Milieu dévore les forêts de la planète… La Russie, qui abrite un quart des réserves de bois de la planète, fournit désormais presque un tiers du bois chinois.
3. Il est 11 heures à la base de ZHONGSHAN, dans l’Antarctique. Un aéroport en glace pour les avions chinois.
Depuis que la présence chinoise sur le continent glacé a été érigée comme une priorité par Pékin, ses quatre bases scientifiques y déploient une activité intense.
Et si, en plaçant ses nombreux pions un peu partout dans le pôle Sud, Pékin n’était pas tout simplement en train de prendre date pour l’avenir? Car l’Antarctique, avec ses innombrables ressources (poissons, hydrocarbures, minéraux, sciences…) fait figure de nouvelle frontière pour les autorités chinoises.
4. Il est 10 heures à KHORGOS. Le Kazakhstan, épicentre de la route de la soie.
Khorgos est le point de passage obligatoire par rail entre l’Orient et l’Occident… Elle ne constitue qu’une des innombrables étapes d’un colossal projet d’infrastructures derrière lequel cent trente-et-un pays se sont déjà engagés.
Le Kazakhstan tient une position géostratégique unique… Il est devenu le premier producteur mondial d’uranium.
5. Il est 9 h 30 à CHENNAI, dans le Tamil Nadu, en Inde. Le grand retour de l’Hindi Chini bhai-bhai «Indiens et Chinois sont frères»).
Les Chinois semblent avoir gardé le goût de la bougeotte malgré l’essoufflement de la croissance du pays observé en 2018… Les déplacements internationaux ont quant à eux poursuivi leur progression pour atteindre 148 millions contre 10 millions en 2000.
Pour maintenir leur avance, les grands groupes chinois de voyages touristiques se sont lancés dans une véritable course contre la montre pour prendre des parts de marché à l’international hors de Chine.
6. Il est 9 heures à KARACHI, au Pakistan. Un corridor sous haute protection.
Les intérêts chinois dans le pays ont été la cible d’attaques récurrentes.
Depuis, les comptes et les mécomptes de la partie pakistanaise des routes de la soie ont montré que les disputes familiales pouvaient aussi exister entre Pékin et Islamabad mais que face au frère ennemi indien commun, il était indispensable de faire alliance.
7. Il est 8 heures à DUQM, dans le sultanat d’Oman. La future Singapour des sables.
En prenant pied dans le sultanat d’Oman, Pékin voit aussi un moyen d’étendre son influence au Moyen-Orient.
En 2018, Pékin a promis 23 milliards de dollars de prêts à une vingtaine d’Etats du Moyen-Orient et signé pour 28 milliards de contrats d’investissements dans la région.
En prenant pied sur la côte omanaise, la Chine complète un axe naval, qui part de Gwadar, au Pakistan, passe par Duqm, et se termine à Djibouti, où elle a ouvert en 2017 sa première base navale.
8. Il est 7 heures à TEL-AVIV. Les Israéliens confient leurs grands travaux à Pékin.
L’écosystème israélien s’est beaucoup rapproché de la sphère chinoise depuis quelques années.
La reprise en main du port de Haïfa par l’empire du Milieu provoque de violentes polémiques dans le pays et jusqu’aux Etats-Unis.
9. Il est 7 heures à DJIBOUTI. L’acquisition de la caserne du monde.
Situé à la porte d’entrée du continent africain, Djibouti est bordé sur son flanc occidental par l’Ethiopie, et sur son flanc oriental par la mer Rouge et le golfe d’Aden…De Djibouti, on peut contrôler l’accès au canal de Suez comme celui à l’océan Indien.
10. Il est 6 heures à HARARE, au Zimbabwe. Quand la Chine exporte sa vision de la société numérique idéale.
Les entreprises chinoises sont ici chez elles. Le Zimbabwe et ses 14 millions d’habitants sont soutenus à bout de bras par Pékin, politiquement et financièrement, depuis des années.
La Chine, dans la région, cherche à exporter son modèle de société sous surveillance permanente et généralisée… Au Zimbabwe, Pékin développe le volet numérique de son initiative Ceinture et Route. Dans sa version digitale, ce projet prévoit de déployer des dizaines de milliers de fibres optiques à travers le globe pour constituer un vaste réseau de télécommunications sur lequel les données circuleraient à la vitesse de la lumière. Des flux d’informations en tout genre que les autorités chinoises pourraient contrôler à leur gré… Dans le cas du Zimbabwe, aucune loi ne permet d’encadrer l’action des algorithmes chinois ni de protéger les données personnelles des citoyens.
11. Il est 6 heures à DUISBURG. La China Railway Corporation ranime la Ruhr.
A la confluence du Rhin et de la Ruhr, Duisburg relie les ports de Rotterdam, de Zeebruge et d’Anvers. La ville est à la croisée de plusieurs autoroutes et les aéroports de Cologne et Düsseldorf sont à proximité.
12. Il est 6 heures à LYON. Le foot-business enfile les crampons chinois.
Le président Xi Jinping a ordonné de faire du football une grande cause nationale… Avec pour objectif d’organiser prochainement la Coupe du monde… D’ici là, le pays devra compter 50 millions de pratiquants en 2020, se classer parmi les meilleures nations asiatiques en 2030 et surclasser le reste du monde en 2050.
Le modèle chinois du foot-business est pensé et planifié dans les plus hautes sphères du parti communiste. C’est un mélange d’apprentissage empirique et de partenariats stratégiques saupoudré de nouvelles technologies disruptives.
13. Il est 6 heures à COLMAR. Le Chinese Restaurant en version alsacienne.
La France ne pouvait rêver d’une meilleure promotion de son patrimoine touristique en Chine… En 2018, 2,2 millions de touristes chinois ont visité la France, dépensant au total 4 milliards d’euros.
Pékin a parfaitement conscience de disposer avec son levier touristique d’une arme puissante. Et entend s’en servir pour encourager ou punir des pays, en fonction de l’humeur diplomatique du moment.
14. Il est 6 heures à PAUILLAC, dans le Bordelais. La course aux grands crus a commencé.
Cent cinquante-quatre châteaux bordelais sont détenus par des investisseurs chinois, soit environ 3% des surfaces viticoles de la région.
En matière de vins, l’offensive de la Chine sur le patrimoine bordelais ne fait que commencer.
15. Il est 5 heures à TENKE FUNGURUME, en République démocratique du Congo. Les Chinois en tête de la course au cobalt.
L’industrie chinoise a fini par imposer sa suprématie sur toute la chaîne d’approvisionnement, depuis l’extraction du minerai en République démocratique du Congo jusqu’aux usines produisant des batteries devant équiper les nouvelles générations de voitures électriques.
En menant de bout en bout la course pour l’approvisionnement en cobalt et sa transformation, les acteurs chinois se sont mis en position de dicter leur loi au reste de la planète.
16. Il est 5 heures à LONDRES. Sunmi, le tiroir-caisse du futur.
L’ambition de Sunmi est de s’imposer aussi dans les terminaux de paiement, toujours en repoussant les barrières technologiques… Le Naga Saag de Londres n’est qu’au début de sa révolution digitale.
17. Il est 4 heures à ELMINA, au Ghana. Pirogues contre chalutiers.
Troisième port du Ghana… Concurrence déloyale des chalutiers chinois qui raclent les fonds de mer et épuisent les ressources du golfe de Guinée.
Désireuse de calmer les mécontentements, la Chine agit avec le Ghana, comme elle le fait partout ailleurs: en promettant toujours plus d’investissements et en se rendant indispensable.
18. Il est 3 heures dans l’ATLANTIQUE SUD. La prochaine guerre sera celle des câbles sous-marins.
Huawei s’est imposé dans cette industrie de la pose de câbles sous-marins avec la même rapidité et la même efficacité que lorsqu’il s’est lancé sur le marché des équipements télécoms, puis sur celui des smartphones.
Visée: faire de la Chine l’un des plus importants centres mondiaux de communication par câbles sous-marins d’ici une décennie ou deux. Pour Huawei et ses pairs, la liaison de 6 000 kilomètres, entre Fortaleza au Brésil et Kribi au Cameroun, ne constitue donc qu’un banc d’essai.
19. Il est 2 heures à NARSAQ, à la pointe sud du Groenland. Premiers de cordée dans l’Antarctique.
La Chine n’a de cesse qu’elle n’avance ses pions au Groenland, avec des méthodes parfois étonnantes… Pas encore opérationnelle, la mine de Kvanefjeld prend déjà des allures de jackpot pour ses investisseurs.
20. Il est 1 heure dans la province de NEUQUEN. Une base spatiale dans la pampa argentine.
La China National Space Agency (CNSA) est militaire, soutenue sans restriction par le gouvernement qui a fait de la conquête spatiale l’une de ses priorités absolues… En 2018, la Chine s’est placée devant ses rivaux américains et russes en réalisant le plus grand nombre de lancements de fusées: trente-sept sur un total mondial de cent trois.
21. Il est minuit à CARACAS, au Venezuela. Les mirages de Chavez.
Au total, l’addition des dix-huit prêts octroyés par la Chine à Caracas entre 2007 et 2018 s’élève à 67,2 milliards de dollars; c’est comme si les Chinois avaient prêté à chacun des trente millions de Vénézuéliens 2 240 dollars!
A mesure qu’ils éclatent, ces scandales laissent entrevoir un labyrinthe de ramifications financières bâties au fil du temps entre les ténors du régime chaviste et les entreprises chinoises.
22. Il est minuit à NEW YORK. L’ONU aux caractéristiques chinoises.
Cet activisme onusien de la part de la Chine ne doit rien au hasard… Très vite, Pékin a compris que sa présence à tous les étages de l’ONU pouvait servir à orchestrer une immense opération de lobbying en faveur de son initiative Ceinture et Route.
23. Il est minuit à NEW YORK. Le drapeau rouge flotte sur le Waldorf Astoria.
En 2014, l’annonce du rachat du Waldorf Astoria par l’assureur chinois Anbang auprès du fonds américain Blackstone avait provoqué un mini séisme dans le milieu de l’immobilier new-yorkais et déclenché un vent de panique au plus haut niveau des Etats-Unis.
24. Il est minuit à OAK RIDGE, Tennessee. La bataille des supercalculateurs.
La lutte entre les deux superpuissances dans l’univers des supercalculateurs se règle à coups de dizaines de milliards de dollars d’investissements…Visée: dominer une technologie qui permettrait de multiplier de façon exponentielle la vitesse et la puissance de ces supercalculateurs.
25. Il est 23 heures à AUSTIN, Texas (J-1). Confucius, fer de lance de la propagande du Parti communiste chinois.
Grâce à cette présence sur le terrain, qui constitue une formidable machine de softpower, Pékin espère réussir à imposer sa vision du monde… Ces organisations serviraient de plateforme pour la collecte de renseignements et le programme politique de la Chine.
26. Il est 22 heures à CULIACAN, au Mexique (J-1). Venir à bout de la «China girl».
Sniffé, inhalé ou avalé, le fentanyl, cet opiacé synthétique en partie made in China a un effet cinquante fois plus puissant que l’héroïne.
Le gouvernement central chinois a-t-il les moyens de surveiller l’activité des cent soixante mille usines chimiques et pharmaceutiques du pays ? Si ce n’est pas le cas, la «China girl» n’a sans doute pas fini de faire des ravages, aux Etats-Unis et ailleurs.
27. Il est 21 heures à VANCOUVER, au Canada (J-1). La bombe Huawei vient d’exploser.
Huawei symbolise l’incroyable puissance technologique de la Chine qui a su, en trois décennies, imposer ses champions au meilleur niveau mondial… Au total, Huawei employait, en 2018, une armée de plus de quatre vingt mille chercheurs dans le monde, soit 45% de son effectif total.
En réalité, les opérateurs ont un vrai dilemme : on leur demande de se passer des matériaux les plus performants et les moins onéreux du marché au moment où ils s’apprêtent à déployer leurs nouveaux réseaux mobiles de cinquième génération.
28. Il est 21 heures à HOLLYWOOD (J-1). OPA chinoise sur les studios américains.
La Chine est désormais omniprésente à Hollywood… Entre 1997 et 2013, douze des cent blockbusters américains ont été en partie financés par des capitaux chinois.
Tout comme l’Amérique dans les années 1950, Pékin a compris comment mettre l’industrie cinématographique au service d’une puissante machine de propagande.
29. Il est 20 heures sur l’île CLIPPERTON, dans l’océan pacifique (J-1). Des nodules et des drones à vingt mille lieues sous les mers.
Pékin en est convaincu: la route de la soie du XXIème siècle doit pouvoir cheminer au fond des mers, quelque part dans le Pacifique Nord oriental, entre les îles Clipperton et Clarion.
La Chine, elle, aime tellement ces montagnes de minerais cachées dans les eaux du Pacifique qu’elle est décidée à remporter le plus rapidement possible la triple bataille qui se joue autour de l’exploitation des fonds marins: juridique, technologique et économique.
Un projet fou: construire la première base sous-marine chinoise, entièrement automatisée, à plusieurs milliers de mètres sous l’eau en mer de Chine méridionale.
30. Il est 19 heures entre HAWAÏ et SAN FRANCISCO (J-1). Une mer de plastique made in China.
Huit millions de tonnes de déchets plastiques échouent chaque année dans nos mers.
La Chine déverse chaque année depuis ses côtes entre 1,5 et 3,5 millions de tonnes de déchets plastiques… La gestion des ordures chinoises est devenue l’un des principaux défis environnementaux du pays.
31. Il est 18 heures à PAPEETE, en Polynésie française (J-1). Mérous chinois dans un lagon polynésien.
Pékin, qui veut étendre sa zone d’influence économique et militaire dans l’ensemble du Pacifique, est à l’affût de toute nouvelle alliance avec les nombreuses îles de la région, surtout quand celles-ci présentent des atouts en termes d’infrastructures ou de ressources minières ou halieutiques.
32. Il est 17 heures sur l’île de NIUE, le rocher du Pacifique (J-1). La diplomatie des raviolis de Mme Wu Xi.
Niue, Etat semi-indépendant qui a opté pour la libre association avec la Nouvelle-Zélande… Située au cœur d’un triangle stratégique composé des îles Tonga, Samoa et Cook, Niue n’est pas seulement un caillou dans l’océan: l’ancienne colonie néo-zélandaise fait aussi partie de ces dominos du Pacifique Sud, riches en ressources naturelles et maritimes, que la Chine voudrait voir tomber dans sa zone d’influence.
33. Il est 16 heures dans le DETROIT DE BERING, le long de la côte russe. Le portillon des raccourcis polaires.
Le premier transporteur chinois…est devenu un familier de ce raccourci maritime, dont la navigation, rendue possible grâce au réchauffement climatique, fait économiser 40% de temps en moyenne.
Entre la Chine et la Russie, les relations économiques ne cessent de se renforcer: le gazoduc sibérien reliant la Russie à la Chine doit être achevé en 2019, et l’équipementier Huawei a obtenu un feu vert pour développer un réseau 5G en Russie.
34. Il est 16 heures dans les îles MARSHALL. Barrage contre le Pacifique chinois.
L’affaire de l’atoll de Rongelap s’inscrit dans la grande ambition de Pékin des Nouvelles Routes de la soie, visant à connecter l’ensemble de la planète par des liaisons ferroviaires, routières et maritimes.
35. Il est 15 heures à HONIARA, îles Salomon. Le domino taïwanais prêt à tomber.
La Chine frappe avec insistance à la porte des îles Salomon. Elle a investi massivement ces dernières années dans l’archipel océanien, pour en devenir un acteur économique incontournable… Pékin absorbe les deux tiers des exportations des îles Salomon (contre seulement 1% pour Taïwan).
36. Il est 14 heures à CANBERRA, en Australie. WeChat s’invite dans la campagne électorale.
Après avoir ouvert grandes ses portes, l’Australie a compris un peu tard que les tentacules chinois s’étaient étendus à tous les secteurs d’activité du pays.
L’influence développée par la Chine en Australie doit être contenue, sous peine de voir s’accroître la dépendance déjà forte du pays océanien vis-à-vis du géant d’Asie.
37. Il est 13 heures à TOKYO. La cyberguerre est déclarée.
Le cyberespace est devenu le cinquième terrain d’opération militaire après la terre, la mer, le ciel et l’espace. La troisième guerre mondiale se déroulera peut-être sur les réseaux; les leaders politiques des grandes puissances en sont convaincus.
38. Il est midi à BENTONG, en Malaisie. La folie durian.
Le durian, ce fruit magique devenu le nouvel or de la Malaisie… Cher et épouvantablement odorant, le fruit s’est transformé en un accessoire chic et indispensable à Pékin ou à Shanghaï.
Epilogue: Il est midi le 1er octobre 2029 sur la base spatiale de WENCHANG. Un petit pas pour les taïkonautes, un grand bond pour la Chine.
La Chine, première puissance économique mondiale, domine de toute sa puissance le business planétaire… Les routes de la soie qui sillonnent désormais la planète sur terre comme sur mer n’ont constitué qu’une première étape. En se projetant vers l’espace et la Voie lactée, Xi Jinping veut placer l’empire du Milieu au centre de l’humanité.
Fiche de lecture sur les carnets d'Allie tome 1 Le déménagement de Meg Cabot - Hachette
Recommandation d’Antoine: Allie Punchie, 9 ans, va devoir déménager loin de sa belle maison, quitter sa chambre rose adorée d’où on peut voir la tour de contrôle allumée, ses «amies», sa collection de geodes, son institutrice et son école, la grande rue, sa proximité avec Mary-Kaï, pour une maison délabrée qui a l’air d’être un manoir non habité depuis cent ans et plein de fissures! Pour se faciliter la vie, Allie invente des règles folles et tire des leçons de ses aventures en relevant les détails.
Ce roman, dont l’héroïne est attachante et plein d’humour, se dévore et montre qu’un déménagement peut être difficile.
LE GRAND ECART, chronique d'une démocratie fragmentée de Pascal PERRINEAU - Ed. Plon
Émetteur du verbatim : François C.
C’est incontestablement le portrait d’une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, entre responsables politiques et citoyens, qui s’impose.
1ère partie Une disruption politique annoncée de longue date
Les vieux clivages (idéologique, social et territorial) ne constituent plus des repères forts à partir desquels les citoyens peuvent construire de manière claire leurs choix politiques et électoraux. Ils sont remplacés par des clivages plus transversaux, à l’œuvre dans de nombreux registres ou dimensions de la vie sociale, culturelle, économique et politique.
Le clivage de la globalisation économique
. La crise économique et financière, et ses effets.
. Le Rassemblement national à l’avant-garde du combat contre la mondialisation…Le passage, au cours des dernières décennies, d’un capitalisme industriel d’assistance à un capitalisme postindustriel plus individualiste s’est accompagné d’un véritable bouleversement du monde marqué par la fragmentation sociale et la désaffiliation vis-à-vis des groupes d’appartenance traditionnels, par l’individualisation des risques, la mobilité croissante et le double mouvement de diversification culturelle et ethnique à l’intérieur des sociétés…Marine Le Pen cherche à arrimer au RN des électeurs se considérant comme des victimes de ce qu’elle appelle « l’européo-mondialisme ».
. Une gauche anti- ou altermondialiste sur la défensive…un discours mêlant anti-libéralisme viscéral, exaltation de l’Etat et des services publics, et nationalisme imprégné de protectionnisme. C’est ce que Léon Blum appelait déjà dans les années 30 un programme « social-nationaliste ».
Le clivage européen
Le défi européen n’a cessé d’accentuer les processus de déliaison idéologique, sociale et territoriale à l’œuvre dans la société et dans le système politique français.
. Du consensus permissif autour de l’Europe au désamour… Aujourd’hui, seuls 35% de Français ont une image positive de l’Union européenne, alors que la moyenne européenne est de 43%.
. Du désamour au rejet? L’Europe incarne tout à la fois un mal bureaucratique, un mal néolibéral, un mal cosmopolite, un mal interventionniste…Le rejet de l’Europe bat ses records dans les milieux sociaux défavorisés: 74% des ouvriers et 66% des agriculteurs exploitants n’ont pas confiance dans l’U.E… Face à ce type de gouvernance européenne, la France est particulièrement mal à l’aise parce que notre bipolarité nationale a été pendant longtemps en complète contradiction avec les coalitions européennes organisées autour d’un «compromis centriste».
Le clivage autour des valeurs
. Le «libéralisme culturel»: «le développement d’un système de valeurs antiautoritaires, valorisant l’autonomie et l’épanouissement individuels, reconnaissant à chacun le droit au libre choix de son mode de vie».
. Liberté privée, ordre public. Le nouvel espace politique qui se dessine oppose, d’un côté, la défense des acquis sociaux associée au nationalisme et, de l’autre, une acceptation relative du libéralisme économique articulée au principe d’universalité.
. La demande d’autorité. Une demande d’appartenance, de communauté, d’autorité et d’identité, dont l’extrême droite et les néo-populismes se sont emparés, s’est peu à peu imposée… Marine Le Pen, héritière de la droite extrême, parviendra à s’enraciner fortement chez les ouvriers (60%), les employés (47%), les chômeurs (51%) et les sans-diplôme (46%), plus rétifs à la mondialisation, à la construction européenne et à la libéralisation culturelle.
La disruption en actes
. Des électeurs qui s’affranchissent. Les hésitations et les changements de choix ne cessent de progresser… Le terrain des mobilisations sociales est touché par une disruption de même ampleur que celle qui avait marqué en 2017 le paysage électoral et politique.
. Un nouvel espace partisan. Une dynamique travaillée par la tendance à la formation de trois pôles partisans (droite conservatrice identitaire, centre libéral mondialisateur et gauche démocrate éco-socialiste) sous l’influence de deux clivages, l’un à dominante culturelle (cosmopolites/identitaires) et l’autre à dominante économico-sociale (altermondialistes/néolibéraux)… Ces mouvements veulent inventer des formes politiques évolutives, mariant à la fois la verticalité de l’autorité du chef et l’horizontalité du réseau numérique et des procédures participatives.
. Le risque de la personnalisation et de l’élitisme. Le poids des catégories supérieures et des élites sociales (élections législatives de 2017) se renforce et constitue l’une des assemblées les plus élitistes de la Vème République.
Le désamour de l’opinion
. Une popularité en chute libre? Le monde nouveau d’Emmanuel Macron est atteint d’un processus de sénescence précoce. La démocratie représentative macronienne vacille sous les coups de boutoir de la démocratie directe des Gilets jaunes.
2ème partie L’irruption des Gilets jaunes : la démocratie directe en action
De quoi s’agit-il?
La relocalisation des enjeux, la quête d’une reconnaissance politique, l’occupation de nouveaux espaces comme les routes et les ponts figurent un nouveau mode de mobilisation sociale…Le mouvement met en scène cet affrontement avec les instruments du populisme : le registre affectif et émotionnel, l’absence de références idéologiques ou le recours au syncrétisme politique mêlant les sources d’inspiration.
L’épicentre du mouvement réside dans le périurbain, là où l’usage de la voiture est indispensable et constitue un trait fédérateur entre les différents groupes sociaux qui le peuplent.
Le désir d’une démocratie directe immédiate
Cette demande de démocratie directe se nourrit des déficits d’une démocratie représentative qui apparaît de plus en plus comme un régime politique d’élites professionnalisées.
Tous ces incidents porteurs d’une violence réelle ou symbolique témoignent de la vigueur de l’antiparlementarisme véhiculé par les Gilets jaunes.
. Une propension référendaire ancienne.
. La haine de la représentation.
. La logique insurrectionnelle.
. La souveraineté du peuple. Toute représentation verticale semble abolie au profit d’une communauté horizontale d’échanges d’informations et de mobilisation au travers des réseaux sociaux et des assemblées générales se tenant dans l’ensemble du territoire.
. La mise en images. Ainsi, tout en étant un mouvement social, les Gilets jaunes sont aussi un phénomène numérique…N’oublions pas que la moitié des Français s’informent désormais uniquement sur Facebook.
Cultures populaires, cultures populistes
. Un populisme sans chef.
. Une défiance généralisée. Cette défiance va de pair avec un incivisme fréquent dont on retrouve des traces dans les mouvements de désobéissance civile qui accompagnent la contestation de l’impôt.
. Ras-le-bol fiscal et sentiment de mépris.
Plus qu’un mouvement social: une volonté de rupture avec le système politique
Le mouvement politise des citoyens dont on voit bien contre quoi ils se mobilisent, mais dont les objectifs de changement social et politique restent plus difficiles à cerner. Cette forme de « politisation négative » exprime d’abord une culture politique du rejet et de la dénonciation.
. Une nouvelle grammaire de l’action. Le registre émotionnel et affectif y est prédominant. S’y expriment un ensemble de « passions tristes » comme la haine, la peur, la colère ou encore la violence… Faute de canalisations idéologiques, le mouvement est porté plus que d’autres par des passions, celles d’une foule en colère et chargée d’émotions.
La violence au rendez-vous
Le mouvement des Gilets jaunes laisse la place à une violence qui va donner du contenu et une liturgie au mouvement : la violence comme exutoire de la colère sociale, la violence comme réponse à la violence d’Etat, la violence comme processus de victimisation, la violence comme instrument de cohésion du groupe…
Le soutien des Français
La vitalité de cette démocratie d’opinion en acte explique le hiatus entre un mouvement qui n’a jamais dépassé 300 000 manifestants, et la force du soutien majoritaire et constant de l’opinion.
Depuis de longues années, des fractures sociales, territoriales et politiques traversant la société française mettent à mal sa cohésion… A ces refoulements historiques s’ajoute un registre plus contemporain marqué par l’horizontalité du Web, les mobilisations réticulaires, la circulation permanente et accélérée d’informations vraies ou fausses.
En février 2019, un cap est franchi, les Français insatisfaits ont la majorité absolue (52%).
3ème partie Le grand débat national : la démocratie participative à grande échelle
L’organisation du grand débat national
Quatre grands sujets : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.
Sept vecteurs de recueil de la parole des citoyens sont imaginés… Le grand débat réussira à mobiliser environ deux millions de citoyens, soit une proportion équivalant à environ 4% des inscrits sur les listes électorales.
Les paroles de la société française
Ces Français du grand débat ont fait entendre une parole qui concerne tout le pays et qui a une légitimité liée au nombre et à la diversité qu’ils représentent.
Parmi les thèmes importants qui jouent un rôle déterminant dans leur choix, les Français mettent : la santé (61%), la lutte contre le chômage (56%), le relèvement des salaires et du pouvoir d’achat (54%), la maîtrise du niveau des impôts (52%).
« Solidarité », « fraternité », « communauté », « partage » sont des mots que j’ai beaucoup entendus.
Deux univers se côtoyaient, celui de l’affrontement direct de la démocratie manifestante et celui de l’apaisement lié à la lente construction du consensus caractéristique de la démocratie délibérative.
Le grand débat national et ses suites
Emmanuel Macron entend «assumer la clarté, la force d’un investissement dans les grandes transitions pour bâtir la confiance». Il fixe pour cela une feuille de route.
Dès que l’on quitte le seul cercle des proches de La République en marche, l’insatisfaction et au mieux le scepticisme règnent en maître, et cela est encore plus marqué parmi les Français se positionnant à gauche qu’à droite.
Les difficultés sont devant… Le dilemme de la démocratie est de savoir si la crise de la démocratie peut trouver une réponse dans une participation citoyenne accrue ou, au contraire, si l’on va vers une démocratie furtive dans laquelle le rôle du citoyen demeure central, mais où la place des experts et des technocrates est accrue.
4ème partie Les élections européennes : la démocratie représentative à l’épreuve
De nouvelles formes de délibération démocratique se développent et parfois s’institutionnalisent : réunions d’initiative locale dans le cadre du grand débat, conférences citoyennes régionales, conférences de consensus, focus groups, sondages délibératifs, jurys de citoyens, comités de quartier, etc.
La démocratie représentative sous tension
. L’habitude de l’abstention
Cette population d’abstentionnistes protestataires s’accroît tendanciellement et agrandit le fossé qui sépare le monde de la représentation politique et celui de citoyens intéressés par la chose publique mais insatisfaits de l’offre politique.
Les voies de la démocratie directe et de la démocratie participative sont explorées par nombre de déçus de la démocratie représentative et de son moment essentiel qu’est l’élection.
. Des corps intermédiaires affaiblis. Le 26 mai dernier, 44% des électeurs se sont tournés vers des listes de nature protestataire. Déjà, lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, les candidats de ces courants avaient rassemblé 41% des voix.
. Vers un cycle de politisation négative. Le mouvement des Gilets jaunes n’a pas trouvé sa représentation électorale en son sein, mais il a très clairement trouvé un débouché politique au travers des votes pour des forces extrêmes.
. Une déliaison de la représentation politique. Sur de nombreux thèmes, les vieux collectifs d’appartenance idéologique connaissent une vraie crise d’identité. Des clivages pluriels traversent désormais toute la stratification sociale : sécurité et insécurité de l’emploi, ménages à un salaire et ménages à deux salaires, accès différencié aux ressources distribuées par l’Etat-providence.
. Une perte des grands référents. Les organisations politiques sont peu représentatives de la diversité sociale de la population. Elles ne comptent en leur sein que très peu de femmes, de jeunes et de citoyens issus de couches populaires ; ne sont plus en phase avec la population ; représentent de moins en moins les Français dans toute leur diversité.
Les jeunes peuvent se retrouver nombreux dans des organisations plus souples et orientées vers des formes nouvelles de militantisme moral : organisations humanitaires, organisations de défense des minorités, mouvements altermondialistes, mouvements écologiques.
La réponse des élections européennes
Si l’on ajoute la protestation abstentionniste à la protestation des urnes, c’est une majorité absolue de Français qui a choisi la voie protestataire.
. La dispersion de l’offre électorale. Cette crise de la fonction d’intégration et de hiérarchisation des demande politiques, traditionnellement endossée par les partis politiques de gouvernement, favorise les forces protestataires et hors système qui répondent mieux à la demande de prise en compte d’enjeux circonstanciés et circonscrits.
. Les forces protestataires aux portes du pouvoir?
. La concurrence des populismes. En France comme ailleurs, les populismes de droite se portent beaucoup mieux que les populismes de gauche.
La gauche n’a plus la capacité d’exprimer sur la scène politique et électorale la fracture sociale qui traverse l’électorat, et au-delà la société française.
. Protestation des Gilets jaunes et protestation électorale. La difficulté des organisations arrimées à la démocratie directe à entrer de manière durable dans l’univers de la représentation politique.
Conclusion
Le grand défi des années qui viennent est l’articulation des trois démocraties qui se sont exprimées avec vigueur en 2019 : la démocratie directe et immédiate de la manifestation, la démocratie participative et délibérative du grand débat, et la démocratie représentative des élections européennes. Pour l’instant, ces trois démocraties divergent quant au contenu politique dont elles sont porteuses. C’est le grand écart.
Dans nos sociétés postmodernes, la démocratie représentative demeure essentielle pour les citoyens, mais elle doit dorénavant composer avec d’autres demande, avec des usages plus diversifiés, plus expressifs et plus directs. C’est à ce prix que le projet démocratique restera crédible, vivant et par là même porteur d’espérance.
UNE BREVE ÉTERNITÉ - Philosophie de la longévité de Pascal BRUCKNER - Ed. Grasset 2019
Émetteur du florilège: François C.
La condition humaine fuit de partout, nous entrons dans l’ère des générations et des identités liquides. Nous ne voulons pas céder à l’intimidation des grands chiffres, nous réclamons le droit de déplacer le curseur à volonté. Naturalisés de fraîche date dans la tribu des quinquagénaires ou des sexagénaires, nous commençons par en refuser les codes.
Depuis un siècle, en effet, l’espèce humaine joue les prolongations, du moins dans les pays riches, où l’espérance de vie a augmenté de vingt à trente ans.
C’est l’avantage des comptes à rebours: ils nous rendent avides de chaque moment qui passe. Après 50 ans, la vie devrait être requise par l’urgence, habitée d’une variété inépuisable d’appétits.
Prendre de l’âge, c’est entrer dans l’ordre du calcul: tout nous est compté, chaque jour qui passe raréfie les options, nous oblige au discernement.
En vérité, il se pourrait que le secret d’une vieillesse heureuse réside exactement dans la démarche invere : cultiver jusque sur le tard toutes ses passions, toutes ses capacités, ne délaisser aucune volupté, aucune curiosité, se lancer des défis impossibles, continuer jusqu’au dernier jour à aimer, travailler, voyager, rester ouvert sur le monde et sur les autres.
Pour finir, bien sûr, nous serons vaincus. L’essentiel, c’est de ne jamais intérioriser la défaite et ce jusqu’au terme.
La vérité d’une vie épanouie est dans l’épreuve qui fortifie et non dans le repos qui affaiblit.
Nous oscillons en permanence entre la promesse et le programme, l’entrain et l’entropie… Tant que la promesse l’emporte sur le programme, nous tenons debout.
Tel est l’enjeu: ce nouvel âge sera-t-il une maturité transfigurée ou une post-adolescence chevrotante, au bord du gouffre? Il sera très probablement une tension entre ces deux états, une schizophrénie assumée.
Il faut chanter l’habitude. Elle est l’habit dont nous revêtons nos actes, l’habitat qui nous structure, l’étoffe mentale de nos jours… Nous ne sommes jamais que les créatures de nos habitudes, lesquelles sont plus difficiles à déraciner qu’une croyance.
Même si nous restons tentés par la perspective du grand chambardement, nous savons mieux qu’auparavant ce qu’il est précieux de sauvegarder, permis d’espérer et déraisonnable de convoiter.
La vie a la double structure de la rengaine et de la surprise. La répétition fertile nous protège du radotage stérile. Elle est une source de plaisir quand elle produit du nouveau sous le masque du déjà-vu, dynamite la convention pour l’emporter ailleurs.
La vraie vie n’est pas héroïque ou extravagante, elle est d’abord terre à terre, dans le besoin ressenti et assouvi, le quotidien partagé. Nous sommes faits de «petits aujourd’hui»… Il faut donc commencer par s’obstiner: ne pas ralentir, ne pas dételer, ne pas céder. Faire comme si on allait durer des décennies, continuer à prévoir, à projeter.
Jusqu’au bout nous ne sommes qu’ébauchés et nous partons inaccomplis… Il y a des re-départs tardifs dans l’existence qui recèlent toute une épaisseur de destins possibles.
Il y a donc dans le bien vivre, à tout âge, deux propositions complémentaires: celle du carpe diem, l’art de cueillir le jour, l’heure, l’occasion et celle du projet, du temps long dont on ne saurait envisager le terme. Chaque moment est définitif, chaque moment est un passage.
La création ou la récréation de soi jaillit toujours de la lutte entre une forme imitée et une forme nouvelle qui cherche à émerger. Nous commençons par céder aux automatismes, par reproduire des comportements usuels avant de les altérer tant soit peu.
La seule jouvence qui nous attend, passé un certain âge, n’est pas celle du corps comme dans le mythe de Faust mais de l’intelligence et de l’émotion.
Le secret d’une maturité heureuse, c’est d’abord l’indifférence à la maturité en tant qu’assignation. Le dépérissement progressif marche de pair avec la rédemption, nous voulons à tout instant rester sage et fou, cumuler la raison et l’espièglerie, la prudence et la témérité.
Si la vie a souvent été comparée à une échelle, nous réalisons, à mesure que nous montons, que les derniers barreaux ne sont adossés à aucun mur mais reposent sur le vide… Il faut continuer à grimper comme si l’ascension ne devait jamais s’arrêter.
Le sexe, offert en principe à tous en Occident, est un sexe refusé à beaucoup: la liberté affichée est surtout l’intimation faite aux obscurs, aux laiderons de se résigner à la solitude et à la misère.
À tout âge nous avons le choix entre un tourment fécond et un bien-être fade. Telle est la difficulté: la grande maturité est traversée par des appétits sans l’autorisation de les manifester. Le corps devrait s’assagir à mesure que la sève de la jeunesse le quitte. Mais nous ne savons pas tout ce que peut un corps (Spinoza), à quelle démesure il peut atteindre. Il y a plus de ressources en nous que ce que nous croyons.
A vécu celui ou celle qui a croisé l’éternité dans le temps, à travers l’amour et l’amitié et a éprouvé le sentiment d’exister au plus proche de l’Être. La vraie tragédie est de cesser un jour d’aimer et de convoiter, de tarir la double source qui nous rattache au monde et aux autres. Le contraire de la sexualité n’est pas l’abstinence, c’est la fatigue de vivre… Dès qu’Eros et Agapé se taisent, Thanatos a déjà gagné.
Regarde mon visage, mon nom est: Ce qui aurait pu arriver, on m’appelle aussi Jamais plus, Trop tard, Adieu.
Chaque vie s’élève sur le rejet ou l’exclusion d’autres projets. Ou plutôt elle prospère sur un crime: celui des virtualités qu’elle a tuées et qui n’ont pas pu s’épanouir.
La survie biologique n’est pas la valeur ultime: liberté et dignité lui sont supérieures. Quand sont perdues l’autonomie et la capacité de partager le monde avec les autres, quand manger, respirer, dormir sont devenus des quasi-supplices, il est temps de s’éclipser, de tirer sa révérence.
Quand le kairos passe près de nous, trois possibilités se présentent: soit on ne le voit pas, soit on le voit et on ne fait rien, soit on le saisit par les cheveux et on le maîtrise… Seul l’homme ou la femme d’action, aidé par son intuition, sait saisir l’instant et ne plus le lâcher, laissant tous ses rivaux derrière lui, penauds.
Un moment arrive où il faut en finir avec le «Qui suis-je?» pour lui substituer un «Que puis-je?». Que m’est-il permis d’entreprendre à cette période de mon existence?… La richesse d’un destin est toujours liée aux rencontres qui l’ont émaillé et sans lesquelles chacun de nous n’aurait aucune épaisseur. Vieillir, c’est honorer une reconnaissance de dette sans fin, nous sommes faits de tous ces autrui que nous avons croisés, chacun de nous est une œuvre collective qui dit Je.
Bien vivre, à tout âge, pourrait se résumer à un double commandement: ne plus changer, une fois trouvée la bonne formule, mais demeurer disponible aux beautés du monde.
Aux principes de plaisir et de réalité, il faudrait en rajouter un troisième, le principe du Dehors en tant qu’il est le royaume de la diversité, de l’inépuisable saveur des choses. L’ailleurs, l’étranger sont souvent le lieu de la révélation.
Peut-être faut-il, pour éviter la rouille de l’âme, loger en soi son bon ennemi, selon un précepte des Évangiles, le daïmon fécond et non stérile. Apprendre à devenir à soi-même son meilleur adversaire, celui qui vous réveille et vous stimule par son aiguillon.
Il y a une fatigue d’être rivé à soi comme l’huître à son rocher et une beauté de se quitter un peu, d’être mis à l’épreuve de la nouveauté ou de l’altérité. Qui pourrait m’enrichir, me relier à plus vaste que moi?
Tel est l’été indien de la vie: la reconquête des possibles perdus même si le champ des virtualités s’amenuise chaque jour telle une peau de chagrin. Il faut rester une conscience ouverte qui se laisse émouvoir et affecter, sans être jamais rassasiée.
Nous devenons tous, à partir d’un certain âge, des immigrés dans le temps… Chaque génération ne peut remplir qu’un rôle historique précis après quoi elle doit céder la place. Elle est un maillon dans une longue chaîne qui l’a précédée et lui survivra.
La mort n’est pas un ennemi avec lequel nous pourrions négocier mais une loi implacable qui n’a de cesse d’éroder, jour après jour, notre processus vital.
Où Rilke exprime la mélancolie de la caducité, Freud exalte l’allégresse du périssable… Si tout ne sombrait pas, y compris nous-même un jour, la vie serait intolérable, la permanence aussi affreuse que l’éclipse. Il y a une poignante grandeur de ce qui ne dure pas, sinon dans le clignotement de la révélation fugitive, dans la convergence de l’instant et du toujours.
Intensité ou prolongation: telle est l’alternative, évidemment intenable. La platitude de longues années sans saveur ou la plénitude d’un temps véritablement vécu.
La maladie nous enseigne au moins trois choses: la prudence, la résistance et la fragilité.
Reste qu’une maladie… est plus qu’un accident. C’est une aventure, une autre allure de la vie dont chacun est à la fois la victime et le bénéficiaire. Être à la merci de ses boyaux, de ses bronches, de ses articulations est une belle leçon d’humilité.
La maladie est le salaire de la longévité. Certaines vous protègent de maux plus graves: ce sont des pare-feux dont la récurrence vous évite peut-être d’être frappé d’autres troubles.
Le seul sens de la maladie c’est de la combattre, même si elle devient avec le temps un double entrelacé à nos vies. On la tient à distance bien que l’on devine la lutte sans issue… Le spectre de la fin nous rend la lumière de chaque jour plus lumineuse.
La certitude de mourir un jour transforme la vie en tragédie et en passion: l’impermanence de toutes choses accroît notre volonté de mordre l’existence à pleines dents.
L’extinction progressive des êtres chers, à mesure que l’on avance en âge, désertifie le monde et fait du survivant un anachronisme dans un univers vide.
La forme suprême de la délicatesse, en matière de consolation, c’est d’être là et d’entourer la personne d’un vaste anneau d’affection jusqu’à ce qu’elle puisse voler à nouveau de ses propres ailes.
Pour comprendre le monde et agir sur lui, il faut entrelacer sans fin les générations par des liens d’amitié, d’intérêts et de conversation afin qu’elles échangent de toutes les façons possibles.
Si grandir, c’est s’affirmer, vieillir c’est chanceler. Le fait d’avoir vécu ne fait pas de moi un possédant mais un dépossédé. Je suis privé de toutes ces années écoulées qui s’additionnent en quelque sorte négativement en se soustrayant à mon être. Je ne puis les thésauriser comme un trésor, au contraire elles me sont comptées à débit. Le temps me dérobe mes certitudes, entame ma résolution.
Pour se prolonger, il faut commencer par se surcharger d’obligations nouvelles. La liberté n’est pas un renoncement, mais un surcroît de responsabilités. Elle ne déleste pas, elle alourdit… La vie n’est pas une maladie dont il faille se remettre. À tout âge, le salut est dans le travail, l’engagement, l’étude.
Jusqu’au bout, il faut demeurer des êtres du oui, de l’adhésion inconditionnelle à ce qui est: célébrer la splendeur du monde, ses éblouissements. Résider sur cette terre est un miracle même si c’est un miracle menacé. Mûrir, c’est entrer dans un exercice d’admiration sans fin, retrouver mille occasions de s’émerveiller devant la grâce d’un animal, d’un paysage, d’une œuvre d’art, d’une musique.
*
LA PUISSANCE DE LA JOIE de Frédéric LENOIR - Ed. Fayard
Émetteur du verbatim : François C.
LE PLAISIR, LE BONHEUR, LA JOIE
Il n’y a pas de bonheur sans plaisir, mais, pour être heureux, nous devons apprendre à discerner et à modérer nos plaisirs.
La «voie du juste milieu», celle de la tempérance et de l’équilibre, qui est aussi source de bonheur. La tradition chinoise donne à cette voie le nom d’ «harmonie», un état d’équilibre permettant la circulation fluide de l’énergie.
On évoque des «moments de bonheur», alors que pour les philosophes et les sages, le bonheur ne peut être fugace, c’est un état durable, l’aboutissement d’un travail, d’une volonté, d’un effort. En fait, nous confondons plaisir et bonheur et nous sommes bien davantage en quête de plaisirs sans cesse renouvelés que d’un bonheur profond et durable.
En même temps que ce sentiment d’euphorie, la joie apporte une force qui augmente notre puissance d’exister. Elle nous rend pleinement vivants.
LES PHILOSOPHES DE LA JOIE
. Michel de Montaigne
. Baruch Spinoza: Permettre une conversion du désir vers les joies les plus actives, donc les plus vraies, les plus profondes et les plus durables.
. Friedrich Nietzsche: Le principe de joie, c’est la puissance et tout ce qui augmente notre force vitale.
. Henri Bergson: La vie existe pour être créatrice. Et la joie est intrinsèquement liée à la création, elle est l’expérience d’aboutissement de la vie: quand la vie réussit, quand elle atteint ce pour quoi elle est faite, on est dans la joie.
LAISSER FLEURIR LA JOIE
Il existe un état d’esprit, un certain nombre d’attitudes, de manières d’être, qui nous permettent de créer ce terreau propice à la venue de la joie:
. L’attention: Il nous faut réapprendre à voir, à toucher, à regarder, à sentir, mais aussi à ressentir intérieurement, à ne pas nous couper de nos émotions.
. La présence: Elle va au-delà du simple fait d’être attentif. Elle est une attention qui engage tout notre être: nos sens, mais aussi notre cœur et notre esprit.
. La méditation: La pleine conscience ne consiste ni à penser ni à réfléchir, mais simplement à être attentif. Je préférerais nommer la mindfulness «pleine attention».
. La confiance et l’ouverture du cœur: Accepter la douleur, c’est le prix à payer pour une vie émotionnelle riche… Pour ouvrir son cœur, il faut avoir confiance dans la vie.
. La bienveillance: La joie est le fruit d’un amour altruiste qui consiste à se réjouir du bonheur de l’autre. Cet amour et la joie qui l’accompagne prennent racine dans la bienveillance, maitri en sanskrit, que ressent le pratiquant envers tout être vivant.
. La gratuité: La joie survient bien souvent quand on n’attend rien, quand on n’a rien à gagner.
. La gratitude: C’est d’abord remercier la vie, ne pas se montrer ingrat envers elle, mais c’est aussi savoir lui rendre ce qu’elle nous a donné. La vie est un échange permanent. Nous recevons, apprenons à donner.
. La persévérance dans l’effort: Ma joie était à la mesure de l’effort consenti et de l’angoisse surmontée. Nous avons tous fait l’expérience de ces belles joies, fruits de la persévérance dans l’effort.
. Le lâcher-prise et le consentement: À partir du moment où l’on n’est plus dans l’obsession de tout maîtriser, nous nous plaçons dans une attitude d’ouverture du cœur, dans une disponibilité d’esprit propice à la joie.
L’expérience taoïste du lâcher-prise nous met dans la joie du flux. En y consentant, on accepte d’accompagner le mouvement de la vie, d’épouser ses formes jaillissantes, parfois surprenantes. On accepte de prendre le risque de vivre en permanence déstabilisé.
. La jouissance du corps: J’adore ressentir et amplifier cette exultation du corps.
DEVENIR SOI
Le premier chemin consiste à aller vers soi: c’est ce que j’appelle la joie de la libération. Le second consiste à aller vers les autres et à s’accorder au monde: c’est la joie de la communion.
Le processus d’individuation est un travail de dé-liaison qui procède d’un double effort d’introspection: prendre conscience de ce qui ne nous convient pas, de ce qui n’est pas nous et, conjointement, prendre conscience de ce que nous sommes vraiment, de nos véritables besoins et de notre nature profonde.
Spinoza nous enseigne que la plus grande servitude, celle qui nous plonge dans la plus grande peine, c’est la servitude à l’égard de nos propres passions. Rien n’est plus important que d’accomplir ce patient travail sur nous-mêmes: nous affranchir de nos tyrans intérieurs, non seulement pour parvenir à la joie mais aussi pour améliorer le monde.
Pour Spinoza, la liberté, c’est l’autonomie. Chaque progrès sur la voie de la libération conduit à la joie…Plus on se libère de ce qui nous aliène, plus on est joyeux.
Un être humain qui est parvenu à surmonter ses passions, à les transformer en joies actives, ne peut plus nuire à autrui. Il a vaincu en lui l’égoïsme, la jalousie, l’envie, le besoin de dominer, la peur de perdre, le manque d’estime de soi ou une trop grande estime de soi, bref tout ce qui crée les conflits entre les individus et les guerres entre les peuples.
S’ACCORDER AU MONDE
. L’amour d’amitié Philia est toujours fondé sur la réciprocité: il ne consiste pas à aimer quelqu’un qui ne nous aime pas, mais une personne avec laquelle nous nous encourageons mutuellement, nous nous aidons réciproquement à nous épanouir, à nous accomplir… Il comporte une dimension sans laquelle aucun amour ne peut être vrai ou épanouissant: la joie de pouvoir être pleinement soi, et d’aider l’autre à être, lui aussi, pleinement lui-même… Il a besoin de gratuité et de réciprocité, faute de quoi, il bascule dans le sacrifice et dans la tristesse.
. De la passion amoureuse à l’amour qui libère Dans sa forme la plus authentique, l’amour relie deux êtres autonomes, indépendants, libres de leurs désirs et de leurs engagements. Un espace doit donc toujours exister entre les deux amants.
Ma vision de l’amour: je le vois comme une relation ouverte et saine, où l’on est heureux que l’autre ait un jardin secret, où il peut déambuler à sa guise, avoir des amis, des relations qui lui sont propres sans que nous vivions pour autant dans une insécurité permanente. J’y vois un état d’esprit où l’on se réjouit profondément de ce qui réjouit l’autre.
. La joie du don Sans la joie que procure le don, qu’en serait-il de l’entraide ou du partage?
. Aimer la nature…et les animaux En respectant la nature et la vie, l’être humain s’accorde au monde, il a une attitude éthique juste. En faisant l’inverse, il se désaccorde de son environnement naturel, le violente, et, tôt ou tard, le paiera cher.
LA JOIE PARFAITE
. Le mental et l’ego L’ego est le support de nos émotions: peur, colère, tristesse, joie… qui contribuent de manière déterminante à la construction de notre personnalité… Le mental a une fonction vitale: il nous permet de survivre.
. Lâcher le mental, ne plus s’identifier à l’ego Ego et mental cessent d’être aux commandes. Ils n’ont plus le contrôle de notre vie. La raison et l’intuition -le Soi hindou- prennent alors le pas sur le mental et l’esprit, sur notre construction égocentrique.
Ainsi le travail de libération intérieure (dé-liaison) et de juste communion avec le monde (reliaison) nous permet de ne plus voir l’ego et le mental comme les uniques pilotes de notre existence. Nous cessons de nous identifier à notre ego, et la connaissance rationnelle et intuitive de nous-mêmes et du monde remplace les opinions du mental. Nous devenons alors pleinement nous-mêmes, et cette plénitude, loin de nous renfermer, nous relie avec les autres, le monde, l’univers, le divin.
. Un chemin progressif vers la joie pure Chaque pas en avant nous libère un peu plus, ouvre davantage notre cœur et agrandit la puissance de notre joie.
. Ne pas vouloir «tuer» l’ego La joie profonde qui m’habite désormais vient de ce long travail de libération et de communion, de dé-liaison et de reliaison, de lâcher prise et de consentement à la vie que je mène depuis bientôt trente ans… et le chemin est loin d’être fini!
LA JOIE DE VIVRE
. La joie spontanée des enfants C’est sans doute l’un des bienfaits de la grande vieillesse, pour ceux qui acceptent d’abandonner le contrôle de leur existence, d’être fragiles, d’avoir besoin d’aide dans leur vie quotidienne. Ils redeviennent souvent comme des enfants et sont dans la joie de vivre.
. La joie d’une vie simple J’ai alors compris ce qu’est la joie de vivre: c’est recevoir la vie comme un cadeau et s’en réjouir. Or, de nos jours, en Occident, nous recevons bien souvent la vie comme un fardeau qu’il faut assumer.
. Libérer la source de joie qui est en nous Nous voulons vivre plus et souhaiterions être immortels, alors qu’il nous faudrait apprendre à vivre mieux et à toucher à l’éternité dans chaque instant pleinement vécu.
. La force du consentement La joie parfaite réside dans ce grand «oui sacré» à la vie, dans la force du consentement… Ce dernier, l’acceptation de ce qui est, ouvre la porte à la joie de vivre. L’enfant et les gens simples sont dans la joie car ils acceptent la vie comme elle est… Ils prennent la vie telle qu’elle s’offre à eux, savent recevoir ce qui est donné, n’exigent pas que la vie soit autre.
. La joie donne sens à la vie et au monde Si notre âme, un instant, a, comme une corde, vibré et résonné de joie de vivre, alors toutes les éternités étaient nécessaires pour que cet unique événement ait lieu.
Épilogue: LA SAGESSE DE LA JOIE
La seconde quête de sagesse aspire davantage à la joie parfaite qu’à l’absence de trouble ou à la sérénité. Elle est moins portée sur la répression des passions et des instincts (première quête de sagesse) que sur leur conversion vers un accroissement de la joie. Elle ne prône pas un idéal de renoncement, mais de détachement, c’est-à-dire de vie joyeuse dans le monde, sans asservissement aux plaisirs mondains et aux biens matériels. Elle croit plus en la puissance du désir et de la joie qu’en la force de la volonté pour atteindre la sagesse, i.e. une joie permanente que rien ne peut détruire, ce qui constitue une autre manière de parler du bonheur.
C’est cette sagesse de la joie, inspirée de Spinoza comme des Evangiles, en laquelle je crois, vers laquelle je tends, que j’essaye, avec toutes mes faiblesses et mes fragilités, de vivre un peu mieux chaque jour et de transmettre avec bonheur.
*
Rise! Tout dépend de vous de Laurent Combalbert et Marwan Mery - Editions Dunod
Émetteur du résumé: François C.
1 LA CONFIANCE EN SOI
Si vous avez une faible perception de vous-même, parce que votre personnalité déprécie vos moyens, acceptez-la. C’est comme une peur. Il faut simplement vivre avec.
Il est nécessaire d’exposer son capital confiance à des défis réalistes, afin de l’apprivoiser et de l’inciter à aller plus loin.
L’ego est un moteur, un facteur motivationnel. Il définit avant tout l’estime de soi.
L’ego a besoin de succès pour pouvoir revendiquer de la fierté. Et la fierté est la meilleure chose qui puisse arriver à la confiance en soi.
L’ego alimente l’assertivité…Votre ego alimente vos convictions, et vos convictions se nourrissent de votre ego.
L’ego et l’humilité doivent faire bon ménage.
Déterminer son niveau de confiance en soi ne peut se faire que dans l’adversité et dans l’épreuve… Oser sortir de sa zone de confort permet de grandir et de découvrir son ou ses seuils de rupture.
Certaines réalisations sont impossibles. Il faut savoir lesquelles et en avoir conscience.
On ne peut pas tous devenir n°1 mondial de tennis, mais on peut tous avoir un destin unique.
2 LE RAYONNEMENT
Le pouvoir que vous avez sur l’autre est relatif. C’est avant tout les autres qui vous donnent du pouvoir.
Il est nécessaire de comprendre l’autre pour présenter le meilleur de soi-même, sans travestir pour autant ce que l’on est.
Le courage est une valeur universellement reconnue. Embrassez-la.
On suscite l’intérêt, voire l’admiration quand on détient un savoir ou une expertise, et quand on sait le/la transmettre.
Votre force intérieure irradie au quotidien malgré vous. Plus vous serez bien dans votre peau, plus les gens le verront, ce qui modifiera positivement le regard qu’ils portent sur vous.
Votre capital personnel s’entretient au quotidien. Cela passe par l’alimentation, la gestion de l’énergie, le sport et le sommeil. Si vous ne faites pas ce qu’il faut, vous vous abîmerez, les gens le verront et vous détruirez malgré vous votre rayonnement.
Une fois les fondamentaux posés, incarnez ce que vous voulez être. L’incarnation n’est que le prolongement de votre rayonnement, ce qui démultipliera sa portée.
3 LE STRESS
Le stress est utile car il assure la survie de l’espèce.
Le débordement, l’imprévu, l’inconfort, l’incompétence représentent à eux seuls tous les agents stressants.
Le stress peut être positif ou négatif.
C’est la perception de l’événement qui génère le stress, pas la situation en elle-même.
Pour réduire l’impact du stress, il est nécessaire de changer sa perception par différentes techniques de distanciation (l’ancrage personnel ; le contre-pied ; la relativisation ; le destinataire réel ; la recontextualisation).
Il est inutile de combattre le stress, il faut simplement l’apprivoiser.
Notre corps peut absorber des phases stressantes, mais il est primordial de lui permettre de récupérer.
4 LA CURIOSITÉ
Les gens les plus intelligents sont les plus curieux.
La curiosité est primordiale pour évoluer dans notre monde complexe.
Les réseaux sociaux annihilent notre curiosité. Ils servent uniquement à combattre l’ennui et à répondre à un besoin de consommation immédiat.
La curiosité développe l’esprit critique, élément fondamental dans un monde où l’information est surabondante et orientée.
La curiosité provoque des opportunités et ouvre des portes insoupçonnées.
Il est cependant difficile d’être curieux, car la curiosité nécessite du temps et un retour sur investissement qui peut être long.
On grandit en comprenant le monde qui nous entoure.
5 LA PRISE DE DÉCISION
Tout choix implique un renoncement.
Les choix sont difficiles à effectuer dès lors que les alternatives possibles sont peu comparables et que les conséquences sont difficilement prévisibles.
L’émotion joue un rôle essentiel dans la prise de décision dès lors que la raison brute est incapable de proposer une décision évidente.
Nous avons toujours le choix, à partir du moment où nous sommes en liberté. Les décisions sont ainsi une question de volonté et non de pouvoir.
Dans la gestion du dilemme, il faut accepter qu’il n’y ait pas de réponse idéale.
Pour faire un bon choix, il faut avant tout savoir ce qui est bon pour vous.
Une bonne décision est une décision assumée.
La capacité à prendre une décision éclairée sera surtout dépendante des bonnes questions que vous saurez vous poser via le questionnement éliminatoire ou la butée.
L’intuition reste le meilleur outil quand le degré de complexité est le plus élevé.
6 LA GESTION DE CONFLIT
Le conflit est positif. Il ne traduit que deux idées divergentes.
Ce qui importe n’est pas le conflit en lui-même mais la façon de le gérer.
L’appétence au conflit est primordiale pour garder ses moyens et sa lucidité quand vous vous opposez à l’autre.
Le premier combat à livrer est celui contre vous-même avant de vouloir changer le monde.
La négociation est de loin le meilleur moyen de gérer un conflit.
Pour négocier efficacement, vous devez faire preuve d’empathie et d’assertivité.
En phase conflictuelle, ne cherchez pas à contre-argumenter. Vous vous opposeriez stérilement aux résistances de l’autre.
Ce que demande votre interlocuteur correspond rarement à ce dont il a besoin.
Ecoutez l’autre pour comprendre et non pour répondre.
Le gain perçu prévaut toujours sur le gain réel.
Ne cédez jamais sans contrepartie.
7 L’OPTIMISME
Pour être optimiste, il faut avant tout être réaliste.
L’optimisme béat est dangereux et très souvent décevant.
C’est en apprenant du passé que l’on prépare sereinement l’avenir.
L’apprentissage d’expériences positives permet de renforcer son capital d’optimisme.
On ne naît pas optimiste, on le devient. Le pessimisme répond à la même règle.
L’éducation et l’environnement déterminent notre capacité à percevoir le monde.
Le manque de compétences ou la mauvaise perception d’une situation nuisent à l’optimisme.
L’optimisme se cultive au quotidien par une pensée positive, une capacité à relativiser et la volonté de bien s’entourer.
Cendrillon et moi de Danielle Teller - Denoël
Coup de cœur de Joseph: Agnès, jeune fille de basse condition, a passé quatre ans au service d’une lingère tyrannique. Elle finit par rencontrer Fernan, messager d’une abbaye, dont elle tombe amoureuse. Celui-ci l’emmena avec lui à l’abbaye, où elle devint femme de chambre. Mais les malheurs d’Agnès ne s’arrêtèrent pas là: après avoir perdu son innocence, elle fut expulsée de l’abbaye et vécut toute sorte de mésaventures, avant de devenir la belle-mère d’une fillette peu commune…
J’ai vraiment adoré ce livre car on part sur un conte de fée classique pour créer une histoire riche et intéressante. Ici, le personnage central n’est pas Cendrillon mais bien sa belle-mère, qui est beaucoup moins méchante qu’on ne le croyait. Les personnages du conte de base sont complexifiés et approfondis, ce qui rend l’histoire beaucoup plus réaliste. Indépendamment de l’œuvre originale, ce livre nous montre la persévérance, l’origine de la méchanceté, la position de la femme, la façon dont les apparences sont perçues par la société, etc… C’est vraiment une histoire riche en thèmes.
C’est un livre que je conseille à tous les lecteurs et lectrices qui aiment bien les contes de fée.
S’AIMER ENFIN! - Un chemin initiatique pour retrouver l’essentiel du Dr Christophe FAURÉ - Ed. Le Livre de Poche
Émetteur du florilège : François C.
Je suis bouleversé de voir la souffrance accumulée dans le cœur de ces personnes qui cachent en elle tant de chagrin, de culpabilité, de regrets, de mots non partagés, d’amour… Je pressens qu’il existe en chacun de nous un immense potentiel de guérison intérieure…
Sur le chemin bouddhiste, chacun est libre et seul face à ses choix… À moi d’assumer mes choix et je ne peux blâmer personne si je me trompe.
Le bouddhisme est une spiritualité de la responsabilité. Le Bouddha n’a-t-il pas dit: «Je ne peux pas vous donner l’Eveil. Il n’y a que vous pour faire le chemin»?
Je lâche prise, sans comprendre que je lâche prise aussi sur mon passé, mes errances, ma fuite en avant. Ce qui se passe à cet instant n’est pas de l’ordre de la raison. Quelque chose d’autre prend le relais mais j’en ignore la nature. Je lâche prise sur cette volonté farouche de contrôler ce qui est… Je fais le choix silencieux d’être pleinement ici. Présent à ce lieu, à ces gens, à cette nouvelle existence. Je choisis de renoncer à ma zone de confort, à mon espace de sécurité où je crois naïvement avoir la maîtrise de ma vie.
Et, plus que tout, avec cette connaissance vient l’apprentissage des méthodes tibétaines de maturation et de transformation de l’esprit : les différentes formes de méditation, les rituels sophistiqués du Vajrayana et leur intense charge symbolique, les pratiques spirituelles transmises de maître à disciple depuis des siècles…
Il vient de me donner un précieux enseignement: la spiritualité passe aussi -et peut-être surtout- par la relation à l’autre. Il est dit que l’autre est notre maître sur le chemin… Cela invite à intégrer, jour après jour, une culture de la vigilance et de l’attention à l’autre. Si je ne suis pas «là», tant je suis focalisé sur moi-même – mon désir, mes peurs, mon mal-être…-je ne peux pas être attentif à l’autre. Je l’oublie. Je ne le vois plus…Vigilance à soi. Vigilance aux autres. Les deux sont liés. Intimement.
C’est ainsi que je me suis drapé dans cette robe et dans cette vie de moine. Un choix qui peut paraître extrême, incompréhensible. Mais l’expérience de vivre cet habit de l’intérieur a tracé en moi un profond sillon.
J’y ai planté des graines de générosité, de bienveillance, de douceur, d’attention aux autres et à moi-même.
Même si j’ai aujourd’hui renoncé à la porter, je sais que ce que j’y ai semé ne cessera jamais de croître.
En vérité, le bouddhisme est tout sauf « zen »…Il est rude et cru dans les prises de conscience qu’il induit. Il est la voie du guerrier qui a pour motivation la bodhicitta, le souci constant d’alléger la peine, la détresse, la souffrance de l’autre. Un guerrier qui tente, là où il est, avec qui il est, armé des moyens qui sont les siens, de mettre un terme à dukkha (souffrance dans son sens le plus vaste).
Au niveau ultime, le propos de l’enseignement du Bouddha est de nous permettre de nous libérer de la prison de notre propre mental. De déchirer les voiles qui nous maintiennent dans l’ignorance de notre propre grandeur et de reconnaître notre nature fondamentale de paix, d’intelligence et de clarté. Cela est véritablement l’Éveil.
Ainsi, à la lumière de la bodhicitta, trouver sa paix ne suffit pas. Cela n’a de sens que si la paix que l’on installe en soi se met au service d’autrui pour l’aider à la trouver à son tour.
Tel est l’enseignement du Bouddha.
Cette pratique vise à connecter le disciple à l’influence spirituelle du maître: le diapason intérieur du maître accompli entre en résonance avec le diapason intérieur du disciple. Sa « note » éveillée aide le disciple à percevoir et à reconnaître sa propre «note», sa propre dimension de sagesse qui est fondamentalement indifférenciée de celle du maître. C’est une transmission spirituelle de cœur à cœur qui est l’un des fondements du bouddhisme tibétain.
L’expérience spirituelle est du même ordre. Elle échappe aux mots qu’on utilise pour la décrire. Tant qu’on n’a pas été traversé par ce vécu éminemment intime, le récit qu’on en fait peut paraître étrange, exalté, partial, un peu «perché». Peu crédible, finalement… L’expérience qui est faite a néanmoins le pouvoir de profondément changer une vie. Elle installe en soi une évidence. Certes à tout jamais subjective et discutable par autrui. Mais elle n’en reste pas moins présente en soi. Immuable.
Dans le bouddhisme, tout est une question de confiance et de liberté. Confiance dans la parole du maître. Liberté de choisir son chemin.
C’est décidé: je vais revenir à Paris. Je vais redevenir médecin. Prendre le risque d’un bouddhisme dans le monde. J’ai tant à perdre en termes de tranquillité, mais j’espère avoir tant à gagner en termes de sens.
Durant ce temps de solitude affective de mon existence où rien de stable ne s’installera, rien ne se construira, je comprendrai que certaines portes devront, pendant un temps, rester fermées, afin d’apprendre ce que je ne peux pas apprendre autrement. J’ai visiblement encore tant à comprendre.
Il n’y a pas de lumière sans ombre. Cela aussi est le chemin.
Chacun de nous a un chemin. Un destin. Un karma. Comme une sorte de mission de vie. Pour ma part, c’est être médecin.
Quand le psychologique s’est apaisé, le spirituel a enfin pu prendre son essor. Il était jusque-là entravé, bloqué, étouffé sous la quête personnelle d’un mieux-être. Nourri d’une sagesse qui m’a ouvert les yeux, j’ai alors découvert le sens de la bodhicitta. L’invitation à prendre soin de soi pour prendre soin de l’autre. L’aspiration à fonder sa vie sur l’accomplissement du bienfait des autres. Là où on est. Du mieux qu’on le peut.
J’ai compris que mon chemin de vie, le chemin de chacun d’entre nous, est en relation directe avec nos blessures. Elles définissent notre potentiel et nous montrent la voie… J’ai l’intime conviction que, par les épreuves que nous rencontrons, nous sommes inlassablement conduits sur les voies de notre destin…Notre chemin est relié aux peines et souffrances de notre histoire.
Toutes ces personnes que j’ai rencontrées depuis mon retour ont illuminé ma vie. Elles m’ont enseigné la force de l’engagement. Il n’y a pas de meilleure façon d’être présent au monde.
Premier enseignement Nous seuls pouvons choisir ce que nous faisons de notre vie
Il ne tient qu’à nous de donner son plein essor à notre liberté fondamentale de choisir notre vie…Même dans les situations les plus extrêmes, il y a toujours un espace, si restreint soit-il, où notre liberté peut s’exprimer.
Prenez vous-même votre vie en main, sans attendre que quelqu’un d’autre la vive à votre place! Ayez peur -c’est légitime- mais avancez en dépit de tout: cela est la définition même du courage! Et si vous ne savez pas où aller, cherchez avec confiance, encore et encore, animé de cette conviction qu’il y a quelque chose d’essentiel qui vous attend au bout de cette quête… Ne renoncez jamais à être qui vous êtes. Faites cet acte d’amour envers vous-même.
Deuxième enseignement Le bonheur n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une vie fondée sur l’union de la sagesse et de la compassion
«Mène une vie où tu t’efforces d’être bénéfique pour toi-même et autrui»: c’est la dimension d’amour et de compassion. «Pacifie ton esprit»: c’est la dimension de sagesse.
Les boussoles que le Bouddha propose à notre observation se nomment paramitas. Elles sont au nombre de six. Paramita signifie littéralement: «Aller de l’autre côté de la rivière». Aller de l’autre côté de l’illusion et de l’ignorance.
. La générosité est la première paramita. Elle consiste en l’exercice du don, dans toutes ses formes : donner un bien, de l’argent, mais aussi un sourire ou son attention à quelqu’un. Donner de son temps… Ultimement, c’est donner et aimer sans condition, nourrir une volonté sans cesse renouvelée de rester ouvert à l’autre, de ne pas nuire.
. Cette volonté provient de la deuxième paramita: la discipline, encore appelée éthique. La discipline/éthique préconise d’éviter tout comportement négatif: l’agressivité, la jalousie, l’orgueil, la malveillance, la médisance ; tromper l’autre ou lui dérober ses biens. À l’inverse, elle invite aux actes positifs, comme protéger la vie, être fiable et honnête dans ses propos, dire la vérité, parler à bon escient et avec sagesse, chercher à créer l’harmonie dans toutes les circonstances de l’existence.
. Troisième paramita: patience/douceur. C’est la capacité à endurer, à supporter les inévitables lourdeurs, contraintes et frustrations de l’existence. Adopter une attitude de flexibilité, de souplesse, d’acceptation face aux difficultés, sans se laisser emporter par la colère ou l’impatience.
. Quatrième paramita: celle de l’endurance, de «l’effort enthousiaste», une énergie que l’on mobilise pour mener à bien ce qu’on estime être bénéfique ou positif. C’est celle qui permet toutes les avancées, toutes les réalisations, tous les accomplissements. Elle parle de constance dans l’effort. C’est l’antidote à la paresse, à la passivité, au découragement, à la procrastination, à l’auto-sabotage. Elle recèle un secret de la pratique spirituelle : la régularité.
C’est également la paramita de l’engagement, le premier étant vis-à-vis de soi, car il n’y a pas d’engagement solide envers les autres sans engagement résolu envers soi-même.
. Cinquième paramita: celle de la méditation. Elle s’appuie sur le principe de répétition: elle ne portera ses fruits que par une pratique régulière. Ce n’est que par la régularité de la méditation que l’esprit se transforme petit à petit. Il gagne progressivement en clarté, en stabilité. La constance est la condition première pour acquérir de tels résultats.
. Sixième paramita: c’est à la fois la sagesse ultime, où on réalise le non-soi, la vacuité des êtres et des phénomènes, l’expérience directe, immédiate, de l’esprit et de sa réalité. Mais aussi la sagesse dite «conventionnelle»… Cette paramita permet de ne pas se tromper sur la réalité, en l’appréhendant avec discernement et conscience.
Trouvez vos propres boussoles! Des valeurs fiables qui vont faire ressortir le meilleur en vous, des principes qui vous transcenderont et nourriront votre existence de l’intérieur. Prenez réellement soin de vous, avec effort, courage et détermination, en accrochant vigoureusement les wagons de votre vie à une locomotive qui a du sens.
Troisième enseignement La paix qu’on se donne à soi-même n’a de sens que si on l’offre en retour
Si je fais la paix en moi, de quelque manière que ce soit, par la méditation ou tout autre moyen, puis-je moi-même offrir la paix en retour à autrui, afin de le toucher intérieurement de la même manière que cette femme m’a touché?
Il y a de la joie dans cette prise de conscience. La joie de constater qu’on peut spontanément faire du bien à ceux qui nous entourent par le simple fait d’aller à la rencontre de nous-mêmes.
Ne serait-ce pas là le sens des mots du Dalaï-Lama? «Fais la paix en toi et tu feras la paix dans le monde.»
Quatrième enseignement La mort est le bienveillant phare de notre vie
Je suis triste en quittant cette chambre. Cette femme découvre qu’il n’y a pas de plus lourd fardeau en fin de vie que le constat d’une vie non vécue.
Qu’est-ce que la vie attend de chacun d’entre nous? Quelles sont les forces et potentiels qui sommeillent en nous, quelle aptitude au bonheur, à la paix, à l’expression du meilleur de nous-mêmes? Quels trésors de gentillesse, de générosité, de courage, de patience, de créativité attendent d’être révélés au grand jour? Quelles décisions devons-nous prendre aujourd’hui pour rendre cela possible? Quels choix devons-nous faire, au-delà de la peine et de l’inertie? Qu’attendons-nous?…
À chaque instant de notre vie, nous pouvons prendre la courageuse décision d’être à la hauteur de ce que nous sommes, d’être à la hauteur de notre potentiel d’amour, de compassion, d’intelligence et de sagesse. Voilà en quoi la conscience de la mort, loin d’être sinistre et mortifère, aide à être encore plus vivant, car cela permet d’aller à l’essentiel.
Avant de nous dire au revoir…
Plus vous allez aimer, plus vous allez rendre consciente et manifeste votre capacité d’amour et plus vous allez ainsi entrer en lien intime et profond avec vous-même.
C’est en cela que prendre soin de l’autre mène à soi. C’est en cela qu’une vie délibérément placée sur l’axe de la bienveillance, de l’ouverture et de l’amour nous aligne sur ce que nous sommes fondamentalement. Voilà pourquoi donner de l’amour nous fait tant de bien! Aimer prend alors son véritable sens. Bien plus large et bien plus vaste qu’on n’imagine. Cela nous rend plus intelligent et plus juste dans notre rapport à nous-mêmes. Car aimer nous met tout simplement en cohérence, en phase, avec nous-mêmes.
Comme une proposition qui pourrait changer votre vie: l’invitation d’accueillir la spiritualité au cœur de votre vie…La spiritualité est, avant tout, un mouvement, une dynamique, un moyen qui permet d’aller à la recherche de soi. À la recherche de l’amour qui est en nous et qui a besoin de nous pour se révéler à lui-même.
*
SE REINVENTER GRÂCE A LA PLANIFICATION STRATEGIQUE PERSONNELLE de Daniel BEAULIEU - J’ai lu Bien-être
Émetteur du verbatim: François C.
Avoir des objectifs et être en route pour les atteindre est un élément central dans toute démarche associée au mieux-être.
Une planification stratégique (P.S. dans la suite du texte) vise plus «de ce qui est important» et moins de ce qui est inutile, de ce qui vous nuit ou qui ne vous apporte aucune satisfaction.
Section 1 LA PRÉ-PLANIFICATION
Chapitre 1. Les étapes de pré-planification
Pour qui?Prendre le temps de faire une P.S., au moins une fois par année, est un processus qui peut être utile à tous. Cela peut éviter bien des problèmes et, surtout, ajouter énormément de qualité au quotidien.
Quoi?Une P.S. vous baigne de remises en question, dans toutes les facettes de votre vie ; c’est l’occasion de re-décider votre itinéraire de vie, non seulement de ce que vous voulez vivre pour les prochaines années, mais également de ce que vous souhaitez éliminer.
Où?Le lieu choisi exerce une influence importante sur la clarté, la qualité d’énergie et la rapidité d’exécution de sa P.S.
Combien de temps?La durée varie en fonction de l’âge, des changements survenus en cours d’année, de la complexité des défis en cours, de votre niveau d’énergie, de la qualité des P.S. antérieures… et du temps que vous souhaitez y investir.
Quand?Un processus de P.S. est utile annuellement et chaque fois que des changements importants viennent bousculer le cours de la vie.
Avec qui?Utile et intéressant: réunir un groupe d’individus «boostés», originaux, fonceurs, créatifs… Ils pourront bousculer vos croyances, redéfinir ce qu’est une année bien remplie, une vie excitante. Utilisez-les pour «challenger» vos objectifs, dynamiser votre enthousiasme, attiser le feu sacré en vous.
Avec quoi?L’enthousiasme ; la préparation matérielle.
Pourquoi?Plus que jamais, une P.S. s’impose en ce rythme effréné du XXIème siècle. Une P.S. vise précisément cet objectif : recentrer son attention sur soi afin de retrouver son unicité, de répondre à ses besoins propre… et de retrouver son goût de vivre pleinement.
Section 2 OU SUIS-JE? QUI SUIS-JE?
Chapitre 2. Parcours de bilan
Le tour du jardin
Réponse à de nombreuses questions -la plupart pertinentes- portant sur tous les secteurs de votre vie au cours de cette dernière année.
Passif, réactif ou proactif?
Le passif ne fait rien pour améliorer son sort, développer son potentiel, faire face aux défis qu’il doit affronter ou aider ceux qui l’entourent.
Le réactif est celui qui est contrôlé par les forces extérieures… Le prototype du réactif est l’ado. typique.
Les proactifs «juniors» sont ceux qui ont commencé à se responsabiliser et à exercer leurs pouvoirs dans un ou deux secteurs de leur vie, et à court terme. Le proactif «senior», par contre, a pris le temps de réfléchir à ce qui le distingue dans son essence, ses valeurs, et ce qu’il souhaite faire de sa vie.
Définir sa/ses cible(s) de pro-action.
La fenêtre FFOM
Il s’agit d’écrire vos forces, faiblesses, opportunités à saisir actuellement et menaces qui vous guettent dans votre vie en général comme dans certains secteurs de celle-ci en particulier.
Analyse par mois
Évaluer votre dernière année mois par mois. Indiquer, pour chacun, les éléments, événements importants, pertinents, qui sont survenus.
Analyse par saison
Découvrir une nouvelle source de réflexions intéressantes en analysant le déroulement de votre vie selon les saisons.
Bilan du réseau social
Étant donné l’influence des autres sur nous, il est indispensable de prendre le temps d’analyser notre entourage social au moins une fois par an, pour nous assurer que ces acteurs continuent de contribuer positivement à notre vie et à l’orientation que nous souhaitons lui donner.
Analyse de vos forces
Ne vous contentez pas seulement d’écrire vos forces, indiquez également à quel point vous les exploitez dans votre travail, donc la quantité mais aussi la qualité.
Au cours d’une semaine normale, quel pourcentage de votre temps consacrez-vous aux activités dans lesquelles vous excellez ?
Analyse selon votre indice d’innovation
Quel a été votre indice d’innovation dans votre dernière année dans chacune des sphères de votre vie?
Quelle innovation (une ou plusieurs) souhaiteriez-vous apporter dans chacun des secteurs de votre vie au cours de la prochaine année?
Analyse de la fluctuation de votre niveau d’énergie pendant l’année
Votre niveau d’énergie est un déterminant majeur qui affecte vos réalisations, vos relations, votre jugement et votre capacité de changer les choses.
Analyse de votre temps
À partir d’un tableur, indiquez votre répartition de temps le plus fidèlement possible en écrivant le nombre d’heures réelles ou en utilisant des pourcentages (travail ; famille ; apprentissage ; couple ; amitiés ; sports ; spiritualité).
Quelles seraient trois actions que vous pourriez entreprendre pour que l’utilisation de votre temps se traduise par de plus grands bénéfices pour vous ?
Analyse en fonction de votre croissance
Choisissez un secteur de votre vie. Êtes-vous à pleine maturité, en début de floraison ou plutôt au stade de semis dans ce secteur? Vous attendez-vous à une récolte alors que vous êtes à peine au stade de la levée?
Analyse de vos décisions et actions
Tableau secteurs de ma vie/Décisions et actions dont je suis fier/Décisions et actions dont je suis insatisfait ? / Pourquoi?
Les éléments à éliminer
Que pourriez-vous éliminer pour embellir votre vie cette année? Y a-t-il une habitude qui ne vous aide pas du tout? Une personne qui «siphonne» votre énergie? Une occupation, un passe-temps qui ne correspond plus vraiment à qui vous êtes ou à ce que vous voulez?
Chapitre 3. Retrouver son essence
En prenant pleinement conscience de ce qui vous distingue, vous facilitez et embellissez votre vie de multiples façons. A) votre temps et votre énergie deviennent investis (enfin !) de manière rentable ; B) Vous devenez aussi capable d’admirer les autres essences sans être jaloux de leurs caractéristiques ; C) Vous avez la connaissance de ce que vous devez faire, choisir, ajouter, éliminer dans votre vie pour être au meilleur de vous-même.
Quel est votre nom?
Cet exercice vous propose de trouver un nom significatif, rempli de sens et qui décrit soit où vous êtes, soit où vous voulez aller.
Le jour où vous trouvez le nom associé à votre essence profonde, ça a l’effet d’une catharsis. Tout devient plus clair, plus solide, tout comme un arbre au tronc droit aura plus de force que s’il est penché.
Plusieurs questions pour aider votre réflexion à ce sujet.
Vos meilleurs moments
Analysez les meilleurs moments de votre vie, ceux où vous avez ressenti le plus de satisfaction, ceux où vous avez ressenti le «flow», soit un moment où vous êtes envahi d’un grand bien-être pendant la réalisation d’une activité ou d’un travail quelconque.
Qui suis-je?
Des questions supplémentaires -pour vous conduire vers des réponses supplémentaires.
Fenêtre de Johari
Zone publique, connue de moi et des autres.
Zone cachée, connue seulement de moi.
Zone aveugle, connue seulement des autres.
Zone inconnue, inconnue de moi et des autres.
Les rôles de votre vie
Pour mieux vous connaître, faites le tour des rôles que vous jouez ou avez joués dans les dernières années, et voyez si vous pouvez y reconnaître de nouveaux éléments ou confirmations de votre essence.
La connaissance de soi
Liste d’options opposées: placez un X pour indiquer la position où vous vous situez sur ces continuums.
Enquête et en quête de sens
Un bilan
Questions: Ce qui m’apporte le plus de satisfaction dans ma vie?
Ce qui doit faire partie de ma vie pour que je vive le «flow»?
Ce que j’ai de plus précieux à apporter aux autres?
Les dons et talents les plus précieux que j’ai reçus?
Chapitre 4. Établir sa hiérarchie de valeurs
Nous sommes tous amenés à faire des choix plus ou moins difficiles dans notre vie. Le premier avantage à avoir établi sa propre hiérarchie de valeurs est la paix d’esprit ainsi que la clarté de ses décisions.
Vos valeurs se révèlent à travers:
. les personnes que vous admirez, mais aussi à travers celles qui vous font réagir ;
. les moments d’intense satisfaction, de réalisation de vous-même ;
. vos décisions et actions passées ;
. les influences principales que vous avez connues depuis votre jeune âge ;
. des choix conscients et délibérés.
Un survol
Plusieurs questions portant sur les valeurs les plus importantes que vous incarnez et que vous avez décelées.
Questions à 100€
Plusieurs autres questions sur les valeurs que vous incarnez.
Dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es
Quelles sont les personnes que vous admirez le plus? Assurez-vous d’y ajouter toutes celles qui sont significatives pour vous, qu’elles soient réelles ou tirées d’un roman ou d’un film.
Dilemme, dilemme!
Exercice invitant à reconnaître non seulement les valeurs que vous recherchez, mais surtout celles que vous fuyez.
Vos souvenirs
Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs (enfance ; adolescence ; jeune adulte ; adulte ; vie amoureuse ; vie familiale ; moments seul ; travail/école ; amis ; plan spirituel)?
Pour voir encore plus clair
Autres questions.
Qualificatifs et substantifs
Décelez les mots qui vous attirent et ceux qui vous rebutent.
Compilation
. Placez en ordre hiérarchique les valeurs que vous vous engagez à respecter dans les prochains mois.
. Si vous avez pu déceler les valeurs que vous fuyez, écrivez-les ici, afin de ne pas oublier leur influence sur vous.
. Êtes-vous bien aligné avec vos valeurs pour poursuivre votre route?
Chapitre 5. Votre énoncé de mission
Un énoncé de mission se compose de quelques phrases, un bref paragraphe, pour statuer clairement sur la direction que vous souhaitez donner à votre vie sur les plans personnel et professionnel, basée sur l’exploitation de votre plein potentiel. Il clarifie non seulement ce que vous voulez faire de votre temps, de votre vie, de vos talents, de votre argent, mais aussi ce que vous ne ferez pas.
Section 3 TRACEZ VOTRE ORGANIGRAMME
Chapitre 6. Votre organigramme personnel
. Identifiez les départements et sous-départements qui sont au cœur de votre vie.
. L’organigramme doit être complet ; tout département qui n’y apparaîtra pas ne pourra être analysé ni bonifié.
. La création de votre organigramme doit être un processus dynamique.
. Il est à prévoir que, année après année, il y aura des transformations qui s’opéreront dans votre propre organigramme.
Établir son organigramme personnel oblige à organiser sa pensée ; amène une nouvelle perspective d’ensemble de sa vie ; révèle de façon claire des informations souvent inconscientes ; facilite l’analyse ; donne un repère pour maintenir le cap sur ses objectifs ; organise les priorités ; sert de boussole dans les moments plus difficiles.
Section 4 DU RÊVEUR AU CRÉATEUR
Chapitre 7. Comment bâtir vos objectifs
Le simple fait d’acquérir des compétences de planification et d’apprendre à se fixer des objectifs peut, en soi, améliorer votre qualité de vie et votre bien-être.
Dix bonnes raisons de se fixer des objectifs pour: engager vos forces et vos compétences ; garder le contrôle sur votre vie ; nourrir votre enthousiasme ; augmenter votre niveau d’énergie ; canaliser votre attention ; améliorer votre estime personnelle ; accroître votre confiance en vous-même ; célébrer vos progrès et réalisations ; avoir la fierté de dépasser vos limites ; inspirer ceux qui vous entourent.
Douze repères pour bâtir des objectifs gagnants:
- Spécifiques et mesurables.
- Les écrits restent.
- De l’envergure, SVP !
- Proactifs.
- Fixer des dates limites.
- Rendre vos buts publics.
- Engager votre intelligence visuelle.
- Importance des objectifs à court terme.
- Trop, c’est comme pas assez !
- Les pouvoirs de la nouveauté.
- Etablir vos priorités.
- Déterminer un plan d’action.
Chapitre 8. Quelques recommandations de l’autrice
. Revoir les conclusions de vos précédents exercices.
. Vous servir de votre organigramme pour bâtir, dans chaque département et sous-département, des objectifs qui mériteront votre investissement physique et émotionnel.
. Des buts qui en valent la peine (stimulants et inspirants).
. Permission de décoller !
. Un dernier regard sur votre P.S..
Section 5 L’APRES-P.S.
Chapitre 9. Nourrir vos objectifs à court, moyen et long terme
. Dans les jours suivant votre P.S.
. En cours de route.
. Évaluation en mi-année.
. Suggestions pour votre prochaine P.S.
Chapitre 10. Des P.S. pour différents publics
. P.S. pour les jeunes.
. P.S. pour les retraités.
. P.S. pour les couples.
. P.S. pour les familles.
Conclusion
À travers votre processus de P.S., vous venez de rejoindre un groupe de gens exceptionnels, des individus qui refusent de laisser leur vie au hasard et qui choisissent de mettre leur intelligence au service d’une vie pleinement vécue. Votre P.S. deviendra le gardien non seulement de vos rêves et de vos ambitions, mais surtout de votre essence. Que votre année soit stimulante, enrichissante et qu’elle vous conduise à ce qui représente pour vous une vie pleinement accomplie et épanouie!
SOFT SKILLS - Audace ; Vision ; Motivation ; Persévérance ; Adaptabilité de Julien BOURET, Jérôme HOARAU et Fabrice MAULEON - Ed. DUNOD 2018
Émetteur du verbatim: François C.
Partie 1 L’urgence des Soft Skills
Ch. 1 Les Soft Skills à l’aube de 2020
La période actuelle se caractérise en particulier par une accélération de l’obsolescence des compétences… La révolution digitale actuelle pose de nombreux questionnements à ce sujet.
Dans un environnement VUCA (Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu), il est devenu plus difficile de manœuvrer, que ce soit pour les États ou pour les organisations. Ce changement d’axe influe sur la question des compétences et donc des Soft Skills.
Ch. 2 La révolution digitale
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère que l’on peut qualifier de quatrième révolution industrielle ou de deuxième âge des machines.
Cette révolution industrielle conduit bien évidemment à des bouleversements économiques qu’il faut anticiper le plus possible pour en réduire les effets négatifs.
Cette révolution est aussi d’ordre organisationnelle. L’entreprise digitale n’est pas une simple adaptation de modèle d’affaire. C’est une mutation anthropologique et managériale.
Ch. 3 L’avenir du travail et des compétences
L’emploi fixe comme nous l’avons connu depuis des décennies risque très certainement d’être modifié par l’actuelle révolution digitale. Et un grand nombre d’emplois sont susceptibles de disparaître sans être remplacés.
Pour autant, une économie du travailleur indépendant n’est pas uniquement synonyme de conséquences négatives. Pour ceux qui sauront entretenir, développer et valoriser leurs compétences clés, un avenir plus profitable est possible.
Il est important de diffuser les Soft Skills dans les référentiels de métiers, de compétences et dans les caractéristiques des futurs métiers.
Ch. 4 Entrepreneur: un métier d’avenir ?
Tout le monde peut développer un état d’esprit entreprenant, ainsi que les Soft Skills permettant de rester proactif et orienté solution.
Un indépendant peut choisir son statut suivant ses avantages pour exercer un métier.
Le travail en mode mission amène à développer des Soft Skills liées à l’esprit d’entreprise.
Les entreprises sont elles aussi amenées à s’adapter au travail en mode mission pour lequel elles font de plus en plus souvent appel à des indépendants.
Partie 2 L’IA, accélérateur de Soft Skills
Ch. 5 L’IA, nouvelle grille d’analyse des compétences
L’intelligence artificielle est la rupture majeure de la nouvelle révolution digitale dans laquelle nous sommes entrés. Son objet est de pouvoir exercer des tâches comme pourrait le faire l’homme avec son intelligence.
Cette technologie pose de plus en plus la question de la substituabilité de l’homme par la machine quant à la réalisation de tâches complexes… La puissance d’analyse actuelle de ce nouveau mode de pensée artificielle est en voie d’offrir une alternative aux tâches les plus précises.
Ch. 6 L’humain augmenté et les Soft Skills
La période actuelle prend la direction d’une fusion inéluctable entre l’homme et les machines qui prennent place dans tous nos quotidiens. Aux côtés de l’IA, le Big Data, l’Internet des objets et la réalité virtuelle sont d’autres technologies qui accélèrent notre mutation.
Cet environnement nouveau provoque une mutation de l’homme qui l’habite. Nous devenons ou allons devenir des hommes et femmes augmentés par ces nouvelles technologies digitales. La principale conséquence sera de redessiner le périmètre des compétences afin de décider ce qui sera exclusivement confié à la machine et ce qui sera l’apanage de l’homme, à savoir les Soft Skills.
Partie 3 Les Soft Skills au cœur de l’entreprise
Ch. 7 L’intelligence émotionnelle au cœur de l’entreprise
L’intelligence émotionnelle est une Soft Skill que chacun peut entraîner et qui peut transformer vos relations interpersonnelles.
Il existe un lien intime entre le flux de nos pensées et celui de nos émotions…Distinguer deux grandes catégories de pensées, celles qui auront plutôt tendance à vous procurer des émotions agréables, et celles, au contraire, qui seront souvent à l’origine d’émotions désagréables.
Par une meilleure compréhension de l’impact de nos pensées sur notre dynamique émotionnelle, ainsi que par une plus grande maîtrise de celle-ci, il nous est possible de devenir acteur de notre flux émotionnel.
Ch. 8 L’enjeu de maintenir l’humain au cœur de l’entreprise
Six «actants» contribuent à l’accroissement de la productivité dans les organisations : la puissance de calcul (ordinateurs) ; les objets connectés ; l’intelligence artificielle ; la réalité virtuelle ; l’impression 3D ; les nanosciences (nanotechnologies, biochimies, etc.) Ces derniers permettent à l’humain de déléguer de plus en plus de tâches automatisables et techniques…Cela le pousse à être plus innovant et à cultiver ses Soft Skills, telles que la curiosité, la créativité, l’adaptabilité ou l’humilité.
L’humain reste l’acteur clé de la réussite de l’entreprise à partir du moment où la direction a l’intention de prendre soin de lui.
Ch. 9 La valeur ajoutée de l’humain
Les points de force et les Soft Skills de chaque individu apportent une plus grande valeur ajoutée à l’entreprise.
Lorsque les personnes sont positionnées sur les bonnes missions et si le cadre de travail instauré est propice à la motivation, cela améliore la performance.
Chaque personne est unique et peut apporter sa contribution de manière originale à l’entreprise avec ses Soft Skills.
Partie 4 Développer ses Soft Skills au quotidien
Ch. 10 L’intelligence intuitive et la No-w Strategy
L’intelligence intuitive est accessible à tout instant et par chaque personne qui s’y entraîne. Pour pratiquer cet entraînement, il convient d’apprendre à mettre en sommeil notre «juge intérieur», celui qui est très fort pour analyser, calculer, anticiper, mais qui est aussi responsable de peurs et de doutes qui freinent l’atteinte de nos objectifs.
Pratiquer la No-w Strategy, attitude clé pour réveiller le «cerveau droit», siège de l’intuition, si précieuse pour prendre le dessus sur notre «juge intérieur»… Instaurer dans votre quotidien le rituel suivant: revenez au présent (dans le Now) grâce à votre respiration par exemple, choisissez un objectif qui vous inspire, visualisez-le «comme si vous y étiez», et faites-vous confiance.
Ch. 11 Cultiver les intelligences multiples
Il n’y a pas une intelligence humaine, mais différentes formes d’intelligence humaine. Chaque humain possède neuf intelligences multiples (linguistique ; musico-rythmique ; logico-mathématique ; visio-spatiale ; kinesthésique ; intra-personnelle ; interpersonnelle ; naturaliste ; existentielle) qu’il peut développer grâce à des activités régulières et diversifiées.
Le cerveau se développe par sa capacité à se créer des programmes, à développer ses compétences et ses habitudes. Il évolue également physiquement, par le biais de la plasticité neuronale reposant sur la neurogénèse et la réserve cognitive.
Ch. 12 Se réapproprier son temps et son attention
Notre attention est fragile. Elle peut être facilement détournée, par les notifications digitales, par exemple. Notre capacité à garder une certaine maîtrise sur cette aptitude précieuse représente une véritable Soft Skill qui peut être entraînée.
L’équilibre attentionnel = la bonne complémentarité entre Soft Skills et Hard Skills. Cet équilibre attentionnel est un véritable secret pour une bonne gestion du temps. En effet, gérer son temps, c’est aussi et surtout gérer l’agencement de nos divers sujets d’attention. Au quotidien, il convient de redevenir conscient de là où nous portons notre attention.
Ch. 13 Pourquoi les Soft Skills sont-elles indispensables?
Cultiver sa singularité au quotidien implique d’adopter une forme de code Soft Skills. Ce code sera nécessaire pour vous permettre de développer une posture créative, unique et qui ne tombe pas dans le piège de la répétition. La créativité bien sûr, l’audace, la prise de décision ou encore l’empathie peuvent être des exemples de Soft Skills qui vont bâtir ce code et cette posture.
Développer nos Soft Skills… consiste à devenir un peu mieux qui nous sommes véritablement, en osant être cette personne en toutes conditions.
Ch. 14 Le code Soft Skills
- Inédit: correspond au caractère nouveau et non répétitif que chaque individu est en mesure d’adopter, que ce soit en termes de pensées, d’émotions, de comportements, de créations et de résultats.
- L’amélioration continue: l’attitude dynamique de progression constante que nous vous invitons à adopter.
- Faire face aux flux d’informations: savoir être IN DIET représentera une précieuse attitude pour renforcer sa capacité de concentration, sa gestion des émotions et sa capacité à prendre du recul.
- Penser hors du cadre.
- Garder le calme.
- L’intention: savoir faire preuve de ténacité et de confiance en soi pour mener à bien ses projets en respectant l’agencement des différentes actions prévues.
- L’identité numérique.
Partie 5 Reprogrammez votre métier en 4 étapesCh. 15 Les Soft Skills et votre avenir professionnel
Chaque personne possède un capital Soft Skills qu’elle a développé au fil du temps. Souvent inconscientes, ces Soft Skills permettent de faire la différence.
Il est important de réfléchir plus consciemment aux compétences que vous avez pu capitaliser tout au long de votre carrière pour pouvoir les activer plus rapidement et efficacement.
Pour passer au niveau supérieur, connaître vos axes d’amélioration pour développer les Soft Skills qui vous font encore défaut et qui pourtant vous permettraient d’exceller dans votre métier.
Ch. 16 Étape 1 Visualiser
Pour se préparer au futur, mieux vaut prendre le temps de le visualiser et de s’immerger dans le scénario mental désiré, comme si vous y étiez.
Vous avez les cartes en main et vous n’êtes absolument pas obligé de subir votre futur, au contraire…Nous vous invitons à projeter des objectifs professionnels et à avancer pas-à-pas pour y arriver. Le premier pas correspond à cette visualisation (à pratiquer le plus régulièrement possible).
Ch. 17 Étape 2 Simplifier
Dans un monde où la complexité grandit au rythme des avancées technologiques, la capacité à simplifier (trois étapes : prioriser, organiser, éliminer) devient une compétence de plus en plus précieuse.
Les bénéfices de la simplification sont multiples, néanmoins certains reviennent régulièrement tels que : gain de temps ; communication plus fluide ; plus d’efficience ; plus d’efficacité.
Ch. 18 Étape 3 Programmer
La programmation se fait au niveau des actions et des comportements…Elle passe par quatre étapes : but, moyens, actions, résultats.
La gestion du succès est un point critique dans le processus de programmation…La répétition dans la durée est la clé pour développer de nouvelles compétences et de nouvelles habitudes.
Ch. 19 Étape 4 Implémenter
La capacité à passer à l’action repose sur plusieurs Soft Skills telles que l’audace, la motivation ou la capacité à s’organiser.
Fiches pratiques: Les 5 minutes d’action contre la procrastination ; Le booster d’audace ; Le Mind mapping ; Prioriser pour gagner du temps.
Les âmes croisées de Pierre Bottero - LGF
Coup de cœur de Jeanne, l'animatrice de notre club de lecture: Nawel Hélianthas est une jeune Perle d’une des plus grandes familles Jurilan. Quelques semaines avant la cérémonie des Aspirants, à l’issue de laquelle chacun d’eux revêt la Robe de son choix, Nawel tue une Cendre. Cet épisode, qui aurait pu rester anecdotique, la hante et la pousse à faire un choix qui bouleversera son existence…
«Vivre c’est se mettre en danger, réalisa-t-elle. De la même façon qu’apprendre à marcher, c’est d’abord accepter l’idée de tomber.»
Tout comme La quête d’Ewilan, j’ai finalement adoré Les âmes croisées! Dès les toutes premières pages, j’ai été replongée dans l’univers si singulier de Pierre Bottero. J’ai été assez surprise de retrouver la même atmosphère que dans ses autres romans, et surtout de m’en souvenir alors que j’avais lu les précédents il y a plusieurs années déjà! Sa plume est en en effet assez reconnaissable, notamment à ses phrases très courtes et percutantes.L’histoire initiale peut sembler un peu clichée mais c’est vraiment Nawel qui fait toute la force du roman. Au début c’est un personnage plutôt repoussant et énervant, victime d’une éducation qu’elle n’a jamais remise en cause. J’ai donc été particulièrement soulagée de la voir se transformer petit à petit, parce que je m’en voulais jusqu’alors d’essayer de m’attacher à un personnage si antipathique! Ce premier tome est donc avant tout un roman initiatique qui retrace l’émancipation d’une jeune femme pleine de caractère dans un monde dangereux et complexe où les puissants Perles asservissent les Cendres, plèbe insignifiante destinée aux tâches domestiques et ouvrières.
« – Vous êtes donc bien plus prisonnières que moi, affirma-t-il.– Pourquoi?
-Parce que moi, je sais où sont mes barreaux. »
En bref, Les âmes croisées est un roman de fantasy captivant que j’ai adoré. Il m’a donné très envie de relire Ellana, Le pacte des Marchombres (que je vous conseille, c’est sûrement un de mes livres préférés !) et de commencer l’Autre, une autre trilogie de fantasy de Pierre Bottero…
LE MONDE QUI VIENT EN 33 QUESTIONS de Michel Levy Provençal - Ed. Belin 2019
Émetteur: François C.

Question 1 LE CERVEAU PLANÉTAIRE Et si chaque millimètre carré de notre planète était connecté ?
Question 2 L’EAU: UN DROIT HUMAIN Et si l’accès à l’eau était un droit humain?
Question 3 LE TEMPS DE L’ABONDANCE ÉNERGETIQUE Et si l’énergie devenait à la fois abondante et non polluante?
Question 4 BIOMIMETISME: LA VILLE RÉSILIENTE Et si nos villes étaient conçues, en nous inspirant de la nature, comme des organismes vivants et résilients?
Question 5 RURALISATION, URBANISATION, HYBRIDATION Et si nos campagnes s’urbanisaient et nos villes se ruralisaient?
Question 6 QUAND LA ROUTE PREND L’AIR Et si le futur de nos routes était dans les airs?
Question 7 LA RECONQUÈTE SPATIALE Et si l’espace était accessible au plus grand nombre pour y puiser des ressources, pour y voyager ou pour y habiter?
Question 8 AU-DELÀ DU SYSTÈME SOLAIRE Et si nous colonisions l’univers au-delà du système solaire?
Question 9 ACCEPTER NOS LIMITES Et si nous nous réconciliions avec nos limites?
Question 10 LA GÉOPOLITIQUE POST-CARBONE Et si nous nous préparions sérieusement aux bouleversements politiques induits par la fin de notre dépendance aux énergies fossiles?
Question 11 PAUVRETÉ ET INÉGALITÉS: LES ENJEUX DU SIÈCLE Et si nous éradiquions la pauvreté tout en œuvrant pour réduire les inégalités?
Question 12 LE TRAVAIL EST-IL (VRAIMENT) DÉPASSÉ? Et si l’automatisation nous libérait du besoin de travailler?
Question 13 L’ÈRE POST-CAPITALISTE Et si le capitalisme était obsolète?
Question 14 CRYPTOMONNAIES OU L’UTOPIE D’UN MONDE SANS BANQUE Et si demain la valorisation du bitcoin dépassait celle du dollar?
Question 15 DÉCENTRALISATION: DU POUVOIR AUX POUVOIRS Et si les grandes plateformes numériques disparaissaient pour être remplacées par de nouvelles organisations décentralisées, distribuées et autonomes?
Question 16 DÉSACRALISER LA CITOYENNETÉ Et si la désintermédiation du politique nous amenait à redéfinir la notion de citoyenneté?
Question 17 L’ARME QUANTIQUE Et si un État se dotait de la capacité de pénétrer tous les systèmes numériques?
Question 18 PROTÉGER LES COMMUNS Et si la préservation des communs était le véritable enjeu des prochaines décennies?
Question 19 L’IMAGINATION ARTIFICIELLE Et si demain l’humain perdait le monopole de l’imagination?
Question 20 LE R7GNE ABSOLU DE L’ÉMOTION Et si nous apprenions dès le plus jeune âge à déceler les manipulations émotionnelles auxquelles nous sommes exposés?
Question 21 APPRENDRE À APPRENDRE Et si étudier ne se limitait plus à un court moment au commencement de la vie et devenait même une pratique quotidienne?
Question 22 LE FLOW OU L’EXPÉRIENCE OPTIMALE Et si nous apprenions dès le plus jeune âge à mobiliser nos capacités cognitives comme le font les grands sportifs ou artistes?
Question 23 LA FABRIQUE DU RÉEL Et si nos vies étaient simulées et que nos cinq sens étaient reproduits à la perfection?
Question 24 LES PORTES DE LA PERCEPTION Et si nous augmentions radicalement le spectre de notre perception et nous dotions de nouveaux sens?
Question 25 CONNAÎTRE TOUT SHAKESPEARE EN AVALANT UNE PILULE ! Et si nous parvenions à connecter nos neurones à des banques de données et des intelligences artificielles hébergées dans le cloud?
Question 26 CÉLÉBRER LE RÉEL Et si nous apprenions à célébrer le réel plutôt que de tenter, sans cesse, de le copier ?
Question 27 NOS JUMEAUX NUMÉRIQUES Et si nous possédions chacun un simulateur. Jumeau numérique, capable d’anticiper l’évolution de notre santé en fonction de notre patrimoine génétique, de notre environnement et de nos comportements?
Question 28 QUAND LE CHOIX TRIOMPHE DU HASARD Et si la sélection génétique au stade embryonnaire nous permettait d’augmenter les capacités physiques et cognitives des futures générations?
Question 29 CONSTRUIRE LA VIE COMME ON JOUE AUX LEGO Et si modifier ou créer le vivant devenait un jeu d’enfant accessible à tous?
Question 30 RÉINVENTER L’AGRICULTURE Et si la nouvelle révolution agricole consistait à ne plus puiser dans nos ressources naturelles?
Question 31 VERS LA REPRODUCTION ASEXUÉE Et si nous parvenions à maîtriser la procréation artificielle au point de la déléguer aux machines?
Question 32 L’AMOUR (ET LA MORT) À L’ÈRE DU POST-HUMAIN Et si nous vivions les dernières années de notre espèce humaine, naturelle et mortelle?
Question 33 DOUTER SANS CESSE Et si nous réhabilitions les bienfaits de l’incertitude et du hasard?
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DESIGN DE VIE - Faire le point sur sa vie et explorer les possibles de Bill BURNETT et Dave EVANS - Ed. Deboeck supérieur 2018
Émetteur du verbatim : François C.
«Une vie bien dessinée est une vie féconde -constamment créatrice, productive, changeante, évolutive: la surprise y est toujours possible.»
«Les designers n’imaginent pas leur progression, ils la fabriquent.»
Processus de design de vie :
Curiosité
Parti pris de l’action
Recadrage
Réceptivité
Collaboration sans réserve
Ch. 1 DÉMARRER D’OÙ ON EST
Identification du problème + Résolution du problème = Bon design de vie
Le tableau de bord santé/travail/jeu/amour
- Décrivez en quelques phrases comment ça se passe pour vous dans chacun des quatre domaines.
- Marquez où vous vous situez (entre 0 et plein) sur chaque jauge.
- Demandez-vous si, dans un de ces domaines, il se pose un problème de design que vous souhaiteriez traiter.
- Demandez-vous aussi si votre « problème » n’est pas un problème gravitaire (problème contre lequel il y a quelque chose à faire).
Principe à problème: Je devrais déjà savoir où je vais.Recadrage: Je ne peux pas savoir où je vais tant que je ne sais pas où je suis.
«Quand on commence un travail de design, on modifie les possibles.»
Ch. 2 FABRIQUER UNE BOUSSOLE
Conception du travail et conception de la vie
- Écrivez un mémo sur votre conception du travail…Visez les 300 mots -moins d’une page tapée à l’ordinateur.
- Écrivez un mémo sur votre conception de la vie. Là encore pas plus de 300 mots.
- Relisez vos deux conceptions (vie, travail), puis répondez aux questions suivantes :
- En quoi ces deux conceptions sont-elles complémentaires?
- En quoi s’opposent-elles?
- L’une guide-t-elle l’autre? Comment?
Une vie cohérente est une vie où l’on peut aligner clairement : Qui on est ; Ce en quoi l’on croit ; Ce qu’on fait.Ch. 3 S’ORIENTER
Trouver sa voie : prêter attention aux signaux et essayer d’avancer au mieux avec les outils dont on dispose. Nous pensons que les premiers signaux sont l’engagement et l’énergie.
Le Flow: l’engagement total.
Notre outil de discernement : le journal des bons moments
Deux composantes dans ce journal : le carnet de bord (où l’on note ses moments d’engagement et d’énergie) ; la réflexion (où l’on découvre ce que l’on apprend).
La méthode AEIOU pour vous aider dans vos réflexions: Activités, Environnements, Interactions, Objets, Utilisateurs.
Ch. 4 SORTIR D’UN BLOCAGE Cartes mentales
- Reprenez votre journal des bons moments et notez les activités dans lesquelles vous vous engagez volontiers et qui vous procurent de l’énergie et du flow.
- Sélectionnez une activité engageante, une qui vous donne beaucoup d’énergie et une qui vous a déjà mise en état de flow ; faites-en trois cartes mentales -une pour chacune de ces trois activités.
- Etudiez l’anneau extérieur de chaque carte mentale, sélectionnez trois éléments qui vous sautent aux yeux et réunissez-les pour en tirer la description d’un poste.
- Pour chaque poste, définissez vos fonctions et dessinez-le rapidement sur un papier.
Ch. 5 DESSINER SES VIES Projets d’Odyssée- Imaginez trois différents projets à cinq ans.
- Donnez à chacun un titre descriptif en 6-8 mots et écrivez trois questions que pose chaque version de vous-même.
- Remplissez chaque indicateur du tableau de bord –attribuant à chaque option un niveau de ressources, d’enthousiasme, de confiance et de cohérence.
- Présentez vos projets à une autre personne, à un groupe ou à votre équipe de design de vie. Notez l’effet de chaque alternative sur votre niveau d’énergie.
Ch. 6 FAIRE DES PROTOTYPES«La forme de prototype la plus simple et la plus facile, c’est la conversation.»
- Reprenez vos trois projets d’Odyssée et les questions que vous avez écrites pour chacun.
- Faites une liste de conversations prototypes qui pourraient vous aider à répondre à ces questions.
- Faites une liste d’expériences prototypes qui pourraient vous aider à répondre à ces questions.
- Si vous êtes bloqué(e) et si vous avez assemblé un bon groupe, faites un brainstorming pour trouver des possibilités.
- Construisez vos prototypes en recherchant activement des interviews et des expériences design.
Ch. 7 COMMENT NE PAS TROUVER DE BOULOTVoici un résumé de nos tuyaux pour rendre une recherche sur le web plus efficace:
- Réécrire son CV en utilisant les mêmes mots que dans l’annonce ;
- Si vous possédez une des compétences requises, mettez-la dans votre CV exactement comme elle est rédigée dans l’annonce ;
- Centrez votre CV sur le poste tel qu’il est décrit ;
- Apportez toujours une copie récente et bien imprimée de votre résumé à un entretien.
Principe à problème: Pour trouver un job, je dois me concentrer sur mes besoins.Recadrage: Je me concentre sur le besoin du recruteur de trouver la bonne personne.
Ch. 8 DESSINER SON JOB DE RÊVE
Principe à problème: Le job de mes rêves m’attend quelque part.
Recadrage: Je fabrique le job de mes rêves par un processus de recherche et de co-création active.
Principe à problème: Bâtir un réseau, c’est tromper les gens, c’est dégoûtant.
Recadrage: Bâtir un réseau, c’est juste demander sa route.
«Nous sommes des créatures sociales et l’entraide est l’un des actes qui nous fait nous sentir le mieux.»
Principe à problème: Je cherche un emploi.
Recadrage: Je recherche plusieurs propositions.
Ch. 9 CHOISIR LE BONHEUR
«Le secret du bonheur dans le design de vie, ce n’est pas de faire le bon choix ; c’est apprendre à bien choisir.»
Principe à problème Pour être heureux, il faut faire le bon choix.
Recadrage: Il n’y a pas de bon choix –juste une bonne façon de choisir.
Étape 1: Recueillir et ouvrir des possibilités.
Étape 2: Resserrer la liste.
Étape 3: Choisir avec discernement.
Étape 4: Lâcher prise et avancer.
Principe à problème: Le bonheur, c’est de tout avoir.
Recadrage: Le bonheur, c’est me délester de ce dont je n’ai pas besoin.
Les designers ne ressassent pas. Ils ne ruminent pas ce qui aurait pu être. Ils ne tournent pas sur leur roue. Ils ne gâchent pas leur avenir à espérer un meilleur passé. Les designers de vie voient l’aventure dans tout ce qu’ils vivent et entreprennent. Voilà comment on opte pour le bonheur.
Ch. 10 L’IMMUNITÉ CONTRE L’ÉCHEC - Recadrer les échecs
- Repassez les événements de la semaine (ou du mois, ou de l’année) et faites la liste de vos déboires.
- Répartissez-les en boulettes, faiblesses ou chances de progrès.
- Identifiez vos idées de progrès.
- Prenez l’habitude de transformer vos échecs en progrès en effectuant cet exercice une à deux fois par mois.
Principe à problème: La vie est un jeu fini, avec des gagnants et des perdants.Recadrage: La vie est un jeu infini, sans gagnants ni perdants.
Ch. 11 BÂTIR UNE ÉQUIPE
- Faites une liste de trois à cinq personnes qui pourraient faire partie de votre équipe de design de vie. Pensez à vos soutiens, à vos intimes, à vos mentors et à vos mentors potentiels. Idéalement, il s’agira de trois à cinq personnes, elles aussi activement engagées dans le design de vie.
- Assurez-vous que chacun dispose d’un exemplaire du livre pour que tous les membres de votre équipe comprennent comment le design de vie fonctionne et soient au courant des rôles et des règles (respect, confidentialité, participation, productivité) de l’équipe.
- Mettez-vous d’accord pour vous retrouver régulièrement sur un mode actif pour co-créer en communauté une vie bien dessinée.
«Votre design de vie n’est pas en vous ; il est dans le monde, où vous le découvrirez et le co-créerez avec les autres.»Conclusion : UNE VIE BIEN DESSINÉE
Être curieux. Il y a quelque chose d’intéressant dans tout. Une curiosité sans fin est essentielle à une vie bien dessinée.
Essayer. Avec le parti pris de l’action, on n’est plus jamais bloqué – plus d’inquiétudes, d’analyses, de considérations ou de mystère de la vie. Juste, faites-le.
Recadrer les problèmes. Un recadrage, c’est un changement de perspective et presque tous les problèmes de design se prêtent aux changements de point de vue.
Ne pas oublier que c’est un processus. Avoir conscience du problème, ça veut dire qu’on n’est jamais frustré ou perdu et qu’on n’abandonne jamais.
Chercher de l’aide. La collaboration sans réserve, ça veut dire que vous n’êtes pas seul(e) dans ce processus…Il y a de nombreuses façons de démarrer une collaboration.
Principe à problème: J’ai fini mon design de vie ; le plus difficile est réalisé, tout va être génial.
Recadrage: Mon design de vie n’est jamais terminé – la vie est un projet de design joyeux et sans fin qui me fait avancer pas à pas.