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Lire Lolita à Teheran de Azar Nafisi - Zulma (littérature)

Lire Lolita à TéhéranCoup de cœur de Sarah: Publié en 2004 en France et tout juste sorti en poche chez Zulma en mars 2026, Lire Lolita à Téhéran est toujours d’une frappante actualité. Azar Nafisi témoigne de son quotidien de professeure de littérature étrangère à l’université de Téhéran pendant la révolution islamique, entre la fin des années 70 et jusqu’au milieu des années 1990 lorsque le régime est installé. Divisé en 4 chapitres portant les noms d’un.e auteur.e ou d’une œuvre qu’elle étudie avec ses élèves mais qui dresse aussi un parallèle avec les événements sociaux et politiques en Iran ; on suit avec elle les bouleversements que connaissent la société, les étudiant.e.s et surtout les femmes durant cette période ainsi que les résistances qui se mettent en place, souvent étouffées. En nous plongeant au cœur de l’université, Azar Nafisi nous permet de mieux comprendre les mécanismes de la révolution islamique et de ses opposants, de la guerre contre l’Irak dans les années 80 et des conflits intérieurs idéologiques qui viennent alors bouleverser tant de femmes. 

Renonçant à son statut pour refus de se soumettre au port du voile obligatoire à l’université, elle crée dans les années 1990 un cours de littérature clandestin réunissant seulement des femmes, d’engagements politique et religieux différents. Elles se retrouvent chaque jeudi matin dans le salon d’Azar et peuvent alors parler librement - loin du regard des hommes, de leurs maris, de leurs frères et de la loi - d’auteurs occidentaux, de Jane Austen à Fitzgerald en passant par Nabokov. Ces discussions, à huit clos, sont pourtant le synonyme d’une liberté retrouvée, tant intellectuelle que physique : elles dévoilent à la fois leur admiration - ou leur critique - de personnages fictionnels libres et se dévoilent elles-mêmes, au sens propre, arborant sous leur foulard ou leur tchador des couleurs, des bijoux ou du maquillage alors interdits. 

Une lecture plus que jamais nécessaire et d’actualité qui permet de comprendre avec un témoignage interne des questions toujours prégnantes au cœur de l’Iran d’aujourd’hui et d’aborder les problématiques de la censure, du contrôle des femmes et de la quête de liberté. La littérature - ce que les régimes dictatoriaux ont malheureusement bien compris - demeure plus que jamais un synonyme d’émancipation !