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Verbatims et recommandations...

CELUI QUI NE COMBAT PAS A DÉJÀ PERDU de Thierry MARX - Flammarion

Émetteur du florilège: François C.

Pour moi, une vie réussie est à angle droit. Solitaire est la ligne verticale, le sens de l’engagement, le sens de l’honneur ET solidaire, le souci des autres, l’altruisme… c’est l’horizontalité.

Dans ma vie, j’ai appris à me relever souvent. Et aujourd’hui, il nous faut tous le faire. Parce qu’on n’a jamais vu un match de boxe gagné par le public.

Ce que j’ai appris et aimé dans les sports de combat, c’est qu’on ne gagne pas parce qu’on est meilleur, mais parce qu’on ne peut pas perdre. On ne recherche pas la récompense mais l’accomplissement.

Ma seconde découverte a été la fraternité. Une communauté d’hommes qui, dans la pratique, s’entraidaient dans un seul but: l’excellence. Des ouvriers, et fiers de l’être… Nous étions protecteurs les uns envers les autres et critiques, puisque l’échange nous permettait de progresser.

«Il n’y a que la mort qui est irréversible.» Tant que je pouvais affronter physiquement les choses, je pouvais m’en sortir… Chaque fois qu’il m’arrivait un coup dur, je me sauvais par le sport.

Dans cette classe d’éclopés de la scolarité, chacun avait un projet. Et nous nous encouragions, communiquant aux autres l’énergie de se dépasser. Je me retrouvais dans les mêmes dispositions que chez les Compagnons du devoir. La même fraternité. Dans la vie, beaucoup de choses sont déplaisantes. Si on s’y arrête, elles deviennent toxiques. Il faut les laisser filer ; en faire rapidement son deuil. C’est l’art de la coupe: le tameshigiri.

Ces grands chefs cuisiniers ont en commun de venir du dur. Ils ont fait des apprentissages à quatorze ans, ils arrivaient d’une extraction modeste en général. Ils ont appris très tôt ce qu’était le travail.

À l’école Robuchon, nous apprenions une forme de spiritualité proche de ce que l’on m’a enseigné à l’université de judo de Tenri, au Japon: le shuhari, dont le sens pourrait être «Observe et tais-toi. Apprends et comprends. Comprends et innove.»

Comme les moines du mont Koyasan, je crois que les gens disparaissent physiquement mais restent là comme des éléments de la nature.

Je n’ai jamais cessé de méditer depuis. J’y trouve le moyen de mettre de la distance entre mes émotions et mes actions. Je me pose, je fais le point comme un photographe règle son objectif, j’analyse et je repars. Si je ne le fais pas, je réfléchis moins bien. J’ai pu construire un management efficace: dur avec les faits - les faits sont les faits, ils ne sont pas négociables - et bienveillant avec les gens, bienveillant avec moi-même.

Dans ce monde qui est souvent un miroir aux alouettes, la méditation me permet de fixer une ligne de conduite. Humble quand on est fort et fort quand on est faible.

Je sais que la lumière passe, repasse et s’éteint de temps en temps…Un peu comme l’Ankou, l’ange de la mort en Bretagne qui rôde, donne des frissons et puis un jour s’arrête. Le principal combat est peut-être de ne pas oublier qu’un jour tout va s’arrêter et qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses ambitions.

J’ai pris conscience qu’exercer ce métier de cuisinier sans avoir son propre style était une forme d’abandon de poste, un manque de courage, que c’était même plutôt vain. J’ai réalisé qu’il me faudrait prendre des risques, particulièrement de découvrir qui j’étais vraiment.

J’ai vérifié mille fois qu’innover était un combat violent. Il y a des moments d’abattement, l’impression que l’univers se ligue contre toi pour te remettre la tête dans l’eau.

C’est aussi pour cela que j’aime tant le Japon. Dans ce pays, il n’y a pas d’opposition entre innovation et tradition. Seul compte le caractère durable des choses.

Il m’a transmis le virus de la curiosité. Depuis, je suis sans cesse à la recherche de rencontres, de livres et de personnes qui pourraient me mettre en défaut sur mes convictions ou m’apprendre un peu plus. L’attractivité ne pouvait pas être que dans l’enjeu d’obtenir des étoiles ou des macarons, il fallait aussi que les collaborateurs ressentent le plaisir de travailler et d’évoluer ensemble.

Les faits ne sont pas négociables. Je me suis fixé une ligne de conduite: être dur avec les faits et bienveillant avec les gens. Cela m’a permis d’éviter de chercher des coupables.

Il faut savoir regarder devant soi. Ne pas se poser la question, ne pas prévoir, c’est ne pas regarder la ligne d’horizon. Et qu’est-ce qu’être vivant sinon regarder la ligne d’horizon?

J’ai fait le tour des prisons en Europe. J’ai à chaque fois vérifié que pour s’en sortir, un prisonnier avait besoin d’un projet en dehors des murs. Ou sinon, c’est une loterie macabre qui dépend de qui vous attend à la sortie.

Nous apprenons aux élèves le geste, le feu et le temps… Les gamins retrouvent quarante recettes en un instant sur leur téléphone. L‘essentiel de l’enseignement est devenu… le geste.

Petit à petit nous avons trouvé notre rythme et notre devise, un acronyme assez bateau: RER pour Rigueur, Engagement, Régularité. Rigueur: trouver le projet. Engagement: lâcher la main du passé. Régularité: être présent pendant les onze semaines sans aucune absence ni retard.

Je préfère l’altruisme à la bienveillance. L’altruisme, c’est aider l’autre à s’épanouir, c’est voir en l’autre un potentiel, un talent.

Le pourquoi est essentiel pour une société mais aussi pour un individu qui veut aborder le monde du travail en homme libre. Pourquoi dois-je me lever le matin?

Aider les gens, c’est d’abord les remettre en situation d’entrer dans le combat. Leur montrer qu’ils peuvent remonter sur le ring. Je ne suis pas obligé de rester dépendant d’une aumône.

Ce que j’aime avec Cuisine mode d’emploi(s), c’est voir que personne n’est assigné à l’échec.

La confiance ne s’écrit pas. On l’acquiert dans l’action. Dans les prises de judo, dans le sport, il n’y a plus de couleurs, il n’y a que le mouvement

Redonner de son expérience à des jeunes est une respiration formidable. Je l’ai vu avec Cuisine mode d’emploi(s) où les anciens sont venus nous aider.

Je me suis donné dix ans sur chacune de mes entreprises pour avoir le meilleur impact social et environnemental possible.

Le combat intéressant est moins dans la réussite individuelle que dans l’urgence collective d’améliorer notre rapport à l’alimentation.

Dans ce même cours, un bon produit se définissait comme : local, durable, repère (marque qui envoie un message sur l’environnement), recyclable et « self-suffisant ». Être self-suffisant consiste à entretenir le produit que l’on a acheté.

Dans un même lieu, je veux rassembler la culture de la terre, la culture du savoir-faire et la culture de l’esprit.

Je veux faire un lieu culturel pour tous les mangeurs. La cuisine, c’est de la culture, de l’échange, du partage. La gastronomie, c’est la culture. Et ce lieu que j’imagine à Paris doit brasser des artisans, des artistes, des agriculteurs, des peintres, des photographes…

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NO PASARÁN, LE JEU, de Christian Lehmann - EDL (roman adolescents)

Merci à Antoine pour son texte:

Résumé:

Éric Cuvelier a 15 ans, un frère engagé à l’armée en Bosnie, une mère qui reste tous les jours au lit, mais surtout, c’est le gamer le plus passionné de son lycée avec Thierry De Boisdeffre et Andréas Salaun.

Thierry De Boisdeffre a également 15 ans, c’est un gamer passionné, mais surtout un pro de l’informatique et il adore bidouiller son ordinateur.

Andréas Salaun est un gars de 17 ans fort et musclé, qui n’hésite pas à employer ses poings quand il est fâché, et aime les blagues puériles, voire dangereuses.

Tout les trois, ce sont des amis que le gaming lie plus que tout, ils sont fondus de jeu sur PC et en raffolent.

Lors d’un voyage scolaire à Londres, ils échappent à une visite guidée de Westminster Abbey avec leur classe et filent se balader dans Londres. Éric aperçoit alors un panneau pour une boutique  «Frenzy Game!» («la frénésie du jeu»)

Ni une ni deux, les trois gars foncent à la boutique, qui pour eux, gamers confirmés, est un paradis.

Un détail choque Éric et Thierry cependant: lors d’une dispute avec le vendeur, les deux garçons remarquent «une simple insigne» sur le manteau de leur ami: une «décoration ancienne» quelconque, sans doute…

Le vendeur donne alors une boîte à Thierry et Éric avec « e jeu» à l’intérieur.

C’est une simple disquette. Il ne doit pas y avoir beaucoup de contenu dedans. Sauf que lorsque Thierry et Éric ouvrent le jeu, une incroyable surprise les attend: une voix-off très réaliste leur demande «choisissez votre mode de jeu». Le jeu comporte des images très réelles en plus.

Mais les deux garçons vont très vite comprendre que ce n’est pas un jeu dans lequel ils sont embarqués, mais un univers surréaliste dans lequel ils devront se battre pour sauver leur vie. Ils découvriront de sombre vérités sur leur «ami» Andréas…

Son avis:

Ce roman est une pépite, car il mêle cyberculture, surréalisme et histoire véridique, dans une intrigue qui nous emporte et nous réserve des surprises du début jusqu’à la fin!

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Avec le temps de Jean-Louis Servan-Schreiber - Albin Michel

Émetteur du verbatim: François C.

Si un ailleurs existe, je ne le saurai qu’à la fin. Mais tant que je suis de ce monde, il vaut mieux que je me prépare à un saut dans le néant.

M’exercer en tous domaines de mon vécu donne un sens à chaque instant que je vis, avec plus d’intensité que jamais auparavant… Désormais il s’agit de se sentir encore vivant. Cet «encore» justifie tous mes efforts.

Mais tant que je ne me réfugie pas dans des souvenirs pour me consoler d’un présent douloureux, c’est que je suis encore bien vivant.

Je me méfie de l’émotion. Je l’associe à des sentiments que je préfère éviter: la colère, la haine, la violence, le désespoir, les décisions instinctives, l’expression bruyante des sentiments. Je les oppose à la rationalité, la tolérance, le calme, la distanciation, la décision réfléchie. Mais je me méfie aussi des émotions généralement recherchées: la passion, l’extase ou la transe.

Réflexion faite, l’âge nous purge efficacement de deux moteurs d’action efficaces mais encombrants: la passion et l’ego… Pourquoi peut-on alors s’en passer sans mal? Du seul fait que la fragilité de sa propre vie devient de plus en plus évidente. Le simple fait de se réveiller, chaque jour, encore présent, est une récompense suffisante pour ne pas en rechercher d’autres, forcément plus compliquées.

La confiance est le socle de l’amour: tout faire pour la préserver et la vivifier constamment. S’il n’y a pas au moins une personne dans ce monde à qui l’on puisse presque tout dire, on est voué à une solitude existentielle.

Je n’ai donc pas d’autre choix que de reprendre de la distance. Le monde s’est à la fois construit et déconstruit sous mes yeux.

Exister se ressent au croisement d’un désir et d’une compétence. Ce que j’aime faire et fais bien me donne le sentiment de jouer un rôle, même minuscule, dans la société où je suis plongé.

Le secret des vieux couples ne serait-il pas qu’ils savent se faire exister mutuellement sans lassitude?

Or ce qui a radicalement changé désormais est que les solutions à trouver sont à l’échelle de la planète. Autant espérer vider la mer avec une louche… Notre vrai déficit est de courage et d’humanisme.

La répétition n’érode pas les plaisirs essentiels, elle les confirme.

Pour autant le désir ne disparaît pas de l’existence, mais il change d’objet et d’intensité. Je valorise désormais ce que je n’aurais naguère considéré que comme des menus plaisirs.

Dans la société d’individualisme technologisé qu’est la nôtre, le réel et les médias traditionnels ne font pas le poids face à la puissance de l’industrie du spectacle, des jeux vidéo et des réseaux sociaux, bref de l’illusion.

Il y a mille manières de mener sa vie, mais j’ai, pour simplifier, classé mes choix entre papillonner agréablement ou creuser un sillon. Même si le second semblait plus austère, je l’ai préféré.

Ce n’est que récemment que sont apparus les fake news et les faits alternatifs, autrement dit les mensonges décomplexés, voire revendiqués.

Smartphone, tablette, ordinateur, télévision, je dispose maintenant d’écrans partout, connectés ensemble et au monde. Incroyable ressource de contacts, de connaissances et de distractions. De mon fauteuil, je suis devenu explorateur de la planète.

Avec le temps je me vois de plus en plus comme un animal parmi les autres.

Si je valorise à ce point la fiabilité pour moi et les autres, c’est que j’ai besoin pour vivre à l’aise de pouvoir faire confiance, de compter sur ceux avec lesquels je suis en rapport.

Le moment est venu de vivre pour vivre, pour chaque jour qui passe, pour chaque proche qui m’entoure, pour le vent, pour la lumière, pour l’odeur des fleurs, pour la musique, qui m’élargit bien au-delà de moi… Le long terme n’est plus dans mes moyens, je ne vois pas de meilleur emploi de mon temps que de cultiver l’instant.

Avec le temps l’important c’est ce qui plaît, à moi ou à ceux que j’aime.

Leurs modes de vie représentaient trop de sacrifices de ce que je considère comme primordial: prendre le temps d’apprécier tout ce qui, à mes yeux, donne de la saveur à mes jours et qui s’apparente davantage au simple, au naturel, au tendre, au souriant, au délicat, au beau… Avec le temps mieux vaut avoir réussi sa vie privée, car c’est tout ce qui reste.

Je suis conscient de mes trois déficits structurels: le doute, l’ignorance et mes limites biologiques. Je n’y changerai rien, je dois vivre avec. Pour transcender mes inévitables limites, celles de toujours comme celles dues à mon âge, je jongle entre l’acceptation (c’est comme ça et ça pourrait être pire) et la résilience (je bouge, je m’exerce, j’écris). Et je remercie chaque jour la providence d’être encore en état de le faire.

Vivre français, c’est bénéficier de tolérance, de liberté d’expression, de protections juridiques, de traditions démocratiques solides. C’est utiliser une langue élégante, riche en nuances et façonnée par une tradition littéraire séculaire. C’est bien sûr aussi pouvoir jouir, si l’on a un minimum de moyens, d’une qualité de vie plus qu’enviable : climat, nature et cuisine.

L’appréciation que je porte sur mes jours et mes heures est donc celle de leur justesse, au sens que peut donner à ce terme un accordeur de piano. Mais il ne suffit pas que tel ou tel instant soit juste selon mes valeurs. J’essaie que l’accord que représente chaque journée soit harmonieux quand ses différents éléments se combinent.

Sur les vingt moments décisifs décrits ici, onze ont relevé du hasard plutôt clément. Neuf de décisions mûries et planifiées. Je ne sais pas si c’est une proportion habituelle. Au moins ai-je évité la monotonie et une existence où tout aurait été voulu et organisé. ça aurait été un long purgatoire.

La mort viendra en son temps, l’accepter revient à me concentrer d’ici là sur ce qui me reste à vivre. La mort aura ma peau, mais avant je peux préserver ma joie de vivre tout en faisant mon possible pour que l’échéance vienne le plus tard possible. Il me semble que je n’en ai plus peur.

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CE QUI VIENT de Stéphane PAOLI - Ed. Les Liens qui libèrent

Émetteur du verbatim: François C.

 

 

 

 

 

(Covid 19) Elle est un anticorps efficace qui peut produire un changement de temporalité, d’échelle, de partage.

(Smartphone) Il est, et demeure, une prothèse schizoïde. Il fait simultanément de nous des êtres libres et dépendants, reliés et isolés, dans et hors du monde.

D’ici à 2050, 300 millions d’habitants connaîtront des inondations au moins une fois par an. Le pire scénario, en Asie, pourrait aller jusqu’à 640 millions de personnes.

Chacun de nous héberge 100 000 milliards de bactéries. L’univers vit en nous, nous vivons en lui.

Paul Virilio décrit un vidéodrome qui crée une mondialisation des affects, une synchronisation des opinions.

Cette obscure étape -l’ordinateur quantique- pose que l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine sans que soient cependant pris en compte les affects, les émotions, les pulsions et les fantasmes, facteurs de choix et de créativité autant que de déviance et de cruauté. La puissance de calcul ne résout pas encore la chimie du corps ni le mystère des affinités.

 

 

Vinciane DESPRET psychologue, docteur en philosophie et éthologue

« Nous ne sommes pas, nous ne sommes plus, seuls au monde. Ce monde est fait d’être pétris d’intentions qui ne sont pas nécessairement les mêmes que les nôtres, et ces intentions constituent bien des réponses, et non des réactions. »

Depuis l’Antiquité, l’homme a fait de lui le centre du monde…Le renoncement au point d’équilibre humain qui nous est proposé par les animaux nous inscrit dans l’univers infini des interactions qui portent le principe de la vie.

Mark Bekoff : « Chaque animal est une manière de connaître le monde. »

 

 

Michel CASSé astrophysicien

« Il y a plus de possibilités, de configurations, d’états possibles de chaque objet dans le désordre que dans l’ordre. »

« Le secret originel se cache dans les dix puissance quarante-trois premières seconde. Gardons le reste, treize milliards d’années ! »

« L’univers n’a ni centre ni bord. La Terre n’est pas au centre du système solaire, le système solaire n’est pas au centre de la galaxie, la galaxie n’est pas au centre de l’univers, l’univers n’est pas au centre des plurivers. Cela fait cinq révolutions coperniciennes. »

La sonde Euclid va photographier en trois dimensions 12 milliards de galaxies et leurs mouvements.

« Les constantes de l’univers sont millimétrées. Qu’elles soient modifiées d’un iota et tout s’effondre. Edulcorer la gravitation serait empêcher la formation des étoiles, car il y aurait moins d’attraction. Impossible de toucher à la vitesse de la lumière ou à la constante de Planck qui régit les atomes, encore moins aux trois dimensions de l’espace, sinon la catastrophe est assurée. »

 

 

Daniel KAPLAN, créateur de Plurality University

(la friction) Ces maladresses, ces inégalités et instabilités existant à l’échelle des micro-organismes. La friction développe des qualités créatives nées des interconnexions à travers les différences.

La variété de ces multiples imaginaires traduits en fictions et en actions établit une convergence avec l’immunologie. Elle trouve sa robustesse dans la différence.

Nos réels s’entrechoquent, les collisions métissent les imaginaires. Le virtuel n’est pas seulement ce qui n’existe pas, mais aussi ce qui pourrait être…Il y a de la jubilation à exercer l’imaginaire, il est libérateur parce qu’il ouvre à l’infini qui est en nous.

 

 

Nicolas LEVY, médecin généticien

La reprogrammation des milliards de lettres du génome humain vient à peine de commencer, s’ouvrant à l’inconnu.

C’est la diversité qui, du point de vue génétique, fait la richesse de l’humanité. Les migrations, les voyages, les échanges sont autant de variétés proposées au génome.

La puissance des data, les triangulations effectuées entre carte vitale, cartes de crédit et identité numérique forment des rets auxquels il est déjà impossible d’échapper. Mais ils vont s’étendre encore.

 

 

Marie-Laure SALLES-DJELIC, directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement

Il est apparu par la généalogie conceptuelle que responsabilité limitée a fini par aboutir à irresponsabilité illimitée.

L’oligopolisation structurelle des capitalismes a fini par gagner jusqu’à la Russie et la Chine.

(hubris) Ainsi de l’économie, crise après crise, elle se reconstruit sans jamais se réformer, cherchant toujours plus de puissance et de vitesse.

Le changement de paradigme doit être le fait de la jeunesse pour un retour au commun et à sa construction sociale contre l’individualisme, à la solidarité entre les âges, à l’ouverture du marché à des modes d’échange nouveaux, à la réinscription de la nature dans la vie quotidienne.

La prospérité inclusive et durable demande une redéfinition des systèmes de production et de consommation, de nouvelles interactions entre eux. Pour cela, écoles et universités doivent faire passer les enfants par le prisme des transitions écologique, sociopolitique, socio-économique et technologique comme étant totalement interpénétrées.

(Polanyi) Sa définition de l’économie sociale et solidaire, marchande, publique et informelle, fait de l’échange, de la redistribution et de la solidarité le moteur de la réciprocité et de l’entraide mutuelle.

 

 

Pierre-Yves OUDEYER, directeur de recherche à l’INRIA

Spontanément, s’est imposée la nécessité du dialogue avec ces machines dites intelligentes, l’auto-organisation poursuivant inlassablement sa prise en compte des interactions.

Les hybridations, fruit de la sélection des bonnes recombinaisons, ont fait leurs preuves dans l’évolution des espèces. Elles se sont opérées de façon aléatoire, telle la toile d’araignée, créant de nouvelles fonctions biologiques, de nouvelles formes corporelles.

D’une certaine façon, les dieux grecs, accessibles aux humains, préfiguraient les surcapacités de traitement et de calcul des ordinateurs.

 

 

Marc AUGé, anthropologue

Il y a des milliards de systèmes solaires dans notre galaxie, des milliards de galaxies dans notre univers connu…Comment souscrire à l’idée de Dieu veillant au salut de chacun ?

Pour lui, le rapport entre identité et altérité conditionne la construction de chacun, par opposition ou par complémentarité.

Pour penser l’univers mieux que l’appréhender, il y faudra la mise en réseau de toutes les formes possibles d’intelligence, bactériennes, animales, végétales, minérales et humaines.

« Les interactions créent de façon continue des situations aléatoires. »

« Frontière est un beau mot. Il s’oppose à barrière. La frontière est un seuil, linguistique, culturel, il appelle à son franchissement. La frontière est un lieu de passage, la barrière est un empêchement. L’espace est la prochaine frontière. Insensiblement, nous nous préparons à partir. Le voyage vers les exoplanètes, ce sera une sacrée migration ! »

 

 

Claudie HAIGNERé, Conseillère du directeur général de l’Agence spatiale européenne

L’effet de surplomb, l’overview effect, est décrit comme « une épiphanie spirituelle qui change pour toujours la perspective sur l’humanité. »

« Voir d’en haut nous redonne le temps et la distance. Ce dont parlent les spationautes qui ont eu cette expérience, c’est de la prise de distance. »

Pour toutes les agences spatiales, la planète Mars, objectif ultime de l’exploration habitée de l’espace lointain, le deep space, exige une phase d’apprentissage qui est la Lune et sa surface.

Avec aussi Michel Cassé, qui dit des humains qu’ils sont de la poussière d’étoile, un agrégat complexe d’éléments divers venus d’un infini sans bord ni centre.

 

 

Pierre CHOUKROUNE, géologue, professeur à l’université Aix-Marseille

Pour un géologue, demain, c’est quatre milliards d’années, et la Terre est à mi-course. Elle a derrière elle quatre milliards d’années d’existence, devant elle encore quatre milliards et ce sera la fin. Pour le Soleil aussi.

Sur Terre, les basaltes forment le fond des océans, les granits, la partie supérieure des continents. La géologie, c’est très simple, il n’y a que les granits et les basaltes… les continents c’est du granit, les océans du basalte.

Les systèmes vivants sont métastables ou instables, mais jamais stables, leur fonctionnement étant le fait d’un grand nombre de facteurs variants et interdépendants.

Crise ou catastrophe, les cycles sont nombreux, liés à la position du Soleil et à la rotation de la Terre. Ils ne sont pas nécessairement chronologiques. Nul ne peut savoir si les températures décroîtront un jour, ni quand interviendra, ou pas, une nouvelle glaciation.

L’élan pourrait être commun qui mette fin à la misère et à la faim. Il coûterait moins cher que d’aller sur Mars.

 

 

Dominique MARANINCHI, cancérologue

En physiopathologie, la cellule et complexe…ensuite un tissu humain l’est encore plus, puis le tissu qui constitue un organe est d’un degré de raffinement toujours plus important, et enfin l’organisme qui abrite toute la machinerie et qui la fait danser dans le rythme est un univers pour la cellule. L’extraordinaire est que l’environnement modifie ces complexités organiques en permanence à l’échelle des microsecondes comme à celle des années.

Ce qui vient est la puissance de la médecine nucléaire. Le PET scan, pour tomographie par émission de positons, est la dernière avancée de l’imagerie médicale. Il permet de mesurer en trois dimensions l’activité métabolique ou moléculaire d’un organe grâce à des émissions de positons, qui sont des antiparticules de l’électron.

Ce qui vient, dans la continuité de l’amélioration et de la finesse des outils technologiques, est la personnalisation des traitements. Elle implique la révision du dogme de la moyenne statistique. Il n’est plus possible de raisonner par argument de fréquence, car si l’on accepte le principe de la diversité, des cas extrêmes vont obligatoirement se présenter. Ils vont obliger les médecins au pas de côté.

Il veut que la recherche découvre, innove, fabrique et installe partout dans les populations les moyens de guérir…c’est par l’humain qu’on peut tout changer.

 

 

Thierry FABRE, directeur du programme Méditerranée de l’Institut méditerranéen de recherche avancée

Ce qui vient sera le choix politique entre repli identitaire et ouverture, enrichissement mutuel de part et d’autre de la Méditerranée ou guerre.

La Méditerranée est un « entre-monde ». Son histoire sur le plan philosophique, culturel, artistique, s’est construite par la présence de l’Autre, juif, musulman, chrétien. C’est cette fertilité de l’Autre qui est venue à manquer.

Règnent la peur de l’immigration, la thèse du grand remplacement, l’abomination de la mort quotidienne d’humains de tous âges en Méditerranée pour laquelle l’Europe et les médias, qui inscrivent ces tragédies entre deux averses de grêle dans les journaux télévisés, devront un jour rendre des comptes.

Il n’y a qu’une alternative, se conjoindre ou se combattre. Or nous avons une culture et un imaginaire communs, issus de la mémoire profonde du premier grand bassin de civilisation, la Méditerranée. Nous pouvons inventer un humanisme méditerranéen du XXIème siècle face à la digitalisation mondiale

 

 

Jean VIARD, sociologue, directeur de recherche au CNRS et au Cevipof

Les virus peuvent être de grands prédateurs, ils attaquent alors les proies les plus faibles, cette fois la mondialisation.

Ils voyaient dans la crise du Covid-19 le symptôme d’une « mal-organisation du monde » favorisant la prolifération d’événements incontrôlables dans une dimension de déstabilisation systémique.

« Partout, c’est le vivre-ensemble, au sens immédiat et vital du terme qui s’impose…L’altruisme s’impose à la majorité parce que tout le monde connaît plus vulnérable que soi. Avoir pris la décision de couper tous les liens sociaux pour éradiquer le virus a fait prendre conscience de la multiplicité et de la nécessité des interactions sociales. »

« La carte en silos avec laquelle nous avons construit nos sociétés est périmée. Le virus va être un accélérateur de transition, la dimension territoriale des sociétés à venir sera le local, la ré-identification par les lieux. »

« Les lobbies de l’économie ultralibérale ne cèderont rien de leurs emprises, mais le marché des idées et des idéologies nouvelles est ouvert. »

 

 

Laurence DEVILLERS, professeure en informatique appliquée aux sciences sociales à l’université Paris-Sorbonne

« Si le coronavirus profite d’autant plus des interdépendances globales qu’il est invisible, les actions des machines et leurs raisonnements sont invisibles aussi. C’est la raison pour laquelle il faut se préoccuper d’éthique et de transparence, et réveiller les consciences sur l’écosystème entourant le réseau de flux qui quadrille la Toile et finalement en fait un piège. »

Kara Swisher « Les entreprises technologiques, servies par la pandémie planétaire, ont à ce point resserré leur emprise que leur domination va devenir effrayante. »

 

 

Nathalie OBADIA, galeriste d’art contemporain à Paris et Bruxelles

Oui, l’art contemporain a été le courant qui a fait passer le meilleur et le pire, comme Internet aujourd’hui.

Où sont donc les rebelles en peinture ? Chez les Noirs…La force de l’Amérique se trouve dans cette manière de se renouveler grâce aux revendications ethniques et liées au genre, de faire entrer les minorités dans les systèmes de reconnaissance et marchands.

 

 

Thierry de MONTBRIAL, président fondateur de l’IFRI

C’est à partir des années 1970 que les technologies de communication et d’information ont changé le paysage mondial, comme le nucléaire avait métamorphosé le monde de l’armement…La révolution numérique est la cause commune à l’effondrement de l’URSS et à la globalisation-mondialisation.

Au contraire du monde compartimenté de la guerre froide, nous n’avons jamais eu autant besoin de coordination, de réponses systémiques, et nous détruisons les instances de régulation.

Il est impossible de déplier et d’analyser dans le détail la totalité des interdépendances. Les systèmes complexes y opposent une impossibilité radicale.

Se produira un jour une pandémie numérique, elle détruira le système bancaire mondialisé, elle fera tomber les avions. Cela arrivera en raison de la complexité de leurs interdépendances. Mais quand ?

Sans une adaptation drastique de la gouvernance planétaire, de grands drames mondiaux redeviendraient possibles et même probables.

Une étape supplémentaire dans la prise de conscience de l’unité du monde, appelant trois grands chantiers : celui de la gestion de la crise, celui des modèles futurs et celui de la reconfiguration du système international…Plus que jamais, la nécessité s’impose d’une reprise de la coopération.

Faire émerger de nouvelles solidarités s’ouvrant à la vision repensée d’un indispensable multilatéralisme.

 

 

Naissent ainsi des idées nouvelles, des hybridations, des échanges. Ils produisent le fracas silencieux de la connaissance. Elle n’a pas de centralité, son arborescence est elle-même une toile infinie, des milliards de fois retissée par des milliards de milliards d’organismes vivants dans des échelles et des temporalités différentes.

Ces savants observent, acceptent tout « ce qui vient », construisent et déconstruisent, animés de l’envie de comprendre. Ils posent sans crainte la question la plus difficile. Il y a toujours un pourquoi du pourquoi. La vie y trouve sa raison d’être à tâtons, par hasard, par alliances aléatoires plus que par nécessité.

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L'intimité d'Alice Ferney - Actes Sud

Coup de cœur d'Élodie (ancienne collègue et libraire à la librairie De fil en page): Une libraire féministe, célibataire par conviction, qui a décidé de longue date qu’elle ne serait pas mère ; un père architecte qui cherche une nouvelle compagne ; une enseignante fière de son indépendance qui s’est inscrite sur un site de rencontres. À travers leurs aspirations, leurs craintes, leurs choix, l’autrice illustre les différentes manières de former un couple, d’être un parent, de donner (ou non) la vie.

Entre dialogue philosophique et comédie de mœurs contemporaine, le récit ausculte une société qui repousse les limites de la nature et interroge celles de l’éthique pour satisfaire au bonheur individuel et familial.

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La fabrique de l'obésité, enquête sur un fléau planétaire de Yves Leers - Buchet Chastel

La fabrique de l'obésité ; enquête sur un fléau sanitaireÉmetteur du florilège: François C.

Cette histoire qui se déroule sous nos yeux depuis une génération, c’est celle de la fabrique de l’obésité, donc du diabète, donc des maladies cardio-vasculaires, des accidents vasculaires cérébraux (AVC), de nombreux cancers et d’autres maladies chroniques.

1. UN SCANDALE PLANETAIRE

L’obésité a doublé en une génération

Sur terre, en 2017, un être humain sur dix est obèse (604 millions d’adultes et 108 millions d’enfants).

Epidémie galopante, aucun pays n’est épargné.

Obésité, sous-alimentation et changement climatique : il existe un lien consubstantiel entre ces trois pandémies (étude de la Commission Lancet publiée en 2019).

L’atout des traditions culinaires

Les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Irlande, le Canada et le Mexique ont connu les plus fortes croissances de l’obésité.

Le rôle de l’alcool

La corrélation entre la consommation d’alcool et le gain de poids n’est pas significative.

2. LA PLANETE OBESE

L’obésité menace l’espérance de vie en Europe

En France, plus de 8 millions d’adultes obèses… Près de la moitié de la population française adulte (49%) est en surcharge pondérale.

Le coût social de la surcharge pondérale avoisine en France 20 milliards d’euros, soit 1% du PIB.

Augmentation de la prévalence de l’obésité très sévère (IMC > 40) qui a doublé en 10 ans (2006 – 2016), soit plus de 500 000 adultes.

Les oubliés des Outre-mer français et du Pacifique.

Le Royaume-Uni, poids lourd de l’Europe… La Grande-Bretagne cumule de dramatiques records européens en matière de surpoids, d’obésité et de maladies chroniques induites, le diabète en particulier.

L’Afrique de l’ouest s’alourdit

Le surpoids et l’obésité touchent la moitié des Ghanéens urbains, et un tiers des Togolais, des Nigérians, des Nigériens, des Béninois, des Ivoiriens et des Maliens.

Les Etats-Unis, premier exportateur mondial d’obésité

En privilégiant les profits plutôt que la santé, en niant les répercussions d’une nourriture qui rend malade, les entreprises de l’agroalimentaire et le gouvernement fédéral ont fait un choix dont l’impact est universel.

L’Amérique latine

Les chercheurs de l’OCDE et de la FAO estiment que les mesures prises dans les années 1980 pour lutter contre la sous-alimentation ont créé «une génération d’obèses»: un quart des habitants du sous-continent souffre d’obésité et 60% sont en surpoids.

Le Mexique sous perfusion de Coca-Cola.

Chine: la relève des Etats-Unis

Le nombre de personnes en surpoids ou obèses en Chine a atteint 440 millions, dont 130 millions souffrent d’obésité.

Main basse sur le reste de l’Asie

. Les enfants victimes des fast-foods.

. Japon : obésité illégale ! (adoption en 2008 de la loi Metabo, destinée à prévenir tout développement de l’obésité).

. La Corée du Sud veut sauver le monde avec ses algues.

Un tour du monde plutôt inquiétant

Tant que les IAA (industries agro-alimentaires) et les financiers seront à la manœuvre, l’intérêt public sera la dernière roue du carrosse.

3. LES OUBLIES DE LA SOCIETE

Les pauvres trinquent trois fois

L’obésité et la sous-nutrition vont souvent de pair dans les pays pauvres ou en transition… Aggravée par le changement climatique, il s’agit en réalité d’une triple peine.

Le double fardeau de la malnutrition est un facteur clé à l’origine des épidémies émergentes de diabète de type 2, d’hypertension, d’AVC et de maladies cardiovasculaires dans le monde entier. Les effets néfastes peuvent également être transmis d’une génération à l’autre.

L’obésité infantile n’est pas fatidique

Le pire est à venir: si on ne fait rien -car c’est tout ou rien- pour l’éradiquer, le monde s’acheminera vers des taux d’obésité de plus en plus insupportables sur tous les plans, sanitaire, environnemental et financier. Or tous les indicateurs actuels montrent que l’obésité des enfants n’est vraiment prise au sérieux que dans les discours.

Un cortège de maladies chroniques

Aucune autre maladie n’est associée à autant d’autres pathologies que l’obésité. Si vous «attrapez l’obésité», vous avez une chance sur deux d’être diabétique, hypertendu, cardiaque, cancéreux, etc., enfin, toute la litanie des maladies chroniques.

Une pharmacopée inutile et dangereuse

Ces prétendus remèdes contre l’obésité ne sont pas seulement inutiles et hors de prix, ils sont dangereux.

…et un pis-aller coûteux, la chirurgie bariatrique

Celle-ci consiste, par différentes méthodes plus ou moins lourdes, mais toujours chères, à réduire le volume gastrique, ce qui se traduit par des pertes de poids considérables, donc une meilleure qualité de vie, mais aussi des complications et des effet indésirables sur le long terme.

La souffrance des gros

La grossophobie est «une attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids» Petit Robert

4. A QUI PROFITE LE CRIME?

Les coûts astronomiques de l’obésité

Le très lourd fardeau des dépenses de santé.

La prévention est payante.

Des lobbies prêts à tout

L’alimentation qui tue: corrélation nette entre la consommation régulière d’aliments «transformés et ultra-transformés» et les risques de cancer, de surpoids, d’obésité, de diabète, d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires.

Les secrets de cuisine du lobby agroalimentaire: les cinq règles de base du lobbying dans le domaine de l’alimentation.

Un lobbying autorisé, mais bien mal encadré.

L’ILSI, lobby des lobbies basé aux USA, dicte sa loi planétaire.

Symbole de la malbouffe, le Nutella ne s’est jamais si bien porté!

Plus il y a de McDo, plus il y a d’obèses!

L’obésité arrange beaucoup de monde

L’obésité et le surpoids constituent une mine inépuisable avec tous les prétendus régimes amaigrissants dont on connaît l’inefficacité et la dangerosité; c’est également une mine pour l’industrie pharmaceutique qui vend des médicaments dont seule l’inutilité est prouvée.

Le scandale des pseudo-régimes alimentaires.

Les produits allégés ne font maigrir que les portefeuilles

L’intérêt des produits allégés n’a jamais été démontré.

5. L’OBESITE, UNE MALADIE EVITABLE

Plus de 30% des maladies induites par l’obésité, voire 50% pour certaines -en particulier les cancers et les maladies cardio-vasculaires-, pourraient être évitées grâce à la prévention nutritionnelle.

La prévention, seule stratégie efficace

Le grand chaudron des aliments ultra-transformés

. Les méfaits de l’alimentation ultra-transformée… Les AUT (aliments ultra-transformés) sont véritablement des pseudo-aliments.

. Un arsenal de plusieurs centaines d’additifs… Plus l’aliment est transformé, plus sa teneur en additifs sera élevée.

. Moins d’obèses chez les mangeurs bio.

Sucre, le grand désastre

Le marché mondial du sucre: 100 milliards de dollars.

. Le sirop de glucose-fructose, un super-sucre très dangereux.

Une alimentation industrielle bourrée de calories vides

. Pour qui sonne le gras?… Ces «bons gras» sont tous les insaturés et spécialement les monoinsaturés, comme l’acide oléique et l’oméga 9.

. La surconsommation de sel provoque par an, en France, 75 000 accidents cardio-vasculaires, dont 25 000 décès par hypertension et maladies cardio-vasculaires, comorbidités très fréquentes chez les obèses.

. Le raffinement tue le sel, le sel raffiné tue les consommateurs.

. Le pain représente 25 à 27% de notre apport quotidien en sel.

Cet indispensable étiquetage nutritionnel

. Le nutri-score devrait être obligatoire.

Qu’il s’agisse de la transformation industrielle de l’alimentation à des degrés divers, du bio, du sucre, du sel, du pain, des graisses saturées ou des calories vides, tout est une question d’équilibre ou, plutôt, de déséquilibre.

Conclusion TOUT EST POSSIBLE

Le plus urgent -pour toute la société- est donc bien de se réapproprier son alimentation et, par voie de conséquence, sa santé. Cela passe par un équilibre nutritionnel et sociétal, une approche écologique de la nutrition (la «nutri-écologie»). Sinon, 2050 sera une annus horribilis, avec un humain obèse sur deux, sous un climat de plus en plus chaud!

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L’ERE DES NOUVEAUX TITANS - Le capitalisme en apesanteur de Charles-Edouard BOUEE en collaboration avec François ROCHE - ed Bernard GRASSET

Émetteur du verbatim : François C.

Première partie LES TITANS 

Le mythe

Les titans modernes, ou la fusion du capital et des mathématiques

Le capitalisme du XXIème siècle consacre la nouvelle ère des Titans : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, leurs équivalents et concurrents chinois que sont les Baidu, Alibaba ou Tencent.

Le capitalisme financier a fait le lit des Titans technologiques et économiques. Aucun rêve n’est plus inaccessible dans un monde où l’argent est tellement abondant qu’il ne coûte presque rien, voire coûte à ceux qui le conservent.

Cette certitude que l’argent ne manquera jamais, qu’il se trouvera toujours des capitaux prêts à s’investir dans des projets risqués mais potentiellement très rémunérateurs, explique en partie la création de ces Titans technologiques.

Ces Titans ont créé leurs propres créatures : les machines. Cet entrelacs de super-ordinateurs, de serveurs, de logiciels d’intelligence artificielle, d’objets connectés, de réseaux, de crypto-monnaies, de blockchains est en train de devenir une créature monstrueuse, aux innombrables ramifications, qui régit l’ensemble des activités humaines.

Prenez ces trois ingrédients : une révolution monétaire qui libère les moyens d’action du capitalisme ; une révolution technologique qui accélère le temps au point que le cerveau humain peine à s’y adapter ; une révolution sociale qui éloigne de plus en plus ceux qui profitent des deux premières et ceux qui les subissent…En agitant le tout, on provoque un changement de modèle, la création d’un monde nouveau où toutes les règles anciennes deviennent obsolètes.

(Titans géopolitiques) Les nouveaux Titans ont aussi investi le champ politique dont ils abolissent les codes.

Ces dirigeants (Trump, B. Johnson, Xi Jinping, Poutine, Erdogan, Bolsonaro, Kim Jong-Un…) ont été élus sur les peurs des citoyens exclus du capitalisme et des technologies. Ils se vivent, à leur échelle, comme des Titans politiques, non soumis aux lois couramment admises auparavant, parce qu’ils ont compris, mieux que d’autres, le parti à tirer du déchirement du monde…Leurs agissements récents montrent qu’ils souhaitent renouer avec un monde dominé par la loi du plus fort.

Dans l’univers des Titans, les faibles sont condamnés à disparaître, qu’il s’agisse d’entreprises ou de nations. Il n’y a plus de place non plus pour les « moyens ».

C’est la fin du temps long, la dictature du court terme se répand, l’ère du « tout, tout de suite » s’impose. Tout ce qui pourrait freiner cette accélération est combattu, au nom de l’obtention de résultats.

« The best of times, the worst of times »

Ils témoignent surtout des interrogations de tout être humain sur l’extraordinaire polarisation du monde dans tous les domaines…Le « meilleur » et le « pire » reflètent les injonctions paradoxales auxquelles nous sommes soumis et qui conduisent le cerveau humain à la folie, tout comme elles bloquent le fonctionnement d’un ordinateur.

En 2018, quatre habitants de la planète sur dix en âge de travailler étaient en dehors du monde de l’emploi (25% des hommes, 52% des femmes) et cette proportion a augmenté depuis vingt ans, en dépit de l’accroissement de la richesse mondiale.

Depuis 2007, les 1% les plus fortunés détiennent 50% de la richesse privée mondiale.

Entre 2000 et 2020, il s’est probablement fait plus de découvertes que dans toute l’histoire de l’humanité.

Facebook compte aujourd’hui 1,79 milliard d’abonnés actifs chaque jour.

Aucune étude sérieuse n’avait anticipé que les grandes entreprises de technologies allaient s’assurer une telle emprise sur les activités humaines. Tout simplement parce que ce phénomène n’a pas d’équivalent dans l’histoire.

Il y a fort à parier que la reconnaissance faciale devienne la technologie reine en matière de surveillance des populations, d’identification des individus à risque, mais aussi de contrôle des allées et venues des uns et des autres.

Une étude réalisée en 2018 portant sur 33 000 personnes dans 28 pays différents montre que 63% des personnes interrogées estiment n’avoir plus les moyens de faire la différence entre une fake news et un vrai travail de journaliste.

40 millions d’êtres humains sont aujourd’hui concernés par les formes modernes de l’esclavage, dont 25 millions au titre du travail forcé et environ 20 millions par le biais de mariages forcés. Et selon l’Unicef, 168 millions d’enfants entre 5 et 14 ans seraient obligés de travailler.

La prolifération de ces emplois sous-qualifiés, mal protégés et peu rémunérés participe aussi de la fragmentation du monde du travail, favorisée justement par ce capitalisme avancé.

La peur du déclassement social…participe de ce sentiment d’apesanteur dans lequel se trouvent beaucoup de salariés incertains de leur avenir et qui voient le fossé se creuser entre ceux qui participent du « système » et ceux qui, faute de formation suffisante, seront condamnés à vivre en marge dans une précarité grandissante.

De nouvelles contraintes surgissent de toutes parts : s’adapter au temps accéléré, rejoindre la catégorie des « vainqueurs » et y rester, vivre sous surveillance, produire des « résultats » dans tous les domaines, accepter le risque des disruptions professionnelles, répondre aux angoisses des jeunes générations sur leur avenir et sur celui de la planète, dans un contexte où les Titans sont maîtres du jeu et imposent leurs lois.

La tentation de la virtualité et des paradis artificiels…Aujourd’hui, les humains ont à leur disposition un vaste choix de produits opiacés, au sens propre comme au sens figuré.

La crise du Covid-19 a encore accentué la « Netflix addiction »…La tendance est à ce que les experts appellent la « gamification ». Tout doit être un jeu, ou construit comme un jeu, les relations dans l’entreprise, les interactions sociales, et même les rapports amoureux.

Prises une à une, toutes ces informations recouvrent une anomalie, un danger, un non-sens isolé. Mais lorsqu’on les agrège, le monde apparaît comme une constellation de menaces. Immense richesse pour certains, pauvreté insupportable pour d’autres ; mépris de la nature et de l’environnement chez certains dont la mission serait de les protéger ; surpuissance d’acteurs économiques qui se prennent pour des Etats ; militarisation à outrance de la planète et de l’espace ; menaces à peine voilées de recours à l’arme nucléaire ; réchauffement inéluctable des températures, avec son cortège annoncé de catastrophes naturelles et humanitaires ; exploitation toujours à marche forcée du sous-sol ; appauvrissement des ressources naturelles alors que la population mondiale ne cesse d’augmenter.

Le Covid-10 est-il un déluge moderne de nature à faire émerger un monde meilleur ? Ou au contraire, le signe avant-coureur de désastres encore plus radicaux ?…En quelques mois, et en accéléré, nous avons expérimenté le monde qui vient.

Deuxième partie LE PANGOLIN

L’Année du Rat de métal (Chine)

Hélas, en fait d’opulence et de renouveau, c’est la dépression et le retour en arrière que le Rat de métal a apportés au monde.

Partout, le creusement des inégalités au cours des années précédentes s’est révélé dans toute sa crudité, concernant notamment l’accès aux soins, les couvertures sociales squelettiques ou tout simplement inexistantes dans certains pays.

Cette épidémie Covid-19 a jeté une lumière crue sur le fait que nous, les humains, étions le maillon faible de la machine économique et financière mondialisée.

Biais cognitifs et « monde d’après »

La récession économique réplique par son ampleur et sa soudaineté la crise des années 30. Elle se traduit par une augmentation du chômage, une aggravation des déficits publics et de la dette des Etats.

(Biais) Confirmation d’hypothèse (préférer les éléments qui confirment une hypothèse plutôt que ceux qui l’infirment) ; l’illusion des séries (percevoir à tort des coïncidences dans les données du hasard) ; le biais de disponibilité (ne pas chercher d’autres informations que celles qui sont immédiatement disponibles) ; le sophisme générique (tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme) ; le biais d’optimisme (faire preuve d’optimisme disproportionné ou irréaliste).

Si la lecture de la crise est distordue par ces biais cognitifs, les leçons à en tirer le sont tout autant par le biais de la centrifugation. Nos croyances sont plus têtues que les faits…Bref, beaucoup de convictions « d’avant » n’ont pas été ébranlées par la crise, elles retrouvent une nouvelle vie pour « l’après » et l’on retrouve les mêmes lignes de force, les mêmes contradictions qui s’affrontaient avant le coronavirus, alors même que cette crise laisse béantes un certain nombre d’interrogations sur les leçons que, sur le moyen terme, le monde va en tirer.

Le capitalisme contaminé par le virus ou en apesanteur ?

L’économie est le monde des flux perpétuels. Les hommes, les capitaux, les produits, les informations circulent en permanence.

Les difficultés auxquelles ont été confrontés les travailleurs « indépendants », tout au long de la crise, ont révélé le vrai prix de cette indépendance lorsque rien ou presque ne vient les protéger en cas de perte durable de leur activité.

Le capitalisme s’est donc plutôt bien tiré d’affaire. Certes, cette crise laissera des traces, mais elles ne feront que suivre les règles d’airain du système : les puissants s’en tirent mieux que les faibles, les entreprises riches de cash sont mieux armées que les autres, les « leaders » l’emportent encore davantage sur les « moyens ».

Le capitalisme est sorti toujours plus fort de toutes les crises qu’il a traversées. Celle de 2008 en offre un parfait exemple.

L’aspiration à ce que les entreprises se dotent d’une « raison d’être » …se heurte à l’accélération du système capitaliste dans son entier, qui fait que la puissance technologique et la performance financière seront demain, plus que jamais, la condition de la pérennité des entreprises.

La circulation des capitaux, les investissements, les technologies, les entreprises, l’intelligence se mondialisent et créent même un nouveau continent cherchant à échapper aux lourdeurs du monde « physique », celui des hommes et de la nature.

Le capitalisme n’est pas un système fermé sur lui-même, il est au contraire ouvert en permanence sur le monde, il se renouvelle sans cesse et à un rythme qui s’accélère, il nous fait croire qu’il peut se réformer de lui-même. Il est comme la peau et les cellules qui se renouvellent tous les jours. Il s’accélère et se régénère encore plus vite qu’avant, comme en état d’apesanteur. Et le coronavirus n’y a rien changé, tout au contraire.

Le monde de demain comme si nous y étions déjà

. Les Titans technologiques ne sont que des robots sans compassion.

. La liberté individuelle est devenue une valeur relative.

. Aux Etats-Unis, le théâtre d’une opposition farouche entre la virilité (Trump) et la compassion (Biden).

. En Chine, la volonté confirmée de maîtriser son destin…Elle sort de cette crise renforcée sur le plan technologique, plus que jamais polarisée entre l’ultra-capitalisme et l’ultra-communisme.

. La Russie a voulu faire au mieux, elle a fait comme d’habitude.

. L’avenir du travail localisé est désormais compté.

. Le revenu universel a vu le jour…La digitalisation des services dans l’industrie financière, la grande distribution, l’industrie va provoquer la disparition de millions d’emplois dans le monde.

. Le présent a moins de valeur que le futur.

. La prise de conscience brutale de la « possibilité » de la mort.

. L’épuisement idéologique et religieux est en marche.

Conclusion UN DLUGE ANNONCÉ OU LA RENAISSANCE

Le coronavirus s’est déclenché dans un climat mondial délétère, certains diraient même de décadence…Les formes de l’art ou de la vie semblent épuisées ; toutes les étapes du progrès paraissent avoir été atteintes ; les institutions fonctionnent avec peine ; la répétition et la frustration gagnent les esprits ; l’ennui et la fatigue deviennent des forces historiques.

Notre civilisation est hantée par la résignation. Elle n’a plus d’espace où se projeter. Elle se condamne à la répétition…Nos sociétés, pourtant riches et puissantes, ont cessé d’avancer sur les plans politique, économique, culturel et intellectuel.

Cette révélation du confinement peut se résumer en quatre questions : Que voulons-nous apprendre dans notre vie (quoi, comment et où) et pour quoi faire ? Comment pouvons-nous vivre pleinement notre vie au présent et dans le futur ? Quelle part devons-nous laisser à l’amour dans notre vie ? Et enfin, que voulons-nous laisser derrière nous après notre mort ?

Le monde se fracture de façon tellement profonde que l’on croit de moins en moins dans la possibilité d’en rassembler les morceaux.

Si déluge il doit y avoir, il ne sera pas cette fois administré par Zeus ou Dieu. Il le sera par l’action des humains eux-mêmes, du fait de leur irrationalité, de leurs peurs, de leur passivité ou de leur appétence pour la destruction de « l’autre ». Dans ce monde de Titans, c’est des hommes que doit venir la solution, de leur volonté de partager, de construire, de faire le bien, d’œuvrer à un monde meilleur…Tant que subsisteront les appétits de conquête, de destruction, de domination et de surveillance, l’humanité est condamnée à une lente décadence de ses valeurs humaines, culturelles et intellectuelles.

Le paradoxe de Stockdale : Pendant la guerre du Vietnam, les prisonniers les plus optimistes sont ceux qui n’ont pas survécu. Persuadés qu’ils allaient être libérés sous peu, et constatant que cela n’arrivait pas, ils se sont découragés plus vite et ont perdu l’énergie dont ils avaient besoin pour tenir. Ceux qui s’en sont sortis n’étaient pas défaitistes pour autant. Ils étaient persuadés, au fond d’eux-mêmes, qu’ils en réchapperaient. Mais ils regardaient en face les épreuves qui les attendaient, sans chercher à se rassurer. Ce qui leur a permis de les traverser. D’où le paradoxe : il fallait être convaincu de s’en sortir, tout en ayant le courage de s’affronter à la brutale réalité.

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L’ECONOMIE POST-COVID de Patrick ARTUS et Olivier PASTRE - Ed. Fayard

Émetteur du verbatim : François C.

Introduction TOUT CE QUI EST DIFFÉRENT DANS CETTE CRISE

  1. Un choc d’offre, alors que la crise des subprimes était un choc de demande.
  2. Les pays émergents sont plus violemment touchés.
  3. La structure sectorielle de l’économie est déformée.
  4. La réponse de la politique économique est violente et impressionnante.
  5. Le modèle économique et social est remis en cause de manière bien plus profonde et large qu’en 2008-2009.
  6. La crise provoque des effets politiques et géopolitiques importants.

Chapitre 1 UN PEU D’HISTOIRE

Quels enseignements peut-on tirer de cette histoire des pandémies ?

  1. Une accélération de la pandémie est possible, du fait de “l’ouverture” au virus de nouveaux territoires de conquête.
  2. La durée épidémique, beaucoup plus longue que prévu initialement.
  3. La capacité d’oubli des populations et, pire, des pouvoirs politiques.
  4. Pandémie : il y a toujours la recherche d’un bouc émissaire.
  5. Les boucs émissaires de l’épidémie de Covid : la Chine pour les Etats-Unis, le capitalisme néolibéral et la globalisation en Europe. Leurs effets concrets sur les économies.

Chapitre 2 ENTREPRISES : QUELLES ENTREPRISES ?

Les certitudes :

  1. Le vrai problème est celui des fonds propres des entreprises. La sous-capitalisation des entreprises françaises est un drame historique.
  2. Le “bain de sang”. On peut s’attendre à une explosion des faillites et un recul historique de la création d’entreprise.
  3. Les épargnants devront accepter une rémunération plus faible de leur épargne.
  4. Il faut s’attendre à de nombreux conflits, qui ne seront pas que sociaux. Ils opposeront aussi les entreprises à l’Etat.

Que faire ?

  1. Suspendre les réglementations dites”prudentielles” (Bâle III dans la banque et Solvency II dans l’assurance).
  2. Créer des produits financiers qui permettent de renforcer des fonds propres des PME sans effets collatéraux négatifs.
  3. Donner tous les moyens nécessaires à l’industrie du capital-risque.

Deux écueils à éviter :

. Subventionner les “canards boiteux”. Pour financer une entreprise, il faut qu’elle souffre d’une crise de liquidité et non de solvabilité.

. Ne pas donner une priorité absolue aux TPE qui sont de très loin les plus fragiles, mais pour lesquelles l’industrie du private equity est aujourd’hui la plus mal armée.

De nombreuses interrogations :

  1. Les chaînes de valeur, purs produits de la mondialisation et porteuses d’importants gains de productivité, ont été remises en cause par la pandémie.
  2. De très nombreux sous-secteurs impactés, qui constituent des “noeuds stratégiques” pour assurer notre souveraineté.
  3. Le problème de la relocalisation.
  4. Y aura-t-il transition vers un capitalisme différent qui serait “inclusif”, s’intéressant à la situation de toutes les parties prenantes de l’entreprise ?
  5. Une exigence anormalement élevée de rentabilité du capital pour l’actionnaire.
  6. Le partage des revenus défavorable aux salaries.
  7. La reconstitution de monopoles, de positions dominantes et de rentes de monopoles.

Les externalités générées par les entreprises n’ont pas été internalisées (externalités sociales, économiques, climatiques et environnementales).

Trois obstacles au principe du “pollueur-payeur” :

  1. Les défaillances des États, qui n’ont pas su ou voulu internaliser les externalités générées par les entreprises.
  2. Un très important affaiblissement des entreprises des pays de l’OCDE.
  3. Le rôle ambigu de la finance, qui, d’un côté, pousse les entreprises à devenir plus vertueuses, mais de l’autre exige une rentabilité très élevée du capital pour les investisseurs.

L’optimisme n’est pas de rigueur sur la transformation du capitalisme, sauf à impulser des changements de comportement drastiques de la part de tous les agents économiques. En premier lieu dans le domaine social.

Chapitre 3 TRAVAIL ET EMPLOI : QUEL NOUVEAU PARADIGME ?

La nécessité de provoquer des ruptures majeures dans la façon d’apprécier et de gérer le travail et l’emploi.

Trois faux débats :

  1. La relocalisation : elle prend du temps ; il faut trouver les compétences dont les usines ont besoin.

Une seule solution : un examen des sous-secteurs dont la relocalisation est indispensable ou au moins possible et la mobilisation des moyens nécessaires pour impulser celle-ci.

  1. Les dividences.
  2. La hausse du smic.

Les certitudes :

  1. Les situations seront très différenciées.
  2. L’accélération de la numérisation.

Les solutions :

  1. La refonte du système d’intéressement et de participation.
  2. La refonte complète du système de formation professionnelle. Une des solutions majeures passe par l’adaptation des qualifications afin d’augmenter l’employabilité des salariés.

Des interrogations :

  1. Le télétravail. Il est clair que cette nouvelle forme d’organisation du travail devra se doter d’un veritable statut.
  2. L’avenir du dialogue social. Dans ce domaine, il s’agit d’une véritable rupture historique et épistémologique.
  3. Au niveau macroéconomique, le coronavirus va t-il être un massacre économique et, plus encore, social ?

Les certitudes :

  1. La polarisation du marché du travail : accentuation des inégalités entre emploi stable et emploi précaire et entre emploi qualifié et non qualifié.
  2. Une tension sociale forte dans les pays européens après la crise.
  3. Les réformes à mener.

. la priorité absolue reste le retour à l’emploi.

. nous sommes face à une équation à trois inconnues : l’emploi, la durée du travail et la remuneration.

. les jeunes vont être les grands perdants de la crise du Covid.

Comment refaire partir en France l’ascenseur social ?

L’ascenseur social n’est pas véritablement en panne. Il ne fonctionne aujourd’hui qu’à la descente.

Chapitre 4 STRUCTURE SECTORIELLE DE L’ÉCONOMIE ET GÉOÉCONOMIE BOULEVERSÉES

Six évolutions derrière la déformation de la structure sectorielle des économies :

  1. Le recul de la demande de biens durables : biens d’équipement des entreprises, ainsi que des ménages.
  2. Le recul probablement durable du tourisme.
  3. Une hausse durable du poids de la distribution en ligne.
  4. Un souci accru pour le climat et l’environnement.
  5. La perte d’efficacité avec le recul de la productivité horaire du travail.
  6. La volonté des Etats, après la crise, de soutenir et de relocaliser certaines industries stratégiques (pharmacie et médicament, matériel de télécommunication, matériel pour les énergies renouvelables, services Internet).

Les secteurs d’activité gagnants et perdants

. Secteurs gagnants : Biens de consommation courants, services à la personne, luxe, pharmacie-santé, agroalimentaire, technologies au sens large, énergies renouvelables.

. Secteurs perdants : Biens d’équipement, matériel de transport, biens intermédiaires, immobilier commercial, énergies fossiles, tourisme, distribution traditionnelle, transport aérien, services financiers.

Une reprise économique plus difficile.

. L’économie va se déformer vers le “dématérialisé” : services à la personne, technologies, santé, télécoms, commerce en ligne, services financiers associés.

. De nombreuses entreprises vont être en difficulté dans les secteurs perdants…Il y aura donc des faillites, des acquisitions, des consolidations et l’impossibilité de maintenir l’emploi.

. Et si c’était l’Europe qui sortirait renforcée ?   Les Etats-Unis et la Chine souffrent aussi de problèmes structurels sévères.

Chapitre 5 QUELLE MACROÉCONOMIE APRÈS LA CRISE ?

L’excès durable de liquidité avec la monétisation des dettes publiques va conduire à des bulles généralisées sur les prix des actifs.

Perspectives de stagflation après la fin du confinement (croissance faible et inflation élevée).

La base monétaire des pays de l’OCDE, i.e. la quantité de monnaie créée par les banques centrales, devrait augmenter de 70% en 2020, passant de 14 à 24 trillions de dollars.

Il est clair que l’équilibre économique de stagflation  et de bulles est peu attrayant.

Pour une partie des secteurs perdants, la crise du Covid va faire apparaître de nombreuses “entreprises zombies” qui sont surendettées et n’ont plus les moyens de se développer, d’innover.

Nous pensons qu’il y aura l’apparition généralisée de bulles sur les prix des actifs financiers et immobiliers, mais aussi peut-être une crise beaucoup plus grave de perte de confiance dans les monnaies publiques des Etats.

Seulement une généralisation des bulles ou bien une crise pire ? (chute de la demande de réserves publiques au profit de monnaies privées -cryptomonnaies par exemple).

Chapitre 6 QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION ET HUIT PROPOSITIONS D’ACTION POUR DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES DE RUPTURE

Certitudes :

. Il faut distinguer les réformes de court terme et celles de long terme.

. L’éducation au sens large est la clé de toutes les réformes.

. Les grands principes :

. L’objectif majeur est celui de la confiance.

. Il ne peut y avoir de réformes efficaces que si l’effort demandé est perçu comme partagé.

. Cette crise doit nous amener à opérer des ruptures dans presque tous les domaines d’activité économique, aussi bien au niveau macro que microéconomique.

. Remettre en cause/adapter le principe de precaution.

. Il faut réformer très largement les organismes internationaux dont a accouché la Seconde Guerre mondiale.

. Aucune croissance mondiale ne sera durable sans l’Afrique, qui vit déjà deux autres “pandémies” -celles de la sécheresse et de la faim, auxquelles s’ajoute à terme très proche celle des migrations.

Il faut mettre en place des politiques de rupture dans huit domaines :

Rupture 1 : soutenir les catégories les plus touchées par la crise par un revenu universel ciblé

Rupture 2 : réformer réellement les retraites pour aider les entreprises à survivre et à investir…La seule piste praticable est une réforme rapide et radicale des retraites, qui amène en quelques années l’âge effectif de depart à la retraite à 65 ans.

Rupture 3 : créer un choc de compétence pour favoriser la transformation des emplois, ce qui passe, entre autres, par une refonte du système de formation professionnelle…la crise va exacerber un problème profond de la France, qui est le faible poids des compétences de la population active.

Rupture 4 : créer un partenariat Etat-entreprises sur les technologies d’avenir…Le bon modèle (celui de la DARPA aux Etats-Unis ou du METI au Japon) nous semble être celui du partenariat entre l’Etat et les grandes entreprises dans les industries d’avenir.

Rupture 5 : définir une autre réglementation financière et refonder les actuelles normes prudentielles…L’enjeu est donc de modifier profondément la réglementation financière pour la rendre contracyclique.

Rupture 6 : “profiter” de cette crise pour assurer une véritable transition énergétique, ce qui passe par une “taxe carbone” digne de ce nom.

Rupture 7 : inverser le processus de décentralisation…sur le millefeuille territorial actuel, lesquelles sont les dizaines de feuilles à supprimer et les centaines à réformer ?...viser à “l’inversion de l’initiative des réformes”.

Rupture 8 : rénover le financement du syndicalisme.

 

Conclusion

Mais 600 jours suffisent pour modifier un logiciel et le rendre opérationnel…A vous de jouer : bon courage Mesdames et Messieurs les politiques…

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LA PRESSE EST UN COMBAT DE RUE d'Eric FOTTORINO - Ed. L’Aube

Émetteur du florilège: François C.

Le risque réel que tout implose, que notre monde de papier ne soit bientôt plus qu’une chimère.

Nous avons forgé une proposition simple : ralentir pour réfléchir, prendre du plaisir à lire, accepter que nous sommes plus intelligents à plusieurs, car la vérité est complexe et offre rarement un seul visage, donc un seul point de vue.

Jivarisée, l’information bascule dans la caricature ou l’à-peu-près. Le journalisme revisité par les nouvelles technologies est devenu cela : remplir les espaces, combler des vides (avec aussi des infos creuses), boucher des trous, au risque du bégaiement, des redondances, au risque aussi du racolage…et de la montée de l’insignifiance.

Le 1 n’était pas un journal « contre », mais un journal « pour », pour l’ouverture d’esprit, pour le partage des savoirs et le mélange des points de vue, pour la poésie et pour les sciences dures, pour la littérature et l’économie.

La révolution numérique n’a pas seulement fusionné l’écrit avec l’écran, le son et l’image. Elle a bouleversé la manière de percevoir le réel comme s’il n’existait que sous forme virtuelle, dématérialisée, détachée du terrain, dans une hystérie permanente liée à un système de distribution addictive et aléatoire de récompenses.

Si le papier a sérieusement chuté, c’est que ses contenus se sont détériorés, appauvris, anecdotisés, peoplisés.

Combattre l’inertie, le silence, l’à-quoi-bon, la résignation à voir ces petits foyers de démocratie s’éteindre les uns après les autres. Un kiosque qui ferme à Paris vous oblige à marcher un peu plus loin.

Le combat de rue consiste à préserver un choix réel pour les lecteurs exigeants qui, tout en restant connectés, souhaitent garder des moments de lectures variées privilégiant le fond, l’attention, la concentration, susceptibles de les aider à comprendre la société et le monde qui les entoure.

Ce sont ces espaces de la rue qu’il faut réinvestir en faisant du bruit, i.e. en les animant, je devrais dire «en les réanimant».

C’est chaque fois, sous des formes différentes, une même petite musique qui revient : besoin de sens, de profondeur, de plaisir de lire, de savoir qui parle, de se voir proposer des contenus permettant de ralentir et de réfléchir…d’être des acteurs de la société, d’avoir prise sur son fonctionnement et ses dysfonctionnements en étant vraiment informés, et non vaguement au courant de ce qui se mouline dans la machine médiatique devenue folle par ses excès de vitesse, de simplification et parfois de racolage.

L’ensemble du secteur est le lieu d’une incroyable consanguinité et d’une évidente indifférence au concept même de « conflit d’intérêts ». La distribution de la presse est un monde clos et discret, où l’on peut être, simultanément, éditeur, client de Presstalis, administrateur de Presstalis, actionnaire de Presstalis…

Cruellement balzacien par plus d’un aspect, ce dossier exhibe au grand jour les illusions perdues d’une distribution équitable et transparente de la presse. Idéal oublié, en lieu et place de quoi Presstalis offre un spectaculaire panorama sur le gouffre que peuvent en toute impunité creuser, quand elles se conjuguent, l’inadaptation de stratégies, l’irresponsabilité de dirigeants, l’impuissance d’autorités dites « de régulation » et l’ignorance ou la cécité volontaire de pouvoirs publics qui ont si longtemps laissé faire.

Les oligarques entre les mains desquels désormais reposent presque tous les grands titres sont uniquement dans des logiques court-termistes, et non dans une réflexion sur la préservation d’un monde de mots et d’idées, écosystème de longue date réputé pour sa fragilité…Plus rapide, moins chère, moins libre, voici la presse que veulent ses nouveaux propriétaires, qui sont aussi ses bourreaux.

Ici comme ailleurs, informer, c’est lutter, résister, combattre. Sans préjugés ni partis pris. Sans répit non plus. Il en va de la paix sociale et, sans aucun doute, de la paix du monde.

Croyant partager le monde grâce à des connexions toujours plus vastes et puissantes, nous sommes au contraire atrophiés, relégués dans un monde clos qui ne nous offre plus que ce que nous aimons. Facebook ne veut surtout pas nous contrarier. Il nous calcule, au sens probabiliste du terme, pour satisfaire nos désirs, allant même jusqu’à les anticiper…Ce confort absolu, ou cette panne organisée de la pensée, c’est ce que nous renvoie l’univers de Facebook.

La nature des fake news : il s’agit d’informations mensongères, fabriquées par des individus, des mouvements ou des puissances étrangères. Une fois le message conçu, il est propulsé simultanément dans le grand bouillon numérique par des comptes malveillants –relayés par d’autres comptes automatisés- pour surfer sur la grande vague du buzz.

Les démocraties sont ébranlées au nom d’une liberté d’expression débridée par des machines sans garde-fous. Mark Zuckerberg, contraint d’employer plus de 35 000 modérateurs de contenus, doit presque chaque jour se justifier, sans pour l’instant convaincre.

Mais il y a une autre caractéristique : l’émotion l’emporte sur les faits. Une fake news fonctionne par la rencontre entre cette émotion et les réseaux qui nous enferment à l’intérieur de bulles cognitives autoalimentées par le jeu des algorithmes.

L’avenir proche pour l’information va être pire avant d’être mieux. Demain, les technologies permettront de créer des vidéos totalement fausses de catastrophes qui apparaîtront absolument vraies pour des millions de gens. On recréera des événements avec des personnages vivants…Les fake news constituent un danger majeur pour la démocratie. C’est un des phénomènes les plus disruptifs qui soient arrivés à nos sociétés.

Facebook est foncièrement toxique et avilissant. Ce réseau détruit massivement les relations sociales, en particulier chez les jeunes. Il est anti-social : il court-circuite et parasite les relations sociales en les télécommandant.

Les algorithmes fonctionnent sur la base du renforcement comportemental des individus et des groupes. Plus on renforce un comportement, plus on peut le calculer, plus il est prévisible. On devient des marionnettes numériques. On croit tirer les fils, on est tiré par eux.

La fragmentation et le cloisonnement qui dominent le paysage médiatique sont in fine extrêmement pervers : les consommateurs d’information s’attachent à des médias qui pensent ce qu’ils pensent.

Enivrez-vous des mots et des images qui dessinent notre époque, la rendent passionnante, étonnante, et pas seulement effrayante ou lassante. A nous, journalistes, d’être fidèles à cette vision d’Italo Calvino pour qui un monde nouveau naissait chaque matin…Il nous reste à réinventer les journaux de demain pour continuer, pour résister. Quel plus beau défi ? Innover est notre seule assurance-vie possible. Repenser des formats, renouveler les regards, resacraliser des objets de presse qu’on a envie de lire, puis de garder, des journaux modernes, beaux et inspirants…qui accompagnent nos existences à la manière de passeurs nous guidant d’une rive à l’autre, d’hier à demain.

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Rosa Dolorosa de Carioline Dorka-Fenech - La Martinière

Texte de Caroline: Bim le truc que je n avais pas vu venir: Rosa Dolorosa, c’est un premier roman. Ce genre de roman poison que tu détestes et qui te fascine, te met mal à l aise. Un livre totalement addictif parce qu’on veut savoir ce qui va arriver! On veut comprendre aussi et surtout…

Des pages que tu commences et que tu arrêtes de dévorer une fois que tu es arrivé à la dernière. Les mots dansent simplement et librement au fil des phrases. On est immédiatement emporté et on se retrouve en quelques minutes dans ce quartier de Nice avec cette femme que nous pourrions toutes être…

Ce livre se lit très vite et non il ne fait pas du bien au moral. Mais c’est un pansement pour l'âme, un exutoire à angoisse, une grosse claque, un coup en pleine poitrine qui t’oblige à réfléchir, à penser, qui fait peur aussi…

Je ne dis rien de plus… Je vous laisse découvrir par vous-même cet instant terrible et incroyable de la vie de Rosa …

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