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Verbatims et recommandations...

80 ANS, UN CERTAIN ÂGE de Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER - Ed. Albin Michel

80 ans, un certain âgePhilosopher, c’est-à-dire penser son existence, c’est apprendre à bien la vivre jusqu’à la fin. Alors, allons-y!

LE TEMPS

1978 Le quadra «Le temps file entre les doigts comme une corde folle, et les frustrations commencent à s’accumuler.»

2018 L’octo «Je vais bientôt mourir et, comme disait le tant regretté Pierre Desproges, je fais quoi en attendant?»

Désormais, je pense ma vie comme une collection d’instants rares. Ayant renoncé aux grands projets, je peux me permettre ce que s’interdisait l’homme d’action: vivre au jour le jour pour y trouver la saveur d’exister.

Longtemps le souci du temps a pris le pas sur la qualité de mon vécu. Je suis en train d’inverser ces priorités et je trouve ça succulent.

LA FAMILLE

1978 Le quadra «On a souvent décrit les Servan-Schreiber comme un clan, voire une mafia.»

2018 L’octo «Une famille est un pacte existentiel. On y naît, on y vit, on y meurt en compagnie d’autres avec lesquels on a un peu ou beaucoup en commun.»

Octo, je suis à même d’apprécier la continuité avec la famille du Quadra. Instruit par l’exemple de mes parents, j’ai compris que pour que la famille dure, il faut favoriser les contacts entre ceux d’une même génération. L’idéal est que nos enfants et petits-enfants n’aient nul besoin de moi pour se réunir et faire preuve de solidarité en cas de besoin. Constatant que c’est pour la troisième génération ce qui est en train de se tisser entre eux, je souris intérieurement. Les valeurs communes ont donc bien été transmises.

LE COUPLE

1978 Le quadra «Dès que nous cessions de communiquer, l’envie de vivre semblait nous quitter.»

2018 L’octo «Un mois après notre rencontre Perla a déposé ses valises chez moi (où nous sommes encore).»

Et puis, chemin faisant, le vieux couple est voué à devenir un couple de vieux. Sur ce chapitre qui s’ouvre pour nous, ni les témoignages ni les observations ne sont nombreux, car auparavant on mourait trop jeune pour vivre de longues épousailles. Au point que vieillir ensemble passe encore pour un projet imprévu et risqué.

LES ENFANTS

1978 Le quadra «C’est probablement pour nous faire faire la folie de les mettre au monde que les petits enfants ont les yeux si brillants et des rires ensoleillés.»

2018 L’octo «Aucun des miens n’est drogué, gravement malade, en dépression chronique, incapable de trouver un emploi, en prison, ni fâché avec moi.»

LES AUTRES

1978 Le quadra «Chaque année passée depuis ma jeunesse m’a mieux fait admettre que je vous ressemble et que vous m’êtes nécessaires.»

Adulte, j’ai appris que chaque nation mettait un point d’honneur à dépenser cinq fois plus pour perfectionner son armement que pour aider les affamés du tiers monde.

2018 L’octo «Rares sont les liens indéfectibles. On peut partager le même lit des années, puis ne plus se voir, même sans fâcheries.»

J’ai appris que c’est dans ma relation aux autres que j’existe le plus complètement. Parce qu’elle me définit, me précise. Qui est sûr d’exister, au-delà de ses sens, si ce n’est en relation, en connexion avec ce qui n’est pas soi? Le besoin de l’autre est l’expression permanente de mon incomplétude.

Les autres sont pour moi des sources d’émotions, de stimulations, de désirs parfois, bref, de vie. Parce qu’ils sont mes semblables, ils me complètent ; parce qu’ils sont différents, ils m’enrichissent.

LE JOURNALISME

1978 Le quadra «Si je devais travailler aujourd’hui avec la personne que j’étais à vingt-trois ans, j’aurais du mal à la supporter.»

Aussi ai-je favorisé, dans les huit ou dix titres que j’ai dirigés, des qualités sans panache mais essentielles, comme la clarté, la précision, la couverture de l’actualité, la rigueur dans le contrôle des faits, l’élégance de la présentation et, surtout, l’honnêteté intellectuelle.

2018 L’octo «Je me suis trouvé, vers la soixantaine, confronté à une technologie de rupture devant laquelle mon expérience n’était plus adaptée.»

Ne suis-je pas né avant la télévision, le cinéma en couleurs, les antibiotiques, le droit de vote des femmes, la décolonisation, le rideau de fer sur l’Europe, la bombe atomique, la sécurité sociale, les voyages aériens, etc.? Et surtout longtemps avant la communication électronique qui est en train de remodeler les rapports entre les Terriens.

LA POLITIQUE

1978 Le quadra «Avec la politique on connaissait l’orgasme de l’élection, les délices de la renommée et une autojustification à toute épreuve.»

Il m’a fallu du temps pour comprendre que le but dominant de la politique n’est pas de résoudre au mieux et au plus vite les problèmes d’un peuple, mais de conquérir le pouvoir, et de s’y maintenir.

2018 L’octo «Une vision plus réaliste de la politique se résume pour moi à cette formule célèbre outre-Atlantique: It’s a dirty job, but someone has got to do it.»

Je n’en suis pas moins convaincu qu’il reste à la politique une mission majeure, et pour longtemps : la défense des droits de l’homme, qui sont à nouveau l’objet d’attaques et de remises en question sans précédent.

LE BUSINESS

1978 Le quadra «Aussi arrivai-je à la conclusion que si je réussissais ce que j’entreprenais, c’est que ça ne devait pas être très calé.»

Lorsque je considère mon activité… dans le monde du business, je ne me pose que trois questions: «Est-ce intéressant? Est-ce difficile? Est-ce moral?»

2018 L’octo «J’étais probablement trop intellectuel pour me contenter de faire fonctionner des entreprises, mais pas assez pour devenir un penseur établi.»

Peut-être suis-je incapable de croire que mes descendants puissent vivre dans une prospérité sans transcendance, mais pléthorique en divertissements pascaliens.

L’ESTABLISHMENT

1978 Le quadra «Qui donc a décidé de m’accepter et me l’a fait savoir? Tout simplement les secrétaires.»

L’origine des membres de l’establishment peut changer, leur durée, en fonction, se restreindre, le régime politique se transformer, leurs petites manies évoluer, mais le seul jeu qui les intéresse restera immuable : la loterie du pouvoir.

2018 L’octo «Me voici donc émérite ou honoraire dans des fonctions dont j’ai été si longtemps titulaire, la définition courtoise du has been.»

Autres pratiques salutaires: devenir très gentil, convivial, souriant, empathique, prévenant, serviable, drôle et reconnaissant. Car, dépouillé d’éminence sociale, il est crucial de faire ce qu’il faut pour que les autres vous trouvent de bonne compagnie.

LA DISTANCIATION

1978 Le quadra «Ma motivation, c’est l’envie de vivre, faite de curiosités, de désirs, de projets, de fantasmes, de sensations, de besoins.»

Si l’on veut accomplir, construire, réaliser quoi que ce soit, il ne faut pas abuser de la distanciation qui, à haute dose, rend sceptique, blasé, désabusé.

2018 L’octo «Mieux vaut reconnaître d’emblée qu’une vie ne peut être qu’une symphonie inachevée.»

Les sages taoïstes nous ont appris à nous garder de porter un jugement rapide sur ce qui se produit, puisqu’il est impossible alors d’en prévoir toutes les conséquences. Seule la distanciation temporelle révèle après coup la vraie portée d’un contretemps, comme d’une aubaine. Il n’est pas rare qu’avec les années, nos jugements s’inversent.

LA FORME PHYSIQUE

1978 Le quadra «Préférer la victoire sur soi-même à une assiette de profiteroles au chocolat, n’est-ce pas gravir un échelon vers la transcendance?»

J’ai fait le choix de me ménager pour donner à mon cerveau de meilleures chances de rester irrigué, à mon cœur de ne pas s’encrasser, à mes jambes de me porter, à mes yeux de percevoir la lumière.

2018 L’octo «Les quatre grands prédateurs de la Faucheuse, cancer, infarctus, AVC, Alzheimer, frappent au hasard. Il y a des semaines où, pour voir des amis, je navigue d’un hôpital à l’autre.»

Moi non plus je ne peux pas changer de carrosserie, je dois m’arranger avec ce dont je dispose.

LE MASCULIN

1978 Le quadra «Non seulement je trouve mes filles aussi futées que jolies, mais j’ai le sentiment d’avoir investi dans le parti qui monte.»

Parce que l’éducation des mâles, leur culture ne les ont pas préparés à vivre une sexualité fondée sur l’échange, le respect et la réciprocité.

2018 L’octo «J’ai d’autant mieux reconnu et apprécié ma part féminine qu’elle s’accompagnait d’une hétérosexualité inconditionnelle.»

Mon attitude à l’égard des femmes, je me la suis formulée en constatant ce qui est bénéfique dans le couple: à l’horizontale, animalité joyeuse ; à la verticale, respect, souvent admiratif.

 LA MORT

1978 Le quadra «Soudain, la mort saute sur la scène, claque des doigts: «Voilà ce que je fais de tout ça!» Message reçu, pour de bon.»

Vers trente-cinq ans, j’ai vu pour la première fois ma vie comme une fin de vacances. Mon premier coup de vieux.

2018 L’octo «Agnostique, je fais donc une sorte de pari de Pascal inversé: pour ne pas m’illusionner, je préfère penser qu’il n’y aura rien après ma mort et agir en conséquence.»

Selon les jours c’est pile ou face. Je peux ressentir que ma vie n’a aucun sens puisque je vais disparaître sans avoir compris le jeu. Et le lendemain c’est parce que je me sens mortel que chaque instant vécu m’est source de félicité.

 LA VIE

1978 Le quadra «Je n’avais pas d’estime pour ceux qui dormaient tard, parlaient beaucoup trop ou, plus simplement, rentraient chez eux à dix-huit heures pile pour retrouver leur femme et leurs gosses.»

 Principal responsable de mon conditionnement psychologique, j’apprends à minimiser ce qui me nuit et à favoriser ce qui m’est bénéfique.

2018 L’octo «Graduellement se dessine non plus ce que j’aurais pu ou aimer être, mais ce que j’ai été. Ça et pas davantage. Le rendez-vous décisif avec soi-même: tout ça pour ça?»

 Les années sont un filtre qui élimine le fantastique, l’illusoire, l’inaccessible, l’inutile…Des pans entiers de possibles disparaissent du fait que mon corps devient moins fort, moins agile, moins dynamique. Moins ardent aussi et c’est tant mieux. Des désirs moindres valorisent d’autant ceux qui demeurent et paraissent plus authentiques.

 L’AVENIR

1978 Le quadra «On ne peut pas s’émerveiller chaque fois qu’on allume l’électricité, qu’on décroche son téléphone ou qu’on monte dans sa voiture.»

 S’il me faut donc encore sauter de mon lit quatorze mille six cents fois, que vais-je trouver en me levant ainsi chaque matin?

2018 L’octo «Mon interrogation majeure sur notre époque se situe au niveau des valeurs. La seule qui reste universelle: le culte de l’argent, celui d’un veau d’or 2.0.»

 Le principal problème éthique sera de plus en plus l’accroissement vertigineux des inégalités eu égard aux fortunes colossales détenues par 1% de la population.

Épilogue : DE MON VIVANT

Un octogénaire, ça apprend à se faire plaisir avec trois fois rien.

*

Émetteur du verbatim : François C

LA CHALEUR DU CŒUR EMPÈCHE NOS CORPS DE ROUILLER - Vieillir sans être vieux de Marie de HENNEZEL - Ed. Robert Laffont

La châleur du coeur empêche nos corps de rouiller ; vieillir sans être vieux L’abbé Pierre disait qu’il faut toujours garder les deux yeux ouverts, un œil ouvert sur la misère du monde pour la combattre, un œil ouvert sur la beauté ineffable, pour rendre grâce.

Vieillissez, ne vous opposez pas au réel, mais n’empêchez pas la vie d’accomplir son œuvre désirante, de faire jaillir du neuf, du nouveau, jusqu’à votre dernier souffle.

Au Danemark, 60% des plus de soixante-cinq ans travaillent.

La proportion de personnes âgées vivant seules est trois fois plus forte aujourd’hui qu’en 1962. 31% des personnes de plus de 65 ans souffrent d’être « trop seuls », et quatre femmes sur 5 âgées de plus de 75 ans vivent seules.

Nous allons vieillir plus longtemps, mais mieux. Encore nous faudra-t-il construire une image plus positive de cet âge de la vie, affronter nos peurs pour les dépasser, élaborer une vraie politique de prévention de la mauvaise vieillesse. Enfin, il nous appartiendra de lutter contre le déni du vieillissement et de la mort en «travaillant» à vieillir.

Comment tirer le meilleur usage de notre longévité pour accomplir cette ultime tâche, vieillir? Car il ne s’agit pas tant d’allonger une vie qui serait étouffante pour les autres, étouffante pour soi-même, que de trouver les clés d’une jeunesse intérieure donnant au temps qui reste à vivre toute sa lumière.

En Orient, on ne montre pas les corps mais les visages qui, bien que burinés par le temps, expriment la plénitude. Il cite les visages magnifiques des vieux sadous en Inde, la lumière des icônes. Ces dernières parlent d’un corps profond et pas seulement d’un corps apparent et corruptible. Elles enseignent qu’il est possible d’expérimenter un corps de lumière, double ontologique du corps physique.

Dans certains quartiers de New York se mettent en place des «cercles des aînés» pour permettre à ceux qui souffrent de se sentir inutiles et seuls de transmettre aux générations plus jeunes un savoir sur la vie.

Ils rêvent d’être des vieillards rayonnants, «rassasiés de jours», comme il est écrit dans la Bible, heureux d’avoir mené à bien cette aventure qu’est la vie, heureux de terminer leurs jours paisiblement et de porter sur le monde ce regard de bienveillance que l’on acquiert lorsque l’on n’a plus rien à perdre, à prouver, à défendre.

La vieillesse trouve ainsi son sens dans l’accomplissement d’une vie. Elle représente à la fois le couronnement d’une vie, son achèvement, mais aussi l’espace psycho-spirituel propice à son ultime résolution, car ce qui n’a pas été accompli en son temps, dans le passé, se trouve toujours déposé en elle, en attente d’être réalisé.

Une vie accomplie est une vie apaisée. C’est pourquoi il est si important de mettre de l’ordre dans sa vie avant de quitter la scène du monde, de faire le bilan.

Jacqueline Kelen distingue la solitude triste, souffrante des personnes âgées, abandonnées, oubliées, mises à l’écart, qui serait plus exactement un isolement, de la solitude «belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d’artistes, de saints et de philosophes».

Insistant sur cette expression magnifique: la «fécondité du temps», Robert Misrahi affirme que, contre toutes les apparences, la personne âgée peut rester désirante, dans un élan vital, un vouloir-vivre, même quand l’avenir se dérobe. La vieillesse peut être une ouverture et non pas une fermeture.

Enseigner aux vieux que la vieillesse n’est pas un naufrage mais l’occasion d’une véritable renaissance. Misrahi imagine cette rééducation à trois niveaux. Celui de la créativité, de la joie et de la sérénité face à la mort.

Quel que soit l’état dans lequel nous vieillirons, quel que soit le lieu, cette énergie du cœur, si nous l’entretenons, est capable de nous transformer et de transformer notre regard sur le monde.

* *

Cocteau J’aime vieillir, l’âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. L’amitié, le travail tiennent toute leur place.

  1. Decour C’est bien le moment de nous souvenir de l’amour. Avons-nous assez aimé? Avons-nous passé plusieurs heures par jour à nous émerveiller des autres hommes, à être heureux ensemble, à sentir le prix du contact, le poids et la valeur des mains, des yeux, des corps? Savons-nous encore bien nous consacrer à la tendresse? Il est temps, avant de disparaître dans le tremblement d’une terre sans espoir, d’être tout entier et définitivement amour, tendresse, amitié, parce qu’il n’y a pas autre chose. Il faut jurer de ne plus songer qu’à aimer, aimer, ouvrir l’âme et les mains, regarder avec le meilleur de nos yeux, serrer ce que l’on aime contre soi, marcher sans angoisse en rayonnant de tendresse.
  2. Hesse Etre vieux représente une tâche aussi belle et sacrée que celle d’être jeune.
  3. Kelen Le fond de l’être est joie, légèreté, fraîcheur, mais il fallait désencombrer la source, quitter les oripeaux, abandonner le «vieil homme», ses souffrances et ses certitudes.
  4. Misrahi Le désir n’est pas, comme on le dit trop souvent, le règne de l’impossible. Il est au contraire un dynamisme visant la joie et la relation à l’autre comme reconnaissance réciproque. Si l’essence de l’homme est le désir, alors la poursuite de la joie est sa vocation.
  5. Silesius A. Chacun a en lui l’image de ce qu’il doit devenir. Tant qu’il ne l’a pas réalisé, son bonheur n’est pas parfait.
  6. Spinoza La jouissance du présent ne cesse d’étoffer le temps.

*

Émetteur du florilège : François C

LA VALLEE DU NÉANT de Jean-Claude CARRIÈRE - Ed. Odile Jacob 2018

La vallée du néant Mais la mort est nécessaire, nous ne pourrions en aucune façon nous passer d’elle, car elle contribue à tendre, à densifier, à illuminer et même à glorifier –par moments- notre existence brève, à la présenter comme un joyau dans le plus bel écrin possible.

Le «mouvant» n’est pas ce qui se meut, ce qui bouge ou change de place. Ce n’est pas la matière elle-même, qu’elle soit visible ou invisible. C’est une qualité fondamentale, une nécessité, une force obscure qui se cache au fond de chaque être et même sans doute de chaque chose, une force à laquelle nous pouvons donner des noms divers –entropie, évolution, usure, dégradation, poussée, passage, histoire, décadence, vieillissement, dégringolade-, mais qui demeure, de génération en génération, et quels que soient les philosophes et les savants, totalement impénétrable à notre pensée.

Notre intelligence, comme notre sensibilité, comme notre mémoire et notre imagination sont des muscles. Comme tous les muscles, ils ont besoin d’un entraînement quotidien. Sinon nos facultés, se sentant négligées, s’étiolent et, finalement, découragées, déçues, peut-être dépitées…nous abandonnent au bord du torrent, notre regard fixé sur l’eau qui va –qui va sans nous.

Le monde et moi, nous nous éloignons l’un de l’autre, nous nous séparons peu à peu. Une façon de me dire à mi-voix, de me faire comprendre, que bientôt je devrai le quitter.

Nous ne sommes que ce qui bouge, que ce qui s’effrite et qui s’use. Nous sommes tous guettés par la disparition. Nous sommes ce qui fait, et ce qui se défait.

Plus ou moins conscients de ce danger, nous nous efforçons, souvent mais pas toujours, de lutter contre ce morcellement incessant, contre cette dislocation insistante, nous tentons de nous fortifier, dans tous les domaines, de nous réunir, de nous serrer les mains et les coudes, mais ici encore l’immobile, le stable, le durable nous apparaissent comme des idéaux toujours inaccessibles, presque des rêveries de passage.

Le mouvant, le flot, est une réalité profonde, mystérieuse, impérieuse, dont les sources nous sont inconnues, mais dont la force est sans pareille. L’immobilité reste un concept.

Tout ce que nous construisons, tout ce que nous bâtissons s’effrite, s’écoule et disparaît enfin. Aller du rien au rien, ou plutôt du néant au néant, c’est tout le chemin de l’existence, quels que soient le peuple et l’époque.

Toutes les heures blessent, la dernière tue. Mais justement, comment reconnaître la dernière? Qui nous préviendra? Une cloche sonnera-t-elle, quand nous en viendrons au dernier tour?

Toutes nos actions, toutes nos émotions, toutes nos entreprises sont suspendues à l’approche de ce moment-là. Aussi passons-nous le plus clair de notre vie à dresser des barricades souvent risibles –une idéologie, une religion, des colifichets, des rituels, ou une armée de médecins, de guérisseurs, de mercenaires, d’astrologues, de soldats en pierre ou en terre cuite comme les empereurs chinois- pour nous rassurer, pour chasser (en surface) nos craintes, pour proclamer au reste du monde que nous avons trouvé la fermeté, le bastion dur, celui que les siècles n’ébranleront plus.

En réalité, toutes ces valeurs, toutes ces idées,…toutes ces ambitions grandioses ont été emportées par le flot, ou par la vague, l’une après l’autre, conduites à une série d’échouages, et souvent de naufrages. Elles ne reviendront jamais, car les fleuves ne remontent vers leur source que dans les plus sombres prophéties.

Le monde s’écroule sous nos yeux, et, du même coup, notre espérance du monde dévale la pente, remous après cascade et tourbillon.

Banal à dire : le Temps est le grand enfonceur, le grand vainqueur de l’histoire. Et sans doute le seul vainqueur. Il ne la conduit pas –ne sachant où il va, ni dans quelle intention- mais il la contient et la manipule, il est le lit dans lequel l’Univers se couche…Il peut même faire exploser des étoiles.

Parfois-avec notre consentement et même nos encouragements- il ronge en silence, sans nous en avertir, pareil à une armée de taupes, et l’écroulement final est une surprise pour tous.

Litanie de la misère moderne, images et paroles de la désolation, dans une planète épuisée, où les comportements les plus archaïques se réveillent, ou même la Terre est impitoyable, ou même l’instinct de survie disparaît.

On dit qu’une dizaine, peut-être une douzaine de milliards de planètes ressemblant de près ou de loin à la nôtre sont dispersées dans notre seule galaxie. Et nous comptons cent cinquante ou deux cents milliards de galaxies.

Je regarde avec une sorte de calme avidité tous ces objets, tous ces visages et tous ces paysages qui disparaîtront avec moi. Ainsi, je vis dans mon oubli, déjà, je me traîne encore un peu parmi mes fantômes, qui sont plus vrais que moi, au fond, car ils me survivront.

Mettons côte à côte une image de ce Bouddha bien nourri, calme et contemplatif, mourant à quatre-vingts ans couché sur le côté droit, la tête posée sur un coussin, paisible devant l’entrée du nirvana, et une image du crucifié, souffrant et saignant. Ce sont deux formes exactement opposées, peut-être les deux versants de la condition humaine.

Hurlant comme un vivant.

Choisissons donc la vie, même la plus dure, si le néant doit être cette torture, éternelle en plus. La terreur que j’éprouve en pensant à mon cercueil -et moi bloqué dans ce coffre, lucide, paralysé, et pour toujours- rend désirable, et même inestimable, la vie la plus sombre, la plus difficilement supportable.

Et jusqu’à la fin.

La vie, toute vie, comme une éducation perpétuelle, et forcément inachevée.

Luis Bunuel disait à peu près la même chose. Ce qui le chagrinait, c’était de partir « au beau milieu du feuilleton ». Mais il s’agit d’un feuilleton sans fin. Et il le savait. À quoi bon attendre la suite?

Le Mahâbhârata disait, à ce propos: «Chaque jour la mort frappe autour de nous, et nous vivons comme si nous étions des vivants immortels. La voilà, la grande merveille !»

Une merveille qui s’appelle l’oubli, la distraction, l’inconscience, le bruit, le mouvement, autrement dit le divertissement.

Devenir une brume, un vent léger, quitter doucement toute conscience de la Terre, s’effacer peu à peu dans l’espace et se laisser emporter un jour, sans savoir où, dans les espaces : tout le contraire de la société apparemment solide, lourde, métallique et plastique où nous vivons, où nous ne songeons qu’à retarder la fin, et même –nous y viendrons un jour, croyons-nous- à ne jamais mourir.

Si nous renonçons au monde, comment pourrons-nous en parler?

De toute manière, il est assuré, et depuis longtemps, que le plaisir est un art. Qu’il peut l’être en tout cas. D’abord, il faut être doué, réceptif, curieux, avide même , instruit parfois, après quoi le désir et la méthode s’apprennent et se développent, selon les goûts et attirances de chacun.

Lire et voir, jusqu’au bout, jusqu’à l’entrée de cette vallée fatidique. S’intéresser. Ne pas partir idiot, surtout. Apprendre à faire quelque chose, et à le faire du mieux possible.

Ne pas perdre une seule occasion. Rester aux aguets, même encore aujourd’hui, dans cette promenade. Savoir, apprendre, découvrir chaque jour quelque chose sur le monde, ou sur les autres vivants, ou sur nous –mêmes, ou même sur les choses que nous jugeons « inanimées ».

Entre le ciel et nous, des messagers multiples ont voyagé, porteurs de grâces ou de malédictions, des anges, mais aussi des génies, des djinns, des apsaras et même des « esprits », et Mercure avec des ailes aux chevilles, et Iris assise sur son arc-en-ciel, et Zeus sous des déguisements divers, et tant d’autres comme la Vierge Marie à Lourdes, à Fatima et autres lieux. Cela constitue une longue liste d’intermédiaires. Avec aussi des taureaux, des scorpions géants, des centaures, des goules, des génies, des dragons, des voix sans corps, des créatures indécises.

Aux dernières nouvelles, l’Univers compterait de cent cinquante à deux cents milliards de galaxies, chaque galaxie se composant de cent à cent cinquante milliards de systèmes solaires.

Cette Terre précieuse que le cosmos a lentement formée pour nous et qui nous a été donnée, que nous avons mis des millions d’années à apprivoiser, à connaître, à cultiver et à aimer, nous devrions aujourd’hui mettre toutes nos forces à la préserver d’abord et si possible à l’embellir. Et nous faisons tout le contraire. Nous la creusons, nous la déchirons, nous la cassons, nous en aspirons toute la matière, nous l’étouffons sous nos déchets, nous l’empoisonnons, comme si nous voulions lui faire rendre gorge.

Quant à l’Univers, il ne s’en apercevra même pas. Une planète de plus ou de moins, sur des centaines de milliards, qui prendra le temps de faire le compte?

En Inde, rien n’est jamais assuré. Tout est courbe et tout est question. Telle chose peut être à la fois ceci et cela, hier et aujourd’hui, ici et là-bas, moi ou un autre.

Nous avons édifié au fil des siècles, nous et d’autres, un au-delà fantasmagorique –parfois pittoresque, toujours anthropomorphique, où des peintres et poètes se sont amusés à inventer supplice après supplice, plainte après plainte-, et là se rassemblent toutes nos peurs, et quelques-unes de nos espérances.

Ainsi, toute une partie du monde s’efface à chaque instant, emportée par le flot qui n’arrête jamais.

L’esprit est notre remords nocturne, traînant dans tous les fossés de la nuit. Il est une partie de notre honte, de notre chagrin, ou de notre insatisfaction profonde, que le vent porte ici et là, selon les saisons. Il est cette partie de nous que nous avons oubliée en route, ou que nous avons mal dirigée, ou que même nous avons étouffée dès notre jeunesse, et poussée à se séparer de nous, à nous fuir. Il est notre voix persistante et indiscutable, notre présence ici-bas qui s’éteint. Il est aussi notre reproche.

Et je me disais que j’aurais pu mourir sans voir ça ; et même que j’aurais pu ne pas naître, rester à jamais dans l’ignorance, qui est la marque même du néant.

Car je suis ignorant du monde, du monde presque tout entier. Si je me réjouis d’avoir connu le spectacle que nous propose le Yémen, combien d’autres images, dans les milliards de planètes qui se déplacent dans l’infini, aurai-je manqué de voir ?

La beauté n’est pas la sagesse. L’indifférence non plus. Elles en sont même, peut-être, le contraire. Loin de tour fatalisme, de toute abdication, la beauté exige de l’ardeur et de l’enthousiasme, de l’audace, quelquefois même du scandale, du remue-ménage, de la bagarre et du parti pris. Elle nous pique les reins, elle est bruyante, elle excite plus qu’elle ne calme.

Elle ne laisse pas «indifférent».

Il ne faut certainement pas négliger les progrès de la «stupidité artificielle». Ils sont constants, réguliers et par moments assez remarquables.

Ce qui se communique aujourd’hui sur les réseaux sociaux, le big data, les fake news, les like, le chaos médiocre de Facebook et des informations souvent improbables transmises par emojis : la disparition progressive et programmée de l’individu, la déraison incontrôlable, l’instabilité souhaitée du réel. Tout peut inquiéter, à chaque instant.

Et puisqu’il a été dit-souvent-que la mort est le sel, l’épice de la vie, qu’elle en fait le charme et la joie, comment imaginer une existence sans déclin, sans épilogue, sans un lourd rideau qui tombe à la fin?

Pourquoi nous priver de nos alarmes, de notre «crainte de la mort» et du bonheur, chaque matin, de nous réveiller vivants?

Soixante-quinze pour cent des espèces vivant sur notre planète disparaissent, en ce moment, sous nos yeux. Nous n’y prêtons aucune attention, sans paraître même nous douter que nous faisons précisément partie des espèces en danger de mort.

De là-haut, vous regarderez une dernière fois votre passé, en silence, tous les moments particuliers de votre existence, et ceux ou celles qui furent vos parents, vos amis, vos enfants peut-être.

La dernière vallée, où vous reconnaissez les autres. Un précipité de vie juste avant la mort.

Je pense une dernière fois au Japonais dans son torrent et je reste assis, vide d’esprit, là où je me trouve. Tout autour, le jour descend sur les collines, le crépuscule rôde, le vent s’apaise lentement, j’entends s’approcher les premiers oiseaux de la nuit. On pourrait croire qu’ils m’appellent. Je décide, au moins pour quelques minutes, de cesser de vieillir. Je ralentis ma vie, presque jusqu’à l’arrêt, je détends mes muscles, mes nerfs, je freine le mouvement de mon cœur, de mon sang. J’essaie de chasser toute pensée insistante, de maintenir mes yeux mi-clos, d’oublier toutes choses, et d’hier et d’aujourd’hui. Je respire en cachette.

Et le Temps passe.

*

Émetteur du florilège : François C

Ici Londres, de Judith Kerr 

Anna, une émigrée Allemande, vit à Londres depuis son exil forcé. Contrainte de vivre dans une pension séparée de ses parents et de travailler comme secrétaire pour gagner de l’argent, la guerre naissante ne fait qu’empirer sa situation. Son frère Max, brillant élève de Cambridge, se fait arrêter et Anna tente de survivre au Blitz avec ses parents qui peinent à trouver du travail à cause de leur nationalité. Heureusement, ses cours de dessin arrivent à lui donner espoir et à lui faire rêver d’une vie d’artiste libre plus paisible…

Ici Londres est en fait un deuxième tome, après Quand Hitler s’empara du lapin rose. Je ne l’ai pas lu mais ça ne m’a finalement pas du tout gênée : les deux tomes sont plus ou moins indépendants.

résumé de l’éditeur : Classique incontournable de la littérature anglaise, Quand Hitler s’empara du lapin rose raconte l’histoire d’Anna, une jeune allemande de neuf ans, qui vit à Berlin avec ses parents et son grand frère Max. Elle aime dessiner, écrire des poèmes, les visites au zoo avec son oncle Julius. Brusquement tout change. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’exilent pour le rejoindre en Suisse. C’est le début d’une vie de réfugiés. D’abord Zurich, puis Paris, et enfin Londres. Avec chaque fois de nouveaux usages, de nouveaux amis, une nouvelle langue.Ce périple plein d’angoisse et d’imprévus est ensoleillé par la cohésion de cette famille qui fait front, ensemble, célébrant leur bonheur d’être libre. Cette histoire, c’est celle de Judith Kerr. Elle signe avec Quand Hitler s’empara du lapin rose un roman autobiographique bouleversant, précieux témoignage de l’exil  et de la montée du nazisme à travers les yeux d’une enfant.

S’il s’agit donc d’une autobiographie, elle est écrite à la troisième personne, chose plutôt originale ! En tous cas, qu’il soit fictif ou non, je me suis beaucoup attachée au personnage d’Anna. Elle est ici âgée d’une quinzaine d’années, après une enfance en Allemagne puis en exil, et la guerre prend le pas sur son adolescence. En effet, elle a très vite de grandes responsabilités : trouver un emploi pour subvenir à ses besoins et prendre soin de ses parents. Son père, un célèbre écrivain allemand, ne sait pas parler anglais et se sent couper du monde dans ce pays où ses œuvres ne sont pas reconnues, tandis que sa mère s’inquiète, autant pour Max que pour les dépenses de la famille. Anna arrive tout de même à prendre un peu de recul et à s’évader de son univers dur et triste grâce à ses cours de dessin. Elle redevient alors une adolescente comme les autres, insouciante et pleine de rêves et d’ambition. Anna décrit ses sentiments naturellement, sans détours et évoque parfois des situations compliquées, entre culpabilité et regret. Sa relation avec ses parents est parfois ambiguë : elle a conscience de tout ce qu’ils ont fait pour elle, essaye de prendre ses distances mais s’attriste de leur réaction…

« Mais elle ne pouvait pas oublier complètement, et elle savait bien que Mutti ne le pouvait pas, elle non plus. Il y avait entre elles une défiance qui n’existait pas avant cela. Une part d’elle-même s’en attristait. Une autre part, dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence, une part secrète et inflexible, accueillait cette prise de distance. » p.299

Anna se pose des questions sur leur départ d’Allemagne et leur intégration en Angleterre : son père se sentait sans nul doute mieux là-bas mais, quant à elle, son nouveau pays commence à lui plaire…

L’histoire est captivante et on suit la vie quotidienne d’Anna ; quelques rebondissements viennent la ponctuer de retournements de situation surprenants et plusieurs intrigues s’entremêlent pour former un mélange parfois difficile à démêler ! Pour conclure, la fin de l’histoire est pleine d’espoir… Et il suffit de lire la biographie de l’auteure pour confirmer ses attentes !

En bref, Ici Londres est une très belle histoire vraie qui raconte l’intégration d’une jeune allemande en Angleterre en temps de guerre. Il ne me reste plus qu’à lire le premier tome : avec un nom comme ça difficile de résister, ma curiosité est piquée !

*

Émettrice: Mademoiselle Jeanne

 

LE CÂMINO + - Outil ludique de connaissance de soi de Frédérique EPELLY - Ed. Le Souffle d’Or 2016

Le câmino + ; jeu de 108 cartes pour se recentrer et passer à l'action Le CÂMINO est conçu pour vous aider, par un simple tirage à trois cartes, à avancer sur votre chemin de vie, à explorer de nouveaux horizons, à définir un axe pour la journée ou à avancer sur votre problématique actuelle.

Le tirage au hasard est une ouverture à de nouveaux possibles afin de se laisser surprendre par l’axe proposé, d’ouvrir un chemin pour agir. Il permet la clarification d’un état interne, d’une interrogation sur l’instant, il donne une direction.

Il évacue »le comment faire, comment s’y prendre », il propose une piste d’action.

Chaque tirage est une occasion de recentrage et a une résonance particulière.

Les 46 656 combinaisons possibles sont autant de points de départ et de repères. Des déclinaisons d’actions illimitées vous sont offertes, et c’est une direction particulière qui émerge.

Pas à pas, le jeu nourrit votre force et votre discernement.

*

36 CARTES-VERBES

ABANDONNER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

ABOUTIR

ACCEPTER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

AIMER

AIMER

APPROFONDIR

CALMER

CHEMINER

CHOISIR

CLARIFIER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

CONSTRUIRE

CRÉER

CROIRE

DÉCIDER

DIRE

DONNER

ÉCOUTER

ENRACINER

ÊTRE

EXPLORER

FAIRE

IMPULSER

JOUER

LIBÉRER

OBSERVER

OSER

PARDONNER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

RECEVOIR

RÉGÉNÉRER (verbe d’étape nécessitant le retirage d’un deuxième verbe)

REMERCIER

RENCONTRER

RESSENTIR

SURPRENDRE

TRANSFORMER

TRANSMETTRE

VIVRE

36 CARTES-RESSOURCES

ADAPTABILITÉ

ATTENTION

AUTONOMIE

CHARME

CLAIRVOYANCE

CONCENTRATION

CONFIANCE

COURAGE

CRÉATION

CURIOSITÉ

DYNAMISME

ÉNERGIE

ENTHOUSIASME

ÉQUILIBRE

FANTAISIE

GÉNÉROSITÉ

HABILETÉ

HARDIESSE

HUMOUR

INGÉNU

INTELLIGENCE

INTUITION

LÉGÈRETÉ

PERSÉVERANCE

PROFONDEUR

PUISSANCE

RÉCEPTIVITÉ

SENSIBILITÉ

SÉRÉNITÉ

SIMPLICITÉ

SINCÉRITÉ

SOLIDITÉ

SOUPLESSE

SPONTANÉITÉ

TENDRESSE

VOLONTÉ

36 CARTES-ACTIONS

ABANDONNER L’INUTILE

ABORDER L’OBSTACLE AVEC CONFIANCE

ACCUEILLIR L’IMPRÉVU

ALLER À LA RENCONTRE

ALLER À L’ESSENTIEL

AMORCER UN CHANGEMENT

APPORTER DE L’EAU AU MOULIN

CHANGER D’ANGLE DE VUE

CHERCHER UNE NOUVELLE FAÇON DE FAIRE

COMMENCER PAR LA PRIORITÉ

DÉBROUSSAILLER LE CHEMIN

DÉFINIR DES ÉTAPES

DEMANDER LE CHEMIN

EXPLORER D’AUTRES HORIZONS

FAIRE À MON RYTHME

FAIRE UN CHOIX

FORMULER UN PETIT OBJECTIF

FRANCHIR LA LIGNE D’ARRIVÉE

GOÛTER UN MOMENT DE BIEN-ÊTRE

LAISSER DU TEMPS AU TEMPS

ME LAISSER PORTER PAR LE COURANT

MENER MA BARQUE SEREINEMENT

OBSERVER LES COÏNCIDENCES

OSER FRANCHIR UN PAS DE PLUS

PESER LE POUR ET LE CONTRE

PRENDRE LES CHOSES EN MAIN

PRENDRE UNE DÉCISION

RÉALISER UNE CHOSE SIMPLE

REGARDER LES CHOSES EN DÉTAIL

SORTIR DES SENTIERS BATTUS

SUIVRE MON INTUITION

TESTER UNE NOUVELLE IDÉE

TROUVER MA PLACE

UTILISER UNE EXPÉRIENCE PASSÉE

VOIR LE POSITIF

VOLER DE MES PROPRES AILES

NE DITES PAS A MA MERE QUE JE SUIS HANDICAPEE, ELLE ME CROIT TRAPEZISTE DANS UN CIRQUE de Charlotte de VILMORIN - Grasset

Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque Travailler dans la publicité, c’était finalement le meilleur compromis que j’avais trouvé pour pouvoir porter un justaucorps à paillettes juste derrière un bureau.

D’aucuns se plaignent d’indifférence, moi, je venais d’être heurtée en pleine face par la différence.

Elle vous suit tous les jours, prend les cours en notes à votre place, sort les cahiers de votre cartable et porte votre plateau à la cantine. Une auxiliaire de désintégration en somme. Existait-il meilleur moyen de faire fuir mes amies ?

On m’avait soudain mise en situation totale d’aliénation comme si j’avais besoin d’un chien d’aveugle, alors que tout allait pour le mieux. J’ai tout essayé pour m’en débarrasser.

Et ce jour-là, j’ai compris que le seul moyen pour moi de mener une vie normale serait de ne pas lutter. J’étais née comme ça et, sauf miracle, j’étais partie pour être handicapée le restant de mes jours, alors je n’avais pas d’autre choix que de l’accepter, et de faire en sorte d’aller bien. Je pouvais continuer à être malheureuse, à ne pas accepter les choses, cela ne ferait qu’accroître tous mes maux.

Les agences de pub ont cette faculté troublante d’effacer immédiatement toute hiérarchie dans les rapports humains au profit de l’arrière-goût sucré et enfantin de grande amitié festive généralisée.

Je repensai à mes rêves de petite fille. A la trapéziste. Et je me dis que finalement, c’était exactement ce que j’étais devenue. Une trapéziste suspendue dans le vide entre deux trapèzes, m’accrochant malgré la gravité et les limites de mon corps, attendant sereinement la stabilité prochaine, en prenant garde de ne surtout jamais regarder le vide.

*

J’ai créé mon entreprise, inventé mon propre poste, et défini mes propres besoins de déplacement. J’ai décidé de faire germer toutes ces expériences plus ou moins heureuses de mobilité réduite, et de faire, plutôt que d’attendre. Alors j’ai créé le premier site qui permet aux personnes en fauteuil de louer des voitures aménagées, entre particuliers.

« Oh mais ça alors c’est formidable ! Quel courage ! Quelle volonté ! Avoir un handicap et entreprendre, c’est vraiment extraordinaire. Vous devriez écrire un autre livre ! »

Le problème, c’est que je ne vis toujours rien d’extraordinaire. Je suis juste en fauteuil roulant depuis que je suis toute petite. Et si toutes les personnes handicapées de France devaient écrire non pas un, mais deux livres…

*

Émetteur du florilège : François C

Lettres à un jeune auteur de Colum McCann - Belfond

Lettres à un jeune auteur

Prête foi à la langue – les personnages suivront et l’intrigue finira par se dessiner.

Lis sans entraves. Imite, copie, mais deviens ta propre voix.

Il n’y a pas de règles. Ou, si elles existent, elles ne sont faites que pour être transgressées. Assume la contradiction. Tu dois être prêt à tenir dans ta paume deux idées opposées ou davantage, au même instant.

La première phrase doit frapper à la poitrine. Entrer dans la peau et serrer le cœur. Sous-entendre que rien ne sera plus jamais pareil.

Ouvre avec élégance. Férocement. Délicatement. Etonne. Mise gros dès le départ. Evidemment, c’est comme si on te demandait de marcher sur la corde raide. Eh bien, vas-y, marche !

N’écris pas ce que tu sais, aborde plutôt ce que tu as envie de savoir.

Comme disait Vonnegut, nous devrions constamment sauter des falaises pour fabriquer des ailes en tombant.

Affirme-toi dans la persistance. Les mots viendront. Sans doute pas sous la forme d’un buisson ardent ou de colonnes de lumière, mais qu’importe. Bagarre-toi encore et encore. Si tu te bats suffisamment, le mot juste se présentera. Et, dans le cas contraire, tu auras au moins essayé.

Les idées sont là, c’est tout. Arrivées sans prévenir. On tombe sur quelque chose qui contracte les muscles de l’imagination et les serre si fort qu’on finit par avoir une crampe. Cette crampe s’appelle une obsession. Voilà ce que font les écrivains : ils s’adressent à leurs obsessions. Impossible de s’en débarrasser avant d’avoir trouvé des mots pour leur faire face. C’est le seul moyen de s’en libérer.

Dans ton travail d’écriture, déterminer le « moment » d’une histoire –ou même d’une scène-s’apparente à une révélation, et pas des moindres. Tu sais ce que ce moment signifie : c’est le point à partir duquel tout va changer, pas seulement pour tes personnages, mais également pour toi. Tu touches au nœud de l’affaire. Au pivot. A la clé de voûte. Si tu rates ce moment, le reste s’effondrera.

Une formule courante en littérature veut que les « personnages déterminent le destin », ce qui signifie (probablement) qu’un personnage bien composé agira conformément à ses motivations. Dans ce cas, sa personnalité prêtera à conséquence dans le déroulement de l’histoire. Mais celle-ci ne vaudra rien s’il ne fait pas partie du grand tourbillon humain. Nous devons les rendre tellement vrais que le lecteur ne les oubliera jamais.

Les bons textes mêlent l’art et la vraisemblance. Cela vaut pour la fiction, les ouvrages non romanesques, la poésie et même le journalisme. Il nous faut rassembler les potentialités du vrai et de l’invention au même endroit exactement. La vérité a besoin d’être façonnée. Y arriver demande beaucoup de travail.

Ton monde est un gisement à exploiter. Tu dois trouver la faculté de t’enfouir dans les tréfonds les plus obscurs pour découvrir ce qui n’a pas encore été révélé.

Aie toujours un carnet sur toi…Ne passe pas tes journées la tête dedans, mais griffonne dans ses pages à toute occasion. Images, idées, bribes de dialogues recueillies dans la rue, adresses, descriptions –tout ce qui est susceptible à terme de se glisser dans une phrase.

Si tu persévères dans le rôle de la caméra et de son opérateur, tu finiras par entendre la voix utile, tu discerneras la forme convenable, tu découvriras la structure appropriée et le reste s’enchaînera tout seul.

Un dialogue n’a pas besoin d’être véridique, mais juste. Il doit avoir l’apparence du naturel. Comme s’il s’était glissé naturellement sur la page. Bien composé, il rehaussera le reste du texte.

Lorsque tu lis à haute voix, l’intention initiale se rappelle à ton bon souvenir. Tu entends si ta musique chante juste ou faux. Tu t’aperçois qu’il y a un rythme ou pas. Tu découvres des rimes. Et tu trouves quantité d’erreurs. Réjouis-toi de les avoir débusquées.

Le principe du «qui, quoi, où, quand, comment et pourquoi» n’en demeure pas moins le combustible de l’écrivain.

Une histoire se déploie avec agilité. Elle ne se livre pas d’emblée. Son cours est parfois brusque. Elle peut devenir fuyante. Donc le contenant mérite d’être flexible. Bien sûr, il te faut une vision d’ensemble, une fin, ou du moins un projet de fin, mais tu dois être prêt à dévier, à changer d’avis et de direction.

En fin de compte, une intrigue doit nous serrer le cœur d’une façon ou d’une autre. Elle doit nous transformer. Nous rappeler que nous sommes vivants. Nous voulons nous attacher à la musique des événements. Une chose entraîne la suivante. Le cœur humain bat devant nos yeux. C’est ce qui nourrit l’intrigue. Tout peut arriver, mais aussi rien du tout. Et même si rien ne se passe, le monde continue de changer, seconde après seconde, mot après mot. Voilà peut-être le plus intrigant.

La ponctuation a son importance. Dans une phrase, c’est parfois une question de vie ou de mort. Traits d’union. Points. Deux-points. Points-virgules. Points de suspension. Parenthèses. Ce sont les contenants de la phrase. L’échafaudage de tes mots.

Les recherches sont le soubassement de presque tout bon travail d’écriture, poésie comprise. Nous avons besoin de repousser les limites du monde que nous connaissons. Nous devons être capables de nous projeter dans des vies, des périodes, des géographies éloignées de nous…Cela nécessite des recherches approfondies.

Écris comme si tu envoyais à ton lecteur une phrase soignée à la fois. La prose doit être aussi bien rédigée que la poésie. Chaque mot compte. Vérifie le rythme, la précision. Cherche les assonances, les allitérations, les rimes internes. Les réverbérations. Varie les procédés.

Tu dois consacrer toute ton énergie à ton propre travail. Les succès et les échecs des autres ne feront pas jaillir une phrase inédite au bout de tes doigts.

L’échec est utile. L’échec n’exclut pas l’ambition. L’échec incite à la bravoure. L’échec donne de l’audace. Il faut du courage pour échouer et plus encore pour admettre que l’on va échouer. Vise au-delà de toi.

Un jeune auteur doit lire. Lire, lire et lire. Comme un aventurier. Sans discrimination. Sans faute…Il doit lire tout ce qui se présente à lui…Le cerveau est une grosse caisse flexible. Ta tête peut engouffrer tant de choses. Plus le livre est difficile, mieux c’est. Plus tu es élastique dans tes lectures, plus ton travail gagne en souplesse.

Au bout du compte, le lecteur idéal, c’est toi. Tu assumes la responsabilité finale de ce que tu écris. Tu dois écouter cette voix, au fond de toi, qui émet les avis les plus critiques. Quand tu as terminé ton ouvrage, essaie de t’imaginer vingt ans plus tard en train de le lire, et d’estimer s’il vaut encore quelque chose.

Lorsque tu as terminé un récit ou un poème, essaie de le mettre de côté pendant une semaine ou deux, afin d’y revenir ensuite avec un œil nouveau. Ecris quelque chose d’autre dans l’intervalle. Crois en l’absence. Profite de cette solitude.

On n’entend souvent sa voix propre qu’après avoir longuement cheminé dans son récit. Au terme d’une année d’efforts, peut-être après des centaines de pages, voire plus. (Je ne me suis jamais senti aussi libéré dans ma vie d’écrivain, qu’un jour où j’ai jeté dix mois de travail.) Mais quelque chose en toi –et c’est une certitude- sait que tout ce que tu as écrit, à ce stade, a servi de préparation à un autre projet.

Fais confiance au lecteur. Si révélation il y a, qu’il se l’approprie. Tu es un guide en pays étranger. Sois bienveillant sans excès…Sollicite son intelligence, et il reviendra continuellement vers toi. Défie-le. Confronte-le. Ose. Laisse entrevoir l’inconnu. Déroute-le, éventuellement. Puis laisse-le avancer tout seul.

Souvent, au milieu d’un roman ou d’une nouvelle, tu te rendras compte, étonné, que tu ne sais pas franchement où tu vas. Peut-être même pas du tout. Tu surfes sur l’écume des mots, avec la vague impression que ton texte prendra peu à peu une consistance, une épaisseur. Tu as plongé en haute mer, sans beaucoup d’entraînement ou d’équipement, et tu tombes brusquement là-dessous sur un mot ou sur une image. Tu sursautes et comprends que c’est en fait le chemin que tu voulais emprunter.

Crois-moi, si tu te préoccupes d’autre chose que de toi-même, tu seras libéré. Tout ce que tu sais trouvera sa place dans tout ce que tu imagines. Tes personnages paraîtront bien plus vrais lorsqu’ils résulteront librement d’un acte créatif.

*

Émetteur du verbatim: François C.

LES DIX PRÉJUGÉS QUI NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIER de Jacques de LAROSIERE - Odile Jacob

Les 10 préjugés qui nous mènent au désatre économique et financier Préjugé 1 «Plus on émet de la monnaie, plus cela favorise la croissance» . La crise financière de 2007-2008 est née de la surabondance du crédit. C’est le laxisme des politiques monétaires qui a permis l’emballement du cycle financier dont les autorités ont inexplicablement sous-estimé les effets délétères sur l’économie et la société.

. Il est inexplicable que les autorités monétaires n’aient pas tenu compte de l’emballement du crédit. La seule politique raisonnable aurait été d’avertir le marché dès le début des années 2000 de la formation d’une bulle et de prendre les mesures pour limiter la croissance du crédit (en relevant les taux et/ou en exigeant des candidats emprunteurs des acomptes plus élevés).

Préjugé 2 «L’abondance de la liquidité internationale est une bonne chose» . En quoi l’expansion de la liquidité globale a-t-elle fragilisé le secteur financier ? L’ensemble des pays du G20 a accumulé aujourd’hui une dette totale de plus de 150 000 milliards, soit un niveau record de 230% du PIB. Contrairement à ce qu’enseignait le « consensus », l’observation « post-crise » montre que ce sont les pays les plus endettés qui ont connu la plus faible croissance (c’est particulièrement net pour les pays de la zone euro).

Contrairement au « consensus » qui a endormi la vigilance des institutions chargées de la stabilité financière, la création massive de liquidités est loin de présenter un bilan positif. Elle s’est accompagnée d’un excès de l’endettement global qui a fragilisé le système financier en rendant la croissance future plus problématique. Elle a aussi influencé le comportement des Etats en éloignant l’objectif de discipline budgétaire et en reportant à plus tard les réformes indispensables pour augmenter la croissance potentielle.

Préjugé 3 «Des taux d’intérêt nuls, voire négatifs, facilitent le financement de l’économie.» Si l’on a connu, dans le passé, des périodes de taux négatifs en termes réels (taux défalqués de l’inflation), c’est la première fois que l’on peut observer l’existence persistante de taux zéro ou même négatifs en termes nominaux.

. Le marché financier peut-il opérer de façon stable dans un environnement de taux bas ou négatifs? Il est à craindre que les taux de marché très bas soient de nature (comme c’était le cas en 2007-2008) à encourager l’endettement et la prise de risques excessifs par les investisseurs. Or l’excès d’endettement –en particulier des entreprises- constitue, comme en 2007, un risque systémique.

Comment les organismes d’assurance-vie et des fonds de pension pourront-elles faire face à leurs engagements avec des actifs à rendement nul ?

Que ceux qui se disent héritiers de la pensée keynésienne aient pu promouvoir l’existence prolongée de taux réels nuls ou négatifs reste pour moi un mystère.

Préjugé 4 «L’absence d’un vrai système monétaire international n’a guère de conséquences graves sur la stabilité de l’économie mondiale.» C’est la chute du système de Bretton Woods (1973) qui a ouvert la voie à ces crises financières à répétition et à la « sur-financiarisation » qui caractérisent et minent le monde d’aujourd’hui.

Du temps de Bretton Woods, l’économie mondiale était ancrée sur la stabilité des changes. Les attentes étaient, de la sorte, cadrées, et l’importance des marchés financiers était contenue. Aujourd’hui, c’est la liberté et l’ampleur des flux de capitaux qui sont déterminants. Il en résulte que c’est le cycle financier qui nous gouverne avec les phases d’expansion et d’éclatement qui le caractérisent (boom and bust).

Au fond, les gouvernements ont cru retrouver leur liberté pour déterminer leur politique économique lors de la chute de Bretton Woods. En fait, ils n’ont fait que se subordonner aux marchés en profitant passivement des facilités d’endettement qui ont prédominé depuis lors.

Préjugé 5 «Les pertes subies par les entreprises financières seront toujours couvertes par les pouvoirs publics» . Est-il bon de voir l’Etat systématiquement couvrir les pertes subies par les entreprises financières ? Les fondements théoriques du concept d’aléa moral.

Le problème de fond de l’aléa moral est celui de l’asymétrie d’informations : l’assuré négligent ou mal intentionné sait qu’il est négligent ou malhonnête ; l’assureur ne le sait pas.

. La portée extraordinaire de l’aléa moral en matière financière : a) le volume des transactions financières s’est accru de façon spectaculaire ; b) l’effet de levier du système financier a considérablement augmenté ; c) l’analyse et la gestion des risques se sont détériorées.

. Le coût extraordinaire de l’aléa moral en matière financière et les moyens de réduire ce phénomène. Les montants globaux des renflouements engagés (25% du PIB européen ; 75% du PIB américain).

La politique monétaire aurait pu être différente. Son caractère asymétrique (très accommodante au moindre risque de ralentissement économique, à peine restrictive en cas d’emballement) a constitué une véritable invitation à l’aléa moral. En effet, la sanction des pertes en cas de récession était pratiquement éliminée par l’intervention des banques centrales.

En fin de compte, ce qui semble étrange, c’est la nature de la réaction de « l’opinion éclairée » face aux renflouements massifs dont l’ampleur défie l’entendement. Au lieu de centrer une bonne partie de la réprobation sur les causes de la crise –à savoir les bas taux d’intérêt et les bulles d’endettement- la critique s’est focalisée presqu’exclusivement sur l’imprudence –du reste souvent réelle- des banques.

Préjugé 6 «L’endettement public ne constitue pas un problème majeur»

. Les déficits et l’endettement publics : une question qui fâche…A partir d’un certain niveau (de l’ordre de 80 à 90% du PIB), la montée de la dette publique conduit à nombre d’inconvénients –et notamment à des crises- qui jouent contre la croissance.

Théorème de Harrod-Domar : « Lorsque les taux d’intérêt de la dette publique dépassent le taux nominal de croissance d’un pays, sa dette croît à l’infini. »

Depuis les années 1970, le poids des dépenses publiques a augmenté en France de plus de 40% en termes réels. Le graphique des dépenses publiques en France depuis 1970 illustre le caractère fallacieux des affirmations de ceux qui soutiennent que nous souffrons d’une excessive « austérité » en matière de dépenses publiques.

Il faut donc arrêter ce processus infernal, avoir le courage de regarder la réalité en face, et commencer à stabiliser la dette publique en s’attaquant en profondeur aux vrais problèmes. C’est une tâche possible que nombre de pays démocratiques (Suède, Finlande, Canada,…) ont assurée avec succès en quelques années. Rien ne permet d’avancer que cette tâche est hors de notre portée.

La dette publique française est proche de 100% du PIB. Elle atteint 2 250 milliards de dollars. Elle a pratiquement doublé en dix ans. Pendant cette période, 700 000 emplois ont été créés dans les collectivités locales sans que la hausse de la population ou l’amélioration des services rendus puisse, en rien, le justifier.

Préjugé 7 «La dégradation de la balance commerciale de la France est un phénomène conjoncturel sans portée majeure» . La détérioration continue de notre balance commerciale est inquiétante. C’est un domaine où le déni tend à prévaloir sur l’analyse.

. La baisse de nos parts de marché à l’exportation est continue.

. La demande intérieure française est de plus en plus riche en importations. Quand le contenu en emplois de biens importés dépasse significativement et durablement le contenu en emplois des biens exportés, c’est qu’on a très probablement affaire à un problème d’offre et de compétitivité…C’est malheureusement le cas de la France où le déficit net d’emplois (imports-exports) représente environ 2 millions de personnes, soir l’équivalent du chômage français.

En définitive, le problème est grave : trop de nos entreprises, particulièrement les PME (i.e. celles qui créent les deux tiers des emplois), ont du mal à survivre, à investir et à embaucher. Trop d’entre elles sont contraintes à fermer. La désindustrialisation de notre pays ne cesse de s’aggraver depuis des décennies. Notre société est en danger. Ce sont les entreprises qui créent l’emploi et non l’Etat.

Préjugé 8 «Le problème des retraites en France résulte de la trop grande diversité des régimes»

; Répartition ou capitalisation ? Etant donné les incertitudes qui pèsent sur les régimes de retraite (notamment du fait de l’évolution démographique et du déclin du nombre des actifs), il paraît sage d’encourager fiscalement la constitution d’instruments d’épargne-retraite destinés à compléter les régimes généraux et à aider les retraités à maintenir, après leur vie professionnelle, des conditions de vie acceptables.

. La pyramide des âges (structure de la population par âges) des pays développés change rapidement de forme. En 2050, ce ne sera plus du tout une pyramide, mais plutôt un tronc d’arbre vertical avec un renflement vers 60 ans.

. Les effets économiques de ce vieillissement sans précédent sont considérables, notamment sur le poids croissant des retraites. La dégradation des systèmes de retraite est inévitable. C’est là –et pour demain- une source de tensions intergénérationnelles que nos sociétés ne sauraient esquiver.

Le financement public de nos systèmes de retraite (publics et privés) est un des plus coûteux d’Europe (il absorbe 13,7% de notre PIB en 2014, contre 10,9% pour la moyenne de la zone euro)…Augmenter de trois ans au moins la durée de la vie active apparaît donc comme la seule manière, sinon de résoudre complètement le problème, mais du moins d’en traiter l’essentiel.

La priorité est de rétablir l’équilibre global du système, plutôt que de concentrer l’effort sur la recherche d’une solution unificatrice qui, par la force des choses, sera extrêmement complexe à réaliser. En effet, s’attaquer à quarante régimes spéciaux ne peut que susciter une diversité et une intensité de revendications et d’oppositions à la mesure de la complexité du système : pratiquement tout le monde sera mécontent.

Préjugé 9 «La création de l’Union monétaire européenne est de nature à faciliter par elle-même la solution des problèmes de fond»

. L’histoire de l’Union monétaire européenne : une audacieuse aventure, turbulente, mais encore inachevée.

Dès sa mise en œuvre en 2000, les politiques économiques des pays membres de l’Union se mirent à diverger aussi bien en Allemagne et en France que dans le sud de l’Europe…En d’autres termes, loin de converger –ce qui aurait été dans la logique d’une Union monétaire en devenir- les économies de l’Union se différenciaient de jour en jour.

. Un système en cours de réparation, mais encore en quête d’équilibre.

La France est le seul pays européen à présenter aujourd’hui la caractéristique :

Si ces formes de solidarité raisonnables et adaptées ne sont pas mises en oeuvre rapidement, la montée des populismes est à craindre. Il est paradoxal de voir l’électorat italien rechercher la voie du salut dans le nationalisme monétaire. En effet, les dévaluations qui suivraient la sortie de l’euro ne feraient qu’appauvrir les populations en cause.

Préjugé 10 «Le principe comptable de la « valeur de marché » est la seule manière de retracer fidèlement les données financières»

. Où l’on voit que les normes comptables peuvent, parfois, obscurcir la réalité et conduire à des aberrations.

La comptabilité en valeur de marché est donc « procyclique » : trop allante dans la phase ascendante, trop pessimiste en phase de récession.

D’une façon générale, la fascination pour la « juste valeur » ne peut qu’alimenter le « court-termisme » et le caractère procyclique des réglementations qui sont une des plaies de notre temps.

De ce point de vue, c’est un fait que les nouvelles règles comptables ont joué un rôle non négligeable dans la genèse de la crise : elles ont contribué à amplifier le sentiment d’euphorie avant l’éclatement des bulles, tout en accusant la chute des valeurs après le retournement du cycle financier.

Conclusion

. Les fondements objectifs (pour ne pas dire « scientifiques ») d’un certain nombre de « consensus » ou d’idées reçues paraissent fragiles.

. Le caractère grégaire et le mimétisme des manifestations de l’ »économiquement correct ».

. Pourquoi les remises en question de paradigmes trop superficiellement fondés ont été si discrètes ? Ce qui pose problème, à mon sens, c’est que les fragilités des marchés, les bulles d’actifs ainsi que la dynamique de crise créées par les excès d’endettement n’aient pas fait l’objet d’études et de mises en gardes suffisantes de la part des macro-économistes et des banquiers centraux.

Les défis sont pressants :

*

Émetteur du verbatim: François C.

Startup academy, comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneurs de Philippe Bloch - Editions Ventana

Startup academy ; comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneursAucune entreprise n’envisageait plus alors de survivre sans adopter les codes d’un phénomène mondial qui redistribuait les cartes dans tous les domaines d’activité à une vitesse aussi effrayante qu’inédite. Le monde ne vibrait plus qu’aux mots étranges de Big Data, Océan Bleu, Intelligence Artificielle (IA), blockchain, industrie 4.0., API, chatbot, cybersécurité, MVP, POC, transhumanisme, machine learning, homme augmenté, capteurs, objets connectés, internet des objets, robotique, cobotique, cloud, réseaux sociaux, mobilité, connectivité, plateformes, algorithmes, lean, impression 3D, informatique quantique, réalité virtuelle, Bitcoin, etc.

En même temps qu’émergeait le concept d’entrepreneur du digital apparaissait de nouveaux codes, règles, communautés, modes d’organisation, façons de travailler ou de manager, parfois difficiles à décrypter pour les non-initiés mais qui sont en train de s’imposer comme autant de nouveaux standards.

De nombreux exemples attestent qu’une entreprise peut être Grande ET rapide, Puissante ET agile, Complexe ET innovante, Vieille ET branchée.

1/ CHANGER LE MONDE…MÊME UN PEU !

Où est mon étoile du berger ? Quel est le sens de mon action ? me procure-t-elle du plaisir, de la fierté, du bonheur, de l’excitation, de l’adrénaline ? A qui profite mon activité ? Quelle est son utilité sociale ? Majeure, superficielle, inexistante ?

Jeff Bezos (1997) « Nous sommes optimistes, mais nous devons rester vigilants et maintenir un sens de l’urgence. Nous allons continuer à nous concentrer sans relâche sur nos clients…Nous continuerons à apprendre à la fois de nos succès et de nos échecs. Nous investirons toujours massivement plutôt que timidement à chaque fois que nous détecterons une possibilité de renforcer notre leadership. »

L’esprit startup est synonyme de rupture en toutes choses. Casser les codes et penser autrement font partie de l’ADN des jeunes pousses au service d’un seul objectif : enchanter le client en lui proposant le meilleur produit ou service jamais proposé.

Désormais, tout le monde juge et évalue tout et n’importe quoi.

2/ ALLUMER LE FEU…MAIS PAS TROP !

A l’heure de l’intelligence artificielle et des assistants virtuels vocaux…il est urgent d’allumer le feu. De collecter et d’analyser un maximum de données pour combiner le meilleur de l’humain et du digital.

Personne n’est plus à l’abri. Le risque majeur pour toute entreprise ? Vouloir profiter trop longtemps d’une rente de situation confortable ou d’une position dominante, sans se soucier du moment où un nouvel entrant le lui fera regretter brutalement.

A l’image de l’idéogramme chinois qui voit derrière chaque crise une opportunité, il est urgent de transformer nos peurs en autant de challenges stimulants pour nos équipes et de repenser la culture de nos entreprises autant que nos organisations ou nos process.

 3/ FAIRE PLUS AVEC MOINS

Pour éviter le naufrage, conserver les attributs d’une jeune pousse et rester un leader mondial avec un esprit de challenge, Jeff Bezos recommande « l’obsession du client, la lutte contre les process (on ne pense plus, on applique), l’envie d’embrasser les tendances extérieures et une prise de décision hyper-rapide ».

La croissance génère toujours de la complexité. Multiplication d’intervenants non décisionnaires ou pas toujours clairement identifiés, incapacité à trancher ou arbitrer les conflits, rivalités, jalousies, politique interne trop souvent préférée à l’action, lenteur de la prise de décisions, précautionnisme juridique, frilosité des SI, manque de courage, etc. Tout concourt à foncer droit dans le mur, sans que personne ne s’en alarme ou ne mette les pieds dans le plat.

Le rapport au temps pourrait bien devenir un enjeu stratégique majeur.

Autant qu’un CEO, un entrepreneur (ou un dirigeant) doit aujourd’hui être un CPS (Chief Problem Solver) autonome et créatif, capable d’absorber la difficulté et la contrainte et de restituer des solutions et de l’énergie.

L’essentiel est de changer d’angle de vue pour explorer de nouveaux territoires et de nouvelles solutions.

Pour les jeunes pousses, chaque minute, chaque heure, chaque jour compte. Leur obsession : le ROTI (Return On Time Invested) ! D’où une gestion très économe des rencontres, qu’elles limitent au strict nécessaire, et le rejet de tout ce qui ralentit.

Aucun créateur d’entreprise ne bénéficie au départ d’autant de ressources qu’elles. Pourtant, aucun ne se plaint ni ne se sent démuni, tant il prend de plaisir à affronter chaque difficulté l’une après l’autre, sa meilleure récompense étant de se retourner régulièrement et de constater le chemin parcouru, alors que personne n’avait misé sur lui. Entreprendre aguerrit. Surprotéger affaiblit. Faites passer le message !

4/ ACCEPTER L’INCERTITUDE

Entreprendre revient désormais à trouver chaque jour des solutions nouvelles et créatives à des problèmes dont la plupart n’existaient pas la veille.

Tout change à une vitesse inédite dans l’histoire de l’humanité. D’où la nécessité pour toute entreprise de capter les signaux faibles de son environnement et de développer une vision puissante et rassurante permettant de compenser l’absence de repères extérieurs.

A une époque où nous croulons sous les données de toutes sortes, il n’a jamais été aussi facile de se tromper sur leur interprétation et de prendre des mauvaises décisions. Plus que jamais, la pertinence de l’analyse prime sur le volume.

Plusieurs facteurs rendent difficile toute prévision, et impossible toute planification à long terme…Tomber amoureux de l’incertitude ambiante plutôt que de la craindre ! L’incertitude pousse au dépassement de soi.

 5/ ECHOUER SOUVENT…MAIS VITE !

Chaque boucle doit suivre trois étapes : idée, mise au point, validation…Priorité à l’expérimentation, l’ergonomie, l’efficacité intuitive et la simplicité d’utilisation grâce à une collaboration permanente entre l’entreprise et la communauté de ses clients au travers de nombreux outils, dont les blogs.

Le concept de Customer Effort Score (CES), qui mesure désormais le taux d’effort imposé par l’entreprise à ses clients pour utiliser ses produits ou ses services.

Rebondir et tirer rapidement les leçons de leurs erreurs font partie de leur ADN. Quand la plupart des gens décrivent un échec, l’entrepreneur préfère évoquer « une solution qui n’a pas marché », s’inspirant de la science qui ne parle jamais d’échec, mais d’expérimentation.

Consacrer 70% de son temps à son business actuel, 20% à celui de demain et 10% à un horizon plus lointain.

L’une des priorités que tout manager désireux de rester dans la course à l’innovation doit se fixer : donner carte blanche à tous ses collaborateurs pour qu’aucun échec ou aucune déception ne vienne plus jamais décourager leur envie d’aller au bout d’une idée à laquelle ils croient et dont ils pensent qu’elle pourrait faire progresser leur entreprise.

6/ DATA IS KING

La data devenue l’or noir du 21ème siècle.

Les données sont au cœur de la révolution que nous sommes en train de vivre. Elles se logent dans une multitude de cases, et la capacité à les inventorier, collecter, stocker, analyser, visualiser, récupérer, utiliser, diffuser et partager est à l’origine des plus grands succès planétaires récents.

La startup cible souvent des niches, voire désormais une infinie multitude de personnes uniques grâce à l’intelligence artificielle et aux données qu’elle accumule sur elle.

L’IA (que Joël de Rosnay préfère appeler Intelligence Auxiliaire) s’éduque, s’entraîne et ne cesse de s’alimenter par les montagnes de données que nous lui fournissons.

Tout ce qui est peu qualifié et répétitif est pourtant en voie d’être mécanisé, et les machines seront bientôt imbattables dès lors qu’il s’agira de tester des millions de combinaisons et de nous aider dans des opérations complexes, menaçant à l’évidence d’innombrables emplois non qualifiés.

Voici que toutes les professions du droit sont menacées par des plateformes numériques…Et que dire des consultants, architectes, designers, voire des auteurs ?

 7/ LES VALEURS AVANT LES PROCESS

« Manager par les valeurs, c’est un engagement à transformer toute l’entreprise. Et cela vient du dirigeant. » Jacques Horovitz

Leurs valeurs priment sur les process et leur donnent toutes les audaces, cette « part de volonté qui s’ajoute à l’analyse pour forcer le destin » pour reprendre l’expression de Roger-Pol Droit.

Si la complexité du monde a été multipliée par six entre 1995 et 2010, la complication des entreprises l’a été par trente-cinq dans la même période.

Six règles pour une « simplicité intelligente ». Comprendre le travail des autres (leurs comportements quotidiens, actions, interactions, objectifs, contraintes, etc.). Renforcer le rôle des « intégrateurs » (quiconque favorise la collaboration), supprimer les couches de management et les règles inutiles. Augmenter l’autonomie et la quantité totale de pouvoir au service du groupe (place au bon sens et à l’intelligence). Etendre l’ombre du futur (expliquer aux gens les conséquences de leurs actions). Accroître la réciprocité (comprendre et reconnaître l’intérêt qu’il y a à coopérer). Récompenser ceux qui coopèrent (et seulement eux)…Tel est pourtant le prix à payer pour mettre en œuvre la simplexité, valeur-clé de la planète startup.

 8/ TRAVAILLER « AVEC » ET NON PLUS « CONTRE »

Les smartphones ont envahi nos vies, au point de donner naissance à une nouvelle maladie, la nomophobie (la peur d’être séparé de son mobile) et à une nouvelle génération de screenagers (contraction de screen et teenager), ces adolescents qui ne peuvent plus vivre loin de leur écran, devenu leur principal lien avec le monde extérieur.

La viralité est devenue un enjeu clé et donne l’avantage aux entreprises et aux marques sachant développer un lien personnalisé et affinitaire avec chaque consommateur.

Après les slashers (qui cumulent plusieurs activités et statuts en même temps), la glocalisation (néologisme anglais formé par les mots globalisation et localisation), le co-working, le co-design (inspiré du design thinking) ou la fusion food qui nous offre l’accès simultané aux saveurs du monde entier, c’est l’hybridation à tous les étages ! Coopération et compétition fusionnent pour donner naissance à la coopétition. Co-branding, co-investissement, co-construction, co-production, intelligence collective, économie collaborative, etc

Les startups nous démontrent chaque jour que rien ne vaut l’intelligence collaborative pour réussir les paris les plus fous et créer de la valeur, par la magie de l’échange et des technologies de l’information qui en accélèrent la circulation.

 9/ L’HUMAIN N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

La bataille du digital ne se gagne jamais sans, ou contre les hommes. Car si technologie et compétences techniques sont à la portée de n’importe quel carnet de chèques (ou compte Paypal), l’humain reste assurément le plus complexe de tous les défis, même et surtout à l’ère du digital.

« La digitalisation n’est pas une fin en soi. Nous devons la maîtriser, mais pas la subir. Elle doit se faire par et pour les Hommes avec un grand H »  Jean-Dominique Sénard

Les entrepreneurs du numérique ont su comprendre l’importance des soft skills pour penser et agir autrement…Pour un grand nombre d’entre eux, curiosité, passion, empathie, vision, aptitude au risque, sens du collectif, etc…, priment sur la technique, la discipline, le respect des règles de l’autorité et de la hiérarchie. Autant de qualités qui ont besoin de liberté pour s’épanouir et se développer.

(Digital Factory - Thales) Procédures réduites au minimum, chacun prend seul ses décisions sous la responsabilité d’un manager responsable de l’ingénierie, développeur de ressources humaines, facilitateur de problèmes et apporteur de solutions.

Je suis de ceux qui pensent que faire le bonheur des autres et créer du lien ne se délèguent pas. Quels que soient notre pouvoir, notre fonction, notre place dans la hiérarchie, notre ancienneté ou la pression que l’environnement nous fait subir, nous sommes tous des Chief Happiness Officers en puissance.

 10/ « J’OPTIMISME » ET J’INCARNE

Spécialistes du recyclage de problèmes en solutions, ils ont le sentiment d’être faits de béton et recouverts de téflon. Rien ne semble vraiment les atteindre, tant brille toujours dans leurs yeux la lumière au bout du tunnel, même dans les pires circonstances.

« L’histoire d’une entreprise est donc celle d’une cohabitation entre un Powerpoint qui vend du rêve en couleurs et une feuille Excel qui renvoie au noir et blanc de la réalité. » Stéphane Degonde

Afficher son optimisme en toutes circonstances et incarner fièrement sa marque sont deux armes redoutables qu’utilisent habilement les startuppers pour séduire financiers, collaborateurs et clients. A l’inverse, l’émotion, le sourire et l’humour sont le plus souvent absents de la stratégie et de l’image que projettent les grands groupes déshumanisés.

 11/ TOUT N’EST PAS BON DANS LA STARTUP

. Meilleur défricheur que gestionnaire. Oublier que tout métier, quel qu’il soit, est un métier de « centimier » est une erreur tragique.

. Quand un succès trop rapide mène au désastre

. Une bonne idée trop tôt n’est pas une bonne idée. L’importance d’un bon timing pour un lancement est primordiale pour toutes les entreprises, mais seules celles qui ont les moyens de perdre durablement de l’argent avant d’imposer leur vision ont des chances de réussir quand elles sont trop en avance sur leur temps.

. Priorité à l’exécution. Entre une bonne idée et son succès, il y a toujours sa mise en œuvre. Or la jeunesse et le manque d’expérience de la plupart des créateurs les privent souvent des réflexes nécessaires.

. Distribution vs innovation. La bataille de la distribution va s’avérer de plus en plus difficile et coûteuse pour les plus jeunes entreprises.

. La « belle histoire » a ses limites

. De vrais clients plutôt que des Likes ! Seul le comportement réel de vrais clients utilisateurs réguliers d’un service ou d’un produit peut et doit servir de bon pour accord au développement.

. Le projet n’est pas la levée de fonds, elle n’en est qu’une étape

. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

. Traduire son site en plusieurs langues ne veut pas dire être international

. Le management reprend très vite ses droits, startup ou pas

. Pas toujours so cool

. Le « startup management » reste à inventer

. Réinventer l’expérience collaborateur

Nous ne sommes donc qu’au début de l’invention d’un nouveau modèle employee centric, qui porte en lui les gènes de sa transformation permanente.

Après l’innovation numérique, l’innovation sociale et managériale ?

 12/ PLACE AU MANAGEMENT « INTRAPRENEURIAL »

Intraprendre est un état d’esprit à la portée de chacun d’entre nous…Pour simplifier à l’extrême, le terme intrapreneur pourrait être une bonne traduction du mot startupper appliqué au monde du salariat. Dreamers who do. Des rêveurs qui agissent.

Le nombre, le rôle et l’influence des managers ne vont cesser de diminuer dans les années à venir au profit de l’intelligence collective, de l’autonomie et de l’esprit d’entreprise.

Quiconque aime la découverte et l’exploration de nouveaux territoires (par définition inconnus et donc incertains) et met ce talent au service de l’entreprise dont il est salarié est un intrapreneur.

Think big. Start small. Scale fast (Penser grand. Commencer petit. Grandir vite). Rien n’est plus efficace pour susciter l’engagement et l’esprit d’entreprise que d’offrir un environnement où chacun ressent que tout est possible, que tout reste à faire, à l’image de la can do attitude caractéristique de la Silicon Valley.

Ce qui est primordial :

  1. Savoir importer du stress, de la pression et des emmerdes et exporter de l’enthousiasme, de l’énergie et de l’optimisme.
  2. Capacité à se comporter comme s’il était en partie propriétaire ou fondateur de l’entreprise.
  3. Capacité à encourager, accepter, voire valoriser les échecs.
  4. Capacité à s’entourer de gens plus grands que lui et à attirer de fortes personnalités.
  5. Réapprendre à dire merci et bravo aussi souvent que nécessaire.
  6. Propager autour de soi une contagion émotionnelle positive…et être aussi souvent qu’on le peut un émetteur de bonnes nouvelles.
 Conclusion

Si vous êtes dirigeant, votre priorité est de repérer et de mobiliser à tous les niveaux de l’entreprise le talent et la créativité de tous vos collaborateurs au service d’une vision inspirante et partagée.

Tout peut et tout doit être remis en question régulièrement, même et surtout quand cela commence à bien fonctionner. C’est fatigant, mais préférable à la perspective d’assister trop vite à son propre enterrement.

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Émetteur du verbatim: François C.

LA STRATEGIE DE LA LIBELLULE - La méthode corps-esprit de Thierry MARX - Le Cherche Midi

La stratégie de la libellule ; la méthode de corps-esprit Lorsque la libellule est confrontée à un obstacle, son premier mouvement consiste à changer d’axe. Sans jamais reculer, elle teste un passage par le haut, puis par le bas, de droite à gauche et de gauche à droite, jusqu’à trouver la solution. Autrement dit, la libellule se montre capable de prendre de la distance.

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Si nous commençons à regarder les choses et le monde dans leur autonomie propre et à exiger de nos réactions qu’elles soient utiles ou constructives, alors il est probable que nous commencerons à agir avec méthode et discernement, ce qui n’exclut pas la détermination.

Agressivité  « Ai-je le temps de préparer une tasse de thé ? » Prenons donc le temps d’une tasse de thé pour éviter les réponses à l’emporte-pièce, ouvrir un espace apaisant et mieux résoudre nos problèmes.

Apaisement La seule attitude que nous puissions adopter, dans ce désordre environnant, consiste à trouver en nous l’énergie de l’apaisement…Et cela est possible uniquement si nous savons nous-mêmes ce que nous voulons être, ce qu’est notre projet de vie et si nous nous y tenons vaille que vaille.

Apprentissage  « Si tu sais ce que tu veux, montre ce que tu vaux »

Armée  Savoir être pour durer

Je découvre ma nouvelle règle de trois :

-          La rigueur du projet ;

-          L’engagement qui nous fait lâcher la main du passé ;

-          Le respect du présent.

Avec aussi le sens de l’honneur et de la parole donnée.

Arts martiaux  Transformer les ennemis en partenaires

Les arts martiaux nous apprennent que l’on ne gagne jamais parce qu’on est le meilleur mais parce qu’on a décidé de ne pas perdre.

Bouddhisme

Le shinto et le bouddhisme zen me permettent désormais, au travers des arts martiaux notamment, de mettre enfin du temps entre mes émotions et mes actions. C’est ainsi que j’ai pu reconstruire ma vie, entre ordre et désordre.

Boxe

Lire l’autre, le respecter certes, mais ne pas le subir. Ce n’est pas l’adversaire qu’il faut battre mais une mission qu’il faut remplir. Sans haine ni forfanterie.

Bushido  « la voie du guerrier »

Ce code de la chevalerie du Japon médiéval fournit un sentiment de calme, de confiance au destin et une soumission tranquille à l’inévitable. Un calme stoïque en vue de dangers ou de sinistres, ce dédain de la vie et de convivialité avec la mort. Ce qui est inévitable n’est pas important.

Chance  L’opportunité d’agir sur son destin

La chance, pour moi, est une opportunité qu’il faut saisir…La chance, c’est d’abord un projet. Sinon, c’est un leurre.

Chef (d’entreprise)  Seul, mais avec les autres

Le responsable ne doit jamais chercher de bouc émissaire mais toujours essayer de faire travailler les uns avec les autres.

Compassion

Est-elle vraiment à même d’aider quiconque se trouverait dans le besoin ? La réponse est non.

La fraternité n’est pas de porter les autres mais de les aider à s’épanouir.

Douleur  En analyser les causes pour en choisir les remèdes

Faire l’analyse des causes est toujours le meilleur moyen de leur trouver un remède.

En ne se posant plus prioritairement la question du comment mais celle du pourquoi, il témoigne de son souci d’appréhender une situation telle qu’elle est. Autrement dit, en n’ajoutant pas l’agitation à l’agitation, il fait siens les trois principes qui président à une bonne spirale dynamique : penser son geste, maîtriser son feu intérieur, se jouer des fausses contraintes du temps.

Échec  Baisser les armes ou rebondir

Seules se sont relevées de situations parfois effroyablement complexes et précaires les personnes ayant réussi à remettre un projet en mouvement. Celles qui avaient trouvé la force de rester en état de veille et de se mettre en quête de nouvelles motivations, de nouvelles énergies. Celles qui se montraient capables de se déporter, de se dérouter, de se déplacer légèrement pour considérer les choses sous un autre angle. Assurément, il leur a fallu faire pour cela le deuil d’histoires passées.

Si vraiment nous sommes vivants, alors nous sentons, nous savons que toute solution réside toujours dans le mouvement. Dans l’effort qui nous tirera vers le haut, nous grandira, et qui seul nous donnera l’énergie de ne pas nous laisser rabougrir, rétrécir ou éteindre par la vie. Jusqu’à trouver l’être en nous-même.

Écologie  Plus de temps à perdre, on s’y met tous !

Je milite pour que l’écologie sorte de la case politique et de son vocabulaire stérile pour devenir une partie intégrante de nous-même, un véritable réflexe vital et citoyen !

Émotion  Mettre du temps entre nos émotions et nos actions

« Fais de l’impatience ton pire ennemi » n’hésitait pas à dire Miyamoto Musashi.

Si nous entretenons un rapport si biaisé avec le temps, c’est en grande partie parce que nous nous laissons soumettre par nos émotions.

Tout sport de combat consiste donc en cette nécessité de dompter le temps : le temps extérieur qui voudrait nous contraindre, mais, plus encore, ce temps intérieur auquel nous laissons trop souvent la possibilité de nous dépasser.

Par un apparent paradoxe, c’est en faisant le vide que nous mobiliserons en nous la bonne énergie, la bonne posture. Bref, que nous nous réarmerons. Alors nous pouvons retrouver l’élan de notre spirale dynamique.

Ennemi  Vaincre sans haine

Etre bien avec soi-même est la condition sine qua non pour être bien avec les autres. Qui n’a pas de cap, qui ne se sent pas suffisamment présent à lui-même, qui ne trouve pas sa place dans sa propre existence ou tourne comme plume dans le vent, celui-là se sentira perpétuellement agressé. Et il aura alors tendance à attribuer à d’autres ses propres errances, ruminations, failles ou échecs.

Dit autrement, nous ne progressons pas contre les autres, mais en puisant en soi le désir et l’énergie de renouveler chaque jour le contrat que nous avons passé avec nous-même.

Entreprise  L’employé n’est pas le rouage d’une immense machinerie, mais une sensibilité vivante

Nous avons beau être égaux, du moins théoriquement, nous n’en sommes pas moins différents et inégaux face à la vie. Cette diversité fait la richesse de toute société moderne, mais c’est elle aussi qui occasionne tous les antagonismes imaginables.

Le danger réside aussi dans le fait, tant pour le chef d’entreprise que pour l’employé, de ne pas accepter de quitter sa zone de confort.

Erreur  Une opportunité d’apprentissage

Si une faille quelconque m’apparaît, et il y a forcément une faille quelque part –dans un dossier, une situation, une rencontre-, j’aime à penser qu’il va me falloir la résoudre ou la contourner, car alors quelque chose dans ce travail m’aura fait grandir.

La faille n’est pas un problème en soi : elle l’est si on se refuse à y voir une opportunité cachée.

Escalier (social)

L’ascenseur social est une chimère ! Il existe seulement un escalier que l’Etat doit entretenir en veillant notamment à ce que chaque citoyen puisse l’emprunter et en s’assurant d’une hauteur de marches accessible à tous.

Tout projet ne peut aboutir qu’au terme d’une prise de conscience du corps et de l’esprit, d’une progressivité, d’une construction dont l’image du franchissement, marche après marche, donne une idée très nette. L’ascenseur est le miracle ; l’escalier, la construction.

S’engager, c’est se projeter sur une longue durée afin de garantir ce qui nous tient le plus à cœur et d’œuvrer à l’aboutissement de ce pour quoi nous nous sentons faits.

Feu (intérieur)  Attention au retour de flamme !

Nous devons donc être aussi soucieux de notre propre justesse que l’est le cuisinier devant sa flamme.

Formation  Ne pas gaver mais donner faim

Qui dit émancipation dit éducation. Or, c’est par l’éducation, d’abord et avant tout démarche de liberté, que nous apprenons à connaître et à préciser nos désirs, et c’est par elle encore que nous saurons dans notre vie ce qui nous sera acceptable et ce que nous refuserons de subir. C’est pourquoi je m’intéresse tout particulièrement aux personnes dont la trajectoire de vie a pu être heurtée.

On aide authentiquement quelqu’un uniquement en lui donnant des outils concrets, pratiques, opérationnels.

Si la force du projet fait la force du caractère, la force de caractère n’en fait pas moins la force du projet. On n’avance sans heurt que sur ses deux jambes.

Gentillesse  Méfions-nous de la miévrerie

Etre bienveillant, c’est d’abord avoir conscience que le projet de l’autre n’est pas moins intéressant, ou riche, ou nécessaire, que le sien propre. C’est aussi être capable de se voir soi-même comme l’élément d’un tout…C’est, enfin ne jamais abdiquer notre souci de solidarité.

Geste  Il parle pour nous

On ne peut espérer d’un geste ou d’un mot désordonné qu’il aboutisse à une conclusion efficace et juste : en préalable à tout geste doit exister la pensée de ce geste.

Geste (bis)  Son absolue nécessité pour la cuisine

La cuisine est le domaine de prédilection de la maîtrise du geste (la coupe juste), du feu (l’intensité) et du temps (la cuisson).

Japon  L’évidence

Oui, tout ce que j’avais rêvé était là ! Le dojo, l’ambiance, l’homogénéité d’un peuple, la calligraphie, l’exiguïté du pays.

Judo  Tu ne gagnes pas parce que tu es le meilleur mais parce que tu ne peux pas perdre

Kodawari

Pour moi, le kodawari, c’est tout à la fois ce qui maintient la qualité de vie à des standards élevés et ce qui permet la poursuite d’un idéal d’épanouissement.

Lucidité

Elle m’aide à réaligner les planètes, à retrouver la hiérarchie des priorités. Si tout va bien à 80%, la lucidité me permettra de comprendre pourquoi ce n’est pas le cas pour les 20% restants.

Maîtrise de soi

L’acceptation et le contrôle de soi nous ouvrent aux autres, aux opportunités de l’existence et à la possibilité de nous approprier un projet de vie qui soit l’expression directe de nous-même.

Ce n’est pas tant le but qui importe que la trajectoire. Ce qui transforme la vie réside souvent moins dans la réalisation d’un idéal que dans l’effort auquel on consent pour y parvenir.

L’important est de savoir, de sentir, que chaque jour nous offre l’opportunité de progresser sur une voie singulière, décidée en pleine conscience. Autrement dit, il n’est pas un jour qui ne nous offre l’occasion de nous libérer de tout ce qui entrave notre énergie, tous ces blocages que l’on attribue parfois au monde extérieur et qui trouvent souvent leur origine en nous-même.

Méditation  Nécessaire pour retrouver la juste voie, celle qui permet de rester droit envers soi-même, c’est-à-dire de conserver le cap que l’on s’est fixé. En quelque sorte, méditer revient à se créer un environnement unique. Un écosystème à usage personnel.

S’il s’agit d’être heureux, il s’agit surtout de décider de l’être. C’est la décision qui fait sens.

Montagnard (Le pas du)

Il est bon et nécessaire de contempler le sommet que nous visons, mais nous ne devons jamais douter que l’escalader requerra du temps et de la méthode.

Nous sommes toujours en construction, toujours en quête, toujours en trajectoire. Ce qui est une chance inouïe, car nous pouvons toujours mieux faire. Nous nous adaptons toujours mieux à la vie…Là où nous pensions être arrivés, elle nous offre une nouvelle opportunité.

Nostalgie  Le creuset de nos projets

Alors, par notre volonté de tirer tout leur miel de nos souvenirs, le passé ne sera plus le cimetière des occasions perdues, mais le creuset de nos projets.

Nourrir  (L’art de se) Nous sommes ce que nous mangeons

Se connaître soi-même, savoir distinguer plaisirs et besoins, persévérance et entêtement, voilà qui constitue la base préalable à toute réforme de son régime alimentaire.

Ordre (et désordre)  Savoir se remettre dans l’axe

Si nous avons les deux pieds dans l’ordre, nous nous statufions, nous nous stratifions, nous nous sclérosons. Mais si nous entrons dans le désordre, nous pénétrons dans un tourbillon infernal. Il nous faut donc guider notre projet entre ces deux pôles.

Peur  Affronter cette mer d’incertitude

En nous engageant pleinement dans les 20% de cette mer d’incertitude, nous serons déjà allés bien plus loin que ce que nous connaissons, et ce gain annihile déjà tout bien-fondé à la notion d’échec. Ces 20% représentent l’expérience nouvelle, celle dont nous pourrons tirer les richesses nécessaires à la continuation de notre projet.

Projet  Indispensable, qu’il soit modeste ou ambitieux, raisonnable ou démesuré

Nous disposons tous d’un réservoir infini d’énergie, mais trop peu d’entre nous en prennent conscience. Or il n’est qu’un moyen de mobiliser cette énergie : avoir un projet…Il s’agit seulement de comprendre que l’énergie naîtra de la définition sincère de ce projet et de ce que nous serons prêts à lui sacrifier.

Un projet à la fois, ce n’est déjà pas si mal. Surtout si l’on sait qu’un projet construit toujours le suivant.

Rêve  À chacun sa propre grandeur

Nourrir un rêve, c’est toujours cultiver un idéal…Cet idéal n’est autre que l’expression du chemin de vie que nous nous sommes fixé, de notre désir de nous sentir grand dans l’existence. Aussi une vie entière ne sera-t-elle jamais de trop pour chercher à l’atteindre. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté de notre passage sur Terre.

Réveil  Respecter son fil conducteur

Nous en revenons toujours, in fine, à la nécessité d’être présent à soi-même et de faire précéder nos gestes de la pensée de nos gestes.

Dès mes premiers gestes, je suis maître de mon projet. Dès la première substance avalée ou bue, je ne donne pas seulement à mon corps le carburant dont il a besoin, mais je mets mon esprit dans les conditions idéales pour gagner sérénité et confiance en soi.

Rigueur  Une exigence que l’on doit à soi-même

Dans le shitsuke japonais, la rigueur est un projet. En inversant les termes, disons que c’est parce que nous avons un projet que nous y mettrons la rigueur nécessaire.

Se tenir à ce projet de micro-changement, c’est déjà faire preuve de rigueur. Celle-ci s’amorce au moment où on initie l’effort de faire le premier pas, puis de penser chaque journée comme une nouvelle étape disponible à un nouveau progrès. Ce qui revient à être loyal avec soi-même.

Rire  Une madeleine de Proust

Ryokan  Harmonie, tempérance, sérénité et respect

Je ne peux que rendre hommage à ceux qui, par-delà les siècles, entretiennent et transmettent avec sagesse et soin cette tradition d’harmonie, de tempérance, de sérénité et de respect, les quatre principes fondateurs de la voie du thé.

Sacrifice  « Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu » Hélie Denoix de Saint-Marc

La constance et l’opiniâtreté –la rigueur- conditionnent la définition et la mise en œuvre de tout projet de vie…Une fois que nous savons ce que nous voulons, il va très tôt falloir identifier ce que nous sommes prêts à sacrifier de notre écosystème, de notre zone de confort, pour transformer enfin notre projet en réalisation.

Rigueur, engagement et régularité sont définitivement inconciliables avec toute velléité.

S’alléger  Ce qui, hier, nous donnait des ailes peut finir, aujourd’hui, par nous lester

Et pour gravir les sommets, il faut savoir s’alléger.

Satori  La force du présent

Il faut insister sur la nature transitoire du satori (la force du présent, la compréhension soudaine de l’essence, la signification d’un moment qui vous envahit de façon intime), par opposition à la permanence du nirvana qu’on retrouve dans les traditions bouddhiques de l’Inde.

Silence  Un vecteur d’excellence

N’oublions pas que la pollution sonore est l’une des principales pollutions actuelles.

Temps  Le plus beau des cadeaux

Une des règles de base que je m’impose et que j’impose à tous mes employés ou à tous les élèves de nos centres de formation, est de ne jamais être en retard.

Tristesse  Ne pas s’y complaire

C’est la tristesse qui vient à moi. Aussi la sais-je provisoire. C’est ainsi que je vis : en refusant que mes émotions remettent en cause mon être profond.

Vérité  Nécessaire mais pas toujours aimable

La vérité ne s’appréhende que par la compréhension des contraires.

Zen  Préférer les passerelles aux murs

Le zen est pour moi une philosophie de vie, positive et bienveillante, qui préfère les passerelles aux murs. Qui considère l’instant présent comme une multitude de petits points de vie, pleinement remplis. Qui, analysant notre cheminement de vie, sait que le passé est passé et que le futur, quand nous y sommes, est le présent.

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Emetteur du verbatim : François C