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Verbatims et recommandations...

La fabrique de l'obésité, enquête sur un fléau planétaire de Yves Leers - Buchet Chastel

La fabrique de l'obésité ; enquête sur un fléau sanitaireÉmetteur du florilège: François C.

Cette histoire qui se déroule sous nos yeux depuis une génération, c’est celle de la fabrique de l’obésité, donc du diabète, donc des maladies cardio-vasculaires, des accidents vasculaires cérébraux (AVC), de nombreux cancers et d’autres maladies chroniques.

1. UN SCANDALE PLANETAIRE

L’obésité a doublé en une génération

Sur terre, en 2017, un être humain sur dix est obèse (604 millions d’adultes et 108 millions d’enfants).

Epidémie galopante, aucun pays n’est épargné.

Obésité, sous-alimentation et changement climatique : il existe un lien consubstantiel entre ces trois pandémies (étude de la Commission Lancet publiée en 2019).

L’atout des traditions culinaires

Les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Irlande, le Canada et le Mexique ont connu les plus fortes croissances de l’obésité.

Le rôle de l’alcool

La corrélation entre la consommation d’alcool et le gain de poids n’est pas significative.

2. LA PLANETE OBESE

L’obésité menace l’espérance de vie en Europe

En France, plus de 8 millions d’adultes obèses… Près de la moitié de la population française adulte (49%) est en surcharge pondérale.

Le coût social de la surcharge pondérale avoisine en France 20 milliards d’euros, soit 1% du PIB.

Augmentation de la prévalence de l’obésité très sévère (IMC > 40) qui a doublé en 10 ans (2006 – 2016), soit plus de 500 000 adultes.

Les oubliés des Outre-mer français et du Pacifique.

Le Royaume-Uni, poids lourd de l’Europe… La Grande-Bretagne cumule de dramatiques records européens en matière de surpoids, d’obésité et de maladies chroniques induites, le diabète en particulier.

L’Afrique de l’ouest s’alourdit

Le surpoids et l’obésité touchent la moitié des Ghanéens urbains, et un tiers des Togolais, des Nigérians, des Nigériens, des Béninois, des Ivoiriens et des Maliens.

Les Etats-Unis, premier exportateur mondial d’obésité

En privilégiant les profits plutôt que la santé, en niant les répercussions d’une nourriture qui rend malade, les entreprises de l’agroalimentaire et le gouvernement fédéral ont fait un choix dont l’impact est universel.

L’Amérique latine

Les chercheurs de l’OCDE et de la FAO estiment que les mesures prises dans les années 1980 pour lutter contre la sous-alimentation ont créé «une génération d’obèses»: un quart des habitants du sous-continent souffre d’obésité et 60% sont en surpoids.

Le Mexique sous perfusion de Coca-Cola.

Chine: la relève des Etats-Unis

Le nombre de personnes en surpoids ou obèses en Chine a atteint 440 millions, dont 130 millions souffrent d’obésité.

Main basse sur le reste de l’Asie

. Les enfants victimes des fast-foods.

. Japon : obésité illégale ! (adoption en 2008 de la loi Metabo, destinée à prévenir tout développement de l’obésité).

. La Corée du Sud veut sauver le monde avec ses algues.

Un tour du monde plutôt inquiétant

Tant que les IAA (industries agro-alimentaires) et les financiers seront à la manœuvre, l’intérêt public sera la dernière roue du carrosse.

3. LES OUBLIES DE LA SOCIETE

Les pauvres trinquent trois fois

L’obésité et la sous-nutrition vont souvent de pair dans les pays pauvres ou en transition… Aggravée par le changement climatique, il s’agit en réalité d’une triple peine.

Le double fardeau de la malnutrition est un facteur clé à l’origine des épidémies émergentes de diabète de type 2, d’hypertension, d’AVC et de maladies cardiovasculaires dans le monde entier. Les effets néfastes peuvent également être transmis d’une génération à l’autre.

L’obésité infantile n’est pas fatidique

Le pire est à venir: si on ne fait rien -car c’est tout ou rien- pour l’éradiquer, le monde s’acheminera vers des taux d’obésité de plus en plus insupportables sur tous les plans, sanitaire, environnemental et financier. Or tous les indicateurs actuels montrent que l’obésité des enfants n’est vraiment prise au sérieux que dans les discours.

Un cortège de maladies chroniques

Aucune autre maladie n’est associée à autant d’autres pathologies que l’obésité. Si vous «attrapez l’obésité», vous avez une chance sur deux d’être diabétique, hypertendu, cardiaque, cancéreux, etc., enfin, toute la litanie des maladies chroniques.

Une pharmacopée inutile et dangereuse

Ces prétendus remèdes contre l’obésité ne sont pas seulement inutiles et hors de prix, ils sont dangereux.

…et un pis-aller coûteux, la chirurgie bariatrique

Celle-ci consiste, par différentes méthodes plus ou moins lourdes, mais toujours chères, à réduire le volume gastrique, ce qui se traduit par des pertes de poids considérables, donc une meilleure qualité de vie, mais aussi des complications et des effet indésirables sur le long terme.

La souffrance des gros

La grossophobie est «une attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids» Petit Robert

4. A QUI PROFITE LE CRIME?

Les coûts astronomiques de l’obésité

Le très lourd fardeau des dépenses de santé.

La prévention est payante.

Des lobbies prêts à tout

L’alimentation qui tue: corrélation nette entre la consommation régulière d’aliments «transformés et ultra-transformés» et les risques de cancer, de surpoids, d’obésité, de diabète, d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires.

Les secrets de cuisine du lobby agroalimentaire: les cinq règles de base du lobbying dans le domaine de l’alimentation.

Un lobbying autorisé, mais bien mal encadré.

L’ILSI, lobby des lobbies basé aux USA, dicte sa loi planétaire.

Symbole de la malbouffe, le Nutella ne s’est jamais si bien porté!

Plus il y a de McDo, plus il y a d’obèses!

L’obésité arrange beaucoup de monde

L’obésité et le surpoids constituent une mine inépuisable avec tous les prétendus régimes amaigrissants dont on connaît l’inefficacité et la dangerosité; c’est également une mine pour l’industrie pharmaceutique qui vend des médicaments dont seule l’inutilité est prouvée.

Le scandale des pseudo-régimes alimentaires.

Les produits allégés ne font maigrir que les portefeuilles

L’intérêt des produits allégés n’a jamais été démontré.

5. L’OBESITE, UNE MALADIE EVITABLE

Plus de 30% des maladies induites par l’obésité, voire 50% pour certaines -en particulier les cancers et les maladies cardio-vasculaires-, pourraient être évitées grâce à la prévention nutritionnelle.

La prévention, seule stratégie efficace

Le grand chaudron des aliments ultra-transformés

. Les méfaits de l’alimentation ultra-transformée… Les AUT (aliments ultra-transformés) sont véritablement des pseudo-aliments.

. Un arsenal de plusieurs centaines d’additifs… Plus l’aliment est transformé, plus sa teneur en additifs sera élevée.

. Moins d’obèses chez les mangeurs bio.

Sucre, le grand désastre

Le marché mondial du sucre: 100 milliards de dollars.

. Le sirop de glucose-fructose, un super-sucre très dangereux.

Une alimentation industrielle bourrée de calories vides

. Pour qui sonne le gras?… Ces «bons gras» sont tous les insaturés et spécialement les monoinsaturés, comme l’acide oléique et l’oméga 9.

. La surconsommation de sel provoque par an, en France, 75 000 accidents cardio-vasculaires, dont 25 000 décès par hypertension et maladies cardio-vasculaires, comorbidités très fréquentes chez les obèses.

. Le raffinement tue le sel, le sel raffiné tue les consommateurs.

. Le pain représente 25 à 27% de notre apport quotidien en sel.

Cet indispensable étiquetage nutritionnel

. Le nutri-score devrait être obligatoire.

Qu’il s’agisse de la transformation industrielle de l’alimentation à des degrés divers, du bio, du sucre, du sel, du pain, des graisses saturées ou des calories vides, tout est une question d’équilibre ou, plutôt, de déséquilibre.

Conclusion TOUT EST POSSIBLE

Le plus urgent -pour toute la société- est donc bien de se réapproprier son alimentation et, par voie de conséquence, sa santé. Cela passe par un équilibre nutritionnel et sociétal, une approche écologique de la nutrition (la «nutri-écologie»). Sinon, 2050 sera une annus horribilis, avec un humain obèse sur deux, sous un climat de plus en plus chaud!

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L’ERE DES NOUVEAUX TITANS - Le capitalisme en apesanteur de Charles-Edouard BOUEE en collaboration avec François ROCHE - ed Bernard GRASSET

Émetteur du verbatim : François C.

Première partie LES TITANS 

Le mythe

Les titans modernes, ou la fusion du capital et des mathématiques

Le capitalisme du XXIème siècle consacre la nouvelle ère des Titans : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, leurs équivalents et concurrents chinois que sont les Baidu, Alibaba ou Tencent.

Le capitalisme financier a fait le lit des Titans technologiques et économiques. Aucun rêve n’est plus inaccessible dans un monde où l’argent est tellement abondant qu’il ne coûte presque rien, voire coûte à ceux qui le conservent.

Cette certitude que l’argent ne manquera jamais, qu’il se trouvera toujours des capitaux prêts à s’investir dans des projets risqués mais potentiellement très rémunérateurs, explique en partie la création de ces Titans technologiques.

Ces Titans ont créé leurs propres créatures : les machines. Cet entrelacs de super-ordinateurs, de serveurs, de logiciels d’intelligence artificielle, d’objets connectés, de réseaux, de crypto-monnaies, de blockchains est en train de devenir une créature monstrueuse, aux innombrables ramifications, qui régit l’ensemble des activités humaines.

Prenez ces trois ingrédients : une révolution monétaire qui libère les moyens d’action du capitalisme ; une révolution technologique qui accélère le temps au point que le cerveau humain peine à s’y adapter ; une révolution sociale qui éloigne de plus en plus ceux qui profitent des deux premières et ceux qui les subissent…En agitant le tout, on provoque un changement de modèle, la création d’un monde nouveau où toutes les règles anciennes deviennent obsolètes.

(Titans géopolitiques) Les nouveaux Titans ont aussi investi le champ politique dont ils abolissent les codes.

Ces dirigeants (Trump, B. Johnson, Xi Jinping, Poutine, Erdogan, Bolsonaro, Kim Jong-Un…) ont été élus sur les peurs des citoyens exclus du capitalisme et des technologies. Ils se vivent, à leur échelle, comme des Titans politiques, non soumis aux lois couramment admises auparavant, parce qu’ils ont compris, mieux que d’autres, le parti à tirer du déchirement du monde…Leurs agissements récents montrent qu’ils souhaitent renouer avec un monde dominé par la loi du plus fort.

Dans l’univers des Titans, les faibles sont condamnés à disparaître, qu’il s’agisse d’entreprises ou de nations. Il n’y a plus de place non plus pour les « moyens ».

C’est la fin du temps long, la dictature du court terme se répand, l’ère du « tout, tout de suite » s’impose. Tout ce qui pourrait freiner cette accélération est combattu, au nom de l’obtention de résultats.

« The best of times, the worst of times »

Ils témoignent surtout des interrogations de tout être humain sur l’extraordinaire polarisation du monde dans tous les domaines…Le « meilleur » et le « pire » reflètent les injonctions paradoxales auxquelles nous sommes soumis et qui conduisent le cerveau humain à la folie, tout comme elles bloquent le fonctionnement d’un ordinateur.

En 2018, quatre habitants de la planète sur dix en âge de travailler étaient en dehors du monde de l’emploi (25% des hommes, 52% des femmes) et cette proportion a augmenté depuis vingt ans, en dépit de l’accroissement de la richesse mondiale.

Depuis 2007, les 1% les plus fortunés détiennent 50% de la richesse privée mondiale.

Entre 2000 et 2020, il s’est probablement fait plus de découvertes que dans toute l’histoire de l’humanité.

Facebook compte aujourd’hui 1,79 milliard d’abonnés actifs chaque jour.

Aucune étude sérieuse n’avait anticipé que les grandes entreprises de technologies allaient s’assurer une telle emprise sur les activités humaines. Tout simplement parce que ce phénomène n’a pas d’équivalent dans l’histoire.

Il y a fort à parier que la reconnaissance faciale devienne la technologie reine en matière de surveillance des populations, d’identification des individus à risque, mais aussi de contrôle des allées et venues des uns et des autres.

Une étude réalisée en 2018 portant sur 33 000 personnes dans 28 pays différents montre que 63% des personnes interrogées estiment n’avoir plus les moyens de faire la différence entre une fake news et un vrai travail de journaliste.

40 millions d’êtres humains sont aujourd’hui concernés par les formes modernes de l’esclavage, dont 25 millions au titre du travail forcé et environ 20 millions par le biais de mariages forcés. Et selon l’Unicef, 168 millions d’enfants entre 5 et 14 ans seraient obligés de travailler.

La prolifération de ces emplois sous-qualifiés, mal protégés et peu rémunérés participe aussi de la fragmentation du monde du travail, favorisée justement par ce capitalisme avancé.

La peur du déclassement social…participe de ce sentiment d’apesanteur dans lequel se trouvent beaucoup de salariés incertains de leur avenir et qui voient le fossé se creuser entre ceux qui participent du « système » et ceux qui, faute de formation suffisante, seront condamnés à vivre en marge dans une précarité grandissante.

De nouvelles contraintes surgissent de toutes parts : s’adapter au temps accéléré, rejoindre la catégorie des « vainqueurs » et y rester, vivre sous surveillance, produire des « résultats » dans tous les domaines, accepter le risque des disruptions professionnelles, répondre aux angoisses des jeunes générations sur leur avenir et sur celui de la planète, dans un contexte où les Titans sont maîtres du jeu et imposent leurs lois.

La tentation de la virtualité et des paradis artificiels…Aujourd’hui, les humains ont à leur disposition un vaste choix de produits opiacés, au sens propre comme au sens figuré.

La crise du Covid-19 a encore accentué la « Netflix addiction »…La tendance est à ce que les experts appellent la « gamification ». Tout doit être un jeu, ou construit comme un jeu, les relations dans l’entreprise, les interactions sociales, et même les rapports amoureux.

Prises une à une, toutes ces informations recouvrent une anomalie, un danger, un non-sens isolé. Mais lorsqu’on les agrège, le monde apparaît comme une constellation de menaces. Immense richesse pour certains, pauvreté insupportable pour d’autres ; mépris de la nature et de l’environnement chez certains dont la mission serait de les protéger ; surpuissance d’acteurs économiques qui se prennent pour des Etats ; militarisation à outrance de la planète et de l’espace ; menaces à peine voilées de recours à l’arme nucléaire ; réchauffement inéluctable des températures, avec son cortège annoncé de catastrophes naturelles et humanitaires ; exploitation toujours à marche forcée du sous-sol ; appauvrissement des ressources naturelles alors que la population mondiale ne cesse d’augmenter.

Le Covid-10 est-il un déluge moderne de nature à faire émerger un monde meilleur ? Ou au contraire, le signe avant-coureur de désastres encore plus radicaux ?…En quelques mois, et en accéléré, nous avons expérimenté le monde qui vient.

Deuxième partie LE PANGOLIN

L’Année du Rat de métal (Chine)

Hélas, en fait d’opulence et de renouveau, c’est la dépression et le retour en arrière que le Rat de métal a apportés au monde.

Partout, le creusement des inégalités au cours des années précédentes s’est révélé dans toute sa crudité, concernant notamment l’accès aux soins, les couvertures sociales squelettiques ou tout simplement inexistantes dans certains pays.

Cette épidémie Covid-19 a jeté une lumière crue sur le fait que nous, les humains, étions le maillon faible de la machine économique et financière mondialisée.

Biais cognitifs et « monde d’après »

La récession économique réplique par son ampleur et sa soudaineté la crise des années 30. Elle se traduit par une augmentation du chômage, une aggravation des déficits publics et de la dette des Etats.

(Biais) Confirmation d’hypothèse (préférer les éléments qui confirment une hypothèse plutôt que ceux qui l’infirment) ; l’illusion des séries (percevoir à tort des coïncidences dans les données du hasard) ; le biais de disponibilité (ne pas chercher d’autres informations que celles qui sont immédiatement disponibles) ; le sophisme générique (tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme) ; le biais d’optimisme (faire preuve d’optimisme disproportionné ou irréaliste).

Si la lecture de la crise est distordue par ces biais cognitifs, les leçons à en tirer le sont tout autant par le biais de la centrifugation. Nos croyances sont plus têtues que les faits…Bref, beaucoup de convictions « d’avant » n’ont pas été ébranlées par la crise, elles retrouvent une nouvelle vie pour « l’après » et l’on retrouve les mêmes lignes de force, les mêmes contradictions qui s’affrontaient avant le coronavirus, alors même que cette crise laisse béantes un certain nombre d’interrogations sur les leçons que, sur le moyen terme, le monde va en tirer.

Le capitalisme contaminé par le virus ou en apesanteur ?

L’économie est le monde des flux perpétuels. Les hommes, les capitaux, les produits, les informations circulent en permanence.

Les difficultés auxquelles ont été confrontés les travailleurs « indépendants », tout au long de la crise, ont révélé le vrai prix de cette indépendance lorsque rien ou presque ne vient les protéger en cas de perte durable de leur activité.

Le capitalisme s’est donc plutôt bien tiré d’affaire. Certes, cette crise laissera des traces, mais elles ne feront que suivre les règles d’airain du système : les puissants s’en tirent mieux que les faibles, les entreprises riches de cash sont mieux armées que les autres, les « leaders » l’emportent encore davantage sur les « moyens ».

Le capitalisme est sorti toujours plus fort de toutes les crises qu’il a traversées. Celle de 2008 en offre un parfait exemple.

L’aspiration à ce que les entreprises se dotent d’une « raison d’être » …se heurte à l’accélération du système capitaliste dans son entier, qui fait que la puissance technologique et la performance financière seront demain, plus que jamais, la condition de la pérennité des entreprises.

La circulation des capitaux, les investissements, les technologies, les entreprises, l’intelligence se mondialisent et créent même un nouveau continent cherchant à échapper aux lourdeurs du monde « physique », celui des hommes et de la nature.

Le capitalisme n’est pas un système fermé sur lui-même, il est au contraire ouvert en permanence sur le monde, il se renouvelle sans cesse et à un rythme qui s’accélère, il nous fait croire qu’il peut se réformer de lui-même. Il est comme la peau et les cellules qui se renouvellent tous les jours. Il s’accélère et se régénère encore plus vite qu’avant, comme en état d’apesanteur. Et le coronavirus n’y a rien changé, tout au contraire.

Le monde de demain comme si nous y étions déjà

. Les Titans technologiques ne sont que des robots sans compassion.

. La liberté individuelle est devenue une valeur relative.

. Aux Etats-Unis, le théâtre d’une opposition farouche entre la virilité (Trump) et la compassion (Biden).

. En Chine, la volonté confirmée de maîtriser son destin…Elle sort de cette crise renforcée sur le plan technologique, plus que jamais polarisée entre l’ultra-capitalisme et l’ultra-communisme.

. La Russie a voulu faire au mieux, elle a fait comme d’habitude.

. L’avenir du travail localisé est désormais compté.

. Le revenu universel a vu le jour…La digitalisation des services dans l’industrie financière, la grande distribution, l’industrie va provoquer la disparition de millions d’emplois dans le monde.

. Le présent a moins de valeur que le futur.

. La prise de conscience brutale de la « possibilité » de la mort.

. L’épuisement idéologique et religieux est en marche.

Conclusion UN DLUGE ANNONCÉ OU LA RENAISSANCE

Le coronavirus s’est déclenché dans un climat mondial délétère, certains diraient même de décadence…Les formes de l’art ou de la vie semblent épuisées ; toutes les étapes du progrès paraissent avoir été atteintes ; les institutions fonctionnent avec peine ; la répétition et la frustration gagnent les esprits ; l’ennui et la fatigue deviennent des forces historiques.

Notre civilisation est hantée par la résignation. Elle n’a plus d’espace où se projeter. Elle se condamne à la répétition…Nos sociétés, pourtant riches et puissantes, ont cessé d’avancer sur les plans politique, économique, culturel et intellectuel.

Cette révélation du confinement peut se résumer en quatre questions : Que voulons-nous apprendre dans notre vie (quoi, comment et où) et pour quoi faire ? Comment pouvons-nous vivre pleinement notre vie au présent et dans le futur ? Quelle part devons-nous laisser à l’amour dans notre vie ? Et enfin, que voulons-nous laisser derrière nous après notre mort ?

Le monde se fracture de façon tellement profonde que l’on croit de moins en moins dans la possibilité d’en rassembler les morceaux.

Si déluge il doit y avoir, il ne sera pas cette fois administré par Zeus ou Dieu. Il le sera par l’action des humains eux-mêmes, du fait de leur irrationalité, de leurs peurs, de leur passivité ou de leur appétence pour la destruction de « l’autre ». Dans ce monde de Titans, c’est des hommes que doit venir la solution, de leur volonté de partager, de construire, de faire le bien, d’œuvrer à un monde meilleur…Tant que subsisteront les appétits de conquête, de destruction, de domination et de surveillance, l’humanité est condamnée à une lente décadence de ses valeurs humaines, culturelles et intellectuelles.

Le paradoxe de Stockdale : Pendant la guerre du Vietnam, les prisonniers les plus optimistes sont ceux qui n’ont pas survécu. Persuadés qu’ils allaient être libérés sous peu, et constatant que cela n’arrivait pas, ils se sont découragés plus vite et ont perdu l’énergie dont ils avaient besoin pour tenir. Ceux qui s’en sont sortis n’étaient pas défaitistes pour autant. Ils étaient persuadés, au fond d’eux-mêmes, qu’ils en réchapperaient. Mais ils regardaient en face les épreuves qui les attendaient, sans chercher à se rassurer. Ce qui leur a permis de les traverser. D’où le paradoxe : il fallait être convaincu de s’en sortir, tout en ayant le courage de s’affronter à la brutale réalité.

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L’ECONOMIE POST-COVID de Patrick ARTUS et Olivier PASTRE - Ed. Fayard

Émetteur du verbatim : François C.

Introduction TOUT CE QUI EST DIFFÉRENT DANS CETTE CRISE

  1. Un choc d’offre, alors que la crise des subprimes était un choc de demande.
  2. Les pays émergents sont plus violemment touchés.
  3. La structure sectorielle de l’économie est déformée.
  4. La réponse de la politique économique est violente et impressionnante.
  5. Le modèle économique et social est remis en cause de manière bien plus profonde et large qu’en 2008-2009.
  6. La crise provoque des effets politiques et géopolitiques importants.

Chapitre 1 UN PEU D’HISTOIRE

Quels enseignements peut-on tirer de cette histoire des pandémies ?

  1. Une accélération de la pandémie est possible, du fait de “l’ouverture” au virus de nouveaux territoires de conquête.
  2. La durée épidémique, beaucoup plus longue que prévu initialement.
  3. La capacité d’oubli des populations et, pire, des pouvoirs politiques.
  4. Pandémie : il y a toujours la recherche d’un bouc émissaire.
  5. Les boucs émissaires de l’épidémie de Covid : la Chine pour les Etats-Unis, le capitalisme néolibéral et la globalisation en Europe. Leurs effets concrets sur les économies.

Chapitre 2 ENTREPRISES : QUELLES ENTREPRISES ?

Les certitudes :

  1. Le vrai problème est celui des fonds propres des entreprises. La sous-capitalisation des entreprises françaises est un drame historique.
  2. Le “bain de sang”. On peut s’attendre à une explosion des faillites et un recul historique de la création d’entreprise.
  3. Les épargnants devront accepter une rémunération plus faible de leur épargne.
  4. Il faut s’attendre à de nombreux conflits, qui ne seront pas que sociaux. Ils opposeront aussi les entreprises à l’Etat.

Que faire ?

  1. Suspendre les réglementations dites”prudentielles” (Bâle III dans la banque et Solvency II dans l’assurance).
  2. Créer des produits financiers qui permettent de renforcer des fonds propres des PME sans effets collatéraux négatifs.
  3. Donner tous les moyens nécessaires à l’industrie du capital-risque.

Deux écueils à éviter :

. Subventionner les “canards boiteux”. Pour financer une entreprise, il faut qu’elle souffre d’une crise de liquidité et non de solvabilité.

. Ne pas donner une priorité absolue aux TPE qui sont de très loin les plus fragiles, mais pour lesquelles l’industrie du private equity est aujourd’hui la plus mal armée.

De nombreuses interrogations :

  1. Les chaînes de valeur, purs produits de la mondialisation et porteuses d’importants gains de productivité, ont été remises en cause par la pandémie.
  2. De très nombreux sous-secteurs impactés, qui constituent des “noeuds stratégiques” pour assurer notre souveraineté.
  3. Le problème de la relocalisation.
  4. Y aura-t-il transition vers un capitalisme différent qui serait “inclusif”, s’intéressant à la situation de toutes les parties prenantes de l’entreprise ?
  5. Une exigence anormalement élevée de rentabilité du capital pour l’actionnaire.
  6. Le partage des revenus défavorable aux salaries.
  7. La reconstitution de monopoles, de positions dominantes et de rentes de monopoles.

Les externalités générées par les entreprises n’ont pas été internalisées (externalités sociales, économiques, climatiques et environnementales).

Trois obstacles au principe du “pollueur-payeur” :

  1. Les défaillances des États, qui n’ont pas su ou voulu internaliser les externalités générées par les entreprises.
  2. Un très important affaiblissement des entreprises des pays de l’OCDE.
  3. Le rôle ambigu de la finance, qui, d’un côté, pousse les entreprises à devenir plus vertueuses, mais de l’autre exige une rentabilité très élevée du capital pour les investisseurs.

L’optimisme n’est pas de rigueur sur la transformation du capitalisme, sauf à impulser des changements de comportement drastiques de la part de tous les agents économiques. En premier lieu dans le domaine social.

Chapitre 3 TRAVAIL ET EMPLOI : QUEL NOUVEAU PARADIGME ?

La nécessité de provoquer des ruptures majeures dans la façon d’apprécier et de gérer le travail et l’emploi.

Trois faux débats :

  1. La relocalisation : elle prend du temps ; il faut trouver les compétences dont les usines ont besoin.

Une seule solution : un examen des sous-secteurs dont la relocalisation est indispensable ou au moins possible et la mobilisation des moyens nécessaires pour impulser celle-ci.

  1. Les dividences.
  2. La hausse du smic.

Les certitudes :

  1. Les situations seront très différenciées.
  2. L’accélération de la numérisation.

Les solutions :

  1. La refonte du système d’intéressement et de participation.
  2. La refonte complète du système de formation professionnelle. Une des solutions majeures passe par l’adaptation des qualifications afin d’augmenter l’employabilité des salariés.

Des interrogations :

  1. Le télétravail. Il est clair que cette nouvelle forme d’organisation du travail devra se doter d’un veritable statut.
  2. L’avenir du dialogue social. Dans ce domaine, il s’agit d’une véritable rupture historique et épistémologique.
  3. Au niveau macroéconomique, le coronavirus va t-il être un massacre économique et, plus encore, social ?

Les certitudes :

  1. La polarisation du marché du travail : accentuation des inégalités entre emploi stable et emploi précaire et entre emploi qualifié et non qualifié.
  2. Une tension sociale forte dans les pays européens après la crise.
  3. Les réformes à mener.

. la priorité absolue reste le retour à l’emploi.

. nous sommes face à une équation à trois inconnues : l’emploi, la durée du travail et la remuneration.

. les jeunes vont être les grands perdants de la crise du Covid.

Comment refaire partir en France l’ascenseur social ?

L’ascenseur social n’est pas véritablement en panne. Il ne fonctionne aujourd’hui qu’à la descente.

Chapitre 4 STRUCTURE SECTORIELLE DE L’ÉCONOMIE ET GÉOÉCONOMIE BOULEVERSÉES

Six évolutions derrière la déformation de la structure sectorielle des économies :

  1. Le recul de la demande de biens durables : biens d’équipement des entreprises, ainsi que des ménages.
  2. Le recul probablement durable du tourisme.
  3. Une hausse durable du poids de la distribution en ligne.
  4. Un souci accru pour le climat et l’environnement.
  5. La perte d’efficacité avec le recul de la productivité horaire du travail.
  6. La volonté des Etats, après la crise, de soutenir et de relocaliser certaines industries stratégiques (pharmacie et médicament, matériel de télécommunication, matériel pour les énergies renouvelables, services Internet).

Les secteurs d’activité gagnants et perdants

. Secteurs gagnants : Biens de consommation courants, services à la personne, luxe, pharmacie-santé, agroalimentaire, technologies au sens large, énergies renouvelables.

. Secteurs perdants : Biens d’équipement, matériel de transport, biens intermédiaires, immobilier commercial, énergies fossiles, tourisme, distribution traditionnelle, transport aérien, services financiers.

Une reprise économique plus difficile.

. L’économie va se déformer vers le “dématérialisé” : services à la personne, technologies, santé, télécoms, commerce en ligne, services financiers associés.

. De nombreuses entreprises vont être en difficulté dans les secteurs perdants…Il y aura donc des faillites, des acquisitions, des consolidations et l’impossibilité de maintenir l’emploi.

. Et si c’était l’Europe qui sortirait renforcée ?   Les Etats-Unis et la Chine souffrent aussi de problèmes structurels sévères.

Chapitre 5 QUELLE MACROÉCONOMIE APRÈS LA CRISE ?

L’excès durable de liquidité avec la monétisation des dettes publiques va conduire à des bulles généralisées sur les prix des actifs.

Perspectives de stagflation après la fin du confinement (croissance faible et inflation élevée).

La base monétaire des pays de l’OCDE, i.e. la quantité de monnaie créée par les banques centrales, devrait augmenter de 70% en 2020, passant de 14 à 24 trillions de dollars.

Il est clair que l’équilibre économique de stagflation  et de bulles est peu attrayant.

Pour une partie des secteurs perdants, la crise du Covid va faire apparaître de nombreuses “entreprises zombies” qui sont surendettées et n’ont plus les moyens de se développer, d’innover.

Nous pensons qu’il y aura l’apparition généralisée de bulles sur les prix des actifs financiers et immobiliers, mais aussi peut-être une crise beaucoup plus grave de perte de confiance dans les monnaies publiques des Etats.

Seulement une généralisation des bulles ou bien une crise pire ? (chute de la demande de réserves publiques au profit de monnaies privées -cryptomonnaies par exemple).

Chapitre 6 QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION ET HUIT PROPOSITIONS D’ACTION POUR DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES DE RUPTURE

Certitudes :

. Il faut distinguer les réformes de court terme et celles de long terme.

. L’éducation au sens large est la clé de toutes les réformes.

. Les grands principes :

. L’objectif majeur est celui de la confiance.

. Il ne peut y avoir de réformes efficaces que si l’effort demandé est perçu comme partagé.

. Cette crise doit nous amener à opérer des ruptures dans presque tous les domaines d’activité économique, aussi bien au niveau macro que microéconomique.

. Remettre en cause/adapter le principe de precaution.

. Il faut réformer très largement les organismes internationaux dont a accouché la Seconde Guerre mondiale.

. Aucune croissance mondiale ne sera durable sans l’Afrique, qui vit déjà deux autres “pandémies” -celles de la sécheresse et de la faim, auxquelles s’ajoute à terme très proche celle des migrations.

Il faut mettre en place des politiques de rupture dans huit domaines :

Rupture 1 : soutenir les catégories les plus touchées par la crise par un revenu universel ciblé

Rupture 2 : réformer réellement les retraites pour aider les entreprises à survivre et à investir…La seule piste praticable est une réforme rapide et radicale des retraites, qui amène en quelques années l’âge effectif de depart à la retraite à 65 ans.

Rupture 3 : créer un choc de compétence pour favoriser la transformation des emplois, ce qui passe, entre autres, par une refonte du système de formation professionnelle…la crise va exacerber un problème profond de la France, qui est le faible poids des compétences de la population active.

Rupture 4 : créer un partenariat Etat-entreprises sur les technologies d’avenir…Le bon modèle (celui de la DARPA aux Etats-Unis ou du METI au Japon) nous semble être celui du partenariat entre l’Etat et les grandes entreprises dans les industries d’avenir.

Rupture 5 : définir une autre réglementation financière et refonder les actuelles normes prudentielles…L’enjeu est donc de modifier profondément la réglementation financière pour la rendre contracyclique.

Rupture 6 : “profiter” de cette crise pour assurer une véritable transition énergétique, ce qui passe par une “taxe carbone” digne de ce nom.

Rupture 7 : inverser le processus de décentralisation…sur le millefeuille territorial actuel, lesquelles sont les dizaines de feuilles à supprimer et les centaines à réformer ?...viser à “l’inversion de l’initiative des réformes”.

Rupture 8 : rénover le financement du syndicalisme.

 

Conclusion

Mais 600 jours suffisent pour modifier un logiciel et le rendre opérationnel…A vous de jouer : bon courage Mesdames et Messieurs les politiques…

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LA PRESSE EST UN COMBAT DE RUE d'Eric FOTTORINO - Ed. L’Aube

Émetteur du florilège: François C.

Le risque réel que tout implose, que notre monde de papier ne soit bientôt plus qu’une chimère.

Nous avons forgé une proposition simple : ralentir pour réfléchir, prendre du plaisir à lire, accepter que nous sommes plus intelligents à plusieurs, car la vérité est complexe et offre rarement un seul visage, donc un seul point de vue.

Jivarisée, l’information bascule dans la caricature ou l’à-peu-près. Le journalisme revisité par les nouvelles technologies est devenu cela : remplir les espaces, combler des vides (avec aussi des infos creuses), boucher des trous, au risque du bégaiement, des redondances, au risque aussi du racolage…et de la montée de l’insignifiance.

Le 1 n’était pas un journal « contre », mais un journal « pour », pour l’ouverture d’esprit, pour le partage des savoirs et le mélange des points de vue, pour la poésie et pour les sciences dures, pour la littérature et l’économie.

La révolution numérique n’a pas seulement fusionné l’écrit avec l’écran, le son et l’image. Elle a bouleversé la manière de percevoir le réel comme s’il n’existait que sous forme virtuelle, dématérialisée, détachée du terrain, dans une hystérie permanente liée à un système de distribution addictive et aléatoire de récompenses.

Si le papier a sérieusement chuté, c’est que ses contenus se sont détériorés, appauvris, anecdotisés, peoplisés.

Combattre l’inertie, le silence, l’à-quoi-bon, la résignation à voir ces petits foyers de démocratie s’éteindre les uns après les autres. Un kiosque qui ferme à Paris vous oblige à marcher un peu plus loin.

Le combat de rue consiste à préserver un choix réel pour les lecteurs exigeants qui, tout en restant connectés, souhaitent garder des moments de lectures variées privilégiant le fond, l’attention, la concentration, susceptibles de les aider à comprendre la société et le monde qui les entoure.

Ce sont ces espaces de la rue qu’il faut réinvestir en faisant du bruit, i.e. en les animant, je devrais dire «en les réanimant».

C’est chaque fois, sous des formes différentes, une même petite musique qui revient : besoin de sens, de profondeur, de plaisir de lire, de savoir qui parle, de se voir proposer des contenus permettant de ralentir et de réfléchir…d’être des acteurs de la société, d’avoir prise sur son fonctionnement et ses dysfonctionnements en étant vraiment informés, et non vaguement au courant de ce qui se mouline dans la machine médiatique devenue folle par ses excès de vitesse, de simplification et parfois de racolage.

L’ensemble du secteur est le lieu d’une incroyable consanguinité et d’une évidente indifférence au concept même de « conflit d’intérêts ». La distribution de la presse est un monde clos et discret, où l’on peut être, simultanément, éditeur, client de Presstalis, administrateur de Presstalis, actionnaire de Presstalis…

Cruellement balzacien par plus d’un aspect, ce dossier exhibe au grand jour les illusions perdues d’une distribution équitable et transparente de la presse. Idéal oublié, en lieu et place de quoi Presstalis offre un spectaculaire panorama sur le gouffre que peuvent en toute impunité creuser, quand elles se conjuguent, l’inadaptation de stratégies, l’irresponsabilité de dirigeants, l’impuissance d’autorités dites « de régulation » et l’ignorance ou la cécité volontaire de pouvoirs publics qui ont si longtemps laissé faire.

Les oligarques entre les mains desquels désormais reposent presque tous les grands titres sont uniquement dans des logiques court-termistes, et non dans une réflexion sur la préservation d’un monde de mots et d’idées, écosystème de longue date réputé pour sa fragilité…Plus rapide, moins chère, moins libre, voici la presse que veulent ses nouveaux propriétaires, qui sont aussi ses bourreaux.

Ici comme ailleurs, informer, c’est lutter, résister, combattre. Sans préjugés ni partis pris. Sans répit non plus. Il en va de la paix sociale et, sans aucun doute, de la paix du monde.

Croyant partager le monde grâce à des connexions toujours plus vastes et puissantes, nous sommes au contraire atrophiés, relégués dans un monde clos qui ne nous offre plus que ce que nous aimons. Facebook ne veut surtout pas nous contrarier. Il nous calcule, au sens probabiliste du terme, pour satisfaire nos désirs, allant même jusqu’à les anticiper…Ce confort absolu, ou cette panne organisée de la pensée, c’est ce que nous renvoie l’univers de Facebook.

La nature des fake news : il s’agit d’informations mensongères, fabriquées par des individus, des mouvements ou des puissances étrangères. Une fois le message conçu, il est propulsé simultanément dans le grand bouillon numérique par des comptes malveillants –relayés par d’autres comptes automatisés- pour surfer sur la grande vague du buzz.

Les démocraties sont ébranlées au nom d’une liberté d’expression débridée par des machines sans garde-fous. Mark Zuckerberg, contraint d’employer plus de 35 000 modérateurs de contenus, doit presque chaque jour se justifier, sans pour l’instant convaincre.

Mais il y a une autre caractéristique : l’émotion l’emporte sur les faits. Une fake news fonctionne par la rencontre entre cette émotion et les réseaux qui nous enferment à l’intérieur de bulles cognitives autoalimentées par le jeu des algorithmes.

L’avenir proche pour l’information va être pire avant d’être mieux. Demain, les technologies permettront de créer des vidéos totalement fausses de catastrophes qui apparaîtront absolument vraies pour des millions de gens. On recréera des événements avec des personnages vivants…Les fake news constituent un danger majeur pour la démocratie. C’est un des phénomènes les plus disruptifs qui soient arrivés à nos sociétés.

Facebook est foncièrement toxique et avilissant. Ce réseau détruit massivement les relations sociales, en particulier chez les jeunes. Il est anti-social : il court-circuite et parasite les relations sociales en les télécommandant.

Les algorithmes fonctionnent sur la base du renforcement comportemental des individus et des groupes. Plus on renforce un comportement, plus on peut le calculer, plus il est prévisible. On devient des marionnettes numériques. On croit tirer les fils, on est tiré par eux.

La fragmentation et le cloisonnement qui dominent le paysage médiatique sont in fine extrêmement pervers : les consommateurs d’information s’attachent à des médias qui pensent ce qu’ils pensent.

Enivrez-vous des mots et des images qui dessinent notre époque, la rendent passionnante, étonnante, et pas seulement effrayante ou lassante. A nous, journalistes, d’être fidèles à cette vision d’Italo Calvino pour qui un monde nouveau naissait chaque matin…Il nous reste à réinventer les journaux de demain pour continuer, pour résister. Quel plus beau défi ? Innover est notre seule assurance-vie possible. Repenser des formats, renouveler les regards, resacraliser des objets de presse qu’on a envie de lire, puis de garder, des journaux modernes, beaux et inspirants…qui accompagnent nos existences à la manière de passeurs nous guidant d’une rive à l’autre, d’hier à demain.

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Rosa Dolorosa de Carioline Dorka-Fenech - La Martinière

Texte de Caroline: Bim le truc que je n avais pas vu venir: Rosa Dolorosa, c’est un premier roman. Ce genre de roman poison que tu détestes et qui te fascine, te met mal à l aise. Un livre totalement addictif parce qu’on veut savoir ce qui va arriver! On veut comprendre aussi et surtout…

Des pages que tu commences et que tu arrêtes de dévorer une fois que tu es arrivé à la dernière. Les mots dansent simplement et librement au fil des phrases. On est immédiatement emporté et on se retrouve en quelques minutes dans ce quartier de Nice avec cette femme que nous pourrions toutes être…

Ce livre se lit très vite et non il ne fait pas du bien au moral. Mais c’est un pansement pour l'âme, un exutoire à angoisse, une grosse claque, un coup en pleine poitrine qui t’oblige à réfléchir, à penser, qui fait peur aussi…

Je ne dis rien de plus… Je vous laisse découvrir par vous-même cet instant terrible et incroyable de la vie de Rosa …

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ÉOLIENNES - La face noire de la transition écologique de Fabien BOUGLE - Ed. du Rocher

éoliennes : la face noire de la transition écologique Émetteur du verbatim: François C.

 

DES MATIÈRES POLLUANTES ET NON RECYCLABLES

La question de la fabrication, de l’acheminement et de l’installation des éoliennes constitue dès le départ un sujet de réflexion à part entière, soulevant un véritable paradoxe écologique.

Les enjeux environnementaux des terres rares

Pour une éolienne qui produit un mégawatt, il faut deux cents kilogrammes de terres rares…Pour une éolienne en mer de dix mégawatts, il est indispensable de disposer d’une tonne de terres rares.

Différents impacts écologiques de l’extraction de terres rares : destruction du tissu végétal et des terres agricoles ; pollution de l’eau ; production de déchets radioactifs.

L’impossible recyclage des pales

La grande difficulté des matériaux composites tient au fait qu’ils sont très difficilement recyclables… Le démantèlement des éoliennes suppose de décider du sort des pales d’éoliennes mises au rebut, sachant qu’aucune solution « écologique » pour le recyclage de la fibre de carbone n’existe…Les promoteurs éoliens sont désormais contraints d’enterrer les composants en fibres de carbone dans les sous-sols.

Des socles en béton armé enterrés pour longtemps

La masse de béton nécessaire pour la fabrication d’une éolienne oscille entre 157 tonnes, si on utilise du béton léger, et 1125 tonnes si on utilise du béton lourd…masse à laquelle s’ajoute celle de l’ossature en ferraille (aux alentours de 50 tonnes)… Ces milliers de tonnes de béton coulés dans la terre resteront enterrés définitivement dans les sols car il est extrêmement compliqué et coûteux de supprimer cette masse de béton.

Le risque de vie relativement court des éoliennes, de 20 à 25 ans maximum, accentue la nécessité de réutiliser pour les remplacer des matières polluantes au risque d’aggraver encore l’impact environnemental de leur fabrication.

 

LE PARADOXE DES ÉMISSIONS DE CARBONE

Alors que l’objectif affiché du déploiement des éoliennes est de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, dont le CO2 est le plus important, il contribue en réalité, au contraire, à les augmenter.

Un très mauvais bilan carbone

Les éoliennes sont émettrices de gaz à effet de serre, pour leur fabrication, leur conception et leur installation. Il est donc faux de dire qu’elles sont parfaitement vertes.

Le changement climatique par les éoliennes

Une étude scientifique américaine a ainsi démontré que les éoliennes contribuaient dans leur fonctionnement au changement climatique.

Une énergie intermittente aux effets néfastes

Le facteur de charge du parc éolien français se situe aux alentours de 22% pour les éoliennes sur terre… En comparaison, le facteur de charge de l’électricité d’origine nucléaire se situe entre 75 et 80% et celui de l’électricité d’origine photovoltaïque approche à peine 15%.

On en arrive au paradoxe incroyable que le développement de la production des centrales éoliennes s’accompagne obligatoirement et nécessairement de l’essor de l’électricité d’origine fossile particulièrement polluante, accentuant ainsi les émissions de carbone de la France.

Il apparaît, après enquête, que les éoliennes sont radicalement incompatibles au stade actuel avec une logique authentiquement écologique, et leur multiplication hautement nuisible à l’environnement par les émissions de gaz à effet de serre qu’elles contribuent à diffuser dans la nature.

LES INFRASONS OU LE SCANDALE DU «VENT CONTAMINÉ»

Une vingtaine d’années de recul sur ce sujet permet de tenir pour avéré le fait que le fonctionnement des éoliennes dans les campagnes s’accompagne de graves problèmes pour la santé des habitants, et ce, en dépit de la désinformation constamment entretenue sur cette question par les promoteurs éoliens.

L’émergence mondiale du «syndrome éolien»

Ces alertes sur les infrasons ont été largement confirmées par des études récentes réalisées en Allemagne par l’Institut Planck, mais aussi en Suède et en Finlande, qui, toutes, concluent au danger des infrasons émis par les éoliennes sur la santé humaine dans un large rayon, le portant même à vingt kilomètres.

L’effet nocebo, réponse des médecins pro-éoliens

La théorie de l’ «effet nocebo» ne résiste pas à la réalité factuelle de ce que vivent les riverains dans leur chair.

Les problèmes de santé affectent également les pro-éoliens

S’il convient d’être prudent, la question des cancers pédiatriques associés aux effets directs comme indirects des raccordements des lignes électriques à haute tension des éoliennes dans les sous-sols doivent être étudiés avec sérieux.

LE MONDE ANIMAL EN GRAND DANGER

Le paradoxe de la production d’électricité d’origine éolienne considérée comme vertueuse sur le plan écologique alors qu’elle engendre des dégâts majeurs sur la biodiversité et menace même la survie d’animaux aussi bien marins que terrestres.

Le massacre des oiseaux

La société espagnole d’ornithologie (SEO/Birdlife) a rendu publique son estimation selon laquelle, chaque année, les dix-huit mille éoliennes espagnoles pouvaient tuer six millions d’oiseaux.

Les éoliennes, prédatrices des chauves-souris

En Allemagne, ce sont deux cent cinquante mille chauves-souris qui sont tuées par les éoliennes chaque année.

Le monde marin lourdement impacté

C’est l’ensemble des écosystèmes situés à proximité des mâts des éoliennes en mer qui se trouvent pollués par l’aluminium.

C’est toute la contradiction de l’éolien qui, sous couvert de préservation de la planète, communique pour cacher le saccage environnemental de ces turbines tout en prétendant le contingenter.

La surmortalité des vaches

Depuis de nombreuses années, les défenseurs de la condition animale démontrent que les éoliennes ont un véritable impact sur la santé, le stress ou la mortalité des animaux.

LA NOUVELLE «DICTATURE VERTE»

Et pourtant, les oppositions sont très fortes. Dans les villages, certains anciens expriment qu’ils n’ont jamais ressenti une telle destruction du corps social depuis la seconde guerre mondiale. Les afflux financiers considérables associés à l’installation d’aérogénérateurs justifient tous les comportements et les pressions les plus fortes, de la part des promoteurs éoliens en particulier.

La démocratie participative mise à mal

La connivence entre certains commissaires enquêteurs et les promoteurs éoliens est parfois favorisée, puisque la formation des premiers est réalisée par les seconds, souvent lors de journées organisées par les préfectures ou les directions régionales du ministère de l’Écologie.

L’affaire du «QI de géranium»

Cette affaire est l’illustration parfaite du déni de démocratie dans lequel se trouve la France en matière environnementale. Lorsque les citoyens expriment de manière forte et déterminée leur opposition, l’administration ne tient compte en rien de son opinion et de sa participation.

Des consultations publiques occultées

Le taux de recours juridiques contre les constructions d’éoliennes est ainsi passé en quelques années de 25% à 70%. C’est donc le miroir inversé de l’acceptation des éoliennes « construite » par les promoteurs éoliens. 75% des Français en ont une bonne image selon les promoteurs éoliens, mais 70% des projets font l’objet d’un recours. Cherchez l’erreur.

QUAND LE VENT SE TRANSFORME EN ARGENT

La raison principale de l’invasion des turbines à travers le monde n’est pas l’urgence souvent proclamée de sauver la planète, mais plutôt celle d’accentuer les bénéfices colossaux des industriels du vent qui instrumentalisent les peurs par un marketing et une communication alarmistes.

Exonération d’impôts, subventions européennes, tarifs subventionnés, émission de certificats carbone, les acteurs de l’écolo-business profitent à tous les niveaux des leviers financiers et fiscaux prévus et organisés par les États qui veulent participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

La fixation du prix de l’électricité sur le marché normalisé

Dans ce système (prix SPOT), l’éolien fait figure d’exception car, à la différence des autres modes de production d’électricité dont le prix est fixé par le marché, son prix de rachat n’est pas fixé par le prix SPOT. Il est établi, en France ou dans d’autres pays et territoires, comme le Québec par exemple, par la loi dans le cadre d’un tarif subventionné.

Les subventions de l’éolien sur terre

Les promoteurs éoliens sur terre bénéficient donc d’un tarif de rachat fixé en moyenne au double du prix de marché. La somme cumulée des subventions à l’éolien a été fixée dans un rapport de la commission des finances à l’Assemblée nationale à un montant de un milliard quatre cents millions d’euros en 2019.

Les engagements pour les vingt prochaines années dus au titre des énergies renouvelables, dont les éoliennes, s’élèvent à cent vingt milliards d’euros auxquels s’ajoutent ces neuf milliards, soit près de cent trente milliards d’euros à la charge du contribuable et du consommateur.

Les subventions de l’éolien en mer

Maintenir le montant astronomique de cent cinquante euros le mégawattheure (hors raccordement) et environ cent soixante-quinze euros le mégawattheure avec le raccordement sans justificatif et sans création d’une filière industrielle française constitue un véritable gaspillage d’argent public.

Le coût des éoliennes pour les Etats

Si on additionne les engagements pris dans l’éolien sur terre et de l’éolien en mer envisagé pour les vingt prochaines années, le coût a minima de ces dernières pour la France serait donc d’environ trente à quarante milliards d’euros pour l’éolien terrestre et trente et un milliards d’euros pour l’éolien maritime, soit un total d’engagement de l’ordre de soixante à soixante-dix milliards au total.

MENACES SUR L’EMPLOI ET LE TOURISME

En Allemagne, la fin des subventions dans l’éolien depuis 2017 a conduit à d’importantes suppressions de postes dans ce secteur d’activité…Preuve s’il en est que le marché de l’éolien est totalement artificiel et ne fonctionne que sur la base d’une bulle financière intégralement créée par l’apport d’argent public.

Des risques de perte d’activité et d’emplois

L’impact sur les activités du tourisme

La destruction des paysages et des sites est un argument de poids contre la multiplication des éoliennes sur un territoire comme la France dont l’activité touristique pèse près de cinquante milliards d’euros grâce à ses paysages authentiques et son patrimoine architectural incomparable.

LOBBYISTES, ONG, POLITICIENS: DES LIAISONS DANGEREUSES

Dans le domaine des éoliennes, la confusion voire la collusion sont totales entre élus, lobbyistes, ONG ou associations environnementales, et promoteurs.

Les alliances entre politiques et industriels du vent

Le trait d’union entre EELV et les promoteurs éoliens

L’activisme chevronné du parti EELV et de Greenpeace à soutenir le développement de l’éolien industriel et leurs relations avérées avec les promoteurs éoliens n’est pas sans susciter des questionnements quant à la sincérité de leur engagement pour la défense de la nature et des écosystèmes.

Les éoliennes et des ONG très intéressées

Cette connivence quasi institutionnalisée entre ONG ou associations environnementales, promoteurs éoliens, syndicats professionnels et partis politiques écologistes n’est pas sans soulever de sérieuses réserves en terme éthique…Si elle s’inscrit dans un objectif de normalisation et de cautionnement de l’industrie éolienne, cette position peine à masquer les failles d’une industrie qui n’est en rien écologique et qui ne suscite à l’évidence pas l’adhésion populaire.

LE VENT DE LA CORRUPTION

Si elle semble à première vue périphérique, la corruption est en réalité très fréquemment liée au processus d’installation des éoliennes.

Il suffit en effet de tirer sur la ficelle des prises illégales d’intérêt pour découvrir qu’elles prolifèrent à l’échelle industrielle dans ce secteur.

Les premières condamnations pour prises illégales d’intérêt

L’alerte sur les prises illégales d’intérêt par le SCPC (Service central de prévention de la corruption)

La suppression du SCPC en mars 2017, sa substitution par une nouvelle Agence française anticorruption signant la fin de la centralisation des affaires de corruption et de prise illégale d’intérêts dans l’éolien, est donc très avantageuse pour les promoteurs éoliens, inquiets de la multiplication des dénonciations des prises illégales d’intérêts dans leur secteur.

De nombreuses professions impliquées

Il existe un nombre important de cas édifiants de professionnels se retrouvant, soit en situation de conflit d’intérêts, soit en situation d’atteinte à la probité. Le milieu de l’éolien s’accompagne souvent de comportements douteux qui discréditent l’ensemble de la chaîne décisionnelle.

Des cas dans le monde entier

Suisse, Bulgarie, Espagne, Canada, France.

L’OMBRE DE COSA NOSTRA

Vito Nicastri: «Le Seigneur du vent» de la Cosa Nostra

Le déploiement de la pieuvre en Europe

La corruption d’un ministre de Salvini

CONCLUSION

Les éoliennes ne sont pas efficaces dans la lutte contre le changement climatique et participent même à sa dégradation, via les émissions de gaz à effet de serre qu’elles contribuent à émettre. La question du recyclage et de la pollution des matières premières nécessaires à leur fabrication constitue une énorme difficulté non résolue à ce jour. À travers le monde, on commence à prendre conscience que les éoliennes constituent des bombes à retardement écologiques et sanitaires, et de nombreux États se désengagent ou limitent leurs investissements dans ce secteur électrique.

La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut ou non continuer cette politique massive d’installation d’éoliennes, mais est plutôt de savoir quand les dernières éoliennes seront intégralement démontées. À l’instar des États responsables qui ont déjà fait ce choix, il convient d’avoir le courage d’envisager au plus vite et à l’échelle mondiale une politique rationnelle de démantèlement des centrales éoliennes.

 

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LA TOUCHE ÉTOILE de Benoîte GROULT - Ed. Grasset

La touche etoile Émetteur du florilège: François C.

Le problème, c’est que pour écrire valablement sur la vieillesse, il faut être entré en vieillesse. Mais, dans ce cas, elle est aussi entrée en vous et vous rend peu à peu incapable de l’appréhender. On ne saurait traiter du sujet que suffisamment âgé… on n’est capable d’en parler que si toute jeunesse n’est pas morte en soi.

Mais je n’imaginais pas qu’un jour, même au prix d’un effort colossal, je resterai seule sur le bord de la route. Qu’un jour viendrait où je serais éjectée de la société des vivants. Une moins que rien. Inepte. Inapte. Périmée comme un yaourt.

Brian, c’est mon ailleurs, la part de ciel qui m’est tombée sur la tête et qui me permet peut-être de vivre l’autre, en équilibre entre l’irréel et le quotidien.

C’était un boulot à plein temps de vieillir. Et rien que pour empirer un peu chaque jour, ça coûtait très cher!

Je prétends que les années cruelles qui précèdent la mort autorisent les anciens enfants que nous sommes à hurler au loup, parfois. Nous aussi commençons à pleurer, la nuit venue, mais hélas nous n’avons personne pour nous bercer et rien pour nous consoler.

Jamais ne sera écrite la généalogie véritable de chaque être humain, tissée de détours inouïs, fruit des hasards, des caprices ou des passions.

Quand la marche ne va plus de soi, c’est un peu de l’harmonie du monde qui est remise en cause. Nous devenons des échafaudages improbables où la défection d’un seul boulon suffit à compromettre tout l’édifice.

Nous franchissions une frontière pour leur rendre visite et nous éprouvions en les quittant le lâche soulagement de ces voyageurs qui revenaient d’un pays de l’Est avant la chute du mur. Ouf! Nous nous retrouvions du bon côté et le ciel semblait plus bleu soudain.

On s’aperçoit que les défunts ne s’en vont jamais tout seuls: ils vous arrachent des morceaux plus ou moins saignants de vous-même. On ne constatera les dégâts que plus tard. Le chagrin n’est jamais fini.

Dans la société où je survis, il traîne de moins en moins de contemporains. Beaucoup sont couchés, en fauteuil ou en Maison, inutilisables. Et il en disparaît chaque semaine quelques-uns que je connaissais au moins de nom.

Mais je t’aime assez, Alice, pour admettre que tu veuilles renoncer, parce que tu as su saisir tes chances et toutes celles que j’ai pu t’offrir. Y compris la dernière: mourir à ton heure. Quand tu seras prête, Alice, je serai là. Fais-moi signe en appuyant sur la touche étoile. Je me charge du reste, mon petit.

 

 

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RISE! - Tout dépend de vous de Laurent COMBALBERT et Marwan MERY - Dunod

Rise ! tout dépend de vousÉmetteur du résumé: François C.

1 LA CONFIANCE EN SOI

Si vous avez une faible perception de vous-même, parce que votre personnalité déprécie vos moyens, acceptez-la. C’est comme une peur. Il faut simplement vivre avec.

Il est nécessaire d’exposer son capital confiance à des défis réalistes, afin de l’apprivoiser et de l’inciter à aller plus loin.

L’ego est un moteur, un facteur motivationnel. Il définit avant tout l’estime de soi.

L’ego a besoin de succès pour pouvoir revendiquer de la fierté. Et la fierté est la meilleure chose qui puisse arriver à la confiance en soi.

L’ego alimente l’assertivité… Votre ego alimente vos convictions, et vos convictions se nourrissent de votre ego.

L’ego et l’humilité doivent faire bon ménage.

Déterminer son niveau de confiance en soi ne peut se faire que dans l’adversité et dans l’épreuve… Oser sortir de sa zone de confort permet de grandir et de découvrir son ou ses seuils de rupture.

Certaines réalisations sont impossibles. Il faut savoir lesquelles et en avoir conscience.

On ne peut pas tous devenir n° 1 mondial de tennis, mais on peut tous avoir un destin unique.

2 LE RAYONNEMENT

Le pouvoir que vous avez sur l’autre est relatif. C’est avant tout les autres qui vous donnent du pouvoir.

Il est nécessaire de comprendre l’autre pour présenter le meilleur de soi-même, sans travestir pour autant ce que l’on est.

Le courage est une valeur universellement reconnue. Embrassez-la.

On suscite l’intérêt, voire l’admiration quand on détient un savoir ou une expertise, et quand on sait le/la transmettre.

Votre force intérieure irradie au quotidien malgré vous. Plus vous serez bien dans votre peau, plus les gens le verront, ce qui modifiera positivement le regard qu’ils portent sur vous.

Votre capital personnel s’entretient au quotidien. Cela passe par l’alimentation, la gestion de l’énergie, le sport et le sommeil. Si vous ne faites pas ce qu’il faut, vous vous abîmerez, les gens le verront et vous détruirez malgré vous votre rayonnement.

Une fois les fondamentaux posés, incarnez ce que vous voulez être. L’incarnation n’est que le prolongement de votre rayonnement, ce qui démultipliera sa portée.

3 LE STRESS

Le stress est utile car il assure la survie de l’espèce.

Le débordement, l’imprévu, l’inconfort, l’incompétence représentent à eux seuls tous les agents stressants.

Le stress peut être positif ou négatif.

C’est la perception de l’événement qui génère le stress, pas la situation en elle-même.

Pour réduire l’impact du stress, il est nécessaire de changer sa perception par différentes techniques de distanciation (l’ancrage personnel ; le contre-pied ; la relativisation ; le destinataire réel ; la recontextualisation).

Il est inutile de combattre le stress, il faut simplement l’apprivoiser.

Notre corps peut absorber des phases stressantes, mais il est primordial de lui permettre de récupérer.

4 LA CURIOSITÉ

Les gens les plus intelligents sont les plus curieux.

La curiosité est primordiale pour évoluer dans notre monde complexe.

Les réseaux sociaux annihilent notre curiosité. Ils servent uniquement à combattre l’ennui et à répondre à un besoin de consommation immédiat.

La curiosité développe l’esprit critique, élément fondamental dans un monde où l’information est surabondante et orientée.

La curiosité provoque des opportunités et ouvre des portes insoupçonnées.

Il est cependant difficile d’être curieux, car la curiosité nécessite du temps et un retour sur investissement qui peut être long.

On grandit en comprenant le monde qui nous entoure.

5 LA PRISE DE DÉCISION

Tout choix implique un renoncement.

Les choix sont difficiles à effectuer dès lors que les alternatives possibles sont peu comparables et que les conséquences sont difficilement prévisibles.

L’émotion joue un rôle essentiel dans la prise de décision dès lors que la raison brute est incapable de proposer une décision évidente.

Nous avons toujours le choix, à partir du moment où nous sommes en liberté. Les décisions sont ainsi une question de volonté et non de pouvoir.

Dans la gestion du dilemme, il faut accepter qu’il n’y ait pas de réponse idéale.

Pour faire un bon choix, il faut avant tout savoir ce qui est bon pour vous.

Une bonne décision est une décision assumée.

La capacité à prendre une décision éclairée sera surtout dépendante des bonnes questions que vous saurez vous poser via le questionnement éliminatoire ou la butée.

L’intuition reste le meilleur outil quand le degré de complexité est le plus élevé.

6 LA GESTION DE CONFLIT

Le conflit est positif. Il ne traduit que deux idées divergentes.

Ce qui importe n’est pas le conflit en lui-même mais la façon de le gérer.

L’appétence au conflit est primordiale pour garder ses moyens et sa lucidité quand vous vous opposez à l’autre.

Le premier combat à livrer est celui contre vous-même avant de vouloir changer le monde.

La négociation est de loin le meilleur moyen de gérer un conflit.

Pour négocier efficacement, vous devez faire preuve d’empathie et d’assertivité.

En phase conflictuelle, ne cherchez pas à contre-argumenter. Vous vous opposeriez stérilement aux résistances de l’autre.

Ce que demande votre interlocuteur correspond rarement à ce dont il a besoin.

Écoutez l’autre pour comprendre et non pour répondre.

Le gain perçu prévaut toujours sur le gain réel.

Ne cédez jamais sans contrepartie.

7 L’OPTIMISME

Pour être optimiste, il faut avant tout être réaliste.

L’optimisme béat est dangereux et très souvent décevant.

C’est en apprenant du passé que l’on prépare sereinement l’avenir.

L’apprentissage d’expériences positives permet de renforcer son capital d’optimisme.

On ne naît pas optimiste, on le devient. Le pessimisme répond à la même règle.

L’éducation et l’environnement déterminent notre capacité à percevoir le monde.

Le manque de compétences ou la mauvaise perception d’une situation nuisent à l’optimisme.

L’optimisme se cultive au quotidien par une pensée positive, une capacité à relativiser et la volonté de bien s’entourer.

 

 

 

 

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LE GRAND ECART - Chronique d’une démocratie fragmentée de Pascal PERRINEAU- Plon

Le grand écart Émetteur du verbatim: François C.

C’est incontestablement le portrait d’une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, entre responsables politiques et citoyens, qui s’impose.

1ère partie Une disruption politique annoncée de longue date

Les vieux clivages (idéologique, social et territorial) ne constituent plus des repères forts à partir desquels les citoyens peuvent construire de manière claire leurs choix politiques et électoraux. Ils sont remplacés par des clivages plus transversaux, à l’œuvre dans de nombreux registres ou dimensions de la vie sociale, culturelle, économique et politique.

Le clivage de la globalisation économique

. La crise économique et financière, et ses effets.

. Le Rassemblement national à l’avant-garde du combat contre la mondialisation…Le passage, au cours des dernières décennies, d’un capitalisme industriel d’assistance à un capitalisme postindustriel plus individualiste s’est accompagné d’un véritable bouleversement du monde marqué par la fragmentation sociale et la désaffiliation vis-à-vis des groupes d’appartenance traditionnels, par l’individualisation des risques, la mobilité croissante et le double mouvement de diversification culturelle et ethnique à l’intérieur des sociétés…Marine Le Pen cherche à arrimer au RN des électeurs se considérant comme des victimes de ce qu’elle appelle « l’européo-mondialisme ».

. Une gauche anti- ou altermondialiste sur la défensive…un discours mêlant anti-libéralisme viscéral, exaltation de l’Etat et des services publics, et nationalisme imprégné de protectionnisme. C’est ce que Léon Blum appelait déjà dans les années 30 un programme « social-nationaliste ».

Le clivage européen

Le défi européen n’a cessé d’accentuer les processus de déliaison idéologique, sociale et territoriale à l’œuvre dans la société et dans le système politique français.

. Du consensus permissif autour de l’Europe au désamour…Aujourd’hui, seuls 35% de Français ont une image positive de l’Union européenne, alors que la moyenne européenne est de 43%.

. Du désamour au rejet ? L’Europe incarne tout à la fois un mal bureaucratique, un mal néolibéral, un mal cosmopolite, un mal interventionniste…Le rejet de l’Europe bat ses records dans les milieux sociaux défavorisés : 74% des ouvriers et 66% des agriculteurs exploitants n’ont pas confiance dans l’U.E…Face à ce type de gouvernance européenne, la France est particulièrement mal à l’aise parce que notre bipolarité nationale a été pendant longtemps en complète contradiction avec les coalitions européennes organisées autour d’un «compromis centriste».

Le clivage autour des valeurs

. Le «libéralisme culturel»: «le développement d’un système de valeurs antiautoritaires, valorisant l’autonomie et l’épanouissement individuels, reconnaissant à chacun le droit au libre choix de son mode de vie».

. Liberté privée, ordre public. Le nouvel espace politique qui se dessine oppose, d’un côté, la défense des acquis sociaux associée au nationalisme et, de l’autre, une acceptation relative du libéralisme économique articulée au principe d’universalité.

. La demande d’autorité. Une demande d’appartenance, de communauté, d’autorité et d’identité, dont l’extrême droite et les néo-populismes se sont emparés, s’est peu à peu imposée…Marine Le Pen, héritière de la droite extrême, parviendra à s’enraciner fortement chez les ouvriers (60%), les employés (47%), les chômeurs (51%) et les sans-diplôme (46%), plus rétifs à la mondialisation, à la construction européenne et à la libéralisation culturelle.

La disruption en actes

. Des électeurs qui s’affranchissent. Les hésitations et les changements de choix ne cessent de progresser…Le terrain des mobilisations sociales est touché par une disruption de même ampleur que celle qui avait marqué en 2017 le paysage électoral et politique.

. Un nouvel espace partisan. Une dynamique travaillée par la tendance à la formation de trois pôles partisans (droite conservatrice identitaire, centre libéral mondialisateur et gauche démocrate éco-socialiste) sous l’influence de deux clivages, l’un à dominante culturelle (cosmopolites/identitaires) et l’autre à dominante économico-sociale (altermondialistes/néolibéraux)…Ces mouvements veulent inventer des formes politiques évolutives, mariant à la fois la verticalité de l’autorité du chef et l’horizontalité du réseau numérique et des procédures participatives.

. Le risque de la personnalisation et de l’élitisme. Le poids des catégories supérieures et des élites sociales (élections législatives de 2017) se renforce et constitue l’une des assemblées les plus élitistes de la Vème République.

Le désamour de l’opinion

. Une popularité en chute libre ? Le monde nouveau d’Emmanuel Macron est atteint d’un processus de sénescence précoce. La démocratie représentative macronienne vacille sous les coups de boutoir de la démocratie directe des Gilets jaunes.

2ème partie L’irruption des Gilets jaunes : la démocratie directe en action

De quoi s’agit-il ?

La relocalisation des enjeux, la quête d’une reconnaissance politique, l’occupation de nouveaux espaces comme les routes et les ponts figurent un nouveau mode de mobilisation sociale…Le mouvement met en scène cet affrontement avec les instruments du populisme : le registre affectif et émotionnel, l’absence de références idéologiques ou le recours au syncrétisme politique mêlant les sources d’inspiration.

L’épicentre du mouvement réside dans le périurbain, là où l’usage de la voiture est indispensable et constitue un trait fédérateur entre les différents groupes sociaux qui le peuplent.

Le désir d’une démocratie directe immédiate

Cette demande de démocratie directe se nourrit des déficits d’une démocratie représentative qui apparaît de plus en plus comme un régime politique d’élites professionnalisées.

Tous ces incidents porteurs d’une violence réelle ou symbolique témoignent de la vigueur de l’antiparlementarisme véhiculé par les Gilets jaunes.

. Une propension référendaire ancienne.

. La haine de la représentation.

. La logique insurrectionnelle.

. La souveraineté du peuple. Toute représentation verticale semble abolie au profit d’une communauté horizontale d’échanges d’informations et de mobilisation au travers des réseaux sociaux et des assemblées générales se tenant dans l’ensemble du territoire.

. La mise en images. Ainsi, tout en étant un mouvement social, les Gilets jaunes sont aussi un phénomène numérique… N’oublions pas que la moitié des Français s’informent désormais uniquement sur Facebook.

Cultures populaires, cultures populistes

. Un populisme sans chef.

. Une défiance généralisée. Cette défiance va de pair avec un incivisme fréquent dont on retrouve des traces dans les mouvements de désobéissance civile qui accompagnent la contestation de l’impôt.

. Ras-le-bol fiscal et sentiment de mépris.

Plus qu’un mouvement social : une volonté de rupture avec le système politique

Le mouvement politise des citoyens dont on voit bien contre quoi ils se mobilisent, mais dont les objectifs de changement social et politique restent plus difficiles à cerner. Cette forme de « politisation négative » exprime d’abord une culture politique du rejet et de la dénonciation.

. Une nouvelle grammaire de l’action. Le registre émotionnel et affectif y est prédominant. S’y expriment un ensemble de « passions tristes » comme la haine, la peur, la colère ou encore la violence… Faute de canalisations idéologiques, le mouvement est porté plus que d’autres par des passions, celles d’une foule en colère et chargée d’émotions.

La violence au rendez-vous

Le mouvement des Gilets jaunes laisse la place à une violence qui va donner du contenu et une liturgie au mouvement : la violence comme exutoire de la colère sociale, la violence comme réponse à la violence d’Etat, la violence comme processus de victimisation, la violence comme instrument de cohésion du groupe…

Le soutien des Français

La vitalité de cette démocratie d’opinion en acte explique le hiatus entre un mouvement qui n’a jamais dépassé 300 000 manifestants, et la force du soutien majoritaire et constant de l’opinion.

Depuis de longues années, des fractures sociales, territoriales et politiques traversant la société française mettent à mal sa cohésion… A ces refoulements historiques s’ajoute un registre plus contemporain marqué par l’horizontalité du Web, les mobilisations réticulaires, la circulation permanente et accélérée d’informations vraies ou fausses.

En février 2019, un cap est franchi, les Français insatisfaits ont la majorité absolue (52%).

3ème partie Le grand débat national : la démocratie participative à grande échelle

L’organisation du grand débat national

Quatre grands sujets : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

Sept vecteurs de recueil de la parole des citoyens sont imaginés…Le grand débat réussira à mobiliser environ deux millions de citoyens, soit une proportion équivalant à environ 4% des inscrits sur les listes électorales.

Les paroles de la société française

Ces Français du grand débat ont fait entendre une parole qui concerne tout le pays et qui a une légitimité liée au nombre et à la diversité qu’ils représentent.

Parmi les thèmes importants qui jouent un rôle déterminant dans leur choix, les Français mettent : la santé (61%), la lutte contre le chômage (56%), le relèvement des salaires et du pouvoir d’achat (54%), la maîtrise du niveau des impôts (52%).

« Solidarité », « fraternité », « communauté », « partage » sont des mots que j’ai beaucoup entendus.

Deux univers se côtoyaient, celui de l’affrontement direct de la démocratie manifestante et celui de l’apaisement lié à la lente construction du consensus caractéristique de la démocratie délibérative.

Le grand débat national et ses suites

Emmanuel Macron entend « assumer la clarté, la force d’un investissement dans les grandes transitions pour bâtir la confiance ». Il fixe pour cela une feuille de route.

Dès que l’on quitte le seul cercle des proches de La République en marche, l’insatisfaction et au mieux le scepticisme règnent en maître, et cela est encore plus marqué parmi les Français se positionnant à gauche qu’à droite.

Les difficultés sont devant…Le dilemme de la démocratie est de savoir si la crise de la démocratie peut trouver une réponse dans une participation citoyenne accrue ou, au contraire, si l’on va vers une démocratie furtive dans laquelle le rôle du citoyen demeure central, mais où la place des experts et des technocrates est accrue.

4ème partie Les élections européennes : la démocratie représentative à l’épreuve

De nouvelles formes de délibération démocratique se développent et parfois s’institutionnalisent : réunions d’initiative locale dans le cadre du grand débat, conférences citoyennes régionales, conférences de consensus, focus groups, sondages délibératifs, jurys de citoyens, comités de quartier, etc.

La démocratie représentative sous tension

. L’habitude de l’abstention

Cette population d’abstentionnistes protestataires s’accroît tendanciellement et agrandit le fossé qui sépare le monde de la représentation politique et celui de citoyens intéressés par la chose publique mais insatisfaits de l’offre politique.

Les voies de la démocratie directe et de la démocratie participative sont explorées par nombre de déçus de la démocratie représentative et de son moment essentiel qu’est l’élection.

. Des corps intermédiaires affaiblis. Le 26 mai dernier, 44% des électeurs se sont tournés vers des listes de nature protestataire. Déjà, lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, les candidats de ces courants avaient rassemblé 41% des voix.

. Vers un cycle de politisation négative. Le mouvement des Gilets jaunes n’a pas trouvé sa représentation électorale en son sein, mais il a très clairement trouvé un débouché politique au travers des votes pour des forces extrêmes.

. Une déliaison de la représentation politique. Sur de nombreux thèmes, les vieux collectifs d’appartenance idéologique connaissent une vraie crise d’identité. Des clivages pluriels traversent désormais toute la stratification sociale : sécurité et insécurité de l’emploi, ménages à un salaire et ménages à deux salaires, accès différencié aux ressources distribuées par l’Etat-providence.

. Une perte des grands référents. Les organisations politiques sont peu représentatives de la diversité sociale de la population. Elles ne comptent en leur sein que très peu de femmes, de jeunes et de citoyens issus de couches populaires ; ne sont plus en phase avec la population ; représentent de moins en moins les Français dans toute leur diversité.

Les jeunes peuvent se retrouver nombreux dans des organisations plus souples et orientées vers des formes nouvelles de militantisme moral : organisations humanitaires, organisations de défense des minorités, mouvements altermondialistes, mouvements écologiques.

La réponse des élections européennes

Si l’on ajoute la protestation abstentionniste à la protestation des urnes, c’est une majorité absolue de Français qui a choisi la voie protestataire.

. La dispersion de l’offre électorale. Cette crise de la fonction d’intégration et de hiérarchisation des demande politiques, traditionnellement endossée par les partis politiques de gouvernement, favorise les forces protestataires et hors système qui répondent mieux à la demande de prise en compte d’enjeux circonstanciés et circonscrits.

. Les forces protestataires aux portes du pouvoir ?

. La concurrence des populismes. En France comme ailleurs, les populismes de droite se portent beaucoup mieux que les populismes de gauche.

La gauche n’a plus la capacité d’exprimer sur la scène politique et électorale la fracture sociale qui traverse l’électorat, et au-delà la société française.

. Protestation des Gilets jaunes et protestation électorale. La difficulté des organisations arrimées à la démocratie directe à entrer de manière durable dans l’univers de la représentation politique.

Conclusion

Le grand défi des années qui viennent est l’articulation des trois démocraties qui se sont exprimées avec vigueur en 2019 : la démocratie directe et immédiate de la manifestation, la démocratie participative et délibérative du grand débat, et la démocratie représentative des élections européennes. Pour l’instant, ces trois démocraties divergent quant au contenu politique dont elles sont porteuses. C’est le grand écart.

Dans nos sociétés postmodernes, la démocratie représentative demeure essentielle pour les citoyens, mais elle doit dorénavant composer avec d’autres demande, avec des usages plus diversifiés, plus expressifs et plus directs. C’est à ce prix que le projet démocratique restera crédible, vivant et par là même porteur d’espérance.

 

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Nos rendez-vous d'Eliette Abécassis - Grasset

Coup de cœur de Lilaspomme: Alors je ne suis pas critique littéraire… mais quand j’aime je le dis… Quand je n’aime pas aussi d’ailleurs… Enfin j’essaye…

Et en lisant cette toute petite 4ème de couverture… je savais… je savais qu’il allait se passer quelque chose…

C’est le genre de roman que l’on commence et que l’on n’arrête qu’une fois arrivé à la fin…

L'écriture d’Eliette Abécassis est parfaite… on s’envole avec des mots… On glisse sur les phrases… On rêve au fur et à mesure des chapitres, les images sont là dans notre imaginaire et on ne peut plus décrocher…

Nos rendez-vous c’est une histoire d’amour, une histoire de loupés, de rendez-vous manqués… Une histoire de vie qui passe et de questions que l’on se pose… Ou que justement, on n’ose pas se poser…

Ce livre, c’est une ode à Paris… Paris que l’on a plus jamais envie de quitter au fur et à mesure des pages… Ce Paris amoureux, magique, heureux… Qui nous donne tant quand il le veut bien…

Ce livre c’est un poème fait à toutes les femmes… qu’elles soient jeunes ou moins jeunes, étudiantes, comédiennes ou femmes accomplies…. Un livre qui nous montre nos forces et nos faiblesses, qui nous rappelle que nous doutons toutes, mais que nous pouvons toutes y arriver… Un livre pour nous donner confiance et pour croire en nous…

Ce livre c’est une histoire de vie, d’enfants, de boulot, de vacances, de week-end, d’appart trop cher et trop petit, de carrière…

C’est un livre qui questionne et qui pousse à se demander si les bons choix ont été choisis…

Ce livre… C’est toi, moi ou pas du tout nous….

Ce livre c’est un petit bonheur qui m’a rendu heureuse pendant 153 pages…. et c’est déjà beaucoup ❤️

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