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ALTITUDES - Ascensions d’un alpiniste et chef d’entreprise engagé de Luc BOISNARD - Ed. Alisio

Altitudes ; ascensions d'un alpiniste et chef d'entreprise engagé LES CONSEILS DU LEADER REVEUR

. Soyez une personne inspirante, un mentor et un facteur déclenchant.

. Faites souffler le vent de la liberté et de l’entrepreneuriat au sein de vos équipes, de vos amis, de vos relations.

. Réalisez vos rêves et « devenez la meilleure version de vous-même « (Pascal de Clermont).

. « Utopisez » votre quotidien.

. Travaillez sur vos passions et « vous pouvez être ce que vous voulez être » (Paul Arden).

. Créer son entreprise est sans doute la meilleure manière de rester proche de ce qui vous fait rêver.

. Entreprendre, c’est un état d’esprit plutôt qu’un diplôme.

 

LES CONSEILS ATYPIQUES

. L’atypique possède une pensée composite.

. On ne naît pas atypique, on le devient.

. Faites de votre différence une force.

. Montrez qu’on peut voir différemment, qu’on peut faire autrement.

. Adoptez l’esprit variante en toute circonstance.

. Préservez votre indépendance et votre liberté de parole.

. L’atypique est authentique. Sa « manière d’être » bouscule les codes et opère des métamorphoses, fait apparaître de nouvelles réalités, ouvre vers de nouvelles valeurs.

 

LES IMPOSSIBLES CONSEILS DU MANAGER

. Plus l’objectif est ambitieux, plus grande est la satisfaction de la réussite.

. Annoncez la couleur de vos objectifs, cela met une douce pression.

. N’écoutez pas les chimères, mais écoutez votre cœur.

. Montrez aux autres que c’est possible.

. Renversez la vapeur, transformez l’impossible en facile, en possible, en plausible, en concevable, en probable.

. Pour mettre en route la machine à aller vers l’impossible, ne pas oublier de mettre la machine à organiser en marche sur le mode projet.

 

LES CONSEILS ANTICIPATOIRES

. « Si tu choisis une voie, mets tous les atouts de ton côté et ne fais pas les choses à moitié. » Tony Estanguet

. Entourez-vous des meilleurs.

. N’anticipez que les choses, les événements sur lesquels vous avez réellement prise ou une influence directe.

. Ne dépensez pas d’énergie pour les choses sans importance ou celles sur lesquelles vous n’avez aucune influence (météo,…).

. L’anticipation est un FCS (facteur clé de succès) pour la réussite. Avez-vous fait tout ce qu’il était possible de faire pour atteindre votre objectif ?

. Anticiper, c’est modéliser.

. Anticiper, c’est bien ; s’adapter, c’est bien aussi.

. Anticiper, c’est prévoir surtout l’imprévisible.

 

LES CONSEILS INCONFORTABLES

. Un bureau, c’est comme un duvet tout chaud. Alors, réveillez-vous, c’est dehors que ça se passe !

. Chez vos clients, vous trouverez l’essentiel des réponses à vos questions.

. Ne réfléchissez pas en termes de conviction personnelle mais en termes d’intérêt supérieur de l’entreprise.

. Lancez-vous sur les pentes de l’inconfort des nouveaux marchés.

. Sortez de vos propres convictions, de vos préjugés. Pratiquez le contradictoire.

 

LES CONSEILS EN DEPASSEMENT

. Pour bien se dépasser, il ne faut pas aller trop vite.

. Le mental est la clé du moteur du dépassement de soi.

. Explorez vos limites physiques et psychologiques et repoussez-les.

. Fouillez votre inconscient pour identifier vos limites personnelles.

. Dépassement de soi dit aussi repos et récupération.

. Les fausses bonnes idées des séminaires de dépassement de soi.

. Le dépassement de soi est strictement personnel.

. Le dépassement de soi est une forme de quête de l’excellence personnelle.

. Dans le dépassement de soi, l’adversaire c’est soi-même et les contraintes arbitraires que nous nous fixons.

. Considération et reconnaissance : guider les autres vers les chemins de l’excellence.

 

LES CONSEILS DU LEADER SOLITAIRE

. Ne pas aimer la solitude est un déni d’intimité.

. La solitude est une arme fatale pour celui qui s’y instruit.

. La seule véritable façon de gérer la solitude : être en accord avec soi-même, se respecter.

. Mettez à profit les vrais instants de solitude pour trouver votre inspiration.

. La solitude grandit celui ou celle qui s’y confronte.

. Exercez-vous à la solitude consciente.

. Aménagez-vous des temps de « coupure ». L’état « paradoxal » de la solitude permet de se retrouver ou de se préserver, pour finalement se relier à ce qui nous est essentiel.

. Moments d’intimité, et non d’isolement, au sommet de l’Everest, dans un monastère ou un hall de gare pour « séjourner » en soi, disaient les sages antiques.

 

LES CONSEILS EQUILIBRéS

Equilibre

. Vous savez quand vous n’êtes plus en harmonie, en symétrie.

. Faites des choses qui vous élèvent spirituellement, physiquement, intellectuellement.

. Evaluez les demandes et faites les choix qui sont bons pour vous. Arrêtez de vous voiler la face.

Ethique

. Quelles sont vos valeurs ? la confiance ? Le respect ?

. Quelles contradictions êtes-vous prêt à accepter ?

. Quelles sont les actions, les faits dont vous n’êtes vraiment pas fier ?

Esthétique

. Pensez harmonie, rayonnement, lumineux.

. Les victoires sont plus belles que tout le reste.

. Soyez les porte-parole d’un management élégant et fair-play.

. N’oubliez jamais l’immense beauté de la nature.

 

LES CONSEILS DE « L’INTUITEUR »

. « Intuiter » ne s’apprend pas. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’intuition.

. Consignez dans un carnet les situations que vous avez « intuitées », comparez les résultats et recommencez.

. Ouvrez votre cœur et apprenez à détecter les bonnes ondes autour de vous.

. Développez votre authenticité, votre marque de fabrique à vous.

. Développez votre sensibilité et votre perception des choses, écoutez votre troisième œil et votre sixième sens.

. Ne restez pas dans votre tour d’ivoire et ouvrez les écoutilles.

. Mettez un peu d’oxymores dans vos décisions et plus généralement dans votre vie, apprenez à vivre au feeling.

. L’intuition est l’apanage des développeurs.

. Suivez votre intuition avec un plan précis jusqu’au but désiré en faisant preuve d’une vision à long terme.

. Apprenez à gérer et à équilibrer vos contradictions.

. Nourrissez vos espoirs, pas vos regrets.

 

LES CONSEILS DU MANAGER LIBRE

. Le matin, commencez par allumer les moteurs de l’audace, de la volonté, du caractère, de la passion, de la détermination.

. Ne remettez jamais au lendemain ce que quelqu’un d’autre peut faire mieux à votre place le jour même.

. L’entreprise est un véritable laboratoire politique : tentez des expériences inédites. Composez des binômes improbables. Enrichissez-vous de différences réciproques.

. Découvrez les énergies qui font vibrer vos collaborateurs, faites-en des tremplins pour leur réussite et leur rayonnement personnels. N’oubliez jamais et ne sous-estimez jamais l’enjeu du couple autonomie/responsabilité.

. Prévenez vos équipes, autonomie rime avec responsabilité. Décider, c’est trancher. Et tout le monde ne peut pas décider.

. Pour le leader, la liberté, c’est aussi l’indépendance.

 

LES CONSEILS HUMORISTIQUES

. Commencez par rire de vous avant de rire des autres.

. Humble vous serez : parlez le « Nous » et pas le « Je ».

. Abandonnez l’arrogance, l’orgueil, l’ego et passez en mode lego, en mode construction.

. Créez les conditions d’une double adhésion : personnelle et collective.

. Exit les grincheux, nous, on veut se marrer.

. L’humour est une technique managériale à prendre au sérieux.

. Rire n’est pas une menace ni pour les chiffres ni pour la rentabilité.

. Rire est la plus belle émotion.

*

Emetteur : François C.

DEMEURE - Pour échapper à l’ère du mouvement perpétuel de François-Xavier BELLAMY - Grasset

Demeure ; pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel

Saisis par le rythme du quotidien, et n’osant pas nous avouer que notre vie passe devant nous sans que nous parvenions à savoir vers quel but elle va, ni ce qu’elle construit de durable.

Face au camp de l’être, il y a les « partisans du flux » (Protagoras, Empédocle…) : ceux qui affirment que la vie est du côté du mouvement, de la mobilité, du changement permanent.

Le relativisme contemporain empêche le dialogue : car tout dialogue authentique suppose ce lieu commun qu’est la vérité à atteindre, qui constitue l’horizon partagé par tous ceux qui prennent part à l’échange, quelle que soit la diversité de leurs convictions respectives.

Aristote identifie dans ce qui change quelque chose qui est en train de s’accomplir : un potentiel qui attend de devenir réalité.

Le mouvement existe, oui, et il n’est pas pure illusion, comme le pensait Parménide. Mais il n’est en fait qu’une transition entre deux états de stabilité, celui de la pure puissance et celui de l’acte pur.

Ce qui commence, avec ce passage vers l’héliocentrisme, ce n’est pas seulement une nouvelle étape de l’astronomie ; c’est une nouvelle ère, que l’on appelle la modernité.

Nous vivons depuis quelques décennies l’accomplissement de la modernité, qui se traduit simultanément par sa crise globale. De fait, il semble qu’aucun aspect de notre vie collective n’échappe aujourd’hui à cette crise : nous la voyons se manifester sur le plan philosophique, intellectuel et spirituel, mais aussi sur le terrain de la technique, de l’économie, des institutions, de la société…La nature elle-même est désormais dans une situation critique.

Le monde ancien s’est achevé. Dans le nouveau monde qui s’ouvre, on ne peut plus espérer s’arrêter un jour pour goûter le bonheur : il nous faudra toujours tenter d’accroître, d’augmenter, d’agrandir notre puissance, pour pouvoir rester mobiles – pour pouvoir rester vivants.

La vie est un mouvement, mais un mouvement dépourvu de tout but qui pourrait en marquer l’achèvement. Nous ne courons pas pour rejoindre le lieu où nous pourrions nous reposer, non : nous courons pour courir, et courir plus vite que les autres.

Non, dans ce monde désenchanté, le mouvement n’a plus de fin –plus d’autre fin que la mort : il est en fait toute la vie. Quand il s’achève, tout s’achève. Pour rester en vie, il faut tout faire pour continuer de courir.

La structure pascalienne du divertissement, c’est cette ruse inconsciente qui nous fournit sans cesse de nouveaux prétextes pour continuer à courir.

Et ainsi, nous sommes devenus pleinement fidèles à l’essence même de la modernité. Celle qui ne voit dans la vie humaine qu’une course sans autre fin qu’elle-même, et qui observe le monde comme un perpétuel mouvement qu’aucun terme ne viendra conclure.

La vertu antique consistait à s’affranchir de son époque. La vertu moderne consiste à être assez adaptable, assez souple, assez plastique, pour coïncider absolument avec elle.

Pour les « gens de n’importe où », être « de quelque part » c’est refuser l’ouverture, choisir le repli sur soi ; c’est aussi nier la réalité d’un monde en mouvement, le caractère inéluctable de la « globalisation », de la disparition des particularismes périmés dans le grand flux des échanges, auquel rien ne peut échapper.

Ces itinéraires des « migrants » ne sont une chance que s’ils ne nous obligent pas à perdre l’univers familier qui constitue l’une des premières conditions de nos vies : ils ne sont une promesse que s’ils ne voient pas s’évanouir le point d’arrivée espéré à mesure que nous l’approchons. Tout mouvement n’est pas un progrès.

En réalité, nos choix seront toujours contraints par des limites que la technique n’abolit jamais, qu’elle ne fait que déplacer. Toute nouvelle configuration technique comporte un nouvel ordre de contraintes.

Les innovations ne peuvent être décrites comme un progrès que relativement à un choix, dont nous sommes tous responsables : la définition de ce que nous considérons comme une priorité à respecter, comme une ressource à préserver, comme un bien à conserver.

Croire par principe dans la supériorité de l’avenir, c’est ignorer qu’il y a dans l’héritage de l’histoire, et dans la réalité du présent, des biens infinis qui méritent d’être admirés, d’être protégés et transmis…Plus le rythme du progrès technique accélère, plus s’accélère avec lui ce délaissement du réel.

Nouvel idéalisme et nouvelle religion, le transhumanisme est la forme la plus contemporaine du progressisme moderne, une expression parfaite de notre fascination pour le changement.

Reconnaître la valeur infinie de la vie humaine, l’aimer malgré ses limites et ses épreuves, c’est aussi s’inquiéter de sa fragilité, et éprouver une inévitable angoisse devant les risques qui la menacent, à commencer par la folie des hommes eux-mêmes ; si cette vie est un trésor irremplaçable, comment ne pas être inquiet qu’elle puisse sombrer, dans l’extinction écologique ou dans le fantasme techniciste ?

Aucun but n’est donné à ce changement promis : la politique de la transformation s’accomplit dans son mouvement même, dans sa transe permanente…La vraie question politique est : quelle direction devons-nous prendre ? Quel avenir voulons-nous ? Selon quels choix allons-nous le préparer ? En poursuivant quels buts ?

Il faut donc être infiniment modeste, quand on prétend…installer une « nouvelle société » : le risque est immense qu’on détruise cet ordre lentement mûri et irremplaçable dans sa complexité, sa souplesse, sa richesse, au regard desquelles nos capacités d’organisation sont bien peu de chose…En méprisant le passé au nom des promesses de l’avenir, c’est le présent que nous mettons en danger.

La dimension tragique de l’histoire, qui tient à cette équation constamment vérifiée : ce qu’il faut le plus de temps pour construire, c’est ce qu’il faut le moins de temps pour détruire.

« Que l’humanité soit » : ce premier principe de l’éthique du futur nous oblige à préserver la stabilité de l’humain, non seulement face au risque de la destruction, mais aussi devant la tentation de l’augmentation qui ne serait pour l’humanité qu’une autre manière de suicide collectif.

Il n’y a pas de lieu où Sisyphe puisse espérer poser définitivement son fardeau, et se reposer avec le sentiment du devoir accompli, de l’objectif atteint, du projet réalisé. Nous ressemblons à ce malheureux condamné lorsque nous nous imposons de continuer d’avancer sans que nous puissions nous représenter un point d’arrivée pour notre effort. Tout mouvement sans finalité est une malédiction absurde.

C’est cette réduction du politique à l’économique, et de l’économie à l’instantané, qui nous a conduits à perdre toute générosité envers l’avenir, et avec elle le sens même de la demeure. Ce principe a en effet pour conséquence nécessaire une incapacité profonde et nouvelle à penser le long terme, et à construire pour le long terme.

Vivre et habiter ce monde, exister et être un corps, suppose d’accepter un ordre de contraintes, une infinité de renoncements. Se trouver vraiment quelque part, c’est à chaque instant de cette présence renoncer à être ailleurs. Faire vraiment quelque chose, c’est ne pas faire tout le reste.

Ce qui doit nous préoccuper, c’est plutôt l’instrumentalisation de ces histoires au service d’un combat que nous semblons collectivement prêts à livrer, non contre les injustices qui traversent la société, mais simplement contre toutes les contraintes qui s’imposent à nos désirs.

Le marché subtilise les biens les plus simples, les plus nécessaires et les plus gratuits –puis il les fait réapparaître comme par magie, mais sous forme de marchandises.

Aujourd’hui, dans le monde occidental, un enfant s’achète : c’est ce que nous appelons le « progrès ».

Le politique s’autodissout, puisqu’en parlant sans cesse de s’adapter à un monde qui change, il reconnaît par là, non seulement qu’il n’a plus de pouvoir, mais qu’il ne veut plus le prendre.

En interdisant toute alternative, en nous imposant comme seule politique possible l’administration technique des changements sans fin qu’exige de nous la compétition des marchés, la domination de l’économie ne peut que constituer une crise démocratique majeure.

Cette domination de l’économie marchande ne signe pas seulement la crise de la politique : elle entraîne aussi, paradoxalement, une crise inédite de l’économie elle-même. Le marché est un outil essentiel à la vie des hommes ; mais quand il absorbe tout de leur vie, il perd son sens, devient absurde, et se retourne contre eux.

Dans la transformation de l’économie par le marketing, il ne suffit pas que les individus consomment, il faut qu’ils consomment de plus en plus, et qu’ainsi l’économie puisse poursuivre sa croissance. Quand le mouvement devient un but en soi, le dynamisme de l’économie est un objectif absolu ; ce n’est pas seulement la récession qu’il faut éviter, mais aussi la stabilité elle-même, qui nous apparaîtrait comme un échec déprimant.

Il faudrait être aveugle pour prétendre préserver la nature en affirmant simultanément que notre but est de tout changer, de tout transformer, de tout mettre au service de l’idole du « progrès » technique.

La civilisation occidentale, dans sa frénésie de circulation perpétuelle, est passée de l’amour du chef d’œuvre à l’obsolescence programmée.

La demeure suppose du temps, le logement est un simple espace ; de même, le métier est ce qu’il faut du temps pour acquérir, et ce qui ne s’oublie pas –quand il est si rapide de prendre, ou de perdre, un emploi.

Notre travail, comme nos vies, trouve son accomplissement dans une forme de gratuité. Cette soif est difficile à saisir dans un monde où tout doit pouvoir être compté, parce que tout doit pouvoir se marchander ; mais pour sauver ce monde de la raison calculatrice qui finit par nous rendre fous, il faut redire que l’essentiel de nos existences tient, et tiendra toujours, dans ce qui ne se compte pas.

Le seul fait que nous puissions prendre au sérieux cette assimilation de l’intelligence à une machine à calculer en dit long sur le mépris dans lequel nous tenons notre propre vie intérieure, et sur la méprise qui nous empêche de considérer ce qui, dans notre connaissance du monde, échappe à tout calcul.

La numérisation du monde est une étape et un symptôme de la liquéfaction du réel, de cette « liquidation générale » que nous évoquions plus haut…Il nous faut donc, dans cette époque de numérisation du monde, retrouver la consistance des mots, pour qu’ils nous éveillent de nouveau à la réalité des choses.

Défaire les mots, c’est aussi imposer une défaite aux choses –et, quand il est question de genre, aux corps. La déconstruction du genre implique le déni du sexe, que l’on cherche à annexer de force à l’universelle plasticité désormais exigée du réel.

La notation, au moment où on voudrait la bannir de l’école, envahit toutes les dimensions de nos vies :nous passons désormais notre temps, à l’aide des outils numériques, à nous noter les uns les autres et à transformer en chiffres la moindre expérience ordinaire.

A la pression vers le changement, vers l’universel remplacement, il nous faut répondre par un sens renouvelé de la valeur des choses que nous tenons dans nos mains. Et la littérature répond, là encore, à cette nécessité de l’émerveillement : la poésie ne fait rien d’autre que dire le réel, et en manifester la beauté.

Dix ans durant, la navigation d’Ulysse est habitée par sa destination…Ithaque, qui attend « là-bas » concentre dès maintenant chaque geste, chaque décision, chaque mouvement de l’odyssée ; et c’est ce point d’arrivée qui fait naître l’énergie de l’aventure.

Il nous faut retrouver notre Ithaque. Etre capable, pour commencer, de la nommer de nouveau, de désigner ces points fixes que nous espérons atteindre, même sans aucune certitude d’y parvenir un jour, et qui cependant donneront dès aujourd’hui sens à nos engagements, à nos actes, à nos mouvements. Il nous faut retrouver ces buts immuables qui justifient des odyssées.

*

Emetteur du florilège : François C.

21 LEÇONS POUR LE XXIème SIECLE de Yuval Noah HARARI - Ed. Albin Michel 2018

21 leçons pour le XXIe siècle Première partie LE DEFI TECHNOLOGIQUE La fusion de la biotech et de l’infotech nous lance les plus grands défis que l’humanité ait jamais dû relever.

  1. Désillusion La fin de l’histoire a été reportée.

Peut-être les révoltes populistes du XXIème siècle ne viseront-elles pas une élite économique qui exploite le peuple, mais une élite qui n’a plus besoin de lui. Ce pourrait bien être une bataille perdue d’avance. Il est bien plus dur de lutter contre l’insignifiance que contre l’exploitation.

  1. Travail Quand vous serez grand, vous pourriez bien être sans emploi.

Mieux nous comprendrons les mécanismes biochimiques qui sous-tendent les émotions, les désirs et les choix, plus les ordinateurs excelleront dans l’analyse des comportements et la prédiction des décisions et pourront remplacer les chauffeurs, les banquiers et les avocats.

Malgré l’apparition de nombreux emplois nouveaux, nous pourrions donc assister à l’essor d’une nouvelle classe « inutile » et souffrir à la fois d’un chômage élevé et d’une pénurie de main d’œuvre qualifiée.

Les gouvernements devront intervenir, à la fois en finançant un secteur de formation permanente et en mettant en place un filet de sécurité pour les inévitables périodes de transition.

Avec l’essor de l’IA, des robots et des imprimantes 3D, le personnel non qualifié et bon marché devrait perdre beaucoup de son importance.

  1. Liberté Big Data vous observe.

Pour le meilleur ou pour le pire, cependant, les élections et les référendums ne portent pas sur ce que nous pensons. Ils concernent ce que nous ressentons…Cette façon de s’en remettre à son cœur pourrait se révéler le talon d’Achille de la démocratie libérale. Car du jour où…quelqu’un disposera de la capacité technique de pirater et de manipuler le cœur humain, la politique démocratique se transformera en un spectacle de marionnettes émotionnelles.

Plus encore que les algorithmes, les hommes souffrent de données insuffisantes, de programmation (génétique et culturelle) défaillante, de définitions embrouillées et du chaos de la vie.

Les mêmes algorithmes Big Data pourraient aussi laisser les coudées franches à un futur Big Brother, au point que nous nous retrouverions avec un régime de surveillance orwellien dans lequel tous les individus sont en permanence tenus à l’œil.

  1. Egalité Le futur appartient à qui possède les data.

En 2100, le 1% le plus riche possédera non seulement le gros de la richesse mondiale, mais aussi la majeure partie de la beauté, de la créativité et de la richesse.

Du jour où les gens ordinaires perdront leur valeur économique, l’inégalité pourrait monter en flèche.

Les données sur mon ADN, mon cerveau et ma vie sont-elles mon bien ou celui de l’Etat, d’une société ou d’un collectif humain ?

Comment réglementer la propriété des data ? Ce pourrait bien être la question politique la plus importante de notre époque.

Deuxième partie LE DEFI POLITIQUE Toute solution au défi technologique passe par une coopération mondiale. Le nationalisme, la religion et la culture divisent cependant l’humanité en camps hostiles au point de rendre très difficile la coopération à l’échelle planétaire.

  1. Communauté Les humains ont des corps.

Les gens étrangers à leur corps, à leurs sens et à leur environnement ont toute chance de se sentir aliénés et désorientés.

Dès lors que les géants de la tech auront pris acte de l’existence du corps humain, ils pourront manipuler nos corps de la même façon qu’ils manipulent nos yeux, nos doigts et nos cartes de crédit. Le bon vieux temps de la séparation en-ligne/hors-ligne pourrait bien nous manquer.

  1. Civilisation Il n’y a qu’une seul civilisation dans le monde.

Le fondamentalisme islamique incarne bel et bien un défi radical, mais la « civilisation » qu’il défie est une civilisation mondiale plutôt qu’un phénomène uniquement occidental.

Les changements qui nous attendent dans le futur, quels qu’ils soient, sont susceptibles d’impliquer un combat entre frères au sein d’une même civilisation plutôt qu’un choc entre civilisations étrangères.

  1. Nationalisme Les problèmes mondiaux appellent des réponses mondiales.

Le problème survient quand le patriotisme bienveillant se transforme en ultranationalisme chauvin.

Allons-nous construire un monde dans lequel tous les hommes puissent vivre ensemble ou allons-nous nous enfoncer dans les ténèbres ?

Tant que les humains sauront enrichir l’uranium et le plutonium, leur survie exigera qu’ils privilégient la prévention de la guerre nucléaire sur les intérêts d’une nation particulière.

Nous approchons rapidement d’un certain nombre de points de basculement, au-delà desquels même une chute spectaculaire des émissions de gaz à effet de serre ne suffira pas à inverser la tendance et à éviter une tragédie mondiale.

Alors que nous avons désormais une écologie mondiale, une économie et une science mondiale, nous nous accrochons à la seule politique nationale…Mondialiser la politique signifie plutôt que la dynamique politique au sein des pays, voire des villes, devrait donner bien plus de poids aux problèmes et intérêts mondiaux.

  1. Religion Dieu sert désormais la nation.

Le seul changement notable qu’ils aient apporté à l’édifice des économies modernes a consisté à ravaler la façade et à placer sur le toit un immense croissant, une croix, une étoile de David ou un Om.

Nous sommes donc piégés entre l’enclume et le marteau. L’humanité constitue désormais une seule civilisation et des problèmes tels que la guerre nucléaire, l’effondrement écologique et la disruption technologique ne peuvent trouver de solution qu’au niveau global. Par ailleurs, le nationalisme et la religion continuent de diviser notre civilisation humaine en camps différents et souvent hostiles.

  1. Immigration Certaines cultures pourraient être meilleures que d’autres.

Les êtres humains étant toujours plus nombreux à traverser de plus en plus de frontières en quête d’emplois, de sécurité et d’un meilleur avenir, la nécessité d’affronter, d’assimiler et d’expulser les étrangers met à rude épreuve des systèmes politiques et des identités collectives façonnés en des temps moins fluides.

Tant que nous ne savons pas si l’absorption est un devoir ou une faveur, quel niveau d’assimilation est attendu des immigrés, et dans quel délai les pays d’accueil doivent les traiter en égaux, impossible de dire laquelle des parties n’honore pas ses obligations.

Et si 500 millions d’Européens aisés ne peuvent absorber quelques millions de réfugiés démunis, quelles chances les hommes ont-ils de surmonter les conflits autrement plus profonds qui assaillent notre civilisation globale ?

Troisième partie DESESPOIR ET ESPOIR

  1. Terrorisme Pas de panique.

Les terroristes sont maîtres dans l’art de manipuler les esprits…Ils ressemblent à une mouche qui essaie de détruire un magasin de porcelaines.

Les terroristes ne pensent donc pas de la même façon que les généraux. Ils raisonnent plutôt en producteurs de spectacles.

Si le terrorisme actuel est surtout du théâtre, le futur terrorisme nucléaire, le cyber-terrorisme ou le bioterrorisme représenteraient une menace beaucoup plus sérieuse et exigeraient des Etats une réaction plus draconienne.

  1. Guerre Ne jamais sous-estimer la bêtise humaine.

Les principaux actifs économiques consistent désormais en savoir technique et institutionnel plutôt qu’en champs de blé ou même de pétrole : or, le savoir ne se conquiert pas par la guerre.

Ne sous-estimons jamais la bêtise humaine. Tant sur le plan personnel que collectif, les hommes sont enclins aux activités autodestructrices…La bêtise humaine est une des forces les plus importantes de l’histoire, mais nous avons tendance à en faire peu de cas.

  1. Humilité Vous n’êtes pas le centre du monde.

D’un point de vue éthique, on peut soutenir que le monothéisme a été une des pires idées de l’histoire des hommes.

Les monothéistes croyaient que leur Dieu était l’unique dieu et qu’il exigeait une obéissance universelle. Dès lors, avec l’essor du christianisme et de l’islam augmenta la fréquence des croisades, du djihad, de l’inquisition et des discriminations religieuses.

  1. Dieu Ne prononce pas le nom de Dieu en vain.

Personnellement, je ne cesse de m’émerveiller du mystère de l’existence, mais je n’ai jamais compris le rapport avec les lois chicanières du judaïsme, du christianisme ou de l’hindouisme.

Il ne faut jamais utiliser le nom de Dieu pour justifier nos intérêts politiques, nos ambitions économiques ou nos haines personnelles.

Pour agir moralement, il n’est donc pas nécessaire de croire à un mythe ou à une histoire. Il suffit de développer une appréciation profonde de la souffrance. Si vous comprenez vraiment comment une action cause des souffrances inutiles à vous ou à d’autres, vous vous en abstiendrez naturellement.

  1. Laïcité Connais ton ombre.

Chaque religion, idéologie ou credo a son ombre. Quel que soit le credo que vous suivez, il vous faut reconnaître votre ombre et éviter de vous rassurer naïvement par un « ça ne peut pas nous arriver ».

Si vous désirez que votre religion, votre idéologie ou votre vison du monde dirige le monde, voici la première question que je vous adresserai : « Quelle est la plus grosse erreur que votre religion, votre idéologie ou votre vision du monde ait commise ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? » Si vous êtes incapable d’apporter une réponse sérieuse, je ne vous ferai pas confiance.

Quatrième partie VERITE

  1. Ignorance Vous en savez moins que vous ne le pensez.

De même que la rationalité, l’individualité aussi est un mythe. Les humains pensent rarement par eux-mêmes.

Si vous désirez réellement la vérité, il vous faut échapper au trou noir du pouvoir et vous autoriser à perdre beaucoup de temps à errer de-ci, de-là à la périphérie. La connaissance révolutionnaire surgit rarement du centre parce que le centre est construit sur le savoir existant.

  1. Justice Notre sens de la justice pourrait bien être périmé.

Les injustices du monde contemporain résultent pour la plupart de biais structurels de grande échelle plutôt que de préjugés individuels…Chaque groupe ou sous-groupe est en effet confronté à un dédale différent de plafonds de verre, de doubles étalons, d’insultes codées et de discrimination institutionnelle.

Désormais, nous souffrons de problèmes mondiaux sans avoir de communauté mondiale. Ni Facebook, ni le nationalisme, ni la religion ne sont près de créer une communauté de ce genre. Toutes les tribus humaines existantes sont occupées à servir leurs intérêts particuliers plutôt qu’à comprendre la vérité globale.

  1. Post-vérité Certaines fake news sont éternelles.

En vérité, les humains ont toujours vécu à l’âge de la post-vérité. Homo sapiens est une espèce post-vérité, dont le pouvoir suppose que l’on crée des fictions et qu’on y croie.

Les êtres humains possèdent la remarquable faculté de savoir et de ne pas savoir en même temps. Plus exactement, ils peuvent savoir quelque chose quand il y réfléchissent sérieusement, mais la plupart du temps ils n’y pensent pas et donc ne le savent pas.

Notre responsabilité à tous est de consacrer du temps et des efforts à débusquer nos partis pris et à vérifier nos sources d’information.

  1. Science-fiction Le futur n’est pas ce que vous voyez au cinéma.

Les comédies romantiques sont à l’amour ce que le porno est au sexe, et Rambo à la guerre. Si vous imaginez pouvoir appuyer sur un bouton « supprimer » et effacer toute trace de Hollywood de votre subconscient et de votre système limbique, vous vous faites des illusions.

Tout le génie de Huxley est de montrer que l’on peut contrôler les gens bien plus sûrement par l’amour et le plaisir que par la peur et la violence (Orwell).

Cinquième partie RESILIENCE

  1. Education La seule constante est le changement.

Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui n’aura probablement plus aucune pertinence en 2050.

Il faut plutôt apprendre aux élèves à dégager le sens des informations, à distinguer l’important de l’insignifiant, et surtout à associer les multiples bribes d’informations en une vision d’ensemble du monde.

Au milieu du XXIème siècle…La vie craquera aux entournures, il y aura de moins en moins de continuité entre les différentes périodes de l’existence. « Qui suis-je ? » sera une question plus urgente et compliquée que jamais.

Pour garder une pertinence –économique mais aussi sociale- un jeune de cinquante ans devra être capable d’apprendre et de se réinventer constamment.

Dès maintenant, les algorithmes vous surveillent…Et du jour où ces algorithmes vous connaîtront mieux que vous ne vous connaissez vous-même, ils pourront vous contrôler et vous manipuler sans que vous y puissiez grand-chose.

  1. Sens La vie n’est pas un récit.

Tous les récits sont incomplets. Reste que pour me construire une identité viable et donner un sens à ma vie, je n’ai pas vraiment besoin d’un récit complet dépourvu d’angles morts et de contradictions internes. Pour donner un sens à ma vie, il suffit qu’un récit satisfasse deux conditions. La première est qu’il me donne un rôle à jouer…La seconde est qu’un bon récit doit dépasser mes horizons, sans nécessairement se prolonger à l’infini.

Et pour nous comprendre, une étape cruciale consiste à reconnaître que le « moi » est une fiction que les mécanismes compliqués de notre esprit ne cessent de fabriquer, d’actualiser et de réécrire.

Donc, si vous voulez connaître la vérité sur l’univers, le sens de la vie et votre identité, mieux vaut commencer par observer la souffrance et explorer ce qu’elle est.

  1. Méditation Se contenter d’observer.

Observez simplement la réalité de l’instant présent, quelle qu’elle soit.

La technique du Vipassana repose sur l’intuition que le flux de l’esprit est étroitement lié aux sensations corporelles. Entre le monde et moi, il y a toujours des sensations physiques.

Si le cerveau et l’esprit sont une seule et même chose, les deux tunnels ne peuvent que se rejoindre. Et si le cerveau et l’esprit ne sont pas la même chose, il est d’autant plus important de creuser l’esprit, et pas simplement le cerveau.

*

Emetteur du verbatim : François C.

J’AI CHOISI DE BIEN VIEILLIR - Vivre plus longtemps…et mieux par Pr Françoise FORETTE & Laurence DORLHAC - Ed J'ai lu

 

https://images.epagine.fr/874/9782290136874_1_m.jpg Pour la promotion d’une avancée en âge active, chaleureuse, sereine et ouverte à la vie.

 

BIEN MANGER «Être bien dans son assiette est l’une des clés du bien vieillir»

 

Le poids fait office de signal d’alarme. La stabilité de son poids est bien un signe de bonne santé.

 

Un apport en calcium insuffisant peut contribuer à la perte de la résistance des os.

 

Vitamine D : nombreux effets extra-osseux bénéfiques, sur l’immunité, la prévention des cancers, les maladies cardio-vasculaires et la dépression.

 

En plus des 0,5 à 1 litre d’eau qu’apporte quotidiennement une alimentation équilibrée, il nous faut donc compenser en absorbant entre 1 et 1,5 litre d’eau.

 

TRAVAILLER « Le canapé, voilà l’ennemi ! » 

 

Concept de réserve cognitive…Les personnes engagées dans une activité intellectuelle ou physique soutenue ont moins de risque de développer une maladie d’Alzheimer. 

 

Plus on travaille longtemps, mieux on «exploite» son cerveau. La poursuite d’un engagement professionnel prend alors tout son sens.

 

Ce sont ces métiers à forte exigence mentale qui permettent de conserver un cerveau extraordinairement performant tard dans la vie.

 

Ce qui compte, c’est la permanence et l’importance de la stimulation des fonctions cognitives tout au long de la journée et tout au long de l’année…Le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

 

La mortalité des personnes sans diplôme est deux fois supérieure à celle des personnes de niveau universitaire.

 

 

AIMER Il est possible de vieillir en poursuivant une vie sexuelle épanouie.

 

Les hommes sexuellement actifs se préoccupent aussi davantage de leur santé sexuelle. Cependant, les femmes qui considèrent le sexe comme quelque chose d’important ont trois fois plus de chances de rester sexuellement actives que celles qui ne le jugent pas important, indépendamment de l’existence de troubles sexuels.

 

Le sexe masculin est un organe « euro-vasculo-musculaire». Son bon fonctionnement est dépendant du mental, d’un afflux sanguin plus ou moins efficace et de la réactivité de certains muscles. Il suffit que l’un de ces trois critères faiblisse pour que la sexualité en pâtisse.

 

L’activité sexuelle, en favorisant le bien-être et la qualité de vie, induit un vieillissement positif chez les personnes âgées. Associée à l’activité physique et intellectuelle, elle contribue au maintien de la santé, en particulier cardiovasculaire.

 

 

BOUGER L’activité physique est indispensable pour bien vieillir.

 

Cesser de bouger, c’est s’interdire de réfléchir aux gestes à réaliser, et diminuer les chances de rester en harmonie avec son corps.

 

L’intensité de l’activité physique améliore la santé générale. Elle aide à bien dormir, normalise la tension artérielle, régule le taux de sucre dans le sang en facilitant le travail de l’insuline, participe au maintien d’une bonne musculature, entre dans la lutte contre l’ostéoporose, diminue le risque d’accident coronaire (angine de poitrine ou infarctus) et les risques de certains cancers.

 

La marche est un «marqueur» de notre état de santé…Plus on marche vite, plus la santé cognitive et la santé générale s’améliorent et plus la mortalité diminue.

 

Il faut être régulier dans sa pratique sportive pour qu’elle soit efficace pour la santé.

 

Chaque année, en France, près de 400 000 personnes âgées font une chute accidentelle, près de 12 000 en décèdent. Parmi les adultes de 65 ans et plus, 35 à 40% font au moins une chute par an.

 

Le meilleur sport est celui auquel on va pouvoir, sans forcer, s’adonner avec rigueur, plaisir et régularité.

 

L’activité physique est une des clés du bien vieillir, au même titre que l’activité intellectuelle, la poursuite de l’activité professionnelle, l’engagement social, amical et familial.

 

 

SORTIR Il faut vraiment sortir de chez soi.

 

Nos relations sociales se définissent selon cinq cercles : le cercle familial, le réseau professionnel, les liens avec les amis, les relations par affinités au sein d’une activité de club ou d’association et enfin le cercle constitué par le voisinage. La solitude qui mène à l’isolement concerne toute personne qui n’a pas ou peu de relations sociales avec les cinq niveaux décrits.

 

Sortir de chez soi, bouger, échanger avec d’autres. L’altérité chère à Emmanuel Levinas est peut-être le vrai secret du bien vieillir.

 

La fragilité est réversible grâce à une prise en charge appropriée tandis que la dépendance est, en règle générale, définitive.

 

Le bénévole trouve, au travers de son engagement, un épanouissement et une nouvelle utilité sociale.

 

Les sujets «hautement» optimistes ont une mortalité cardiovasculaire inférieure de 40% à celle des sujets à faible niveau d’optimisme.

 

Les études sur les liens entre le corps et l’esprit ont de beaux jours devant elles. Les disciplines telles que la méditation, la sophrologie, le travail des émotions, etc., tentent, en tout cas, de soulager angoisse, pensées négatives réputées pour leur action péjorative sur notre santé.

 

L’important est de savoir, quel que soit son âge, si son état de santé, ses capacités fonctionnelles et intellectuelles permettent de conduire en toute sécurité.

 

La sédentarité, le repli sur soi sont pour certains des ennemis à combattre avec énergie. Toutes les études le démontrent avec éclat: l’optimisme, le goût de l’action, le culte de l’amitié, la joie du travail, du sport ou des loisirs, les vacances avec les petits-enfants, les enfants, la famille, les voyages avec les amis sont autant de clés pour vivre ce temps avec bonheur et en pleine santé physique et intellectuelle.

 

 

S’ESTIMER La vieillesse est inattendue!

 

Le concept d’âges multiples : chaque individu porte en lui un âge biologique (celui de son corps), chronologique (son état-civil), un âge mental (ses connaissances), un âge psychologique (sa maturité) et un âge subjectif.

 

La révolution de l’âge subjectif est en marche. Elle bouleverse les codes du bien vieillir comme du reste. On vieillira désormais selon ses désirs en suivant l’âge que l’on a dans la tête.

 

Avoir une bonne estime de soi permet aux seniors de se garantir une meilleure santé.

 

La dépression des seniors est une affection fréquente, atteignant de 10 à 30% des personnes de plus de 65 ans suivant les études.

 

Lorsque nous sommes attentifs, quelle que soit l’expérience, le cerveau sécrète des substances comme la dopamine et la sérotonine qui accentuent notre bien-être.

 

La «seniorescence».

 

On voit maintenant fleurir les consultations « mémoire », les consultations «fragilité», «équilibre», «nutrition» dont l’objectif est de bien vieillir en bonne santé.

 

Chacun d’entre nous va avancer en âge en fonction de son vécu, de son caractère, de sa sensibilité aux événements qui ne dépendent pas de soi, de son ouverture aux autres. Il n’y a pas de «schéma» fixé à l’avance, obligatoire. Nous restons libres jusqu’au bout de nos sentiments, de notre ressenti lors de cette période si particulière de la vie.

 

 

PREVENIR De la prévention pour la maladie d’Alzheimer, aussi !

 

Les principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires: hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, obésité, sédentarité.

 

Plus le niveau d’éducation est élevé, plus on est sensible aux recommandations de santé.

 

«L’épigénétique» Notre comportement agit sur nos gènes.

 

Quelques dépistages recommandés entre 50 et 74 ans: cancer du sein ; cancer colorectal ; cancer du col de l’utérus.

 

 

Conclusion Les pistes du bien vieillir.

 

Prévenir les maladies avant qu’elles ne surviennent et soient difficilement guérissables est donc un enjeu majeur, en attendant de nouvelles découvertes. Savoir que le style de vie, les connaissances, le goût de l’action, le goût des autres, le dynamisme et l’amour de la vie peuvent nous aider à atteindre ce but est un puissant encouragement.

 

Le concept d’épigénétique le confirme : rien n’est écrit définitivement.

 

*

 

Émetteur du verbatim : François C.

COMMENT NOUS PROTÉGER DES PROCHAINES CRISES de Jacques ATTALI - Ed. Fayard

Comment nous protéger des prochaines crises ? Ces crises peuvent prendre huit formes : financière, économique, sociale, politique, géopolitique, idéologique, technologique et écologique.

Aujourd’hui, tous les signes indiquent l’occurrence d’une crise multiforme, prenant tous ces visages à la fois.

On n’a fait depuis la crise financière de 2007 que reporter les échéances de toute nature : financière avec la dette, économique avec le chômage, sociale avec les inégalités, politique avec le populisme, géopolitique avec les affrontements qui s’annoncent, technologique avec l’intelligence artificielle, écologique avec le réchauffement climatique, idéologique avec la remise en cause de la démocratie et la montée des fondamentalismes de toutes sortes.

 

Ch. 1 POURQUOI S’INQUIÈTER ? TOUT VA TRÈS BIEN !

 

Ch. 2 LA FOLIE DU MONDE

Les richesses sont de plus en plus concentrées

Les 1% des plus riches ont perçu 21% du revenu mondial en 2016, contre 16% en 1980…En Chine, le centile supérieur détient, en 2018, 30% du patrimoine contre 15% en 1995. En Russie, les 1% les plus fortunés détiennent 43% du patrimoine contre 22% en 1995.

Les infrastructures ne sont plus maintenues

On prolonge exagérément, faute de moyens, la durée de vie des ponts, des routes, des centrales nucléaires, des barrages.

Le chômage ne décroît pas

Le taux de chômage des jeunes est de 42,3% en Grèce, 34,1% en Espagne et 32,6% en Italie.

Des statuts de plus en plus précaires

Tout devient de plus en plus précaire : le contrat de travail, la résidence, les relations, le mariage, les carrières politiques et artistiques.

La santé mondiale est encore incertaine

115 personnes en Afrique meurent toutes les heures de maladies liées à un mauvais assainissement, à une mauvaise hygiène ou à de l’eau contaminée.

En 2017, le surpoids touchait 2,2 milliards de personnes. Plus de 70% des Américains sont en surpoids et plus de 30% de la population américaine est obèse.

Les matières premières se font rares et incertaines

L’humanité consommait 7 Gt de matières premières en 1900, 50 Gt en 2000 et 85 Gt en 2018. Et quelques-unes de ces matières premières, parmi les plus essentielles, commencent à manquer.

L’air est de plus en plus pollué

La mer est de plus en plus souillée et les poissons de plus en plus rares

20 milliards de tonnes de déchets sont rejetés chaque année dans les mers et les lacs, dont près de 10 millions sont des déchets plastiques.

La planète est de plus en plus abîmée

Sur l’ensemble de la planète, au cours des cinquante dernières années, 60% de milieux naturels ont été dégradés par l’urbanisation, le développement des infrastructures de transport et la surexploitation des ressources.

Le climat se dégrade

L’eau douce manque

Aujourd’hui, plus de 2,7 milliards d’êtres humains manquent d’eau au moins un mois par an.

4,5 milliards de personnes manquent de services d’assainissement gérés de manière sûre ; 80% des eaux usées retournent dans l’écosystème sans traitement.

Les migrations s’accélèrent

Les valeurs de la démocratie sont remises en cause

La globalisation des marchés vide chaque jour davantage les démocraties de leur sens. Les gouvernements démocratiques, empêtrés dans des petits scandales, soucieux d’une popularité vacillante, ne se donnent plus le temps d’être provisoirement impopulaires et d’agir pour le long terme.

Le PIB ne mesure pas la dégradation de l’environnement et le temps passé à des activités de distraction ou de conversation sur les réseaux sociaux. De même, il ne valorise ni l’éducation, ni l’espérance de vie, ni l’état de la nature.

Comme dans d’autres périodes sombres de l’Histoire, on voit glorifiés les hommes forts, les doctrines fanatiques, les idéologies intolérantes.

Remettre ces évolutions dans une perspective longue

Elle s’inscrit, fondamentalement, dans une priorité croissante donnée au présent sur le passé et l’avenir. Dans une volonté tyrannique des vivants de profiter du monde, en détruisant ce qu’il fut et ce qu’il peut devenir. En ne s’occupant que des flux, qui sont l’instant, et pas des stocks, qui sont l’Histoire. En détruisant l’héritage, en ne laissant rien aux générations à venir.

Cela se conclura, après mille soubresauts protectionnistes, populistes et identitaires, mille crises…par une victoire, provisoire en tout cas, des marchés sur les Etats, des objets sur les services, des machines sur les gens, de l’individuel narcissique sur le collectif altruiste.

 

Ch. 3 L’EMBALLEMENT

La démographie restera sans contrôle

En 2050, l’Asie comptera 5,3 milliards d’habitants ; la population en Afrique atteindra 2,5 milliards, dont 85% en Afrique subsaharienne ; et l’Amérique latine 785 millions.

Les richesses seront de plus en plus concentrées

Le travail sera de plus en plus rare

Plus généralement, le progrès technique continuera à organiser une lente et implacable traduction des êtres humains en artefacts, d’abord bourrés de prothèses, puis surveillés par des intelligences artificielles, comme s’ils étaient eux-mêmes des artefacts ; et lentement, le devenant.

Le niveau de vie des retraités baissera

Le taux de dépendance démographique (rapport entre la population de plus de 65 ans et la population de 15 à 64 ans, c’est-à-dire en âge de travailler) va passer en Europe de 30% en 2016 à 51% en 2070.

On ira vers une stagnation séculaire

On assistera alors, selon cette prédiction, à la poursuite de la baisse du niveau de vie des plus pauvres et des classes moyennes, et à la croissance de la fortune des plus riches.

Les pénuries deviendront insupportables

Les deux tiers de la population mondiale seront confrontés à des pénuries d’eau en 2025.

La production agricole pourrait encore baisser, à cause du réchauffement climatique, de la pollution de l’air et de la dégradation des sols.

Une crise de l’offre de graphite, palladium, platine, rhodium –essentiels en particulier pour les batteries- se fera aussi sentir dès 2020.

Les besoins en infrastructures seront de plus en plus énormes

Les besoins d’investissements nombreux dans les transports, l’énergie ou l’eau sont de l’ordre de 8000 milliards de dollars par an, jusqu’en 2030.

Le climat se déréglera bien plus encore

On peut s’attendre en 2050 à 250 millions de réfugiés climatiques. Au total, les migrants internationaux pourraient dépasser les 400 millions.

La nature sera de plus en plus polluée

Si on ne fait rien, dès 2025, il y aura dans les océans une tonne de déchets pour trois tonnes de poissons ; contre une pour cinq aujourd’hui.

Le monde sera de plus en plus dans un chaos politique

On ira vers une économie de marché globale sans Etat de droit, qui conduira à l’aggravation de la concentration des richesses, à un sous-emploi des hommes, à un environnement de plus en plus négligé, au pillage de toutes les matières premières, provoquant une exacerbation des désordres sociaux, idéologiques, politiques, géopolitiques et climatiques.

Les huit crises possibles

Ces huit crises, dont les paramètres s’entremêlent, sont : Financière ; Economique ; Sociale ; Politique ; Géopolitique ; Technologique ; Ecologique ; Idéologique.

 

Ch. 4 PARTOUT, DES MANŒUVRES DE RETARDEMENT

Le monde est noyé sous l’argent des banques centrales

Les banques centrales, supposées indépendantes, créent de la monnaie, qu’elles prêtent aux banques qui la reprêtent aux gouvernements, espérant ainsi donner du temps aux dirigeants pour qu’ils mettent en œuvre les réformes nécessaires.

Dans la zone majeure de l’économie mondiale, la masse monétaire est passée de 64% du PIB en 1980 à 125% en 2016 !

La dette publique continue d’augmenter

La dette publique atteint dans certains pays sept fois le montant des recettes fiscales : aucun particulier ne se risquerait à avoir des emprunts sept fois supérieurs à ses revenus annuels.

Les ménages continuent aussi de vivre aux crochets de l’avenir

Dans les pays développés, la dette des ménages atteint 63% du PIB en 2016, contre 52% en 2008.

La distraction nourrit l’inaction

Aujourd’hui on ne cesse d’inventer des moyens de ne pas penser, de ne pas réfléchir, ni aux enjeux du monde, ni même à sa beauté.

Ainsi a-t-on inventé dans les dernières décennies les jeux vidéo, les réseaux sociaux, la réalité virtuelle, des activités qui occupent désormais plus du tiers de la vie des hommes, avec une industrie de plus en plus puissante, dont la fonction majeure est de distraire, de divertir, de légitimer la résignation, de justifier la procrastination, de faire aimer le non-agir.

Les entreprises s’endettent au-delà du raisonnable

Au total, la dette mondiale de l’ensemble des emprunteurs, sans tenir compte des engagements de retraite, s’élève à 327% du PIB mondial.

Les défis des problèmes technologiques sont négligés

Personne ne parle sérieusement de maîtriser l’intelligence artificielle, de contrôler la génomique, les neurosciences ou les nanotechnologies.

Les solutions des problèmes écologiques sont reportées

Le prix du carbone reste très bas.

On ne gère pas non plus correctement les problèmes des déchets, ni dans les pays développés, ni dans les pays en développement.

 

Ch. 5 LE PIÈGE SE REFERME

Les taux d’intérêt commencent à monter

Mais si les taux d’intérêt remontent, dans certains pays particulièrement endettés, si cette hausse n’est pas maîtrisée et s’accélère, le service des dettes publique et privée deviendra vite intolérable, déclenchant une crise financière.

La valeur des entreprises cotées et non cotées commence à être mise en doute

La valorisation des actions cotées aux Etats-Unis est passée de 95% du PIB en 2011 à plus de 155% du PIB en mars 2018 !

Quelques signes annonciateurs

L’extraordinaire fragilité de la firme Facebook qui a perdu près d’un million d’utilisateurs en Europe après la mise en place du nouveau règlement européen sur la protection des données.

Les premiers signes du retour du nationalisme économique

Après une longue période d’ouverture, d’augmentation des échanges, de réduction des barrières douanières et non douanières, les pays en déficit commercial recommencent à se fermer.

Les premiers signes d’une crise écologique majeure

La saison des feux a commencé plus tôt et se termine plus tard.

Face à ces enjeux, d’autres idéologies commencent à s’exprimer

La première rassemble tous les tenants des droites nationalistes et xénophobes ; la deuxième rassemble tous les tenants des gauches les plus radicales ; la troisième rassemble les tenants des pouvoirs religieux…Pour les premiers, l’identité est dans la terre. Pour les deuxièmes, elle est dans la nature. Pour les troisièmes, elle est dans la foi.

 

Ch. 6 DES CRISES MAJEURES ONT EU LIEU DANS DES CIRCONSTANCES COMPARABLES

Des crises analogues ont eu lieu

Depuis 2008, aucune solution sérieuse n’a été mise en place. Encore moins pour les enjeux moins visibles, comme le climat et les pénuries. Rien qu’une procrastination, de la distraction et un report des échéances, par peur de ce qui est à faire.

 

Ch. 7 JUSQU’À QUAND SANS CRISE MAJEURE ?

Jusqu’à quand pourra-t-on retarder la crise?

Le monde n’est plus, dans son ensemble, qu’une gigantesque pyramide de Ponzi, dans laquelle la seule différence entre les gouvernants actuels et M. Madoff est que M. Madoff est en prison. Et que, pour l’instant, la pyramide tient encore debout.

Et beaucoup vont continuer de regarder, sans trop s’inquiéter, les dettes s’accumuler, le chômage augmenter, les inégalités se creuser, les pénuries se multiplier, les tensions et les escarmouches augmenter, les prix des matières premières grimper en flèche, l’eau douce manquer, les migrations s’accélérer, le climat devenir insupportable. Ils n’y penseront pas trop, tant que de nouvelles distractions réussiront à leur faire oublier la peur de l’avenir.

 

Ch. 8 QUEL SCENARIO DE DÉCLENCHEMENT ?

Un effondrement de la valeur des actifs

Les patrimoines boursiers pourraient perdre un tiers de leur valeur en quelques jours.

Une hausse brusque des taux d’intérêt à long terme

L’utilisation d’algorithmes de prédiction exacerberait les comportements panurgiques sur les marchés. En particulier, tous les produits structurés fondés sur la vente d’options ou de stratégies d’investissement complètes et construites avec très peu d’argent et beaucoup d’effet de levier, accéléreront la crise. L’appréciation de leur valeur future deviendrait alors explosive.

Une crise politique de l’Union européenne

Le plus vraisemblable serait la généralisation de gouvernements populistes en Europe…Ces gouvernements prétendraient nourrir un projet européen. En réalité, leurs politiques seraient, par nature, en conflit les unes avec les autres. Et il faudrait peu de temps pour que leurs conflits fassent exploser l’euro, puis l’ensemble des règles du marché unique et de l’Union européenne.

Une crise du dollar

Hypothèse de la perte de crédibilité globale de la superpuissance…La prise de conscience de ce que le déficit budgétaire américain est définitivement hors de contrôle…puis, un effondrement du dollar…

Une crise dans un pays périphérique majeur

Une crise de l’énergie ou des matières premières

Une crise climatique

Une crise de l’eau

Un grand attentat terroriste

Une crise technologique

Jusqu’à ce que l’intelligence artificielle échappe à ses maîtres et prenne totalement le pouvoir sur les hommes, et même contre les hommes.

Un affrontement militaire des grandes puissances

Et après ?

Au-delà de ces crises, on assisterait alors à une recomposition géopolitique du monde en faveur de l’Asie, à une contestation globale des systèmes démocratiques, à une mise en place de régimes despotiques en Europe et aux Etats-Unis, puis à une victoire des entreprises sur les nations.

Sans masquer ce qui fait l’essentiel de notre drame : notre égoïsme, qui nous fait préférer notre présent, certain, à notre avenir, hypothétique. Oubliant qu’il n’y aura bientôt plus de présent s’il n’y a pas d’avenir.

 

Ch. 9 LA RÉPONSE : TROIS PRINCIPES, SIX ACTIONS

Le capitalisme, le marché et les forces qui l’animent sont des mécanismes ; ils ne se résument pas à des puissants qu’il suffirait de remplacer. Ces mécanismes détruisent les patrimoines de toute nature, en particulier les patrimoines matériels, pour en tirer des flux, de plus en plus immatériels, en abandonnant des déchets de plus en plus importants…Ces mécanismes sont planétaires. Se renfermer ne nous protégera pas.

Trois principes

. Lucidité Etre prêt à comprendre, jusque dans leurs signaux les plus faibles, et le plus à l’avance possible, l’immensité des dangers, financiers, économiques, sociaux, politiques, géopolitiques, idéologiques, technologiques, écologiques ; pour soi, pour sa famille, pour son pays, pour ses contemporains, pour les générations futures.

. Combativité Il ne faut jamais se résigner, ni à souffrir, ni à perdre, ni à subir les conséquences des décisions des autres…Le courage est la clé de tout.

A chacun de nous, aujourd’hui, d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

. Positivité On ne peut échapper à une crise, ici et maintenant, de quelque nature qu’elle soit, qu’en agissant dans l’intérêt des générations futures.

Six actions pour une protection personnelle

. Analyser les risques Evaluer en quoi l’une ou l’autre de ces huit crises remettrait en cause un élément de sa propre situation (son revenu, sa retraite, son patrimoine, son emploi, son statut, son logement, son cadre de vie, sa liberté d’expression, sa liberté d’aller et venir, sa possibilité de devenir soi, son bonheur et celui des siens)

Agir positivement : protéger les acquis des générations suivantes

Trouver des alliés Les alliés peuvent être familiaux, amicaux, professionnels, financiers, associatifs, syndicaux, politiques ; ils peuvent aider à protéger une épargne, un emploi, une retraite. Et plus encore des libertés ou un environnement.

Renverser la table

Danser près de la porte

Partir

Six actions de prévention collective pour une entreprise

C’est en pensant à dix ans au moins qu’une entreprise peut survivre la semaine suivante.

La prévention collective pour un pays

La prévention collective pour le monde

 

 

 

*

Surtout : regardez vos enfants, ou vos petits enfants…Demandez-vous si vous pouvez leur laisser, à cette date (2050, 2070) un monde épouvantable ; si vous avez envie qu’ils vous maudissent, comme vous auriez de bonnes raisons de maudire les générations précédentes pour avoir laissé le monde dériver ainsi.

Chacun doit seulement se demander s’il a fait tout tout ce qu’il aurait pu faire, s’il fait tout ce qu’il peut faire, pour que ces cauchemars ne deviennent pas réalité. Oui, on le peut.

 

 

 

*

 

 

 

Emetteur du verbatim : François C

LA COMEDIE (IN)HUMAINE de Nicolas BOUZOU & Julia de FUNES - Ed. de l’Observatoire

La comédie (in)humaine ; comment les entreprises font fuir les meilleursLes collaborateurs… ont besoin de formations utiles, d’autonomie, d’autorité et de sens.

Les entreprises sont passées d’un management paternaliste, vertical et autoritaire, à un management infantilisant, mâtiné de bienveillance et de démagogie.

La complexité à l’intérieur de l’entreprise (la « complication », mesurée par le nombre de procédures, de niveaux hiérarchiques, d’interfaces, d’organes de coordination, de process, de reporting et de contrôle…) croît beaucoup plus vite que la complexité à l’extérieur de l’entreprise.

C’est, par exemple, le cas des mutuelles d’assurances, dont certaines sont rongées par les réunions, les process, les chiffres. La réglementation, qu’elles critiquent, les a en réalité protégées et leur a offert le loisir de développer des gouvernances et des organisations d’une redoutable inefficacité.

Les entreprises doivent valoriser l’intelligence, le courage, alors que les comportements lâches sont légion et que les équipes sont apeurées. Les salariés ont besoin d’autonomie, de franchise et de sens, pas de bons sentiments, de novlangue et de jeux récréatifs.

Le management « adulte », positiviste, adapté, est celui de l’autonomie au service d’un objectif sensé. Les entreprises du XXIème siècle doivent, pour ce faire, valoriser cinq qualités : la capacité à innover, l’audace, l’efficacité, le courage et la réflexion.

Le marketing est au cœur d’une transformation radicale…Demain, l’interprétation du big data par l’intelligence artificielle aura tué le business classique des études marketing… Les compétences clés seront la capacité à formuler une problématique, la créativité, l’audace et le courage de prodiguer des conseils intelligents et de convaincre qu’ils sont pertinents.

L’homme peut s’adapter et il est capable d’embrasser une vision holistique, systémique. Ce sont ces qualités qu’il doit renforcer et valoriser : voir largement, penser globalement.

Malgré ces évolutions technologiques, l’entreprise n’a pas disparu et le travail indépendant n’est pas devenu la règle. En France, 2,8 millions de travailleurs non salariés sont référencés par l’Insee, soit 12% de la population active.

Mais aujourd’hui, la capacité à innover, à être audacieux, à générer des idées intelligentes…n’est plus directement liée à un temps de présence sur un lieu donné. La quantité de travail importe, mais c’est au salarié «autonome» de déterminer quand et où il travaille le mieux.

Les entreprises se gargarisent d’autonomie et d’innovation, mais, au-delà des contraintes légales, elles restent attachées à une idéologie du contrôle et de la surveillance, difficilement compatibles avec l’entreprise efficace du XXIème siècle.

L’entreprise, en proposant tous types de services pour ses collaborateurs, y compris les plus privés, empiète sur leur espace intime…Ces cages dorées sont des injonctions au bonheur et au bien-être, mais servent surtout à «gérer» intégralement le salarié.

Le réalisme consiste à laisser de l’autonomie dans une organisation simple au service d’un projet que tout le monde doit servir.

Les entreprises évoquent en permanence l’audace, l’initiative, la créativité, l’innovation, mais l’obsession du collectif les empêche parfois de les pratiquer. Encore une injonction contradictoire!… Il n’y a rien de plus urgent pour l’entreprise que de laisser ses collaborateurs se concentrer, seuls, dans un bureau, résoudre des problèmes, trouver des solutions, au service du projet commun…

La complexité et la complication sont les symptômes d’un état d’esprit profond, qui émane de la société tout entière, marquée par une prolifération des peurs.

La réglementation au niveau politique et administratif et l’esprit de contrôle et de surveillance au niveau de l’entreprise s’aiment sans le dire et se fécondent tous deux pour donner naissance à des organisations où l’autonomie n’est plus qu’un mot et l’entrepreneuriat un concept.

C’est cette éthique du risque, de responsabilité, qui permet d’entreprendre, d’investir, d’innover et de changer…Le risque tempéré par la prudence est nécessaire à une vie réussie, à une entreprise réussie.

Agir n’est pas appliquer. L’action n’est ni l’agitation, ni l’application. Elle intègre les aléas qui la perturbent.

On ne déplace pas les montagnes en solitaire. Seul un groupe humain emmené par un chef charismatique, habité par le bon sens et une ténacité insubmersible, peut accomplir de grandes choses. Le numérique n’a pas tué l’organisation, il l’oblige à évoluer et à cultiver l’intrapreneuriat, cet «entrepreneuriat de l’intérieur».

L’imposture des «coachs» en leadership.

Les dirigeants doivent construire leur autorité sur leur compréhension personnelle des situations, des êtres qu’ils encadrent et sur le courage de décider malgré le cours imprévisible des événements.

Entre les deux, il y a le travail joyeux mais rigoureux, qui ne fait pas de l’entreprise une «pouponnière», ni de ses salariés des bébés. Le management «adulte» et responsable fait moins de l’aménagement de son territoire que de l’autonomie de ses salariés la condition première de son efficacité. Mais aujourd’hui, la mode est au «fun»…

La confrontation avec le réel, l’analyse et l’action, qui supposent un travail, des lectures, une réflexion, est remplacée par ce management juvénile, qui consiste à faire du loisir une loi d’existence, du plaisir un principe de réalité et de l’émotion compassionnelle une bonne conscience.

La morale utilitariste envahit nos sociétés, ce qui se traduit par l’obsession du bien-être…L’entreprise est le lieu de l’effort, du travail, de l’investissement, du risque mais pas du bonheur.

Nous constatons malheureusement que, trop souvent, le baby-foot, les plantes vertes et la méditation express du midi se substituent au projet, au travail et au sens.

C’est quand le sens est absent et que l’amour du travail bien fait s’érode que les entreprises se perdent en objectifs multiples et insignifiants et mobilisent maladroitement des dérivatifs comme le jeu et le bonheur.

Le management doit développer trois notions : la simplicité, l’autonomie et la culture.

La confiance ne saurait se réduire à un contrat. C’est au contraire la défiance qui entraîne un besoin obsessionnel de contrats…Le contrat repose sur une logique de protection réciproque. Les relations de confiance, à l’inverse, acceptent une logique asymétrique: j’accorde ma confiance sans avoir la certitude qu’elle sera payée de retour ; je me place dans une position de dépendance à l’endroit de l’autre ; je suis vulnérable face à autrui…Accepter l’incertitude est donc l’une des premières conditions de la confiance.

Les dirigeants et managers perçoivent mal que le courage n’est pas une vertu sacrificielle. Elle protège l’entreprise. Elle maximise ses chances de survie. Elle est le meilleur outil de régulation…Elle est tout à la fois instrument de leadership et de gouvernance. Elle se diffuse par mimétisme, partant de l’exemplarité des leaders. Le courage est l’outil indispensable au service du sens et de l’avenir.

Le brainstorming fantasme l’horizontalité et l’égalité. C’est la raison pour laquelle il ne donne jamais rien…Le topique est ce à quoi aboutit le brainstorming: un florilège d’opinions diverses souvent sans intérêt.

Dans la réalité de l’entreprise, le brainstorming ressemble davantage à une flatterie démagogique qu’à un discours constructif. C’est la raison pour laquelle il ne donne presque jamais de résultats.

Le mantra de Facebook était « Relier le monde », celui de SpaceX pourrait être «Amener les humains sur Mars». Un laboratoire pharmaceutique afficherait «Tuer le cancer». Le nôtre serait «Des idées pour progresser».

Le rôle explicite des managers ne doit pas être de défendre un silo ou un service mais, au service d’un projet collectif, de faciliter la fluidité de la communication dans la globalité de l’entreprise.

Rédiger un bon narratif de quatre pages est plus difficile qu’écrire un Powerpoint de 20 pages, car concevoir la structure d’un bon texte oblige à une meilleure identification et compréhension de ce qui est important et de la façon dont les choses sont reliées.

Au lieu de faire de la pâte à modeler et des loisirs créatifs, enrichissons la pensée, nuançons les mots, apprenons aux salariés à écrire correctement pour affûter les esprits, les rendre plus performants, plus riches en vocabulaire et donc en idées précises.

Supprimer la charte éthique ou ne conserver que le courage…Dans le cadre de l’entreprise, le mantra + le courage valent tous les engagements éthiques.

Supprimer les activités ludiques des séminaires d’entreprise…Ces derniers doivent être considérés comme des moments de rencontre et d’échange studieux, conviviaux et joyeux.

«Sapere aude» (Ose savoir)…Gardons toujours à l’esprit qu’une collectivité est humaine (et non inhumaine comme peut l’être un système totalitaire) quand elle est composée d’une pluralité d’êtres reconnus comme pensants, quand ses membres visent un sens commun et mènent pour cela des projets.

Au fond, nous plaidons avant tout pour un retour du sens et du bon sens. Pensons, travaillons, innovons dans la joie et la convivialité ! Aimons l’aventure et ayons du courage, condition de la justice, de l’efficacité et de la réalisation de soi.

 

*

 

Emetteur du florilège : François C.

MACRON LA VALSE FOLLE DE JUPITER de Jean-Marc DANIEL - L’Archipel 2018

Macron, la valse folle de Jupiter Emmanuel Macron s’est engagé dans un processus où il est conscient de la nécessité du changement, de la transformation selon son expression, mais où il ne fait les choses qu’à moitié, accumulant les retards et comptant sur l’oubli et la fumée répandue par sa communication à la fois institutionnelle et personnelle en vue de masquer son inaction relative.

Au point où nous en sommes, Emmanuel Macron s’est transformé en un libéral américain: il accepte l’économie de marché, mais l’accompagne d’un État intrusif.

I. Ricoeur et rancœur ou la gloire du traître

Cette vie comporte plus de déconvenues et de fragilité que l’on veut bien nous le faire croire…Cela peut se révéler positif pour notre pays si Macron veut, au travers de sa présidence, effacer aux yeux de l’Histoire et de lui-même ces déconvenues et les mesquineries dont il a pu faire preuve.

Notre conviction est en effet que, si la tendance des premiers mois se confirme, Emmanuel Macron prend sérieusement le risque de subir le sort qui fut celui de son lointain homonyme –là encore de façon symbolique et exclusivement politique- c’est-à-dire qu’il ne sera pas réélu.

2. Le macronisme en campagne

Dans sa campagne, Macron a cherché à rompre avec cette approche caractéristique des mouvements issus de la gauche dans laquelle un projet flou et verbeux rassure les militants tandis qu’un programme sans envergure permet d’engranger les électeurs.

Nous proposons donc de classer les gauches en France en une gauche feuillante, au discours et à la pratique réformistes, au projet et au programme réalistes ; une gauche girondine, au discours révolutionnaire et à la pratique réformiste, au projet utopique et au programme démagogique ; et une gauche montagnarde, au discours et à la pratique révolutionnaires, au projet violent et au programme irréaliste.

Dans les pays dits socialistes d’autrefois, l’organisation planifiée de l’économie entretenait un gigantesque marché noir et tous les réformateurs qui proposaient des remèdes pour le faire disparaître arrivaient à la conclusion que le plus sûr moyen d’y parvenir était de réintroduire le marché, c’est-à-dire la liberté de créer des entreprises et d’en assurer la gestion dans le but de réaliser des profits.

Le paradoxe est que les «montagnards»-i.e. la France insoumise et ce qui reste du parti communiste-, qui se disent progressistes, sont en réalité des conservateurs militants… Le monde patronal français reste peuplé de conservateurs foncièrement antilibéraux.

Macron parle en septembre 2015 d’une société française engluée dans la rente, les monopoles et la défense des insiders, i.e. de tous ceux qui réussissent par des statuts ou des dispositifs contraignants dans la gestion de l’emploi à se protéger des aléas économiques.

Entre 2014 et 2016, Emmanuel Macron construit et égraine un projet feuillant, i.e. en langage plus moderne, social-libéral dont la composante libérale est à la fois affirmée et assumée.

3. Le macronisme en action: premiers éléments

L’économie française enchaîne des cycles d’une durée de sept à neuf ans, dont les années les plus défavorables, années de ralentissement, voire même de récession, furent 1975, 1983, 1993, 2001 et 2009. Le problème de la France est que, simultanément, son taux de croissance potentielle n’a pas cessé de reculer. Dans les années 1960, il était de 5%, dans les années 1970 de 4%, dans les années 1980 de 3%, dans les années 1990 de 2% et, depuis 2000, il se situe entre 1,5 et 1%.

C’est à la résolution des problèmes structurels du pays que le président Macron doit se consacrer en priorité: 1. La persistance d’un chômage élevé ; 2. L’absence de maîtrise des finances publiques ; 3. Un important déficit extérieur.

Porter un jugement sur les débuts d’Emmanuel Macron revient à s’interroger sur l’adéquation de la politique qu’il mène face à un héritage où le haut de cycle masque les limites du rebond de l’économie française, d’une économie en sous-emploi et marquée par les déficits jumeaux (budgétaire et commerce extérieur).

4. Le macronisme en action: rétablir la croissance potentielle

Par essence, l’État détourne à son profit une partie de la capacité de dépense du secteur privé. Ce détournement n’a de raison d’être que si la dépense publique a une utilité sociale supérieure à la dépense privée qu’elle empêche.

Cette prolifération morbide d’impôts est devenue une des composantes du « mal français » auquel il est urgent de s’attaquer.

En introduisant dans la vie des entreprises des obligations floues, voire contradictoires, on les fragilise. Enfin et surtout, le fait qu’à force de contraindre les entreprises, on porte atteinte à cet élément clé de leur fonctionnement et par-delà de la démocratie qu’est le droit de propriété.

Retraites. Le constat est simple, à savoir que la France, qui consacre 14% de son PIB à payer des retraites, est le pays de l’OCDE, après l’Italie, où ce poids est le plus élevé… Si le système accumule les déficits, c’est que l’on donne trop ou que l’on ne prend pas assez.

Toutes les astuces de langage plus ou moins alambiquées n’empêcheront pas que sortir de cet inconcevable déni sur l’âge de départ à la retraite est inévitable.

5. Le macronisme en action: redresser les finances publiques pour gérer le cycle

E. Philippe «La vérité, c’est que quand nos voisins allemands prélèvent 100 euros en impôts et en dépensent 98, nous en prélevons 117 et en dépensons 125. Qui peut penser que cette situation est durable?».

Chaque année, la France dépense 42 milliards d’euros pour rembourser ses intérêts. 42 milliards, c’est plus que l’intégralité du budget de la Défense nationale, c’est cinq fois le budget de la Justice.

Pendant la décennie de 1980 à 1990, les dépenses publiques ont représenté en moyenne 49,8% du PIB, 52,8% entre 1990 et 2000, 53,7% entre 2000 et 2011 ; et le quinquennat de François Hollande s’est terminé par un poids de 56,4% en 2016.

La dette publique représentait 99,2% du PIB au moment de l’élection d’Emmanuel Macron alors que son poids était de 20,7% en 1980.

Le bilan de ces allers et retours, allant de «coups de menton» économiques keynésiens justifiés par des discours sur le «modèle social français» à des corrections libérales inscrites dans le sens des attentes bruxelloises, est l’effritement de la crédibilité européenne de la France.

Redéfinir les missions de l’État, pour passer de la technique dite du rabot à celle dite du sécateur (qui consiste à «couper des branches», i.e. à redéfinir le périmètre de l’action publique).

Pour une nouvelle politique, il faut de nouvelles équipes. Et nous avons plus besoin d’une nouvelle politique budgétaire que d’une nouvelle politique de défense.

Le problème de la gestion de l’État n’est pas celui de la dépense publique, mais celui de la rente publique, i.e. de secteurs de l’administration qui, échappant à la concurrence, en profitent au nom du service public pour garantir à leurs gestionnaires des revenus indus.

Si l’on veut réduire le nombre de fonctionnaires, il faut savoir qu’il faudra affronter les syndicats conservateurs de la fonction publique. Pour l’instant, rien ne bouge.

6. Le macronisme en action: dignité nationale

Du fait de son impéritie budgétaire, Emmanuel Macron va devoir subir le cycle sans être en capacité d’en limiter l’impact…Apparemment, il compte sur le redressement en profondeur de l’économie pour contrebalancer les soubresauts conjoncturels. Son problème est que, malgré la reprise incontestable de l’investissement constatée en 2018, il n’est pas sûr que les mesures prises sur le marché du travail réduisent significativement et surtout rapidement le chômage.

Trois limites du macronisme en action : 1. Sa capacité personnelle à identifier les hommes utiles ; 2. Le peu de fidélité qu’il suscite ; 3. L’inexistence de relais politiques auprès de l’opinion, de militants aguerris prêts à protéger et à défendre sans barguigner le président de la République en cas de coup dur.

L’impression qui se dégage du groupe parlementaire d’En marche ! est qu’il est constitué d’une collectiuon d’hommes et de femmes dont on ne sait pas d’où ils viennent et qui ne savent pas où ils vont.

Dans les commentaires sur la haute fonction publique, on n’évoque guère le fait que Bercy ait été incapable de construire un budget à l’équilibre depuis plus de quarante ans.

Conclusion

Emmanuel Macron engage des procédures qui ne vont pas jusqu’à leur terme, ouvre des chantiers qui s’enlisent sans que personne ne comprenne où tout cela conduit.

Quatre points essentiels. Il lui faut : 1. Renforcer la concurrence ; 2. Faire du marché du travail un vrai marché : passer d’un cadre très contraignant à une logique contractuelle ; 3. «mieux dépenser» : utiliser les dépenses publiques pour améliorer la situation des plus défavorisés ; 4. Respecter nos engagements européens sur le plan budgétaire.

*

Émetteur du verbatim : François C

«Il faut dire que les temps ont changé…» - Chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète de Daniel COHEN - Albin Michel

https://images.epagine.fr/440/9782226437440_1_m.jpg L’espérance d’un avenir radieux a laissé place à la nostalgie d’un passé magnifié.

Toute la question est évidemment de savoir si le remède ne sera pas pire que le mal. Les robots vont-ils remplacer les humains et accroître la misère ? Le travail à la chaîne laissera-t-il place à une taylorisation des esprits, via Facebook et Netflix ?

Première partie PARTIR, REVENIR

I. Mythologies modernes

Les sixties marquaient bien davantage que le point culminant d’une phase de croissance. Un bouleversement beaucoup plus fondamental était en train de s’accomplir : la chute de la société industrielle allait vraiment se produire. Les trompettes de Jéricho embouchées en Mai allaient faire tomber, contre toute attente, les murs de l’ancienne forteresse. Les soixante-huitards n’y sont évidemment pour rien. Ils ont davantage flairé sa fragilité qu’ils n’ont été responsables de son effondrement. Un cycle totalement inédit était en train de s’ouvrir, rongé par une perte de sens, et qui allait mettre cinquante ans à se déployer.

Dans son livre Les Contradictions culturelles du capitalisme publié en 1976, le sociologue américain Daniel Bell analyse le capitalisme comme une tension permanente entre la sphère de la production, qui est habitée par un idéal d’ordre et de renoncement, et celle de la consommation, du marketing et de la publicité qui offrent des images de «glamour et de sexe, et font la promotion d’une manière hédoniste de vivre». L’une pousse à l’obéissance, l’autre à l’épanouissement. Vient un moment où elles ne parviennent plus à cohabiter.

II. Illusions perdues

1973 devait être la dernière année faste. A partir du milieu des années soixante-dix, les pays avancés allaient faire l’expérience d’une désillusion amère…La prospérité matérielle qui semblait acquise, voire excessive, devenait soudain incertaine.

L’assassinat de Moro en 1978 marque le paroxysme de la violence politique en Italie. On a appelé «années de plomb» la décennie mortifère des années soixante-dix…Tout au long des années soixante et soixante-dix, le nombre des homicides explose dans la plupart des pays riches, multiplié par un facteur 2,5 aux Etats-Unis et en Europe.

La violence criminelle des années soixante-dix a fini par abîmer la contre-culture des sixties. C’est elle qui allait, pour partie, déclencher la contre-révolution conservatrice, annoncée comme un retour à l’ordre moral tout autant que comme une solution à la crise économique.

III. La révolution conservatrice

La force de Reagan a été de rassembler dans un même programme les classes populaires (blanches) et les élites de Wall Street. Il a fédéré ses partisans autour d’une idée simple : le travail est salvateur.

L’économiste Benjamin Friedmann a montré…qu’il existe un formidable parallélisme entre les phases de croissance économique et l’essor des idées « progressistes ».

 

Deuxième partie LES TEMPS DÉGRADÉS

IV. L’adieu du prolétariat

Les classes populaires ont pris de plein fouet la dissolution de la société industrielle, qui, malgré ses défauts, avait au moins cet avantage de créer un habitat social intégrateur. Le sociologue Max Schuler a élaboré une théorie du ressentiment, dont le populisme a été l’expression parfaite. Il l’analyse comme un phénomène spécifiquement moderne, intrinsèque aux sociétés où l’égalité formelle entre les individus coexiste avec des différences spectaculaires en termes de pouvoir, d’éducation, de statut et de patrimoine, qui deviennent tout à coup insupportables quand on comprend qu’elles ne se réduisent pas.

V. La phobie migratoire

Aujourd’hui, les emplois les moins « flatteurs » de la société contemporaine –restauration, gardien de sécurité, commerce, aide aux personnes âgées- sont ceux qui vont aux immigrés. C’est ce qu’on appelle les bullshit jobs, dont les autochtones ne veulent pas, et que les immigrés de la première génération font partout, et auxquels ceux de la deuxième génération aimeraient échapper…Les immigrés représentent bien davantage qu’un enjeu économique. Boucs émissaires d’une société en crise, ils sont devenus le point de fixation de la violence contemporaine.

Comme le dit Pinker, à l’aune de la violence des punks, metal, gothiques, grunge, gangsters, hip-hop, les Rolling Stones feraient aujourd’hui figure de groupe caritatif…Les réseaux sociaux sont eux aussi devenus un réservoir de haine.

Daech a pris, à sa manière, possession d’Internet. Sa filmographie est directement inspirée des jeux vidéo. Ses recrues sont les digital natives du monde occidental, à qui on promet une place au paradis mais aussi et surtout une place dans l’imaginaire numérique.

 

Troisième partie RETOUR VERS LE FUTUR

VI. Le grand espoir du XXIème siècle

Tandis que s’effondraient la société industrielle et les infrastructures sociales qui la soutenaient, l’ascension de la société digitale progressait irrésistiblement.

C’est bien l’homme qui est au cœur de la société postindustrielle, mais un homme qui a besoin d’être préalablement numérisé pour épancher la soif inextinguible de croissance des sociétés modernes.

Le logiciel apprend seul, en jouant contre lui-même, au départ comme un débutant, puis de mieux en mieux, en utilisant ses propres « synapses », sa propre mémoire, pour acquérir de l’expérience, jusqu’à surclasser l’homme, grâce à des stratégies auxquelles aucun humain n’avait pensé auparavant.

La liste des progrès réalisés par les logiciels donne le vertige. On peut désormais tenir une puce, de la taille d’un grain de riz, entre le pouce et l’index, pour suivre à distance les malades atteints d’Alzheimer, ou pour s’identifier soi-même face à un robot…

Quel que soit le secteur considéré, moins la firme emploie de personnels, plus elle réussit…Le modèle de la «firme superstar» s’impose, avec un trait récurrent, celui du «winner takes most»: «le gagnant prend (presque) tout».

Dès qu’un problème est subtil et mêle plusieurs objectifs à la fois, il est inéluctable qu’un programme aveugle privilégie un objectif au détriment de l’autre…C’est lorsque l’ambiguïté est grande que les robots échouent.

VII. Génération Iphone

Il semble que l’effort pour participer au réseau, y trouver sa place, y être reconnu, soit l’annonce d’une servitude nouvelle davantage que la promesse d’une libération. Au grand miroir des réseaux sociaux, chacun cherche à magnifier la construction d’un être visible aux autres.

L’envers du média social est une insécurité sourde, la crainte d’être rejeté, de ne pas être à la hauteur de cette course au awesome, au «génial» ! »

Comme dans le film Matrix, le monde virtuel tend à remplacer le monde réel. Il faut des pannes électriques pour que le vrai cesse d’être «un moment du faux», comme disait Guy Debord dans La Société du spectacle.

Le monde numérique est celui de l’infini indéfini, où tout passe, rendant impossible une réflexion critique. Se présentant comme l’héritière d’une tradition individualiste, la culture numérique a construit un être hybride, de réseaux et d’algorithmes. Les individus passent plus de temps à médiatiser l’événement qu’à le vivre.

De nouvelles régulations, de nouvelles critiques sociales et artistes, doivent être conduites pour éviter que le monde numérique ne nous enveloppe entièrement dans son réseau de surveillance et d’addictions.

Gorz A. «Le capitalisme a ôté le désir ou le pouvoir de réfléchir aux besoins «véritables» de chacun, de débattre avec les autres des meilleurs moyens de les satisfaire et de définir souverainement les options alternatives qui pourraient être explorées.»

 

Conclusion : De Dylan à Deepmind

Schiavone A. « Nous avons besoin d’un nouvel humanisme, constructeur d’une rationalité intégrée et globale, à la mesure de nos responsabilités. Nous ne pouvons laisser la technique, et le réseau de pouvoirs dont elle est traversée, décider sans médiations des formes de la vie qu’il nous est donné de vivre. Il apparaît de plus en plus nécessaire de trouver un point d’équilibre qui, tout en intégrant le lien entre technique et marché, sache se placer en dehors de lui, qui permette d’élaborer ce qui apparaîtra comme un bien commun »

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Emetteur du verbatim : François C

Cinquante nuances de guerre de Pierre Servant - Robert Laffont

https://images.epagine.fr/419/9782221193419_1_m.jpg «Les damnés de Mossoul» Tout n’est que chaos : moteur en flammes, camions criblés de balles, façades noircies, bidons éventrés, bennes défoncées, pylônes électriques couchés…La vie tente de s’extraire de cette masse de ferraille hostile…La vie humaine ravalée au rang de détritus, avalée par le grand démon du fanatisme religieux.

Le monde se fractionne et revient à la logique psychologique du duché, du marquisat, de la principauté, du califat.

L’ONU dénombre une trentaine d’Etats faillis (sur 193) et place cent vingt pays sur la liste rouge d’alerte pour cause d’instabilité chronique.

Les manœuvres de déstabilisation des Etats se feront plus fréquentes grâce aux armes de précision à longue portée, aux attaques en ligne (cyberguerre), aux systèmes robotisés permettant d’atteindre des cibles très lointaines et à la facilité croissante avec laquelle il sera possible de se procurer les techniques nécessaires à la création d’armes de destruction massive.

Première partie COMME UNE ENVIE DE BARBARIE

La barbarie monte de toutes parts et la civilisation marque le pas ou recule franchement. Le monde est à nouveau saisi d’une formidable envie de repli barbare, de recherche identitaire par rejet de la tribu des « autres ».

Assécher le terrain de la barbarie, c’est aussi se battre au plus près de soi sur ce terrain du sens, des valeurs, de la spiritualité (comprise dans son acception la plus large).

1. Recherche d’identité

Il y a dans l’air une envie frénétique de club à l’anglaise, fermé, sélectif et barricadé avec sur la porte un panneau subliminal ou explicite : »interdit aux »…ou « autorisé à »…

A travers la planète, des millions de personnes se sentent en voie d’expropriation : de leur terre, de leur culture, de leur maison natale, que cela soit une réalité (crises économiques, guerres, terrorismes, purification ethnique ou religieuse, peuples sans Etat : on pense aux Palestiniens et aux Kurdes) ou juste une crainte (« Je ne suis pas menacé mais je vais l’être à coup sûr »).

La montée de la pulsion identitaire –à travers une quête « religieuse » extrémiste- innerve toute la planète et toutes les religions.

2. Climat religieux tempéré…menacé

L’Indonésie (255 millions d’habitants dont 87% de musulmans) a vu progressivement sa tradition de pays tolérant et du juste milieu en matière religieuse remise en cause.

Ce qui pend au nez du premier pays musulman du monde, c’est une pakistanisation qui créerait des zones de non-droit contrôlées par les islamistes radicaux.

Chaque fois que l’on pose sa loupe sur une des terres du djihad, on trouve inlassablement les mêmes facteurs délétères : corruption des élites, mal-gouvernance locale, effondrement des services publics (notamment les soins ou les infrastructures), abandon d’une partie de la population par le pouvoir central, clanisme exacerbé, refus d’appliquer les accords de réconciliation, religion instrumentalisée, salafisme galopant, éducation faible ou inexistante (en dehors d’un enseignement coranique dévoyé par le wahhabisme), etc.

3. Bombes à fragmentation

Le génocide des yézidis a suscité dans le monde une indignation relativement mesurée.

Au début du XXème siècle, les chrétiens d’Orient représentaient 20% de la population du Moyen-Orient. Ils ne sont guère plus de 2 à 3% aujourd’hui.

L’Orient perd sa richesse humaine et culturelle : la lumière des juifs, des chrétiens, des yézidis s’efface, emportant avec elle dans la tombe ou l’exil la vitalité de cette terre.

La ville de Karakoch (près de Mossoul) est à elle seule un résumé de ce qui se passe dans cette région où ressentiments, haines recuites, guerres des religions, affrontements mafieux se mêlent sous le regard des grands parrains de ce conflit régional.

4. Éradiquer le pluriel

Stupéfaits, les Européens ont assisté en 2017 à la montée en puissance en Espagne d’une détestation de l’autre, devenu étranger à « sa » patrie.

MV Llosa « La passion peut être destructrice et féroce quand l’animent le fanatisme et le racisme. La pire de toutes, celle qui a causé le plus de ravages dans l’histoire, c’est la passion nationaliste. »

5. La chimère de l’ «ère nouvelle»

Le scrutin kurde d’autodétermination du 25 septembre 2017, histoire d’une pitoyable déconfiture kurde lourde de frustrations et de futurs affrontements.

Le résultat des premiers grands référendums sauvages de 2017 est catastrophique. Il laisse des pays déchirés, emplis d’amertume, l’un des camps attendant avec impatience le match retour pour prendre sa revanche. Le vent du sécessionnisme divise les peuples et délite « le vouloir vivre ensemble » cher à Renan. Il est lourd de sombres menaces.

6. La guerre des mémoires

En Pologne, le fossé est désormais infranchissable entre les conservateurs eurosceptiques au pouvoir et les libéraux pro-européens. Parmi les sujets de discorde : l’histoire nationale, devenue enjeu de combats mémoriels furieux.

C’est tellement nul que c’est bien

Réécrire l’histoire…signe en creux une attente : celle de populations qui se sentent menacées dans leur histoire par le poids d’une géographie débridée, sans limite ni frontière. Dans le noir de temps chaotiques, ils veulent pour avoir moins peur qu’on leur raconte des…histoires.

Le monde est devenu « religieux » à la façon des télévangélistes et des adeptes de Daech : incantations, condamnations et diabolisations sont leurs mamelles.

La révolution numérique, en diffusant les messages de la « nouvelle » vérité, en nivelant les discours (le pire est véhiculé plus aisément que le propos des « sachants » et « savants »), facilite la propagation de la sottise érigée en pensée ultime.

Donald Trump a été formidablement servi par la Toile, lieu impavide de propagation mondiale du « mentir-vrai ».

Deuxième partie COMME UNE ENVIE DE TYRANNIE

1. Le Fils du ciel et du dérèglement mondial

Assise sur le dogme d’infaillibilité maoïste, la Chine serait-elle en train de devenir une sorte de « Vatican » marxiste-léniniste, les porte-avions en plus et l’humilité du pape François en moins ?

Xi Jinping ne fait que picorer la pensée de Confucius. Il s’en sert d’abord comme de maximes qui lui sont utiles pour expliquer le sens de son action dans le cadre d’une « dictature éclairée ».

Il est le calme, Trump est l’agité. Cela ferait presque oublier la nature même d’un régime chinois qui reste répressif, ultranationaliste et marxiste, bref structurellement tyrannique, même s’il sait se montrer extrêmement manœuvrier et très entreprenant sur le plan du commerce international.

Pékin considère que l’Occident est devenu une pierre « molle », donc facile à travailler, à pénétrer.

Le PCC devient l’instrument de guerre idéologique du président chinois. La primauté du chef ne peut plus être désolidarisée de celle du Parti.

Le goulag chinois a de beaux jours devant lui, car il est clair que le régime de Xi entend faire mentir l’adage qui veut que le développement économique intérieur d’un pays s’accompagne d’un assouplissement du contrôle politique et d’une extension des libertés publiques.

2. La revanche de l’ «homme malade»

Dans la foulée du coup d’Etat en Turquie de juillet 2015, ce sont cent mille personnes qui ont été limogées, dont trente mille enseignants, avec une brutalité inouïe.

Parmi les marqueurs qui font d’un leader un tyran, celui de l’instabilité et de la réversibilité de ses alliances diplomatiques ou amicales émerge.

La mondialisation de la communication et de l’information a un terrible impact : les mauvais exemples se propagent très vite et font envie à des populations fragiles en quête de mâles dominants. En Serbie comme en Croatie, les idoles internationales ont pour noms : Trump, Orban (Hongrie), Wilders (Pays-Bas), Le Pen (France), Lindner (Allemagne), etc. La mondialisation facilite les effets miroirs et les phénomènes de contagion.

3. Nostalgies mémorielles

L’on ne comprend rien à la politique poutinienne sans prendre en compte une sorte de double nostalgie impériale qui a un large écho dans une partie de la population russe qui s’est sentie profondément déclassée après la chute de l’Empire soviétique.

4. Quand les Sassanides dictent à nouveau l’histoire du Moyen-Orient

Les Sassanides : cette civilisation puissante et érudite a régné pendant plus de quatre siècles (224-651 après J.-C.) sur un immense empire englobant l’Iran actuel, les territoires regroupés dans l’Irak d’aujourd’hui, l’Arménie…De défaite en défaite, l’Empire sassanide s’est effondré sous les coups de boutoir de la nouvelle foi armée : l’Islam.

Très investie en Iran et ailleurs dans le monde, la Chine cherche à tout prix à éviter des confrontations militaires directes qui gêneraient son grand projet d’expansion mondiale pour les cinquante ans à venir.

Jérusalem. En choisissant à travers un symbole détonant un camp contre l’autre, Washington abandonne la posture de médiateur de bonne volonté du conflit israélo-palestinien.

Soleimani. Il est l’un des maîtres d’œuvre et d’ouvrage en Iran de la forteresse chiite, développant sur place une activité aussi bien militaire, financière que diplomatique.

5. Traitement de choc pour l’Arabie saoudite, Etat schizophrène

L’écrivain Kamel Daoud parle à son propos d’un « Etat schizophrène », tout sourire en Occident et des plus barbares à la maison, avec décapitations publiques et discours de haine contre Israël, les apostats et les mécréants.

Ce pays qui, depuis les années 1970, a gangrené à coup de pétrodollars le monde sunnite d’un fondamentalisme abrutissant.

Fin 2017, médusés, les observateurs ont assisté à la mise sur pied d’une sorte d’axe anti-Perse : il fédère les Etats-Unis, l’Arabie saoudite (et les pays du Golfe, moins le Qatar) et Israël.

6. Moscow : the place to be

Dans le choc des icebergs nationalistes et la fonte des banquises étatiques, l’ours russe a prouvé que sa corpulence naturelle et sa diète récente ne l’avaient en rien handicapé.

Poutine a fait preuve au Levant d’un sens aigu des opportunités à saisir. Il a magistralement raflé la mise en sauvant Bachar et le clan alaouite d’un effondrement total.

Maestria diplomatique, cynisme politique, brutalité guerrière et sens affiné de la tactique ont permis au dictateur russe de se replacer au centre de la partie en peu de temps alors que son pays traversait une crise économique sévère à cause de l’effondrement du prix du baril de pétrole.

Ce que Poutine veut, c’est assurer la permanence de ses bases syriennes navale et aérienne en Méditerranée pour préserver son débouché vers les mers chaudes et y damer le pion à l’omnipotente Amérique.

7. L’atome des mollahs

Le monde est à la fois fortement fragmenté, sans polarité reconnue, et très relié…Dans ce contexte complexe, de quoi rêvent certains tyrans ? De l’atome ! C’est la garantie suprême, l’assurance-vie, la sanctuarisation garantie et, peut-être, la promesse d’une hégémonie par la terreur sur sa zone de convoitise.

8. Hiroshima mon amour

Kim Jong-un fait jeu égal avec les Etats-Unis, du moins dans l’invective.

Jusqu’où ira Kim Jong-un ? Que fera le président américain ? Que veut la Chine ? Ce sont trois questions majeures pour ce début de siècle.

La prudence commande de ne pas tout miser sur la raison dans un monde drogué à l’hyper-nationalisme. Le suicide collectif peut aussi faire partie de la panoplie d’une dictature ou d’une pensée jusqu’au-boutiste.

La Corée du Sud est la sixième puissance économique mondiale.

9. Le piège de Thucydide

Graham Allison : l’axe de sa réflexion le pousse à considérer que les grands décideurs sont loin de prendre des résolutions majeures d’une façon rationnelle…. » C’est la montée en puissance d’Athènes et la peur que cela a instillée chez Sparte qui ont rendu la guerre inévitable »

La frénésie d’irrationnel qui a saisi notre époque. La raison est balayée quotidiennement, y compris en Europe, au profit de la furie, de l’exclusion, du propos vindicatif, de la malhonnêteté intellectuelle, du sécessionnisme…Nous sommes entrés dans un temps d’hystérisation.

Les virus sectaires, mafieux, idéologiques sont proliférants. Ils s’attaquent aux parties faibles du monde. Elles sont nombreuses, comme on l’a vu.

Troisième partie COMME UNE ENVIE DE France…ET D’EUROPE

1. Discorde chez les « amis »

La France a péché longtemps par aveuglement sur le phénomène salafiste et sur le fait que la victimisation systématique des musulmans ne permettait pas de voir la progression du mal.

Certains courants de pensée se sont faits les alliés objectifs du salafisme, les aidant, par leurs postures idéologiques, à consolider une non-envie de France.

Pour le salafisme de combat, toutes ces fractures sont les bienvenues : c’est « la discorde chez l’ennemi » (titre d’un livre du général de Gaulle).

Tant que la menace du salafisme de combat (religieux, politique et djihadiste) n’aura pas été éradiquée, il continuera son travail de sape des démocraties et de pollution religieuse d’une partie de la planète.

Mais il y a bien une unicité politico-religieuse de référence à tous ces mouvements qui servent une seule cause : la volonté d’imposer à la planète un islam radical régissant tous les aspects de la vie des hommes sans exception (la charia).

2. Influence

« l’effet BTP » joue pour Macron et pour une nouvelle dynamique européenne : BTP pour Brexit, Trump, Poutine. Ce triptyque chaotique a pour effet de stimuler la diplomatie française et met l’Union européenne sous tension positive pour aller de l’avant. Chacun a conscience désormais, à Paris comme à Bruxelles, qu’il faut défendre et renforcer un modèle humaniste, démocratique, libéral et progressiste qui prend eau de toutes parts ailleurs dans le monde.

3. Locataire…contre propriétaire

Corporatisme, conformisme, cloisonnement et clonage des élites ont toujours affaibli le pays et précipité ses défaites. Parmi les pistes possibles pour s’opposer à ces « 4C », il y en a une qui nous semble cardinale : celle que nous appelons le « collaboratif créatif à commandement »…

4. Liberté, Maturité, Fraternité

Miser sur la résilience, la maturité et le courage face aux cinquante nuances de guerre qui assaillent la planète.

5. Europe, le sursaut ou le sursis

La mémoire redevient un vecteur de confrontation. Le nationalisme pointe son nez. Pourtant, la dynamique communautaire reste un miracle à réanimer d’urgence pour lutter contre le retour des tribalismes et des nationalismes.

Le système de valeurs européen, sa capacité à créer des normes (notamment dans le domaine de l’environnement), son souci de marier progrès économique et problématique sociale, sa capacité à partager de la souveraineté pour être plus fort à plusieurs, sa recherche d’entente et de coopération en font un projet alternatif séduisant aux modèles tyranniques qui se pavanent sur la scène internationale.

Il faut jouer à fond cette carte de la maturité européenne pour créer un pôle de réassurance dans un monde qui court à la catastrophe par son incapacité à faire sens et bien commun.

Ce que l’Europe va perdre en poids démographique, elle doit le regagner en influence démocratique.

Conclusion

La frontière des antagonismes passe au milieu des groupes humains et étatiques, grands ou petits. Les ONG et les institutions internationales caritatives en témoignent souvent : sur le terrain, il devient de plus en plus difficile de faire passer le fil de l’humanitaire au milieu de nombreux chas, de plus en plus étroits.

La maturité européenne, la fraternité, la pratique ancienne du collectif, l’équilibre des pouvoirs institutionnels (même s’il est parfois paralysant) sont autant de leviers pour s’opposer à la poussée qui semble irrépressible des ego bellicistes. Conforter ces leviers, c’est se battre, ici et maintenant, contre la barbarie et la tyrannie.

*

Émetteur du verbatim : François C

La ruée vers l'Europe de Stephen Smith - Grasset

La ruée vers l'Europe ; la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent Introduction: Du haut des pyramides des âges

Plus précisément, je cherche à évaluer l’importance du réservoir migratoire que constitue l’Afrique et, dans la mesure où il est possible de le prédire, de quelle magnitude seront les flux susceptibles de se diriger vers l’Europe et à quelle échéance.

En 1960, un peu plus de la moitié de la population de l’Afrique vivait dans la pauvreté absolue, aujourd’hui c’est un peu moins de la moitié, selon la Banque mondiale. Cependant, entre-temps, la population au sud du Sahara a plus que quadruplé, passant de 230 millions en 1960 à un milliard en 201

Aujourd’hui, 510 millions d’Européens vivent au sein de l’UE et 1,3 milliard d’Africains sur le continent voisin. Dans trente-cinq ans, ce rapport sera de l’ordre de 450 millions d’Européens pour quelque 2,5 milliards d’Africains, soit cinq fois plus ; par ailleurs, la population européenne aura continué de vieillir dans l’intervalle alors que, en 2050, les deux tiers des Africains auront toujours moins de trente ans.

L’immigration reste un champ de mines politique, aussi bien en amont –par rapport au contrôle des frontières et aux règles d’admission- qu’en aval, par rapport aux modèles d’intégration.

«La tragédie statistique de l’Afrique». Chaque fois qu’une donnée chiffrée y est brandie comme une preuve irréfutable, on devrait se remémorer le superlatif du travestissement: des mensonges, de sacrés mensonges, des statistiques…

1. La loi des grands nombres

Le résumé le plus frappant de cette époustouflante accélération: 85% de la croissance démographique qu’a connue notre planète depuis qu’il y a des hommes s’est produite depuis 1800, soit en 0,02% de l’histoire de l’humanité.

Nous continuons de dresser et de redresser le bilan des indépendances africaines en insistant sur la «corruption» et «la gabegie» de nombreux gouvernements, sans ajouter que satisfaire les besoins en biens publics et en infrastructures d’une population en croissance exponentielle n’était de toute façon pas un pari tenable…Dans une société où des générations toujours plus nombreuses se succèdent comme des déferlantes sur la plage, les logements, les routes, les écoles et les hôpitaux seront toujours submergés ; les «investissements démographiques» (Alfred Sauvy) ne peuvent y être réalisés en nombre suffisant.

Lagos. Le pourcentage des moins de quinze ans y est passé de 25% en 1930, à près de 40% à l’indépendance ; il avoisine aujourd’hui les 60%, ce qui fait de Lagos, sans conteste, la citadelle mondiale de la jeunesse. Pour situer sa juvénilité ou, dans le miroir tendu, la momification de Paris: dans la capitale française, intra muros, la proportion des moins de quinze ans est de 14%, soit quatre fois moins.

«L’Afrique subsaharienne a longtemps vécu dans une ambiance de laisser-faire, de désintérêt pour les questions démographiques» John May

Autrement dit, dans l’euphorie générale de l’accession à la souveraineté (début des années 60), il eût été politiquement difficile, sinon suicidaire, de se faire le héraut d’une remise en cause profonde des habitudes reproductives. Alors que tout semblait possible, décourager la procréation aurait semblé un contresens historique.

2. L’île-continent de Peter Pan

Kaplan a pointé, parmi les premiers (1994), l’importance de la criminalité «ordinaire» dans le quotidien au sud du Sahara, le stress épidémiologique et écologique dans un environnement aux protections moindres, ou encore la nature «hermaphrodite» unissant en Afrique le monde urbain et le monde rural, loin de la «coupure» postulée entre villes et campagnes.

Les conditions d’un drame ont été réunies au Darfour. Ce n’est pas le cas partout dans le Sahel. Mais la donne démographique entre toujours dans la combinatoire des spécificités locales. Elles sont souvent conflictuelles, notamment au Mali, au Niger, au Tchad et au Soudan.

Il tombe sous le sens qu’en matière de santé, d’éducation, d’emplois, d’urbanisme, d’équipement en infrastructures et de services publics, le nombre d’habitants fractionne les ressources d’une société dès lors que celle-ci peine à libérer les capacités productives de ses ressortissants.

Avec la révolution du quotidien par la téléphonie mobile…la transformation la plus profonde de l’Afrique est liée à son renouveau religieux, tant du côté musulman que chrétien, depuis le début des années 1970.

Sous l’influence des youth churches, les deux «majorités minorées» au sud du Sahara que sont les jeunes et les femmes quittent la cité, au sens politique sinon au sens propre du terme, pour se réinventer en dehors, dans leur vie privée ou en exil.

Le «profil démographique» d’une population, c’est-à-dire non seulement son importance numérique et sa croissance mais, aussi, le poids respectif de ses cohortes d’âge et les dynamiques respectives entre celles-ci, fournit des données aussi fondamentales que les conditions socio-économiques prévalant au sein d’une société…Sur cette base, le profil démographique exceptionnellement jeune des sociétés subsahariennes diminue leurs chances de consolider des systèmes démocratiques.

Une première raison expliquant la fragilité de la démocratie africaine tient à l’instabilité inhérente à des sociétés se trouvant dans l’incapacité de répondre aux besoins fondamentaux d’une multitude de jeunes aspirant à bâtir leur vie.

Peter Pan est d’autant plus fier de lui qu’il n’a ni passé –oublié- ni futur, refusé. En fait, Peter Pan n’est rien parce que, s’il était quoi que ce soit, il s’inscrirait dans la durée. Or, il vit dans l’éternel présent. Il est perpétuellement en train de devenir, sans jamais être. Comme la jeune Afrique.

3. L’Afrique émergente

«Tous les temps sont éternellement présents», dit T.S. Eliot dans ses Quatre quatuors. Il ajoute que, si le passé contient le présent et le futur sur le mode potentiel, et qu’il reste contenu dans ce qu’il advient, les temps sont irredeemable, ce qui veut dire à la fois non remboursables, non convertibles en espèces et inexpiables. Cela me semble vrai, plus encore qu’ailleurs, dans l’Afrique contemporaine.

Nulle part autant qu’au sud du Sahara, les temps ne se télescopent avec une violence aussi contrastée, tantôt créatrice, tantôt destructrice, à l’image de cette multitude de jeunes, tantôt fer de lance du progrès, tantôt vandales, makers et breakers à tour de rôle.

L’Afrique, l’île-continent des jeunes, est aussi l’archipel des adultes en échec, en attente d’une vie pleine qui se refuse à eux.

Le continent Afrique change au fil du temps, à tout moment. Sa vérité –jamais objective mais intersubjective- se trouve dans le consensus entre différentes façons d’appréhender le continent. Elle nous donne un arrêt sur image alors que l’histoire continue.

Le fait capital, celui qui scelle le destin du plus grand nombre, est que les Africains se sont noyés dans la «matière blanche», sans s’en approprier les secrets de fabrication.

Au bénéfice d’une assise clientéliste plus ou moins solide, l’Etat postcolonial s’est installé dans le rôle d’un grand frère tourier qui se sert au passage: il vit, pour l’essentiel, des droits de douane, de la rente des matières premières et de l’aide extérieure.

L’Etat postcolonial en Afrique est la poursuite des «gérontocraties» traditionnelles par d’autres moyens.

Structurellement, le portrait de l’Afrique se dessine en cinquante nuances de gris…En un mot comme en cent: l’Afrique continuera à «être mondialisée» plutôt que de prendre une part active dans la mondialisation en cours.

Le clivage générationnel serait la mère de tous les conflits.

4. Un départ en cascade

L’asymétrie entre le Nord riche et le Sud pauvre se relativise quand on compare un chômeur italien à un Brésilien nouveau riche, un Chinois en pleine ascension sociale à un Grec en chute libre…Le différentiel de revenus s’est considérablement aggravé à l’intérieur des pays du Nord comme du Sud.

Ne fuit pas qui veut. Il faut avoir un pactole de départ et une certaine vista du monde pour pouvoir envisager une nouvelle vie sur un autre continent…La pauvreté ne se résume pas à une privation matérielle, mais renvoie aussi à l’horizon bas d’une existence étriquée, une «vision tunnel» de la vie.

Deux conditions majeures doivent être réunies pour déclencher la «ruée vers l’Europe»: a) le franchissement d’un seuil de prospérité minimale par une masse critique d’Africains ; b) l’existence de communautés diasporiques, qui constituent autant de têtes de pont sur l’autre rive de la Méditerranée…Le stress écologique est la condition aggravante qui risque de transformer les migrations en exode dans certaines parties de l’Afrique.

La question vitale restera celle de l’eau: aujourd’hui, seuls 18% de la population mondiale ont accès à l’eau potable et à l’assainissement…Parmi les dix pays les plus vulnérables au réchauffement, sept sont africains: la Centrafrique, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, le Tchad et le Soudan.

Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un grand nombre d’Africains à venir en Europe…Des Africains quittent leur village, leur ville et leur continent parce qu’ils espèrent mieux et voient plus grand ; ils partent pour «attraper un bout de chance». Ils veulent vaincre ou périr en temps universel, en phase avec le reste du monde.

Quand il y a trop d’échelles de valeur rivales, il n’y a plus d’échelle de valeurs valable pour tous. «Le mal de l’infini» capte bien la part d’ombre de la mondialisation: il n’y a plus de limites mais toujours des frontières ; les désirs sont planétaires mais leur satisfaction reste locale.

La Méditerranée est la focale médiatique d’un «jeu de guerre» entre migrants, trafiquants, la police des frontières et des humanitaires sans frontières.

5. L’Europe, entre destination et destin

Pour le moment, la seule certitude c’est qu’une «rencontre migratoire» à grande échelle se prépare entre l’Afrique et l’Europe.

En matière d’immigration, l’irénisme humanitaire me semble aussi dangereux que l’égoïsme nationaliste, le culte du sang et du sol.

L’absence d’un système de sécurité sociale performant aux Etats-Unis «autorégule» les flux migratoires ; sans travail ou soutien familial, il est difficile d’y survivre. Ce n’est pas le cas au sein de l’Union européenne, qui compte pour la moitié des fonds investis dans la sécurité sociale de par le monde et constitue un espace de protection sociale très difficile à sécuriser.

En 2050, les Européens ne seront plus que 7%, et près d’un tiers d’entre eux auront plus de soixante-cinq ans….Si l’Europe suit sa pente actuelle, ce ratio entre actifs et dépendants sera passé entre 2000 et 2050, de quatre actifs pour un dépendant à deux pour un.

La fuite de ses citoyens les mieux formés, les seuls à disposer des aptitudes, des moyens et du temps pour faire progresser leur pays, est une perte nette pour l’Afrique.

En guise de conclusion: des scénarios d’avenir

Le défi pour l’Afrique contemporaine n’est pas son trop plein de jeunes mais sa pénurie d’adultes (définis comme productifs et indépendants).

Dorénavant, les bons augures venant de l’Afrique seront de funestes présages pour l’Europe.

Premier scénario: «Eurafrique». Il table sur un bon accueil réservé aux migrants africains dans l’espoir qu’ils rendront le Vieux continent plus jeune, plus divers et, peut-être, plus dynamique aussi…A l’instar de l’Amérique, l’Europe s’accepterait pleinement comme une terre d’immigration et embrasserait son «métissage généralisé».

Deuxième scénario: l’«Europe forteresse»…A la réflexion, ce cas de figure a ses raisons et ses chances d’aboutir.

Troisième scénario: la «dérive mafieuse». Il puise à deux sources: la naïveté avec laquelle les réseaux transnationaux de passeurs sont exonérés de ce qui, dans bien des cas, s’assimile à une traite migratoire et le risque de voir les trafiquants d’Afrique faire jonction ou se livrer une guerre avec le crime organisé en Europe.

Quatrième scénario: le «retour au protectorat» Des pays «coopératifs» deviendraient des protectorats de l’Europe dans un double sens: ses régimes seraient à l’abri d’ingérences extérieures dérangeantes en même temps que leur souveraineté serait amputée autant que nécessaire à la défense de l’Europe.

Cinquième scénario: une «politique de bric et de broc». Il consisterait à combiner toutes les options qui précèdent, sans jamais aller jusqu’au bout, «à faire un peu de tout cela, mais sans excès».

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Au cours de la rédaction de ce livre, il m’est souvent arrivé de songer à une Afrique qui bénéficierait de toute cette énergie actuellement mobilisée pour lui tourner le dos. À quoi ressemblerait-elle?

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Emetteur du verbatim: François C.