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Les verbatims de François

«Il faut dire que les temps ont changé…» - Chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète de Daniel COHEN - Albin Michel

https://images.epagine.fr/440/9782226437440_1_m.jpg L’espérance d’un avenir radieux a laissé place à la nostalgie d’un passé magnifié.

Toute la question est évidemment de savoir si le remède ne sera pas pire que le mal. Les robots vont-ils remplacer les humains et accroître la misère ? Le travail à la chaîne laissera-t-il place à une taylorisation des esprits, via Facebook et Netflix ?

Première partie PARTIR, REVENIR

I. Mythologies modernes

Les sixties marquaient bien davantage que le point culminant d’une phase de croissance. Un bouleversement beaucoup plus fondamental était en train de s’accomplir : la chute de la société industrielle allait vraiment se produire. Les trompettes de Jéricho embouchées en Mai allaient faire tomber, contre toute attente, les murs de l’ancienne forteresse. Les soixante-huitards n’y sont évidemment pour rien. Ils ont davantage flairé sa fragilité qu’ils n’ont été responsables de son effondrement. Un cycle totalement inédit était en train de s’ouvrir, rongé par une perte de sens, et qui allait mettre cinquante ans à se déployer.

Dans son livre Les Contradictions culturelles du capitalisme publié en 1976, le sociologue américain Daniel Bell analyse le capitalisme comme une tension permanente entre la sphère de la production, qui est habitée par un idéal d’ordre et de renoncement, et celle de la consommation, du marketing et de la publicité qui offrent des images de «glamour et de sexe, et font la promotion d’une manière hédoniste de vivre». L’une pousse à l’obéissance, l’autre à l’épanouissement. Vient un moment où elles ne parviennent plus à cohabiter.

II. Illusions perdues

1973 devait être la dernière année faste. A partir du milieu des années soixante-dix, les pays avancés allaient faire l’expérience d’une désillusion amère…La prospérité matérielle qui semblait acquise, voire excessive, devenait soudain incertaine.

L’assassinat de Moro en 1978 marque le paroxysme de la violence politique en Italie. On a appelé «années de plomb» la décennie mortifère des années soixante-dix…Tout au long des années soixante et soixante-dix, le nombre des homicides explose dans la plupart des pays riches, multiplié par un facteur 2,5 aux Etats-Unis et en Europe.

La violence criminelle des années soixante-dix a fini par abîmer la contre-culture des sixties. C’est elle qui allait, pour partie, déclencher la contre-révolution conservatrice, annoncée comme un retour à l’ordre moral tout autant que comme une solution à la crise économique.

III. La révolution conservatrice

La force de Reagan a été de rassembler dans un même programme les classes populaires (blanches) et les élites de Wall Street. Il a fédéré ses partisans autour d’une idée simple : le travail est salvateur.

L’économiste Benjamin Friedmann a montré…qu’il existe un formidable parallélisme entre les phases de croissance économique et l’essor des idées « progressistes ».

 

Deuxième partie LES TEMPS DÉGRADÉS

IV. L’adieu du prolétariat

Les classes populaires ont pris de plein fouet la dissolution de la société industrielle, qui, malgré ses défauts, avait au moins cet avantage de créer un habitat social intégrateur. Le sociologue Max Schuler a élaboré une théorie du ressentiment, dont le populisme a été l’expression parfaite. Il l’analyse comme un phénomène spécifiquement moderne, intrinsèque aux sociétés où l’égalité formelle entre les individus coexiste avec des différences spectaculaires en termes de pouvoir, d’éducation, de statut et de patrimoine, qui deviennent tout à coup insupportables quand on comprend qu’elles ne se réduisent pas.

V. La phobie migratoire

Aujourd’hui, les emplois les moins « flatteurs » de la société contemporaine –restauration, gardien de sécurité, commerce, aide aux personnes âgées- sont ceux qui vont aux immigrés. C’est ce qu’on appelle les bullshit jobs, dont les autochtones ne veulent pas, et que les immigrés de la première génération font partout, et auxquels ceux de la deuxième génération aimeraient échapper…Les immigrés représentent bien davantage qu’un enjeu économique. Boucs émissaires d’une société en crise, ils sont devenus le point de fixation de la violence contemporaine.

Comme le dit Pinker, à l’aune de la violence des punks, metal, gothiques, grunge, gangsters, hip-hop, les Rolling Stones feraient aujourd’hui figure de groupe caritatif…Les réseaux sociaux sont eux aussi devenus un réservoir de haine.

Daech a pris, à sa manière, possession d’Internet. Sa filmographie est directement inspirée des jeux vidéo. Ses recrues sont les digital natives du monde occidental, à qui on promet une place au paradis mais aussi et surtout une place dans l’imaginaire numérique.

 

Troisième partie RETOUR VERS LE FUTUR

VI. Le grand espoir du XXIème siècle

Tandis que s’effondraient la société industrielle et les infrastructures sociales qui la soutenaient, l’ascension de la société digitale progressait irrésistiblement.

C’est bien l’homme qui est au cœur de la société postindustrielle, mais un homme qui a besoin d’être préalablement numérisé pour épancher la soif inextinguible de croissance des sociétés modernes.

Le logiciel apprend seul, en jouant contre lui-même, au départ comme un débutant, puis de mieux en mieux, en utilisant ses propres « synapses », sa propre mémoire, pour acquérir de l’expérience, jusqu’à surclasser l’homme, grâce à des stratégies auxquelles aucun humain n’avait pensé auparavant.

La liste des progrès réalisés par les logiciels donne le vertige. On peut désormais tenir une puce, de la taille d’un grain de riz, entre le pouce et l’index, pour suivre à distance les malades atteints d’Alzheimer, ou pour s’identifier soi-même face à un robot…

Quel que soit le secteur considéré, moins la firme emploie de personnels, plus elle réussit…Le modèle de la «firme superstar» s’impose, avec un trait récurrent, celui du «winner takes most»: «le gagnant prend (presque) tout».

Dès qu’un problème est subtil et mêle plusieurs objectifs à la fois, il est inéluctable qu’un programme aveugle privilégie un objectif au détriment de l’autre…C’est lorsque l’ambiguïté est grande que les robots échouent.

VII. Génération Iphone

Il semble que l’effort pour participer au réseau, y trouver sa place, y être reconnu, soit l’annonce d’une servitude nouvelle davantage que la promesse d’une libération. Au grand miroir des réseaux sociaux, chacun cherche à magnifier la construction d’un être visible aux autres.

L’envers du média social est une insécurité sourde, la crainte d’être rejeté, de ne pas être à la hauteur de cette course au awesome, au «génial» ! »

Comme dans le film Matrix, le monde virtuel tend à remplacer le monde réel. Il faut des pannes électriques pour que le vrai cesse d’être «un moment du faux», comme disait Guy Debord dans La Société du spectacle.

Le monde numérique est celui de l’infini indéfini, où tout passe, rendant impossible une réflexion critique. Se présentant comme l’héritière d’une tradition individualiste, la culture numérique a construit un être hybride, de réseaux et d’algorithmes. Les individus passent plus de temps à médiatiser l’événement qu’à le vivre.

De nouvelles régulations, de nouvelles critiques sociales et artistes, doivent être conduites pour éviter que le monde numérique ne nous enveloppe entièrement dans son réseau de surveillance et d’addictions.

Gorz A. «Le capitalisme a ôté le désir ou le pouvoir de réfléchir aux besoins «véritables» de chacun, de débattre avec les autres des meilleurs moyens de les satisfaire et de définir souverainement les options alternatives qui pourraient être explorées.»

 

Conclusion : De Dylan à Deepmind

Schiavone A. « Nous avons besoin d’un nouvel humanisme, constructeur d’une rationalité intégrée et globale, à la mesure de nos responsabilités. Nous ne pouvons laisser la technique, et le réseau de pouvoirs dont elle est traversée, décider sans médiations des formes de la vie qu’il nous est donné de vivre. Il apparaît de plus en plus nécessaire de trouver un point d’équilibre qui, tout en intégrant le lien entre technique et marché, sache se placer en dehors de lui, qui permette d’élaborer ce qui apparaîtra comme un bien commun »

*

Emetteur du verbatim : François C

Cinquante nuances de guerre de Pierre Servant - Robert Laffont

https://images.epagine.fr/419/9782221193419_1_m.jpg «Les damnés de Mossoul» Tout n’est que chaos : moteur en flammes, camions criblés de balles, façades noircies, bidons éventrés, bennes défoncées, pylônes électriques couchés…La vie tente de s’extraire de cette masse de ferraille hostile…La vie humaine ravalée au rang de détritus, avalée par le grand démon du fanatisme religieux.

Le monde se fractionne et revient à la logique psychologique du duché, du marquisat, de la principauté, du califat.

L’ONU dénombre une trentaine d’Etats faillis (sur 193) et place cent vingt pays sur la liste rouge d’alerte pour cause d’instabilité chronique.

Les manœuvres de déstabilisation des Etats se feront plus fréquentes grâce aux armes de précision à longue portée, aux attaques en ligne (cyberguerre), aux systèmes robotisés permettant d’atteindre des cibles très lointaines et à la facilité croissante avec laquelle il sera possible de se procurer les techniques nécessaires à la création d’armes de destruction massive.

Première partie COMME UNE ENVIE DE BARBARIE

La barbarie monte de toutes parts et la civilisation marque le pas ou recule franchement. Le monde est à nouveau saisi d’une formidable envie de repli barbare, de recherche identitaire par rejet de la tribu des « autres ».

Assécher le terrain de la barbarie, c’est aussi se battre au plus près de soi sur ce terrain du sens, des valeurs, de la spiritualité (comprise dans son acception la plus large).

1. Recherche d’identité

Il y a dans l’air une envie frénétique de club à l’anglaise, fermé, sélectif et barricadé avec sur la porte un panneau subliminal ou explicite : »interdit aux »…ou « autorisé à »…

A travers la planète, des millions de personnes se sentent en voie d’expropriation : de leur terre, de leur culture, de leur maison natale, que cela soit une réalité (crises économiques, guerres, terrorismes, purification ethnique ou religieuse, peuples sans Etat : on pense aux Palestiniens et aux Kurdes) ou juste une crainte (« Je ne suis pas menacé mais je vais l’être à coup sûr »).

La montée de la pulsion identitaire –à travers une quête « religieuse » extrémiste- innerve toute la planète et toutes les religions.

2. Climat religieux tempéré…menacé

L’Indonésie (255 millions d’habitants dont 87% de musulmans) a vu progressivement sa tradition de pays tolérant et du juste milieu en matière religieuse remise en cause.

Ce qui pend au nez du premier pays musulman du monde, c’est une pakistanisation qui créerait des zones de non-droit contrôlées par les islamistes radicaux.

Chaque fois que l’on pose sa loupe sur une des terres du djihad, on trouve inlassablement les mêmes facteurs délétères : corruption des élites, mal-gouvernance locale, effondrement des services publics (notamment les soins ou les infrastructures), abandon d’une partie de la population par le pouvoir central, clanisme exacerbé, refus d’appliquer les accords de réconciliation, religion instrumentalisée, salafisme galopant, éducation faible ou inexistante (en dehors d’un enseignement coranique dévoyé par le wahhabisme), etc.

3. Bombes à fragmentation

Le génocide des yézidis a suscité dans le monde une indignation relativement mesurée.

Au début du XXème siècle, les chrétiens d’Orient représentaient 20% de la population du Moyen-Orient. Ils ne sont guère plus de 2 à 3% aujourd’hui.

L’Orient perd sa richesse humaine et culturelle : la lumière des juifs, des chrétiens, des yézidis s’efface, emportant avec elle dans la tombe ou l’exil la vitalité de cette terre.

La ville de Karakoch (près de Mossoul) est à elle seule un résumé de ce qui se passe dans cette région où ressentiments, haines recuites, guerres des religions, affrontements mafieux se mêlent sous le regard des grands parrains de ce conflit régional.

4. Éradiquer le pluriel

Stupéfaits, les Européens ont assisté en 2017 à la montée en puissance en Espagne d’une détestation de l’autre, devenu étranger à « sa » patrie.

MV Llosa « La passion peut être destructrice et féroce quand l’animent le fanatisme et le racisme. La pire de toutes, celle qui a causé le plus de ravages dans l’histoire, c’est la passion nationaliste. »

5. La chimère de l’ «ère nouvelle»

Le scrutin kurde d’autodétermination du 25 septembre 2017, histoire d’une pitoyable déconfiture kurde lourde de frustrations et de futurs affrontements.

Le résultat des premiers grands référendums sauvages de 2017 est catastrophique. Il laisse des pays déchirés, emplis d’amertume, l’un des camps attendant avec impatience le match retour pour prendre sa revanche. Le vent du sécessionnisme divise les peuples et délite « le vouloir vivre ensemble » cher à Renan. Il est lourd de sombres menaces.

6. La guerre des mémoires

En Pologne, le fossé est désormais infranchissable entre les conservateurs eurosceptiques au pouvoir et les libéraux pro-européens. Parmi les sujets de discorde : l’histoire nationale, devenue enjeu de combats mémoriels furieux.

C’est tellement nul que c’est bien

Réécrire l’histoire…signe en creux une attente : celle de populations qui se sentent menacées dans leur histoire par le poids d’une géographie débridée, sans limite ni frontière. Dans le noir de temps chaotiques, ils veulent pour avoir moins peur qu’on leur raconte des…histoires.

Le monde est devenu « religieux » à la façon des télévangélistes et des adeptes de Daech : incantations, condamnations et diabolisations sont leurs mamelles.

La révolution numérique, en diffusant les messages de la « nouvelle » vérité, en nivelant les discours (le pire est véhiculé plus aisément que le propos des « sachants » et « savants »), facilite la propagation de la sottise érigée en pensée ultime.

Donald Trump a été formidablement servi par la Toile, lieu impavide de propagation mondiale du « mentir-vrai ».

Deuxième partie COMME UNE ENVIE DE TYRANNIE

1. Le Fils du ciel et du dérèglement mondial

Assise sur le dogme d’infaillibilité maoïste, la Chine serait-elle en train de devenir une sorte de « Vatican » marxiste-léniniste, les porte-avions en plus et l’humilité du pape François en moins ?

Xi Jinping ne fait que picorer la pensée de Confucius. Il s’en sert d’abord comme de maximes qui lui sont utiles pour expliquer le sens de son action dans le cadre d’une « dictature éclairée ».

Il est le calme, Trump est l’agité. Cela ferait presque oublier la nature même d’un régime chinois qui reste répressif, ultranationaliste et marxiste, bref structurellement tyrannique, même s’il sait se montrer extrêmement manœuvrier et très entreprenant sur le plan du commerce international.

Pékin considère que l’Occident est devenu une pierre « molle », donc facile à travailler, à pénétrer.

Le PCC devient l’instrument de guerre idéologique du président chinois. La primauté du chef ne peut plus être désolidarisée de celle du Parti.

Le goulag chinois a de beaux jours devant lui, car il est clair que le régime de Xi entend faire mentir l’adage qui veut que le développement économique intérieur d’un pays s’accompagne d’un assouplissement du contrôle politique et d’une extension des libertés publiques.

2. La revanche de l’ «homme malade»

Dans la foulée du coup d’Etat en Turquie de juillet 2015, ce sont cent mille personnes qui ont été limogées, dont trente mille enseignants, avec une brutalité inouïe.

Parmi les marqueurs qui font d’un leader un tyran, celui de l’instabilité et de la réversibilité de ses alliances diplomatiques ou amicales émerge.

La mondialisation de la communication et de l’information a un terrible impact : les mauvais exemples se propagent très vite et font envie à des populations fragiles en quête de mâles dominants. En Serbie comme en Croatie, les idoles internationales ont pour noms : Trump, Orban (Hongrie), Wilders (Pays-Bas), Le Pen (France), Lindner (Allemagne), etc. La mondialisation facilite les effets miroirs et les phénomènes de contagion.

3. Nostalgies mémorielles

L’on ne comprend rien à la politique poutinienne sans prendre en compte une sorte de double nostalgie impériale qui a un large écho dans une partie de la population russe qui s’est sentie profondément déclassée après la chute de l’Empire soviétique.

4. Quand les Sassanides dictent à nouveau l’histoire du Moyen-Orient

Les Sassanides : cette civilisation puissante et érudite a régné pendant plus de quatre siècles (224-651 après J.-C.) sur un immense empire englobant l’Iran actuel, les territoires regroupés dans l’Irak d’aujourd’hui, l’Arménie…De défaite en défaite, l’Empire sassanide s’est effondré sous les coups de boutoir de la nouvelle foi armée : l’Islam.

Très investie en Iran et ailleurs dans le monde, la Chine cherche à tout prix à éviter des confrontations militaires directes qui gêneraient son grand projet d’expansion mondiale pour les cinquante ans à venir.

Jérusalem. En choisissant à travers un symbole détonant un camp contre l’autre, Washington abandonne la posture de médiateur de bonne volonté du conflit israélo-palestinien.

Soleimani. Il est l’un des maîtres d’œuvre et d’ouvrage en Iran de la forteresse chiite, développant sur place une activité aussi bien militaire, financière que diplomatique.

5. Traitement de choc pour l’Arabie saoudite, Etat schizophrène

L’écrivain Kamel Daoud parle à son propos d’un « Etat schizophrène », tout sourire en Occident et des plus barbares à la maison, avec décapitations publiques et discours de haine contre Israël, les apostats et les mécréants.

Ce pays qui, depuis les années 1970, a gangrené à coup de pétrodollars le monde sunnite d’un fondamentalisme abrutissant.

Fin 2017, médusés, les observateurs ont assisté à la mise sur pied d’une sorte d’axe anti-Perse : il fédère les Etats-Unis, l’Arabie saoudite (et les pays du Golfe, moins le Qatar) et Israël.

6. Moscow : the place to be

Dans le choc des icebergs nationalistes et la fonte des banquises étatiques, l’ours russe a prouvé que sa corpulence naturelle et sa diète récente ne l’avaient en rien handicapé.

Poutine a fait preuve au Levant d’un sens aigu des opportunités à saisir. Il a magistralement raflé la mise en sauvant Bachar et le clan alaouite d’un effondrement total.

Maestria diplomatique, cynisme politique, brutalité guerrière et sens affiné de la tactique ont permis au dictateur russe de se replacer au centre de la partie en peu de temps alors que son pays traversait une crise économique sévère à cause de l’effondrement du prix du baril de pétrole.

Ce que Poutine veut, c’est assurer la permanence de ses bases syriennes navale et aérienne en Méditerranée pour préserver son débouché vers les mers chaudes et y damer le pion à l’omnipotente Amérique.

7. L’atome des mollahs

Le monde est à la fois fortement fragmenté, sans polarité reconnue, et très relié…Dans ce contexte complexe, de quoi rêvent certains tyrans ? De l’atome ! C’est la garantie suprême, l’assurance-vie, la sanctuarisation garantie et, peut-être, la promesse d’une hégémonie par la terreur sur sa zone de convoitise.

8. Hiroshima mon amour

Kim Jong-un fait jeu égal avec les Etats-Unis, du moins dans l’invective.

Jusqu’où ira Kim Jong-un ? Que fera le président américain ? Que veut la Chine ? Ce sont trois questions majeures pour ce début de siècle.

La prudence commande de ne pas tout miser sur la raison dans un monde drogué à l’hyper-nationalisme. Le suicide collectif peut aussi faire partie de la panoplie d’une dictature ou d’une pensée jusqu’au-boutiste.

La Corée du Sud est la sixième puissance économique mondiale.

9. Le piège de Thucydide

Graham Allison : l’axe de sa réflexion le pousse à considérer que les grands décideurs sont loin de prendre des résolutions majeures d’une façon rationnelle…. » C’est la montée en puissance d’Athènes et la peur que cela a instillée chez Sparte qui ont rendu la guerre inévitable »

La frénésie d’irrationnel qui a saisi notre époque. La raison est balayée quotidiennement, y compris en Europe, au profit de la furie, de l’exclusion, du propos vindicatif, de la malhonnêteté intellectuelle, du sécessionnisme…Nous sommes entrés dans un temps d’hystérisation.

Les virus sectaires, mafieux, idéologiques sont proliférants. Ils s’attaquent aux parties faibles du monde. Elles sont nombreuses, comme on l’a vu.

Troisième partie COMME UNE ENVIE DE France…ET D’EUROPE

1. Discorde chez les « amis »

La France a péché longtemps par aveuglement sur le phénomène salafiste et sur le fait que la victimisation systématique des musulmans ne permettait pas de voir la progression du mal.

Certains courants de pensée se sont faits les alliés objectifs du salafisme, les aidant, par leurs postures idéologiques, à consolider une non-envie de France.

Pour le salafisme de combat, toutes ces fractures sont les bienvenues : c’est « la discorde chez l’ennemi » (titre d’un livre du général de Gaulle).

Tant que la menace du salafisme de combat (religieux, politique et djihadiste) n’aura pas été éradiquée, il continuera son travail de sape des démocraties et de pollution religieuse d’une partie de la planète.

Mais il y a bien une unicité politico-religieuse de référence à tous ces mouvements qui servent une seule cause : la volonté d’imposer à la planète un islam radical régissant tous les aspects de la vie des hommes sans exception (la charia).

2. Influence

« l’effet BTP » joue pour Macron et pour une nouvelle dynamique européenne : BTP pour Brexit, Trump, Poutine. Ce triptyque chaotique a pour effet de stimuler la diplomatie française et met l’Union européenne sous tension positive pour aller de l’avant. Chacun a conscience désormais, à Paris comme à Bruxelles, qu’il faut défendre et renforcer un modèle humaniste, démocratique, libéral et progressiste qui prend eau de toutes parts ailleurs dans le monde.

3. Locataire…contre propriétaire

Corporatisme, conformisme, cloisonnement et clonage des élites ont toujours affaibli le pays et précipité ses défaites. Parmi les pistes possibles pour s’opposer à ces « 4C », il y en a une qui nous semble cardinale : celle que nous appelons le « collaboratif créatif à commandement »…

4. Liberté, Maturité, Fraternité

Miser sur la résilience, la maturité et le courage face aux cinquante nuances de guerre qui assaillent la planète.

5. Europe, le sursaut ou le sursis

La mémoire redevient un vecteur de confrontation. Le nationalisme pointe son nez. Pourtant, la dynamique communautaire reste un miracle à réanimer d’urgence pour lutter contre le retour des tribalismes et des nationalismes.

Le système de valeurs européen, sa capacité à créer des normes (notamment dans le domaine de l’environnement), son souci de marier progrès économique et problématique sociale, sa capacité à partager de la souveraineté pour être plus fort à plusieurs, sa recherche d’entente et de coopération en font un projet alternatif séduisant aux modèles tyranniques qui se pavanent sur la scène internationale.

Il faut jouer à fond cette carte de la maturité européenne pour créer un pôle de réassurance dans un monde qui court à la catastrophe par son incapacité à faire sens et bien commun.

Ce que l’Europe va perdre en poids démographique, elle doit le regagner en influence démocratique.

Conclusion

La frontière des antagonismes passe au milieu des groupes humains et étatiques, grands ou petits. Les ONG et les institutions internationales caritatives en témoignent souvent : sur le terrain, il devient de plus en plus difficile de faire passer le fil de l’humanitaire au milieu de nombreux chas, de plus en plus étroits.

La maturité européenne, la fraternité, la pratique ancienne du collectif, l’équilibre des pouvoirs institutionnels (même s’il est parfois paralysant) sont autant de leviers pour s’opposer à la poussée qui semble irrépressible des ego bellicistes. Conforter ces leviers, c’est se battre, ici et maintenant, contre la barbarie et la tyrannie.

*

Émetteur du verbatim : François C

La ruée vers l'Europe de Stephen Smith - Grasset

La ruée vers l'Europe ; la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent Introduction: Du haut des pyramides des âges

Plus précisément, je cherche à évaluer l’importance du réservoir migratoire que constitue l’Afrique et, dans la mesure où il est possible de le prédire, de quelle magnitude seront les flux susceptibles de se diriger vers l’Europe et à quelle échéance.

En 1960, un peu plus de la moitié de la population de l’Afrique vivait dans la pauvreté absolue, aujourd’hui c’est un peu moins de la moitié, selon la Banque mondiale. Cependant, entre-temps, la population au sud du Sahara a plus que quadruplé, passant de 230 millions en 1960 à un milliard en 201

Aujourd’hui, 510 millions d’Européens vivent au sein de l’UE et 1,3 milliard d’Africains sur le continent voisin. Dans trente-cinq ans, ce rapport sera de l’ordre de 450 millions d’Européens pour quelque 2,5 milliards d’Africains, soit cinq fois plus ; par ailleurs, la population européenne aura continué de vieillir dans l’intervalle alors que, en 2050, les deux tiers des Africains auront toujours moins de trente ans.

L’immigration reste un champ de mines politique, aussi bien en amont –par rapport au contrôle des frontières et aux règles d’admission- qu’en aval, par rapport aux modèles d’intégration.

«La tragédie statistique de l’Afrique». Chaque fois qu’une donnée chiffrée y est brandie comme une preuve irréfutable, on devrait se remémorer le superlatif du travestissement: des mensonges, de sacrés mensonges, des statistiques…

1. La loi des grands nombres

Le résumé le plus frappant de cette époustouflante accélération: 85% de la croissance démographique qu’a connue notre planète depuis qu’il y a des hommes s’est produite depuis 1800, soit en 0,02% de l’histoire de l’humanité.

Nous continuons de dresser et de redresser le bilan des indépendances africaines en insistant sur la «corruption» et «la gabegie» de nombreux gouvernements, sans ajouter que satisfaire les besoins en biens publics et en infrastructures d’une population en croissance exponentielle n’était de toute façon pas un pari tenable…Dans une société où des générations toujours plus nombreuses se succèdent comme des déferlantes sur la plage, les logements, les routes, les écoles et les hôpitaux seront toujours submergés ; les «investissements démographiques» (Alfred Sauvy) ne peuvent y être réalisés en nombre suffisant.

Lagos. Le pourcentage des moins de quinze ans y est passé de 25% en 1930, à près de 40% à l’indépendance ; il avoisine aujourd’hui les 60%, ce qui fait de Lagos, sans conteste, la citadelle mondiale de la jeunesse. Pour situer sa juvénilité ou, dans le miroir tendu, la momification de Paris: dans la capitale française, intra muros, la proportion des moins de quinze ans est de 14%, soit quatre fois moins.

«L’Afrique subsaharienne a longtemps vécu dans une ambiance de laisser-faire, de désintérêt pour les questions démographiques» John May

Autrement dit, dans l’euphorie générale de l’accession à la souveraineté (début des années 60), il eût été politiquement difficile, sinon suicidaire, de se faire le héraut d’une remise en cause profonde des habitudes reproductives. Alors que tout semblait possible, décourager la procréation aurait semblé un contresens historique.

2. L’île-continent de Peter Pan

Kaplan a pointé, parmi les premiers (1994), l’importance de la criminalité «ordinaire» dans le quotidien au sud du Sahara, le stress épidémiologique et écologique dans un environnement aux protections moindres, ou encore la nature «hermaphrodite» unissant en Afrique le monde urbain et le monde rural, loin de la «coupure» postulée entre villes et campagnes.

Les conditions d’un drame ont été réunies au Darfour. Ce n’est pas le cas partout dans le Sahel. Mais la donne démographique entre toujours dans la combinatoire des spécificités locales. Elles sont souvent conflictuelles, notamment au Mali, au Niger, au Tchad et au Soudan.

Il tombe sous le sens qu’en matière de santé, d’éducation, d’emplois, d’urbanisme, d’équipement en infrastructures et de services publics, le nombre d’habitants fractionne les ressources d’une société dès lors que celle-ci peine à libérer les capacités productives de ses ressortissants.

Avec la révolution du quotidien par la téléphonie mobile…la transformation la plus profonde de l’Afrique est liée à son renouveau religieux, tant du côté musulman que chrétien, depuis le début des années 1970.

Sous l’influence des youth churches, les deux «majorités minorées» au sud du Sahara que sont les jeunes et les femmes quittent la cité, au sens politique sinon au sens propre du terme, pour se réinventer en dehors, dans leur vie privée ou en exil.

Le «profil démographique» d’une population, c’est-à-dire non seulement son importance numérique et sa croissance mais, aussi, le poids respectif de ses cohortes d’âge et les dynamiques respectives entre celles-ci, fournit des données aussi fondamentales que les conditions socio-économiques prévalant au sein d’une société…Sur cette base, le profil démographique exceptionnellement jeune des sociétés subsahariennes diminue leurs chances de consolider des systèmes démocratiques.

Une première raison expliquant la fragilité de la démocratie africaine tient à l’instabilité inhérente à des sociétés se trouvant dans l’incapacité de répondre aux besoins fondamentaux d’une multitude de jeunes aspirant à bâtir leur vie.

Peter Pan est d’autant plus fier de lui qu’il n’a ni passé –oublié- ni futur, refusé. En fait, Peter Pan n’est rien parce que, s’il était quoi que ce soit, il s’inscrirait dans la durée. Or, il vit dans l’éternel présent. Il est perpétuellement en train de devenir, sans jamais être. Comme la jeune Afrique.

3. L’Afrique émergente

«Tous les temps sont éternellement présents», dit T.S. Eliot dans ses Quatre quatuors. Il ajoute que, si le passé contient le présent et le futur sur le mode potentiel, et qu’il reste contenu dans ce qu’il advient, les temps sont irredeemable, ce qui veut dire à la fois non remboursables, non convertibles en espèces et inexpiables. Cela me semble vrai, plus encore qu’ailleurs, dans l’Afrique contemporaine.

Nulle part autant qu’au sud du Sahara, les temps ne se télescopent avec une violence aussi contrastée, tantôt créatrice, tantôt destructrice, à l’image de cette multitude de jeunes, tantôt fer de lance du progrès, tantôt vandales, makers et breakers à tour de rôle.

L’Afrique, l’île-continent des jeunes, est aussi l’archipel des adultes en échec, en attente d’une vie pleine qui se refuse à eux.

Le continent Afrique change au fil du temps, à tout moment. Sa vérité –jamais objective mais intersubjective- se trouve dans le consensus entre différentes façons d’appréhender le continent. Elle nous donne un arrêt sur image alors que l’histoire continue.

Le fait capital, celui qui scelle le destin du plus grand nombre, est que les Africains se sont noyés dans la «matière blanche», sans s’en approprier les secrets de fabrication.

Au bénéfice d’une assise clientéliste plus ou moins solide, l’Etat postcolonial s’est installé dans le rôle d’un grand frère tourier qui se sert au passage: il vit, pour l’essentiel, des droits de douane, de la rente des matières premières et de l’aide extérieure.

L’Etat postcolonial en Afrique est la poursuite des «gérontocraties» traditionnelles par d’autres moyens.

Structurellement, le portrait de l’Afrique se dessine en cinquante nuances de gris…En un mot comme en cent: l’Afrique continuera à «être mondialisée» plutôt que de prendre une part active dans la mondialisation en cours.

Le clivage générationnel serait la mère de tous les conflits.

4. Un départ en cascade

L’asymétrie entre le Nord riche et le Sud pauvre se relativise quand on compare un chômeur italien à un Brésilien nouveau riche, un Chinois en pleine ascension sociale à un Grec en chute libre…Le différentiel de revenus s’est considérablement aggravé à l’intérieur des pays du Nord comme du Sud.

Ne fuit pas qui veut. Il faut avoir un pactole de départ et une certaine vista du monde pour pouvoir envisager une nouvelle vie sur un autre continent…La pauvreté ne se résume pas à une privation matérielle, mais renvoie aussi à l’horizon bas d’une existence étriquée, une «vision tunnel» de la vie.

Deux conditions majeures doivent être réunies pour déclencher la «ruée vers l’Europe»: a) le franchissement d’un seuil de prospérité minimale par une masse critique d’Africains ; b) l’existence de communautés diasporiques, qui constituent autant de têtes de pont sur l’autre rive de la Méditerranée…Le stress écologique est la condition aggravante qui risque de transformer les migrations en exode dans certaines parties de l’Afrique.

La question vitale restera celle de l’eau: aujourd’hui, seuls 18% de la population mondiale ont accès à l’eau potable et à l’assainissement…Parmi les dix pays les plus vulnérables au réchauffement, sept sont africains: la Centrafrique, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, le Tchad et le Soudan.

Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un grand nombre d’Africains à venir en Europe…Des Africains quittent leur village, leur ville et leur continent parce qu’ils espèrent mieux et voient plus grand ; ils partent pour «attraper un bout de chance». Ils veulent vaincre ou périr en temps universel, en phase avec le reste du monde.

Quand il y a trop d’échelles de valeur rivales, il n’y a plus d’échelle de valeurs valable pour tous. «Le mal de l’infini» capte bien la part d’ombre de la mondialisation: il n’y a plus de limites mais toujours des frontières ; les désirs sont planétaires mais leur satisfaction reste locale.

La Méditerranée est la focale médiatique d’un «jeu de guerre» entre migrants, trafiquants, la police des frontières et des humanitaires sans frontières.

5. L’Europe, entre destination et destin

Pour le moment, la seule certitude c’est qu’une «rencontre migratoire» à grande échelle se prépare entre l’Afrique et l’Europe.

En matière d’immigration, l’irénisme humanitaire me semble aussi dangereux que l’égoïsme nationaliste, le culte du sang et du sol.

L’absence d’un système de sécurité sociale performant aux Etats-Unis «autorégule» les flux migratoires ; sans travail ou soutien familial, il est difficile d’y survivre. Ce n’est pas le cas au sein de l’Union européenne, qui compte pour la moitié des fonds investis dans la sécurité sociale de par le monde et constitue un espace de protection sociale très difficile à sécuriser.

En 2050, les Européens ne seront plus que 7%, et près d’un tiers d’entre eux auront plus de soixante-cinq ans….Si l’Europe suit sa pente actuelle, ce ratio entre actifs et dépendants sera passé entre 2000 et 2050, de quatre actifs pour un dépendant à deux pour un.

La fuite de ses citoyens les mieux formés, les seuls à disposer des aptitudes, des moyens et du temps pour faire progresser leur pays, est une perte nette pour l’Afrique.

En guise de conclusion: des scénarios d’avenir

Le défi pour l’Afrique contemporaine n’est pas son trop plein de jeunes mais sa pénurie d’adultes (définis comme productifs et indépendants).

Dorénavant, les bons augures venant de l’Afrique seront de funestes présages pour l’Europe.

Premier scénario: «Eurafrique». Il table sur un bon accueil réservé aux migrants africains dans l’espoir qu’ils rendront le Vieux continent plus jeune, plus divers et, peut-être, plus dynamique aussi…A l’instar de l’Amérique, l’Europe s’accepterait pleinement comme une terre d’immigration et embrasserait son «métissage généralisé».

Deuxième scénario: l’«Europe forteresse»…A la réflexion, ce cas de figure a ses raisons et ses chances d’aboutir.

Troisième scénario: la «dérive mafieuse». Il puise à deux sources: la naïveté avec laquelle les réseaux transnationaux de passeurs sont exonérés de ce qui, dans bien des cas, s’assimile à une traite migratoire et le risque de voir les trafiquants d’Afrique faire jonction ou se livrer une guerre avec le crime organisé en Europe.

Quatrième scénario: le «retour au protectorat» Des pays «coopératifs» deviendraient des protectorats de l’Europe dans un double sens: ses régimes seraient à l’abri d’ingérences extérieures dérangeantes en même temps que leur souveraineté serait amputée autant que nécessaire à la défense de l’Europe.

Cinquième scénario: une «politique de bric et de broc». Il consisterait à combiner toutes les options qui précèdent, sans jamais aller jusqu’au bout, «à faire un peu de tout cela, mais sans excès».

*

Au cours de la rédaction de ce livre, il m’est souvent arrivé de songer à une Afrique qui bénéficierait de toute cette énergie actuellement mobilisée pour lui tourner le dos. À quoi ressemblerait-elle?

*

Emetteur du verbatim: François C.

Le tour de la France par deux enfants d'aujourd'hui de Pierre ADRIAN & Philibert HUMM - Equateurs

https://images.epagine.fr/722/9782849905722_1_m.jpg Une époque non de vaches maigres, mais de vaches tristes, anémiques.

La route fendait des espaces vides.

Uckange. Des ruines de trente ans d’âge.

Le cœur de la France battait aussi pour les rallyes.

C’ était avant la drague virtuelle, le smartphone et les sites de rencontre. Avant les enceintes portatives et la musique américaine à domicile.

L’état du village. Ses commerces qu’on ne reverrait plus et les deux millions d’euros à trouver pour la rénovation de l’église.

A la campagne, les chambres d’hôtes avaient remplacé les hôtels qui s’abîmaient comme des épaves en centre-ville.

Ainsi, les villages que nous traversions étaient pleins d’histoires en dormance. Il fallait des conteurs et des voyageurs pour les ravir de leur sommeil.

L’histoire, chaque fois, se répétait : la dévitalisation des centres-villes, l’agonie des commerces et l’étalement de leurs concurrents en périphérie.

Tous les matins, levant son rideau de fer, il renouvelait sa promesse d’une nouvelle aube.

La route était vorace en vies humaines. Selon les statistiques, elle les aimait jeunes, entre dix-huit et vingt-quatre ans, insouciants, insolents, alcoolisés de préférence.

Les vieilles enseignes de lingerie, les coiffeurs et les fleuristes étaient les derniers résistants d’une ville qui s’évaporait. Nevers avait la noire inquiétude et la chaleur bourgeoise des films de Chabrol.

Temple vidéo-surveillé de quiétude et de profusion, le Leclerc de Moulins vous accueillait les bras ouverts et le sourire Aquafresh.

L’ensemble du port de Marseille avait été revu, repensé, réhabilité, requalifié, valorisé, re-valorisé, et la promenade « rendue » aux habitants.

Bâtie sur des terrains marécageux, littéralement sortie de vase, la Grande-Motte était une Atlantide à l’envers, née de la société des loisirs.

Tous les Français ont un parent, un grand-parent, un arrière-grand-parent paysan. Et si on laisse ces écoles et ces commerces fermer, c’est un peu de la France qui fermera.

Même en tandem, dans la roue l’un de l’autre, je m’apercevais que nous n’accomplissions pas le même voyage.

Que garderions-nous du territoire ? Notre voyage était-il un dernier inventaire avant liquidation ? Le tour d’une France dézonée, à l’agonie, foutue ? « Tout fout le camp » disaient les uns. « C’était mieux avant » répondaient les autres. Même avec ça, personne n’était d’accord. Mais ce pays râleur tenait. La marge des périphéries, des banlieusards, des ruraux, la marge qui s’infiltrait jusqu’au centre ville des préfectures, elle tenait, ouais. On l’avait vue, de nos yeux.

Le Tour de la France, pensions-nous, devait se lire entre les lignes. Il nous avait offert un modèle à contester, faisant de nous les arrière-petits-fils de la malicieuse Augustine Fouillée.

 

*

 

Émetteur du florilège: François C

Les 7 talents du manager leader - découvrez et développez votre personnalité managériale de Franchic Babron et Nathaël Moreau - Vuibert

Les 7 talents du manager leader ; découvrez et développez votre personnalité managériale Ch. 1 LA TRANSFORMATION PROFONDE DU MANAGEMENT

. 1er défi : le management est systémique/capacité à combiner une vision «hélicoptère» et une vision «loupe binoculaire»

Le manager-acteur est donc avant tout un «manager tour de contrôle» pilotant de façon indirecte des réseaux d’information et d’influence

. 2ème défi : la complexité se joue au quotidien/l’ambiguïté, l’ambivalence, les paradoxes, les doubles contraintes, l’instantanéité et l’incertitude plus une dynamique de changement toujours plus rapide

. 3ème défi : le manager est dans l’hypermodernité

Tableau p. 3536 Besoins dans l’hypermodernité/dérives du management hypermoderne/réajustements nécessaires

. 4ème défi : le manager est un symbole

. 5ème défi : le manager est un «héritier»

. 6ème défi : le manager est aussi une personne. Son identité humaine est ce qui prime dans la façon d’être et d’agir du manager

La personnalité au cœur de la performance/Etre un bon manager ne réside pas que sur des savoir-faire, des méthodes ou des process, mais avant tout sur la capacité à « vivre le changeant, le multiple, l’incertain » (P. Caspar). Le management est avant tout une question de personnalité, de motivation, de capacité à gérer son identité et son rôle de manager en intégrant ce que l’on est en tant que personne.

Ch. 2 LES TALENTS ESSENTIELS

. le management par le sens/impose de savoir concilier l’analyse objective des faits et l’expression de ses intuitions et de ses convictions/perception, vision, discours

. le management par l’action/volontarisme, engagement opérationnel, pragmatisme

. le management par les idées/créativité, changement, ouverture

. le management par la connaissance/expertise, retour d’expérience, capitalisation

. le management par l’influence/communication, réseaux, négociation

. le management par la régulation/processus, méthodes, règles

. le management par le lien/relation, solidarité, cohésion

La roue des talents Tableau pp71/72 La contribution des talents en fonction des six défis essentiels du management

Ch. 3 LES 7 VISAGES DU MANAGER

. Le leader, visage du sens

La stratégie ; l’affirmation des convictions ; la prospective ; le leadership ; la gestion du court et du moyen terme ; l’exemplarité ; la vision globale, la prise de hauteur ; le goût du challenge ; l’engagement ; la valorisation des talents.

. L’entrepreneur, visage de l’action

La priorisation ; l’autorité reconnue ; le suivi d’avancement des projets ; la prise de décision ; la gestion des désaccords ; le respect des objectifs ; la gestion de l’incertitude ; le volontarisme, l’implication ; le sens du concret, pragmatisme ; la capacité à aller au bout des choses.

. Le créateur, visage des idées

L’attrait pour la nouveauté ; la production d’idées ; la capacité à sortir du cadre ; l’agilité, l’adaptabilité, la flexibilité ; l’ouverture vers l’extérieur ; la curiosité ; la place donnée à l’innovation, l’inventivité ; l’originalité, l’audace ; la spontanéité, l’intuition ; le goût du jeu, du non-conformisme.

. L’expert, visage de la connaissance

La capitalisation des savoirs ; l’échange de pratiques ; la place accordée à l’expertise ; le traitement des informations ; la mémoire du passé ; le respect des valeurs ; la pédagogie vis-à-vis des équipes ; le droit à l’erreur ; le sens de l’écoute ; la capacité à reconnaître les difficultés.

. Le communicant, visage de l’influence

L’activation de réseaux ; l’influence vis-à-vis des équipes ; l’opportunisme ; l’aisance relationnelle ; la capacité à capter l’information ; la négociation ; les jeux d’influence ; la gestion de la complexité ; la confiance en soi ; la médiation.

. Le régulateur, visage de la régulation

L’assurance qualité ; la répartition des rôles ; les méthodes de travail ; les règles de fonctionnement ; la gestion des désaccords ; la gestion des risques ; le respect des temps ; le reporting ; les processus de travail (réunions…), l’analyse factuelle.

. L’animateur, visage du lien

La solidarité ; les expériences partagées ; la confiance mutuelle ; l’intérêt collectif ; la courtoisie et l’entraide ; le sens de la convivialité ; la cohésion d’équipe ; la disponibilité ; la connaissance mutuelle ; l’implication.

Ch. 4 LA PERSONNALITE MANAGERIALE, INTEGRATION DES CARACTERES MANAGERIAUX

. C’est une combinaison singulière des sept caractères (leader ; entrepreneur ; créateur ; expert ; régulateur ; communicant ; animateur).

. Elle met en évidence la répétition des attitudes.

. Elle correspond à la façon dont le manager se présente à ses interlocuteurs, se perçoit lui-même, est perçu par les autres.

. Elle exprime des savoir-faire et des savoir-être innés ou acquis.

. Elle révèle l’environnement personnel, professionnel, culturel du manager.

. Elle en fait un acteur unique.

. Elle évolue avec l’expérience, le développement personnel.

Ch. 5 LA CONSTRUCTION DE LA PERSONNALITE MANAGERIALE

L’influence du passé (références passées).

Premières influences managériales.

La mise en place des caractères, les rôles et les interactions (processus de distorsion, de généralisation, d’omission, de supposition, d’introjection, de projection).

Les manques et les dysfonctionnements.

Les évolutions (ancrage des ressources ; cristallisation des dysfonctionnements ; métamorphose ; attitudes refuge).

La résilience.

Dépendance ; Contre-dépendance ; Indépendance ; Interdépendance.

Ch. 6 AUTODIAGNOSTIC ET DEVELOPPEMENT DE LA PERSONNALITE

  1. Le diagnostic de votre système managérial : votre environnement métier x marchés ; votre parcours professionnel ; votre place dans l’organisation et votre fonction ; votre actualité et les enjeux ; votre management.

  2. Le développement de la personnalité managériale

Développer le caractère leader : se mettre en situation de « commandement » ; Imaginer les futurs possibles, dessiner une vision : formuler des rêves, des aspirations, puis les traduire en objectifs ; Monter en énergie, en présence, en persuasion ; Faire comme si demain était une nouvelle vie ; Elargir ses territoires d’activité, de contacts ; Prendre conscience de ses ressources, de ses talents, les valoriser ; Développer ses capacités de visualisation ; Etre soi-même, relâcher, assumer, prendre la lumière, se mettre en avant, oser.

Développer le caractère entrepreneur : affirmer son autorité ; donner des consignes –DESIRE ; Faites une critique DIRE ; Traites des tensions relationnelles – CERNER ; Construire les plans d’action ; Mettre de l’énergie dans l’action ; Agir dans la difficulté.

Développer le caractère créateur : Développer sa curiosité ; oser sa créativité ; travailler son intuition ; mettre de la couleur autour de soi ; développer l’agilité.

Développer le caractère expert : Prendre du recul ; développer l’ancrage ; valoriser le passé ; transmettre.

Développer le caractère communicant : Développer son réseau d’influence ; négocier ; s’informer utilement ; s’entraîner à la répartie.

Développer le caractère régulateur : Mettre de la méthode dans son travail ; aller au bout des choses ; développer la rigueur et la ponctualité ; anticiper les risques.

Développer le caractère animateur : Aller au contact ; mettre de la convivialité ; pratiquer l’entraide ; développer un management participatif.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le contrat de processus heptagramme

. L’objectif du processus heptagramme

. Le rôle de la personne qui vous accompagne

. Les préalables du processus heptagramme

. Le déroulement du processus heptagramme

. Les engagements réciproques

L’entretien de contextualisation

. Parcours professionnel

. Place dans l’organisation et fonction

. L’actualité et les enjeux du moment

. Management

. L’équipe

. L’organisation

. La hiérarchie

 

 *

 

 Émetteur du verbatim: François C

Être entrepreneur aujourd'hui - Comprendre les principales tendances de l'entrepreneuriat d'Aline, Julien et Olivier Nishimata - Eyrolles

être entrepreneur aujourd hui

 

Partie I – Les nouvelles tendances à connaître

 

Partager, c’est gagner!

 

Les typologies de l’économie du partage sont variées : don, troc, location, revente.

 

Deux grands modèles de part age : le réemploi et la mutualisation.

 

Les objets partageables représentent 25% des dépenses des ménages et plus de 30% de leurs déchets.

 

Vers un monde plus responsable

 

Se poser les bonnes questions : - Qu’est-ce que je fais actuellement pour la planète ? – Qu’est-ce que je peux faire pour la planète ? – Comment puis-je inspirer les autres à avoir un comportement citoyen ?

 

Les seniors, consommateurs sans modération

 

Ne pas mettre tous les seniors dans le même panier.

 

Des consommateurs qui ouvrent les portes de nombreuses opportunités de business.

 

Des adeptes des nouvelles technologies.

 

Des créateurs d’entreprise à fort potentiel.

 

Un monde plus grand et plus petit!

 

Le monde est devenu petit.

 

La nécessité de prendre en compte une compétition mondiale.

 

De nouveaux business voient le jour et les moyens techniques sont une aide.

 

L’envie de retrouver quelque chose de palpable (besoin de réel) s’est transformée en une exigence.

 

La gratuité, un leurre?

 

Gratuit ne veut pas forcément dire que tout est gratuit.

 

Penser à faire financer uniquement par la publicité n’est pas toujours une bonne solution.

 

Faire tester peut inciter à acheter.

 

Les données et les leads ont de la valeur.

 

L’infobésité, maladie des entrepreneurs

 

Les deux tiers des cadres déclarent souffrir de surinformation et vivre sans cesse dans l’urgence.

 

Les boîtes mail sont des boîtes à stress.

 

Gérer sa boîte mail est une gageure.

 

Se poser les questions essentielles pour changer de comportement.

 

Le monde du futur, un monde connecté

 

30 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020.

 

Le secteur de l’Internet des objets devrait peser près de 1900 milliards de dollars à l’horizon 2020. Tous les secteurs semblent concernés.

 

L’utilité représente le premier frein à l’achat et la confidentialité le deuxième.

 

L’interconnexion, la sécurité, l’accessibilité, la disponibilité, le prix, l’interopérabilité représentent les défis de demain pour ces secteurs.

 

Les datas, nouvelle donne!

 

Big Data = données en grande quantité.

 

La difficulté est de pouvoir traiter un volume important de datas.

 

Le Big Data servira avant tout à mieux connaître les consommateurs et à mieux répondre à leurs besoins.

 

Le Big Data permettra même peut-être de prévoir l’avenir.

 

Les métiers traditionnels, un retour à la qualité?

 

217 métiers d’art sont répertoriés, symboles de l’excellence française.

 

Les métiers traditionnels ont un rayonnement international.

 

Une clientèle étrangère de plus en plus nombreuse.

 

Les métiers traditionnels, véritables niches de business.

 

Le portage salarial, un partenariat win-win

 

+ 10%, le taux de croissance de l’activité de portage salarial depuis une dizaine d’années.

 

500 millions d’euros : CA du portage salarial en 2013.

 

50 000 personnes portées en France.

 

120 entreprises de portage salarial identifiées en France (dont 85 affiliées au Peps).

 

 

 

Partie II – Le savoir-être du dirigeant

 

Un dirigeant au courant de tout!

 

N’omettez jamais les études de marché, facteur clé de la réussite.

 

Sachez ce que l’on dit de vous et de votre entreprise pour mieux maîtriser votre image.

 

Surveillez de près la concurrence pour ne jamais être dépassé.

 

Soyez à l’affût des avancées technologiques.

 

Prendre des décisions!

 

Commettre des erreurs oui, si c’est pour le dirigeant une occasion d’apprendre.

 

L’intuition est également un excellent facteur de décision.

 

Réunissez les informations utiles et observez les bonnes pratiques.

 

L’application de la décision reste le facteur déterminant.

 

Le dirigeant: une machine multifonction

 

Au début vous serez contraint de tout faire.

 

Vous serez souvent celui qui lance les nouveaux projets…

 

. et une machine multifonction pendant longtemps…

 

. …jusqu’au jour où votre rôle sera principalement relié à la stratégie et à être chef d’orchestre…

 

. à condition que vous arriviez vraiment à déléguer et que vous ne cherchiez pas à tout contrôler.

 

Le chef d’entreprise, un visionnaire?

 

Une aptitude à rêver qui se travaille.

 

Une vision à partager.

 

La curiosité à mettre au centre.

 

Une vision ne suffit pas.

 

Une vision à faire évoluer si nécessaire.

 

Les réseaux et leur utilisation

 

Le réseau aide à développer le business et la visibilité.

 

Mais il apporte bien d’autres choses : contacts, coopération, partage d’expériences, recrutement…

 

Il existe de bonnes pratiques à ne pas oublier.

 

Les réseaux sociaux et physiques sont complémentaires.

 

Frontière entre vie privée et vie professionnelle

 

Une véritable frontière vie professionnelle/vie privée à établir ?

 

Les nouvelles tendances et technologies changent les règles du savoir-vivre.

 

Déterminer les raisons de supprimer la frontière.

 

Décider des méthodes si vous souhaitez établir la frontière.

 

Le stress, pas un problème

 

Apprenez à gérer votre temps.

 

Think positive Pensez positivement !

 

Prenez le temps de bien réfléchir et de prendre du recul.

 

Fixez-vous des objectifs réalisables. Dire non, c’est parfois bien.

 

Maîtrisez votre respiration. Faites des exercices de relaxation.

 

Pensez à votre santé.

 

Ne restez pas seul.

 

Être le roi de l’organisation!

 

Établir une organisation des tâches.

 

Vérifiez que votre organisation répond à l’urgence et à l’importance d’une tâche.

 

80% de vos documents sont en trop.

 

N’hésitez pas à déléguer.

 

Sachez dire non quand vous ne pouvez pas.

 

Se couper de toute sollicitation peut parfois être bénéfique.

 

Arrêtez la procrastination!

 

Maîtriser son image, une nécessité

 

Votre apparence peut influer sur vos interlocuteurs.

 

Vous pouvez la jouer décontracté mais ne vous négligez pas.

 

Attention à votre langage corporel mais aussi aux mots que vous utilisez.

 

Soignez vos manières.

 

Construisez votre image et contrôlez-la.

 

Devenir un communicant hors pair

 

Apprenez à pitcher. Contextualisez.

 

Soyez original. Utilisez les anecdotes pour faire vivre votre discours.

 

Faites simple, n’oubliez pas que votre langage corporel est important.

 

Réveillez votre public.

 

 

 

Partie III – Les savoir-faire

 

Et si je devenais cool?

 

La «cool attitude» renforce la motivation et permet de mieux vous sentir dans votre entreprise.

 

Montrez l’exemple: soyez transmetteur de bonne humeur.

 

Rendez vos locaux attractifs.

 

Un espace détente fait toujours du bien. Pensez aux petits plus qui peuvent faciliter la vie de vos salariés.

 

Effacez autant que possible la hiérarchie.

 

Saisissez chaque bonne occasion pour faire la fête.

 

Tutoiement ou vouvoiement?

 

Le tutoiement, une vraie question.

 

À quoi sont dus les changements de codes?

 

Dans les start-up, le tutoiement est de rigueur.

 

Les prétendus écueils du tutoiement.

 

L’implication des salariés

 

Comment motiver et impliquer ses salariés?

 

Savoir déléguer.

 

Impliquer les jeunes au sein d’une entreprise: une gageure?

 

La mise en place des valeurs

 

Le sens des valeurs dans une start-up.

 

Ne pas confondre mission de l’entreprise et valeurs.

 

Lorsque les valeurs ne correspondent pas à la réalité.

 

Comment présenter les valeurs: mots-clés ou phrases?

 

Les nouvelles méthodes de recrutement

 

Les approches directes.

 

Les réseaux sociaux de networking.

 

Les blogs : une rencontre virtuelle interactive et intuitive.

 

Les applications mobiles.

 

Googeliser ses candidats avant l’entretien de recrutement.

 

Réagissez vite, pensez à l’image de votre entreprise.

 

Les nouvelles sources d’innovation

 

Innovation participative : seulement pour les grandes entreprises?

 

Innovation participative : une réalité dans les PME?

 

Innovation participative, le challenge du dirigeant.

 

Comment instaurer l’innovation participative dans son entreprise?

 

Quels contributeurs pour l’innovation participative?

 

Plus de chefs?

 

Les structures pyramidales tendent à disparaître.

 

Pourquoi supprimer les échelons hiérarchiques?

 

Avec quelles actions ? Suppression des signes distinctifs.

 

Responsabiliser chaque personne.

 

Valoriser les salariés méritants.

 

Lean Startup, Késako?

 

Apprendre plus vite.

 

Coder plus vite.

 

Mesurer rapidement.

 

Du « Fail fast » au « Fail harder ».

 

Lean management!

 

Le « lean » est la chasse aux huit types de gaspillage qui n’apportent pas de valeur ajoutée pour le client.

 

Adopter une démarche d’agilité en prenant en compte les six axes suivants : maîtrise de votre territoire ; visites terrain ; les clients et ce qu’ils attendent de vous ; management visuel ; animation de l’équipe ; pilotage du plan de progrès.

 

Le travail à distance: un challenge!

 

Le télétravail, une meilleure qualité de vie.

 

Le télétravail, des économies pour l’entreprise.

 

Le management du télétravail.

 

Les difficultés du télétravail pour l’employé.

 

Interviews de dirigeant(e)s:

 

Les nouvelles tendances à connaître

 

. Frédéric MAZZELLA, BlaBlaCar

 

. Alexis KRYCEVE, Treez

 

. Guillaume RICHARD O2

 

. Antonin CHARTIER Jimmy Fairly

 

. Ronan PELOUX Creads

 

. Olivier MATHIOT PriceMinister

 

. Eric CARREEL Withings

 

. Christian HILLER EMC France

 

. Guillaume GIBAULT Le slip français

 

. Jean-Hugues ZENONI Le monde après

 

Le savoir-être du dirigeant

 

. Pierre KOSCIUSKO-MORIZET PriceMinister

 

. Piere-Henri DEBALLON Weezevent

 

. Sandra LE GRAND Kalidea

 

. Denis CHALUMEAU Promovacances

 

. Dan SERFATY Viadeo

 

. Bertile BUREL Wonderbox

 

. Sébastien FOREST Allo Resto

 

. Mathieu NEBRA Openclassrooms

 

. Meryl JOB Videdressing.com

 

. Augustin PALUEL-MARMONT Michel et Augustin

 

Les savoir-faire

 

. Catherine NERESSIS Pap

 

. Ludovic HURAUX Attractive world

 

. Anne-Laure CONSTANZA Envie de Fraises

 

. Elisa RUMMELHARD My little Paris

 

. Vincent RICORDEAU KissKissBankBank

 

. Vincent FERRY Clair de Lorraine

 

. Stéphanie PELAPRAT Restopolitan

 

. Maxime VALETTE Viedemerde

 

*

 

Émetteur du verbatim: François C

Donnez du sens à votre vie avec la méthode N.E.W.S. de Gérard Rodach - éditions ESF

https://images.epagine.fr/167/9782710125167_1_75.jpg Où en êtes-vous dans votre vie ? 

 Autodiagnostic 1 Votre ressenti face au besoin de vous remettre en cause

 Prenez conscience des signaux d’alerte…Dans tous les cas, ils vous invitent à la réflexion

 Autodiagnostic2 Votre expérience des croisées des chemins 

 Faire la distinction entre les situations imposées et celles voulues 

Ex 1 Votre vie sous forme de carte routière (routes, véhicules, panneaux de signalisation pour les messages reçus ou entendus)

 Quelles leçons tirez-vous de vos croisées de chemin passées ?

Ex. 2 Qu’est-ce qui a changé depuis sept ans ?

Comment abordez-vous vos croisées des chemins ?

Autodiagnostic3 Votre mode de décision ?

Sachez tirer parti de vos modes de décision lors des expériences passées. Ils sont riches d’enseignements et surtout d’erreurs répétitives à ne plus commettre.

Ex. 3 Votre arbre généalogique

Autodiagnostic4 Qui vous a influencé ?

Il n’est pas facile d’identifier, d’admettre et de repousser d’un seul coup les facteurs et les acteurs qui influencent votre vie depuis toujours. Cela se fera petit à petit, au fur et à mesure que vous prendrez conscience de vos intérêts, besoins et envies profonds.

Ex. 4 Distinguez faits et émotions

Autodiagnostic5 Quel type de décideur êtes vous ?

Quelle est votre croisée des chemins actuelle ?

Ex. 5 Quel prix êtes-vous prêt à payer ? Dans toute croisée des chemins, il y a une part de risque à assumer (tant pour le fait de continuer comme avant que pour celui de changer de direction). Quel prix êtes-vous prêt à payer pour l’un comme pour l’autre ?

Ex. 6 Apprenez à vous recadrer. Cela consiste à prendre de la distance avec ses émotions. Le changement de point de vue obtenu permet de reprendre le contrôle de la situation et d’éviter de la vivre passivement.

Devenez stratège de votre vie avec la boussole N.E.W.S.

Autodiagnostic6 Questionnaire de caractérisation

Soyez clair avec vous-même sur ce que vous (ne) voulez (plus)

Vous savez ce que vous ne voulez plus

Comment apprendre à éliminer (ou limiter) ces pensées négatives : les écrire ; les transformer en phrases positives ; se mettre en action à petits pas

Se centrer sur les vrais sujets de fond qui vous minent. Parvenir progressivement à en prendre conscience.

Vous savez ce que vous voulez

Ex.7 Mettez des mots sur votre projet

Ex.8 Avec des si…Ex. : Si vous réalisiez votre rêve, qu’est-ce que cela vous apporterait ?

Ex.9 Nuancez vos motivations

Reliez votre rêve à la réalité

Réapprenez à vous connaître. Ex10 Etes-vous plutôt type A ou B ?

Faites de votre entourage un miroir

Ex11 Appuyez-vous sur le discours de ceux qui vous ont connu

Ex12 Vos aspirations sont-elles en ligne avec votre personnalité ?

Autodiagnostic7 Etes-vous plutôt proactif ou fataliste ?

Dans votre vie, il y a une part que vous maîtrisez (et sur laquelle vous pouvez être proactif) et une part que vous subissez (et pour laquelle vous êtes passif).

Ex. 13 Faites le point sur ce que vous avez apprécié ou non.

Un parcours même sinueux devient logique et cohérent lorsque vous le revisitez au travers de votre ressenti de ce que vous avez apprécié (ou non) à chaque étape.

Prenez conscience de vos talents

Ex.14 Distinguez ce que vous aimez faire de ce que vous faites bien

Pour apprécier ce en quoi vous êtes talentueux, se poser la question : A quoi servez-vous ?

Tenez compte de vos compétences transférables

Quatre domaines de compétences : humaines, financières, commerciales, techniques

Ex. 15 Remplissez des fiches de réalisations (Thème ; problème ; solution ; résultat)

Donnez du sens aux informations recueillies

Ex. 16 Faites votre fenêtre de Johari

Ex. 17 Dressez un bilan

Visez une cible cohérente avec votre spécificité (votre « NORD »)

Quel but vous donner ?

(Re)découvrez vos passions Ex 18 Quelles sont vos passions ?

Trouvez votre phrase de direction, qui donne le sens, le but à atteindre (passions & talents)

Sachez ce dont vous avez besoin pour avancer

Prenez en compte votre environnement

La carte politique Ex. 19 Quelle est votre carte politique ?

Bâtissez votre « modèle pratique » Ex. 20 Bâtissez un ou plusieurs « modèles pratiques »

Testez différents chemins

Entourez-vous des bonnes personnes

Sortez des sentiers battus

Visionnez votre futur avec votre cerveau droit

Autodiagnostic8 Etes-vous plutôt hémisphère droit ou hémisphère gauche ?

Ex. 21 Imaginez votre futur

Visualiser son projet, c’est à la fois se l’ancrer en soi et se doter de grilles de lecture pour choisir sa direction à chaque croisée des chemins.

Levez les freins à la réussite (votre « SUD »)

Prenez conscience de votre « fabrique » de freins

Ex. 22 Exprimez vos freins

Ex. 23 Les conséquences attendues de vos actions

Découvrez vos principales inhibitions

Ex. 24 Quels sont vos filtres de perception ?

Ex. 25 Les histoires que vous vous répétez

Ex. 26 Quelles sont vos croyances limitantes ?

Autodiagnostic9 Reconnaissez vos stresseurs (charge de travail ; pression du temps ; relations interpersonnelles ; changement)

Prenez de la distance

Ex. 27 Avez-vous séparé les faits des émotions ?

Ex. 28 Prenez du recul

Ex. 29 Les métiers dans votre famille

Autodiagnostic10 Quelle est votre culture de l’échec ?

Changez vos croyances

Autodiagnostic11 Savez-vous vous affirmer ?

Ex. 30 Quelles sont vos phrases limitantes ?

Ex. 31 Passez d’une croyance limitante à une affirmation positive

Ex. 32 Quelle est la culture de l’échec dans votre environnement social et/ou professionnel ?

Ex. 33 Transformez vos affirmations en actions

Ex. 34 L’impact des échecs positifs

Ex. 35 Ancrez vos pensées positives

Préparez votre plan d’action (votre « OUEST »)

Centrez-vous sur votre objectif

Autodiagnostic12 Etes-vous un zappeur ?

Autodiagnostic13 Etes-vous plutôt polychrone ou monochrone ?

Restez concentré

Accordez-vous du temps pour travailler sur votre projet

Détaillez votre plan d’action

Ex. 36 Planifiez vos action

Ex. 37 Analysez votre budget

Ex. 38 Mettez les chances de votre côté avec l’outil T.A.S.K. !

Appuyez-vous sur votre entourage

Ex. 39 Quoi dire à qui ?

Ex. 40 De qui avez-vous besoin : mentor, coach, pairs… ?

Communiquez avec conviction

 

Ex. 41 Développez votre charisme

Ex. 42 Levez vos handicaps

Ex. 43 Savez-vous reconnaître les objections

Soyez en harmonie avec votre système de valeurs (votre « EST »)

Qu’est-ce qui vous anime ?

Ex. 44 Trouvez les valeurs qui vous influencent

Ex. 45 Déterminez vos sources de motivations profondes : matérialiste ; altruiste ; traditionaliste ; individualisme ; cognitif ; esthète

Comment traduisez-vous vos valeurs au quotidien ?

Ex. 46 Comment exprimez-vous vos valeurs ?

Ex. 47 Listez les actions qui vous permettent d’être en ligne avec vos valeurs.

Ex. 48 Comment développez-vous ou entretenez-vous votre confiance en vous-même ?

 

Soyez en ligne avec vos sources de motivation

Ex. 49 Quelle est votre forme dominante de motivation ? intrinsèque ou extrinsèque ?

Ex. 50 Rappelez-vous les trois dernières fois où vous vous êtes senti motivé à agir

Ex. 51 Citez trois situations où vous avez eu du mal à agir (ou à faire ce qu’on vous demandait)

Autodiagnostic14 Quelle(s) activité(s) souhaitez-vous pratiquer ?

Autodiagnostic15 Quels sont vos besoins dans votre environnement ?

Mesurez votre écart avec votre « Nord »

Ex. 52 Mesurez l’écart entre l’être et le faire

Ex. 53 A la recherche d’autres comportements ou sources de motivation

Progressez avec persévérance

Avancez à votre rythme

Ex. 54 Programmez de petites étapes

Ex. 55 mettez en valeur vos talents

Autodiagnostic16 Utilisez-vous les réseaux sociaux de façon optimum ?

Prenez garde aux écueils

Autodiagnostic17 Comment faites-vous face à l’inconnu ?

Ex. 56 Comment être sûr de rater ? Causes d’erreur : mauvaise définition du problème à résoudre ; non-prise en compte des intérêts des parties divergentes ; manque d’objectifs clairs ; absence de prise en compte des expériences passées ; focalisation trop rapide sur une solution ; utilisation exclusive des faits avantageux pour son opinion.

Ex. 57 Identifiez vos limites

Gardez le cap !

Ex. 58 Construisez un tableau de visualisation d’actions réalisées

Ex. 59 Sachez tirer parti de vos expériences

Adaptez-vous à la situation en permanence

Ex. 60 Evaluez votre progression

Ex. 61 Ajustez votre navigation

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Émetteur du verbatim : François C

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero - Ed. Points

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoirC’est seulement lors des naissances et des morts que l’on sort du temps : la Terre stoppe sa rotation et les futilités pour lesquelles nous gaspillons nos journées tombent au sol comme des poussières colorées.

De sorte que le paysage que vous entrevoyez quand vous commencez une œuvre de fiction est pareil à un long collier d’obscurité éclairé de temps à autre par une grosse perle iridescente. Et vous avancez laborieusement sur ce fil d’ombres, d’une perle à l’autre, attiré comme les mites par leur éclat, jusqu’à atteindre la scène finale, qui est pour moi la dernière de ces îles de lumière, une explosion irradiante.

C’est la première chose qui vous frappe dans un deuil : l’incapacité de le penser et de l’admettre. L’idée ne vous vient tout simplement pas dans la tête. Mais comment est-il possible qu’il ne soit pas là ? Cette personne qui occupait tant d’espace dans le monde, où est-elle passée ? le cerveau ne peut pas comprendre qu’elle a disparu pour toujours. Et toujours, c’est quoi, bon sang ? C’est un concept inhumain. Je veux dire que c’est au-delà de notre capacité d’entendement.

Mais vous ne rétablissez jamais, voilà l’erreur : on ne se rétablit pas, on se réinvente.

L’art est une blessure qui devient lumière, disait Georges Braque. Nous avons besoin de cette lumière, pas seulement nous qui écrivons ou peignons ou composons de la musique, mais également nous qui lisons et contemplons des tableaux et écoutons un concert. Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable.

Les moments socialement aberrants ouvrent des fissures dans la trame conventionnelle, par où s’échappent les esprits les plus libres.

La réalité est aveugle et complexe et elle s’obstine à nous contrarier grossièrement quand nous nous mettons à rêver.

Ce crève-cœur de l’Intimité perdue (pour toujours, toujours, encore ce foutu mot obsédant) est un dommage collatéral qui vient avec le deuil et que tous les veufs d’union de longue date connaissent très bien.

Nous portons nos morts sur notre dos…Ou plutôt, nous sommes les reliquaires des gens que nous aimons. Nous les portons en nous, nous sommes leur mémoire. Et nous ne voulons pas oublier.

En regardant ce Pierre Curie d’avant Marie, on a la sensation que c’était un homme qui n’arrivait pas tout à fait à s’intégrer dans le monde. Elle fut son ancrage dans la réalité et, de fait, elle le persuada aussitôt de passer enfin son doctorat.

Et vous avez été là-bas avec lui au cours de ce délicieux voyage en Norvège, vous avez été exactement là, devant cette splendide église de Borgund, admiratifs, enthousiastes et heureux. Ensemble. Vivants. Bouuuuuuuuum, la bombe du souvenir explose dans votre tête, ou peut-être dans votre cœur, ou dans votre gorge. Un pur terrorisme émotionnel.

Mais de temps en temps nous nous rappelons que nous sommes mortels et nous regardons alors en arrière, effrayés, et la Parque est là, souriante, immobile, bien sage, comme si elle n’avait pas bougé, mais plus près, un tout petit peu plus près de nous. Et ainsi, chaque fois que nous nous déconcentrons et que nous vaquons à autre chose, la Mort en profite pour faire un bond et se rapprocher.

Je raconte et je partage une nuit déchirante et, en le faisant, j’arrache des étincelles de lumière à l’obscurité…C’est pour ça que Conrad a écrit Au cœur des ténèbres : pour exorciser, pour neutraliser son expérience au Congo, si effroyable qu’elle avait failli le rendre fou…Il faut faire quelque chose avec tout ça pour que ça ne nous détruise pas, avec ce grondement de désespoir, avec ce gâchis interminable, avec ce furieux mal de vivre quand la vie est cruelle. Les êtres humains se défendent de la douleur insensée en l’ornant de la sagesse de la beauté. Nous écrasons du charbon à main nue et nous réussissons parfois à faire ressembler ça à des diamants.

Ah, les Coïncidences. Elles sont étranges, elles sont impossibles, elles sont inquiétantes et elles abondent, surtout, dans la littérature. Je ne veux pas dire à l’intérieur des romans, mais à proximité de l’écriture. Ou dans la relation entre l’écriture et la vie réelle.

Il y a quelque chose de curieux avec nos morts adorés, on dirait qu’il se produit comme une possession. A croire que votre mort se réincarne en vous d’une certaine façon, et voilà que vous vous mettez à ressentir comme venant de vous certaines phobies ou passions de l’absent que vous ne partagiez pas avant.

La douleur éclate en vous moins fréquemment et vous pouvez vous souvenir de votre mort sans souffrir. Mais quand la peine surgit, et vous ne savez pas très bien pourquoi elle le fait, c’est la même lacération, la même braise. Moi, en tout cas, c’est ce qui m’arrive, et ça fait déjà trois ans. Peut-être qu’avec plus de temps, la morsure s’atténue, ou peut-être pas.

Elle lutta comme une lionne contre la dégradation physique, mais le corps nous trahit inévitablement : nous perdons peu à peu nos facultés et la vie nous pousse sans que nous nous en apercevions vers une voie de garage. La dernière fois que vous gravissez une montagne. La dernière fois que vous faites de la plongée sous-marine. La dernière fois que vous jouez au foot avec des amis. En général, vous ne savez pas que c’est la dernière fois lorsque vous le faites. C’est le temps qui se charge de nous faire dire adieu, rétrospectivement, à nos possibilités.

Ce corps qui nous enferme et qui finit par nous tuer, ce fichu corps traître qui devient tout à coup boiteux, et c’en est terminé des montagnes pour toujours. Ou qui fait insidieusement croître, dans le silence laborieux des cellules, une tumeur maligne qui va vous torturer avant de vous assassiner.

En outre, plus vous vous approchez de l’essentiel, moins vous pouvez le nommer. La moelle des livres se trouve aux coins des mots. Le plus important des bons romans s’amasse dans les ellipses, dans l’air qui circule entre les personnages, dans les petites phrases. C’est pour ça, je crois, que je ne peux rien dire de plus sur Pablo, mon mari décédé : sa place est au centre du silence.

Mais il faut avoir vécu longtemps, je suppose, et avoir su apprendre de la vie, pour en venir à comprendre qu’il n’y a rien de plus important ni de plus splendide que le chant d’un enfant sous un figuier.

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Émetteur du verbatim : François C

Changer d'altitude - quelques solutions pour mieux vivre sa vie (préface de Matthieu Ricard) de Bertrand Piccard - Stock/Pocket

https://images.epagine.fr/256/9782234077256_1_75.jpg1. Prisonniers des vents de la vie ?

Quels que soient nos rêves de bonheur et nos espoirs de succès, les événements que nous rencontrons dans la vie, comme des vents plus ou moins turbulents, nous prennent par surprise et nous entraînent vers l’inconnu. Notre peur de perdre le contrôle nous pousse alors à construire des certitudes, à résister aux changements qui nous sont imposés et à nous battre pour obtenir ce que nous voulons. Cela nous rend-il plus heureux?

  1. Contrôler…mais quoi?

Ce n’est pas la vie que nous devons apprendre à contrôler, c’est la conscience de nous-mêmes et de notre monde intérieur. La performance passera alors par l’expérience de nous sentir exister dans l’instant présent. À condition d’accepter le risque de sortir de notre zone de confort. Mais avons-nous vraiment envie de nous libérer des certitudes et autres automatismes que nous avons développés jusqu’ici pour nous protéger?

  1. Mieux fonctionner sans contrôle?

Nous vivons généralement la perte de nos repères et habitudes comme une catastrophe. Une situation de rupture ne peut-elle pas être aussi l’occasion qui nous oblige à chercher au fond de nous-mêmes des solutions et des réponses que nous n’avons encore jamais apprises? Voici la magie de l’aventure: une ouverture à l’inconnu qui stimule notre créativité, une crise que l’on accepte afin de nous libérer de nos certitudes.

 4. Comment lâcher du lest?

Pour augmenter notre liberté dans les vents de la vie, nous devons être capables de sortir des situations qui nous emprisonnent. Comme un pilote de ballon qui changerait d’altitude en vue de trouver une meilleure trajectoire. Pour y parvenir, nous devons lâcher du lest, nous débarrasser des croyances et autres certitudes qui nous alourdissent. Très concrètement, cela signifie de nous comporter à l’inverse de ce que nous avons toujours fait, de devenir les pionniers de nos vies, pour remettre sans cesse en question notre façon de penser et d’agir.

 5. Quelle réalité?

Dans notre rapport aux autres, nous devons également apprendre à changer d’altitude. Abandonner l’idée d’une réalité unique, pour pouvoir construire nos relations en fonction du ressenti de chacun. Comprendre la communication comme un partage d’expériences et non comme un échange d’informations. Des outils comme la métaphore, le recadrage, la métacommunication et la recherche de situations gagnant-gagnant nous y aideront.

  1. L’hypnose, technique ou philosophie?

Pour calmer notre peur de l’inconnu, trouver la bonne altitude et stimuler notre confiance en la vie, nous avons besoin d’approfondir notre relation à nous-mêmes et de développer nos ressources intérieures. L’hypnose est l’un des moyens d’y parvenir.

Dans l’imaginaire populaire, elle oscille entre manipulation sulfureuse et guérison miraculeuse. Elle n’est pourtant ni l’une ni l’autre. Si elle permet effectivement des succès thérapeutiques, elle est avant tout un état d’esprit du soignant comme du patient dans lequel chacun arrête de se battre contre les vents de la vie, contre les symptômes et les émotions, pour se mettre à utiliser leur énergie.

  1. À quoi servent les crises ?

Dans le cours des vents de la vie, nous avons toujours la possibilité de décider à quelle altitude nous désirons vivre la suite de notre existence. Mais le faisons-nous vraiment? Avons-nous des raisons de changer quelque chose à nos habitudes si nous n’y sommes pas contraints ? Dans ce contexte, les turbulences peuvent aussi bien nous détruire que nous obliger à évoluer. À nous de nous demander, chaque fois que notre univers bascule, quelle est la nouvelle ressource que la vie nous oblige à développer.

  1. Y-a-t-il une pédagogie de l’épreuve?

Si les crises nous obligent à développer de nouvelles compétences, quelles sont celles qui nous permettront de supporter les grands drames de l’existence ? Les ressources matérielles et même psychologiques, le plus souvent, ne suffisent pas. Forcés de perdre ce à quoi nous tenons par-dessus tout, il y a un stade où il ne restera plus pour arriver à tenir debout que l’énergie de notre être intérieur et le lien avec la transcendance. Tiraillés entre notre attachement à la Terre et  notre attirance pour le Ciel, entre rejet et acceptation de la souffrance, nous pourrons alors faire le choix de l’ouverture à la dimension spirituelle.

  1. Religion ou spiritualité?

Entre affirmations et questions sans réponse, entre dogmes et hérésies, nous confondons trop souvent religion et spiritualité. Tout ce qui est créé et manifesté dans notre monde matériel ne peut l’être que sous forme de dualité. Rien ne peut exister sans son contraire. Vouloir donner à Dieu une forme humaine ou le décrire avec des mots ne fera que l’abaisser au niveau de cette dualité plutôt que de permettre à l’homme de s’élever vers l’unicité. Cela signifie que le but devrait être plutôt de comprendre comment nous dissocier de notre monde de tous les jours et prendre de la distance par rapport à cette dualité, pour retrouver un état de grâce spirituelle. Les rituels nous en montrent la voie davantage que les dogmes. Et celui qui affirme détenir la solution est soit un initié, soit un imposteur.

  1. Y-a-t-il un autre monde?

Je ne crois pas que la voie spirituelle soit une voie passive où il faille attendre que la grâce nous touche par simple volonté divine. Nous devons faire le choix conscient de l’énergie sur la matière, de la compassion sur l’indifférence. Nous devons décider d’affiner la qualité de notre être intérieur par la recherche de la bonté et de la sagesse.

 Tout cela prend une signification différente au moment où nous réalisons que le monde dans lequel nous vivons n’est pas le seul. Le voile qui nous aveugle habituellement se déchire parfois pour nous montrer quelques bribes de l’invisible. Mais sommes-nous prêts à le percevoir? Sommes-nous suffisamment à l’écoute des synchronicités et autres signes de la vie qui nous montrent le chemin vers la transcendance?

  1. Vers une écomanité

Quelles que soient nos aspirations spirituelles, nous vivons dans un monde matériel imparfait. À défaut de pouvoir changer ce monde, nous devrions réussir à améliorer le fonctionnement de la société et y créer des conditions plus propices à notre épanouissement. L’intérêt collectif à long terme n’étant pas inscrit dans la nature humaine, il s’agit de trouver des avantages personnels et immédiats pour y parvenir.

La lutte environnementale en faveur des générations futures ne sera donc pas très efficace. Il faut tendre vers l’ «écomanité», qui allie écologie, économie et humanisme. À défaut de passager, c’est ce message que le projet Solar Impulse transporte pour inspirer le plus de gens possibles à devenir les pionniers de leur propre existence.

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Émetteur du verbatim : François C

J'ai choisi de bien vieillir - Vieillir plus longtemps et mieux du Pr Françoise Porette et Laurence Dorlhac - Ed. L'Archipel

J'ai choisi de bien vieillirPour la promotion d’une avancée en âge active, chaleureuse, sereine et ouverte à la vie.

BIEN MANGER «Etre bien dans son assiette est l’une des clés du bien vieillir»

Le poids fait office de signal d’alarme. La stabilité de son poids est bien un signe de bonne santé.

Un apport en calcium insuffisant peut contribuer à la perte de la résistance des os.

Vitamine D : nombreux effets extra-osseux bénéfiques, sur l’immunité, la prévention des cancers, les maladies cardio-vasculaires et la dépression.

En plus des 0,5 à 1 litre d’eau qu’apporte quotidiennement une alimentation équilibrée, il nous faut donc compenser en absorbant entre 1 et 1,5 litre d’eau.

TRAVAILLER « Le canapé, voilà l’ennemi ! »

Concept de réserve cognitive…Les personnes engagées dans une activité intellectuelle ou physique soutenue ont moins de risque de développer une maladie d’Alzheimer.

Plus on travaille longtemps, mieux on « exploite » son cerveau. La poursuite d’un engagement professionnel prend alors tout son sens.

Ce sont ces métiers à forte exigence mentale qui permettent de conserver un cerveau extraordinairement performant tard dans la vie.

Ce qui compte, c’est la permanence et l’importance de la stimulation des fonctions cognitives tout au long de la journée et tout au long de l’année…Le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

La mortalité des personnes sans diplôme est deux fois supérieure à celle des personnes de niveau universitaire.

AIMER Il est possible de vieillir en poursuivant une vie sexuelle épanouie.

Les hommes sexuellement actifs se préoccupent aussi davantage de leur santé sexuelle. Cependant, les femmes qui considèrent le sexe comme quelque chose d’important ont trois fois plus de chances de rester sexuellement actives que celles qui ne le jugent pas important, indépendamment de l’existence de troubles sexuels.

Le sexe masculin est un organe « neuro-vasculo-musculaire ». Son bon fonctionnement est dépendant du mental, d’un afflux sanguin plus ou moins efficace et de la réactivité de certains muscles. Il suffit que l’un de ces trois critères faiblisse pour que la sexualité en pâtisse.

L’activité sexuelle, en favorisant le bien-être et la qualité de vie, induit un vieillissement positif chez les personnes âgées. Associée à l’activité physique et intellectuelle, elle contribue au maintien de la santé, en particulier cardiovasculaire.

BOUGER L’activité physique est indispensable pour bien vieillir.

Cesser de bouger, c’est s’interdire de réfléchir aux gestes à réaliser, et diminuer les chances de rester en harmonie avec son corps.

L’intensité de l’activité physique améliore la santé générale. Elle aide à bien dormir, normalise la tension artérielle, régule le taux de sucre dans le sang en facilitant le travail de l’insuline, participe au maintien d’une bonne musculature, entre dans la lutte contre l’ostéoporose, diminue le risque d’accident coronaire (angine de poitrine ou infarctus) et les risques de certains cancers.

La marche est un «marqueur» de notre état de santé…Plus on marche vite, plus la santé cognitive et la santé générale s’améliorent et plus la mortalité diminue.

Il faut être régulier dans sa pratique sportive pour qu’elle soit efficace pour la santé.

Chaque année, en France, près de 400 000 personnes âgées font une chute accidentelle, près de 12 000 en décèdent. Parmi les adultes de 65 ans et plus, 35 à 40% font au moins une chute par an.

Le meilleur sport est celui auquel on va pouvoir, sans forcer, s’adonner avec rigueur, plaisir et régularité.

L’activité physique est une des clés du bien vieillir, au même titre que l’activité intellectuelle, la poursuite de l’activité professionnelle, l’engagement social, amical et familial.

SORTIR Il faut vraiment sortir de chez soi.

Nos relations sociales se définissent selon cinq cercles : le cercle familial, le réseau professionnel, les liens avec les amis, les relations par affinités au sein d’une activité de club ou d’association et enfin le cercle constitué par le voisinage. La solitude qui mène à l’isolement concerne toute personne qui n’a pas ou peu de relations sociales avec les cinq niveaux décrits.

Sortir de chez soi, bouger, échanger avec d’autres. L’altérité chère à Emmanuel Levinas est peut-être le vrai secret du bien vieillir.

La fragilité est réversible grâce à une prise en charge appropriée tandis que la dépendance est, en règle générale, définitive.

Le bénévole trouve, au travers de son engagement, un épanouissement et une nouvelle utilité sociale.

Les sujets « hautement » optimistes ont une mortalité cardiovasculaire inférieure de 40% à celle des sujets à faible niveau d’optimisme.

Les études sur les liens entre le corps et l’esprit ont de beaux jours devant elles. Les disciplines telles que la méditation, la sophrologie, le travail des émotions, etc., tentent, en tout cas, de soulager angoisse, pensées négatives réputées pour leur action péjorative sur notre santé.

L’important est de savoir, quel que soit son âge, si son état de santé, ses capacités fonctionnelles et intellectuelles permettent de conduire en toute sécurité.

La sédentarité, le repli sur soi sont pour certains des ennemis à combattre avec énergie. Toutes les études le démontrent avec éclat : l’optimisme, le goût de l’action, le culte de l’amitié, la joie du travail, du sport ou des loisirs, les vacances avec les petits-enfants, les enfants, la famille, les voyages avec les amis sont autant de clés pour vivre ce temps avec bonheur et en pleine santé physique et intellectuelle.

S’ESTIMER La vieillesse est inattendue !

Le concept d’âges multiples : chaque individu porte en lui un âge biologique (celui de son corps), chronologique (son état-civil), un âge mental (ses connaissances), un âge psychologique (sa maturité) et un âge subjectif.

La révolution de l’âge subjectif est en marche. Elle bouleverse les codes du bien vieillir comme du reste. On vieillira désormais selon ses désirs en suivant l’âge que l’on a dans la tête.

Avoir une bonne estime de soi permet aux seniors de se garantir une meilleure santé.

La dépression des seniors est une affection fréquente, atteignant de 10 à 30% des personnes de plus de 65 ans suivant les études.

Lorsque nous sommes attentifs, quelle que soit l’expérience, le cerveau sécrète des substances comme la dopamine et la sérotonine qui accentuent notre bien-être.

La «seniorescence».

On voit maintenant fleurir les consultations « mémoire », les consultations « fragilité, « équilibre », « nutrition » dont l’objectif est de bien vieillir en bonne santé.

Chacun d’entre nous va avancer en âge en fonction de son vécu, de son caractère, de sa sensibilité aux événements qui ne dépendent pas de soi, de son ouverture aux autres. Il n’y a pas de « schéma » fixé à l’avance, obligatoire. Nous restons libres jusqu’au bout de nos sentiments, de notre ressenti lors de cette période si particulière de la vie.

PREVENIR De la prévention pour la maladie d’Alzheimer, aussi !

Les principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires : hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, obésité, sédentarité.

Plus le niveau d’éducation est élevé, plus on est sensible aux recommandations de santé.

« L’épigénétique » Notre comportement agit sur nos gènes.

Quelques dépistages recommandés entre 50 et 74 ans : cancer du sein ; cancer colorectal ; cancer du col de l’utérus.

Conclusion Les pistes du bien vieillir.

Prévenir les maladies avant qu’elles ne surviennent et soient difficilement guérissables est donc un enjeu majeur, en attendant de nouvelles découvertes. Savoir que le style de vie, les connaissances, le goût de l’action, le goût des autres, le dynamisme et l’amour de la vie peuvent nous aider à atteindre ce but est un puissant encouragement.

Le concept d’épigénétique le confirme : rien n’est écrit définitivement.

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Émetteur du verbatim : François C