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La vie des morts de Jean-Marie Laclavetine - Gallimard

Émetteur du résumé: François C.

La vie des mortsCertains voient Jésus ou la Vierge, j’ai vu Porthos, je l’ai senti si proche au moment de sa mort qu’il m’a permis d’approcher ce mystère comme je ne l’avais jamais fait auparavant.

Voilà ce qui rend la littérature supérieure à la vie ordinaire : elle offre des territoires sauvages, inviolés, où l’on se promène dans une solitude enivrante ; mais on y est relié à l’humanité entière, tout peut y être partagé, la solitude y est peuplée, traversée par d’innombrables ruisseaux de vie, ce voyage est sans fin.

Tous ces signes me ramenaient non seulement à notre histoire, mais surtout à la puissance mystérieuse de l’écriture, à ce qu’elle rend possible, à ce qu’elle délivre ou dénoue.

A ceux qui m’ont demandé si la rédaction de ce livre avait apaisé la douleur de la perte, j’ai dû répondre que non, bien au contraire ; tu es plus réelle, plus vivante que tu ne l’étais avant que je n’entame ce travail, et tu me manques d’autant plus aujourd’hui. La littérature, décidément, ne soigne rien. Elle se contente de nous rendre vivants.

Et toi aussi, Annie, tu vis de l’étrange vie des morts, qui s’occupent à relier entre eux les vivants, ceux qui l’ont été, ceux qui le seront.

La littérature est bien cette force silencieuse qui relie, qui se ramifie, favorise la propagation d’un réseau complexe d’émotions, de souvenirs, de savoirs. Elle traverse les frontières géographiques, temporelles ou de classe, elle bondit par-dessus les murs et les mers.

Nous sommes agités de souvenirs qui nous transforment tout en se transformant eux-mêmes. Rien ne dure, tout est mouvant, nous ne retrouverons jamais cet instant précieux de tête-à-tête avec un être aimé qui nous a changé…

Ce que nous perdons dans l’absence de l’autre, ce n’est pas seulement un être cher, c’est un moment de nous-mêmes que nous ne retrouverons jamais.

On écrit avec ça : la colère, l’enfance, les beautés perdues, les beautés à venir, l’émerveillement du présent, la rage du manque, le désir inassouvi, la soif de rencontres, le besoin de tout dévorer.

Je pourrais continuer longtemps à dévider la litanie des coïncidences et des rencontres, des témoignages et des confidences.

Il se demande si le souvenir des grands tremblements de terre qui secouent notre existence n’occulte pas les mini-séismes, les secousses presque imperceptibles qui ébranlent l’édifice sans qu’on y prenne garde et lui impriment peu à peu sa forme.

Entre le moment où le signal est donné, à la faveur d’une banale analyse de sang ou de la découverte d’un grain de beauté bizarre, la vie prend des allures de grand huit, accélérations soudaines, pentes à quarante degrés, tête à l’envers, nausée, et déjà c’est la fin du numéro.

Elle serait là dans nos gestes quotidiens, dans nos pensées infimes, parce que rien ne se perd quand on s’aime comme nous nous aimions, comme elle nous aimait, sans faire d’histoires ni de complications.

Elle expliquait dans l’un d’entre eux que l’idéogramme chinois signifiant « écrire » est formé d’un toit, de deux mains et du signe qui veut dire « changer l’ordre des choses ». Comme ses personnages, Lisa tentait de mettre de l’ordre dans un réel mouvant et insaisissable.

Un tome après l’autre, de 1999 à 2015, Siné a déroulé une sorte de tapisserie de Bayeux à l’usage des malpolis et des sans-dents, un petit précis illustré de la colère sociale et des joies toutes simples.

Où que je regarde, l’amitié est partout, essentielle, vitale, elle forme autour de moi un halo bienfaisant, je lui ai consacré beaucoup d’énergie, d’attention. Guy me disait que l’amitié est comme une plante : on doit lui prodiguer des soins constants, l’arroser quand c’est nécessaire, la préserver du soleil ou de l’ombre sous peine de la voir se flétrir. Elle n’est pas donnée une fois pour toutes, pas plus que l’amour ; comme l’amour, elle est le fruit du travail et de la patience.

Que de souvenirs dans ces lieux, que de moments heureux et profonds…A l’abri du jour et de ses tracas, nous passions là des heures sans minutes, délivrés du temps.

Cela n’a rien de délibéré. Cela vient sans doute d’une méfiance instinctive vis-à-vis des chemins tracés, des corps constitués, des cultures de groupe, des milieux hermétiques organisés autour du seul impératif de la reproduction sociale.

L’Orient est compliqué, il sent le poivre et l’opium, les longues expéditions à dos de chameau, le beurre de yack et la soie onéreuse. L’Ouest, c’est l’immensité vert-bleu, les danses du vent en jupe d’écume, le mystère des Sargasses, le fraîchin odorant, les cirés luisants dans les aubes glaciales, le soleil qui éclate soudain sur une mer d’étain, le pressentiment des naufrages et le rire des pirates, le frémissement des élingues dans des ports jamais tranquilles. C’est dans ce rêve occidental que nous avons grandi.

CITATIONS DANS LE TEXTE : S. de Beauvoir “Il y a des jours si beaux qu’on a envie de briller comme le soleil, c’est-à-dire d’éclabousser la terre avec des mots ; il y a des heures si noires qu’il ne reste plus d’autre espoir que ce cri qu’on voudrait pousser…Sans doute les mots universels, éternels, présence de tous à chacun, sont-ils le seul transcendant que je reconnaisse et qui m’émeuve. Ils vibrent dans ma bouche et par eux je communie avec l’humanité. Ils arrachent à l’instant et sa contingence les larmes, la nuit, la mort même, et les transfigurent.”

Kundera Car, d’emblée, tout est clair : “la vie humaine, en tant que telle, est défaite, la seule chose qui nous reste face à cette inéluctable défaite qu’on appelle la vie est d’essayer de la comprendre.”

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