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La rencontre Une philosophie de Charles Pépin - Allary

Émetteur du résumé: François C.

La rencontre, une philosophieI LES SIGNES DE LA RENCONTRE 1.1 Je suis troublé Quand se fissure ma carapace Grâce à la rencontre de Robert, au cœur même du trouble de la rencontre, elle s’est découverte autre et c’est cette autre devenue véritablement elle-même qui l’accompagnera jusqu’au bout.

La rencontre redonne droit de cité au moi profond. D’où ce sentiment si fort, au cœur du trouble qu’elle provoque, d’exister pleinement, d’exister enfin. Le moi profond ne se laisse plus recouvrir par le moi social ; il le déborde soudain. Le trouble indique le chemin parcouru, parfois en un temps record.

1.2 Je te reconnais Quand le hasard ressemble au destin Nous passons nos vies à douter, mais certaines rencontres ont le pouvoir de nous délivrer, parfois d’un seul geste, « le temps d’un battement de paupières ». Que réveillent-elles en nous, qui ne laisse plus de place à l’incertitude ? Que rencontrons-nous alors ?

1.3 Je suis curieux de toi Quand j’ai envie de découvrir ton monde Rencontrer quelqu’un, c’est se trouver projeté au seuil d’un monde nouveau, happé par l’envie de l’explorer ; c’est une invitation au voyage.

On désire tout un monde, celui qui est associé à l’être rencontré et dont on ne devine d’abord que les reliefs, un monde fait d’habitude, de gestes, d’amis et d’ennemis, d’émotions, de perceptions, de souvenirs…

1.4 J’ai envie de me lancer Quand l’autre me donne des ailes Une rencontre marque parfois aussi la naissance d’un projet…la rencontre crée un désir, ouvre un champ de possibles, il faut s’y engouffrer.

Nous pouvons tous sentir, en rencontrant quelqu’un, que nous allons inventer quelque chose.

Plus tard, lorsque la rencontre aura porté ses fruits, nous nous souviendrons avec émotion de cette excitation initiale, de ce moment où il nous est apparu que tout devenait possible…Nous aurons le cœur plein de la joie d’avoir créé plus grand que soi.

1.5 Je découvre ton point de vue Quand je fais l’expérience de ton altérité Quand cet autre devient mon amour, mon ami, mon partenaire, lorsque je ne peux plus vivre un événement sans le ressentir également à travers lui, alors je sais que je l’ai vraiment rencontré : je fais dans la durée l’expérience de sa différence, de son altérité.

Si l’amour est « construction », c’est en se continuant que la rencontre manifeste toute sa puissance : le véritable émerveillement est moins dans le coup de foudre initial que dans le temps nécessaire pour essayer de « faire le tour de la différence » de l’autre et découvrir, ébloui, qu’il est lui aussi un centre, un sujet, un point d’observation de la richesse du monde.

1.6 J’ai changé Quand l’autre fait de moi quelqu’un d’autre L’expérience de l’altérité finit tôt ou tard par produire des effets : plus encore que découvrir un point de vue, je change à ton contact. J’ai pris une nouvelle voie, modifié quelques-unes de mes habitudes, de mes opinions également, mes goûts ont évolué, et dans certaines situations je ne réagis plus de la même façon -bref j’ai changé. En mieux ou non qu’importe. La preuve la plus tangible que je t’ai rencontré est là : je mène différemment la barque de mon existence.

Telle est la véritable force de la rencontre : une puissance de changement.

1.7 Je me sens responsable de toi Quand l’autre me révèle ma nature morale Le changement provoqué en nous par la rencontre peut être aussi d’ordre moral. Parce que je t’ai rencontré, parce que nous nous sommes retrouvés face à face et que j’ai été touché par ta fragilité, je suis soudain arraché à mon égoïsme naturel ou au moins à mon indifférence ; je me sens responsable d’un autre que moi. Te rencontrer me révèle alors ma nature morale.

1.8 Je suis vivant Quand l’autre me sauve la vie Une de ces personnes de notre entourage que Boris Cyrulnik nomme « tuteurs de résilience » et qui sont capables, par le soin, l’attention ou l’amour qu’elles nous portent, de nous aider à nous relever après un drame.

Le trouble, la curiosité, la reconnaissance et l’envie de se lancer sont les premiers signes de la rencontre en train de se faire. Puis l’expérience de l’altérité, le changement, la responsabilité et le salut sont les signes d’une rencontre se continuant, et produisant ses effets.

II. LES CONDITIONS DE LA RENCONTRE 2.1 Sortir de chez soi Une philosophie de l’action La contingence -ce qui est mais aurait pu ne pas être- s’oppose à l’idée de nécessité, ou de déterminisme -ce qui est et ne pouvait pas ne pas être.

Mais dans un monde contingent, l’action devient un ressort décisif. En me mettant en mouvement, je produis des changements, dont je ne peux mesurer précisément les effets, mais qui influeront sur la chaîne de causalité ; agir reconfigure le monde, rebat les cartes.

Nourrir sa vie intérieure puis s’aventurer à l’extérieur, rentrer en soi puis sortir de chez soi : cette attitude, comme une sorte de pas de deux, favorise les rencontres davantage que l’effort insistant pour entrer en contact avec l’autre.

Nous ne savons pas, avant d’agir, ce que notre action produira dans le monde. Mais nous devons y aller malgré tout ; c’est là toute la beauté de la prise de risque, le sel de l’existence ; c’est l’essence même d’une philosophie de l’action.

Ce mantra « j’y vais-je vois » était une invitation à réunir les deux conditions nécessaires à la survenue d’un événement, à la rencontre : sortir de chez soi, mais aussi être prêt à accueillir ce qui se présente, le bon comme le mauvais. Se lancer, mais moins tendu vers l’objectif que l’esprit ouvert, moins concentré sur le but qu’attentif à tout le reste.

2.2 Ne rien attendre de précis Eloge de la disponibilité D’une certaine manière, moins nos attentes seront précises, plus elles ouvriront le champ de notre vision, de notre rapport au monde et aux autres.

Il avait oublié qu’une rencontre a justement le pouvoir de redistribuer nos attentes, nos désirs, nos idées mêmes des choses et de la vie…savoir que nous pouvons nous tromper sur nos attentes peut nous convaincre de nous ouvrir à ce que nous n’attendons pas.

Le poète peut d’ailleurs être défini comme cet être absolument disponible à l’inattendu, à l’accueil de ce qui vient -mots, idées, images, émotions.

J’accueillais un présent sans rien lui demander d’autre que d’être là, et c’est précisément pour cette raison qu’il a ouvert un avenir.

« Attendus » au sens non d’une attente précise, mais d’une attention pleine, ouverte, partagée, vivante. Une attente oui, mais sans véritable objet.

2.3 Tomber le masque La puissance de la vulnérabilité Avoir confiance, c’est s’élancer malgré le doute, apprendre à accepter et même à embrasser l’incertitude malgré l’appréhension, ne pas chercher à se rassurer en l’évacuant.

Se montrer vulnérable, se mettre « à nu », ne plus avancer masqué, requiert confiance en nous-mêmes et en autrui pour oser dévoiler son intimité à l’inconnu.

III. LA VRAIE VIE EST RENCONTRE 3.1. La rencontre comme propre de l’homme Une lecture anthropologique D’après Aristote, l’homme est un animal inachevé, un être riche de potentialités mais qui restent à accomplir, ses nombreuses dispositions nécessitant une « actualisation ».

Le biologiste néerlandais Louis Bolk caractérisera l’espèce humaine par cette prématuration qu’il appellera « néoténie ».

Suite à la gestation et à la naissance, il nous manque donc encore au bas mot neuf mois pour atteindre une première forme achevée. Nous sommes une espèce de grands prématurés. La cause en est sans doute la bipédie.

3.2. Je te rencontre, donc j’existe Une lecture existentialiste L’existence, c’est être sans cesse jeté « devant » soi, hors de soi. Et la rencontre est cet événement qui, par excellence, me jette devant moi, m’invite à sortir de moi pour m’engager dans l’avenir, dans le monde -pour devenir et non simplement être.

Il serait donc plus juste de dire : exister, c’est dépendre. Et même « aimer dépendre » ; embrasser sans réserve une vie « hors de soi ». Belle leçon de la rencontre, qui est aussi celle de l’amour : notre vérité n’est pas en nous, mais entre nous.

3.3. Rencontrer le mystère Une lecture religieuse « C’est parce qu’il y a un Tu que le Je trouve son sens et vit sa véritable vie », écrit Martin Buber dans Je et Tu.

3.4. Rencontrer son désir Une lecture psychanalytique Nos grandes rencontres nous convoquent doublement : elles nous emportent avec tout notre passé, le font remonter souvent inconsciemment, puis elles nous propulsent vers l’avenir. Elles nous offrent l’opportunité de mieux comprendre notre désir, sa nature toujours composite. Il est en partie le produit de notre passé, en partie l’œuvre de nos rencontres. Il est un héritage, mais également une fondation. Toute véritable rencontre est rencontre de son désir.

3.5. Rencontrer l’autre pour se rencontrer Une lecture dialectique Pour Buber, Freud, Levinas, Sartre, mais aussi Husserl, Merleau-Ponty, Derrida…, c’est au contact de l’autre, tout contre lui, que je peux espérer me découvrir.

Tu m’intéresses parce que tu es autre, et parce qu’à ton contact, je peux devenir autre : comment faire la part des choses ? La vraie vie est ainsi : il est parfois impossible de démêler, au cœur d’une rencontre, la fascination désintéressée pour l’autre et le sentiment que ma vie va changer grâce à lui.

Seuls, nous ne sommes rien, nous ne valons rien, nous ne devenons rien. Mais il suffit que je te rencontre, et tout commence. CITATIONS

R. Char Il faut s’établir à l’extérieur de soi, au bord des larmes et dans l’orbite des famines, si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise, qui n’était que pour nous.

P. Eluard Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous.

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