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Verbatims et recommandations...

Génération surdiplômée de Monique Dagnaud et Jean-Laurent Cassely - Odile Jacob

Émetteur du résumé: François C.

Génération surdiplômée ; les 20% qui transforment la FranceIntroduction – Des 1% (les superriches) aux 20% (les superdiplômés). Changer de regard sur la société

Les 20%, épicentre des sociétés développées. La compétition scolaire, une compétition existentielle. Perspectives d’insertion professionnelle, d’aisance matérielle, de qualité de vie riment avec réussite scolaire. Les anywhere et les somewhere : le partage des sociétés entre les diplômés et les autres. Description d’une polarisation des parcours de vie, des comportements et des représentations.

Le niveau éducatif, maître étalon des disparités. Les 20% Le prolétariat culturel (13% de sans diplôme, 10% de CAP et formation professionnelle courte et 32% de juste bacheliers) ; Les formations techniques dites courtes de niveau bac + 2 et les licences représentent 22% des nouvelles générations ; Les masters universitaires ; Les diplômés des « petites grandes écoles » et des écoles post-bac ; Les diplômés des très grandes écoles post-prépa.

Les 20% : une société dans la société Postulat : les 20% forment une minisociété aux traits composites, avec ses gardiens du temple et ses contestataires Pourquoi étudier les 20% ? Les 1% au cœur des représentations politiques. Entre le 1% qui s’envole et la classe moyenne qui s’étiole : l’émergence des 20% Ces classes moyennes supérieures américaines sont plus riches, plus cultivées, plus compétitives, plus minces, plus sportives, plus décontractées que le reste de la société. Elite dirigeante, sous-élite (impact socio-économique) et alter-élite (impact socioculturel) : l’archipel des 20% les plus diplômés.

1. Un jour, tu seras un « talent » Du bon élève au « talent »

Les 20%, le vivier des talents Les talents sont censés concilier une large palette de savoir-être, de savoir-faire et de savoir-paraître, de connaissances et d’aptitudes émotionnelles, de rapidité mentale et d’intuition et, last but not least, d’endurance à l’effort. « Je savais que je voulais faire du conseil depuis l’âge de 11 ans » Maturation précoce, engagement passionné dans un secteur, talent stratégique pour progresser rapidement, pour construire une expertise, souci de se former continuellement et habileté à saisir toutes les occasions de sociabilité, de rebondissement et de prise de risques. La méritocratie idéalisée, et sans illusions Le fait que le classement scolaire soit biaisé par l’appartenance sociale et surtout l’environnement culturel de l’enfant est un secret de polichinelle. Le nouveau gagnant n’est plus nécessairement un premier de la classe Ces jeunes ambitionnent de tout mener de front, ou successivement, d’avoir plusieurs vies, et de conjuguer avec virtuosité réussite monétaire, bien-être personnel et participation au mieux-être de la société. La consécration de l’étudiant globe-trotter En 2019, 10% des élèves des écoles françaises d’ingénieurs et 18% des étudiants des écoles de management débutent leur carrière à l’étranger, majoritairement dans un autre pays européen. Un « talent » ou une qualité purement différentielle Le « talent » peut être défini comme ce gradient de qualité qui est attribué à un individu à travers des comparaisons dépourvues de repères externes absolus. La difficulté de définir le talent vient de ce qu’il est une qualité purement différentielle. Les « talents », démiurges du capitalisme d’innovation En gros, trois filières professionnelles dominent aujourd’hui l’économie du software : les financiers/managers/commerciaux/communicants ; les technologues ; les artistes, notamment les designers.

La psyché du premier de la classe. Ethos des « talents » : une vie à se bonifier et à se choisir Ces itinéraires scolaires façonnés par l’effort, la réflexion stratégique et la capacité à saisir les opportunités forgent une mentalité particulière, « la capacité à être entrepreneur de soi-même » Celle-ci implique une impatience permanente à s’améliorer, à aller de l’avant. L’exigence d’un retour sur investissement De ce marathon, le haut diplômé retire une conviction, celle d’être légitime où qu’il soit, et estime tout naturel de poser ses exigences en matière de contenu et de statut du travail. L’homogamie des couples qui se forment au sein des surdiplômés Depuis le boom de l’enseignement supérieur et son ouverture aux femmes, plus le niveau de diplôme est élevé, plus on se marie, et plus on se marie entre niveaux universitaires équivalents.

L’incubation des « talents ». De la méritocratie à la parentocracy Selon Phillip Brown, l’ère de la parentocracy correspond à la privatisation familiale du système éducatif, et incarne une époque où l’éducation d’un enfant est essentiellement déterminée par le niveau de revenus et les projections de ses parents. La douce matrice éducative des familles privilégiées à l’heure de la globalisation Dans ce système de sélection, le capital culturel de la famille d’origine compte davantage que ses ressources économiques : en témoigne la forte surreprésentation des enfants d’enseignants dans le microcosme des grandes écoles. France/Etats-Unis : la fracture culturelle et la fracture de l’argent Les comportements familiaux de l’aspirational class américaine : parenting intensif dès le premier âge, construction de parcours dans les filières d’excellence, maturation d’un mental tendu vers la confiance en soi et l’éclosion de talents singuliers. Les blessures de la distance culturelle face aux « talents » Ce vaste élan vers l’éducation supérieure accentue le sentiment d’angoisse de l’avenir quand les attentes (symboliques, sociales et financières) contenues dans l’idée de méritocratie scolaire ne sont pas remplies.

2. Les surdiplômés au travail, entre innovation et impact social Elite, sous-élite, alter-élite : une typologie de la classe diplômée

Trois jeunes actifs diplômés, trois salaires, trois choix de vie La plupart des salaires s’étalent entre 3000 et 6000 euros/mois pour ces trentenaires, en fonction de l’âge et de l’ancienneté. Ils figurent déjà dans les 10% les plus riches (on entre dans cette catégorie à partir d’un revenu mensuel de 3 767 euros bruts pour un individu seul). Elite, sous-élite, alter-élite : trois nuances de surdiplômés Capitalisme d’innovation (« nouveaux métiers » et nouvelles structures) : professions du changement économique et technologique pour la sous-élite à impact techno-économique ; professions du changement socioculturel et environnemental pour l’alter-élite à impact socio-culturel. Capitalisme d’organisation (métiers « traditionnels » et bureaucratie : (Petite) bourgeoisie économique traditionnelle pour la sous-élite à impact techno-économique ; (Petite) bourgeoisie culturelle traditionnelle pour l’alter-élite à impact socio-culturel.

Start-upeurs, consultants, écosystème de l’innovation : les nouveaux métiers de la sous-élite. Entrepreneur, le héros de notre temps ? « Ubérisation » et statut d’auto-entrepreneur, d’une part, et essor des petites entreprises innovantes et des consultants, de l’autre, sont les deux faces en miroir d’une même tendance, dont la dynamique séparée renforce les polarisations sociales. Pourtant, l’image idyllique de la petite entreprise est à l’évidence surcotée, car la réalité est contrastée. La start-up : le vertige du milliardaire ou le charme de l’esprit bohème ? La start-up est fondée sur une technologie radicalement nouvelle ou un service innovant. Elle va faire bouger la société, produire de l’inédit, ce qui à sa manière rend à l’auteur du projet sa part de démiurge. Elle est construite avec des valeurs qui sont en premier lieu le sens et le fun. Start-upeurs artisans de solutions technologiques Un espace professionnel prospère autour des start-up, sous l’égide de l’échange d’expériences, des conseils, des études de cas, des préoccupations technologiques, des théories sur le management aux recettes des business models. Autour d’elles s’est organisé un marché fécond pour des experts en tous genres…, au point que l’on peut se demander s’il n’existe pas plus de consultants pour start-upeurs que de start-upeurs. Le master Entrepreneuriat de HEC, fabrique de champions. Parcours type du start-upeur français Ces trois start-upeurs, au moment de se lancer dans l’entrepreneuriat, ont négocié une rupture conventionnelle avec leur employeur précédent et ont bénéficié du dispositif Accre (Aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d’entreprise) dispensé par les Assedic aux chômeurs qui créent leur entreprise. Mais pourquoi donc créer une start-up ? Pondération des motivations des créateurs d’entreprise : a) travailleur indépendant : travailler pour soi ; aller vite ; gagner de l’argent ou en avoir l’espoir. b) start-up : créer quelque chose de nouveau ; avoir un impact sur le monde ; se sentir fier de son image ; côtoyer les élites. c) PME : être maître de son destin ; construire dans la durée ; gagner de l’argent ou en avoir l’espoir ; croire en ce que l’on fait.

L’alter-élite : changer le monde en mode projet. Les nouveaux entrepreneurs sociaux, ou l’innovation solidaire en bandoulière Ces nouveaux entrepreneurs se concentrent sur une finalité solidaire, sociale, environnementale à laquelle ils appliquent les méthodes de l’innovation, amenant dans l’ancien monde de la solidarité et de l’associatif un état d’esprit entrepreneurial.

Les alter-consultants et les nouveaux intermédiaires culturels Ces « communautés », « plateformes », « réseaux », « collectifs » oeuvrent en mode projet, en petites équipes agiles et elles innovent autant par leurs positionnements que par leur fonctionnement interne. Leurs fondateurs sont des millenials, pour la plupart diplômés d’écoles d’ingénieurs et de commerce, tout comme l’écrasante majorité de leurs salariés.

Une génération en recherche de sens…et de process Responsabilité sociale et environnementale, quête de sens des organisations, innovation produit, événementiel alternatif d’entreprise, méthodes innovantes de travail collaboratif… : domaines dans lesquels les alter-consultants et les nouveaux intermédiaires culturels exercent leurs talents.

Tiers-lieux, coworking, fablabs : les lieux de travail de l’alter-élite En étudiant certains de ces nouveaux bureaux qui accueillent free-lances, consultants, petites structures, on découvre une autre branche de l’alter-élite, celle des créateurs de tiers-lieux.

Un cas d’étude : Yes We Camp, entrepreneur de vivre-ensemble Depuis 2013, Yes We Camp met en place des processus de transformation d’espaces définis en microterritoires ouverts, généreux et créatifs. Selon le contexte, ces lieux empruntent les qualités de ce que peuvent être un parc, une école, un centre de soins, un fablab, une place publique ou une plage. Derrière le succès de Yes We Camp, un entrepreneur de la solidarité.

3. Lieux, modes et styles de vie : les choix des 20% Le grand tri français : une géographie des 20%

Les anywhere de la société française sont principalement les enfants des baby-boomers des classes moyennes et supérieures de province. Les nouveaux diplômés de la génération montante correspondent donc plutôt à la catégorie des anywhere, ces individus mobiles géographiquement et socialement selon la terminologie de David Goodhart. 136 000 ingénieurs français travaillent à l’étranger, dont près de 79 000 en Europe, près de 25 000 en Amérique du Nord et environ 17 000 en Asie. Paris et les métropoles TGV : une géographie des 20% Paris, la ville où les 20% pourraient devenir les 80% : une « ville superstar » qui concentre l’essentiel des entreprises innovantes, des compétences et des capitaux nécessaires à leur développement…L’agglomération parisienne regroupe 1,2 million d’emplois de l’économie de la connaissance (sur un total de 2,8 millions de salariés de celle-ci en France). Le XIème arrondissement de Paris ou la vi(ll)e rêvée des diplômés : culture Fooding et tendance healthy, ainsi qu’innombrables espaces de coworking et coffee shops où chaque client est muni d’un MacBook. Le XIème est une sorte de maître étalon de ces quartiers et arrondissements au cœur des richesses immatérielles : bons emplois, bonnes écoles, bons restaurants, haute qualité de vie. Villes d’ »open space » ou villes « qualité de vie » : le dilemme des 20%. Un modèle alternatif : la déconnexion entre le lieu de travail et le lieu de vie.

Culture, consommation et styles de vie : entre bien-vivre et alter-consommation Un marché et une culture de premiers de la classe L’humoriste qui passe à l’antenne est de nos jours plus fréquemment diplômé d’école de commerce ou agrégé ès lettres qu’ancien préposé à l’accueil ou standardiste de Radio France. Humour, culture, alimentation, sport : il existe une version bac + 5 d’à peu près tout. Les nouveaux yuppies ou les métamorphoses de la bourgeoisie française The Socialite Family (site d’une boutique de décoration et de design parisienne) : éloge du bien-vivre et miroir des couches cultivées. Entre bien-être et bien-vivre : le style de vie des nouveaux yuppies. Bien-être : le sport et la discipline au centre de la vie des diplômés. L’alimentation entre bien vivre et bien-être. Décroissance, alter-consommation : l’alter-élite ou la politisation des modes de vie L’alter-élite, une aristocratie de l’alter-consommation. Du flexitarisme au « modèle amish » : jusqu’où va l’alter-consommation des diplômés ? Réduction de la consommation de viande ; utilisation de couches lavables ; achat de vêtements éthiques…Chez la nouvelle bourgeoisie, le confort et l’esthétique priment : le minimalisme chic l’emportera sur le dénuement, la mode éthique sur Emmaüs, le bio sur le jardin potager, le design DIY sur la récup’ et Naturalia sur l’Amap.

4. Les 20% et la politique : le changement sans le peuple ? La démocratie des surdiplômés

La politique, c’est notre affaire L’intérêt pour la politique via les moyens d’information suit la courbe ascendante des diplômes et s’intensifie clairement à partir de bac + 5 (48%), connaissant même un net infléchissement à la hausse pour les individus passés par une classe préparatoire (54%). Les hauts diplômés peuvent-ils à eux seuls gouverner un pays ? Le diplôme n’apparaît pas comme le paramètre décisif de l’efficacité de l’action politique, alors que bien d’autres qualités demandent d’être mobilisées. La sous-élite se pense-t-elle comme une élite ? Un imaginaire élitaire les anime : le souhait d’avoir un impact sur la société, …le désir de participer à l’architecture de l’avenir, mais, pour presque tous, sans pénétrer dans la machinerie du pouvoir. Leur ambition concerne plutôt l’influence culturelle, par l’engagement associatif, par l’exemplarité des choix de mode de vie et par la participation à des innovations sociales ou technologiques. Les couleurs politiques des 20% : du rose pâle aux mille nuances de vert Ce qui frappe, c’est la force des corrélations : plus on a suivi des études longues, plus on est polarisé vers la gauche et vers le mouvement écologique.

Les 20% sont-ils (encore) l’avant-garde du changement culturel ? Alliés des 1%, avant-garde des luttes ou échappée solitaire : les 20% au cœur des représentations politiques Thèse de la convergence des élites : bloc élitaire (élite dirigeante et catégories supérieures) vs bloc populaire (classes moyennes et populaires) ; Thèse de la convergence des luttes (élite dirigeante -les 1%-) vs catégories supérieures, classes moyennes et populaires ; Thèse de l’archipel diplômé, soutenant l’hypothèse d’élites multiples et parfois opposées sur le plan politique (« double libéralisme » vs écologie et « populisme de gauche »).

Les 20% : quel ruissellement culturel ?

La superbe perdue de la Silicon Valley Aux USA, l’image sémillante de la nouvelle élite à la fois milliardaire et anticonformiste, « riche et hip », s’est assombrie, tout comme l’évangélisme technologique émanant des mêmes milieux.

L’alter-élite et le peuple : la divergence des imaginaires L’alter-élite semble de plus en plus acquise à l’idée d’une transition du modèle de production et de consommation de masse. Au même moment, les franges basses de la classe moyenne voient s’éloigner le compromis hérité des Trente Glorieuses, celui d’une intégration par le travail, la consommation et les loisirs. Le risque est que la divergence des imaginaires et des sens vers lesquels chacun se tourne aboutisse à une situation d’éclatement des socles de référence.

Changer le monde…ou changer son propre monde ? La France ne peut se résumer à l’affrontement entre une minorité éclairée, même élargie à un cinquième de sa population, totalement enfermée dans sa propre version du monde, et la masse de celles et ceux qui sont distanciés par la rapidité des transformations à venir. Nous ne ressemblons pas encore au modèle américain. Mais la menace existe.

L’échappée belle des 20% sous la bannière de l’écologie Pris entre l’opportunité de réinventer leur propre trajectoire, par choix ou par contrainte, et celle de s’engager professionnellement et personnellement dans les nouveaux territoires du développement durable et des questions sanitaires, les 20% sont destinés à donner la boussole de la transition écologique. Restant, une fois encore, les premiers ?

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