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Verbatims et recommandations...

COMMENT JE SUIS DEVENU MOI-MÊME d'Irvin D. YALOM - Livre de Poche

Comment je suis devenu moi-même Émetteur du florilège: François C.

La naissance de l’empathie

L’explosion soudaine de cet abcès primitif, cette poche scellée de culpabilité, vieille de soixante-treize ans.

En quête d’un mentor

Ce fantasme de reconnaissance et de délivrance traîne en moi sous différentes formes.

Je veux qu’elle parte

Cette nuit-là, j’ai vu mon père frôler la mort, subi comme jamais encore auparavant la rage de ma mère, et pris la décision auto-protectrice de fermer la porte sur elle. Je devais quitter cette famille. Pendant les deux ou trois années qui suivirent, je lui ai à peine parlé : nous vivions comme des étrangers sous le même toit.

Je vois son visage : jamais apaisé, jamais souriant, jamais heureux.

Retour au point de départ

Il y a eu tant de non-dits entre mes parents et moi. Des faits dont nous n’avons jamais discuté concernant notre vie commune, la tension et la tristesse de notre famille, leur monde et le mien.

Je me rappelle lui avoir demandé s’il croyait en Dieu. « Après la Shoah, m’a-t-il répondu, comment peut-on croire en Dieu ? »

La bibliothèque de A à Z

Avec le recul, j’éprouve de la tendresse pour ce gamin solitaire, effrayé et résolu, une sorte d’admiration respectueuse pour la façon dont il a tracé sa route, en se formant souvent au hasard, sans encouragements, modèles ni guides.

La guerre de religion

Tu es pris entre deux mondes : tu ne connais ni ne respectes l’ancien monde, et tu n’aperçois pas la porte qui t’ouvrira l’accès au nouveau. Ce qui suscite beaucoup d’angoisse. Tu auras besoin d’une longue psychothérapie pour t’aider à en sortir.

Un garçon joueur

Renoncer au tennis, au jogging et à la plongée sous-marine est une chose, renoncer au poker en est une autre. Les trois premiers sont des exercices plutôt solitaires, le poker est une activité sociale : mes partenaires, des types charmants, me manquent beaucoup.

Une brève histoire de colère

Je persiste à croire que ma difficulté à traiter des crises ouvertes de colère, mon refus de la confrontation, même de débats un peu chauds, ma répugnance à accepter des postes administratifs impliquant confrontations et disputes, tout cela aurait été différent si mon père et William ne m’avaient extirpé de la bagarre cette nuit-là, il y a si longtemps.

La table rouge

Et puis un jour, j’avais quatorze ans, ma mère m’a appris, presque par inadvertance, qu’elle avait acheté une maison et que nous allions déménager très prochainement.

Le regard de ma mère est tombé sur une table de jeu néo-baroque, avec dessus de cuir rouge criard et quatre sièges assortis.

Marilyn

Ce fut elle, mon mentor ! Mon inconscient a saisi que cette jeune personne était l’être unique susceptible d’assumer la tâche de me civiliser et de m’élever au-dessus de moi-même.

J’ai toujours eu conscience de la formidable chance qu’a constitué la présence de Marilyn à mes côtés depuis ma quinzième année. Elle a élevé mon esprit, soutenu mon ambition, elle m’a offert un modèle de grâce, de générosité, entraîné dans une vie dédiée à la réflexion.

A l’université

J’habitais chez mes parents et m’imposais une routine féroce : apprentissage, mémorisation, expériences en laboratoire, des nuits passées à préparer les examens, le tout sept jours sur sept.

J’épouse Marilyn

J’avais épousé la femme que j’aimais, j’avais été admis en fac de médecine où tout marchait bien ; mais, en réalité, je n’étais jamais à mon aise, doutant toujours de moi, sans arriver à saisir l’origine de cette anxiété, soupçonnant une blessure profonde remontant à mes jeunes années, et avec l’impression de ne pas être à ma place, de ne pas être aussi méritant que les autres.

Mon premier patient

L’internat : le mystérieux docteur Blackwood

A la fin de mon année d’internat, j’avais endossé l’identité d’un médecin et me sentais maintenant suffisamment à l’aise pour affronter la majorité des cas. L’année n’en avait pas moins été rude, avec de longues heures de travail, peu de sommeil et de nombreuses nuits blanches.

Les années John Hopkins

Comme un adolescent, j’étais grisé par la vitesse, je me sentais absolument invulnérable. Ce n’est que bien plus tard que l’étendue de mon insouciance et de ma stupidité m’est apparue.

Je me suis dit à plusieurs reprises, ce qui n’est pas très aimable, que la chose principale que j’ai apprise de mon analyse, c’est ce qu’un psychanalyste ne doit pas faire.

Dès le départ, je me suis enthousiasmé pour cette méthode de thérapie de groupe : elle offre aux participants une formidable opportunité de donner et de recevoir des informations sur leur moi social. Elle leur permet d’explorer et d’exprimer des parties de leur personnalité, un comportement dont leurs pairs leur renvoient le reflet.

Les travaux de Sullivan m’ont néanmoins aidé à comprendre que la plupart de nos patients tombent dans le désespoir parce qu’ils sont incapables d’établir et de maintenir des relations personnelles enrichissantes. J’en ai conclu que la thérapie de groupe constituait l’arène idéale où pouvoir explorer et corriger des modes inadaptés de relations aux autres.

Maintenant, je crois comprendre pourquoi John Whitehorn m’a fait venir alors qu’il était à l’article de la mort. Il devait voir en moi celui qui poursuivrait son œuvre. Je contemple sa photo accrochée au mur au-dessus de mon bureau, et j’essaie de saisir son regard. J’espère qu’il a été réconforté à la pensée que, à travers moi, il continuera de marquer l’avenir.

Affecté au paradis

En 1960, Hawaï était encore d’une beauté étonnante et authentique.

Impressionné par la personnalité de David Hamburg, je voulais participer à son entreprise. Je comprenais enfin que ce que je désirais vraiment, c’était une vie d’enseignant et de chercheur.

Toucher terre

Durant les quinze années suivantes à Stanford, j’ai continué de prospecter le domaine de la thérapie de groupe, comme clinicien, enseignant, chercheur et auteur de manuels scolaires.

Bien que des confrères aient critiqué cette méthode, je n’ai pas d’exemple en tête qui prouverait que le fait de partager mes pensées et mes sentiments avec mes patients ne les ait pas aidés.

Encore aujourd’hui, après un demi-siècle de pratique, j’attends avec impatience chaque nouvelle séance, qu’elle soit individuelle ou en groupe, et les résultats qui s’ensuivront. Si cet appétit me manque, si l’approche de la séance me laisse indifférent, j’imagine que le patient doit éprouver les mêmes sentiments et je m’efforce d’en comprendre la raison et de la corriger.

Mon père mourut comme il avait vécu, sans bruit et discrètement. Et je n’ai pas cessé de regretter de l’avoir si mal connu.

Une année à Londres

J’ai dû inventer ma méthode, qui consista à puiser autant que possible dans mes trois sources principales : mes notes de lecture des cours que j’avais donnés aux résidents l’année précédente, les centaines de résumés de mes thérapies que j’avais rédigés et offert aux membres des groupes, et la littérature sur la recherche en thérapie de groupe.

Je me sentais émancipé, libre d’écrire pour un public totalement différent : des praticiens s’efforçant d’apprendre comment venir en aide à leurs patients.

La vie brève et agitée des groupes de parole

Théorie et pratique de la psychothérapie de groupe a connu aussitôt un grand succès et figura bientôt comme manuel d’enseignement dans la majorité des programmes de formation en psychothérapie, aux Etats-Unis, puis dans d’autres pays.

Séjour à Vienne

Quand j’ai entrepris d’écrire Psychologie existentielle, j’ai relu de bout en bout Découvrir un sens à sa vie, et compris plus que jamais l’importance des contributions de Frankl, originales et fondamentales, à notre domaine.

Chaque jour on s’en rapproche ou Dans le secret des miroirs

Cela me serre toujours le cœur de retrouver d’anciens carnets de rendez-vous pleins de noms à moitié oubliés de patients avec qui j’ai vécu des expériences si profondes. Tant de gens, tant de moments précieux ! Que leur est-il arrivé ? Mes nombreux classeurs, mes montagnes de cassettes m’évoquent souvent un vaste cimetière : des vies compressées dans des dossiers bien nets, des voix piégées sur bandes magnétiques qui rejouent éternellement leur tragédie. Vivre avec ces monuments m’emplit d’un sentiment aigu d’éphémère.

Oxford et les monnaies enchantées de M. Sfica

« Je ne veux rien. Je ne crains rien. Je suis libre. » Ces mots de Kazantzakis m’ont fait frissonner quand je les ai lus sur sa tombe.

Une semaine plus tard, nous avons reçu le verdict : toutes les pièces étaient fausses sauf les monnaies romaines achetées chez le vieux juif dans son sous-sol ! Ainsi a commencé une vie d’aventures en Grèce.

Thérapie existentielle

Comme le disait un membre du groupe : « Quel dommage d’avoir dû attendre que mon corps soit rongé par le cancer pour apprendre l’art de vivre. » Cette phrase, inscrite à jamais dans mon esprit, m’aida à façonner ma pratique de la thérapie existentielle que j’exprime souvent ainsi : « Si la réalité de la mort peut nous détruire, l’idée de la mort peut nous sauver. » Ainsi parvenons-nous à la prise de conscience que, puisque nous n’avons qu’une seule fois la chance de vivre, nous devrions vivre pleinement et finir avec le moins de regrets possible.

La confrontation avec la mort aux côtés de Rollo May

Adolescent, j’avais appliqué cette tirade de Macbeth à tous les grands personnages qui peuplaient ma vie, qui s’agitaient et se pavanaient et avaient fait l’histoire de mon monde, et qui depuis étaient tous retombés en poussière. Tout disparaît, vraiment tout. Nous ne disposons que d’un instant de soleil, un instant précieux et béni.

Mort, liberté, isolement et absence de sens

Dans chacune des quatre parties du livre -mort, liberté, isolement, absence de sens- j’ai cité mes sources, décrit mes observations cliniques, nommé les philosophes et les écrivains dont je me suis inspiré.

De la thérapie de groupe en milieu hospitalier à la vie parisienne

J’ai choisi d’approfondir ma connaissance de la pensée existentielle et de poursuivre mon éducation philosophique en étudiant la pensée orientale, sur laquelle j’étais d’une ignorance incommensurable.

La route des Indes

Regardez bien la tête de Ganesh, dit-elle. Chaque trait porte un message. La grosse tête nous dit de penser en grand, les longues oreilles nous disent de bien écouter, les petits yeux de bien se concentrer. Et puis, encore une chose, la petite bouche nous dit de moins parler, ce qui fait que je me demande si je ne suis pas en train de trop parler.

Le voyage en Inde m’offrit ma première initiation en profondeur à la culture asiatique. Il ne devait pas être le dernier.

Japon, Chine, Bali et le Bourreau de l’amour

Presque imperceptiblement, une histoire prenait corps et se développait à une telle vitesse qu’il fallait que je l’écrive toutes affaires cessantes. Sans savoir, au début, où elle allait me mener. Un peu comme un spectateur, je la regardais s’enraciner puis faire des pousses qui bientôt s’entrecroiseraient.

Et Nietzsche a pleuré

A la parution, un court article dans le New York Times qualifia Et Nietzsche a pleuré de « petit roman soporifique ». Ce fut la critique la plus négative. Elle fut suivie d’une quantité d’articles, très élogieux, dans divers journaux et magazines, quelques mois plus tard.

Mensonges sur le divan</p

En matière de littérature psychiatrique professionnelle, j’ai beaucoup écrit sur l’importance de l’interrelation en thérapie. La force agissante n’est pas d’origine intellectuelle, ce n’est ni de l’interprétation ni de la catharsis, c’est la rencontre authentique entre deux personnes.

Momma et le sens de la vie ou La Malédiction du chat hongrois

Toute ma vie j’ai cherché à m’échapper de mon passé -le ghetto, l’épicerie- mais se pourrait-il que je n’aie échappé ni à mon passé ni à ma mère ?

J’ai choisi de travailler avec des patients en train de mourir, dans l’espoir qu’ils me rapprochent de l’essence tragique de la vie. Cela s’est effectivement produit et je suis retourné trois ans en thérapie.

Devenir grec

Je ne cesserai de m’émerveiller de m’être vu attribuer le statut de Grec d’honneur.

L’art de la thérapie

Ce livre, je l’ai conçu comme une opposition à la pratique cognitivo-comportementale, rapide, obéissant à des protocoles, obéissant aux pressions d’ordre économique, et un moyen de combattre la confiance excessive des psychiatres en l’efficacité des médicaments. Ce combat se poursuit encore maintenant, malgré les preuves indéniables fournies par la recherche que la réussite d’une psychothérapie repose sur la qualité de la relation entre le patient et son thérapeute, son intensité, sa chaleur, sa sincérité.

Deux ans avec Schopenhauer

Je confesse avoir été si fasciné par l’œuvre, la vie et la psyché de Schopenhauer que je ne pouvais laisser passer l’occasion de spéculer sur ce qui avait forgé un tel caractère. Ni résister à l’envie d’explorer les voies qui avaient fait de lui un ancêtre de Freud et préparé le terrain de la psychothérapie.

Le jardin d’Epicure : Regarder le soleil en face

J’imaginais un livre de huit ou neuf chapitres, chacun commençant par le même paragraphe : le cauchemar, le réveil, la quête du soulagement. Pourtant, chaque chapitre se situerait dans un siècle différent !

Imaginez un rayon lumineux aussi fin qu’un rayon laser se mouvant inexorablement le long de l’immense règle du temps. Tout ce que le rayon a dépassé disparaît dans les ténèbres du passé ; tout ce qu’il devra éclairer se cache dans les ténèbres de ce qui n’est pas encore. Seul ce qu’il illumine est vivant et conscient. La chance fait que je suis vivant ici et maintenant : cette pensée me réconforte en permanence.

Dernières œuvres

J’ai emprunté le titre à l’une des méditations de Marc Aurèle : « Nous sommes tous les créatures d’un jour : que l’on soit celui qui se souvient ou celui dont on se souvient. »

Beurk ! La textothérapie

Récemment, j’ai tellement insisté sur la nécessité pour le thérapeute de respecter la relation empathique entre lui et son patient que j’ai constaté un résultat paradoxal : pratiquée par des analystes bien formés, la méthode de la textothérapie peut offrir une relation plus personnelle que le face-à-face avec un praticien appliquant à la lettre un manuel.

Ma vie en groupes

J’ai découvert le pouvoir fortifiant de réunions régulières entre intimes ; nous y trouvons la camaraderie, une supervision, un apprentissage postdoctoral, de l’enrichissement personnel et une médiation en cas de crise.

De l’idéalisation

Je ne prends donc pas cette adulation au sérieux. Tout ce que je peux faire, c’est être le meilleur thérapeute possible. Me rappeler que je suis un personnage idéalisé et que nous tous, les êtres humains, nous avons besoin d’un aîné, un savant, un sage aux cheveux blancs. Si j’ai été choisi pour occuper cette place, je l’accepte avec bonheur. Il faut bien que quelqu’un le fasse.

L’apprenti vieillard

Chacun d’entre nous crée, souvent sans le savoir, des cercles concentriques d’influence qui peuvent toucher les gens pendant des années, voire des générations. L’effet agit à la manière dont se propagent les ondulations d’un étang qui, devenues invisibles, continuent néanmoins d’exister à un niveau nanométrique.

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