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Verbatims et recommandations...

CE SERA MIEUX APRES… Sauf si on est trop cons! de Philippe BLOCH - Ed Ventana

Ce sera mieux après... sauf si on est trop cons ! Émetteur du verbatim: François C.

L’Histoire avec un grand H s’écrit souvent sans que personne n’ait rien vu venir. Et c’est pourtant dans ces moments-là que se révèlent les vrais leaders qui y inscrivent leur nom pour l’éternité.

Afin que tout ce que nous venons de vivre ne l’ait pas été pour rien, il nous faut réfléchir et réévaluer la relation que nous entretenons avec plusieurs thèmes majeurs. La mort en premier lieu. Mais aussi le principe de précaution. Le temps. L’ennui. La consommation. Notre cadre de vie. L’adaptabilité. La mondialisation. L’Europe. L’information. La liberté. Le profit. La volonté. L’unité.

L’essentiel sera à chaque fois de parvenir au meilleur équilibre possible entre des solutions souvent opposées.

1. Mortalité ordinaire vs Mortalité extraordinaire

A partir de combien de décès par jour redevient-il acceptable de privilégier l’économie plutôt que la santé ? Aurait-il mieux valu choisir la sélection naturelle via l’immunité collective, seule réelle solution en l’absence de vaccins ou de traitements, plutôt que la surprotection de tous ?

2. Peur et Précaution vs Raison et Audace

S’il ne doit rester qu’un seul principe, ce doit être celui de la raison et de l’action plutôt que celui de l’inertie et de la peur. Les risques sont inhérents à la recherche scientifique, comme à toute activité humaine. Mais ne trahissons pas la mémoire de celles et ceux qui en ont pris pour nous depuis des siècles, et ont ainsi rendu notre vie infiniment plus supportable. Réapprenons le plaisir qu’il y a à plonger dans l’inconnu, et remplaçons dans notre Constitution l’obsession sécuritaire par la poursuite du bonheur figurant dans la Déclaration d’indépendance américaine.

3. Courir après le temps vs Le temps retrouvé

Quel sera l’impact de ce ralentissement sur notre société de l’immédiateté et du presse-bouton ? Sommes-nous pour autant devenus plus sages en quelques semaines, et serons-nous guéris durablement de nos excès post-confinement ? Rien ne le garantit. Et pourtant, n’est-il pas temps de ralentir pour de bon ? Avons-nous suffisamment réfléchi à la façon dont nous voulons occuper dorénavant le temps de vie trop court qui nous est offert sur cette planète, afin d’en faire le meilleur usage possible ?…La lenteur pourrait-elle devenir un art de vivre ? Avons-nous choisi l’essentiel sur quoi nous voulons désormais nous concentrer ?…Savoir privilégier les sujets qui méritent vraiment que nous y passions du temps utile pourrait bien devenir l’une des clés de notre renouveau.

4. Ennui vs Projet

L’ennui use, alors que les rêves, les projets, les passions n’ont jamais fatigué personne.

Quiconque est incapable de faire des projets, ou arrête de les croire réalisables, se condamne à vivre sans passion. Une vie sans eux, petits ou grands, ne mérite pas d’être vécue.

Quand l’environnement est contraignant et l’avenir incertain, ce qui compte est bien de se lancer, de se fixer un cap puis de faire preuve d’audace, cette attitude qui peut tout changer.

Dans ce monde instable et sans destination que vient de révéler cette crise, quel sera notre projet partagé ? Serons-nous capables d’en imaginer un ou plusieurs susceptibles de tous nous réunir autour de valeurs communes redécouvertes ou renforcées à cette occasion ?

5. Décroissance vs Une autre croissance

Plus que de décroissance et ses inévitables dommages collatéraux sur l’économie, c’est bien d’une autre croissance dont nous avons besoin, et que le « monde d’après » pourrait inventer. Une croissance plus réfléchie, plus raisonnable, plus redistributive et moins consommatrice de ressources.

Nous demander si l’essentiel ne pourrait pas être l’attention que l’on porte aux autres et le temps qu’on leur consacre…Apprendre à reconnaître ce qui est rare et précieux, à savoir le temps et la santé, et à les distinguer de ce qui ne l’est pas, sera assurément l’une des leçons essentielles de cette expérience salutaire.

6. Vie d’avant vs Vie d’après

Ce repos forcé va en outre nous obliger à réfléchir à l’intérêt de l’ubiquité et du mouvement permanent qui rythme nos vies et nous contraint à d’innombrables déplacements, sans que leur utilité soit toujours démontrée.

Mais pourquoi n’arrêterions-nous pas notre bougeotte permanente, et ne réapprendrions-nous pas à nous poser un peu là où nous nous sentons bien ? A la campagne ou ailleurs. Accélérer vs ralentir ? That is the new question.

7. Anticiper vs S’adapter

Il faut réfléchir dès maintenant à la façon dont nous pourrions gérer autrement tous les risques qu’entraînera une nouvelle catastrophe, et utiliser au maximum les possibilités qu’offrent le numérique et la data. Et quand j’écris catastrophe, je pense naturellement aux risques de toute nature, qu’ils soient environnementaux, alimentaires, terroristes ou de type NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques). Les oublier aujourd’hui, au prétexte que nous venons de vivre une crise d’origine purement sanitaire, serait une erreur tragique.

Partons du principe que si l’on n’a pas conscience que le pire est vraisemblable, alors il deviendra certain. Imaginons très vite tous les scénarios les plus sombres et les plus probables, et réunissons des groupes de personnalités aux visions différentes pour confronter leurs idées et imaginer des solutions de rupture.

8. Mondialisation vs Proximité

Il va falloir dessiner une nouvelle géographie de la mondialisation financière, industrielle et numérique en tenant compte de l’intérêt croisé du citoyen client, salarié et contribuable que nous sommes tous devenus.

Pour survivre à son armée de détracteurs et éviter le retour à l’âge de pierre, la mondialisation va désormais devoir être celle de l’intelligence, et être essentiellement mesurée à notre capacité à agir de façon globale, concertée et redistributive. En matière économique, bien sûr, mais aussi sanitaire, alimentaire et environnementale.

9. Moins d’Europe vs Une autre Europe

Santé, migrations, environnement, terrorisme, cyberdélinquance, etc. dans une économie post-Corona qui restera mondialisée qu’on le veuille ou non, un grand nombre de problèmes globaux ne peuvent plus trouver de solutions à l’intérieur des seules frontières nationales.

Commençons par fixer comme priorité à nos voisins de construire une souveraineté sanitaire, incluant l’augmentation de nos capacités industrielles locales à la pointe de la technologie et du digital.

Espérons que l’U.E. rejettera le repli nationaliste, autoritaire et populiste et qu’elle fera le choix de la responsabilité, de la solidarité et d’une nouvelle espérance collective…C’est un projet formidable pour elle, et pour nous une chance à ne pas laisser passer.

10. Fake news vs Real news

Le risque de se tourner vers une consultation plus massive encore des réseaux sociaux de toutes sortes, et leur infini réservoir d’infox, de rumeurs, de deep fakes (hypertrucage, ou synthèse d’images basées sur l’intelligence artificielle), de théories complotistes et de justice expéditive.

En alimentant la défiance à l’égard de tous ceux qui incarnent l’autorité, le pouvoir ou la richesse, ceux qui propagent volontairement de fausses informations sèment la confusion et ajoutent à l’anxiété ambiante.

11. Orwell et Etat de droit vs Vie privée et Liberté

« Notre liberté se bâtit sur ce qu’autrui ignore de nos propres existences », disait Alexandre Soljenitsyne. Sur ce sujet comme sur tant d’autres qui nous attendent, les choix seront difficiles et demanderont du courage. Nous ne pouvons pas renoncer a priori à bénéficier des possibilités qu’offre la data pour éviter qu’une prochaine épidémie entraîne le même désastre humain et économique. Mais nous ne pouvons pas non plus laisser entre les mains de dirigeants peu scrupuleux la possibilité de mettre en place une société de surveillance totalitaire et d’agir en toute liberté dans tous les domaines.

12. Profit vs People

Il est temps de repenser la place des Seniors dans notre société et de remettre l’altruisme, l’empathie et la bienveillance au cœur de nos valeurs.

Roosevelt « Le bonheur se trouve dans la joie de l’accomplissement, dans l’excitation de l’effort créateur. La joie, stimulation morale du travail, ne doit plus être oubliée dans la folle course aux profits évanescents. Ces jours sombres, mes amis, vaudront tout ce qu’ils nous coûtent s’ils nous enseignent que notre véritable destinée n’est pas d’être secourus, mais de nous secourir nous-mêmes, de secourir nos semblables. »

13. Découragement vs Réinvention

Ce cataclysme a aussi révélé l’ingéniosité des entrepreneurs pour trouver des solutions inédites et leur permettre de poursuivre leurs activités pendant le confinement, malgré l’adversité et la multiplication des obstacles. Mise en réseaux, basculement vers le télétravail, digitalisation accélérée des métiers, adaptation immédiate de leur organisation et de leur process à des contraintes inhabituelles, protection de leurs salariés, communication rassurante auprès de leurs clients et de leurs partenaires, ajustement rapide de leurs offres, ajout éclair de nouvelles fonctionnalités sur leurs outils numériques, création d’applications en mode hackathon, etc.

Je suis convaincu que l’époque qui s’ouvre est idéale pour lancer des projets innovants de toute nature. L’essentiel sera que tous ceux qui auront eu la force de surmonter l’épreuve de cette reconstruction n’oublient pas ceux qui seront restés sur le bord de la route, et mettent tout en œuvre pour les aider à remonter sur le bateau dès qu’ils le pourront.

14. Ressentiment vs Unité

L’After Corona ne sera qu’un champ de ruines, si l’unité ne l’emporte pas sur la défiance. Et si nous oublions le moment venu de rendre un véritable hommage à ces héros d’un combat que nous aurions perdu sans eux.

Pour réussir l’After Corona, jamais l’esprit d’unité et la cohésion sociale n’auront été aussi nécessaires. Sans confiance, rien ne sera possible. Il va donc falloir retrouver rapidement le sens du collectif, si nous voulons faire disparaître les séquelles de ces traumatismes qui vont durer longtemps.

Conclusion Mieux avant vs Mieux après si…

Comme sur bien d’autres sujets à trancher, la difficulté va être de trouver le moins mauvais équilibre possible entre centralisation inefficace et néolibéralisme mondialiste destructeur. Entre liberté et sécurité. Entre responsabilité et contrainte.

Parce que nous sommes tous les entrepreneurs de nos vies, tout est désormais entre nos mains. Nous avons le pouvoir de changer. De revoir la hiérarchie de nos valeurs. Dans un climat de suspicion général, nous avons avant tout besoin de tolérance, d’empathie et de confiance. En l’avenir. Envers les autres. En l’Etat. Mais surtout envers nous-mêmes.

 

 

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