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Verbatims et recommandations...

GEOPOLITIQUE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE de Pascal BONIFACE - Ed. Eyrolles

Géopolitique de l'intelligence artificielle Émetteur du verbatim: François C.

Ch. 1. Intelligence artificielle, histoire et définition

Ch. 2. Corne d’abondance ou machine à exclure ?

Cette formidable avancée technologique menace fortement de se traduire par un désastre social et sociétal, surtout si on laisse les forces du marché agir « naturellement ».

Selon la société de conseil Mc Kinsey, entre 400 et 800 millions de personnes pourraient être remplacées dans leur travail d’ici 2030 et devraient se reconvertir pour trouver un nouvel emploi.

La société se polariserait donc entre d’un côté quelques activités à très haute valeur ajoutée, assumées par un petit nombre de personnes, et de l’autre des activités à très faible valeur ajoutée, notamment dans la sphère domestique, effectuées par le reste de la population.

Pour le moment, les gains générés par les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont été empochés par le 1% les plus riches et plus encore par le 1% du 1%, tout en provoquant une stagnation de la classe moyenne et une baisse des revenus des plus pauvres.

A l’avenir, de véritables écarts d’aptitude physique et cognitive risquent de se creuser entre les classes supérieures et le reste de la société.

Les enjeux pour notre société sont aussi importants que ceux relevant de la protection de l’environnement. Ils n’ont pas encore touché les opinions publiques dans leur profondeur, comme la problématique climatique. Il faut accélérer cette prise de conscience. Lancer le débat. Construire un rapport de force avec les géants de l’IA, rapport de force qui aujourd’hui n’a été exclusivement bâti que par eux et pour eux.

Ch. 3. Les GAFAM vont-ils tuer l’Etat ?

Les GAFAM pourraient-elles être les vecteurs de la déterritorialisation des relations internationales ?.Fournir les services de base indispensables aux citoyens de façon plus efficace que les Etats ? Bref, bousculer, ringardiser et rendre obsolètes des structures vieillottes et vermoulues grâce à leur dynamisme, leur réactivité immédiate et leur modernité ?

Les GAFAM sont les championnes olympiques de l’évasion fiscale…Les avoirs des entreprises de la Silicon Valley détenus dans des zones offshore sont estimés à 500 milliards de dollars…L’évasion fiscale au sein de l’U.E. est estimée entre 500 et 1000 milliards d’euros par an.

Le monde entier s’est longtemps préoccupé de la domination de Washington sur le complexe militaro-industriel. Aujourd’hui, personne ne se soucie d’un complexe digitalo-politique infiniment plus puissant.

En fait, l’importance grandissante de ces milliardaires capricieux est problématique, car cela pose la question de savoir qui les contrôle. A l’inverse des Etats.

Ce serait là un monde où l’on pourrait vite passer du rêve digital au cauchemar de l’exclusion et de l’étouffement des libertés. Il est encore temps d’agir.

Ch. 4. Printemps des libertés ou hiver totalitaire ?

Le risque existe de transformer le citoyen en consommateur passif en tuant son libre arbitre et en l’emprisonnant à son insu, ou avec son acceptation non consciente, en une machine à accepter et consommer sans réflexion ni recul. Il sera robotisé et lobotomisé – plus de risque de révolte…

En Chine, au Viernam ou à Cuba, les médias sont étatiques. Bien sûr, les rédactions des pays européens tentent de dresser des barrières d’indépendance vis-à-vis de leur propriétaire. Cela peut fonctionner, mais l’autocensure est parfois plus forte que la censure.

Le contrôle social en Chine.

N’est-il pas urgent de lancer un débat sur l’ensemble des enjeux de l’IA pour la société ? Est-il normal que la quasi-totalité des candidats aux élections présidentielles de 2017 n’ont pratiquement jamais abordé ce sujet, pourtant essentiel, dans leur campagne électorale ?

Ch. 5. Le duel Chine/Etats-Unis

La Chine a décidé de suivre et de dépasser les Etats-Unis dans la course à l’intelligence artificielle parce que c’est ce qui lui permettra d’obtenir une suprématie stratégique vis-à-vis de Washington et en même temps de satisfaire les besoins de la population chinoise.

En 2000, la Chine ne comptait que 22 millions d’internautes, contre près de 850 millions en 2020. En 2017, le Forum économique mondial établissait que la Chine avait 4,6 millions de diplômés en sciences, technologie, mathématiques ingénierie. Les Etats-Unis, dont la population représente le quart de celle de la Chine, atteignaient un huitième de ce chiffre.

Les atouts de la Chine sont une profusion de données, des entrepreneurs insatiables, des chercheurs en intelligence artificielle et un environnement politique favorable à ce secteur.

En Chine, il n’est presque plus possible de payer en liquide, et de moins en moins facile de le faire avec une carte bancaire. Le paiement par smartphone y est en plein essor.

L’UE, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, l’Australie et d’autres réussiront-ils à s’extraire du piège sino-américain ? Leur retard est-il irrattrapable ou peut-il -à condition d’avoir une solide détermination à le faire- encore être comblé ? Tout peut se jouer très vite avant que la fenêtre d’opportunité ne se referme. On peut encore agir, mais pour combien de temps?

Ch. 6. Quo vadis Europa ?

Si L’Europe rate le virage de l’IA, elle pourrait vivre au XXIème siècle le sort que la Chine a subi au XIXème. Elle deviendrait la colonie digitale d’une autre puissance.

Il y a un déficit de plusieurs centaines de milliers d’experts en numérique. L’Europe n’offre pas assez de cursus spécialisés sur l’IA. Selon Gilles Babinet : « Il faut une coordination sur quatre points : la régulation de toutes les données souveraines hébergées en Europe ; susciter un marché sur les données européennes ; un plan Marshall de la formation numérique, en créant un LMD numérique ; un système d’armes -il faut une coordination européenne intégrée. »

L’Europe peut créer un modèle s’écartant de l’approche verticale chinoise et du laisser-faire américain, concilier performance et respect des droits des individus, mettre le progrès technologique au service de la protection du climat et de la réduction des inégalités. Il est encore temps d’agir.

GALILEO, l’exemple d’un (finalement) succès européen.

Ch. 7. La France dépassée ?

L’objectif assumé de la France est d’être le leader européen en termes d’IA, et d’être dans le top 5 des pays experts en IA.

Sera-t-il réellement question de l’IA, de ses conséquences sociétales, économiques et géopolitiques dans la campagne pour les élections présidentielles de 2022 ? N’est-ce pas un enjeu dont l’impact sur la France sera sans commune mesure, y compris pour sa sécurité, avec nos débats enflammés sur le voile ? La façon dont la question sera abordée constituera un bon test pour marquer la diférence entre une femme ou un homme d’Etat et une femme ou un homme politique.

Conclusion

La révolution numérique et les développements de l’intelligence artificielle…doivent être de bonnes servantes et non de mauvais maîtres. Une régulation est indispensable sauf à déboucher sur un scénario extrême d’une société la plus injuste à l’échelle historique. Les Etats, les sociétés civiles doivent imposer cette régulation. Les débats sur la révolution qui vient ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il est encore temps de mettre les conséquences futures de la révolution numérique pour nos sociétés et pour l’Etat du monde en tête de liste de nos préoccupations.

 

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