Boutique en ligne

A Livr'Ouvert

171b bd Voltaire, 75011 Paris Latitute/longitude: 46.75984 1.738281

Tél: 09.52.65.38.67

Du lundi au samedi de 10h à 19h

Mail: contact@alivrouvert.fr

Verbatims et recommandations...

L'Afrique en 100 questions de Stephen Smith & Jean de la Guerivière - Tallandier

Émetteur du verbatim: François C.

L'Afrique en 100 questions ; 2.5 milliards de voisins en 2050L’AFRIQUE DES ORIGINES

L’Afrique est-elle le berceau de l’humanité ? L’Afrique est la terre natale de l’Homo sapiens, l’espèce humaine qui y est apparue il y a 200 000 ans et qui est sortie du continent pour se répandre à travers le monde, il y a environ 70 000 ans.

Quel est le passé géologique du continent ? Sur le plan géologique, la partie la plus intéressante du continent est le Rift est-africain, une fracture longue de 2900 km et d’une largeur qui varie entre 60 et 100 km. Elle s’étend de l’Ethiopie jusqu’au Mozambique en une succession de hauts plateaux, de dépressions, de lacs et de volcans.

Quelles sont les plus anciennes civilisations africaines ? Celle de l’Egypte antique (trois millénaires) est la mieux documentée. A son apogée, au IIème siècle avant J.-C., le royaume d’Aksoum s’étendait jusqu’en Arabie et au Yémen, constituant ce que nous appellerions aujourd’hui une puissance mondiale, avec l’Empire romain, la Perse et la Chine.

Ne vaudrait-il pas mieux parler « des Afriques » ? La diversité de l’Afrique se décline selon des registres si variés -étatique, linguistique, ethnique, religieux, socio-économique…- qu’aucune monographie ne saurait prétendre en faire le tour. Notons que l’Afrique compte 54 Etats…plus de 3 000 groupes ethniques…et autour de 2 000 langues parlées.

Qu’ont tous les Africains en commun ? Stricto sensu, l’adjectif « africain » ne renvoie qu’à une réalité géographique, un accident tectonique comme il y en eut d’autres ayant produit l’Europe, l’Asie ou l’Amérique…Cependant, « africain » est aussi un terme de mobilisation collective…En ce sens, le mot est peut-être d’autant plus courant et efficace qu’il est flou et protéiforme.

Les « migrations bantoues » ont-elles changé la face du continent ? A partie d’un foyer d’origine, situé dans le nord-ouest de l’actuel Cameroun, les bantouphones -trois millénaires avant notre ère- ont progressivement occupé une large partie de l’Afrique au sud du Sahara.

Pourquoi l’Afrique subsaharienne est-elle restée relativement isolée pendant longtemps ? Trois obstacles majeurs ont longtemps rendu les échanges avec l’Afrique relativement difficiles : 1. Le désert du Sahara ; 2. L’invention du bateau à voile qui a permis, à partir de 1440, de fréquenter les côtes ouest-africaines : 3. Vaincre le paludisme, « tombeau de l’homme blanc ».

Qui étaient les premiers explorateurs européens ? Au XVème siècle, les Portugais règnent en maîtres sur les mers. Lancés eux aussi dans l’exploration du littoral africain, des Hollandais, bientôt rejoints par les huguenots français, sont les premiers à s’enfoncer à l’intérieur de ce qu’ils appellent l’Hottentotie (XVIIème siècle).

Combien d’Africains furent déportés du fait des traites négrières ? Environ 28 millions : nombre des Africains arrachés à leur continent entre le IXème et le XIXème siècle. Nombre d’africains déportés aux Amériques entre 1519 et 1867 : 11 millions. Nombre de déportés par les traites transsaharienne et orientale : 17 millions.

A quoi ressemblait l’Afrique précoloniale ? Les « siècles obscurs » mériteraient plutôt le nom de « siècles d’or »…L’Afrique de cet âge intermédiaire a connu de puissantes et prospères formations politiques…Elle a été l’actrice de l’exploitation de ses propres ressources, parmi lesquelles l’or tenait une place de choix.

Pourquoi l’exploration de l’Afrique a-t-elle tellement passionné l’Europe ? Théodore Mollien ; René Caillié ; Heinrich Barth ; Stanley ; Livingstone ; Savorgnan de Brazza…

Comment des Africains se sont-ils retrouvés dans des « zoos humains » ? L’affiche du musée du Quai Branly, qui leur a consacré une exposition en 2011, disait plus subtilement : « Exhibitions. L’invention du sauvage ».

COLONISATION ET DECOLONISATION

Quel était le but de la conférence de Berlin en 1885 ? En somme, et sans juger de la sincérité de leur « mission civilisatrice », les puissances européennes édictaient des règles de compétition entre elles et cherchaient à éviter que leur rivalité en Afrique ne provoque de guerres. A leurs yeux, du moins jusqu’à preuve du contraire, ce continent périphérique à la marche du monde ne justifiait pas un conflit armé.

Comment l’Afrique a-t-elle été colonisée ? Sur le plan collectif, leur mainmise sur l’Afrique compensait souvent une faiblesse : la perte de l’Amérique dans le cas britannique, l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace et de la Lorraine après la guerre de 1870-1871 dans le cas français, sans parler des « petites » puissances européennes, comme le Portugal et la Belgique.

Tous les régimes coloniaux se ressemblaient-ils ? En vertu de cette feuille de route (L’indirect rule), le Colonial Office, à Londres, laissait ses agents œuvrer avec empirisme pour le plus grand bien du commerce britannique. (France) Le ministre des Colonies était le chef hiérarchique d’une administration spécialisée mais calquée sur celle de la métropole.

Que s’est-il passé à Fachoda pour en faire un « complexe » ? Kitchener est très correct avec son adversaire Marchand (1898). Cependant, les passions nationalistes s’enflamment en Europe…Les deux pays (Angleterre et France) sont au bord de la guerre.

Quelle a été la contribution de l’Afrique aux deux guerres mondiales ? La « force noire » a joué un rôle important dans les deux guerres mondiales, voire un rôle clé dans la libération de la France. Pendant la Grande Guerre, la France et le Grande-Bretagne ont massivement recruté dans leurs empires : 614 000 et 2,8 millions de soldats, respectivement.

Pourquoi l’entre-deux-guerres a-t-il été un « temps de bascule » ? Le continent -avec quelque 150 millions d’habitants dans les années 1930- entame alors la plus fulgurante croissance dans l’histoire humaine : il passera à environ 300 millions d’habitants en 1960, l’année des indépendances, et aura de nouveau doublé sa population en 1990 avant d’entrer dans le XXIème siècle comme « milliardaire géographique ».

Dans quelles conditions l’Afrique a-t-elle accédé à l’indépendance ? (1960) Pour le meilleur et pour le pire, l’indépendance de l’Afrique interviendra ainsi dans les conditions très particulières de la guerre froide. Si les jeunes Etats africains peuvent tirer avantage de l’ordre géopolitique bipolaire en négociant au mieux leur soutien au « bloc de l’Est » ou au « monde libre », ils sont en même temps minés par la rivalité des grandes puissances.

La décolonisation française se résume-t-elle à « l’indépendance du drapeau » ? Cependant, s’il est incontestable que la décolonisation française revint largement à « partir pour mieux rester », selon sa devise officieuse, la thèse du néocolonialisme français fait l’impasse sur la capacité africaine à codéterminer son destin.

Pourquoi le Portugal s’est-il accroché à ses colonies jusqu’en 1975 ? Dès septembre 1974, le Portugal révolutionnaire reconnaît l’indépendance de la Guinée-Bissau que le PAIVG a unilatéralement proclamée un an plus tôt. Puis, en 1975, Lisbonne accorde la souveraineté internationale au Cap-Vert, à l’Angola et au Mozambique. Quelque 700 000 retornados -rapatriés d’outre-mer- regagnent alors le Portugal.

La colonisation était-elle un crime contre l’humanité ? Ce crime, parmi bien d’autres imputables à plusieurs nations européennes, est répertorié dans Le livre noir du colonialisme. XVIème-XXIème siècle : de l’extermination à la repentance (Coordinateur de cet ouvrage collectif : Marc Ferro).

L’AFRIQUE INDEPENDANTE

Pourquoi l’Afrique a-t-elle accepté les frontières héritées de la colonisation ? Les 83 500 km de frontières terrestres que compte l’Afrique ont été tracés pour plus de 70% par les colonisateurs, entre 1885 et 1909. Plus que de l’arbitraire de ses frontières, l’Afrique souffre des longs délais imposés à ses points de passage. D’où un commerce régional représentant seulement le dixième du commerce total, si l’on ne prend pas en compte l’économie informelle.

L’apartheid était-il le « stade suprême du colonialisme » ? L’apartheid en Afrique du Sud peut paraître la forme jusqu’au-boutiste de l’ordre colonial, notamment du fait de sa hiérarchisation des « races supérieures » et « inférieures », de sa ségrégation résidentielle entre la ville blanche et des cités indigènes…sans parler d’une sorte de droit naturel à l’exploitation économique des premiers sur les derniers.

La guerre froide a-t-elle nui ou bénéficié à l’Afrique ? (Guerre froide entre 1945 et 1989) L’Afrique a payé le prix de cet affrontement géopolitique (« monde libre » vs « bloc de l’Est ») par pions interposés. Mais elle a aussi pu instrumentaliser les superpuissances en s’inscrivant dans la bipolarité Est-Ouest comme alliés des Soviétiques ou, pour la plupart des Etats africains, comme alliés des Occidentaux, sinon en « non-alignés » plus ou moins crédibles. Si bien qu’il n’est pas aisé de déterminer qui, dans le jeu à somme nulle de la guerre froide, a été gagnant ou perdant.

L’aide au développement a-t-elle été efficace en Afrique ? Principaux bénéficiaires de l’aide publique, les gouvernements africains sont régulièrement mis en cause : hier, ils l’ont été pour les « éléphants blancs », ces projets surdimensionnés sans rentabilité qu’ils firent construire ; aujourd’hui, ils le sont pour leur accusation de jouer le rôle de garde-frontières de l’Europe ; et de tout temps on leur a reproché de détourner ou de gaspiller l’APD.

Le « vent de l’Est » a-t-il apporté la démocratie en Afrique ? Sept mois après la chute du mur de Berlin, pour la première fois depuis les indépendances, un président français parle de démocratie en Afrique et, en particulier, dans les anciennes colonies restées sous la tutelle de son pays pendant la guerre froide…Une prime à la démocratie remplace ainsi la prime à la stabilité que Paris avait accordée, du temps de la guerre froide, à « ses » hommes forts au pouvoir en Afrique.

Comment le régime d’apartheid est-il tombé ? La conjugaison de six facteurs aboutit à la fin de l’apartheid sans bain de sang : la décolonisation de l’Afrique subsaharienne ; la lutte des mouvements anti-apartheid en Afrique du Sud ; des sanctions internationales ; la fin de la guerre froide ; des leaders sud-africains hors pair ; enfin, en basse continue, une démographie qui rend intenable la domination d’une minorité blanche toujours plus minoritaire et, de surcroît, divisée.

Pourquoi tant de guerres civiles dans les années 1990 ? Au cours de la décennie 1990, 24 des 54 Etats africains connaîtront une guerre, la plupart du temps une guerre civile -de l’Algérie et de ses années de plomb à la RDC, dont la partie orientale devient une terre à butins, en passant par le Libéria, la Sierra Leone ou la Somalie. Trois hypothèses explicatives : 1. Le réveil de vieilles haines ; 2. La rapacité de warlords qui guerroient pour le contrôle des matières premières contre des Etats trop faibles pour défendre leur monopole de la violence légitime ; 3. La croissance démographique combinée avec le bradage des stocks soviétiques de kalachnikovs (l’enfant soldat devenu la désolante icône des années 1990 en Afrique).

Qu’a été, ou qu’est toujours le Françafrique ? Tour à tour laudateur et péjoratif, le terme marque ainsi le début en fanfare et la fin dans l’opprobre de… » L’Etat franco-africain » issu d’une décolonisation inachevée. L’Etat franco-africain est mort. Les multiples accords de coopération civile et militaire, qui constituaient sa base légale, ont été dénoncés ou sont devenus, de facto, caducs.

Quels sont les enjeux d’une nouvelle politique africaine de la France ? La volonté politique d’assainissement fait naufrage sur le problème qu’est la relève de la France en Afrique : celle-ci est prise, ou n’est pas prise, mais toujours au détriment de Paris. La France est ainsi blâmée qu’elle s’arroge un magistère démocratique ou qu’elle manque de défendre les droits de l’homme, qu’elle agisse ou qu’elle n’agisse pas. Elle est aujourd’hui l’anti-Chine. Pour elle, l’Afrique est une proposition « lose-lose ».

LA POLITIQUE

Quel est aujourd’hui le poids des chefferies traditionnelles ? En particulier au sein des communautés rurales, le rôle des chef traditionnels demeure souvent important dans la vie quotidienne des populations. Cependant, sur le plan juridique et institutionnel, il n’est ni reconnu ni concilié avec les attributions de l’Etat moderne, hérité de la colonisation.

L’Afrique est-elle affligée du syndrome des « hommes forts » ? Le droit d’aînesse et le patriarcat traditionnel sont également invoqués pour expliquer la gérontocratie en Afrique. Nulle part ailleurs dans le monde, la différence entre la moyenne d’âge des gouvernés et celle des gouvernants n’est aussi grande : cette différence est de 43 ans en Afrique, contre 32 en Amérique latine, 30 ans en Asie et 16 ans en Europe et en Amérique du Nord.

L’Etat moderne en Afrique est-il « failli » ? Ces Etats ressemblent à des pavillons de complaisance sur la scène internationale…Ils n’existent que grâce à leur reconnaissance par la communauté internationale. Ils dépendent de l’aide extérieure et de la souveraineté que leur confère l’attribution d’une capacité étatique, dans leur cas, purement théorique.

Pourquoi tant de corruption ? La corruption en Afrique, pourtant omniprésente, est longtemps restée sous-étudiée…D’autant que la corruption pénalise surtout les Africains démunis -un pauvre a deux fois plus de risque de se faire extorquer de l’argent qu’un riche.

Quel est le rôle de la franc-maçonnerie ? Très prisée par les dirigeants africains, la franc-maçonnerie a pour rival l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC)…La Conférence épiscopale du Cameroun l’a condamné en juillet 2019 en le mettant sur le même plan que la sorcellerie.

L’Afrique est-elle acquise à la démocratie ? Selon l’institut de sondage Afrobarometer, une grande majorité des habitants du continent -68%- sont « en principe » acquis à la démocratie, mais seulement 16% des interrogés se déclarent « démocrates convaincus », prêts à agir pour enrayer la régression démocratique dans leur pays, sans se contenter de la déplorer.

Quels sont les obstacles à une « démocratie durable » ? Toutefois, le principal handicap démocratique de l’Afrique subsaharienne est sa forte croissance démographique en conjonction avec le traditionnel droit d’aînesse ou principe de séniorité qui confère aux vieux -surtout aux hommes- une prime d’autorité du seul fait de leur âge et, donc, un droit de cité plus conséquent que celui des jeunes (et, souvent, des femmes).

Comment expliquer le génocide au Rwanda ? La mort en cent jours de quelque 800 000 Rwandais, dans leur grande majorité des Tutsis, n’était pas une fatalité. Comprendre le génocide rwandais comme un enchaînement de décisions prises et d’actes posés par les parties locales en conflit et, au titre de sa non-assistance à population en danger, par la communauté internationale.

La nouvelle Afrique du Sud tient-elle la promesse d’une « nation arc-en-ciel » ? Depuis 1994, au moins 1,6 million de Sud-Africains, dont une grande majorité de Blancs, ont émigré…Ils ont tourné le dos au pays de l’apartheid économique, le plus inégalitaire du monde. En 2019, les 10% des Sud-Africains les plus fortunés, aujourd’hui des Blancs et des Noirs, concentraient entre leurs mains 93% de la richesse su pays, contre 7% pour les neuf dixièmes de la population.

Le panafricanisme devient-il une réalité ? Mais l’existence d’un vrai marché commun en Afrique présuppose la libre circulation des personnes. On en était loin en 2016 (besoin de 38 visas pour se déplacer sur le continent avec un passeport nigérian).

Pourquoi les coups d’Etat en Afrique sont-ils si nombreux ? Les Etats africains à n’avoir jamais connu de coup de force se comptent sur les doigts d’une main…Le mythe de l’armée comme arbitre impartial, force d’ordre et garant de l’unité nationale s’est singulièrement émoussé en Afrique. Son taux de réussite devrait rester orienté à la baisse malgré des rechutes comme au Mali.

Est-il vrai qu’il y a plus de guerres et de massacres en Afrique qu’ailleurs ? A l’évidence, plus il y a de frontières, plus grande est la probabilité de conflits frontaliers ; et le ratio « nombre de guerres par tête d’habitant » permet des comparaisons plus objectives.

Quels sont les principaux mouvements djihadistes en Afrique ? AQMI Al-Qaïda au Maghreb islamique. GSPC Groupe salafiste pour la prédication et le combat. MUJAO Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest.

LA SOCIETE

Les langues coloniales restent-elles importantes ? La coupure entre le peuple et une élite arrachée à la langue héritée de la colonisation pour tenir son rang dans sa société et sa place dans la mondialisation, entre le pays officiel et le pays réel, est problématique.

L’Afrique est-elle l’avenir de la francophonie ? Le français est la cinquième langue la plus parlée dans le monde après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Si elle le reste, ce sera grâce à l’Afrique noire en pleine croissance démographique.

Quelles sont aujourd’hui les grandes inégalités en Afrique ? De nouvelles formes d’esclavage tels le trafic de jeunes femmes comme prostituées ou le travail d’enfants dans les plantations agricoles. Autre inégalité taboue : les castes au sein d’une dizaine d’ethnies dans le Sahel. L’inégalité peut-être désormais la plus structurante, celle des revenus, est insuffisamment prise en compte. Pourtant, parmi les dix pays les plus inégalitaires au monde, sept sont des pays africains. L’immense majorité de la population, en Afrique de l’Ouest, se voit privée des éléments les plus essentiels à une vie digne, tels qu’une éducation de qualité, des soins de santé et un emploi décent.

Quel rôle jouent encore les croyances traditionnelles ? Si bien qu’on en revient souvent au résumé du « fond religieux africain » que l’ethnologue français Marcel Griaule a caractérisé, au début du XXème siècle, comme un « système de relations entre le monde visible des hommes et le monde invisible régi par un Créateur, en général bienveillant, et des puissances qui, sous des noms divers et tout en étant des manifestations de ce Dieu unique, sont spécialisées dans des fonctions de toutes sortes »- une référence aux ancêtres, génies et, plus largement, aux esprits dont l’intermédiation crée la trame et la chaîne de l’univers.

Quelle est la place des grandes religions monothéistes ? L’islam et le christianisme sont à égalité en nombre de fidèles en Afrique, prise dans sa totalité, chacun avec environ 45% de la population…On ne tient pas compte de leur acculturation, côté musulman, à travers des confréries maraboutiques et, côté chrétien, des églises indépendantes africaines, i.e. les nombreux cultes nés du mélange -fait de reprise et de rejet- entre des liturgies chrétiennes et des pratiques religieuses locales. Cette terra incognita n’est quasiment connue que de ses adeptes.

L’Afrique est-elle la terre bénie du prosélytisme religieux ? Oui, pour deux raisons majeures. D’abord, compte tenu de la démographie de l’Afrique, toutes les confessions y sont gagnantes en chiffres absolus. Ensuite, les religions y trouvent un meilleur terreau que dans des pays occidentaux gagnés par l’agnosticisme, au point qu’elles structurent encore profondément les sociétés.

Outre la Covid-19, quels sont les grands défis pour la santé publique ? En Afrique, les grands tueurs reconnus sont le sida, le paludisme, la tuberculose et les hépatites virales. L’urbanisation de l’Afrique à une vitesse sans précédent dans l’histoire humaine aggrave les risques de diarrhées virales et de fièvres typhoïdes. « Produits médicaux de qualité inférieure », tel est l’euphémisme de l’OMS au sujet des pilules, comprimés et sachets douteux qui arrivent clandestinement par bateau en Afrique, ou qui y sont exportés légalement parce que les normes africaines restent moins sévères que sur le marché intérieur des pays fabricants.

Les tradipraticiens et la médecine occidentale rivalisent-ils ou cohabitent-ils ? Le tradipraticien soigne avec des plantes et, parfois, des substances animales ou minérales…Quelque 80% des Africains s’adressent aux tradipraticiens, selon l’OMS. L’obstacle à la médecine moderne vient moins des tradipraticiens que de rumeurs conspirationnistes.

Y a-t-il des politiques de contrôle des naissances ? La réponse à cette question est clairement négative si elle concerne l’action des gouvernements subsahariens depuis les indépendances. En Afrique subsaharienne, le taux de fécondité est actuellement de 5,2 enfants par femme. L’emploi de moyens modernes de contraception n’y atteint pas 20% (par rapport à plus de 70% en Asie). En Afrique de l’Ouest, 40% des jeunes filles sont mariées avant 15 ans.

L’Afrique gagne-t-elle la bataille de l’éducation ? La population, en raison de sa rapide croissance, sera encore pendant plusieurs générations la moins bien formée du monde. Les universités africaines sont peu nombreuses, surpeuplées et mal équipées…Il faut ajouter à ce tableau déjà sombre une pénurie d’enseignants à tous les niveaux. Au sud du Sahara, ceux qui en ont les moyens envoient leurs enfants faire leurs études à l’étranger : dans un pays voisin un peu mieux loti, sinon au Maroc, en Europe ou en Amérique du Nord.

Quels sont les sports les plus populaires en Afrique ? Le foot africain en est désormais à sa troisième génération de rayonnement international. Le basketball. Au total, en 2019, tous les records du monde en 5000, 10 000 et 20 000 mètres masculins et féminins, ainsi que ceux du marathon féminin et masculin, étaient détenus par des Ethiopiens et des Kenyans.

L’Afrique urbaine et l’Afrique rurale sont-elles deux mondes séparés ? Oui, toujours, mais de moins en moins. Car le tissu urbain en Afrique ne cesse de se distendre alors que le monde rural n’y est plus un monde à part du fait qu’il se trouve en conversation constante avec les citadins, grâce à la téléphonie mobile. En raison de l’exode rural, les villes croissent bien plus vite que la population dans son ensemble…Aujourd’hui, une quarantaine de villes subsahariennes comptent un million, voire plusieurs millions d’habitants.

Qu’en est-il aujourd’hui de l’égalité des sexes ? La liste des inégalités est longue et engage aussi la responsabilité des bailleurs de fonds, pourtant les champions déclarés de la cause des femmes en Afrique. Or, ils n’ont jamais mobilisé des financements comparables à ceux consacrés à la lutte contre le sida pour la lutte contre la mortalité maternelle. Pourtant, le risque de mourir en couches reste 500 fois plus élevé au sud du Sahara qu’en Europe de l’Ouest.

L’Afrique est-elle homophobe ? 38 sur 54 des Etats africains criminalisent les relations homosexuelles. Ils les punissent de peines allant de trois mois à deux ans de prison au Burundi et jusqu’à quatorze ans au Kenya et en Angola. Mais d’un bout à l’autre du continent, le jugement porté sur l’homosexualité est devenu un marqueur politique : pour ou contre le pouvoir en place, pour ou contre l’Occident, une certaine forme de modernité ou de tradition.

Quelles sont les principales communautés étrangères en Afrique subsaharienne ? 140 000 Français au sud du Sahara. 900 000 Portugais établis surtout en Angola, au Mozambique et en Afrique du Sud. Présents dans de nombreux pays, tant anglophones que francophones, les Libanais seraient aujourd’hui en Afrique entre 400 000 et 500 000. Aujourd’hui, il y a environ 1,3 million d’Indiens en Afrique du Sud…Ils seraient au total 2,77 millions à l’échelle du continent. Les Chinois seraient aujourd’hui près d’un million en Afrique.

L’Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils la vie quotidienne ? La proportion des smartphones monte en flèche, de 3% en 2010 à 37% en 2018 (et, selon les prévisions, à 66% en 2025). Malgré toute une série de bémols, la téléphonie mobile et l’Internet changent la face du continent de mille façons. Statistiquement, l’usager africain consacre désormais 10% de ses revenus à la téléphonie, ce qui correspondrait en France à une facture mensuelle de plus de 200 euros.

L’Afrique est-elle devenue une plaque tournante du trafic international de drogues ? La Guinée-Bissau est le premier narco-Etat africain. C’est seulement dans les années 1990 que le trafic de drogues dures a explosé en Afrique. L’Afrique de l’Est est alors devenue le principal carrefour pour le transit de l’héroïne en provenance d’Afghanistan et du Pakistan, et l’Afrique de l’Ouest pour le trafic de la cocaïne venant de l’Amérique du Sud.

L’ECONOMIE

Pourquoi l’Afrique est-elle le continent le plus pauvre du monde ? Il s’agit de deux points de vue poussés à l’extrême mais, en vérité, complémentaires. L’un s’enferme dans une vision de l’Histoire réduite à une martyrologie avec des Africains en éternelles victimes. L‘autre reconnaît à ceux-ci leur capacité à agir et, donc, à peser sur leur destin mais seulement pour mieux leur faire porter la responsabilité de leur sort.

L’Afrique est-elle maintenue dans la dépendance économique ? La théorie de l’échange inégal…réapparaît périodiquement dans quelques domaines bien concrets tels que la soumission de l’Afrique aux injonctions des institutions de Bretton Woods (la Banque mondiale et le FMI), son appartenance à des zones monétaires étrangères, sa domination par des multinationales.

Quel est l’état des infrastructures ? Pour pouvoir satisfaire les besoins grandissants en infrastructures -sans compter les écoles, universités, hôpitaux et logements à construire-, il faudrait actuellement investir environ 160 milliards de dollars par an…Le pari semble perdu d’avance mais la marge par laquelle il sera manqué fera toute la différence pour les prochaines générations d’Africains.

Pourquoi l’électrification est-elle un si grand problème ? Le continent…que les barrages, les parcs solaires et les éoliennes dotent potentiellement de toute l’énergie électrique nécessaire à son développement, reste handicapé par l’immensité des territoires à couvrir d’infrastructures pour transporter et distribuer cette énergie.

Que faut-il entendre par « économie informelle » ? Est informel tout ce qui échappe à la régulation et à l’imposition mais contribue au PIB d’un pays…Ce n’est pas pour autant la jungle…Toutefois, le lien civique et le droit de regard sur les affaires de la cité, qui passent par l’argent du contribuable et sa bonne ou mauvaise gestion par l’Etat, font les frais de cette « socialisation » de l’économie.

Pourquoi l’Afrique subit-elle des crises de surendettement à répétition ? En 2010, le service de cette dette des 39 Etats bénéficiaires (Pays pauvres très endettés) avait ainsi été ramené à moins de 5% de leurs exportations de biens et de services. Or, à la fin de 2019, il était revenu à 32,4% -et cette moyenne pour toute l’Afrique subsaharienne masque des disparités flagrantes. L’Afrique subsaharienne est rentrée dans la nuit du surendettement.

Pourquoi, avec un sous-sol aussi riche, l’Afrique n’est-elle pas sortie de la pauvreté ? La richesse du sous-sol coexiste avec la misère sur terre, surtout quand elle nourrit des convoitises. La corrélation entre un Etat rentier vivant de son pétrole et l’accroissement de la pauvreté est solidement établie. Depuis les indépendances des années 1960, les pays africains dépourvus de gisements d’hydrocarbures ont augmenté leur PIB par tête d’habitant plus de deux fois plus vite que ceux exportateurs de pétrole et de gaz.

L’Afrique a-t-elle atteint l’autosuffisance alimentaire ? Non, et elle n’est pas près d’y parvenir. L’Afrique représente près de 16% de la population mondiale, dispose de 24% des terres arables sur la planète, voire d’environ 60% des terres cultivables pas encore mises en exploitation, mais ne génère que 9% des produits agricoles.

Y a-t-il des pôles de développement en Afrique, des modèles pour le reste du continent ? Ce n’est pas pour dire qu’il n’y ait pas de bons exemples à suivre sur le continent. Seulement, avant d’ériger un pays en modèle, quelques garde-fous doivent être installés pour délimiter le périmètre de sa validité exemplaire (exemples de l’île Maurice et du Botswana).

L’intégration économique et l’intensification des échanges intra-africains sont-elles l’avenir ? Ce que les économies du continent peuvent faire ensemble n’est pas évident. En l’absence d’industries de transformation, se renvoyer des matières premières ne crée pas de la valeur ajoutée. Sauf exception -le Rwanda, le Sénégal et le Soudan-, la diversification des économies africaines a stagné depuis 1990, voire reculé en Afrique du Sud. L’intégration régionale et continentale va être d’autant plus difficile.

Le tourisme est-il un atout pour l’Afrique ? Mais la rencontre touristique reste à inventer en Afrique, du moins à grande échelle. Jusqu’à présent, la plupart des touristes viennent pour la faune, la flore ou le folklore local, au sens large, et les Africains leur rendent bien cette cote mal taillée entre indifférence et préjugés.

Quelles sont les principales menaces pour la faune et la flore africaines ? Plusieurs exemples illustrant la mise en danger de la faune et de la flore africaines -les deux menaces étant souvent liées.

Quelles sont les causes du « stress écologique » en Afrique ? D’ores et déjà, l’Afrique est le continent le plus exposé aux dangers, et non pas seulement pour ce qui est du réchauffement climatique. Les pays riverains du golfe de Guinée se trouvent aussi en première ligne pour subir les effets de la montée des eaux.

LA CULTURE

Quelle était la fonction des objets d’art en Afrique ? Aujourd’hui, une dichotomie plus théorique oppose une interprétation formaliste, qui fait des objets cultuels africains des œuvres d’art à part entière, à une interprétation fonctionnaliste, qui ne les différencie guère de simples objets ethnologiques.

Faut-il restituer son patrimoine artistique à l’Afrique ? Sur les 98 000 objets d’Afrique contenus dans les collections publiques françaises, 70 000 se trouvent quai Branly. Chiffre à comparer avec les 69 000 du British Museum et les 180 000 du musée royal de l’Afrique centrale, près de Bruxelles, rebaptisé AfricaMuseum en 2018.

Comment la tradition orale a-t-elle inspiré les débuts de la littérature africaine ? « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». « L’incendie d’un fonds culturel non exploité » : la disparition des conteurs de la tradition orale africaine. Ce fonds n’a été que très partiellement fixé par l’imprimerie mais il imprègne la production littéraire des Africains, du moins à ses débuts.

Quel est l’état actuel de l’édition et de la littérature africaines ? C’est comme si, en passant par Paris et Londres, la littérature africaine avait quitté son continent en réussissant partout, sauf chez elle.

Quels sont les écrivains non africains qui doivent leur renom au continent ? Céline ; Romain Gary ; Karen Blixen ; Ernest Hemingway ; Jean Christophe Rufin ; Antonio Lobo Antunes ; Joseph Kessel ; Doris Lessing…

Quelle est l’importance des arts de la scène en Afrique ? Aujourd’hui, les artistes circulent davantage en gardant, pour la plupart d’entre eux, leur pied d’appui en Afrique.

Quelle image de l’Afrique a véhiculée Hollywood, de Tarzan à Black Panther ? Hollywood part de ce que son public croit savoir de l’Afrique pour lui vendre une distraction -de l’entertainment- sans exigence éducative, certes, mais aussi sans mépris qui pourrait choquer. Au fil du temps, l’Afrique subsaharienne a ainsi cessé d’être cet ailleurs radicalement différent, exotique et souvent inquiétant. Elle est aujourd’hui représentée, de façon moins uniforme, en accord avec les idées contradictoires que le reste du monde se fait d’elle.

Le cinéma africain est-il parvenu à « décoloniser » le regard sur le continent ? Autant dire que la décolonisation du cinéma africain est largement acquise. Pour l’indépendance, c’est moins sûr.

Comment s’explique le succès de Nollywood, l’usine à rêves nigériane ? L’usine à rêves du Nigeria produit désormais, bon an mal an, quelque 1500 nouveaux titres. Elle a ses stars, immensément populaires, mais guère d’autres prétentions artistiques que le « métier bien fait ».

Quel est l’apport africain à la peinture moderne et à la photo ? Des photographes africains figurent maintenant au catalogue de grandes maisons de vente aux enchères.

Quelles sont les grandes tendances de la musique africaine contemporaine ? La tendance commune des musiques d’Afrique étant depuis le milieu du XXème siècle leur ouverture sur l’extérieur -d’abord à l’échelle régionale, puis à celle du continent et, enfin, à l’échelle mondiale-, le meilleur repérage consiste-t-il à retracer les étapes de ce voyage vers de nouveaux publics en y associant les noms d’artistes pionniers.

Existe-t-il une cuisine typiquement africaine ? Il n’y a pas plus de cuisine « africaine » que de cuisine « européenne », eu égard à la variété des mets et à la différence des traditions culinaires sur les deux continents. En revanche, les multiples cuisines africaines ont en commun d’avoir été d’abord conçues pour une consommation collective, sans « parts » individuelles à l’européenne.

Comment la télévision par satellite et le numérique ont-ils changé le paysage audiovisuel africain ? Désormais, la concurrence sur le marché africain est féroce. Il n’y a pas seulement les grandes chaînes d’information internationales…Il y a aussi la Chine, qui a fait de l’Afrique et de ses 1,3 milliards d’habitants la nouvelle frontière de sa géopolitique audiovisuelle.

Qui sont les grands stylistes de la mode africaine ? La plupart des stylistes du continent puisent librement dans des motifs, coupes et formes qui sont « africains » au même titre que, par exemple, la mode « japonaise » l’est en puisant dans sa propre symbolique. Dans les deux cas, cela n’empêche ni des inspirations contemporaines, voire futuristes, ni des moyens de fabrication modernes.

GEOPOLITIQUE

Les anciennes puissances coloniales restent-elles influentes ? Les ex-métropoles continuent-elles de damer le pion aux autres puissances en Afrique et de dicter leur loi au continent ? Sans doute pas. Car même l’ex-métropole la plus engagée au sud du Sahara, la France, est aujourd’hui distancée par la Chine et les Etats-Unis comme partenaire commercial de l’Afrique et son intervention au Mali ne fait peut-être que confirmer son impuissance face aux grands enjeux subsahariens. Au point de nourrir l’idée que la Françafrique se serait muée en une « AfricaFrance » où les dirigeants du continent seraient les maîtres du jeu.

Quels sont les intérêts américains en Afrique ? Relativement peu engagés dans la lutte antiterroriste en Afrique, les Etats-Unis ne sont pas près, non plus, de relever le défi que leur lance la Chine sur le continent – au plan commercial ou en matière d’investissements, notamment dans des infrastructures- pour favoriser l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale.

Comment la Chine est-elle devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique ? La Chine a réussi à faire de l’Afrique son « deuxième continent » en investissant d’abord dans des pays riches en ressources pétrolières et minières, comme le Nigeria, l’Angola ou la Zambie. En exportant ensuite son modèle des zones économiques spéciales, par exemple en Ethiopie et en Sierra Leone. En se dotant, enfin, d’un dispositif bancaire capable de border son implantation en Afrique, à travers la China Development Bank et l’Exim Bank. Aujourd’hui, quelque 10 000 entreprises chinoises sont implantées en Afrique et elles concourent à environ 12% de la production industrielle du continent.

Face aux Occidentaux, la Chine constitue-t-elle une alternative pour l’Afrique ? Mais au fil du temps, la Chine en Afrique s’est banalisée, des frictions entre ses ressortissants et des Africains se sont multipliées et, de manière générale, le clair-obscur de son action a diminué le contraste par rapport à d’autres intervenants extérieurs sur le continent.

L’Union européenne a-t-elle une politique africaine ? Engagée dans plusieurs opérations militaires pour un retour à la stabilité au sud du Sahara, l’UE est surtout devenue l’instrument de ses pays membres pour mieux sécuriser et, de fait, externaliser leurs frontières afin de freiner l’afflux migratoire en provenance de l’Afrique.

L’Afrique et les autres pays du « Sud global », l’ex-tiers-monde, sont-ils solidaires ? Bien qu’elle se pare volontiers de solidarité tiers-mondiste, la coopération économique Sud-Sud échappe rarement à la logique comptable des affaires. La percée des nouveaux acteurs sur la scène africaine depuis la fin de la guerre froide, tels le Brésil, la Turquie ou les pays du Golfe, est commerciale avant d’être charitable.

Quel est le bilan des opérations de maintien de la paix en Afrique ? Depuis 1960, les Nations Unies ont monté une soixantaine d’opérations soit de maintien soit d’imposition de la paix…Plus de la moitié de ces opérations ont été déployées en Afrique…Ces opérations ont aussi été les plus lourdes, les plus coûteuses et les plus meurtrières.

L’Afrique est-elle la cible privilégiée de la justice internationale ? Il est vrai que la première enquête de la CPI (Cour pénale internationale de La Haye) en dehors du continent africain n’a été ouverte qu’en janvier 2016 (crimes contre l’humanité perpétrés en Ossétie du Sud en août 2008). Mais il est vrai aussi que la plupart des poursuites engagées contre des prévenus africains l’ont été à la demande des autorités de leur propre pays.

Quel est le rôle des ONG et des grandes fondations en Afrique ? L’ »ONG-isation » de l’Afrique est un fait ; tout comme est un fait que le continent le plus pauvre est devenu le principal marché de la « philanthropie-risque » (venture philanthropy) pratiquée par de grandes fondations. Quelques constantes : la capacité opérationnelle et financière des organisations caritatives dépasse souvent celle des pouvoirs publics en Afrique ; leur rôle revendiqué de « témoin » contribue à façonner l’image du continent à l’extérieur ; l’un dans l’autre, la souveraineté des Etats africains -notamment leur souveraineté thérapeutique- s’en trouve affectée.

La France peut-elle gagner la guerre au Sahel ? Récemment, les violences déchaînées par ce populisme théocratique ont débordé du Mali au Burkina Faso et au Niger. Elles risquent de gagner toute la région…Si la régionalisation de la menace se confirmait, l’armée française devrait se battre dans un espace en expansion rapide. D’ores et déjà, à l’échelle du G5 Sahel, son théâtre d’opérations est quatre vingt fois grand comme la France métropolitaine.

Quelle est l’importance des migrations intra-africaines ? Pour le moment, la grande majorité des migrations africaines -70%- est intra-africaine. L’exode rural et l’urbanisation de l’Afrique -l’un comme l’autre sans précédent dans l’Histoire- sont les deux faces d’une même réalité migratoire.

Quelle est l’importance des migrations extra-africaines ? Cette proportion (quatre ou cinq ou six africains sur dix migrants en 2050) s’appliquera à un total qui, entre-temps, aura lui-même presque doublé. En effet, dans trente ans, l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants, soit cinq fois plus que l’UE.

Sur la boutique