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Verbatims et recommandations...

Start-up Mania la French tech à l'épreuve des faits de Michel Turin - Calmann Levy

Émetteur du verbatim: François C.

Start-up mania ; la french tech à l'épreuve des faitsChapitre 1 -  Si on n’a pas créé une start-up à 30 ans, c’est qu’on a raté sa vie

La création de start-up est, chez les jeunes diplômés des écoles de commerce et des écoles d’ingénieur, la seule trajectoire professionnelle qui aujourd’hui vaille. C’est celle qui procure le statut social le plus prestigieux. Que l’activité de la start-up représente une avancée technologique révolutionnaire bouleversant nos habitudes de vie ou qu’elle ne constitue qu’un énième gadget numérique allongeant la liste interminable des applications inutiles ne change rien à l’affaire. L’important, c’est de créer sa start-up.

Chapitre 2 -  Les enfants du digital

Les start-uppers appartiennent à la première génération née dans un environnement numérique, avec lequel ils sont familiarisés depuis leur plus tendre enfance. Ils sont réputés être parfaitement à l’aise avec les ordinateurs, les téléphones portables, Internet. L’iPhone, Facebook ou Linkedin n’existaient pas il y a seulement une vingtaine d’années. Google émergeait à peine.

Les enfants du digital ont leurs propres marques appelées les digital native vertical brands (DNVB)…Ces dernières mettent en scène un marketing digital intelligent reposant sur la personnalité du créateur ou de la créatrice de la marque. Le storytelling est la clé de tout : il s’agit de faire rêver les consommateurs et d’apporter un supplément d’âme.

Les millennials seraient davantage « digital naïves » que digital natives. Ils sont beaucoup moins familiers des techniques numériques qu’on ne le croit.

Chapitre 3 -  La grande récré

Les acteurs de la French Tech miment la plupart du temps les codes de la Silicon Valley sans trop savoir pourquoi. Beaucoup de start-up n’ont pas la moindre culture d’entreprise. Elles se contentent de singer les codes des GAFA ou ceux qu’elles leur prêtent. La foi de nouveaux convertis qui les anime produit des résultats étonnants.

Les toboggans, les hamacs, les poufs Fatboy, les baby-foot, les tables de ping-pong et les distributeurs de fraises Tagada sont les éléments de confort incontournables de toute start-up qui se respecte.

Le modèle économique de la start-up, si on peut parler de modèle économique, est fondé sur la croyance selon laquelle avoir une bonne idée, la bonne équipe, le bon produit ou le bon service peut révolutionner le monde. Le messianisme en est la figure de base.

Les start-ups ont massivement recours à des stagiaires qui ne sont pas payés, ou très peu. La plupart des salariés sont en CDD.

Chapitre 4 -  Le mythe de la licorne

Les licornes sont des start-ups dont la valorisation dépasse le milliard de dollars.

Les économies de fonctionnalité consistent à louer plutôt qu’acheter, et à partager des biens existants mal utilisés plutôt que d’en fabriquer d’autres…La digitalisation du monde a donné à ce modèle une ampleur extraordinaire. Mais il est difficile de dire qu’il s’agit de business models extrêmement disruptifs. Innovation et start-up sont loin d’être synonymes.

La vie des licornes n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Les licornes d’aujourd’hui ne seront pas forcément les licornes de demain…Après avoir dominé le monde, IBM et Microsoft ont cédé leur rang de maîtres de l’univers technologique à Nokia et à Orange, avant que ces derniers n’aient été, eux-mêmes, détrônés par Apple et Google.

Chapitre 5 -  Destination Death Valley

L’aptitude des start-ups à survivre est très faible…80% d’entre elles sont appelées à échouer dans les deux premières années de leur existence.

Mylène Aboukrat « Créer une start-up, c’est très concrètement avoir neuf chances sur dix de finir dans le mur. »

Les dix raisons les plus fréquentes pour lesquelles les start-ups échouent : l’absence de marché ; le manque de cash ; la mésentente dans l’équipe ; l’action des concurrents ; une mauvaise politique de prix ; des produits de mauvaise qualité ; l’absence de business model ; un mauvais marketing ; le mépris du client ; un mauvais timing pour le lancement des produits.

C’est dans le secteur du financement participatif que le taux de mortalité a été le plus élevé. La moitié des fintechs ont été purement et simplement rayées de la carte en 2018.

En réalité, l’écosystème est le théâtre d’un darwinisme impitoyable…Les cimetières de start-ups, eux, celui de la Death Valley comme les autres, sont pleins de start-ups qui n’étaient pas irremplaçables.

Chapitre 6 -  Vive la start-up nation ! Vive la France !

Emmanuel Macron est en immersion complète dans l’écosystème des start-ups.

La domination de la Tech américaine est écrasante. La Californie, lieu de résidence habituel des grandes entreprises de la Tech américaine, se classe par le PIB, la richesse produite, au sixième rang dans le monde devant la France.

L’Etat hébreu est la terre promise des start-ups. Ce pays de 8,7 millions d’habitants, créé il y a une soixantaine d’années, entouré d’ennemis, en état de guerre permanent depuis sa naissance et sans ressources naturelles, possède davantage de start-ups que le Japon, la Chine, l’Inde, la Corée ou le Canada.

Les fondateurs de start-ups en France vendent leurs entreprises beaucoup trop tôt. La plupart des bébés techno ne deviendront jamais des PME ou des ETI.

L’économie numérique française reste un nain à l’échelle mondiale, alors même que la frénésie générée par la start-up nation frise parfois le ridicule.

Chapitre 7 -  On voit des start-ups partout, sauf dans les statistiques économiques

La couverture médiatique et les célébrations officielles par l’appareil d’Etat auquel l’ensemble de l’écosystème a droit sont complètement disproportionnées par rapport à son poids total dans l’économie nationale.

Selon une étude de l’Insee, publiée en 2016, en France, sur les 10 000 start-ups recensées ces cinq dernières années, 90% n’ont pas franchi le cap des cinq ans.

Toutes catégories confondues, de la grande entreprise (au nombre de 292) à la TPE (3 865 510), en passant par les ETI (5 776) et les PME (135 056), le pays comptait alors un peu plus de 4 millions d’entreprises.

L’économie numérique ne représente qu’un petit 5,5% du PIB, i.e. de la valeur de tous les biens et services produits en France sur une année.

Les fonds levés par les start-ups se sont montés à 3,2 milliards d’euros en 2018…La même année, les crédits bancaires représentaient, d’après la Banque de France, des encours de 1 017,9 milliards d’euros, et les financements de marché des encours de 603,4 milliards d’euros.

Les start-ups ne réalisent en moyenne que 91 000 euros de chiffre d’affaires et ne comptent que 7 employés.

Chapitre 8 -  Le CAC 40 saisi par la start-upisation

Les start-ups sont devenues l’opium du Cac 40. Les grands groupes n’arrêtent pas de jeter des passerelles entre les deux mondes…Ils siphonnent l’innovation dans les petites structures pour piloter leur propre transformation.

Il n’est pas sûr que les collaborateurs hébergés dans des bureaux partagés s’épanouissent dans des configurations ne faisant pas le moindre cas de la nature profonde de l’être humain, pour laquelle la notion de territoire occupe une place prépondérante.

Chapitre 9 -  Money, money, money

Les levées de fonds se sont élevées en France à 2,5 milliards d’euros en 2017. Elles ont tourné autour de 4 milliards en 2018.

Le capital n’a non seulement jamais été aussi abondant, mais il n’a jamais été aussi bon marché…Quand les taux d’intérêt sont très bas, cela ne coûte rien de s’endetter.

Principales étapes (levées de fonds) :

. phase d’amorçage : les fondateurs, la famille et les amis ;

. apport de capitaux quand les start-ups commencent à avoir des besoins de financement importants : les business angels ;

. levées de fonds les plus impressionnantes : les fonds de capital-risque ;

. (Etat) Les avances remboursables, les prêts à taux zéro, le crédit d’impôt recherche, les aides aux projets collaboratifs des pôles de compétitivité, les aides à l’emploi, les aides des régions, les aides à l’innovation et à la création d’entreprise.

BPI France a contribué à hauteur de 1,2 milliard d’euros au financement de l’innovation en 2018.

« L’écosystème des start-ups est atteint d’une douce folie. Celle qui consiste à valoriser plutôt qu’à rentabiliser » Sarah Aizenman

Chapitre 10 -  Au bonheur des marchands de pelles et de pioches

Le fantasme de la start-up est le terreau (très) fertile des prestataires de services qui courtisent en rangs serrés les primo-entrepreneurs.

La start-upisation accélérée du tissu économique français s’est traduite par l’apparition d’un métier entièrement nouveau, celui de leveur de fonds. Ce métier très rémunérateur consiste à accompagner une start-up pour l’aider à décrocher les financements dont elle a besoin, à tous les stades de son existence.

Les incubateurs et les accélérateurs, dans lesquels les start-ups passent quelques mois entourées par des mentors, sont les vendeurs de pelles et de pioches emblématiques de l’écosystème.

Toutes catégories confondues, l’écosystème a à sa disposition 11 000 structures d’accompagnement -depuis les incubateurs créés spécialement pour l’occasion jusqu’aux chambres de commerce et d’industrie en passant par les accélérateurs ouverts par les grands groupes ou les pépinières d’entreprises ouvertes à l’initiative des collectivités locales.

Les promoteurs commercialisant des espaces de coworking ne sont pas les derniers vendeurs de pelles et de pioches de l’écosystème. Au contraire. Ce sont ceux qui, jusque-là, ont su tirer le meilleur parti de l’exploitation des modes de vie inédits auxquels sacrifie l’écosystème.

Les équipements des espaces affichent tous les signes extérieurs de la branchitude version start-up : wifi, fibre très haut débit, visioconférence, TV 4K connectées ou murs d’écran, stylos, feutres Neuland et craies, pauses gourmandes, paperboards, Post-it A1-A5, piano, guitare, murs inscriptibles, trois micros, logiciels collaboratifs, frigo libre-service, trois écrans digitaux et tactiles, chargeurs de téléphone, café et thé, Apple TV, Instashow ou Clickshare.

Chapitre 11 -  Vous avez aimé la bulle Internet ? Vous allez adorer la bulle start-up !

Les investissements dans les start-ups américaines n’ont jamais été aussi élevés depuis le boom des dot-com au début des années 2000…L’industrie du capital-investissement, apporteur de capitaux privilégié des start-ups, est de l’avis général en haut de cycle.

Les valorisations des start-ups sont stratosphériques, alors que bon nombre d’entre elles perdent des millions d’euros par an, quand ce n’est pas davantage.

Le facteur déclenchant du krach des start-ups pourrait être la déroute d’une grande entreprise de technologie aux Etats-Unis ou ailleurs.

Comme à l’époque de la bulle Internet, une grande majorité des start-ups est sous perfusion. Quand le flux de capitaux se tarira, l’hécatombe sera terrible.

Après avoir eu des carnets de bal à faire rêver -et elles ont fait rêver-, les start-ups risquent, elles aussi, de bientôt faire tapisserie.

Conclusion

La French Tech n’embraye pas sur le reste de l’économie. Elle n’a pas d’effet d’entraînement. La Tech est trop souvent le miroir aux alouettes d’aujourd’hui. Elle nous laissera une incroyable saga faite d’épisodes tour à tour touchants, brillants, risibles, rocambolesques, déroutants, talentueux ou bousculants. Mais l’illusion d’optique aura joué à plein.

 

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