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Verbatims et recommandations...

L’ECONOMIE POST-COVID de Patrick ARTUS et Olivier PASTRE - Ed. Fayard

Émetteur du verbatim : François C.

Introduction TOUT CE QUI EST DIFFÉRENT DANS CETTE CRISE

  1. Un choc d’offre, alors que la crise des subprimes était un choc de demande.
  2. Les pays émergents sont plus violemment touchés.
  3. La structure sectorielle de l’économie est déformée.
  4. La réponse de la politique économique est violente et impressionnante.
  5. Le modèle économique et social est remis en cause de manière bien plus profonde et large qu’en 2008-2009.
  6. La crise provoque des effets politiques et géopolitiques importants.

Chapitre 1 UN PEU D’HISTOIRE

Quels enseignements peut-on tirer de cette histoire des pandémies ?

  1. Une accélération de la pandémie est possible, du fait de “l’ouverture” au virus de nouveaux territoires de conquête.
  2. La durée épidémique, beaucoup plus longue que prévu initialement.
  3. La capacité d’oubli des populations et, pire, des pouvoirs politiques.
  4. Pandémie : il y a toujours la recherche d’un bouc émissaire.
  5. Les boucs émissaires de l’épidémie de Covid : la Chine pour les Etats-Unis, le capitalisme néolibéral et la globalisation en Europe. Leurs effets concrets sur les économies.

Chapitre 2 ENTREPRISES : QUELLES ENTREPRISES ?

Les certitudes :

  1. Le vrai problème est celui des fonds propres des entreprises. La sous-capitalisation des entreprises françaises est un drame historique.
  2. Le “bain de sang”. On peut s’attendre à une explosion des faillites et un recul historique de la création d’entreprise.
  3. Les épargnants devront accepter une rémunération plus faible de leur épargne.
  4. Il faut s’attendre à de nombreux conflits, qui ne seront pas que sociaux. Ils opposeront aussi les entreprises à l’Etat.

Que faire ?

  1. Suspendre les réglementations dites”prudentielles” (Bâle III dans la banque et Solvency II dans l’assurance).
  2. Créer des produits financiers qui permettent de renforcer des fonds propres des PME sans effets collatéraux négatifs.
  3. Donner tous les moyens nécessaires à l’industrie du capital-risque.

Deux écueils à éviter :

. Subventionner les “canards boiteux”. Pour financer une entreprise, il faut qu’elle souffre d’une crise de liquidité et non de solvabilité.

. Ne pas donner une priorité absolue aux TPE qui sont de très loin les plus fragiles, mais pour lesquelles l’industrie du private equity est aujourd’hui la plus mal armée.

De nombreuses interrogations :

  1. Les chaînes de valeur, purs produits de la mondialisation et porteuses d’importants gains de productivité, ont été remises en cause par la pandémie.
  2. De très nombreux sous-secteurs impactés, qui constituent des “noeuds stratégiques” pour assurer notre souveraineté.
  3. Le problème de la relocalisation.
  4. Y aura-t-il transition vers un capitalisme différent qui serait “inclusif”, s’intéressant à la situation de toutes les parties prenantes de l’entreprise ?
  5. Une exigence anormalement élevée de rentabilité du capital pour l’actionnaire.
  6. Le partage des revenus défavorable aux salaries.
  7. La reconstitution de monopoles, de positions dominantes et de rentes de monopoles.

Les externalités générées par les entreprises n’ont pas été internalisées (externalités sociales, économiques, climatiques et environnementales).

Trois obstacles au principe du “pollueur-payeur” :

  1. Les défaillances des États, qui n’ont pas su ou voulu internaliser les externalités générées par les entreprises.
  2. Un très important affaiblissement des entreprises des pays de l’OCDE.
  3. Le rôle ambigu de la finance, qui, d’un côté, pousse les entreprises à devenir plus vertueuses, mais de l’autre exige une rentabilité très élevée du capital pour les investisseurs.

L’optimisme n’est pas de rigueur sur la transformation du capitalisme, sauf à impulser des changements de comportement drastiques de la part de tous les agents économiques. En premier lieu dans le domaine social.

Chapitre 3 TRAVAIL ET EMPLOI : QUEL NOUVEAU PARADIGME ?

La nécessité de provoquer des ruptures majeures dans la façon d’apprécier et de gérer le travail et l’emploi.

Trois faux débats :

  1. La relocalisation : elle prend du temps ; il faut trouver les compétences dont les usines ont besoin.

Une seule solution : un examen des sous-secteurs dont la relocalisation est indispensable ou au moins possible et la mobilisation des moyens nécessaires pour impulser celle-ci.

  1. Les dividences.
  2. La hausse du smic.

Les certitudes :

  1. Les situations seront très différenciées.
  2. L’accélération de la numérisation.

Les solutions :

  1. La refonte du système d’intéressement et de participation.
  2. La refonte complète du système de formation professionnelle. Une des solutions majeures passe par l’adaptation des qualifications afin d’augmenter l’employabilité des salariés.

Des interrogations :

  1. Le télétravail. Il est clair que cette nouvelle forme d’organisation du travail devra se doter d’un veritable statut.
  2. L’avenir du dialogue social. Dans ce domaine, il s’agit d’une véritable rupture historique et épistémologique.
  3. Au niveau macroéconomique, le coronavirus va t-il être un massacre économique et, plus encore, social ?

Les certitudes :

  1. La polarisation du marché du travail : accentuation des inégalités entre emploi stable et emploi précaire et entre emploi qualifié et non qualifié.
  2. Une tension sociale forte dans les pays européens après la crise.
  3. Les réformes à mener.

. la priorité absolue reste le retour à l’emploi.

. nous sommes face à une équation à trois inconnues : l’emploi, la durée du travail et la remuneration.

. les jeunes vont être les grands perdants de la crise du Covid.

Comment refaire partir en France l’ascenseur social ?

L’ascenseur social n’est pas véritablement en panne. Il ne fonctionne aujourd’hui qu’à la descente.

Chapitre 4 STRUCTURE SECTORIELLE DE L’ÉCONOMIE ET GÉOÉCONOMIE BOULEVERSÉES

Six évolutions derrière la déformation de la structure sectorielle des économies :

  1. Le recul de la demande de biens durables : biens d’équipement des entreprises, ainsi que des ménages.
  2. Le recul probablement durable du tourisme.
  3. Une hausse durable du poids de la distribution en ligne.
  4. Un souci accru pour le climat et l’environnement.
  5. La perte d’efficacité avec le recul de la productivité horaire du travail.
  6. La volonté des Etats, après la crise, de soutenir et de relocaliser certaines industries stratégiques (pharmacie et médicament, matériel de télécommunication, matériel pour les énergies renouvelables, services Internet).

Les secteurs d’activité gagnants et perdants

. Secteurs gagnants : Biens de consommation courants, services à la personne, luxe, pharmacie-santé, agroalimentaire, technologies au sens large, énergies renouvelables.

. Secteurs perdants : Biens d’équipement, matériel de transport, biens intermédiaires, immobilier commercial, énergies fossiles, tourisme, distribution traditionnelle, transport aérien, services financiers.

Une reprise économique plus difficile.

. L’économie va se déformer vers le “dématérialisé” : services à la personne, technologies, santé, télécoms, commerce en ligne, services financiers associés.

. De nombreuses entreprises vont être en difficulté dans les secteurs perdants…Il y aura donc des faillites, des acquisitions, des consolidations et l’impossibilité de maintenir l’emploi.

. Et si c’était l’Europe qui sortirait renforcée ?   Les Etats-Unis et la Chine souffrent aussi de problèmes structurels sévères.

Chapitre 5 QUELLE MACROÉCONOMIE APRÈS LA CRISE ?

L’excès durable de liquidité avec la monétisation des dettes publiques va conduire à des bulles généralisées sur les prix des actifs.

Perspectives de stagflation après la fin du confinement (croissance faible et inflation élevée).

La base monétaire des pays de l’OCDE, i.e. la quantité de monnaie créée par les banques centrales, devrait augmenter de 70% en 2020, passant de 14 à 24 trillions de dollars.

Il est clair que l’équilibre économique de stagflation  et de bulles est peu attrayant.

Pour une partie des secteurs perdants, la crise du Covid va faire apparaître de nombreuses “entreprises zombies” qui sont surendettées et n’ont plus les moyens de se développer, d’innover.

Nous pensons qu’il y aura l’apparition généralisée de bulles sur les prix des actifs financiers et immobiliers, mais aussi peut-être une crise beaucoup plus grave de perte de confiance dans les monnaies publiques des Etats.

Seulement une généralisation des bulles ou bien une crise pire ? (chute de la demande de réserves publiques au profit de monnaies privées -cryptomonnaies par exemple).

Chapitre 6 QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION ET HUIT PROPOSITIONS D’ACTION POUR DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES DE RUPTURE

Certitudes :

. Il faut distinguer les réformes de court terme et celles de long terme.

. L’éducation au sens large est la clé de toutes les réformes.

. Les grands principes :

. L’objectif majeur est celui de la confiance.

. Il ne peut y avoir de réformes efficaces que si l’effort demandé est perçu comme partagé.

. Cette crise doit nous amener à opérer des ruptures dans presque tous les domaines d’activité économique, aussi bien au niveau macro que microéconomique.

. Remettre en cause/adapter le principe de precaution.

. Il faut réformer très largement les organismes internationaux dont a accouché la Seconde Guerre mondiale.

. Aucune croissance mondiale ne sera durable sans l’Afrique, qui vit déjà deux autres “pandémies” -celles de la sécheresse et de la faim, auxquelles s’ajoute à terme très proche celle des migrations.

Il faut mettre en place des politiques de rupture dans huit domaines :

Rupture 1 : soutenir les catégories les plus touchées par la crise par un revenu universel ciblé

Rupture 2 : réformer réellement les retraites pour aider les entreprises à survivre et à investir…La seule piste praticable est une réforme rapide et radicale des retraites, qui amène en quelques années l’âge effectif de depart à la retraite à 65 ans.

Rupture 3 : créer un choc de compétence pour favoriser la transformation des emplois, ce qui passe, entre autres, par une refonte du système de formation professionnelle…la crise va exacerber un problème profond de la France, qui est le faible poids des compétences de la population active.

Rupture 4 : créer un partenariat Etat-entreprises sur les technologies d’avenir…Le bon modèle (celui de la DARPA aux Etats-Unis ou du METI au Japon) nous semble être celui du partenariat entre l’Etat et les grandes entreprises dans les industries d’avenir.

Rupture 5 : définir une autre réglementation financière et refonder les actuelles normes prudentielles…L’enjeu est donc de modifier profondément la réglementation financière pour la rendre contracyclique.

Rupture 6 : “profiter” de cette crise pour assurer une véritable transition énergétique, ce qui passe par une “taxe carbone” digne de ce nom.

Rupture 7 : inverser le processus de décentralisation…sur le millefeuille territorial actuel, lesquelles sont les dizaines de feuilles à supprimer et les centaines à réformer ?...viser à “l’inversion de l’initiative des réformes”.

Rupture 8 : rénover le financement du syndicalisme.

 

Conclusion

Mais 600 jours suffisent pour modifier un logiciel et le rendre opérationnel…A vous de jouer : bon courage Mesdames et Messieurs les politiques…

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