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Verbatims et recommandations...

LE FUTUR DE L’EUROPE SE JOUE EN AFRIQUE de Jean-Luc BUCHALET & Christophe PRAT - Ed. Eyrolles 2019

Le futur de l'Europe se joue en Afrique Émetteur du verbatim : François CORNEVIN

I. L’AFRIQUE ET L’EUROPE: UNE LONGUE HISTOIRE COMMUNE

1. 1884 : l’année où l’Europe s’est partagé l’Afrique

La quasi-stagnation de la population africaine au XIXème siècle résulte en partie de la traite des noirs.

Une colonisation française tardive

La conférence de Berlin (1884) scelle le destin de l’Afrique, sans que les Africains n’aient eu voix au chapitre…Les frontières ont été tracées par des bureaucrates qui n’avaient jamais mis les pieds en Afrique et qui, en divisant sans nécessité des zones historiques homogènes, des royaumes et des tribus, ont ignoré les identités ethniques et religieuses qu’ils recouvraient.

Le découpage de l’Afrique par les Occidentaux explique en partie les conflits ethniques, géographiques et religieux actuels.

2. Ce qui se cache derrière les tensions territoriales d’aujourd’hui

On dénombre de multiples guerres ou conflits dits « de basse intensité » comme en Libye, en Egypte, au Soudan, au Nigeria, en Erythrée, en Somalie, en République centrafricaine, au Mali, en République démocratique du Congo, au Sahel, au Darfour…

Les présidents, portés par l’euphorie des indépendances, ont sacralisé l’intangibilité des frontières héritées de la période coloniale.

3. Pourquoi l’Afrique a-t-elle pris tant de retard par rapport aux autres continents ?

L’histoire de l’humanité peut se résumer à la distinction entre les populations qui ont maîtrisé l’agriculture et l’élevage des gros mammifères, et les autres.

Au sein du continent africain, les écarts sont considérables, l’Afrique constituant un immense « patchwork ». En 2016, la part du revenu national détenue par les 10% des individus les plus riches de la population était de 54% pour l’Afrique subsaharienne…Les écarts de patrimoine sont tout aussi importants que les écarts de revenu…L’émergence d’une nouvelle classe d’ultra-riches en Afrique ne peut plus être niée, alors que de nombreuses régions du continent sont en proie à de violents conflits et à une extrême pauvreté.

L’Eurasie prend son envol, l’Afrique accumule le retard.

Le basculement du pouvoir vers l’Europe entre 1750 et 1850…Ce n’est pas un hasard si la science et le capitalisme forment l’héritage le plus important de l’impérialisme européen…Avec la quatrième révolution industrielle, celle de la robotique et de l’intelligence artificielle, il est à craindre que le retard de l’Afrique vis-à-vis des pays riches ne se comble pas.

4. Depuis des siècles, une économie africaine qui peine

De 1950 à 2001, date de l’entrée de la Chine à l’OMC, le continent africain voit son niveau de vie relatif par habitant mondial passer de 43 à 25% (contre 20 à 60% pour l’empire du Milieu).

La déconnexion de l’Afrique par rapport au reste du monde à la sortie de l’indépendance a entraîné un décrochage de son poids économique mondial malgré un léger redressement en fin de période (2,8% du PIB mondial aujourd’hui contre 1,9% en 1980). Minée par de nombreuses guerres civiles et conflits interreligieux, l’Afrique a été l’otage de la confrontation entre l’Est (communiste) et l’Ouest (capitaliste) jusqu’à la chute du mur de Berlin.

II – LE PATCHWORK AFRICAIN POSE PROBLEME… ET OFFRE DES SOLUTIONS

5. Des écarts de richesse gigantesques entre États

Le PIB courant de l’ensemble du continent est de seulement 2 251 milliards de dollars, soit inférieur au PIB français (2 583 milliards de dollars) et loin derrière le PIB chinois (12 237 milliards de dollars).

Le continent totalise cinquante–quatre pays dont les caractéristiques économiques, démographiques et géographiques sont totalement différentes…En réalité, il existe quatre Afrique : celle des pays exportateurs de matières premières qui pèsent énormément (68,1% du PIB africain) avec le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Libye, la République du Congo, le Gabon, le Tchad…mais qui sont peu nombreux (14 sur 54) ; celle des pays diversifiés dont le poids économique est faible (en dehors de l’Afrique du Sud) et qui pèsent ensemble autour de 34,7% du PIB africain : le Maroc, la Tunisie, le Cap-Vert, l’île Maurice…(11 sur 54) ; celle des pays en transition comme le Kenya, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou le Cameroun, qui forment le groupe le moins nombreux (10 sur 54 avec un poids du PIB de 11,9% ; et enfin, celle des pays en pré-transition (les plus nombreux, 24 sur 54 avec un poids du PIB de 14,6%) comme l’Ethiopie, la République démocratique du Congo, la Guinée, le Rwanda, le Mali…

Le potentiel de rattrapage, et donc de croissance, de nombreux pays africains est considérable, à condition toutefois qu’ils évitent la guerre civile (Libye, République centrafricaine, Soudan…), les conflits interethniques (Rwanda, Côte d’Ivoire…), les conflits religieux (Nigeria, Centrafrique, Kenya…) et la montée des intégrismes (Niger, Mali).

Les pays qui ont connu les plus fortes croissances depuis 2001 ont été pour l’essentiel des producteurs de matières premières, à l’exception de l’Ethiopie et du Rwanda.

Mayotte face à une immigration massive en provenance des Comores.

L’Ethiopie: un potentiel de croissance parmi les plus élevés.

Le Liberia et la Guinée enfermés dans la violence et la pauvreté.

« Madagascar, l’invraisemblable désastre économique »…Une économie de rentes et de « rapines » s’est installée à la tête de l’Etat au profit d’une « hyper-élite » de 10 000 personnes, intéressées seulement à faire prospérer leur fortune au détriment de l’ensemble du peuple malgache.

Le développement humain (PIB par habitant, espérance de vie à la naissance, niveau d’éducation et niveau de vie) : un objectif encore lointain…L’un des facteurs essentiels au développement économique durable et inclusif est l’investissement dans la santé et l’éducation…L’Afrique reste à la traîne dans ces deux domaines.

6. La « malédiction » des matières premières

L’ensemble des investissements a majoritairement été dirigé vers les ressources minières, asséchant littéralement les autres secteurs d’activité. Et, comble du désastre, les activités minières, pétrolières et gazières ont été faiblement créatrices d’emplois.

Le Nigeria, déstabilisé par la chute des cours du pétrole.

L’Algérie au bord du chaos…Le pays paie aujourd’hui les conséquences des décennies du « tout pétrole »…Ce pays de 40 millions d’habitants aux portes de l’Europe est au bord de l’asphyxie. Seules une restructuration profonde, une lutte massive contre la corruption et une diversification économique peuvent le sauver d’une fragmentation sociale.

L’Afrique du Sud : un lent déclin…La corruption de la classe politique noire atteint des sommets…Le pays détient le triste record du nombre de personnes vivant avec le VIH : 7 millions, soit 19,2% de la population.

L’Egypte : Sissi tout puissant…Le déficit budgétaire reste proche de 10% du PIB et le service de la dette représente quasiment un tiers des dépenses publiques. Le chômage des jeunes est proche de 40% dans certaines régions.

Purge anticorruption en Angola…Joao Lourenço dépèce méthodiquement le système affairiste mis en place par son prédécesseur, José Eduardo dos Santos.

Une croissance bloquée, empêchée…La Chine est quasiment le seul pays émergent dont la croissance endogène a réellement contribué à la croissance réelle du pays. En simplifiant, la croissance chinoise a été tirée par une politique de l’offre efficace, alors que, pour la plupart des autres émergents, l’activité a été tirée par une très forte croissance de la demande intérieure, par la hausse des prix des matières premières et l’évolution favorable du taux de change.

7. Face à une économie non diversifiée

L’industrialisation poussive du continent a amené la part de la production manufacturière à seulement 9% du PIB.

La difficulté de faire des affaires en Afrique.

Le mirage d’une classe moyenne…En retenant une fourchette moins large et plus réaliste, comprise entre 4 et 20 dollars de revenu par jour, on tombe à 135 millions de personnes, soit 14% des Africains.

(Rapport Banque mondiale) Il estime qu’en 2012, 388 millions de personnes, soit 43% de la population d’Afrique subsaharienne, vivaient dans une grande pauvreté.

8. Sécheresse, incendies, inondations et ouragans à tout-va

L’Afrique est en train de s’assécher…Le développement agricole de l’Afrique est lesté par la lutte pour l’accès aux ressources en eau.

L’exportation d’»eau virtuelle » vers les pays riches…Les trois quarts des pays arabes vivent en dessous du seuil de pénurie, établi à 1000 m3 par an par habitant, et près de la moitié se trouvent dans une situation extrême avec moins de 500 m3. Sans gestion durable, le monde devra faire face à un déficit hydrique global de 40% d’ici à 2030.

9. Une affaire d’eau, un problème politique

La gouvernance et la volonté politique sont les principaux obstacles au développement sur le long terme de cette région.

Des ressources forestières fortement dégradées…De 2000 à 2015, l’Afrique a perdu 8% de sa surface forestière, soit 530 000 km2, quasiment la surface d’un pays comme la France.

Déboisement et exportation de bois précieux vers la Chine.

La destruction des savanes arborées accentue la désertification.

L’accélération de la dégradation des sols…Dans les zones arides d’Afrique, les gens endurent déjà la pauvreté, l’insécurité alimentaire et des taux de mortalité élevés. Ces difficultés sont exacerbées par la dégradation des terres et la désertification et causent des migrations et des conflits.

Explosion démographique et ressources alimentaires…Le problème majeur pour l’Afrique est d’acheminer les produite agricoles de leur lieu de production vers les lieux de consommation : 40% des récoltes pourrissent sur pied faute d’infrastructures de transport et de stockage suffisantes, alors qu’un cinquième de la population en Afrique subsaharienne souffre de malnutrition.

Une sous-consommation d’engrais.

Des « déplacés climatiques » toujours plus nombreux.

10. La démographie galopante ne doit pas être une fatalité

Histoire de la population mondiale : une évolution exponentielle…Ce taux de fécondité varie de façon extrême entre 1,7 au plus bas pour la Chine et 7,3 au plus haut au Niger, et une moyenne mondiale de 2,5 en 2017.

L’Afrique : le continent le plus peuplé du monde…Sa population dépassera 1,3 milliard en 2018 (17% de la population mondiale), et devrait doubler d’ici 2050 pour atteindre 2,5 milliards (26% de la population mondiale).

Une métropolisation en pleine expansion qui fait le lit de la pauvreté…Aucune planification à long terme n’est vraiment pensée, les infrastructures sont souvent obsolètes, inefficaces ou parfois totalement inexistantes…La corruption serait la première cause de l’inaction des autorités. Ces immenses décharges tuent les populations à petit feu en empoisonnant l’air, l’eau et le sol, et attisent la criminalité. Ces bidonvilles sont des zones de non-droit composées d’habitations extrêmement fragiles, surpeuplées et non reliées aux réseaux d’eau potable et d’assainissement.

Le défi de la formation…Les économies africaines vont devoir créer 29 millions d’emplois par an et scolariser 300 millions d’enfants d’ici 2030 pour permettre à tous ces futurs actifs de trouver un emploi.

La « fuite des cerveaux » est réelle. Plus de 10% des diplômés africains vivent et travaillent sur un autre continent.

Surpopulation : risques environnementaux et politiques…Il y a un risque sur le Nigeria qui pourrait devenir le prochain Rwanda : sa population devrait dépasser 794 millions d’habitants d’ici la fin du siècle (contre 191 millions en 2017), alors que sa superficie est de seulement deux fois celle de la France. La croissance démographique est aussi la source de grands déséquilibres.

Vers le contrôle des naissances et le planning familial ?…L’accès à la contraception reste le problème majeur.

La misère, ferment de l’émigration…Le choc migratoire est certain. Le continent africain fait partie de notre destin. Le temps est fini où le développement de l’Afrique pouvait être considéré comme un sujet de faible impact sur l’Europe. L’Afrique doit devenir notre partenaire privilégié et notre priorité stratégique.

Aide au développement et politique…L’industrie de l’aide est concurrentielle…Seuls 15 pays africains sur 54 peuvent être considérés comme réellement démocratique avec au moins une alternance depuis 1990.

Un tiers des dirigeants africains ont plus de 70 ans, et certains de ces pays sont menacés d’instabilité du fait de la santé déficiente de leurs responsables.

Les téléphones portables pourraient devenir le creuset d’une radicalisation du continent…Les inégalités et la marginalisation de certains groupes sociaux sont aujourd’hui ressenties avec beaucoup d’acuité.

III – AFRO-PESSIMISME VERSUS AFRO-OPTIMISME : QUEL AVENIR POSSIBLE ?

11. Mettre en œuvre un plan Marshall pour l’Afrique

Une dilution de l’aide au développement…Pourquoi les quelque 1000 milliards d’aide publique au développement en Afrique au cours des cinquante dernières années n’ont-ils pas eu les effets escomptés et surtout n’ont-ils pas amélioré de façon significative les économies africaines ?…on a assisté à « une distorsion de la concurrence, à une corruption des classes dirigeantes, à une administration pléthorique » qui ont aggravé les tensions ethniques pour le partage du « butin ».

Un retard chronique de l’investissement…Hormis quelques poches de croissance, le continent peine à décoller…Des progrès ont été réalisés mais on est très loin des 105 milliards de dollars par an que l’Afrique devrait consacrer pendant une décennie pour combler son retard. Les infrastructures sont un immense frein à la croissance…Seulement 35% de la population a accès à l’électricité et 30% à des services de santé.

12. L’espoir d’une solution : la création d’une zone de libre-échange

(mars 2018) La ZLEC (zone de libre-échange continentale) vise à établir un marché unique pour les biens et les services incluant la libre circulation des personnes et des capitaux concernant l’ensemble des pays de l’Union africaine.

L’initiative n’est cependant pas sans risques pour les Etats car elle peut provoquer une baisse importante des recettes budgétaires. Les droits de douane sont en effet l’une des principales ressources financières des Etats africains. Le commerce fait vivre des milliers de personnes aux frontières de certains pays.

Le problème de la corruption et de la lourdeur bureaucratique des procédures douanières doit être résolu car il constitue le principal obstacle à la circulation des biens.

13. Chinafrique : une opération de séduction

La Chine enterre la « Francafrique »…L’œuvre de corruption de ce réseau politico-affairiste que l’on nomme la « Françafrique » a préparé le terrain à la Chine qui, elle aussi, sait agir en eau trouble.

Mais y a-t-il une vraie volonté des 27 de mener une politique africaine ? La Chine, évidemment, n’a pas le même problème, et sa stratégie est efficace : l’Etat finance d’énormes contrats, souvent à perte.

L’Ethiopie, symbole de la « Chinafrique »…L’empire du Milieu est la locomotive de l’ambitieux programme d’industrialisation accélérée du pays..

Le Kenya : le poids de la dette chinoise…Le coût des projets d’investissement semble très élevé car il intègre une part importante de pots-de-vin…Nairobi doit rapidement contenir son endettement et financer une plus grande partie de ses dépenses par l’augmentation de ses revenus.

Les grands groupes chinois à la conquête de l’Afrique… »Les Chinois nous offrent du concret et l’Occident des valeurs intangibles. Mais ça sert à quoi la transparence, la gouvernance, si les gens n’ont pas d’électricité, pas de travail ? La démocratie ça ne mange pas » Serge Mombouli

Routes de la soie : des Etats pris au piège du surendettement…Jamais un bailleur de fonds n’a avancé autant d’argent sans exigences morales, sans tutelle, et à des conditions aussi avantageuses.

A quand la prochaine crise de la dette africaine ? Le Premier ministre malaisien a mis les pieds dans le plat en dénonçant ouvertement le néocolonialisme chinois.

Dire non à la Chine…Après avoir incarné le partenaire providentiel et fraternel, capable de tous les miracles, la relation africano-chinoise se banalise et parfois tourne au vinaigre.

14. La quatrième révolution industrielle peut-elle sauver l’Afrique ?

L’émergence d’une Afrique 4.0 est bel et bien amorcée…Près de 80% des habitants de l’Afrique subsaharienne devraient avoir accès à des téléphones mobiles d’ici 2020.

Plus de la moitié des investissements dans la quatrième révolution industrielle se concentrent sur quelques Etats : le Nigeria, le Kenya, le Ghana et l’Afrique du sud, ainsi que l’Afrique du Nord (Tunisie, Maroc et Egypte). L’enjeu est de les élargir à tous les pays du continent.

Infrastructures déficientes, problèmes de sécurité, sous-bancarisation, faible pénétration d’Internet : la complexité est au cœur de ces nouveaux métiers.

Conclusion : Un avenir moins florissant que prévu

L’Afrique renoue avec un endettement massif, proche de ce qu’il était avant les annulations de 2006. Certains investisseurs craignent le retour aux heures sombres des années 1980 et 1990.

Ralentissement…Les difficultés dans le transport, secteur stratégique, persistent. Le creusement des inégalités constitue aussi un frein considérable au développement avec des paysans dépossédés de leurs terres, des problèmes de santé et la montée des extrêmes religieux.

La lutte contre la pauvreté est indissociable d’une lutte contre l’inégalité. L’investissement dans la santé, dans l’éducation et la formation est essentiel pour sortir de ce cercle vicieux.

Une trajectoire ouverte…La faillite de certains Etats a favorisé la montée de l’islamisme radical. Celui-ci menace sérieusement le continent africain, bien qu’il n’ait rien à proposer concernant le monde futur en gestation, les nouvelles technologies, le réchauffement climatique…L’instabilité politique en Libye, au Sahel, au Nigeria, au Soudan du Sud, en Afrique centrale ou en Somalie…est une menace systémique pour l’Afrique et l’Europe aussi bien avec le terrorisme qu’avec le trafic des migrants.

De nombreux freins au développement africain persistent. Le plus important est certainement l’insuffisance d’infrastructures, et avant tout le secteur de l’énergie…En 2015, près des deux tiers de la population n’avaient toujours pas accès à l’électricité, préalable indispensable à l’accès à l’eau potable, au développement de l’agriculture et de l’industrie, et à l’économie de la connaissance. La situation se détériore sous la pression démographique…L’Afrique doit devenir notre priorité. Le futur de l’Europe se joue en Afrique.

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