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LES NOUVELLES GUERRES - Sur la piste des hackers russes d'Etienne HUVER & Boris RAZON - Arte éd. Stock

Les nouvelles guerres ; sur la piste des hackers russes Émetteur du verbatim : François C.

Ch. 1 L’OTAN, ces nouveaux punks

(Février 2017) Mais dans les deux cas (présidentielles USA et France), on pointe du doigt un seul et même coupable: les hackers russes, nouveaux trublions de l’ordre mondial.

(Printemps 2017) Dans cette atmosphère pour le moins tendue, les banques et les médias estoniens sont subitement attaqués. Les hackers utilisent un réseau de plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs pour faire tomber les sites web les uns après les autres. Tous les indices laissent penser que la campagne est coordonnée depuis la Russie… Cette attaque met en lumière l’une des faiblesses des démocraties occidentales: leurs réseaux hyper-connectés qui vont encore se densifier dans les décennies à venir et dont la sûreté laisse à désirer.

Le cyberespace est devenu un champ d’action militaire, au même titre que la terre, la mer, le ciel et l’espace.

À Tallinn, le mot est sur toutes les lèvres. Ce qui a commencé n’est rien d’autre qu’une guerre nouvelle, ni chaude, ni froide. Une guerre souterraine qui est en train d’affecter le monde entier.

Ch. 2 Anatomie d’une arme parfaite

27 juin 2017: ce jour-là, un virus dévastateur pour l’économie mondiale a fait son apparition: NotPetya… C’est un malware, un logiciel malveillant, dont la propagation révèle la dimension mondiale et stratégique.

Il comprend que cette attaque n’a rien à voir avec celles qu’il a connues jusqu’alors. Le virus progresse en récupérant les données d’administration, il prend le contrôle du réseau, il a les clefs des machines infectées… Le malware dévore les ordinateurs ukrainiens tout cru… Une attaque d’une telle importance est un révélateur extraordinaire de l’aspect interconnecté de nos vies. NotPetya est une arme capable d’affecter notre vie dans ses aspects les plus quotidiens. Et ce, partout dans le monde.

Un seul ordinateur a suffi, la porte d’entrée dont avait besoin NotPetya pour qu’un des colosses de l’économie mondiale mette un genou à terre. C’est comme une invasion, un jeu de go informatique où les ordinateurs changent de main et passent du côté obscur de la force.

Le programme ne connaît pas de limites: chez Saint-Gobain, il y a eu près de 17 000 ordinateurs touchés par NotPetya. Et l’angoisse de perdre le contrôle.

Le nerf de la guerre du hacking, ce sont donc ces failles connues ou inconnues des logiciels que nous utilisons chaque jour.

(NotPetya) Cette arme a donc toutes les vertus: outil de surveillance des entreprises et administrations ukrainiennes, outil de destruction des infrastructures interconnectées de l’économie mondiale et avertissement, voire protection d’une opération de plus grande ampleur encore.

Les malwares ou cyberarmes, si l’on préfère, agissent comme des révélateurs, ils mettent en lumière les failles béantes que nous avons laissées dans nos infrastructures, par mépris, naïveté ou méconnaissance.

Ch. 3 Les blancs, le gris et le truand

Grâce à sa certification, la SSII Wavestone est l’un des rares opérateurs à pouvoir intervenir sur des environnements critiques pour l’Etat français, notamment les 249 «opérateurs d’importance vitale» (OIV) dont l’identité, en théorie, est tenue secrète.

Des sociétés, des individus se spécialisent dans la recherche des failles informatiques. Cela s’appelle le «bug bounty» et c’est devenu une sorte d’Eldorado du XXIème siècle, avec son lot d’aventuriers, de profiteurs et de filous opportunistes capables de monnayer au mieux leurs pépites.

Les hackers sont des talents qui servent à mener un combat d’un genre nouveau aux confins de l’espionnage, de l’influence et du sabotage. Une guerre de basse intensité. Le seul endroit du monde où elle est pour le moment assumée et visible demeure l’Ukraine, ce laboratoire moderne de la cyberguerre.

Ch. 4 Le laboratoire de la guerre nouvelle

Dans le monde du hacking comme dans celui de l’espionnage, triomphent les jeux de miroirs, les labyrinthes, les faux drapeaux. C’est un univers de paranoïa et d’inquiétude, lesquelles prospèrent dans le léger décalage à la jointure des mondes: l’apparente solidité des infrastructures informatiques qui sous-tendent l’économie mondiale et la réalité des failles, aisées à débusquer quand la science du code demeure encore aléatoire.

Dès les semaines qui ont suivi la révolution de Maidan, les attaques ont commencé. ACTE 1: Manipuler les résultats électoraux ; ACTE 2: Saboter les infrastructures… Dans la nouvelle guerre, le black-out est une arme puissante. Il peut toucher la fourniture d’électricité, les télécommunications, clouer au sol les avions. Il peut, en somme, empêcher un Etat de fonctionner.

Ch. 5 Le fou, le rusé et le prophète

Officiellement, le Kremlin a toujours nié son influence sur les groupes armés qui contrôlent l’est de l’Ukraine. Pour retourner cette rhétorique, l’information doit devenir une arme. Les frontières entre la diffusion de documents, l’investigation et la propagande s’estompent. C’est là que les hackers comme Falcons Flame entrent dans la partie. Mission: trouver et exploiter toutes les failles des systèmes informatiques ennemis. Chaque information compromettante peut frapper durement le camp d’en face.

Écouter Sean fait pénétrer dans un univers assez effrayant. Celui d’une guerre nouvelle et souterraine qui n’est pas prête de s’arrêter… La cyber-guerre est disruptive comme Uber et Airbnb ont modifié l’écosystème des transports et du tourisme.

Ch. 6 Le maître russe

La rhétorique de la cyber-guerre est celle du doute permanent, du «tout est possible», des nouvelles manipulées ou manipulables.

L’univers numérique a offert une plateforme inédite au pouvoir russe. En une dizaine d’années, ses stratèges ont excellé à y manœuvrer et à jeter les bases nouvelles de la cyber-guerre.

(Russie 2011) L’idéal libertaire d’un réseau ouvert et libre a pris fin au profit d’une politique d’encadrement et de musellement de ce qui se produisait en ligne… La pensée russe en la matière s’affirme à large spectre: elle intègre toutes les étapes de l’espionnage et du sabotage, en passant par l’influence et la manipulation, depuis le hacking et les cyber-armes jusqu’à la propagande. En cela, elle redéfinit les contours de la guerre et de ses acteurs.

Quand on le presse de savoir ce qu’il pense de la cyber-guerre, du sabotage, de l’espionnage, il lâche cette phrase curieuse et si révélatrice: «Tant qu’il n’y a pas de règles, tout le monde a tendance à les violer.»

Ch. 7 Le clown, la vierge et le nostalgique

«Si quelqu’un nous demande de «tuer» un concurrent, on met son site hors service. Dans les commandes, il y a aussi la recherche de failles, le piratage de sites et la récupération de bases de données. Pour ce genre de services, le prix varie beaucoup. Cela dépend du volume de travail.»

À la tête de ses sociétés Esage Lab et Zor Security, Alisa est une reine du code et surtout une grande spécialiste des tests d’intrusion. Elle cherche les failles et se montre douée pour les trouver.

«Vous savez, personne n’utilisera l’arme nucléaire en Europe… Mais, dans l’esprit de nombreux gouvernements, les hackers sont devenus une arme nucléaire sur deux jambes.»

Ch. 8 La diagonale du fou

(2016 Révélation du hack russe des e-mails démocrates): un coup de maître, probablement la plus grande campagne de déstabilisation politique des Etats-Unis… «C’est une guerre psychologique à grande échelle qui a eu lieu.»

Les Américains n’ont donc pas anticipé une grande ingénierie sociale où les chausse-trapes et les leurres étaient semés partout.

Les hackers subvertissent les réseaux sociaux et démontrent par l’absurde ce que ces lieux sont devenus: une foire d’empoigne où la polémique vaut espace public. Un puissant outil au service de qui sait les manœuvrer.

Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la durée de la préparation, l’intensité et la multiplicité des frappes, la vitesse des réactions et la coordination de l’attaque.

(La guerre qui secoue le Donbass). Les Russes en ont fait un modèle: ils mènent des guerres par procuration avec des «petits hommes verts» qui envahissent des territoires sans insignes ni drapeau, des mercenaires.

Car si la cyber-guerre mondiale est en cours, nous ne sommes déjà plus en paix. Nous vivons dans cet état incertain: un conflit permanent de plus ou moins basse intensité, ni guerre ni paix, sans adversaire officiel et avec des enjeux qui évoluent au gré des saisons… C’est un peu comme si l’arme nucléaire avait été mise au point mais qu’aucune doctrine n’ait été élaborée pour en «normer» l’utilisation.

Ch. 9 Le fantôme, le poupon et les agents doubles

Dans le monde des cybercriminels, le botnet GameOver Zeus est l’arme fatale, un réseau de centaines de milliers d’ordinateurs capables de remonter des identifiants bancaires partout dans le monde. Des plus grandes banques aux plus petits particuliers, des milliers de victimes se sont fait plumer.

Il suffit de peu de choses pour faire dérailler le système. Mais en Russie encore plus qu’en France, il faut faire avec la corruption galopante et l’autoritarisme du pouvoir exécutif.

L’essence du deal, c’est que l’État russe a accès aux technologies et à l’information des cyber-criminels, et les laisse voler à l’étranger en toute impunité.

Ch. 10 La cyberguerre est une métaguerre

Ce qui s’est produit pendant les élections présidentielles (USA) de 2016… c’est l’acte de naissance d’un nouvel âge où la guerre a changé de forme.

Les mouvements liés au numérique sont les mêmes dans tous les secteurs. Ils bouleversent l’ordre établi et chamboulent les systèmes de valeurs en introduisant de nouveaux acteurs, de nouvelles pratiques, de nouvelles idées.

Il n’y a plus ni vérité ni stabilité, plus de socle où construire du discours. Dans ce cadre, le déni perpétuel qui est devenu la marque de fabrique de Vladimir Poutine… fonctionne à merveille. «Puisque plus rien n’est vrai, tout est possible» semble être devenu le mantra du régime, voire du pays. Peut-être même du monde.

Pour des sociétés hyper-connectées, où le progrès technologique et l’interconnexion croissante des réseaux sont un moteur, la méta-guerre est une menace permanente.

La cyber-guerre donne l’avantage aux pouvoirs forts. Entre la politique de puissance d’un côté et la dérive de l’économie de l’attention de l’autre, le réseau a quitté l’âge tendre de l’enfance pour entrer dans l’ère des menaces. Sans un changement radical de cap, nous vivrons longtemps dans cet état de guerre continue, floue et indistincte.

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