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Le syndrome de l’autruche, pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique de George Marshall, traduit par Amanda Prat-Giral - Actes Sud, collection «Domaine du possible»

Le syndrome de l'autruche ; pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique Préfaces de Jacques Mirenowicz et Cyril Dion.

Partant du constat que le réchauffement climatique est aujourd’hui un fait scientifiquement reconnu, George Marshall nous donne des clés pour comprendre pourquoi nous nous réfugions dans l’inaction sur un enjeu si fort.  Pour lui, c’est le mode de fonctionnement même du cerveau humain qui est en cause (Au passage, Marshall cite des études montrant que l’acceptation du risque climatique n’a rien à voir avec le QI). Un cerveau qui, structurellement, a des difficultés à admettre la réalité du réchauffement, à examiner les conséquences sur les modes de vie de l’humanité et à passer à l’action préventive.

Marshall a accumulé les rencontres avec des personnalités de tous horizons : psychologues célèbres, militants du Tea Party texan, scientifiques reconnus, climato-sceptiques, écologistes progressistes et conservateurs. Etonnamment, il démontre que, au fond, les processus mentaux à l’œuvre sont assez similaires chez les écologistes et chez leurs opposants conservateurs.

Avec une approche très anglo-saxonne (méthodique, documentée, agréable à lire) l’auteur détaille nos manques de considération pour les générations futures, nos contradictions, nos dénis. Sans oublier les raisons sémantiques pour lesquelles les scientifiques et les organisations de sauvegarde de l’environnement échouent à déclencher une véritable mobilisation. Par exemple : prendre l’ours polaire pour emblème est distrayant mais pas mobilisateur. Autre exemple : : il ne s’agit pas de « sauver la planète », mais de prendre la Nature en compte pour sauvegarder les modes de vie auxquels nous tenons.

Marshall insiste sur le fait que, pour passer à l’action, le cerveau humain a besoin qu’on lui propose un récit , une vision de son avenir (Pour l’instant, le discours reste uniquement alarmiste ou conflictuel). Or, ce récit qui n’existe pas aujourd’hui, ne demande qu’à être créé, discuté, admis et diffusé.

En fin d’ouvrage , Marshall propose des “solutions pour nous tirer d’affaire” : accent sur la coopération,                                                scientifiques plus impliqués dans leurs discours, encouragement d’une vison positive, sentiment que la lutte contre le changement climatique est source de bien-être et de fierté, deuil nécessaire de l’âge des énergies fossiles, chérir ce qui nous reste,   …

On peut regretter que Marshall effleure seulement trois autres facteurs qui concourent à l’inaction vis-à-vis des effets du changement climatique : la culture (en quoi elle place la Nature en tant que partenaire de l’humanité ou en tant que valeur marchande inépuisable), la foi aveugle en « la technologie nous sauvera », la recherche d’argent et de pouvoir à court terme. Mais ce livre pertinent reste un excellent  outil pour abandonner ce qui n’a pas marché et passer à une approche plus convaincante et productive.

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Avis de Bernard