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Les verbatims de François

Startup academy, comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneurs de Philippe Bloch - Editions Ventana

Startup academy ; comprendre et s'approprier les secrets d'une nouvelle génération d'entrepreneursAucune entreprise n’envisageait plus alors de survivre sans adopter les codes d’un phénomène mondial qui redistribuait les cartes dans tous les domaines d’activité à une vitesse aussi effrayante qu’inédite. Le monde ne vibrait plus qu’aux mots étranges de Big Data, Océan Bleu, Intelligence Artificielle (IA), blockchain, industrie 4.0., API, chatbot, cybersécurité, MVP, POC, transhumanisme, machine learning, homme augmenté, capteurs, objets connectés, internet des objets, robotique, cobotique, cloud, réseaux sociaux, mobilité, connectivité, plateformes, algorithmes, lean, impression 3D, informatique quantique, réalité virtuelle, Bitcoin, etc.

En même temps qu’émergeait le concept d’entrepreneur du digital apparaissait de nouveaux codes, règles, communautés, modes d’organisation, façons de travailler ou de manager, parfois difficiles à décrypter pour les non-initiés mais qui sont en train de s’imposer comme autant de nouveaux standards.

De nombreux exemples attestent qu’une entreprise peut être Grande ET rapide, Puissante ET agile, Complexe ET innovante, Vieille ET branchée.

1/ CHANGER LE MONDE…MÊME UN PEU !

Où est mon étoile du berger ? Quel est le sens de mon action ? me procure-t-elle du plaisir, de la fierté, du bonheur, de l’excitation, de l’adrénaline ? A qui profite mon activité ? Quelle est son utilité sociale ? Majeure, superficielle, inexistante ?

Jeff Bezos (1997) « Nous sommes optimistes, mais nous devons rester vigilants et maintenir un sens de l’urgence. Nous allons continuer à nous concentrer sans relâche sur nos clients…Nous continuerons à apprendre à la fois de nos succès et de nos échecs. Nous investirons toujours massivement plutôt que timidement à chaque fois que nous détecterons une possibilité de renforcer notre leadership. »

L’esprit startup est synonyme de rupture en toutes choses. Casser les codes et penser autrement font partie de l’ADN des jeunes pousses au service d’un seul objectif : enchanter le client en lui proposant le meilleur produit ou service jamais proposé.

Désormais, tout le monde juge et évalue tout et n’importe quoi.

2/ ALLUMER LE FEU…MAIS PAS TROP !

A l’heure de l’intelligence artificielle et des assistants virtuels vocaux…il est urgent d’allumer le feu. De collecter et d’analyser un maximum de données pour combiner le meilleur de l’humain et du digital.

Personne n’est plus à l’abri. Le risque majeur pour toute entreprise ? Vouloir profiter trop longtemps d’une rente de situation confortable ou d’une position dominante, sans se soucier du moment où un nouvel entrant le lui fera regretter brutalement.

A l’image de l’idéogramme chinois qui voit derrière chaque crise une opportunité, il est urgent de transformer nos peurs en autant de challenges stimulants pour nos équipes et de repenser la culture de nos entreprises autant que nos organisations ou nos process.

 3/ FAIRE PLUS AVEC MOINS

Pour éviter le naufrage, conserver les attributs d’une jeune pousse et rester un leader mondial avec un esprit de challenge, Jeff Bezos recommande « l’obsession du client, la lutte contre les process (on ne pense plus, on applique), l’envie d’embrasser les tendances extérieures et une prise de décision hyper-rapide ».

La croissance génère toujours de la complexité. Multiplication d’intervenants non décisionnaires ou pas toujours clairement identifiés, incapacité à trancher ou arbitrer les conflits, rivalités, jalousies, politique interne trop souvent préférée à l’action, lenteur de la prise de décisions, précautionnisme juridique, frilosité des SI, manque de courage, etc. Tout concourt à foncer droit dans le mur, sans que personne ne s’en alarme ou ne mette les pieds dans le plat.

Le rapport au temps pourrait bien devenir un enjeu stratégique majeur.

Autant qu’un CEO, un entrepreneur (ou un dirigeant) doit aujourd’hui être un CPS (Chief Problem Solver) autonome et créatif, capable d’absorber la difficulté et la contrainte et de restituer des solutions et de l’énergie.

L’essentiel est de changer d’angle de vue pour explorer de nouveaux territoires et de nouvelles solutions.

Pour les jeunes pousses, chaque minute, chaque heure, chaque jour compte. Leur obsession : le ROTI (Return On Time Invested) ! D’où une gestion très économe des rencontres, qu’elles limitent au strict nécessaire, et le rejet de tout ce qui ralentit.

Aucun créateur d’entreprise ne bénéficie au départ d’autant de ressources qu’elles. Pourtant, aucun ne se plaint ni ne se sent démuni, tant il prend de plaisir à affronter chaque difficulté l’une après l’autre, sa meilleure récompense étant de se retourner régulièrement et de constater le chemin parcouru, alors que personne n’avait misé sur lui. Entreprendre aguerrit. Surprotéger affaiblit. Faites passer le message !

4/ ACCEPTER L’INCERTITUDE

Entreprendre revient désormais à trouver chaque jour des solutions nouvelles et créatives à des problèmes dont la plupart n’existaient pas la veille.

Tout change à une vitesse inédite dans l’histoire de l’humanité. D’où la nécessité pour toute entreprise de capter les signaux faibles de son environnement et de développer une vision puissante et rassurante permettant de compenser l’absence de repères extérieurs.

A une époque où nous croulons sous les données de toutes sortes, il n’a jamais été aussi facile de se tromper sur leur interprétation et de prendre des mauvaises décisions. Plus que jamais, la pertinence de l’analyse prime sur le volume.

Plusieurs facteurs rendent difficile toute prévision, et impossible toute planification à long terme…Tomber amoureux de l’incertitude ambiante plutôt que de la craindre ! L’incertitude pousse au dépassement de soi.

 5/ ECHOUER SOUVENT…MAIS VITE !

Chaque boucle doit suivre trois étapes : idée, mise au point, validation…Priorité à l’expérimentation, l’ergonomie, l’efficacité intuitive et la simplicité d’utilisation grâce à une collaboration permanente entre l’entreprise et la communauté de ses clients au travers de nombreux outils, dont les blogs.

Le concept de Customer Effort Score (CES), qui mesure désormais le taux d’effort imposé par l’entreprise à ses clients pour utiliser ses produits ou ses services.

Rebondir et tirer rapidement les leçons de leurs erreurs font partie de leur ADN. Quand la plupart des gens décrivent un échec, l’entrepreneur préfère évoquer « une solution qui n’a pas marché », s’inspirant de la science qui ne parle jamais d’échec, mais d’expérimentation.

Consacrer 70% de son temps à son business actuel, 20% à celui de demain et 10% à un horizon plus lointain.

L’une des priorités que tout manager désireux de rester dans la course à l’innovation doit se fixer : donner carte blanche à tous ses collaborateurs pour qu’aucun échec ou aucune déception ne vienne plus jamais décourager leur envie d’aller au bout d’une idée à laquelle ils croient et dont ils pensent qu’elle pourrait faire progresser leur entreprise.

6/ DATA IS KING

La data devenue l’or noir du 21ème siècle.

Les données sont au cœur de la révolution que nous sommes en train de vivre. Elles se logent dans une multitude de cases, et la capacité à les inventorier, collecter, stocker, analyser, visualiser, récupérer, utiliser, diffuser et partager est à l’origine des plus grands succès planétaires récents.

La startup cible souvent des niches, voire désormais une infinie multitude de personnes uniques grâce à l’intelligence artificielle et aux données qu’elle accumule sur elle.

L’IA (que Joël de Rosnay préfère appeler Intelligence Auxiliaire) s’éduque, s’entraîne et ne cesse de s’alimenter par les montagnes de données que nous lui fournissons.

Tout ce qui est peu qualifié et répétitif est pourtant en voie d’être mécanisé, et les machines seront bientôt imbattables dès lors qu’il s’agira de tester des millions de combinaisons et de nous aider dans des opérations complexes, menaçant à l’évidence d’innombrables emplois non qualifiés.

Voici que toutes les professions du droit sont menacées par des plateformes numériques…Et que dire des consultants, architectes, designers, voire des auteurs ?

 7/ LES VALEURS AVANT LES PROCESS

« Manager par les valeurs, c’est un engagement à transformer toute l’entreprise. Et cela vient du dirigeant. » Jacques Horovitz

Leurs valeurs priment sur les process et leur donnent toutes les audaces, cette « part de volonté qui s’ajoute à l’analyse pour forcer le destin » pour reprendre l’expression de Roger-Pol Droit.

Si la complexité du monde a été multipliée par six entre 1995 et 2010, la complication des entreprises l’a été par trente-cinq dans la même période.

Six règles pour une « simplicité intelligente ». Comprendre le travail des autres (leurs comportements quotidiens, actions, interactions, objectifs, contraintes, etc.). Renforcer le rôle des « intégrateurs » (quiconque favorise la collaboration), supprimer les couches de management et les règles inutiles. Augmenter l’autonomie et la quantité totale de pouvoir au service du groupe (place au bon sens et à l’intelligence). Etendre l’ombre du futur (expliquer aux gens les conséquences de leurs actions). Accroître la réciprocité (comprendre et reconnaître l’intérêt qu’il y a à coopérer). Récompenser ceux qui coopèrent (et seulement eux)…Tel est pourtant le prix à payer pour mettre en œuvre la simplexité, valeur-clé de la planète startup.

 8/ TRAVAILLER « AVEC » ET NON PLUS « CONTRE »

Les smartphones ont envahi nos vies, au point de donner naissance à une nouvelle maladie, la nomophobie (la peur d’être séparé de son mobile) et à une nouvelle génération de screenagers (contraction de screen et teenager), ces adolescents qui ne peuvent plus vivre loin de leur écran, devenu leur principal lien avec le monde extérieur.

La viralité est devenue un enjeu clé et donne l’avantage aux entreprises et aux marques sachant développer un lien personnalisé et affinitaire avec chaque consommateur.

Après les slashers (qui cumulent plusieurs activités et statuts en même temps), la glocalisation (néologisme anglais formé par les mots globalisation et localisation), le co-working, le co-design (inspiré du design thinking) ou la fusion food qui nous offre l’accès simultané aux saveurs du monde entier, c’est l’hybridation à tous les étages ! Coopération et compétition fusionnent pour donner naissance à la coopétition. Co-branding, co-investissement, co-construction, co-production, intelligence collective, économie collaborative, etc

Les startups nous démontrent chaque jour que rien ne vaut l’intelligence collaborative pour réussir les paris les plus fous et créer de la valeur, par la magie de l’échange et des technologies de l’information qui en accélèrent la circulation.

 9/ L’HUMAIN N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

La bataille du digital ne se gagne jamais sans, ou contre les hommes. Car si technologie et compétences techniques sont à la portée de n’importe quel carnet de chèques (ou compte Paypal), l’humain reste assurément le plus complexe de tous les défis, même et surtout à l’ère du digital.

« La digitalisation n’est pas une fin en soi. Nous devons la maîtriser, mais pas la subir. Elle doit se faire par et pour les Hommes avec un grand H »  Jean-Dominique Sénard

Les entrepreneurs du numérique ont su comprendre l’importance des soft skills pour penser et agir autrement…Pour un grand nombre d’entre eux, curiosité, passion, empathie, vision, aptitude au risque, sens du collectif, etc…, priment sur la technique, la discipline, le respect des règles de l’autorité et de la hiérarchie. Autant de qualités qui ont besoin de liberté pour s’épanouir et se développer.

(Digital Factory - Thales) Procédures réduites au minimum, chacun prend seul ses décisions sous la responsabilité d’un manager responsable de l’ingénierie, développeur de ressources humaines, facilitateur de problèmes et apporteur de solutions.

Je suis de ceux qui pensent que faire le bonheur des autres et créer du lien ne se délèguent pas. Quels que soient notre pouvoir, notre fonction, notre place dans la hiérarchie, notre ancienneté ou la pression que l’environnement nous fait subir, nous sommes tous des Chief Happiness Officers en puissance.

 10/ « J’OPTIMISME » ET J’INCARNE

Spécialistes du recyclage de problèmes en solutions, ils ont le sentiment d’être faits de béton et recouverts de téflon. Rien ne semble vraiment les atteindre, tant brille toujours dans leurs yeux la lumière au bout du tunnel, même dans les pires circonstances.

« L’histoire d’une entreprise est donc celle d’une cohabitation entre un Powerpoint qui vend du rêve en couleurs et une feuille Excel qui renvoie au noir et blanc de la réalité. » Stéphane Degonde

Afficher son optimisme en toutes circonstances et incarner fièrement sa marque sont deux armes redoutables qu’utilisent habilement les startuppers pour séduire financiers, collaborateurs et clients. A l’inverse, l’émotion, le sourire et l’humour sont le plus souvent absents de la stratégie et de l’image que projettent les grands groupes déshumanisés.

 11/ TOUT N’EST PAS BON DANS LA STARTUP

. Meilleur défricheur que gestionnaire. Oublier que tout métier, quel qu’il soit, est un métier de « centimier » est une erreur tragique.

. Quand un succès trop rapide mène au désastre

. Une bonne idée trop tôt n’est pas une bonne idée. L’importance d’un bon timing pour un lancement est primordiale pour toutes les entreprises, mais seules celles qui ont les moyens de perdre durablement de l’argent avant d’imposer leur vision ont des chances de réussir quand elles sont trop en avance sur leur temps.

. Priorité à l’exécution. Entre une bonne idée et son succès, il y a toujours sa mise en œuvre. Or la jeunesse et le manque d’expérience de la plupart des créateurs les privent souvent des réflexes nécessaires.

. Distribution vs innovation. La bataille de la distribution va s’avérer de plus en plus difficile et coûteuse pour les plus jeunes entreprises.

. La « belle histoire » a ses limites

. De vrais clients plutôt que des Likes ! Seul le comportement réel de vrais clients utilisateurs réguliers d’un service ou d’un produit peut et doit servir de bon pour accord au développement.

. Le projet n’est pas la levée de fonds, elle n’en est qu’une étape

. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

. Traduire son site en plusieurs langues ne veut pas dire être international

. Le management reprend très vite ses droits, startup ou pas

. Pas toujours so cool

. Le « startup management » reste à inventer

. Réinventer l’expérience collaborateur

Nous ne sommes donc qu’au début de l’invention d’un nouveau modèle employee centric, qui porte en lui les gènes de sa transformation permanente.

Après l’innovation numérique, l’innovation sociale et managériale ?

 12/ PLACE AU MANAGEMENT « INTRAPRENEURIAL »

Intraprendre est un état d’esprit à la portée de chacun d’entre nous…Pour simplifier à l’extrême, le terme intrapreneur pourrait être une bonne traduction du mot startupper appliqué au monde du salariat. Dreamers who do. Des rêveurs qui agissent.

Le nombre, le rôle et l’influence des managers ne vont cesser de diminuer dans les années à venir au profit de l’intelligence collective, de l’autonomie et de l’esprit d’entreprise.

Quiconque aime la découverte et l’exploration de nouveaux territoires (par définition inconnus et donc incertains) et met ce talent au service de l’entreprise dont il est salarié est un intrapreneur.

Think big. Start small. Scale fast (Penser grand. Commencer petit. Grandir vite). Rien n’est plus efficace pour susciter l’engagement et l’esprit d’entreprise que d’offrir un environnement où chacun ressent que tout est possible, que tout reste à faire, à l’image de la can do attitude caractéristique de la Silicon Valley.

Ce qui est primordial :

  1. Savoir importer du stress, de la pression et des emmerdes et exporter de l’enthousiasme, de l’énergie et de l’optimisme.
  2. Capacité à se comporter comme s’il était en partie propriétaire ou fondateur de l’entreprise.
  3. Capacité à encourager, accepter, voire valoriser les échecs.
  4. Capacité à s’entourer de gens plus grands que lui et à attirer de fortes personnalités.
  5. Réapprendre à dire merci et bravo aussi souvent que nécessaire.
  6. Propager autour de soi une contagion émotionnelle positive…et être aussi souvent qu’on le peut un émetteur de bonnes nouvelles.
 Conclusion

Si vous êtes dirigeant, votre priorité est de repérer et de mobiliser à tous les niveaux de l’entreprise le talent et la créativité de tous vos collaborateurs au service d’une vision inspirante et partagée.

Tout peut et tout doit être remis en question régulièrement, même et surtout quand cela commence à bien fonctionner. C’est fatigant, mais préférable à la perspective d’assister trop vite à son propre enterrement.

*

Émetteur du verbatim: François C.