A Livr'Ouvert

171b bd Voltaire, 75011 Paris.
Latitute/longitude: 46.75984 1.738281

Tel: 09.52.65.38.67

Le lundi de 12h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h30.

Mail: contact@alivrouvert.fr

Les verbatims de François

21 LEÇONS POUR LE XXIème SIECLE de Yuval Noah HARARI - Ed. Albin Michel 2018

21 leçons pour le XXIe siècle Première partie LE DEFI TECHNOLOGIQUE La fusion de la biotech et de l’infotech nous lance les plus grands défis que l’humanité ait jamais dû relever.

  1. Désillusion La fin de l’histoire a été reportée.

Peut-être les révoltes populistes du XXIème siècle ne viseront-elles pas une élite économique qui exploite le peuple, mais une élite qui n’a plus besoin de lui. Ce pourrait bien être une bataille perdue d’avance. Il est bien plus dur de lutter contre l’insignifiance que contre l’exploitation.

  1. Travail Quand vous serez grand, vous pourriez bien être sans emploi.

Mieux nous comprendrons les mécanismes biochimiques qui sous-tendent les émotions, les désirs et les choix, plus les ordinateurs excelleront dans l’analyse des comportements et la prédiction des décisions et pourront remplacer les chauffeurs, les banquiers et les avocats.

Malgré l’apparition de nombreux emplois nouveaux, nous pourrions donc assister à l’essor d’une nouvelle classe « inutile » et souffrir à la fois d’un chômage élevé et d’une pénurie de main d’œuvre qualifiée.

Les gouvernements devront intervenir, à la fois en finançant un secteur de formation permanente et en mettant en place un filet de sécurité pour les inévitables périodes de transition.

Avec l’essor de l’IA, des robots et des imprimantes 3D, le personnel non qualifié et bon marché devrait perdre beaucoup de son importance.

  1. Liberté Big Data vous observe.

Pour le meilleur ou pour le pire, cependant, les élections et les référendums ne portent pas sur ce que nous pensons. Ils concernent ce que nous ressentons…Cette façon de s’en remettre à son cœur pourrait se révéler le talon d’Achille de la démocratie libérale. Car du jour où…quelqu’un disposera de la capacité technique de pirater et de manipuler le cœur humain, la politique démocratique se transformera en un spectacle de marionnettes émotionnelles.

Plus encore que les algorithmes, les hommes souffrent de données insuffisantes, de programmation (génétique et culturelle) défaillante, de définitions embrouillées et du chaos de la vie.

Les mêmes algorithmes Big Data pourraient aussi laisser les coudées franches à un futur Big Brother, au point que nous nous retrouverions avec un régime de surveillance orwellien dans lequel tous les individus sont en permanence tenus à l’œil.

  1. Egalité Le futur appartient à qui possède les data.

En 2100, le 1% le plus riche possédera non seulement le gros de la richesse mondiale, mais aussi la majeure partie de la beauté, de la créativité et de la richesse.

Du jour où les gens ordinaires perdront leur valeur économique, l’inégalité pourrait monter en flèche.

Les données sur mon ADN, mon cerveau et ma vie sont-elles mon bien ou celui de l’Etat, d’une société ou d’un collectif humain ?

Comment réglementer la propriété des data ? Ce pourrait bien être la question politique la plus importante de notre époque.

Deuxième partie LE DEFI POLITIQUE Toute solution au défi technologique passe par une coopération mondiale. Le nationalisme, la religion et la culture divisent cependant l’humanité en camps hostiles au point de rendre très difficile la coopération à l’échelle planétaire.

  1. Communauté Les humains ont des corps.

Les gens étrangers à leur corps, à leurs sens et à leur environnement ont toute chance de se sentir aliénés et désorientés.

Dès lors que les géants de la tech auront pris acte de l’existence du corps humain, ils pourront manipuler nos corps de la même façon qu’ils manipulent nos yeux, nos doigts et nos cartes de crédit. Le bon vieux temps de la séparation en-ligne/hors-ligne pourrait bien nous manquer.

  1. Civilisation Il n’y a qu’une seul civilisation dans le monde.

Le fondamentalisme islamique incarne bel et bien un défi radical, mais la « civilisation » qu’il défie est une civilisation mondiale plutôt qu’un phénomène uniquement occidental.

Les changements qui nous attendent dans le futur, quels qu’ils soient, sont susceptibles d’impliquer un combat entre frères au sein d’une même civilisation plutôt qu’un choc entre civilisations étrangères.

  1. Nationalisme Les problèmes mondiaux appellent des réponses mondiales.

Le problème survient quand le patriotisme bienveillant se transforme en ultranationalisme chauvin.

Allons-nous construire un monde dans lequel tous les hommes puissent vivre ensemble ou allons-nous nous enfoncer dans les ténèbres ?

Tant que les humains sauront enrichir l’uranium et le plutonium, leur survie exigera qu’ils privilégient la prévention de la guerre nucléaire sur les intérêts d’une nation particulière.

Nous approchons rapidement d’un certain nombre de points de basculement, au-delà desquels même une chute spectaculaire des émissions de gaz à effet de serre ne suffira pas à inverser la tendance et à éviter une tragédie mondiale.

Alors que nous avons désormais une écologie mondiale, une économie et une science mondiale, nous nous accrochons à la seule politique nationale…Mondialiser la politique signifie plutôt que la dynamique politique au sein des pays, voire des villes, devrait donner bien plus de poids aux problèmes et intérêts mondiaux.

  1. Religion Dieu sert désormais la nation.

Le seul changement notable qu’ils aient apporté à l’édifice des économies modernes a consisté à ravaler la façade et à placer sur le toit un immense croissant, une croix, une étoile de David ou un Om.

Nous sommes donc piégés entre l’enclume et le marteau. L’humanité constitue désormais une seule civilisation et des problèmes tels que la guerre nucléaire, l’effondrement écologique et la disruption technologique ne peuvent trouver de solution qu’au niveau global. Par ailleurs, le nationalisme et la religion continuent de diviser notre civilisation humaine en camps différents et souvent hostiles.

  1. Immigration Certaines cultures pourraient être meilleures que d’autres.

Les êtres humains étant toujours plus nombreux à traverser de plus en plus de frontières en quête d’emplois, de sécurité et d’un meilleur avenir, la nécessité d’affronter, d’assimiler et d’expulser les étrangers met à rude épreuve des systèmes politiques et des identités collectives façonnés en des temps moins fluides.

Tant que nous ne savons pas si l’absorption est un devoir ou une faveur, quel niveau d’assimilation est attendu des immigrés, et dans quel délai les pays d’accueil doivent les traiter en égaux, impossible de dire laquelle des parties n’honore pas ses obligations.

Et si 500 millions d’Européens aisés ne peuvent absorber quelques millions de réfugiés démunis, quelles chances les hommes ont-ils de surmonter les conflits autrement plus profonds qui assaillent notre civilisation globale ?

Troisième partie DESESPOIR ET ESPOIR

  1. Terrorisme Pas de panique.

Les terroristes sont maîtres dans l’art de manipuler les esprits…Ils ressemblent à une mouche qui essaie de détruire un magasin de porcelaines.

Les terroristes ne pensent donc pas de la même façon que les généraux. Ils raisonnent plutôt en producteurs de spectacles.

Si le terrorisme actuel est surtout du théâtre, le futur terrorisme nucléaire, le cyber-terrorisme ou le bioterrorisme représenteraient une menace beaucoup plus sérieuse et exigeraient des Etats une réaction plus draconienne.

  1. Guerre Ne jamais sous-estimer la bêtise humaine.

Les principaux actifs économiques consistent désormais en savoir technique et institutionnel plutôt qu’en champs de blé ou même de pétrole : or, le savoir ne se conquiert pas par la guerre.

Ne sous-estimons jamais la bêtise humaine. Tant sur le plan personnel que collectif, les hommes sont enclins aux activités autodestructrices…La bêtise humaine est une des forces les plus importantes de l’histoire, mais nous avons tendance à en faire peu de cas.

  1. Humilité Vous n’êtes pas le centre du monde.

D’un point de vue éthique, on peut soutenir que le monothéisme a été une des pires idées de l’histoire des hommes.

Les monothéistes croyaient que leur Dieu était l’unique dieu et qu’il exigeait une obéissance universelle. Dès lors, avec l’essor du christianisme et de l’islam augmenta la fréquence des croisades, du djihad, de l’inquisition et des discriminations religieuses.

  1. Dieu Ne prononce pas le nom de Dieu en vain.

Personnellement, je ne cesse de m’émerveiller du mystère de l’existence, mais je n’ai jamais compris le rapport avec les lois chicanières du judaïsme, du christianisme ou de l’hindouisme.

Il ne faut jamais utiliser le nom de Dieu pour justifier nos intérêts politiques, nos ambitions économiques ou nos haines personnelles.

Pour agir moralement, il n’est donc pas nécessaire de croire à un mythe ou à une histoire. Il suffit de développer une appréciation profonde de la souffrance. Si vous comprenez vraiment comment une action cause des souffrances inutiles à vous ou à d’autres, vous vous en abstiendrez naturellement.

  1. Laïcité Connais ton ombre.

Chaque religion, idéologie ou credo a son ombre. Quel que soit le credo que vous suivez, il vous faut reconnaître votre ombre et éviter de vous rassurer naïvement par un « ça ne peut pas nous arriver ».

Si vous désirez que votre religion, votre idéologie ou votre vison du monde dirige le monde, voici la première question que je vous adresserai : « Quelle est la plus grosse erreur que votre religion, votre idéologie ou votre vision du monde ait commise ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? » Si vous êtes incapable d’apporter une réponse sérieuse, je ne vous ferai pas confiance.

Quatrième partie VERITE

  1. Ignorance Vous en savez moins que vous ne le pensez.

De même que la rationalité, l’individualité aussi est un mythe. Les humains pensent rarement par eux-mêmes.

Si vous désirez réellement la vérité, il vous faut échapper au trou noir du pouvoir et vous autoriser à perdre beaucoup de temps à errer de-ci, de-là à la périphérie. La connaissance révolutionnaire surgit rarement du centre parce que le centre est construit sur le savoir existant.

  1. Justice Notre sens de la justice pourrait bien être périmé.

Les injustices du monde contemporain résultent pour la plupart de biais structurels de grande échelle plutôt que de préjugés individuels…Chaque groupe ou sous-groupe est en effet confronté à un dédale différent de plafonds de verre, de doubles étalons, d’insultes codées et de discrimination institutionnelle.

Désormais, nous souffrons de problèmes mondiaux sans avoir de communauté mondiale. Ni Facebook, ni le nationalisme, ni la religion ne sont près de créer une communauté de ce genre. Toutes les tribus humaines existantes sont occupées à servir leurs intérêts particuliers plutôt qu’à comprendre la vérité globale.

  1. Post-vérité Certaines fake news sont éternelles.

En vérité, les humains ont toujours vécu à l’âge de la post-vérité. Homo sapiens est une espèce post-vérité, dont le pouvoir suppose que l’on crée des fictions et qu’on y croie.

Les êtres humains possèdent la remarquable faculté de savoir et de ne pas savoir en même temps. Plus exactement, ils peuvent savoir quelque chose quand il y réfléchissent sérieusement, mais la plupart du temps ils n’y pensent pas et donc ne le savent pas.

Notre responsabilité à tous est de consacrer du temps et des efforts à débusquer nos partis pris et à vérifier nos sources d’information.

  1. Science-fiction Le futur n’est pas ce que vous voyez au cinéma.

Les comédies romantiques sont à l’amour ce que le porno est au sexe, et Rambo à la guerre. Si vous imaginez pouvoir appuyer sur un bouton « supprimer » et effacer toute trace de Hollywood de votre subconscient et de votre système limbique, vous vous faites des illusions.

Tout le génie de Huxley est de montrer que l’on peut contrôler les gens bien plus sûrement par l’amour et le plaisir que par la peur et la violence (Orwell).

Cinquième partie RESILIENCE

  1. Education La seule constante est le changement.

Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui n’aura probablement plus aucune pertinence en 2050.

Il faut plutôt apprendre aux élèves à dégager le sens des informations, à distinguer l’important de l’insignifiant, et surtout à associer les multiples bribes d’informations en une vision d’ensemble du monde.

Au milieu du XXIème siècle…La vie craquera aux entournures, il y aura de moins en moins de continuité entre les différentes périodes de l’existence. « Qui suis-je ? » sera une question plus urgente et compliquée que jamais.

Pour garder une pertinence –économique mais aussi sociale- un jeune de cinquante ans devra être capable d’apprendre et de se réinventer constamment.

Dès maintenant, les algorithmes vous surveillent…Et du jour où ces algorithmes vous connaîtront mieux que vous ne vous connaissez vous-même, ils pourront vous contrôler et vous manipuler sans que vous y puissiez grand-chose.

  1. Sens La vie n’est pas un récit.

Tous les récits sont incomplets. Reste que pour me construire une identité viable et donner un sens à ma vie, je n’ai pas vraiment besoin d’un récit complet dépourvu d’angles morts et de contradictions internes. Pour donner un sens à ma vie, il suffit qu’un récit satisfasse deux conditions. La première est qu’il me donne un rôle à jouer…La seconde est qu’un bon récit doit dépasser mes horizons, sans nécessairement se prolonger à l’infini.

Et pour nous comprendre, une étape cruciale consiste à reconnaître que le « moi » est une fiction que les mécanismes compliqués de notre esprit ne cessent de fabriquer, d’actualiser et de réécrire.

Donc, si vous voulez connaître la vérité sur l’univers, le sens de la vie et votre identité, mieux vaut commencer par observer la souffrance et explorer ce qu’elle est.

  1. Méditation Se contenter d’observer.

Observez simplement la réalité de l’instant présent, quelle qu’elle soit.

La technique du Vipassana repose sur l’intuition que le flux de l’esprit est étroitement lié aux sensations corporelles. Entre le monde et moi, il y a toujours des sensations physiques.

Si le cerveau et l’esprit sont une seule et même chose, les deux tunnels ne peuvent que se rejoindre. Et si le cerveau et l’esprit ne sont pas la même chose, il est d’autant plus important de creuser l’esprit, et pas simplement le cerveau.

*

Emetteur du verbatim : François C.