A Livr'Ouvert

171b bd Voltaire, 75011 Paris.
Latitute/longitude: 46.75984 1.738281

Tel: 09.52.65.38.67

Le lundi de 12h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h30.

Mail: contact@alivrouvert.fr

Les verbatims de François

L'art de changer de vie en 5 leçons de Philippe Gabilliet - édition Saint Simon

https://images.epagine.fr/073/9782374350073_1_75.jpg

Quand tout (ou presque) devient possible

Nous voici à l’époque de toutes les instabilités, marquée par la volatilité des statuts et des trajectoires de vie, les rendant plus imprévisibles que jamais.

Et, aujourd’hui comme hier, seuls celles et ceux qui disposent des bonnes capacités d’action (matérielles, financières, intellectuelles, culturelles, sociales) peuvent tirer parti des opportunités offertes par la vie et poser ainsi leurs propres choix.

L’heure est désormais au changement de vie sous toutes ses formes, qu’il prenne pour nom transition, mutation, repositionnement, refondation, recomposition, chambardement, métamorphose, rupture existentielle, grand départ, saut dans l’inconnu, appel de la vocation ou vie rêvée.

Et si changer de vie peut parfois conduire à changer de lieu et d’espace, il est avant tout un changement intérieur, une reconfiguration existentielle majeure, un nouvel alignement de ces planètes ayant pour noms désirs, valeurs, rêves, espoirs, buts et projets.

Toute nouvelle vie est semblable à un jeune enfant, à la fois prometteuse et fragile. Car le champ des possibles, où ondoie le chant des sirènes, peut finir par se transformer en champ de mines, sur lequel le candidat au changement de vie finit par sauter, voyant exploser son existence et se disperser ses rêves.

 

1. Ce que changer de vie veut dire

L’idée que nous avons peut-être plusieurs vies possibles, qu’il est sain de vouloir vivre la vie qu’on mérite, tout comme rien ne serait plus désespérant que de passer à côté de sa vie.

. changer le décor de la pièce dans laquelle ils sont en train de jouer.

. changer les autres acteurs, ou au moins opérer une redistribution des rôles.

. changer la pièce, afin de repartir sur une intrigue originale.

. se changer lui-même. Se changer soi-même afin de changer de vie peut prendre des formes innombrables.

Environnement, relations, identité constituent les trois dimensions dans lesquelles se déploie tout changement de vie.

L’événement à la source d’un changement de vie prend presque toujours la même forme. Celle d’une bifurcation, d’un carrefour de l’existence autour duquel vont se dérouler une série d’événements déclencheurs.

. premier point : la destination…En tout état de cause, quiconque aspire à changer de vie entend échanger la destination qui était tracée jusque-là et vers laquelle il se dirigeait et la remplacer par une destination autre, correspondant davantage à ses désirs et à ses aspirations.

. second point : C’est bien sur un chemin que le changement de vie va commencer à prendre forme. Le chemin, c’est la façon concrète dont le changement de vie auquel on aspire s’invite dans notre réalité.

Un changement de vie est avant tout une mosaïque, faite de lieux et de liens nouveaux, certes, mais aussi de nouveaux rythmes, de nouveaux rituels, de nouvelles règles du jeu personnelles et relationnelles.

 

2. Tant qu’à changer de vie, autant le faire pour de bonnes raisons

Il arrive que notre environnement de vie, matériel ou relationnel, soit de plus en plus vécu comme toxique, créateur d’inconfort et de mal-être physique, affectif ou moral. Il peut enfin n’être que routinier et répétitif, au fil d’une vie fondamentalement coupable de n’être que quotidienne.

Se réaliser, c’est avant tout réaliser quelque chose ; c’est décider de faire, d’agir, de poser des actes concrets, d’entreprendre. To do or not to be, s’exclamerait Hamlet aujourd’hui.

Quelles que soient les décisions prises, on peut considérer que les tournants et bifurcations de vie ont toujours intérêt à être abordés de front, les yeux dans les yeux, ne serait-ce que pour éviter la prolifération ultérieure du ferment de tous les désespoirs : les regrets.

Entre réaction face à un changement imposé et désir d’évasion face à un vécu insatisfaisant, il devient nécessaire de laisser un espace au choix raisonné, celui de modifier la donne afin de jouer désormais une autre partie. Le choix raisonné est en fait celui de l’optimisation, celui qui conduit à toujours tenter de faire mieux (ou différemment) avec les ressources dont on, dispose.

Face à tous ces changements de vie quels qu’ils soient, la ligne de partage doit demeurer celle du réel…Concentrer notre action sur les domaines que l’on peut influencer, sur lesquels on peut faire levier.

Changer de vie consiste en priorité à se demander où le réel peut être influencé. Car pour changer de vie –quelles qu’en soient les raisons- il est nécessaire de s’interroger sur les failles à explorer, les options et alternatives à creuser, les marges de manœuvre de toutes sortes.

 

3. La vie ne se laisse pas changer facilement

Le réel ne se laisse jamais bousculer facilement, ni impunément. Car face au changement de vie, il y a presque toujours un prix à payer.

Il y a, derrière tout changement de vie assumé, une sorte de reconfiguration systémique ; ce sont les conséquences de cette reconfiguration, vécues ou anticipées par l’ensemble des acteurs en présence, qui vont naturellement déboucher sur des résistances visant à faire perdurer la vie d’avant.

Tout changement de vie, modeste ou radical, s’accompagne –à un moment ou à un autre- d’une série d’inconvénients, de désagréments, d’inconforts et autres impacts négatifs, tant pour celui ou celle qui change que pour son environnement…Car dans le fond, il n’y a pas que moi qui change quand je change…Un changement de vie est avant tout contextuel et relationnel.

Face au changement de vie, tout le monde s’y met…Ils vont tenter par divers moyens de pression de nous faire revenir sur terre. Comment ? En nous poussant au compromis, à la négociation avec notre propre désir, voire à l’attentisme.

Parmi toutes ces craintes, il en est une plus puissante, plus déterminante, plus ancrée que les autres au plus profond de nous-même. Il s’agit du mécanisme immunitaire le plus efficace contre le changement de vie : la peur de la remise en question des engagements existants.

La thèse défendue par les théoriciens de l’immunothérapie du changement est que tout désir de changer de vie va devoir se confronter à une série de motivations contraires –en fait d’ »engagements concurrents cachés »- qui nous poussent à perdurer dans notre situation actuelle.

Il y a derrière tout changement de vie une réflexion sur la constance…Celui ou celle qui change de vie est toujours un transfuge, qui assume son désir de connaître une extraordinaire aventure, celle de se découvrir puis de s’assumer autre, afin d’être pleinement soi.

Cette idée de suspension des engagements préalables (familiaux, professionnels, sociaux) dans les processus de transformation identitaire fait ainsi des moratoires de toutes natures un objet central dans l’analyse des bifurcations de vie.

 

4. L’important, c’est ce qui se passe à l’intérieur

A l’image de l’ADN, notre identité serait constituée d’un mouvement tournoyant de deux processus entrelacés. La première hélice renvoie au caractère objectif de l’individualité, à ses déterminations biologiques, sociales, historiques et biographiques…La seconde hélice renvoie à la force de la subjectivité, celle de notre imaginaire et de nos petits et grands rêves d’une vie autre, d’une existence différente. Au fil de l’histoire de chacun, l’une ou l’autre hélice peut s’imposer tour à tour et définir un contexte de vie différent, soit marqué par le poids des déterminations, soit nourri par les rêves de changement.

Pour que la décision de changer de vie aboutisse à une transformation durable, il va falloir que s’instaure un nouvel équilibre entre d’un côté un changement extérieur et, de l’autre, ce que l’on nommera une transition intérieure, « cette fin qui prépare un nouveau commencement » comme l’écrit William Bridges.

. Premier temps de la transition : définir ce que l’on veut être.

. Second temps : sorte de zone neutre, marquée par l’incertitude.

. Troisième temps : celui du nouveau départ.

C’est la transition intérieure qui vient créer l’espace d’écoute et d’attention au monde dans lequel de nouvelles rencontres, de nouveaux signes extérieurs vont être perçus, créant ainsi intérieurement les conditions pour percevoir des opportunités invisibles à ce jour et saisir des occasions favorables à la nouvelle vie.

Globalement changer de vie, c’est se repenser dans l’ensemble de ses sphères de vie. C’est accepter que la bifurcation volontaire décidée dans un domaine précis (travail, couple, lieu de vie) puisse produire des conséquences systémiques dans d’autres domaines.

33 questions pour passer à l’action (fiche projet adressée séparément à celles/ceux qui m’en feront la demande).

 

5. Se jeter à l’eau : trouver son mode d’emploi

Plutôt que d’avouer que le changement de vie leur fait peur, nombre de candidats vous diront simplement qu’ils « attendent d’être prêts ». Est-on jamais prêt à changer de vie ? Sans doute pas. Celles et ceux qui sautent le pas ne sont jamais complètement prêts, du moins pas le jour où ils posent la première pierre de leur nouvelle vie.

On se transforme d’abord en actes, puis en pensées.

Changer de vie, du point de vue de Merleau-Ponty, c’est poser des actes qui vont ouvrir de nouvelles possibilités à partir desquelles le changement de vie espéré pourra prendre forme et substance.

Mais dans tous les cas, le déclic n’est qu’un moment favorable, à l’image du dieu grec Kaïros. Le kaïros, c’est justement ce déclic ; c’est l’instant T de la faille propice ; c’est l’ouverture inattendue –même si vous l’espériez secrètement- dans le champ des autres vies possibles.

Toute vie nouvelle commence par la création d’un écart à la norme, à l’habitude, à la zone de confort…Le changement de vie obéit le plus souvent au principe de l’écart modeste, celui de l’ »huître perlière ». Il consiste à introduire en douceur un nouveau comportement, à engager une action parasite dans notre quotidien, action qui –peut-être- donnera naissance à une perle, celle de la vie d’après.

Votre changement de vie va fonctionner en mode viral, par la contamination de micro-changements qui, en interagissant entre eux, vont progressivement poser les bases d’un nouveau décor, de relations renouvelées et d’un rythme de vie plus conforme à vos désirs et aspirations.

Dans tous les cas de figure, un changement de vie réussi sera une co-création, un travail d’élaboration conjointe avec d’autres, qui parfois ne le savent pas encore.

Il fallait la changer, cette vie. Pas pour tout casser, mais pour tenter de faire différemment avec ce qu’on avait, de reconsidérer le puzzle de toutes ces ressources, de tout ce potentiel. Tout n’est pas parfait, bien sûr. Et c’est tant mieux. Cela signifie que vous continuez à apprendre et à grandir, au fil d’expériences que vous avez recherchées, et d’autres que vous avez découvertes.

 

Conclusion – 10 idées pour réussir votre changement de vie

. Changer de vie est toujours possible…mais pas toujours souhaitable…La question du changer pour quoi ?

. Dans une vie, on ne peut ni tout choisir, ni tout changer. Mais c’est avec ce que l’on choisit de changer que l’on va faire la différence…Consacrer notre énergie aux points d’inflexion et d’influence, ceux sur lesquels existent des marges de manœuvre et où une action est possible.

. Avant de changer de vie, il est conseillé de comprendre la nature réelle de l’insatisfaction ou du manque ressentis dans la vie actuelle.

. Un changement de vie conduit souvent à remettre en question des engagements antérieurs.

. Même quand on envisage de changer radicalement de vie, mieux vaut garder une claire conscience de ce qui ne changera pas, quoi qu’il arrive.

. On change d’abord ses actes, les pensées suivront…Le changement de vie ne se construit qu’en faisant.

. Tout changement de vie commence par une fin et finit par un commencement…D’où la nécessité de bien comprendre à la fois ce qui s’achève et ce qui débute lorsque la vie se met à changer.

. Le changement de vie est une expédition risquée, qui requiert un camp de base.

. Tout changement de vie réussi est une création collective.

. Pour changer de vie, il faut accepter d’apprendre des choses nouvelles, en particulier celles qui nous avaient manqué dans la vie d’avant…Un changement de vie est presque toujours un défi adaptatif et créatif qui nous conduit à développer notre potentiel inexploité, nos ressources inexplorées.

Citations :

Francis Bacon On naît, on meurt. Entre les deux, on fait quelque chose, c’est mieux…

Bruckner Il y a une vérité dans la théorie de la réincarnation : c’est bien ici-bas que nous pouvons connaître plusieurs existences, renaître, recommencer, bifurquer. L’essentiel est de pouvoir dire j’ai vécu, et non pas j’ai végété.

Campbell Vous devez apprendre à renoncer à la vie que vous avez planifiée, afin de vivre la vie qui vous attend.

Coelho Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine.

France A. Tous les changements, même les plus souhaités, ont leur mélancolie.

Goethe Garde-toi dans ta vie de rien différer, que ta vie soit l’action, encore l’action.

J-C Kaufmann Tout individu –vous, moi, tous les autres- est un mouvement continuel, ni stable, ni homogène. Notre vie n’est qu’un incessant processus d’identifications successives dont les garde-fous sont le patrimoine des habitudes (…) et les cadres de socialisation.

Reeves Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace.

Salomé La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur, chacun en détient la clé.

Shakespeare La vie est un spectacle, autant faire sa propre mise en scène.

 

*

Verbatim proposé par François C.