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Les verbatims de François

Le nouveau mal français de Sophie COIGNARD - Ed. de l’Observatoire 2017

  1. Quarante ans après.
Alain Peyrefitte délaissait la langue de bois pour décrire avec simplicité et élégance les névroses, les blocages, les dénis, les trahisons, les lâchetés, les collusions qui minent la cohésion nationale, entravent la marche du pays et brident les initiatives de son peuple.

C’est ainsi que s’est construite, puis ossifiée, une société à irresponsabilité illimitée, dans laquelle les dirigeants s’exonèrent d’assumer leurs décisions et leurs actes.

  1. Main droite, main gauche.
La politique anti-tabac…Pour calmer les buralistes en colère, l’Etat redouble de créativité depuis le milieu des années 2000…A ceci près que les dépenses engagées sont insensées, et risquent d’aboutir à l’inverse de l’objectif affiché.

Tout se passe comme si le ministère de l’Economie et des Finances ignorait, et même contrecarrait, la politique mise en œuvre par celui de la Santé.

Un grand absent : le courage…L’Etat multiplie les incohérences dans sa politique, entretenant un maquis de mesures éparses aussi coûteuses qu’obscures.

  1. Ubu fiscaliste.
Des conclusions particulièrement cinglantes sur l’absurdité qui préside à la taxation du chocolat et de bien d’autres denrées.

Comble de l’inertie administrative, ces impôts du troisième type ne remplissent que très peu les caisses de l’Etat…La France compte près de 200 « taxes à faible rendement », alors qu’il n’en existe aucune au Royaume-Uni et trois en Allemagne. Cherchez l’erreur…

  1. Déserts médicaux : une pénurie organisée… par l’Etat !
Le MICA « mécanisme d’incitation à la cessation anticipée d’activité » inventé par l’assurance maladie à la fin des années 80.

Le mal français s’incarne avant tout dans une inégalité scandaleuse devant la quantité et surtout la qualité des soins disponibles selon le lieu où l’on réside.

  1. Le loto éducatif.
L’Education nationale s’est effondrée au cours des quarante dernières années sous le poids du gigantisme, de l’idéologie, de la bureaucratie, et les valeurs qu’elle incarne ont suivi le mouvement.

Il y avait 59 300 nouveaux diplômés du bac en 1960, 202 700 en 1976, et 641 700 dans la promotion 2016.

La sélection par le hasard et par l’influence, c’est une étrange conception de l’égalité républicaine. Tellement étrange qu’elle n’est appliquée nulle part ailleurs.

Mais rien n’est pire que l’hypocrisie française…Celle où le réseau relationnel, ainsi que l’argent, permet aux plus favorisés de prendre leur envol et laisse les autres englués dans l’arbitraire.

  1. La « scotomisation ».
Une maladie qui engendre une vision absurde et déformée de la réalité.

L’institution dans son ensemble ne veut pas remettre en cause sa routine et son petit confort. Elle préfère agir comme si cet effondrement n’existait pas.

Aucun des ministres n’a voulu, ou n’a pu, combattre efficacement les racines du décrochage scolaire, pour ne pas dire de l’écroulement. Mais tous se félicitent des performances du « système ».

  1. Les « MDD ».
Comme… »ministre à durée déterminée »

« La plus grave impuissance du pouvoir ministériel, c’est son impuissance à durer ».

L’enfer de la rue de Grenelle. Xavier Darcos ? Deux ans. Luc Chatel ? Sept trimestres. Benoît Hamon ? Il détient le record, avec moins de cinq mois.

  1. Le mythe du champion français
Sept ans après ce beau discours du président Sarkozy, on est loin de Palo Alto. « Le projet Paris-Saclay est aujourd’hui en suspens : la création d’une grande université de recherche intégrant universités et grandes écoles est au point mort et la stratégie de développement économique du site reste à mettre en œuvre » rapport 2017 de la Cour des comptes.

En avril 2015, Vivendi devient l’actionnaire majoritaire de Dailymotion…Le bureau de Palo Alto a été fermé. Ce n’est pas grave puisque l’objectif est atteint : le champion français est entre des mains françaises.

  1. L’histoire sans fin
Chaque président, ou presque, quand il s’installe à l’Elysée, commande un rapport à une commission composée d’éminentes personnalités, dans l’objectif d’engager des réformes. Les propositions sont médiatisées…puis les forces contraires, celles du corporatisme, de l’immobilisme, du conservatisme, pour ne rien dire de la couardise, font sombrer l’initiative dans l’oubli.

Et s’il ne s’agissait nullement d’une fatalité, mais d’une volonté consciente ou inconsciente, manifestée par ceux qui nous gouvernent : commander des rapports dont les propositions seront jugées inacceptables, afin d’apparaître comme des réformateurs contrariés par le pouvoir de la rue, le conservatisme de l’Administration ou le poids des corporations ?

  1. Un poste dans les cimes
Le poste de président de Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc (ATMB), l’une des plus belles sinécures de la République.

  1. Tour -extérieur- de magie
Propulsion record vers les grands corps

Les préfets sans préfecture…Les « préfets en détachement de service public » ne sont pas tenus de diriger une préfecture. Mais ils bénéficient d’un traitement intéressant et surtout de pensions de retraite substantielles, cumulables avec d’autres revenus.

Le recyclage au sommet est un sport national.

  1. Recyclages sans frontières
Ségolène Royal nommée par Macron « ambassadrice chargée des pôles Arctique et Antarctique »…Harlem Désir est nommé en juillet 2017 au poste de représentant pour la liberté des médias au sein de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Cette nomination montre bien, après celle de Ségolène Royal, que la politique à l’ancienne, en France, n’a pas rendu son dernier soupir.

  1. Le culte du statut
Un statut pour dix personnes : les joueurs professionnels de jeu vidéo.

Tout le monde est d’accord pour dire que la France souffre des rentes de situation et des barrières à l’entrée créées pour l’exercice de certains métiers. Le bras armé de ces forteresses, ce sont les ordres professionnels. Ces instances peuvent non seulement exercer une influence non négligeable sur la législation et la réglementation, mais aussi prononcer des sanctions contre leurs membres en cas de manquement.

Chacun son ordre, chacun son statut, chacun chez soi…L’obsession du statut, le poids des avantages acquis, la répugnance de l’Etat à se montrer équitable de peur de mécontenter les groupes d’influence les plus puissants, voilà qui n’a pas changé en quarante ans !

  1. Des corps malades
Il y a quinze ans, l’Etat-employeur comptait encore près de 700 corps différents regroupant ses agents. Chacun avec ses avantages, ses primes, ses grades et ses mécanismes d’évolution de carrière singuliers.

En sept ans, de 2005 à 2012, le nombre de corps constituant l’Administration française a été réduit de moitié, passant de 700 à 340. Ensuite, tout s’est arrêté.

En clair, ni les administrations ni les syndicats ne voulaient de réforme. Alors même que les fonctionnaires concernés ne perdaient aucun avantage et qu’ils étaient même plutôt gagnants. Vous avez dit « société bloquée » ?

  1. Education : la ligne Maginot public-privé
Une ligne Maginot a été tracée une fois pour toutes en 1992 : 80% des élèves doivent fréquenter le public et 20% le privé.

En France, plus les résultats de la machine éducative sont décevants, plus ceux qui la pilotent et qui la défendent –ce sont souvent les mêmes- se montrent suspicieux à l’égard de l’enseignement privé, accusé d’accroître les inégalités qu’ils ont eux-mêmes contribué à creuser.

  1. La fuite des cerveaux
27% des expatriés à destination des Etats-Unis sont des scientifiques, contre 8% dans les années 1980…Près de la moitié des chercheurs les plus renommés en économie, classés parmi les 1000 meilleurs mondiaux, ont traversé eux aussi l’Atlantique.

20 000 chefs d’entreprise environ ont quitté la France en l’espace de quinze ans…L’exode fiscal a fait perdre 0,3% de croissance annuelle et 500 000 emplois en vingt ans.

  1. Les nouveaux confetti de l’empire
Mayotte Peu importe au début des années 2000 que les rapports sociaux relèvent du droit coutumier, que la polygamie y soit une pratique courante, que plus d’un tiers des plus de quinze ans n’aient jamais été scolarisés, que l’état civil soit une notion inexistante, que la propriété foncière individuelle n’ait aucun sens pour le citoyen lambda…

Le pouvoir a tout fait à l’envers et décrété cet alignement sur la métropole sans avoir réfléchi aux fractures immenses entre les deux sociétés, impossibles à réduire dans un délai si court.

  1. « C’est la faute à Bruxelles ! »
L’Hexagone multiplie les infractions à la législation européenne. Il fait aussi figure de cancre en matière de transposition des directives.

L’Europe, finalement, leur aura été bien utile à tous, comme repoussoir…S’il faut réformer le système des retraites ou le marché du travail, privatiser des entreprises moribondes, supprimer des postes dans la fonction publique, c’est toujours la faute de Bruxelles.

  1. Pas responsables, pas coupables
Ce terme américain de « distraction », difficile à traduire puisqu’il signifie tout à la fois « diversion », «égarement », « inattention », « confusion », est celui qu’employait aussi la ministre britannique de la Culture Maria Miller. Il indique clairement la volonté de ne pas gêner l’action de l’exécutif.

Jérôme Cahuzac, l’homme qui est prêt à mentir, les yeux dans les yeux, au Président de la République…Il se cramponne à son fauteuil de ministre jusqu’à l’ouverture d’une information judiciaire pour « blanchiment de fraude fiscale ».

Pas responsable, pas coupable : une attitude qui n’existe nulle part ailleurs…A part, peut-être, dans l’Italie de Silvio Berlusconi, ce qui ne représente pas exactement une référence.

C’est là un travers très français, que de ne pas placer la responsabilité individuelle d’un politique au cœur du pacte qui unit les citoyens et leurs élus. Bien au contraire, ces derniers utilisent le suffrage universel comme le moyen de se blanchir de leurs éventuels manquements.

  1. Les petits malins du Parlement
Pas besoin d’être un personnage politique bénéficiant d’une audience nationale, comme Nicolas Dupont-Aignan, pour tenter de maximiser le bénéfice à tirer des règles de financement public des partis politiques. Quelques illustres inconnus peuvent aussi y parvenir avec la bénédiction du législateur…

  1. IRFM (indemnité représentative de frais de mandat) : la non-abolition d’un privilège
Plusieurs fois menacée, toujours sauvegardée

Une parodie de sacrifice.

  1. SOS député
Selon la Constitution, les députés ont trois missions claires : ils discutent et votent les lois ; adoptent le budget de l’Etat ; contrôlent l’action du gouvernement. Mais, dans la réalité, ils entretiennent une sorte de culture du passe-droit et gèrent un bureau des pleurs contre une Administration tatillonne.

Député père Noël

Pierre Mazeaud « Le député est devenu une sorte d’assistante sociale, ce qui l’éloigne du Parlement où il ne vote plus les lois. Ainsi pour s’assurer une réélection sans problème, il est constamment sur le terrain, se substituant en réalité aux élus locaux, transformant son mandat déterminé par le titre IV de la Constitution en une fonction, contraire à ce qu’elle doit être. »

  1. Un déontologue en carton-pâte
Quatre déontologues se sont succédé à l’Assemblée nationale depuis la création de ce poste, en juin 2011. Quatre personnes de bonne volonté qui sont liées par des obligations de confidentialité telles que les députés indélicats peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Sur le papier, bien entendu, l’obligation morale est absolue et le contrôle total.

Le clivage entre ceux qui acceptent la présence d’une telle autorité morale et ceux qui la combattent ne sépare pas les femmes et les hommes, la droite et la gauche, les jeunes et les vieux, mais les anciens et les nouveaux députés.

  1. Le délire quantitatif
Obsession du chiffre…Cet affichage numérique est d’une grande pauvreté conceptuelle et politique.

Alors que le nombre de paysans ne cesse de diminuer, les fonctionnaires chargés de leur tutelle, eux, continuent de se multiplier.

« C’est tragique, mais il faut se rendre à l’évidence : il n’existe absolument aucune étude de coût des différentes prestations matérielles ou de services fournis par l’Etat » Alain Lambert

  1. « C’est trop bête »
Alain Peyrefitte déplorait déjà, en 1976, la loi de neutralisation réciproque entre ministères, une loi régie par les directeurs d’administration arc-boutés sur leurs prérogatives.

Avec le recul, Alain Lambert compare sa Lolf à « une Rolls qui roule sur un chemin de campagne » : « L’instrument était bon, dit-il, il n’a d’ailleurs jamais été mis en cause. Simplement il n’a pas été utilisé. C’était comme se doter d’un logiciel très performant en n’utilisant que le traitement de texte. »

Les forteresses que sont les directions d’administrations centrales résistent donc au changement avec une énergie prodigieuse. Elles trouvent toujours une oreille compréhensive à Matignon ou à l’Elysée pour entendre leurs doléances. Après tout, les conseillers du prince aujourd’hui seront peut-être directeurs demain…

  1. « Méthode randomisée » contre « méthode expérimentale »
Comment font les autres pour évaluer l’action de leurs administrations ?

Parfois, la Cour des comptes hausse tout de même le ton. Mais très poliment. En 2004, quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi sur les 35 heures, elle regrettait ainsi, en termes choisis, que la réduction du temps de travail n’ait pas donné lieu à des évaluations approfondies, fiables. On est loin du pouvoir d’injonction qui existe dans les autres grandes démocraties.

Des millions pour les consultants.

  1. Un « jeunisme » de façade
La France se retrouve à la tête de la plus grande collection de ces « petits gadgets », dénoncés quarante ans plus tôt par Alain Peyrefitte, tous destinés à doper l’emploi des jeunes et tous impuissants à produire des effets significatifs.

L’art de simplifier en complexifiant.

Plus de trente ans de recul n’ont donc servi à rien. Jamais la France ne s’est lancée dans une politique durable de promotion de l’apprentissage. Les majorités successives ont fait et défait en faisant passer leurs convictions idéologiques avant l’intérêt des jeunes générations.

  1. Le verrou de Bercy
Le caractère discrétionnaire de la transmission ou non des dossiers de fraude fiscale à la justice pose un problème d’égalité de traitement des citoyens. En effet, les plus gros dossiers de fraude ne parviennent jamais jusqu’à la commission des infractions fiscales, et encore moins sur le bureau du procureur. L’Administration de Bercy utilise en effet la menace d’une plainte pénale pour pousser ces fraudeurs à payer.

La France conserve donc son vieux système de bouclier fiscal digne de l’Ancien Régime. Et sa représentation a choisi, une fois encore, de maintenir l’omerta qui règne sur les plus gros fraudeurs.

  1. Quand le bâtiment va
L’Etat perd de l’argent dès qu’il se mêle d’immobilier, comme propriétaire, comme vendeur, comme acheteur, et même comme locataire.

En clair, alors que l’Etat-propriétaire n’a plus un sou et creuse la dette publique, François Hollande et ses ministres ont laissé son agent immobilier, la Sovafim, vendre les immeubles de l’Etat sans lui réclamer le produit de la vente ! Un ménage français qui agirait de la sorte serait déjà devant une commission de surendettement !

  1. Tous en marinière !
L’attitude française, depuis des années, consiste à se voiler la face et à prétendre créer, dans tous les secteurs, des champions industriels, alors que l’exécutif feint simplement d’organiser ce qui le dépasse.

Plutôt qu’affronter la réalité, les orphelins de Colbert préfèrent porter des marinières et distribuer des « médailles du redressement productif ».

  1. Action-réaction
Dans la vie publique, chaque fois que surgit un fait divers, quel que soit son importance, on décide de faire une loi. Cette maladie de la production législative a abouti au fait que la dernière législature a enfanté deux lois par semaine…Pas un fait divers médiatisé, en effet, qui ne suscite une loi sécuritaire ou victimaire. Comme si la réflexion à long terme des gouvernements successifs était uniquement indexée sur l’actualité.

  1. Un grand corps si discret, les AAI (Autorités administratives indépendantes)
Ces institutions qui échappent à tout contrôle, ou presque, ont proliféré au fil des ans au point de s’arroger des prérogatives très larges, celles de juger, d’infliger des amendes, d’empêcher des rapprochements industriels, de décider de ce que les citoyens doivent savoir ou ignorer…

  1. Le perpétuel rêve d’Uriage
Cette surreprésentation d’énarques, et singulièrement de membres de grands corps, aux plus hautes responsabilités de l’Etat n’est évidemment pas neutre, si l’on considère à quel point la grande école représente un moule, surtout pour ceux qui en sortent dans les premières places.

Aucune autre grande démocratie moderne n’a opté pour une formule telle que l’ENA. Partout, ce sont les universités qui forment les futurs dirigeants.

  1. « Au nom des pouvoirs qui me sont conférés »
Les insignes de grand-croix pèsent lourd, désormais, sur la poitrine de Jacques Servier, tandis qu’Irène Frachon refuse à plusieurs reprises de recevoir la Légion d’honneur : « Ce ruban rouge, c’est la fierté et l’identité de la nation, dit-elle. Je ne peux pas appartenir à l’ordre de chevalerie qui a honoré Jacques Servier. »

Les héros de l’ombre peuvent toujours se consoler avec cette excellente boutade de Frédéric Dard : « La Légion d’honneur ? A partir d’un certain âge, il faut disposer d’un sacré piston pour ne pas l’avoir. »

  1. Le mirage de la société civile
La France est la seule démocratie mature où se pose encore et plus que jamais la question de la participation au pouvoir de non-professionnels de la politique. C’est un symptôme de la maladie chronique, mais de plus en plus aiguë, dont souffre la société française : la défiance envers ceux qui sont censés la diriger et la représenter.

L’énarchie, la République des fonctionnaires et des apparatchiks réunis ont réussi, sous la Vème République, à accoucher d’une nomenklatura déconnectée des réalités et installée pour toujours dans les rouages du pouvoir, quelle que soit la majorité politique en place.

  1. Pour une poignée de syllabes
La manière d’apprendre à lire aux enfants…est source de polémiques sans fin, qui opposent deux camps irréductibles, les « républicains » et les « progressistes » ou « pédagogistes »…Cette guerre de positions dure depuis plus de quarante ans.

Mais comme la France est, plus que toute autre démocratie avancée, perméable aux diktats idéologiques pour peu qu’ils soient énoncés par des intellectuels, les avocats de la méthode syllabique continuent d’être montrés du doigt comme d’affreux rabâcheurs du refrain « C’était mieux avant ».

  1. Le pèlerinage de la réforme
Un pèlerinage aux Pays-Bas…Au milieu des années 1980, la Hollande frôlait le dépôt de bilan.

Ma réforme au Canada…Surtout, ce pays est passé en quelques années de la faillite à la prospérité.

Carnet de voyage en Scandinavie.

Gerhard Schröder, un héros allemand.

Une mission pour rien…En vérité, en regardant ce qui se fait à l’étranger, les Français cherchent moins une méthodologie pour réformer qu’à se donner du courage…pour ne rien faire du tout.

Aucun responsable politique étranger ne s’est jamais rendu à Paris pour s’inspirer des réformes à la française.

  1. La « bande des huit »
Les uns et les autres, employés et employeurs, s’entendent sans l’ombre d’un nuage pour partager, avec la bénédiction de l’Etat, l’argent qu’ils soutirent à la formation professionnelle et aux organismes paritaires où ils siègent côte à côte…Ils forment la « bande des huit », en bagarres incessantes dehors, en grande connivence dedans. D’un côté le « club des cinq » : CFDT, CGT, Force ouvrière, CGC et CFTC. De l’autre un trio bien rodé : le Medef, la CGPME et l’UPA. Peu importe ce qui les divise sur le fond, ils sont les rois de la matérielle et savent se serrer les coudes pour se partager un gâteau plutôt généreux.

Les mésaventures du rapport Perruchot (2011)…La transparence chez les « partenaires sociaux » est un combat sans cesse repoussé au lendemain.

  1. Sa Majesté La Rue
Combien de tentatives de réformes ne sont-elles pas mortes dans la rue ?

La rue est la reine du conflit asymétrique. Elle l’a encore montré dans l’épisode le plus attristant qui soit, celui de l’écotaxe.

Cette capitulation en rase campagne courant octobre 2014 sape de façon spectaculaire et durable l’autorité publique face au pouvoir de la rue. Ensuite, elle coûte une fortune aux contribuables. Enfin, elle contrevient à tous les discours sur l’environnement tenus depuis 2008, et piétine le principe du pollueur-payeur.

  1. La société de défiance : si tu gagnes, je perds…
Le « droit à l’erreur »…C’est là le résultat d’une société marquée par deux affections dont les effets se renforcent mutuellement : la bureaucratie et la défiance.

« Il faudrait animer, ou ranimer, une société ankylosée…Comment rompre ce cercle vicieux où s’enferme la France : une population, à la fois passive et indisciplinée, qui justifie le dirigisme, et une bureaucratie qui décourage les initiatives et réussit à rendre les citoyens un peu plus passifs encore ? Jusqu’à ce que, exaspérés, ils sautent d’un coup de la léthargie à l’insurrection, tandis que l’Etat passe de la pression à la répression… »           Alain Peyrefitt

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Verbatim proposé par François C.