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Retrouvailles littéraires...

Le syndrome de l’autruche, pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique de George Marshall, traduit par Amanda Prat-Giral - Actes Sud, collection «Domaine du possible»

Le syndrome de l'autruche ; pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique Préfaces de Jacques Mirenowicz et Cyril Dion.

Partant du constat que le réchauffement climatique est aujourd’hui un fait scientifiquement reconnu, George Marshall nous donne des clés pour comprendre pourquoi nous nous réfugions dans l’inaction sur un enjeu si fort.  Pour lui, c’est le mode de fonctionnement même du cerveau humain qui est en cause (Au passage, Marshall cite des études montrant que l’acceptation du risque climatique n’a rien à voir avec le QI). Un cerveau qui, structurellement, a des difficultés à admettre la réalité du réchauffement, à examiner les conséquences sur les modes de vie de l’humanité et à passer à l’action préventive.

Marshall a accumulé les rencontres avec des personnalités de tous horizons : psychologues célèbres, militants du Tea Party texan, scientifiques reconnus, climato-sceptiques, écologistes progressistes et conservateurs. Etonnamment, il démontre que, au fond, les processus mentaux à l’œuvre sont assez similaires chez les écologistes et chez leurs opposants conservateurs.

Avec une approche très anglo-saxonne (méthodique, documentée, agréable à lire) l’auteur détaille nos manques de considération pour les générations futures, nos contradictions, nos dénis. Sans oublier les raisons sémantiques pour lesquelles les scientifiques et les organisations de sauvegarde de l’environnement échouent à déclencher une véritable mobilisation. Par exemple : prendre l’ours polaire pour emblème est distrayant mais pas mobilisateur. Autre exemple : : il ne s’agit pas de « sauver la planète », mais de prendre la Nature en compte pour sauvegarder les modes de vie auxquels nous tenons.

Marshall insiste sur le fait que, pour passer à l’action, le cerveau humain a besoin qu’on lui propose un récit , une vision de son avenir (Pour l’instant, le discours reste uniquement alarmiste ou conflictuel). Or, ce récit qui n’existe pas aujourd’hui, ne demande qu’à être créé, discuté, admis et diffusé.

En fin d’ouvrage , Marshall propose des “solutions pour nous tirer d’affaire” : accent sur la coopération,                                                scientifiques plus impliqués dans leurs discours, encouragement d’une vison positive, sentiment que la lutte contre le changement climatique est source de bien-être et de fierté, deuil nécessaire de l’âge des énergies fossiles, chérir ce qui nous reste,   …

On peut regretter que Marshall effleure seulement trois autres facteurs qui concourent à l’inaction vis-à-vis des effets du changement climatique : la culture (en quoi elle place la Nature en tant que partenaire de l’humanité ou en tant que valeur marchande inépuisable), la foi aveugle en « la technologie nous sauvera », la recherche d’argent et de pouvoir à court terme. Mais ce livre pertinent reste un excellent  outil pour abandonner ce qui n’a pas marché et passer à une approche plus convaincante et productive.

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Avis de Bernard

FAUCHÉS - Vivre et mourir pauvre de Darren Mc GARVEY - Ed. Autrement

Fauchés ; vivre et mourir pauvre Conçue à des fins de réinsertion (en plus de la sanction), la prison est un microcosme où la violence atteint des niveaux inimaginables ailleurs…Cette ambiance de poudrière reproduit l’atmosphère des communautés et des familles au sein desquelles la plupart des détenus ont grandi, où les actes violents sont si fréquents qu’on en rigole en se les racontant, comme on commenterait la météo du jour.

Les personnes qui souffrent d’un handicap social – illettrisme, mauvaise opinion de soi- sont souvent, pas toujours cependant, issues d’un milieu où leurs compétences ne sont ni reconnues, ni cultivées, ce qui les a bloquées dans leur parcours.

Un enfant victime de sévices ou de négligences aura plus de risques, en grandissant, de cumuler certains facteurs qui l’enverront sur la mauvaise pente: mauvaise opinion de soi, faible bagage éducatif, consommation de drogues et désocialisation.

La dissociation –se détacher mentalement pendant que la violence se déchaîne- peut anesthésier, mais aussi inhiber les réactions et les émotions. Le corps se met en mode survie, en  attendant que l’orage passe.

La menace est omniprésente dans les zones à risques et les habitants sont constamment sur le qui-vive, en état d’hyper-vigilance, même s’ils n’ont aucune raison de l’être ; et l’activité la plus banale est une source considérable de stress.

La solution que ma mère apportait au problème de la violence, c’était encore et toujours plus de violence.

Malheureusement, fuir la bagarre ou avouer qu’on n’a pas envie de se battre font de vous une cible de choix pour les brimades et les attaques. Dans les milieux vérolés par la violence, la crainte de devenir un objet de risée, un paria ou une victime influe subtilement sur le mode de pensée et de comportement.

Grandir au sein d’un quartier défavorisé, ou considéré comme tel, c’est grandir asphyxié. L’individualité suffoque, les moyens d’exprimer sa singularité aussi. Ce qui explique pourquoi tout le monde ou presque parle et s’habille de la même manière. Choisir l’anticonformisme, c’est se dessiner une cible sur le dos.

Comme ma mère m’avait conditionné à la solitude et au rejet, j’étais toujours sur le qui-vive et je m’attendais à être trahi ou quitté à chaque instant. L’abandon était un thème prégnant dans ma vie et je cherchais activement, à un niveau inconscient, à reproduire le schéma maternel dans toutes mes relations…Ces problèmes insolubles, couplés à la violence qui gangrenait mon environnement, m’empêchaient de me concentrer pleinement sur mes études. Mon esprit était parasité par un incessant dialogue intérieur axé sur mes craintes et mes angoisses.

Moi, ma rancœur, quand elle n’était pas dirigée contre ma mère, je la destinais à ceux qui semblaient s’en sortir mieux que nous, ceux qui traversaient l’existence dégagés des entraves de la pauvreté, des privations et des doutes qui allaient avec.

On décrète que tel ou tel groupe jouit toujours de privilèges plus importants que nous. Que ces chanceux bénéficient d’un tas d’avantages inconnus dont l’existence ne fait aucun doute. On a l’impression que les gens qui font l’information –et les règles- sont complètement détachés de la réalité, incapables de dépeindre notre vie, soit, et c’est pire, qu’ils la représentent délibérément sous un faux jour et que tout cela fait partie d’une vaste conspiration.

Rarement mentionné, et encore moins reconnu: le gouffre dans nos expériences respectives, qu’on soit issu de la classe populaire ou de la classe moyenne, et le gouffre dont la façon dont cette expérience est représentée, relatée et scrutée. De ce gouffre, qui me semble s’aggraver au fil du temps, est née une culture dont semblent bannies un certain nombre de personnes qui se désintéressent de la chose politique ou s’en méfient, ayant perdu leurs repères ou s’estimant lésés par le portrait que l’on fait d’elles.

Il existe un autre révélateur des inégalités que l’information et la culture : les disparités apparentes dans les conditions de vie…Je ne fais qu’identifier un autre domaine dans lequel on observe un abîme entre les possédants et les démunis.

Pendant ce temps, planqués dans ce qu’on peut appeler les bas-fonds de ces quartiers, déjà peu recommandables, vautrés dans l’alcool et la drogue, s’enfonçant dans une existence sordide, des gens tâchaient d’élever des enfants. L’un de ces enfants, c’était ma mère.

Comme la pauvreté, un trouble psychologique peut provoquer une difformité qui sautera aux yeux de tout le monde, sauf aux vôtres. La vérité, c’est que dans une famille à problèmes, on est le dernier à se rendre compte que ça ne tourne pas rond.

Un gouffre énorme s’est creusé entre le programme d’ingénierie sociale souhaité par les dirigeants et les aspirations modestes, mille fois plus terre à terre, des gens du peuple dont l’écrasante majorité ne maîtrise pas les éléments de langage.

La participation citoyenne, ce n’est pas le peuple qui fait entendre sa voix ; c’est le troupeau qu’on pousse vers une destination définie par avance, décidée derrière des portes hermétiquement closes.

Grandir dans un quartier comme Pollok, c’est une expérience qui vous marque à vie, à tous les niveaux. C’est le mental qui prend les coups les plus violents, en particulier à cause du stress émotionnel, facteur clé dans le façonnage des pensées, des émotions et du comportement.

Celui qui vit dans la précarité, qui a peut-être subi des sévices enfant, celui-là, le stress le dévore de l’intérieur : c’est un brouillard dans lequel il patauge en permanence et qui assombrit chaque aspect de sa vie.

La psychologue Marilyn a eu une influence fondamentale sur le cap qu’a pris ma vie et cette influence ne s’est jamais estompée. Sans son intervention, je doute que j’aurais été capable de développer la lucidité nécessaire pour prendre assez de recul, sortir de mes schémas de pensée tordus et examiner mon stress à la loupe.

Il y a mille façons de finir à la rue. Cependant, deux des éléments récurrents dans le parcours des sans-abri, comme chez les détenus, sont la désagrégation de la cellule familiale et les troubles mentaux.

J’ignorais à l’époque que c’est l’une des caractéristiques de la dépendance: refuser de voir la réalité en face et remettre toute décision à plus tard.

La raison pour laquelle la drogue possède un tel pouvoir de séduction, c’est qu’elle se présente à vous quand vous avez touché le fond…C’est à l’époque où je risquais de finir à la rue que je me suis trouvé exposé à toutes sortes de menaces.

Ils sont nombreux, et c’est peu de le dire, à avoir opté pour la colère, la méfiance ou l’indifférence après avoir été dédaignés, bousculés et exclus du débat public des années durant par des organismes et des institutions qui se gargarisent du jargon stérile d’une réhabilitation urbaine imposée à la collectivité sans aucune consultation préalable.

Des générations successives ont grandi dans un dénuement total, avec les handicaps que cela implique, et la conviction qu’elles n’ont aucun contrôle ni aucun ascendant sur leur vie.

Le point important, c’est que l’être humain imprime dans son psychisme des fausses croyances sur sa personne et sur le monde qui l’entoure, et ses croyances forgent son avenir… Cette fracture s’exprimera dans tous les domaines: le comportement, la santé physique et mentale, les études et les perspectives d’avenir, mais aussi les principes moraux, les opinions politiques, les centres d’intérêt en matière de culture jusqu’à la façon de parler.

La pauvreté se rapproche plutôt des sables mouvants: elle vous engloutit malgré les efforts que vous pouvez faire pour vous arracher à son emprise. Plus vous vous débattez, plus vous vous enfoncez. Pour d’autres personnes, c’est un monstre qui vit au loin, quelque part, et il faut à tout prix éviter de tomber sur lui. Et remercier le ciel de ne l’avoir jamais croisé.

Il y a dans notre société non seulement des gouffres socio-économiques à franchir, mais également des cassures au niveau de l’idéologie, de la citoyenneté et des intérêts privés et collectifs… Et n’oublions pas non plus que certaines situations sont moins tolérables que d’autres: celles qui touchent les enfants.

Qu’on l’accepte ou non, ces pauvres bambins maltraités et délaissés, ce sont les délinquants, les SDF, les alcooliques, les toxicos, les parents violents et irresponsables de demain.

Une famille vulnérable qui subit une précarité économique permanente, la menace du chômage, ou un régime de sanctions financières inhumaines perd souvent la capacité d’absorber certains chocs et de faire face aux aléas de la vie.

La réalité brutale de la maltraitance infantile, les statistiques alarmantes de la criminalité, l’omniprésence de la violence, l’horreur des sévices domestiques, le désastre du mal-logement ou la tragédie inévitable de l’alcoolisme et de la toxicomanie sont là, mais personne ne semble en tirer la moindre leçon ni exprimer un quelconque remords alors même que notre impuissance nous saute à la figure. On préfère jouer à notre jeu préféré, celui de la politique politicienne.

Quand on a une habitude nuisible, le moindre écart est source d’angoisse et de nervosité. Un pic de stress, dont l’intensité peut balayer tout le reste, déclenche le besoin impérieux de revenir au comportement habituel. En d’autres termes, quand mon cerveau réclame un McDo, il m’est très difficile de résister à cette envie, surtout si je suis fatigué ou surmené.

Je défends la théorie selon laquelle les inégalités sociales restent la première ligne de fracture d’une société. C’est même une plaie ouverte. Qu’il s’agisse de placer sa confiance dans un médecin, d’être évalué par un enseignant, interrogé par un travailleur social ou un juge pour enfants, menotté par un policier et conseillé par un avocat avant d’entrer dans une salle du tribunal, la catégorie sociale, c’est le problème autour duquel tout le monde tourne sans oser s’y attaquer de front.

La colère et l’amertume, entretenues par la détresse psychologique qui va de pair avec la pauvreté –anxiété, dépression, mode de vie dégradé, faible estime de soi et phobie sociale- peuvent exercer une forte pression sur les esprits. Cette pression entrave l’empathie, la tolérance et la compassion, et exacerbe leurs pendants : fureur, nervosité, rancune, peur. Aujourd’hui, avec la montée du racisme et la banalisation d’une parole xénophobe, il n’est pas compliqué de voir où une grande partie des gens ont dirigé leur colère. C’est ce qui arrive dans des sociétés qui ont remplacé leur cœur par un centre commercial.

Je l’ai déjà souligné, quand on exclut du processus décisionnel des pans entiers de l’opinion publique, on accélère le morcellement de la société.

Ces malheureux qui fuient des pays ravagés par la pauvreté et la violence arrivent au Royaume-Uni et se retrouvent relégués dans des quartiers en déshérence. Au-delà des caricatures, des accusations et des reproches, il y a de la place pour un débat respectueux sur les causes de cette immigration et ses effets sur nos populations les plus vulnérables, mais aussi sur les sorties de crise possibles.

Le voilà, le cauchemar de la dépendance. Et ce qu’on trouve à sa racine, ce n’est plus de la douleur ni un traumatisme affectif comme je le répétais souvent, mais un égoïsme pathogène et brutal ainsi qu’une indifférence profonde pour les besoins des autres. Une incapacité à voir au-delà de ma douleur, de ma petite personne.

Personnellement, décrocher de la came, batailler pour rester sobre et comprendre pourquoi j’étais si mal dans ma peau, cela a bouleversé ma vie de fond en comble…. Quand on se soumet à une modification aussi profonde, on passe au scalpel chaque aspect de sa vie, chaque facette de son identité. Je m’y suis obstinément opposé pendant des années et j’ai fini par rendre les armes quand j’ai dû apprendre à avancer sans la béquille de la drogue.

Mais j’ai commencé à remarquer une évolution quand j’ai accepté cette réalité: je suis le seul à pouvoir régler mes problèmes. Avant de transformer la société en profondeur, reconnaissons la nécessité de nous transformer d’abord nous-mêmes.

Aujourd’hui je me rends compte qu’apporter ma pierre à l’édifice, c’est élever un enfant en bonne santé, heureux, bien dans sa peau. La façon le plus concrète de transformer la société, c’est en premier lieu de me transformer moi-même et de partager mon expérience avec un maximum de gens.

 

*

 

Émetteur du florilège : François C

Activez vos talents, ils peuvent changer le monde de Mathieu Dardaillon - Alisio

Activez vos talents, ils peuvent changer le monde ! Introduction

Partie 1 POURQUOI PRENDRE SA VIE EN MAIN

Ch. 1. Un monde en rupture

  1. Ruptures technologiques: se pose surtout la question du sens, de l’éthique et de la finalité de ces innovations.
  2. Nouvelle donne économique
Ch. 2 Des défts sociétaus sans précédent

  1. Enjeux sociaux: exclusion; replis nationalistes et communautaires; terrorisme; inégalités; accès aux besoins primaires.
  2. Urgence environnementale: réchauffement climatique; épuisement des ressources; pollution; destruction de la biodiversité; préserver le vivant ou le retour du bon sens.
  3. Un monde à réinventer: vers un nouveau modèle de société, l’économie du DONUT (plafond environnemental ; plancher social ; « l’espace sûr et juste pour l’humanité ».
 

Ch. 3 Stop au gâchis de talents

  1. Nous avons tout pour résoudre nos problèmes : L’être humain est capable de répondre à n’importe quel défi auquel il a à faire face ; Talents gâchés : je suis fasciné par des gens talentueux qui font des choses « inutiles ».
  2. Mettre son intelligence au bon endroit : le concept d’ »innovateurs sages ». Navi Radjou définit la sagesse comme « l’application de l’intelligence pour servir une cause noble » ; l’intelligence du cœur ; changer nos priorités. Lorsque nous décidons de priorités et que nous organisons un effort collectif, rien n’est impossible ! (ex. : l’éradication mondialement en cours de la polio).
  3. Les talents de chacun peuvent changer le monde : Chacun a des talents. Nous avons tous un domaine –au moins un- dans lequel nous pouvons faire une grande différence ; Le monde a besoin des talents de chacun.
 

Ch. 4 Changer le monde, c’est possible !

  1. Un mouvement de fond : Un formidable bouillonnement d’initiatives ; Une envie d’agir sans précédent.
  2. Le temps des nouvelles utopies : Créer des « social-fictions » Muhammad Yunus ; Redessiner le système ; Le point de bascule, après les 2,5% d’innovateurs marginaux et les 13,5% de soutiens actifs ; Des cohortes pour changer la donne.
Ch. 5 Le travail, nouveau terrain de jeu ?

La place du travail dans nos vies : 80 000 heures.

  1. Souffrance, perte de sens et désengagement au travail : Les bullshit jobs décrits par Graeber (critère : se demander si les conséquences seraient importantes ou non en cas de disparition de ce métier) ; La prison dorée ; La souffrance éthique désigne la douleur de renier ses valeurs ; Le désengagement au travail ; La double vie des salariés ; Le « carré magique » de l’engagement : sens, reconnaissance, autonomie, relationnel.
  2. La révolution du monde du travail : La crise du quart de vie ; La mode du switch = reconversions –de métier, de statut ou de secteur- de plus en plus fréquentes et de plus en plus tôt/L’émergence des néo-artisans ; le boom des travailleurs indépendants ; la nouvelle tendance des digital nomads ; la vague des slasheurs.
  3. De nouvelles aspirations : Une jeunesse en quête de sens ; Grandes écoles et intérêt général ; L’attractivité croissante de l’E.S.S. ; Une quête de sens intergénérationnelle.
  4. Les carrières à impact : Une autre vision du travail : mettre la question du sens et de l’utilité en numéro 1 ; C’est possible ! ; L’importance du travail : une invitation à repenser sa manière de voir ses 80 000 heures de travail pour en faire un lieu d’épanouissement et d’impact social.
 

Ch. 6 La vie est courte et précieuse

Nous sommes des miracles : La vie est un miracle ; La vie est courte ; Vivre pleinement sa vie ; « Quel usage as-tu fait de ta présence au monde ? »

 

Partie 2 DEMARRER L’EXPLORATION

Ch. 1 Adopter l’état d’esprit des explorateurs

  1. L’état d’esprit des explorateurs Ils conçoivent le travail différemment. Ils sont en quête de sens, d’impact et d’alignement.
  1. L’esprit positif : « Je vais y arriver » ; le sentiment de capacité ; La visualisation créatrice.
  2. L’esprit d’apprentissage : « L’échec est un apprentissage » : L’importance du jeu ; La soif d’apprendre ; L’échec comme opportunité ; La vie comme laboratoire/Toujours porter un carnet sur soi.
  3. La persévérance : « Avancer chaque jour de quelques pas » ; la régularité dans l’effort ; la ténacité (grit).
  4. L’état d’esprit de développement : utiliser le pouvoir du «not yet» je n’y arrive pas encore.
  1. Deux boussoles pour l’exploration
  1. Connaissance de soi : « Connais-toi toi-même »/vision personnelle ; singularité assumée ; écoute de sa voix intérieure.
  2. Compréhension du monde : Curiosité et ouverture d’esprit ; Esprit critique.
  1. Vos règles du jeu : Mes règles d’exploration.
Ch. 2 Le cheminement pour trouver sa mission de vie

  1. A) Découvrir sa mission de vie : Traquer le désalignement ; L’incarner par sa vocation (trois façons de vivre son travail : boulot, carrière, vocation).
  2. B) Le cheminement : points de repère :
  3. a) Le voyage du héros (Joseph Campbell) : 1. Entendre l’appel ; 2. Accepter l’appel ; 3. Franchir le seuil ; 4. Trouver des mentors ; 5. Affronter la difficulté ; 6. Développer de nouvelles ressources ; 7. Réaliser sa mission ; 8. Retourner chez soi.
  4. b) La légende personnelle (Paulo Coelho).
  5. c) Les deep experiences (Arne Naess). Le triptyque expériences profondes, réflexions profondes, engagement profond.
  6. d) Devenir soi (Jacques Attali) : Evénement, pause, renaissance.
  7. e) L’expérience Ticket for Change : Inspiration, introspection, passage à l’action.
  8. f) L’ikigaï : Il se trouve au carrefour de quatre dimensions : ce que j’aime, ce pour quoi je suis bon, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi je peux être rémunéré.
  9. C) Le cheminement proposé dans ce livre: Quatre grandes questions : la passion, l’efficacité, le sens, les besoins primaires.
  10. a) Quatre dimensions : sources d’énergie ; forces ; impact sociétal ; modèle économique.
  11. b) Quatre zones supplémentaires : talents uniques ; terrain de jeu ; aspirations ; compétences.
  12. c) Une seule dimension vous manque et tout est dépeuplé : « Rat racer » ; performeurs à qui il manque le sens ; idéalistes ; sacrifiés (manque de plaisir) ; imposteurs (manque d’efficacité).
Ch. 3 Définir sa propre conception de la réussite

  1. A) C’est quand le bonheur ?
Bronnie Ware « Les cinq regrets des personnes en fin de vie »

  1. B) La vraie richesse
Ma bucket list professionnelle : Que feriez-vous si tout était possible ? Si l’argent n’était pas un problème ? Si vous aviez toutes les compétences nécessaires ? Qu’aimeriez-vous avoir réalisé à la fin de votre vie professionnelle ?

  1. C) Définir sa conception de la vie
Ma métaphore de la vie : le magnifique texte de Mère Teresa. Quelle phrase de ce texte vous touche le plus ?

  1. D) Définir sa conception de la réussite
  2. a) Les personnes qui m’inspirent : Ils, elles me montrent la voie, me donnent envie de donner le meilleur de moi et me prouvent que « oui, c’est possible » !
  3. b) Mes valeurs
  4. c) Mes aspirations professionnelles : argent, sécurité, temps, liberté, reconnaissance, prestige, passion, challenge, apprentissage, impact/sens, l’équipe, les rencontres, fun.
  5. d) Ma définition de la réussite : Quelle est votre définition de la réussite ? Quelle est votre définition de la réussite professionnelle ?
 

  1. E) Prévoir sa réussite : Réussir c’est planifier versus « Life in perpetual beta »/Il est absolument essentiel de se projeter sans pour autant figer le point d’arrivée ni le chemin : »La carte apporte une description, la boussole une direction ».
Mes objectifs de vie : vie professionnelle (mission et carrière ; développement personnel) ; confort et argent ; famille ; vie sociale ; Bien-être (santé et énergie ; loisirs et fun).

 

Ch. 4 Relire son histoire pour inventer son avenir

  1. A) Connecting the dots (Steve Jobs)
  2. B) La ligne de vie : réaliser votre ligne de vie (identifiez les experiences marquantes et les moments clés de votre vie, et placez-les en face des années correspondantes) ; Partagez votre ligne de vie.
 

Partie 3 TROUVER SA VOIE

Ch. 1 Identifiez ce que vous aimez (vos sources d’énergie)

  1. A) L’énergie, la quête du graal: suivre son énergie ; à l’écoute de la passion ; à la recherche du flow.
  2. B) Etes vous spécialiste ou multipotentialiste ? Ces derniers ont trois principaux super-pouvoirs :la synthèse des idées ; l’apprentissage rapide ; l’adaptabilité.
  3. C) Identifier ce qui vous fait vibrer: 1. Les activités 2. Les expériences 3. Les sujets 4. Les personnes 5. L’environnement.
  4. D) Transformer ces envies en action: Keep, stop, start ; démarrer un play project Ne cessez jamais d’explorer ; Compilez vos découvertes.
Ch. 2 Identifier ce en quoi vous êtes bon (vos forces)

Qu’est-ce que vous savez (très) bien faire ? Sur quoi pouvez-vous vous appuyer pour exceller ?

  1. A) Les différentes intelligences: Les huit formes d’intelligence (Howard Gardner) ; L’importance particulière de l’intelligence émotionnelle (Daniel Goleman). Ses cinq compétences : conscience de soi, maîtrise de soi, motivation interne, empathie, aptitudes humaines.
  2. B) Identifiez ce en quoi vous êtes bon ? Identifier ses talents 2. Identifier ses compétences 3. Identifier ses connaissances 4. Identifier ses réseaux.
Ch. 3 Identifier vos talents uniques :

  1. A) Identifier ses talents uniques: Trouver son élément = »point de rencontre entre nos talents et nos passions » ; Misez sur vos forces naturelles.
La matrice des forces : talents révélés ; compétences acquises : potentiels ; faiblesses.

Identifier ses talents uniques.

  1. B) Affiner son rôle dans une équipe et un projet: Les huit profils d’entrepreneurs (méthodologie Wealth Dynamics) : le Créateur ; la Vedette ; le Supporter ; le Négociateur ; le Marchand ; l’Accumulateur ; le Maître ; le Mécanicien.
Les huit profils d’équipiers : l’Explorateur ; le Planificateur ; l’Energiseur ; le Connecteur ; l’Expert ; l’Optimisateur ; le Producteur ; le Coach.

  1. C) Fais ce que toi seul peux faire: Tout ça…au service de quoi ?
Ch. 4 Quel acteur de changement sommeille en vous ?

  1. A) Tous acteurs !
  2. Les entrepreneurs à impact ;
  3. Les intrapreneurs à impact ;
  4. Les dirigeants à impact ;
  5. Les contributeurs à impact ;
  6. Les free-lances à impact.
« Chacun sa voie, chacun son chemin »

  1. B) Identifier son profil d’acteur de changement (leader/follower ; grande ou petite structure).
. Ch. 5 Définir l’impact que vous voulez avoir (votre impact sociétal)

De quoi le monde a-t-il besoin ? A quoi aimeriez-vous contribuer ?

  1. A) L’impact sociétal, qu’est-ce que c’est ? Deux dimensions : la finalité que l’on poursuit ; la manière dont nous faisons les choses.
  2. B) Les enjeux de société: Les objectifs de développement durable ; De quoi le monde a-t-il besoin ?
  3. C) A la recherche du déclic. L’engagement peut partir d’une injustice ; d’une inspiration ; d’un levier d’action.
  4. D) Définir l’impact que vous voulez avoir
  5. Définir son enjeu de société : trouver sa cause ; définir et comprendre son problème ;
  6. S’appuyer sur l’existant ;
  7. Définir son idéal ;
  8. Identifier ses leviers d’action ;
  9. Définir ses pistes d’actions concrètes.
  10. E) Maximiser son impact
  11. Mesurer son impact ;
  12. Affiner sa stratégie d’impact H1 : Business as usual ; H2-: Changement incrémental ; H2+ : Changement transformationnel ; H3 : nouveau paradigme.
  13. F) L’équilibre, afin d’éviter l’épuisement pour la cause.
. Ch. 6 Identifier ce pour quoi vous pouvez être rémunéré (votre modèle économique)

La clé pour transformer votre mission en profession est de faire des choses qui vous plaisent, dans lesquelles vous êtes excellents, qui ont une vraie utilité sociale ET pour lesquelles des personnes sont prêtes à payer.

  1. A) Le modèle économique des organisations à impact
  2. Une grande diversité de modèles ;
  3. Les particularités des organisations à impact ;
  4. Développer le modèle économique de son organisation à impact : se poser cinq grandes questions : A qui – Quoi – Comment – Combien – Pourquoi.
  5. B) Construire son modèle économique personnel
  6. La réalité du marché ;
  7. Chiffrer ses besoins financiers ;
  8. Clarifier son modèle économique personnel.
  9. C) Trouver son premier client
  10. D) De l’idée à l’action: mes besoins, mes pistes, mes premiers pas.
 

. Ch. 7 Découvrir votre mission de vie

  1. A) Laisser la place à l’intuition
  2. B) Faire émerger sa mission
  3. C) Etre en mission vs avoir une mission: C’est le fait d’embarquer dans une mission qui est essentiel
 

Partie 4 SE METTRE EN MOUVEMENT

. Ch. 1 Construire votre parcours à impact

  1. A) Développer une stratégie de carrière à impact: trouver son pourquoi ; définir son comment ; affiner son quoi
  2. B) Faire les bons choix:
  3. Définir ses critères de choix ;
  4. Lister les options ;
  5. Evaluer les options ;
  6. Décidez !
. Ch. 2 Passer à l’action !

  1. Adoptez le bon état d’esprit : Comment pourrais-je… ? ;
  2. Démarrez maintenant ! Découpez votre projet en étapes, et ces étapes en tâches ;
  3. Approfondissez vos connaissances ;
  4. Entourez-vous : Créez votre dream team : l’instigateur ; le fan ; l’avocat du diable ; le superviseur ; le connecteur ; l’exemple/modèle ;
  5. Trouvez vos méthodes de travail ;
  6. Créez des opportunités ;
  7. Gérez votre transition : grand saut ou effet ciseau ;
  8. Faites le bilan régulièrement ;
  9. Créez un cercle vertueux ;
  10. Faites (vous) confiance.
 . Ch. 3 «Ils changent le monde»: témoignages d’acteurs de changement’

 Conclusion

. Réenchanter le monde

. L’engagement a un pouvoir extraordinaire

. Redessiner sa vie

. Trouver ses talents est le voyage d’une vie

 « Je vous souhaite un très bel envol!

Le monde est votre terrain de jeu.

Et souvenez-vous toujours: vos talents peuvent changer le monde !

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Émetteur du florilège : François C

 

Meurtre pour redémption de Karine Giebel - Pocket

Meurtres pour rédemption Le conseil de Maryline:

 

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes. Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.  

Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté. Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.  

Orange

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Le jour de la rentrée scolaire, Naho reçoit une étrange lettre écrite… par elle-même depuis le futur ! La femme souhaite aider la jeune fille qu’elle était à ne pas commettre les mêmes erreurs, et lui adresse une longue liste de directives, notamment concernant le nouvel élève de la classe…

Un manga original et touchant où l’amitié tente de vaincre la fatalité.

Série finie en 6 tomes

Coup de cœur d’Élodie, libraire à De fil en page.

L’AFFOLEMENT DU MONDE -10 enjeux géopolitiques de Thomas GOMART - Ed. Tallandier

L'affolement du monde ; 10 leçons de géopolitique 1. La Chine à la conquête de la première place mondiale

À mes yeux, la Chine est aujourd’hui dans une situation paradoxale: une forte introversion intérieure que reflètent le durcissement du régime et sa volonté étroite de contrôle social et une forte extraversion extérieure, qui s’observe dans le projet BRI (Belt and Road Initiative) ou sa diplomatie publique. En réalité, la Chine est en train de réaliser un pivotement stratégique entre une posture continentale et une posture navale… Ce changement fondamental est indispensable à ses ambitions de puissance globale. Même graduel, il ne peut se faire sans une prise de risque élevée.

  1. Un monde au bord de l’asphyxie

. L’enjeu du réchauffement climatique

. La lente diversification des mix énergétiques

. La gouvernance de l’énergie ne cesse de se complexifier

. Les principaux producteurs: Arabie Saoudite, Russie et États-Unis

. Les principaux consommateurs: Union européenne, Chine et Inde

Des liens dialectiques existent entre le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité et les pollutions qui, à la différence d’autres menaces, ont d’ores et déjà des conséquences irréversibles sur nos modes de vie. Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif extrêmement ambitieux au regard des efforts consentis depuis l’accord de Paris, une course de vitesse est engagée dans laquelle bon nombre de gouvernements et d’acteurs industriels piétinent.

  1. Les inconnues de la puissance américaine

Les États-Unis doivent faire face aux éléments suivants: une désindustrialisation liée à la mondialisation, une violente accentuation des inégalités sociales, une forte dépendance aux capitaux étrangers, un niveau élevé d’endettement, une montée en puissance de la Chine et une érosion du système dollar. En dépit des aléas conjoncturels, ils disposent toujours d’un incomparable pouvoir structurel, c’est-à-dire d’une capacité inégalée d’exporter leurs problèmes et d’imposer leurs préférences.

  1. La lutte pour le contrôle des espaces communs : mer, air, spatial et numérique

Il faut apprendre à penser les espaces communs à la fois dans des logiques de coopération et de confrontation. Deux phénomènes sont actuellement à l’œuvre: la volonté des États-Unis d’exercer une forte primauté dans le domaine spatial ; celle de la Chine d’investir massivement dans les infrastructures portuaires. Les Européens ne sont absents ni de l’un ni de l’autre, mais agissent avec des moyens beaucoup plus limités et sans vision d’ensemble intégrée. La maîtrise des espaces communs passera de plus en plus par celle de l’intelligence artificielle… qui invite à réfléchir sur la nature de la relation homme-machine, et ses conséquences sur l’espace-temps. 

  1. La résurgence de la Russie

Le positionnement international de la Russie est marqué par son héritage impérial et son passé soviétique. Sa trajectoire politique et économique a toujours été appréciée en fonction de celle de l’Europe occidentale, vis-à-vis de laquelle elle accuse un retard de développement séculaire… Or, la Russie conçoit avant tout son rapport au monde à travers l’exercice de la puissance. C’est pourquoi elle cherche à déplacer la compétition avec l’Occident sur d’autres terrains que le seul champ économique.

L’objectif poursuivi par Moscou de découplage entre l’Europe occidentale et les États-Unis demeure. Il s’agit, d’une part, d’éviter une pression stratégique sur ses flancs ouest et sud et, de l’autre, d’évincer les États-Unis d’Europe pour rétablir un concert européen lui permettant de bénéficier des rapports de force bilatéraux… La Russie voit toujours l’OTAN comme la principale menace, mais les inflexions de ses doctrines nucléaire et conventionnelle indiquent qu’elle se préoccupe d’ores et déjà des menaces sur ses flancs orientaux. À cette heure, il est difficile de savoir si la Russie a implicitement abdiqué en faveur de la Chine, de manière à négocier une place favorable dans le nouvel ordre international que Pékin cherche à instituer, ou si elle pense toujours être en mesure de maintenir une complète indépendance stratégique vis-à-vis de l’empire du Milieu. 

  1. Les bruits de guerre se rapprochent

Indicateurs de l’état du contexte géostratégique, les dépenses militaires mondiales ont connu une forte diminution entre 1987 et 1996 –point bas- avant de connaître une augmentation progressive, qui s’accélère depuis 2015. Avec 1739 milliards de dollars, la dépense militaire mondiale a atteint en 2017 son niveau le plus élevé depuis la fin de la guerre froide.

. Nouvelle course aux armements

. Permanence du  cadre interétatique

. Accélération des armes de prolifération

. Crise du modèle occidental

. Le piège du terrorisme

Les principaux pays émergents, au premier rang desquels figure la Chine, entendent modifier les rapports stratégiques en leur faveur en poursuivant des logiques parfaitement classiques de puissance dans une forme de mimétisme avec celles suivies par les puissances occidentales.

Quels que soient leurs avatars et leurs causes, les affrontements au sein de la population entre groupes ou entre un groupe et des forces conventionnelles persisteront. C’est pourquoi il convient de penser simultanément les possibilités de conflits interétatiques et intra-étatiques, et leurs liens réciproques.

  1. L’Europe déboussolée

Les enseignements à tirer de l’histoire européenne sont tellement innombrables qu’ils en deviennent presque illisibles. Phénomène peu visible mais décisif, la diminution des dépenses militaires. L’appartenance à l’OTAN sonne pour nombre de ses membres comme un renoncement à l’effort de défense ; ils s’en remettent à un principe de sécurité collective en limitant au maximum leur contribution.

. Euro, migrants et Brexit

. Splendeurs et misères de l’intégration européenne

. L’autonomie stratégique est-elle possible?

L’affolement du monde est perceptible en Europe plus qu’ailleurs. C’est sans doute parce que les élites et les opinions européennes partagent l’impression de ne plus maîtriser leur destin. L’Europe a imposé son rythme au monde avant d’être foudroyée par les deux guerres mondiales…Aujourd’hui, ses atouts mais aussi son organisation et son identité sont directement menacés par la combinaison de plusieurs forces. L’accentuation de l’interdépendance économique s’accompagne d’un retour de la violence politique et d’une évolution des équilibres globaux en sa défaveur.

  1. La guerre commerciale est déclarée

Deux traits de la mondialisation produisent de puissants effets géoéconomiques. Le premier est l’hégémonie persistante du dollar comme monnaie internationale de référence, ce qui confère aux États-Unis un «privilège exorbitant»… Le second est l’intégration de plus en plus poussée de l’appareil productif mondial à travers des chaînes globales de valeur (CGV).

Face aux comportements des États-Unis, de la Chine et de la Russie, ses trois principaux partenaires commerciaux, l’UE devrait d’urgence réapprendre non seulement à penser mais aussi à agir en termes géopolitiques et géoéconomiques… Comprendre que les leviers de la politique économique sont potentiellement des instruments de conduite de guerre.

8% du patrimoine financier mondial est localisé dans les paradis fiscaux. En outre, 40% des profits des multinationales sont déclarés dans des pays à fiscalité faible ou nulle.

À cette dualité économique (pays matures à faible croissance et, de l’autre, des pays émergents à forte croissance) s’ajoute désormais une dualité de nature politique entre un capitalisme d’inspiration démocratique au sens où il respecte encore la séparation des pouvoirs et un capitalisme d’inspiration autoritaire au sens où la propriété privée n’est jamais totalement garantie.

  1. De la Méditerranée au Moyen-Orient, multiplication des dangers

Cette mer intérieure s’étend d’ouest en est sur 4 000 kilomètres, du sud au nord sur quelques centaines de kilomètres, compte 12 000 kilomètres de littoraux et relie l’Europe, l’Asie et l’Afrique… C’est aujourd’hui un espace maritime congestionné où s’entrelacent échanges commerciaux, flux migratoires et rivalités navales.

La tumeur irako-syrienne irradie au-delà du Levant. Ses métastases se propagent par de multiples canaux et soulèvent deux questions principales. La première concerne l’influence exercée par la Russie, l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui ont modifié les rapports de force au cours des dernières années… La seconde question porte sur le degré d’unité de l’Europe et du monde arabe ou, pour le dire autrement, sur la manière dont le rapport à l’islam est susceptible de diviser les Européens et, inversement, le rapport à l’Europe le monde musulman.

De nombreuses tensions géopolitiques entre voisins émaillent l’espace méditerranéen et contribuent à son instabilité chronique: Israéliens et Palestiniens, Serbes et Bosniaques, Turcs et Kurdes, Catalans et Castillans, Turcs et Grecs, Algériens et Marocains. Présenté comme un «ensemble antagonique», il se compose d’une trentaine de pays de taille variable… pays travaillés, entre eux, par des relations conflictuelles ou, en leur sein, par des revendications sociales menaçant leur stabilité.

Daech a désigné les «judéo-croisés» pour ennemis, comme si les croisades du Moyen Âge n’avaient jamais cessé, et continue à propager une vision apocalyptique des relations avec l’Europe. Les défaites militaires récentes de Daech ne signifient pas la disparition de son idéologie mortifère. Il faut bien la connaître pour la combattre efficacement, en particulier en Europe.

Mers adjacentes: La mer Noire, la mer Caspienne et la mer Rouge constituent, en effet, l’environnement immédiat de trois puissances particulièrement actives dans la région depuis 2015: la Russie, l’Iran et l’Arabie Saoudite.

L’ensemble de la rive sud de la Méditerranée est concernée par l’évolution des structures étatiques. À des degrés divers, les «printemps arabes» ont révélé leurs fragilités internes et l’inadaptation de leurs institutions à la structure des sociétés. Ce sont «des régimes durs pour des États faibles» qui se révèlent incapables d’exercer d’autres fonctions que la sécurité et d’exister autrement que par le contrôle social étroit ou la répression de leurs propres populations.

  1. Les migrations et le choc des identités

La mondialisation entraîne une compartimentation des espaces mondiaux avec de fortes disparités de traitement entre migrants selon leur origine ou leur pouvoir d’achat…Les flux migratoires révèlent une hiérarchie des pays en fonction de leur attractivité et de leur capacité à accueillir ou à sélectionner les migrants. Toute circulation humaine se traduit par un contact avec l’altérité dont dépend l’affirmation d’une identité.

Sur les 31 pays ayant le plus faible PIB par tête dans le monde, 27 se situent au sud du Sahara. Le continent africain est aussi miné par de multiples conflits.

Une zone sensible: la bande sahélo-saharienne (BSS)… Le Sahel est fréquemment présenté comme une «bombe démographique» dans la mesure où l’émigration sahélienne pourrait concerner 40 millions de personnes d’ici la fin du siècle.

. Le débat sur l’identité et l’origine des conflits

. Sécularisation du politique et résurgence du religieux

. Des disparités démographiques préoccupantes

. Les migrations s’intensifient

. La sécurité alimentaire n’est jamais complètement garantie

La mondialisation se traduit par une accentuation vertigineuse des inégalités entre les pays et au sein des pays. 1% des plus riches de la planète possèdent 43% de la richesse mondiale, alors que les 50% les plus pauvres n’en détiennent que 1%. Cette inégalité globale s’observe principalement en Afrique et en Asie du Sud où vit principalement le «milliard d’en bas», i.e. les personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

 

Epilogue. La France affolée?

Le mouvement des «gilets jaunes» met à nu le profond clivage entre les gagnants et les perdants de la mondialisation.

Il ne fait guère de doute, à mes yeux, que nous sommes confrontés à une dégradation rapide de notre environnement stratégique et à une crise sociale aiguë. Nous ne sommes préparés ni à la première, ni à la seconde, et encore moins à la simultanéité des deux.

Commençons par accepter les réalités d’une mondialisation qui se caractérise par des logiques complexes de transaction et de cogestion, une nouvelle répartition de la puissance et la diffusion des technologies de l’information et de la communication. Trois traits principaux la dessinent aujourd’hui: une accentuation des inégalités, une dégradation de l’environnement et une capacité illimitée de mise en réseau des individus comme des groupes, qui relient et segmentent à la fois.

. La France ne doit pas subordonner sa stratégie internationale à la lutte contre le djihadisme.

. La France doit repenser ses relations avec les trois grands (États-Unis, Chine et Russie).

. La France, force motrice de l’autonomie stratégique européenne.

. La France doit ouvrir un débat sur le sens de la mondialisation.

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Émetteur du verbatim : François C

 

Femme sur écoute d'Hervé Jourdain - Pocket

Femme sur écoute Le conseil de Marylin:  

Strip-teaseuse et escort girl, Manon Legendre ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Son plan: racheter une boutique sur les Champs-Elysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie. Lola Rivière, quant à elle, est de l’autre côté de la barrière. Experte en cybercriminalité, elle vient de rejoindre une équipe de flics aguerris tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé. Sans connexion apparente, les deux femmes vont pourtant se rencontrer et naviguer dans les méandres de la cybersécurité, des écoutes et du jeu médiatique. Le plus dangereux prédateur n’est pas forcément celui qu’on croit…

 

La vie comme elle vient d Anne-Laure Bondoux - École des loisirs

Vie comme elle vient (la) Mado et Patty sont deux sœurs que tout oppose et qui ne se supportent pas. Pourtant, à la mort de leur parent dans un accident de voiture, Patti demande la tutelle de sa cadette, et elles sont bien obligées d’apprendre à vivre ensemble et à se consoler à tour de rôle. Au moindre faux pas, Mado est placée dans un foyer jusqu’à sa majorité, or elles n’ont désormais plus qu’une envie : rester ensemble. Plus de huit mois après l’accident, c’est le brevet, les grandes vacances, juillet à Paris, puis enfin août à la campagne, rien que toutes les deux pour la première fois. Toutes les deux, ou presque… car Patty est enceinte et ce n’est pas le dernier de ses mensonges.

En commençant ma lecture j’avais quelques a priori : 1) C’est écrit par Anne-Laure Bondoux, génial !!! 2) Bon ça a l’air un peu cliché quand même… Les deux se sont confirmés : j’ai adoré, et oui c’est cliché ! L’histoire initiale l’est en tous cas : les parents meurent, les sœurs sont radicalement différentes mais s’aiment quand même, l’une très forte en classe et timide, très responsable, l’autre serveuse dans un bar, inconsciente, adore le verni à ongles, et pour couronner le tout un bébé annonce sa venue au monde trop tard pour l’avortement. Bref, la liste est longue parce que quand on y réfléchit deux secondes rien n’est vraisemblable, rien n’arriverait dans la vraie vie… et pourtant le titre est bien La vie comme elle vient. Et ça explique peut-être tout : l’enchainement des circonstances est rarissime mais tout peut arriver, et il faut prendre les événements comme ils viennent, les uns après les autres et sans réfléchir. L’histoire est surement clichée mais au final ça n’a aucune importance, on suit les aventures de Mado et Patty avec d’autant plus de plaisir, parce que ça ne nous arrivera sans doute jamais, et heureusement !

Si j’ai finalement dévoré ce livre, c’est sans doute parce que j’ai tout de suite adoré Mado : c’est à travers ses yeux qu’on entre dans cette histoire abracadabrantesque, mais elle reste un personnage très vrai malgré les circonstances. Elle a des hauts et des bas, est responsable mais en a marre d’avoir trop les pieds sur terre, admire sa sœur et la déteste en même temps, s’énerve et s’en veut après. Paradoxalement c’est un personnage auquel je me suis très facilement identifié malgré tout ce qui lui arrive : certaines de ses réactions, ou de ses réflexions peuvent paraître toutes bêtes mais révèlent souvent ce que les gens n’acceptent pas, n’osent pas dire de peur d’être jugé. Lorsqu’elle raconte son retour au collège après l’accident c’est fait avec beaucoup de finesse, et de justesse aussi peut-être…

« Je me suis alors aperçue que j’allais passer mon temps à me surveiller pour être conforme à ce qu’on attendait de moi : je devais avoir l’air triste et abattue, point à la ligne. (…) Mes copines aussi se contrôlaient : il ne fallait pas rire, pas me bousculer, pas me parler de choses tristes, ni de choses gaies, éviter de prononcer les mots tabous comme « papa », maman » et même « voiture »… (…) Elles n’ont pas vraiment voulu me mettre sur la touche. J’étais sur la touche. »

Même si les deux sœurs ont des personnalités un peu exagérées, leur relation est ambiguë et tout sauf linéaire. Elle s’aiment et se détestent en même temps, se consolent et s’engueulent, se serrent les coudes malgré elles.

« – Moi ? Je te filais des compl… – Mado est si vive, si intelligente, si curieuse, si réfléchie ! récite-t-elle en clownant les profs. Tu crois pas que ça fout les boules d’entendre ça en permanence ? (…) – Toi aussi, tu me donnes des complexes, dis-je à mi-voix »

En conclusion, j’ai adoré La vie comme elle vient parce que les personnages sont géniaux et attachants, réalistes au milieu de leurs comportements incohérents au possible !

80 ANS, UN CERTAIN ÂGE de Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER - Ed. Albin Michel

80 ans, un certain âgePhilosopher, c’est-à-dire penser son existence, c’est apprendre à bien la vivre jusqu’à la fin. Alors, allons-y!

LE TEMPS

1978 Le quadra «Le temps file entre les doigts comme une corde folle, et les frustrations commencent à s’accumuler.»

2018 L’octo «Je vais bientôt mourir et, comme disait le tant regretté Pierre Desproges, je fais quoi en attendant?»

Désormais, je pense ma vie comme une collection d’instants rares. Ayant renoncé aux grands projets, je peux me permettre ce que s’interdisait l’homme d’action: vivre au jour le jour pour y trouver la saveur d’exister.

Longtemps le souci du temps a pris le pas sur la qualité de mon vécu. Je suis en train d’inverser ces priorités et je trouve ça succulent.

LA FAMILLE

1978 Le quadra «On a souvent décrit les Servan-Schreiber comme un clan, voire une mafia.»

2018 L’octo «Une famille est un pacte existentiel. On y naît, on y vit, on y meurt en compagnie d’autres avec lesquels on a un peu ou beaucoup en commun.»

Octo, je suis à même d’apprécier la continuité avec la famille du Quadra. Instruit par l’exemple de mes parents, j’ai compris que pour que la famille dure, il faut favoriser les contacts entre ceux d’une même génération. L’idéal est que nos enfants et petits-enfants n’aient nul besoin de moi pour se réunir et faire preuve de solidarité en cas de besoin. Constatant que c’est pour la troisième génération ce qui est en train de se tisser entre eux, je souris intérieurement. Les valeurs communes ont donc bien été transmises.

LE COUPLE

1978 Le quadra «Dès que nous cessions de communiquer, l’envie de vivre semblait nous quitter.»

2018 L’octo «Un mois après notre rencontre Perla a déposé ses valises chez moi (où nous sommes encore).»

Et puis, chemin faisant, le vieux couple est voué à devenir un couple de vieux. Sur ce chapitre qui s’ouvre pour nous, ni les témoignages ni les observations ne sont nombreux, car auparavant on mourait trop jeune pour vivre de longues épousailles. Au point que vieillir ensemble passe encore pour un projet imprévu et risqué.

LES ENFANTS

1978 Le quadra «C’est probablement pour nous faire faire la folie de les mettre au monde que les petits enfants ont les yeux si brillants et des rires ensoleillés.»

2018 L’octo «Aucun des miens n’est drogué, gravement malade, en dépression chronique, incapable de trouver un emploi, en prison, ni fâché avec moi.»

LES AUTRES

1978 Le quadra «Chaque année passée depuis ma jeunesse m’a mieux fait admettre que je vous ressemble et que vous m’êtes nécessaires.»

Adulte, j’ai appris que chaque nation mettait un point d’honneur à dépenser cinq fois plus pour perfectionner son armement que pour aider les affamés du tiers monde.

2018 L’octo «Rares sont les liens indéfectibles. On peut partager le même lit des années, puis ne plus se voir, même sans fâcheries.»

J’ai appris que c’est dans ma relation aux autres que j’existe le plus complètement. Parce qu’elle me définit, me précise. Qui est sûr d’exister, au-delà de ses sens, si ce n’est en relation, en connexion avec ce qui n’est pas soi? Le besoin de l’autre est l’expression permanente de mon incomplétude.

Les autres sont pour moi des sources d’émotions, de stimulations, de désirs parfois, bref, de vie. Parce qu’ils sont mes semblables, ils me complètent ; parce qu’ils sont différents, ils m’enrichissent.

LE JOURNALISME

1978 Le quadra «Si je devais travailler aujourd’hui avec la personne que j’étais à vingt-trois ans, j’aurais du mal à la supporter.»

Aussi ai-je favorisé, dans les huit ou dix titres que j’ai dirigés, des qualités sans panache mais essentielles, comme la clarté, la précision, la couverture de l’actualité, la rigueur dans le contrôle des faits, l’élégance de la présentation et, surtout, l’honnêteté intellectuelle.

2018 L’octo «Je me suis trouvé, vers la soixantaine, confronté à une technologie de rupture devant laquelle mon expérience n’était plus adaptée.»

Ne suis-je pas né avant la télévision, le cinéma en couleurs, les antibiotiques, le droit de vote des femmes, la décolonisation, le rideau de fer sur l’Europe, la bombe atomique, la sécurité sociale, les voyages aériens, etc.? Et surtout longtemps avant la communication électronique qui est en train de remodeler les rapports entre les Terriens.

LA POLITIQUE

1978 Le quadra «Avec la politique on connaissait l’orgasme de l’élection, les délices de la renommée et une autojustification à toute épreuve.»

Il m’a fallu du temps pour comprendre que le but dominant de la politique n’est pas de résoudre au mieux et au plus vite les problèmes d’un peuple, mais de conquérir le pouvoir, et de s’y maintenir.

2018 L’octo «Une vision plus réaliste de la politique se résume pour moi à cette formule célèbre outre-Atlantique: It’s a dirty job, but someone has got to do it.»

Je n’en suis pas moins convaincu qu’il reste à la politique une mission majeure, et pour longtemps : la défense des droits de l’homme, qui sont à nouveau l’objet d’attaques et de remises en question sans précédent.

LE BUSINESS

1978 Le quadra «Aussi arrivai-je à la conclusion que si je réussissais ce que j’entreprenais, c’est que ça ne devait pas être très calé.»

Lorsque je considère mon activité… dans le monde du business, je ne me pose que trois questions: «Est-ce intéressant? Est-ce difficile? Est-ce moral?»

2018 L’octo «J’étais probablement trop intellectuel pour me contenter de faire fonctionner des entreprises, mais pas assez pour devenir un penseur établi.»

Peut-être suis-je incapable de croire que mes descendants puissent vivre dans une prospérité sans transcendance, mais pléthorique en divertissements pascaliens.

L’ESTABLISHMENT

1978 Le quadra «Qui donc a décidé de m’accepter et me l’a fait savoir? Tout simplement les secrétaires.»

L’origine des membres de l’establishment peut changer, leur durée, en fonction, se restreindre, le régime politique se transformer, leurs petites manies évoluer, mais le seul jeu qui les intéresse restera immuable : la loterie du pouvoir.

2018 L’octo «Me voici donc émérite ou honoraire dans des fonctions dont j’ai été si longtemps titulaire, la définition courtoise du has been.»

Autres pratiques salutaires: devenir très gentil, convivial, souriant, empathique, prévenant, serviable, drôle et reconnaissant. Car, dépouillé d’éminence sociale, il est crucial de faire ce qu’il faut pour que les autres vous trouvent de bonne compagnie.

LA DISTANCIATION

1978 Le quadra «Ma motivation, c’est l’envie de vivre, faite de curiosités, de désirs, de projets, de fantasmes, de sensations, de besoins.»

Si l’on veut accomplir, construire, réaliser quoi que ce soit, il ne faut pas abuser de la distanciation qui, à haute dose, rend sceptique, blasé, désabusé.

2018 L’octo «Mieux vaut reconnaître d’emblée qu’une vie ne peut être qu’une symphonie inachevée.»

Les sages taoïstes nous ont appris à nous garder de porter un jugement rapide sur ce qui se produit, puisqu’il est impossible alors d’en prévoir toutes les conséquences. Seule la distanciation temporelle révèle après coup la vraie portée d’un contretemps, comme d’une aubaine. Il n’est pas rare qu’avec les années, nos jugements s’inversent.

LA FORME PHYSIQUE

1978 Le quadra «Préférer la victoire sur soi-même à une assiette de profiteroles au chocolat, n’est-ce pas gravir un échelon vers la transcendance?»

J’ai fait le choix de me ménager pour donner à mon cerveau de meilleures chances de rester irrigué, à mon cœur de ne pas s’encrasser, à mes jambes de me porter, à mes yeux de percevoir la lumière.

2018 L’octo «Les quatre grands prédateurs de la Faucheuse, cancer, infarctus, AVC, Alzheimer, frappent au hasard. Il y a des semaines où, pour voir des amis, je navigue d’un hôpital à l’autre.»

Moi non plus je ne peux pas changer de carrosserie, je dois m’arranger avec ce dont je dispose.

LE MASCULIN

1978 Le quadra «Non seulement je trouve mes filles aussi futées que jolies, mais j’ai le sentiment d’avoir investi dans le parti qui monte.»

Parce que l’éducation des mâles, leur culture ne les ont pas préparés à vivre une sexualité fondée sur l’échange, le respect et la réciprocité.

2018 L’octo «J’ai d’autant mieux reconnu et apprécié ma part féminine qu’elle s’accompagnait d’une hétérosexualité inconditionnelle.»

Mon attitude à l’égard des femmes, je me la suis formulée en constatant ce qui est bénéfique dans le couple: à l’horizontale, animalité joyeuse ; à la verticale, respect, souvent admiratif.

 LA MORT

1978 Le quadra «Soudain, la mort saute sur la scène, claque des doigts: «Voilà ce que je fais de tout ça!» Message reçu, pour de bon.»

Vers trente-cinq ans, j’ai vu pour la première fois ma vie comme une fin de vacances. Mon premier coup de vieux.

2018 L’octo «Agnostique, je fais donc une sorte de pari de Pascal inversé: pour ne pas m’illusionner, je préfère penser qu’il n’y aura rien après ma mort et agir en conséquence.»

Selon les jours c’est pile ou face. Je peux ressentir que ma vie n’a aucun sens puisque je vais disparaître sans avoir compris le jeu. Et le lendemain c’est parce que je me sens mortel que chaque instant vécu m’est source de félicité.

 LA VIE

1978 Le quadra «Je n’avais pas d’estime pour ceux qui dormaient tard, parlaient beaucoup trop ou, plus simplement, rentraient chez eux à dix-huit heures pile pour retrouver leur femme et leurs gosses.»

 Principal responsable de mon conditionnement psychologique, j’apprends à minimiser ce qui me nuit et à favoriser ce qui m’est bénéfique.

2018 L’octo «Graduellement se dessine non plus ce que j’aurais pu ou aimer être, mais ce que j’ai été. Ça et pas davantage. Le rendez-vous décisif avec soi-même: tout ça pour ça?»

 Les années sont un filtre qui élimine le fantastique, l’illusoire, l’inaccessible, l’inutile…Des pans entiers de possibles disparaissent du fait que mon corps devient moins fort, moins agile, moins dynamique. Moins ardent aussi et c’est tant mieux. Des désirs moindres valorisent d’autant ceux qui demeurent et paraissent plus authentiques.

 L’AVENIR

1978 Le quadra «On ne peut pas s’émerveiller chaque fois qu’on allume l’électricité, qu’on décroche son téléphone ou qu’on monte dans sa voiture.»

 S’il me faut donc encore sauter de mon lit quatorze mille six cents fois, que vais-je trouver en me levant ainsi chaque matin?

2018 L’octo «Mon interrogation majeure sur notre époque se situe au niveau des valeurs. La seule qui reste universelle: le culte de l’argent, celui d’un veau d’or 2.0.»

 Le principal problème éthique sera de plus en plus l’accroissement vertigineux des inégalités eu égard aux fortunes colossales détenues par 1% de la population.

Épilogue : DE MON VIVANT

Un octogénaire, ça apprend à se faire plaisir avec trois fois rien.

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Émetteur du verbatim : François C

LA CHALEUR DU CŒUR EMPÈCHE NOS CORPS DE ROUILLER - Vieillir sans être vieux de Marie de HENNEZEL - Ed. Robert Laffont

La châleur du coeur empêche nos corps de rouiller ; vieillir sans être vieux L’abbé Pierre disait qu’il faut toujours garder les deux yeux ouverts, un œil ouvert sur la misère du monde pour la combattre, un œil ouvert sur la beauté ineffable, pour rendre grâce.

Vieillissez, ne vous opposez pas au réel, mais n’empêchez pas la vie d’accomplir son œuvre désirante, de faire jaillir du neuf, du nouveau, jusqu’à votre dernier souffle.

Au Danemark, 60% des plus de soixante-cinq ans travaillent.

La proportion de personnes âgées vivant seules est trois fois plus forte aujourd’hui qu’en 1962. 31% des personnes de plus de 65 ans souffrent d’être « trop seuls », et quatre femmes sur 5 âgées de plus de 75 ans vivent seules.

Nous allons vieillir plus longtemps, mais mieux. Encore nous faudra-t-il construire une image plus positive de cet âge de la vie, affronter nos peurs pour les dépasser, élaborer une vraie politique de prévention de la mauvaise vieillesse. Enfin, il nous appartiendra de lutter contre le déni du vieillissement et de la mort en «travaillant» à vieillir.

Comment tirer le meilleur usage de notre longévité pour accomplir cette ultime tâche, vieillir? Car il ne s’agit pas tant d’allonger une vie qui serait étouffante pour les autres, étouffante pour soi-même, que de trouver les clés d’une jeunesse intérieure donnant au temps qui reste à vivre toute sa lumière.

En Orient, on ne montre pas les corps mais les visages qui, bien que burinés par le temps, expriment la plénitude. Il cite les visages magnifiques des vieux sadous en Inde, la lumière des icônes. Ces dernières parlent d’un corps profond et pas seulement d’un corps apparent et corruptible. Elles enseignent qu’il est possible d’expérimenter un corps de lumière, double ontologique du corps physique.

Dans certains quartiers de New York se mettent en place des «cercles des aînés» pour permettre à ceux qui souffrent de se sentir inutiles et seuls de transmettre aux générations plus jeunes un savoir sur la vie.

Ils rêvent d’être des vieillards rayonnants, «rassasiés de jours», comme il est écrit dans la Bible, heureux d’avoir mené à bien cette aventure qu’est la vie, heureux de terminer leurs jours paisiblement et de porter sur le monde ce regard de bienveillance que l’on acquiert lorsque l’on n’a plus rien à perdre, à prouver, à défendre.

La vieillesse trouve ainsi son sens dans l’accomplissement d’une vie. Elle représente à la fois le couronnement d’une vie, son achèvement, mais aussi l’espace psycho-spirituel propice à son ultime résolution, car ce qui n’a pas été accompli en son temps, dans le passé, se trouve toujours déposé en elle, en attente d’être réalisé.

Une vie accomplie est une vie apaisée. C’est pourquoi il est si important de mettre de l’ordre dans sa vie avant de quitter la scène du monde, de faire le bilan.

Jacqueline Kelen distingue la solitude triste, souffrante des personnes âgées, abandonnées, oubliées, mises à l’écart, qui serait plus exactement un isolement, de la solitude «belle et courageuse, riche et rayonnante, que pratiquèrent tant de sages, d’artistes, de saints et de philosophes».

Insistant sur cette expression magnifique: la «fécondité du temps», Robert Misrahi affirme que, contre toutes les apparences, la personne âgée peut rester désirante, dans un élan vital, un vouloir-vivre, même quand l’avenir se dérobe. La vieillesse peut être une ouverture et non pas une fermeture.

Enseigner aux vieux que la vieillesse n’est pas un naufrage mais l’occasion d’une véritable renaissance. Misrahi imagine cette rééducation à trois niveaux. Celui de la créativité, de la joie et de la sérénité face à la mort.

Quel que soit l’état dans lequel nous vieillirons, quel que soit le lieu, cette énergie du cœur, si nous l’entretenons, est capable de nous transformer et de transformer notre regard sur le monde.

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Cocteau J’aime vieillir, l’âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. L’amitié, le travail tiennent toute leur place.

  1. Decour C’est bien le moment de nous souvenir de l’amour. Avons-nous assez aimé? Avons-nous passé plusieurs heures par jour à nous émerveiller des autres hommes, à être heureux ensemble, à sentir le prix du contact, le poids et la valeur des mains, des yeux, des corps? Savons-nous encore bien nous consacrer à la tendresse? Il est temps, avant de disparaître dans le tremblement d’une terre sans espoir, d’être tout entier et définitivement amour, tendresse, amitié, parce qu’il n’y a pas autre chose. Il faut jurer de ne plus songer qu’à aimer, aimer, ouvrir l’âme et les mains, regarder avec le meilleur de nos yeux, serrer ce que l’on aime contre soi, marcher sans angoisse en rayonnant de tendresse.
  2. Hesse Etre vieux représente une tâche aussi belle et sacrée que celle d’être jeune.
  3. Kelen Le fond de l’être est joie, légèreté, fraîcheur, mais il fallait désencombrer la source, quitter les oripeaux, abandonner le «vieil homme», ses souffrances et ses certitudes.
  4. Misrahi Le désir n’est pas, comme on le dit trop souvent, le règne de l’impossible. Il est au contraire un dynamisme visant la joie et la relation à l’autre comme reconnaissance réciproque. Si l’essence de l’homme est le désir, alors la poursuite de la joie est sa vocation.
  5. Silesius A. Chacun a en lui l’image de ce qu’il doit devenir. Tant qu’il ne l’a pas réalisé, son bonheur n’est pas parfait.
  6. Spinoza La jouissance du présent ne cesse d’étoffer le temps.

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Émetteur du florilège : François C