A Livr'Ouvert

171b bd Voltaire, 75011 Paris.
Latitute/longitude: 46.75984 1.738281

Tel: 09.52.65.38.67

Le lundi de 12h à 19h et du mardi au samedi de 10h à 19h30.

Mail: contact@alivrouvert.fr

Les verbatims de François

Indian Therapy de Juliette Tissot - Tensing

Et moi, je suis libre et enchaînée à ma vie de femme d’expat.

J’ai beaucoup travaillé, lui aussi. On a voyagé, on a continué à danser et à rire. Et puis l’envie d’avoir des enfants s’est imposée, l’horloge biologique, la nature, la raison, le sourire d’un bébé dans la rue.

J’ai senti que le poids de ma vie quotidienne allait finalement me manquer. J’ai senti la perte et le manque au bout de mes doigts, l’abandon et le vide.

En quelques heures, à peine arrivée à Delhi, j’ai senti que ma nouvelle vie serait pleine d’ambivalences.

En Inde, on arrive tôt ou tard aux limites, à ses limites.

Delhi est une ville où le bruit est un mode de vie.

C’est V. qui m’a d’abord déniaisée sur l’esclavage moderne en Inde.

La femme d’expatrié gère une petite PME.

J’ai connu ici l’euphorie, la déprime, l’énervement, la beauté, la compassion. Aujourd’hui, je suis dans un état proche de l’énervement absolu, prête quitter ce pays à la première occasion, prête à hurler plus fort que les chiens errants qui m’empoisonnent, prête à vivre partout sauf ici.

Je ne suis qu’une accompagnatrice de monsieur mon mari, c’est normal…A aucun moment il y en a une qui s’est demandé si j’avais un travail, une passion.

Mon pouvoir sur ces gens est immense. Ils sont prêts à tout pour avoir un travail, quitte à dormir par terre comme des chiens.

Oh ! Inde, Odeurs d’épices, Odeurs de pisse…Une puanteur indescriptible, l’Inde comme on en rêve dans nos pires cauchemars.

Ce départ en Inde a chamboulé tout ce que j’étais. Il a donné un coup de fouet à notre existence, à notre couple, à notre famille. Mais je me demande aujourd’hui si c’était le bon fouet.

Cette incapacité de l’Homme à être heureux ou juste bien dans la durée. Vous me comprenez un peu Docteur Kumar ou vous me considérez comme une enfant gâtée.

Stéphane met le doigt sur ce qui fait mal, sur cette perte de mon indépendance. Et si tu me quittes demain, Stéphane, je fais comment ? Et si j’ai envie de te quitter ? Tes questions ne sont pas anodines. Pourtant, tu avais promis. Tu avais dit que ton argent, c’était mon argent, tu avais promis.

Entre Françaises de Delhi, c’est un peu comme aux Alcooliques anonymes, on est toutes liées par les mystères de nos vies indiennes.

La vie d’expat en Inde m’a montré ce soir-là son visage alcoolisé, libéral, sensuel et festif.

J’ai l’impression d’être dans un tunnel sans fin.

Chaque matin, c’est comme si je vivais en Inde pour la première fois. Chaque matin, je réalise que je vis dans un autre monde.

Il faut reconnaître que les Indiens ont la domesticité dans les gènes.

Les jalousies à l’extérieur, le poids des traditions et de la société ont eu raison de son désir de changer les choses. Elle n’a pas pu changer l’Inde.

Que des trucs anti, anti, anti tout, anti maux de l’Inde, ce pays de tous les dangers.

Il n’y a pas l’eau courante à Delhi. L’eau de la ville ne coule que quelques heures par jour.

Les Indiens chrétiens ne sont pas des hindous, mais ils ont bien ce même sens de la destinée, du destin collé à la peau, de la malédiction et des coups du sort.

Le fauteuil roulant est un luxe que les handicapés pauvres ne peuvent pas s’offrir. Les culs-de-jatte se déplacent en planche à roulettes. Les victimes de la polio marchent avec leurs bras.

Objectivement, les poux, c’est immonde, sale, dégoûtant, mais j’aime être cette maman singe, cette chatte qui extrait le parasite de ses petits.

Franchement je trouve qu’un Indien considère souvent son serviteur comme un chien. Et à part le dernier Indien qui est tout en bas de l’échelle, chaque Indien a sous lui un esclave à exploiter.

J’ai l’impression de vivre à côté de moi-même. Je fais les choses, je parle, mais je vis mécaniquement. Face aux autres, j’ai l’impression d’être une illusion, un mirage. Je n’existe pas tout à fait, je suis le fantôme de ce que j’étais.

Je ne changerai pas l’Inde, c’est elle qui me changera. C’est à moi de m’adapter, de sortir, de rencontrer. Je veux retrouver de la douceur à être avec moi-même…Petit à petit je crois que nous avançons.

«Je ne sais pas qui vous a mis dans la tête que vous ne pouviez pas faire certaines choses, alors que vous pouvez. Votre souffle peut tout. Le yoga va vous aider à être en pleine possession de vous-même. Vous allez réveiller la Kundalini.»

Les épanouies prennent l’expatriation comme une opportunité, un nouveau départ, elles ont envie d’apprendre, de créer, elles n’ont pas peur d’affronter les différences.

Je dépasse ma douleur, je la dompte, je la canalise. Je veux y arriver, je peux le faire, je vais y arriver. Je me découvre des forces insoupçonnées. J’y suis. J’y arrive.

Je me sens vivante et c’est une sensation qui n’a pas de prix.

C’est en laissant le temps vivre en nous, exister, s’aérer, s’évaporer, s’étendre qu’il peut ralentir. Le temps pressé devient exaspérant car il reste toujours insuffisant tellement on veut mettre de choses dedans…Il faut attendre d’avoir trente-neuf ans pour comprendre cela ?

Ces années sans travail et sans tâches obligatoires sont un cadeau. Je dois le prendre et m’en réjouir.

C’est mon réveil des sens, mon côté prise de conscience existentielle. Je deviens aware, tellement aware. Je deviens dingue aussi, mais plus comme l’année dernière. Cette année, la folie est agréable et les Indiens sont beaux.

J’ai enfin laissé tomber mes grosses valises d’idées logiques et de jugements. Je goûte au bonheur, à la plénitude de l’instant. Souvent je sens comme un pincement agréable dans mon cœur qui me dit justement pince-toi pour voir, pour voir combien le bonheur est là tout près de toi, comme l’amour.

Depuis quelques semaines, beaucoup de choses s’ouvrent en moi. Je vais de découverte en découverte. Comme si je trouvais ma propre humanité, mon vrai moi.

L’Inde nous rappelle que tout est possible, que sur cette terre des hommes et des femmes ne vivent pas et ne pensent pas comme nous, l’Inde nous déstabilise, l’Inde nous rend fou parfois, j’aurais pu être sa nouvelle victime. Mais finalement, je ne suis qu’une Occidentale de plus à avoir reçu la grâce des mains de Lord Ganesha.

Et pourtant, je me sens comme au bord du précipice une nouvelle fois. L’Inde m’a changée, l’Inde a changé ma famille, mon rapport au monde, au travail, au sens de la vie…J’ai l’impression que Paris est aussi une expatriation. S’expatrier, c’est littéralement vivre en dehors de la patrie, loin du père. Alors revenir dans sa patrie, c’est vivre de nouveau près du père.

On ira où tu voudras, quand tu voudras.

*

Verbatim proposé par François C.

L'hypercapitalisme mondial d'Alain Cotta - éditions Odile Jacob

hypercapitalisme mondial

Les deux capitalismes

Une coexistence hostile

Le capitalisme d’entreprise doit désormais vivre avec un capitalisme d’Etat dans une cohabitation qui n’est pas sans nuages et qui peut aller d’une indifférence feinte à une franche rivalité, sans exclure une hostilité qui incite les pessimistes à craindre l’explosion d’une troisième guerre mondiale.

La rivalité sur les marchés de biens et de services (la sphère réelle)

La rivalité dans le domaine financier

L’expansion d’une rente financière mondiale, de plus en plus indépendante de la croissance de la production des biens et des services.

Le fait que le capital réel, la richesse « réelle » s’élève à 200 trillions de dollars en 2014 (un trillion = 1000 milliards), et que la richesse financière représentée par la totalité des actifs financiers atteint 300 trillions, soit désormais plus que la première, et 60% du capital total, matériel et financier, de l’espèce humaine…Cette supériorité va s’accroissant, puisque le taux de croissance du produit réel mondial avoisine les 2,5% sur le long terme et celui du capital financier 5%, soit deux fois plus.

De la rivalité à l’hostilité

La rivalité dans les domaines économique et politique entre les deux capitalismes fermement décidés à rester eux-mêmes s’impose avec plus de force que dans l’ «ancienne» coexistence.

Ce sentiment de rivalité vient de connaître une intensité nouvelle, sûrement définitive, avec le couplage de la constitution du groupe de Shanghaï et de l’annonce du grand plan chinois dit « Une route, une ceinture » par le président Xi Jinping.

Faire du yuan –ou renminbi- une monnaie mondiale, coexistant avec le dollar sur une base d’égalité, est à l’évidence le projet permanent de la Banque centrale chinoise, exécutrice de l’ambition d’un parti qui l’affiche avec une discrétion égale à l’intensité de sa volonté.

La guerre ?

L’éventualité d’une guerre préventive

Le crépuscule des guerres traditionnelles

L’aube des guerres nouvelles

L’expression des guerres est en train de se modifier totalement sous l’influence d’une révolution digitale dont on ne peut pas prévoir toute l’étendue.

Les armes d’une guerre cybernétique sont en dehors du champ spatial des affrontements. Elles constituent l’ensemble des éléments définissant la puissance informatique d’une nation, soit la qu     alité de ses ordinateurs, le nombre et la capacité des algorithmes nécessaires au développement de ses stratégies ainsi qu’à la connaissance presque instantanée de celles des éventuels agresseurs, sans omettre l’habileté de leurs utilisateurs.

Le déclenchement d’une guerre cybernétique plonge donc l’agressé dans quatre incertitudes successives : quel agresseur ? Puis, à supposer qu’il soit identifié, comment lui répondre ? La réponse sera-t-elle efficace ? Et, enfin, celle de l’intensité du risque d’une contre-réponse imprévisible.

L’asymétrie de cette guerre traduit l’extension dans le domaine de la violence de la substitution généralisée de l’information à l’énergie, de la pensée au muscle. Terminator perd définitivement sa place au profit d’un virtuose du clavier. Jamais plus d’hommes sur le terrain avec leurs armes légères ou lourdes, plus de blessures ou de morts physiques, plus de gagnant ou de perdant définitif et durable, mais une guerre de robots de plus en plus algorithmiques conçus ou manipulés par des militaires sans uniforme, jouant à la guerre plus qu’en la vivant –ou en en mourant.

Une réconciliation fusionnelle des entreprises et des Etats-nations ?

La réconciliation économique des entreprises et des Etats-nations

La dernière révolution de l’âge digital devrait s’accompagner, comme les deux révolutions précédentes, d’une concentration progressive conduisant à des oligopoles sectoriels devenus stables, après que la concurrence a épuisé ses effets favorables pour les vainqueurs.

La concertation des banques centrales

Une Agence mondiale de réassurance de défauts de paiement d’entreprises réunirait plus facilement les institutions des deux capitalismes que celle qui garantirait le remboursement des dépôts en tout genre, notamment ceux placés en gestion patrimoniale.

La convergence des structures sociales dans les deux capitalismes

Le rôle discriminant de la propriété s’efface lentement au profit du pouvoir dont l’origine est de moins en moins militaire, non plus uniquement liée à la possession età l’usage des armes ou de toute autre richesse matérielle, terre comprise, mais à la nécessité d’assurer un ordre économique, lui-même condition nécessaire de l’ordre social. Et qui dit détention d’un pouvoir dit liberté et récompense. Et absence de pouvoir, dépendance et résignation.

Les hyperriches

Ces hyperriches ne sauraient constituer plus de 2% de la population mondiale. Ce n’est pas une classe…plutôt une caste dont les membres se reconnaissent, s’envient et s’estiment à la mesure de leurs revenus près, de leur patrimoine et surtout à la similitude de leurs références et de leurs objectifs.

L’actuelle phase de la mondialisation favorise bien plus qu’elle ne tolère la constitution de cette nouvelle caste de l’espèce humaine. Et aucune occurrence, même une guerre, ne paraît aujourd’hui devoir ralentir la montée des inégalités de pouvoir et de richesses qu’elle constitue.

La classe moyenne mondiale

Le nombre des individus connectés dans une population donnée deviendra un critère du niveau de développement qui se substituera à celui de la « production par tête ».

La classe moyenne mondialisée acquerra une homogénéité croissante, supérieure sûrement à celle qu’elle manifestait dans les sociétés occidentales. Son resserrement autour d’une moyenne mondiale est une quasi-certitude, d’autant que la nature digitale des activités salariées s’imposera à tous.

De plus en plus d’individus auront un revenu et un mode de vie des plus voisins et « moyens », comparés aux deux autres catégories sociales : les hyperriches et les exclus.

Avec l’âge digital, le capitalisme devenu mondial allait –ce n’est qu’un début- se donner pour objectif de rassasier les envies infinies du cerveau limbique, ceux issus d’un « corps bleu » où tous nos sentiments transitent et naissent dans le cerveau.

L’image, d’autant qu’elle est gratuite, régnera sur la classe moyenne comme l’argent sur les hyperriches, appelant dans son sein des icônes humaines, ballons aux mains, chansons aux lèvres et fesses à l’air.

Les exclus

Pour la première moitié du siècle actuel, à moyen terme, l’exclusion d’un nombre élevé d’individus est inévitable…Plus du tiers de l’humanité ne sait toujours pas lire, plus encore écrire, sans évoquer la toute petite fraction qui parvient à maîtriser les rudiments des mathématiques.

La mondialisation actuelle de toutes les techniques connues provoque la montée des exclusions. Leur poursuite, désormais organisée et programmée, ne pourra que l’accroître encore.

Des accidents de parcours ?

L’instabilité économique

Une crise systémique mondiale paraît désormais fort improbable pour plusieurs raisons concordantes.

L’évolution de ce très probable triopole (Chine, Etats-Unis, Europe) obéira aussi, comme depuis l’invention de la monnaie, à des considérations politiques. Entre tous les états possibles des relations entre ses trois membres, les choix dépendront sûrement des relations politiques entre deux de ces puissances, la Chine –en fait- et les Etats-Unis –en droit-, l’Europe n’ayant guère de « chances » de devenir un Etat fédéral.

Les désordres sociaux

Ces derniers, qu’il s’agisse des inégalités ou du chômage, pourraient être plus difficiles à calmer.

Aux inégalités croissantes devenues considérables, les remèdes sont presque identiques et, ce, dans les deux capitalismes. Ils se réduisent, en fait, à en limiter les effets quotidiens en assurant aux moins bien lotis de quoi les dissuader de manifester violemment la précarité de leur sort.

L’exclusion involontaire, le chômage, constitue le seul danger véritable, d’autant plus inquiétant que les chômeurs sont nombreux, en valeur plus absolue que relative, et que le niveau de vie du reste de la population est élevé.

Plus le niveau de vie moyen d’une nation est élevé, plus les « indemnités » versées au chômeur doivent l’être pour qu’il ne soit pas condamné à la condition de paria.

Avec la mondialisation, l’hypercapitalisme ne saurait demeurer à l’abri des transferts massifs de population naturellement provoqués par les inégalités existantes entre les niveaux de développement des nations et, plus encore, entre celles des continents entiers (ou presque) comme l’Afrique, d’autant que les accroissements de population, plus rapides dans les nations « pauvres » que « riches », augmentent spontanément la pression des émigrations souhaitées.

Dès 2050, la population africaine, hors émigration, devrait atteindre 2 milliards d’individus, soit près de 20% de la population mondiale, et celle de l’Europe moins de 5%. Six fois plus de pauvres que de riches –si proches.

Ainsi les différences de niveaux de vie, en l’occurrence des salaires entre les espaces d’émigration et d’immigration, constituent-elles un facteur de désordre social éventuel presque supérieur à celui du chômage.

Les désordres d’origine démographique seront difficiles, pour ne pas dire impossibles, à prévenir tant ils sont lointains pour les « riches d’accueil » et instantanés pour ceux que la mort d’inanition guette sur leurs lieux de naissance avant qu’ils ne risquent leur vie pour l’éviter…De tous les désordres, ils seront les plus violents et les plus malaisés à traiter lorsqu’ils deviendront très pressants.

Des religions ambiguës

Les religions et l’argent

Un harmonieux concert

Que les religions soient immanentes ou transcendantes, qu’elles aient été parcourues de schismes et d’hétérodoxie durables ou non, qu’elles imprègnent les modes de vie et de pensée de continents différents, elles adoptent à très peu de différences près la même position à l’égard de l’argent, du luxe et des inégalités sociales. Toutes opèrent un compromis entre une réticence morale, garante de l’ordre social, et l’acceptation profane de l’irrépressible volonté de chaque individu de s’enrichir pour mieux vivre et, pour certains, d’acquérir les moyens de gouverner leurs semblables.

Une note discordante : l’islamisme

L’émancipation des femmes qui accompagne l’hypercapitalisme en marche constitue sans aucun doute l’une des raisons de la réserve des dirigeants politiques des nations musulmanes et de la franche opposition de ses religieux, bien qu’elle demeure inexprimée et d’une intensité inégale selon que celles où cette religion prévaut ont plus ou moins connu la pression colonialiste de l’Occident au cours des deux siècles précédents.

L’hypercapitalisme : une nouvelle féodalité

Les nouveaux seigneurs

Le succès durable de cet hypercapitalisme assure la naissance permanente d’hyperriches dont la population s’accroîtra d’autant plus vite que la mondialisation sera totale. Leur fortune issue, à l’origine, du profit, s’alimentant ensuite aux rentes immobilières et surtout financières…fera à ces nouveaux rentiers une place des plus enviables dans la population des nouveaux seigneurs.

La multitude mondiale

Les exclus

Sur la très solide assise du pouvoir de l’argent, cette liberté frappée pour ceux qui le détiennent et ce rêve de la richesse pour les « autres », la nouvelle féodalité de l’hypercapitalisme mondial a de très beaux jours, années, peut-être même siècles devant elle.

*

Verbatim proposé par François C.

Comprendre et appliquer Sun Tsu en 36 stratagèmes de Pierre fayard - éditions Dunod

https://images.epagine.fr/889/9782100769889_1_75.jpg

Partie 1 STRATAGEMES DE L’EMPRISE (en situation de domination)

Cacher dans la lumière (Aveugler).

Dans une situation désavantageuse ou bloquée, éviter de lutter en pure perte contre des positions irréductibles dominantes. Un usage stratégique du paradoxe va s’attacher à les renforcer dans un premier temps pour mieux composer avec, et les manipuler dans un second.

L’eau fuit les hauteurs (Déplacer).

Dans un conflit ouvert, au lieu de se conformer à un ordre du jour favorable à autrui, mieux vaut temporiser et s’en soustraire dans la sécurité. Contourner la difficulté en investissant un terrain, ou un argumentaire périphérique et accessible, puis l’imposer comme celui de la décision.

Général Beaufre: l’essentiel dans la stratégie consiste à maintenir et augmenter sa liberté d’action.

Le potentiel des autres (Instrumentaliser).

Lorsqu’un objectif est difficile à atteindre, faire en sorte que d’autres le fassent pour soi!

« Tuer avec un couteau d’emprunt »

Dicton chinois : Si tu veux réaliser quelque chose, fais en sorte que tes ennemis le fassent pour toi.

Les vases communicants (Transvaser).

En se mettant hors d’atteinte, renforcer sa position relative tout en observant l’engagement des autres parties prenantes. Attendre que la situation se renverse. Jouer la montre.

« Attendre tranquillement un ennemi qui s’épuise »

Dicton chinois : Le stratège attire l’ennemi et ne se fait pas attirer par lui.

Le chaos fertile (Bénéficier).

Quand un ordre ancien se délite, cela génère un appel d’air créateur d’occasions. A quelque chose malheur est bon. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme et les ennuis de mes ennemis sont mes amis. Dégénérescence d’un côté, croissance de l’autre.

Le cycle le plus court OODA (Observation, Orientation, Décision, Action) donne un avantage à la fois offensif et défensif à travers la disposition d’un éventail d’opportunités plus imprévu et plus diversifié.

« Piller les maisons qui brûlent »

Sun Tzu: La tâche première du général est de se rendre invincible (…) Les occasions de victoire sont fournies par les erreurs adverses.

La stratégie adore le vide (Dériver).

Rendre le comportement d’un partenaire ou d’un adversaire prévisible. Renforcer ses convictions et ses attentes et aller dans leur sens pour mieux les prendre à contre-pied. Une illusion éclatante occulte la réalité. Accréditer un mirage pour mieux tromper. Jouer de l’effet levier des apparences.

« Mener grand bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest »

Sun Tzu Celui qui sait quand s’engager, fait en sorte que l’autre ignore quand se défendre (…).

Le général exemplaire gagne à distance en s’attaquant à la stratégie de l’ennemi et en manipulant son esprit.

Partie 2 STRATAGEMES DU FIL DU RASOIR (Stratagèmes de confrontation et des batailles incertaines)

Créer à partir de rien (Créer).

Toute chose de ce monde procède du néant et la réalité croît dans le mirage des apparences. La force de l’illusion et de l’imagination appellent à la création du réel. Plutôt que d’imposer ses arguments, faire son marché dans ceux des autres parties prenantes, puis les mettre en scène pour leur donner consistance.

« Transformer le mirage en réalité »

Vaincre dans l’ombre (Divertir).

Fixer dans le visible conventionnel –la force Zheng- pour mieux l’emporter par la force Ch’i (ensemble des procédés, méthodes et moyens non orthodoxes, extraordinaires et hors-normes). User des formes orthodoxes pour couvrir une ruse inédite. Gesticulation diurne, action nocturne. Accréditer un comportement rationnel pour l’emporter au moyen d’un subterfuge inattendu.

« Se donner une apparence trompeuse tout en cachant la véritable intention d’attaque »

Sun Tzu Attaquer en pleine lumière, vaincre en secret (…)

Profiter de l’aveuglement (Accroître).

L’attente stratégique. Patienter jusqu’à ce que l’incendie appelle les secouristes qui en tirent profit. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Tirer bénéfice des crises et des conflits extérieurs pour s’en approprier les richesses sans gouvernail. A distance du chaos, le stratège observe avant d’intervenir à point nommé.

« Contempler l’incendie de la berge opposée »

Sun Haichen Tant que l’huile alimente le feu, attendre à bonne distance (…) Le bon stratège maîtrise l’art du délai.

Le sourire du tigre (Adoucir).

Un sourire qui désarme cache le chemin des armes. Quand l’aménité héberge le danger. Endormir la vigilance adverse par une conduite paradoxale et des dehors aimables, puis inverser les qualités. Des dehors inoffensifs sécurisent l’offensive à venir. Bouche de miel, cœur de fiel.

« Cacher un poignard derrière un sourire »

Sun Tzu Quand l’ennemi cherche à attaquer, songez à négocier. Quand il cherche à négocier, songez à l’attaquer.

Qui sait perdre gagne (Sacrifier).

Perdre petit pour gagner gros. Abandonner la part du feu pour éteindre l’incendie. Le sacrifice utile. Savoir perdre pour gagner ensuite assure la durée à une force dominante qui use intelligemment de ses faiblesses réelles ou simulées. Perdre une bataille pour mieux gagner la guerre.

« Sacrifier les détails pour sauver l’essentiel »

Dicton chinois Il faut sacrifier les détails pour réaliser les grands desseins.

La chance se construit (Profiter).

Prévoir le futur dans le détail est une gageure. Il est plus stratégique de se rendre disponible à l’improbable et d’accueillir l’inconnu sans trop se préoccuper de sa rentabilité a priori. La chance est une construction de tous les instants car l’occasion fait le larron. Cultiver largeur d’esprit, vigilance et réactivité.

## Partie 3 STRATAGEMES D’ATTAQUE (Stratagèmes de situations de bataille, offensives ou en position d’assaut)

La pince des louanges (Révéler).

Agir à contretemps tout en anticipant pour révéler des intentions à leur état embryonnaire alors qu’elles sont fragiles, peu étayées et vulnérables. Provoquer une floraison hâtive pour la rendre stérile. Débusquer les desseins cachés pour agir à propos. Mobiliser l’ensemble de ses ressources en étant renseigné quand les autres parties prenantes sont encore dans l’impréparation.

« Frapper l’herbe pour débusquer le serpent »

Sun Tzu Une armée sans espions est comme un corps sans yeux et sans oreilles.

Le potentiel du passé (Réincarner).

Au lieu de ne compter que sur soi, redonner vie à ce qui a été vécu pour le faire servir à de nouvelles fins. Les réussites, élans sentimentaux, symboles et fantômes du passé reprennent de l’actualité dans le cadre d’une nouvelle dimension. Ce que tout le monde recherche est difficile à se procurer, alors que ce qui ne sert plus implore qu’on l’utilise. Emprunter un cadavre pour le retour de son âme.

« Reprendre vie sous une autre forme »

La victoire par la situation (Disjoindre).

Quitter des terrains minés pour d’autres favorables. En jouant sur l’aveuglement et la présomption d’un puissant, l’attirer sur un terrain qui le rend vulnérable. L’adéquation aux circonstances et aux contextes fait le succès ou l’échec.

« Attirer le tigre de la montagne vers la plaine »

Sun Tzu Le général ne demande pas la victoire à ses soldats, mais à la situation dans laquelle il les déploie.

Lâcher pour saisir (Retourner).

Consolider pour affaiblir. Eviter de supprimer toute marge de manœuvre à une adversité acculée en la contraignant ainsi à l’inventivité ou à une résistance farouche. Laisser doucement miroiter une solution séduisante qui va doucement affaiblir sa position et créer les conditions d’un renversement de situation. L’action paradoxale. Assurer dans un premier temps le contraire de ce qui est attendu pour mieux concrétiser dans un second.

« Laisser courir pour mieux saisir »

Lao Tseu Avant de détruire, il faut construire ; avant d’affaiblir, il faut consolider ; avant de prendre, il faut donner ; avant d’attaquer, il faut laisser partir.

Dicton chinois Duper en se servant du mode de pensée de l’adversaire, il devient l’otage de sa propre illusion.

Du plomb pour de l’or (Investir).

Capturer un gros poisson avec un appât minuscule. Offrir avec prodigalité ce qui est gratuit pour gagner ce qui ne l’est pas. Céder ce qui ne coûte rien pour créer les conditions d’obtenir ce qui coûte. Payer en banalités de brillantes idées. Donner peu pour obtenir beaucoup. L’alchimie des poubelles.

« Donner une brique pour ramasser du jade »

Dicton chinois Abandonner un avantage momentané pour assurer une victoire durable ultérieure.

Qiao Liang Comme jamais dans la guerre, l’incertitude, l’aléatoire et l’imprévu dominent. Dans ce flou radical, attendre de règles fixes et établies la définition d’un espace de jeu prévisible est totalement aléatoire.

Le poisson pourrit par la tête (Orienter).

Frapper à la tête. Derrière les actes et les positionnements, identifier les intentions qui les animent. Dégager l’essentiel. Viser le centre de gravité d’une manœuvre ou d’une organisation. Stratagème du talon d’Achille ou de l’effet multiplicateur. Viser la clef de voûte d’un édifice et le désorganiser.

« Pour neutraliser une bande de brigands, capturer en priorité leur chef »

Partie 4 STRATAGEMES EN SITUATIONS CHAOTIQUES (Situations propices à des bifurcations soudaines à la genèse souterraine)

Travailler en montagne (Prévenir).

Tarir la source qui fait la puissance d’un courant plutôt que s’évertuer et dépenser en vain pour le contenir. Se concentrer et agir sur les conditions initiales en amont des phénomènes. Attaquer sur les arrières.

« Retirer les bûches sous le chaudron ».

Dicton populaire Ne pas s’opposer à la force, lui retirer son point d’appui.

La confusion opportune (Confondre).

Le profit du chaos. Pêcher avantageusement en eau trouble. Tirer profit du brouillard avec opportunisme sans être prévisible. Perturber à dessein l’ordre et les relations dans une situation. Dissoudre les relations de causes à effets.

« Semer la discorde pour en tirer profit ».

Dicton chinois La meilleure façon de contrôler son ennemi est de laisser la nature faire son œuvre.

Les temps difficiles créent les héros.

Muer sous la façade (Renaître).

Plier aujourd’hui pour mieux l’emporter demain. Sacrifier à des apparences pour mieux préserver la substance. Paraître d’autant plus impassible qu’on est déterminé. Renaître sous un rideau de fumée. Changer sans le donner à voir. Grand calme avant la tempête. Reculer pour mieux sauter.

« La cigale d’or fait sa mue »

Dicton chinois Quand tu t’échappes, fais-le très secrètement sans que cela ne se sache. Construis un faux bastion afin de dissuader l’ennemi d’attaquer, et retire toi discrètement en laissant un nid vide.

Stratagème de la chèvre (Piéger).

Au lieu de s’épuiser en arguments pour convaincre qui ne veut rien entendre, le laisser déterminer lui-même comment il concevra son piège. Une fois qu’il sera attiré, obturer les chemins de retraite. Fluidifier pour mieux fixer. Chercher la femme. Privilégier la stratégie sur la tactique.

« Refermer la porte de la maison sur les voleurs »

Dicton chinois Dans le conflit, projeter un rocher sur l’ennemi au fond d’un puits.

S’allier au diable pour servir dieu (Echelonner).

Contrebalancer le poids de ses voisins par une alliance lointaine. S’associer au mal pour mieux servir le bien. Intégrer une force contraire en la plaçant dans un contexte qui l’oriente autrement. Des adversaires distants se transforment en partenaires locaux. Soigner le mal par le mal. L’alliance de revers.

« S’allier avec ceux qui ne sont pas dans son organisation pour maîtriser ceux qui le sont. »

Convertir un emprunt en acquis (Prétexter).

Prétexter une nécessité temporaire pour s’assurer une position durable. Stratagème du chevalier blanc. Transformer les bonnes relations en vecteurs d’expansion. L’ingratitude gagnante.

« Profiter de la bonté de quelqu’un pour le maîtriser ».

## Partie 5 STRATAGEMES POUR GAGNER DU TERRAIN (Obtenir par la ruse ce que d’autres possèdent ou bien contrôlent)

S’approprier la charpente (Remplacer).

Semer la confusion par des mouvements inattendus, puis échanger les places de la substance et des apparences. Une fois identifiées, s’approprier les valeurs d’autrui en les remplaçant par des articles pourris sans qu’ils paraissent comme tels. Stratégie du vampire, valeurs contre monnaie de singe. Du caviar pour le prix d’œufs de lump.

« Voler la poutre et la remplacer par un pilier »

Dicton chinois Aussi splendide que semble un édifice, si on affecte ses poutres et ses piliers, il s’écroule.

Châtier la poule pour effrayer le singe (Dissuader).

Agir résolument là où la chose est aisée pour éviter d’avoir à le faire là où c’est difficile. Se montrer intraitable dans la normalité pour éviter de s’y risquer dans la sphère du danger. L’extrême rigueur dans les détails assure la facilité dans les grandes entreprises. Faire un exemple à peu de frais pour éviter ce qui serait coûteux et hasardeux à réaliser. La partie pour le tout. Le billard à trois bandes.

Dicton chinois Une armée est invincible lorsqu’elle craint plus ceux qui la commandent que ses ennemis !

Un profil bas sécurise l’intelligence (Endormir).

L’affichage de la force et de l’habileté stimule et arme la vigilance et les manœuvres en sous-main de l’adversaire. Ne pas en donner les apparences anesthésie la vigilance d’autrui. En situation désespérée, jouer au con ou feindre la folie est un gage de survie. La sagesse chemine sous le couvert de la balourdise.

« Feindre la bêtise sans tomber pour autant dans la sottise ».

Proverbe chinois Abuse ton adversaire en l’incitant à sous-estimer tes propres capacités.

Le cadeau empoisonné (Inciter).

Pour provoquer un comportement particulier, faciliter une avancée sans retraite possible. Ce à quoi on ne peut inciter, faire en sorte que d’autres le fassent avec conviction et ténacité. Tendre la détermination de ses troupes en supprimant toute alternative autre que la victoire. Couper les ponts. Brûler ses vaisseaux.

« Faire monter sur le toit, puis retirer l’échelle »

Enrôler la force adverse (Dramatiser).

User de la crédulité d’un puissant pour emprunter sa force et se donner une apparence de dominant. Adopter une fière allure en s’habillant des vêtements et arguments d’autrui. Stratagème d’emphase et d’emballage.

« Orner de fleurs un arbre sec »

Sun Tzu En absence de troupes, utilise celles de ton ennemi.

Rendre l’inutile indispensable (Retourner).

Au lieu de s’imposer de l’extérieur au moyen d’une batterie d’arguments, se procurer des ascenseurs dans les défaillances d’une situation et s’en faire un vecteur d’intégration. Profil bas, identifier et puis résoudre des problèmes intérieurs, et monter en puissance jusqu’au contrôle de la situation. Stratagème du grignotage.

« Intervertir les rôles du maître de maison et de l’invité »

Dicton chinois Pour revenir à plein, aller à vide préalablement.

Partie 6 STRATAGEMES DU DERNIER RECOURS (A situations des plus périlleuses et extrêmes)

La faveur fatale (Vider).

Donner avec libéralité ce qu’on ne peut plus défendre pour se maintenir partie prenante. Anticiper un abandon en le concédant délibérément pour gagner du temps. S’abaisser pour mieux se relever. Acheter du temps en conquérant une faveur.

« Aller au-devant des désirs de quelqu’un dans un but inavoué »

Dicton chinois Intoxique ou accapare ton ennemi avec une activité consommatrice de temps ou d’énergie, de la sorte s’évidera son esprit combatif.

La déception paradoxale (Décevoir).

Dans une situation de faiblesse, se montrer encore plus démuni que l’on est sème le trouble sur la réalité des rapports de force. Stratagème du rien pour le tout. En situation désespérée, user du paradoxe. Le vide déroute le plein. Fausse anguille sous roche.

« Montrer la ville déserte à l’ennemi »

Sun Tzu Fort simulez la faiblesse, faible simulez la force.(…) L’art de la guerre est fondé sur la duperie.

Gagner avec ce que l’on a perdu (Abuser).

Reconfigurer une situation en transformant ce que l’on a perdu en atout. Influencer, semer le trouble et la confusion chez l’adversaire en usant de ses propres espions. Retour d’espion à l’envoyeur. Stratagème du retournement.

« Utiliser à son profit l’espion de l’adversaire ».

Sun Tzu Il n’est de situation où les espions ne puissent être utilisés.

La plaie qui sauve (Tromper).

Intoxiquer un adversaire par une blessure volontaire. Rentabiliser un sacrifice pour crédibiliser une personne, un produit ou un service. Petite perte pour grande cause.

« S’infliger soi-même une blessure pour gagner la confiance de son ennemi. »

Dicton chinois Nul n’est assez fou pour se blesser lui-même. Une blessure est donc un gage de sincérité.

Stratagèmes en chaîne (Orchestrer).

Une stratégie qui combine des mouvements incessants désappointe et met en réaction les autres belligérants. Stratagème de la liberté d’action. Garder la main en toutes circonstances par le rythme. Florilège stratagémique.

« Conjuguer plusieurs méthodes dans un but précis »

Dicton chinois Ceux qui se livrent aux stratagèmes n’en pratiquent jamais qu’un seul. (…) Pour réussir, il faut souvent en utiliser plusieurs à la fois.

Eloge de la fuite (Se retirer).

Lorsque les dés sont objectivement jetés en sa défaveur et que la déroute prochaine s’annonce inexorablement, résister est une absurdité. Mieux vaut se mettre hors de portée en mettant en sûreté ce qui peut l’être encore. Un pas en arrière est salutaire pour renaître. Savoir se retirer, sauver les meubles. Stratagème du phénix.

« La fuite est le stratagème suprême »

Dicton militaire Une bonne retraite vaut mieux qu’un mauvais combat.

*

 Verbatim proposé par François C.

Métamorphose des managers, à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle de Cécile DEJOUX et Emmanuelle LEON - Ed. Pearson

9782326001466_1_75.jpg

Partie 1 L’ETRE : ACQUERIR DE NOUVELLES COMPETENCES MANAGERIALES

1. Décoder la civilisation numérique

1.1. De nouveaux acteurs entrent en jeu…

1.2. …et s’accaparent de nouveaux pouvoirs grâce à la maîtrise de l’hybridation et de la pensée systémique

1.3. De nouvelles valeurs apparaissent… : l’apprentissage en continu comme mode opératoire ; la recommandation comme socle de confiance ; la frugalité comme mode de ressource ; la recherche d’expériences comme style de vie ; l’immédiateté comme système de reconnaissance.

1.4. …et font émerger de nouvelles formes de reconnaissance

1.5. Des langages propres à la civilisation numérique apparaissent…

1.6. …ainsi que de nouvelles gestuelles

1.7. Tous les secteurs d’activité sont affectés par le numérique…

1.8. …avec des modèles économiques fondés sur trois évolutions : le passage d’une économie des coûts de transaction à une économie de la plateforme ; le passage de l’innovation produit à l’innovation d’usage ; le passage d’une économie de la demande à une économie de l’attention.

1.9.  De nouvelles règles légales s’imposent…

1.10.   …afin d’accompagner de nouvelles formes de travail

Exemples de pratiques pour acculturer les collaborateurs au numérique : open innovation ; création d’un incubateur corporate ; réalisation de greffes ; participation à des learning expeditions ; mise en place de partenariats de start-up ; méthode d’immersion ; hacking management ; mise en place de méthodes agiles et de Design Thinking ; codéveloppement. 

2. Le « Manager numérique » : quelles sont les nouvelles compétences à acquérir pour maîtriser l’alphabet de la civilisation numérique ?

2.1. Les compétences numériques en quelques mots…

2.2. Les compétences numériques du manager

3. Le « manager agile » : comment les méthodes agiles permettent-elles au manager de travailler différemment ?

3.1. Les méthodes agiles en quelques mots…

3.2. Les compétences du manager agile

4. Le « manager designer » : comment le Design Thinking permet-il au manager d’innover au quotidien ?

4.1. Le Design Thinking en quelques mots…

4.2. Les compétences du manager designer

Partie II LES LIEUX : S’APPROPRIER DE NOUVEAUX ESPACES*

5. Espaces de travail : repenser la performance

5.1. A chaque fonctionnalité, son espace de travail

5.2. A chaque époque, son espace de travail

6. Open space(s) : oser la transformation

6.1. L’open space, le lieu de toutes les critiques

Attributs de base d’un espace de travail : aération, mobilier, taille du poste, température, éclairage, informatique/équipements, bruit ambiant.

6.2. A la recherche de l’intimité perdue

Trois formes de privatisation de l’espace : acoustique (s’isoler du bruit ambiant) ; verbale (maintenir la confidentialité de ses propos) ; visuelle (empêcher autrui de nous voir).

6.3. (Re)penser l’appropriation des espaces de travail

La capacité d’un open space à proposer une appropriation individuelle ou collective à ses occupants aura un impact direct sur leur satisfaction au travail et sur leur capacité à fonctionner ensemble de manière efficace.

6.4. Vers un open space stratégique ?

Le design des espaces de travail peut faciliter ou inhiber trois types d’interaction : l’énergie (contribution de chaque membre à l’équipe dans son ensemble) ; l’engagement (la manière dont chaque membre de l’équipe communique avec les autres) ; l’exploration (voir de quelle façon des équipes différentes interagissent).

7. Télétravail : distinguer mythes et réalité

7.1. Un contexte favorable, un essor mitigé

La France est en deçà de ce qui serait possible en matière de télétravail.

7.2. Une évolution positive de la législation

L’ordonnance du 22/09/2017.

7.3. Le paradoxe des avantages/inconvénients du télétravail

Tableau des avantages et risques principaux associés au télétravail à domicile pour : le salarié, l’entreprise et son management, la société.

7.4. L’épineuse question de la productivité

7.5. Une approche multidimensionnelle du télétravail ? Trois éléments clés :

8. Coworking : valoriser le partage

8.1. L’essor du coworking

On dénombrait dans le monde 600 lieux de coworking en 2010, 3600 en 2013 et environ 13800 en 2017.

8.2. Un marché en pleine structuration

On compterait 409 espaces de coworking fin 2016 en France.

8.3. Le coworking : à la recherche d’un nouveau lien social

Ces espaces offrent à leurs occupants une nouvelle communauté professionnelle et permettent de créer un lien social autour du lieu de travail.

8.4. Le coworking : un espace adapté au fonctionnement en mode projet

8.5. Le coworking : trois clés de succès

9. Fab Labs : hacker pour innover

9.1. Parti du MIT…essaimant dans le monde entier

Visée des Fab Labs : aider les populations du monde à « devenir les protagonistes de la technologie plutôt que ses spectateurs »

9.2. L’esprit des Fab Labs : du hacker au maker

9.3. Des espaces de collaboration et d’innovation

9.4. Vers des Fab Labs internes ?

Partie III LES AUTRES : APPRENDRE A TRAVAILLER COLLABORATIVEMENT

10. Collaborer en face en face et à distance

10.1.  Les dérives du travail collaboratif en face à face

Garder en tête deux écueils spécifiques au mode collaboratif : son coût lié au morcellement du travail ; son impact parfois négatif sur la performance et la créativité.

10.2.  Distance(s) à l’œuvre dans les équipes

Outre la dispersion géographique, s’intéresser à d’autres types de distance : horaire ; culturelle ; technologique ; organisationnelle ; psychologique.

10.3.  Leviers pour apprendre à travailler ensemble en face à face ou à distance

11. Maîtriser les plateformes numériques

11.1.  Plateformes : de quoi parle-t-on ?

11.2.  Un essor important…grâce au numérique

11.3.  Les plateformes : libération du travail ou retour du taylorisme ?

11.4.  La fin du salariat : le retour au « domestic system » ?

11.5.  Quand une plateforme numérique devient votre manager…

11.6.  Reprendre le pouvoir sur les plateformes numériques

12. Apprendre à travailler avec les robots

12.1.  Que faut-il savoir pour travailler avec un robot ?

12.2.  Qui sont ces robots et comment interagir avec eux ?

Les quatre qualités d’un robot : polyvalence ; interactions physique, cognitive et sociale ; autonomie décisionnelle ; capacité d’apprentissage.

Quatre mots clés si l’on envisage le robot collaborant avec l’homme dans le monde du  travail : le statut juridique du robot ; la confiance ; le pouvoir ; le bien et le mal.

12.3.  Que faut-il savoir sur les champs d’évolution des robots pour mieux travailler avec eux ?

13. Interagir avec l’intelligence artificielle et devenir un « manager augmenté » : la métamorphose

13.1.  L’IA en quelques mots

13.2.  La nouvelle responsabilité sociale de l’entreprise : trouver l’équilibre entre le travail humain et l’intelligence artificielle ?

13.3.  Quelles tâches l’IA peut-elle réaliser ?

13.4. Comment l’IA va-t-elle transformer le métier de manager ?

13.5. Quels sont les domaines et les compétences à développer pour travailler et performer avec l’IA ?

13.6. Les compétences du manager dans son interaction avec les IA et les machines

13.7. Les compétences du manager avec ses équipes pour qu’elles travaillent avec les IA

Conclusion : faire sa métamorphose et devenir un « manager augmenté »

Pour réussir, le manager augmenté devra maîtriser cinq « soft skills » :

 « L’IA va bouleverser le rapport au travail, la nature des compétences à développer, les modèles économiques des entreprises et le type de société dans lequel nous allons évoluer. L’IA a un impact avéré sur la transformation et le sens du travail. Le manager devra à la fois développer des compétences spécifiques pour travailler avec les IA (régulation des interactions homme-machine), accompagner les collaborateurs vers l’acceptabilité des mutations (quelles sont les valeurs et le sens du travail humain ?) et se métamorphoser en un «manager augmenté» .

*

Verbatim proposé par François C.

Le Bonheur par le travail - Dix-sept histoires de longévité heureuse de Michel Godet et Mar Mousli - éditions Odile Jacob

https://images.epagine.fr/834/9782738135834_1_75.jpg

1. DES MILITANTS

Evelyne SULLEROT (1924 -2016) : Une vie de combats au service de ses valeurs

Youcef TATEM (né en 1946) Un militant tout-terrain : de la culture ouvrière à la culture pour tous

Il est toujours prêt, à plus de 70 ans, à aider un migrant en difficulté, à tracter pour une bonne cause et à arpenter les itinéraires traditionnels des manifestations populaires.

Pierre CHOUX (né en 1926) Quand un éducateur de rue se fait entrepreneur d’insertion

Pierre Choux a choisi très jeune un métier qui le passionne : éducateur de rue. Plus soucieux d’efficacité que d’idéologie, il est devenu P-DG d’un groupe d’entreprises (Groupe ID’EES) pratiquant divers métiers mais toutes animées par la même volonté : insérer les jeunes par le travail.

Pascal PELLAN (né en 1950) La force des convictions au service de l’artisanat et de l’apprentissage

Il est recruté à 27 ans par la Chambre des métiers et de l’artisanat des Côtes-du-Nord…Dès ses premières missions, il va se passionner pour le monde des artisans et de l’apprentissage. Il est à l’origine de ce qu’on a pu appeler le « miracle de Ploufragan », la métamorphose d’un centre d’apprentissage en difficulté en un campus dynamique et diversifié.

A la retraite, il devient lui-même dirigeant d’une entreprise inscrite au répertoire des métiers. Il a sa carte d’artisan, qui l’ancre de la façon la plus emblématique qui soit dans le monde des métiers.

André LETOWSKI (né en 1945) Un retraité enfin libre de travailler à sa guise !

Fasciné par l’entreprise depuis son plus jeune âge, il va devenir un spécialiste de la gestion et de la création d’entreprise. Il se passionne pour l’entrepreneuriat, jusqu’à se transformer en un véritable militant de la PME.

A l’heure de la retraite, débarrassé des contraintes administratives et budgétaires, il peut enfin donner libre cours à sa passion, avec un succès surprenant.

Comprendre l’époque 1962 – l’année charnière des Trente Glorieuses

Comprendre l’époque- La révolution féminine

Les femmes deviennent majeures en 1965 : une loi les autorise à exercer une profession sans le consentement formel de leur mari, et à gérer seules leurs biens personnels. Elles peuvent enfin signer un chèque !

Les conséquences du travail généralisé des femmes : sur les territoires, sur les inégalités sociales, sur la stabilité des couples, et sur la démographie.

2. DES RESISTANTS

Dignes face à la désindustrialisation

Ils ont tous les deux réussi à se reconvertir sans drame dans les métiers de service, conformément aux grandes tendances de l’économie du moment. Leur victoire : avoir réussi à travailler toute leur vie sans quitter leur ville, Balbigny, et leurs amis.

Un meneur d’hommes

Alain Peretti a été porté par une passion dont il a su faire une vie : celle de la culture raisonnée et contrôlée (CRC). A la tête d’une coopérative céréalière, il a vite compris que sa survie passerait par l’innovation et la différenciation.

Sauvé par la fonction publique !

Guy Dignac : la reconversion réussie d’un jeune agriculteur sans diplôme qui a travaillé quinze ans pour rien et qui vit aujourd’hui une retraite heureuse de la fonction publique, rejointe la trentaine passée. Cet agriculteur, qui avait toutes les chances comme ses voisins de l’époque de s’épuiser dans la course à la modernisation agricole, a bel et bien été sauvé par la fonction publique.

Comprendre l’époque – Le consensus sur le chômage, une exception française

3. DES PROFESSIONNELS CHEVRONNES

Le double message que nous voulons porter : l’homme, en vieillissant, ne cesse de se renouveler par sa capacité d’étonnement, d’adhésion à des projets. Il trouve dans ce flot d’actions nouvelles l’élixir d’une jeunesse et d’un enthousiasme sans égal.

De la Légion étrangère à l’entreprise

Mieux qu’un autre, Henri Petiteau (né en 1935) trouve le bonheur par le travail, montrant ainsi que les retraités peuvent être créateurs de valeur…Ce qui est remarquable dans son parcours, c’est le cheminement qui l’a conduit de la Légion aux portes de l’entreprise à laquelle il a continué à contribuer jusqu’à l’âge de 74 ans.

La passion des langues

Hélène Tanneux (née en 1947) Elle s’investit sans compter dans ce métier de dirigeante d’entreprise qui la passionne. Le moment de la retraite venu, elle reprendra des activités qu’elle avait pratiquées et aimées dans sa jeunesse : guider des touristes (faire découvrir sa ville à des visiteurs étrangers), et enseigner (aider des demandeurs d’emploi à améliorer leur anglais).

Docteur Martine Malier (née en1947)

Elle s’est consacrée à une discipline nouvelle en France lorsqu’elle a commencé ses études supérieures : la rééducation neurologique…Elle a connu une carrière remarquable, couronnée par sa nomination comme chef de service à l’hôpital Foch…Contrainte de quitter Paris pour des raisons familiales, elle fait contre mauvaise fortune bon cœur et met ses compétences médicales et son talent d’organisatrice au service d’établissements de province plus modestes…La retraite lui permet de renouer avec ses passions de jeunesse : la littérature et les archives, sans pour autant tourner le dos à ses collègues médecins, qui peuvent toujours faire appel à ses compétences et à son expérience lorsqu’ils ont besoin d’un conseil.

Des chômeurs parisiens aux paysans de la Loire

Anne-Marie Chompré (née en 1948) fait une belle carrière à l’ANPE qui ne l’empêche pas de s’engager socialement dans le syndicalisme et civiquement dans l’antiracisme…Son ascension se termine prématurément lorsqu’elle cède à la tentation d’un dispositif alléchant de pré-retraite, la cessation progressive d’activité. Devenue retraitée à temps partiel, elle se construira une seconde vie en aidant ses voisins dans un bourg rural de la Loire.

Comprendre l’époque : L’avenir des retraités en attendant la retraite systémique

4. DES INTELLECTUELS

Grandeur et regrets du meilleur de la classe

Jacques LESOURNE (né en 1928). Il étudie l’économie à l’Ecole des mines et l’approfondit aux Etats-Unis au contact de plusieurs prix Nobel américains. Il appliquera ensuite la théorie à la tête de la SEMA, puis fera des aller et retours entre théorie et pratique. Devenu professeur du Conservatoire national des arts et métier (CNAM), il accepte d’animer une démarche prospective mondiale commanditée par l’OCDE, Interfuturs. Il aura plus de difficultés avec les clans et les réseaux complexes du journal le Monde, dont il assurera la direction pendant trois ans.

A la retraite, Jacques Lesourne est devenu un intellectuel à temps plein, ne cessant plus d’étudier et d’écrire.

La volonté farouche de comprendre le monde en mutation

Alain TOURAINE (né en 1925). Passer de la conscience de classe à un nouvel axe de lecture permettant de comprendre les mouvements sociaux modernes, régionalistes, féministes, écologistes ou culturels, a été un exercice difficile, pas toujours compris par ses collègues universitaires. Il y est parvenu par un long travail, et continue, à plus de 90 ans, à dresser un tableau vivant de la société, au premier rang de laquelle il a depuis longtemps placé le « sujet ».

Le général qui dérange…et que les médias s’arrachent !

Vincent DESPORTES (né en 1953) Convaincu que tout citoyen a le droit, et parfois le devoir, de faire connaître ses analyses et ses positions sur des sujets d’intérêt général, Vincent Desportes paiera cher son obstination à ne pas se laisser bâillonner. D’abord par un exil de cinq ans aux Etats-Unis, qu’il saura transformer en une période féconde de contacts, de réflexion et d’apprentissage. Ensuite, par la fin prématurée de sa carrière, qui le privera d’un avancement prestigieux, mais lui donnera (enfin) une totale liberté de parler et d’écrire, dont il profitera pleinement.

Un fabuleux conteur

François de Closets (né en 1933) : le modèle du journaliste de télévision…Il disposait d’un don qu’il a cultivé dès son adolescence : comprendre rapidement les concepts et les situations les plus complexes et réussir à les expliquer avec des mots précis mais simples…Il a montré qu’il était capable de faire aussi bien avec sa plume, enchaînant les best-sellers…Il n’a jamais cessé d’écrire et sa « retraite » consiste simplement à ne plus produire ni animer d’émission de télévision ; il continue toutefois à y participer…mais comme invité.

Le bonheur par le travail, une réalité

*

Verbatim proposé par François C.

Généraux, Gansters et Jihadistes - Histoire de la contre-révolution arabe de Jean-Pierre Filiu - éditions de La découverte

https://images.epagine.fr/078/9782707197078_1_75.jpg

1. Bienvenue dans l’«Etat profond»

Le concept d’«Etat profond», en tant que structure parallèle et occulte de pouvoir…était alors sans objet dans le monde arabe, où les régimes en place étaient ouvertement dictatoriaux, les organes répressifs s’imposant à une justice aux ordres, avec la complicité affichée de mafias d’Etat.

Ce mélange de règlements de compte, d’économie souterraine et de théories du complot engendra bientôt en Turquie un sentiment d’omniprésence de l’Etat profond.

Pour appréhender la spécificité (et la perversité) d’un tel Etat profond dans le monde arabe, il importe de revenir au processus de construction nationale dans ces différents pays…Une composante clé de ce processus est la vision et la gestion patrimoniales de la nation et de ses ressources. La comparaison avec la Turquie est une fois encore éclairante, au moment où les appareils de sécurité vont s’imposer au centre de la politique arabe.

2. Le mythe des « pères de la nation »

 Les acteurs de l’Etat profond justifient en effet leurs activités illégales par l’incapacité de l’Etat légitime à assumer ses missions « en profondeur ». Et l’ »Etat parallèle » se veut le reflet soi-disant efficace d’un Etat officiel, que son impuissance à répondre aux attentes de l’opinion aurait lui-même disqualifié.

Le kémalisme et le wahhabisme sont deux idéologies qui confèrent au dirigeant et à ses proches une autorité sans partage, un discours de légitimation et une assise sociale. La répression des pratiques « hétérodoxes » dans le Hedjaz « cosmopolite » n’a pas été moins impitoyable que la lutte contre l’islam « réactionnaire » dans les campagnes d’Anatolie.

3. Les Mamelouks de notre temps

C’est surtout l’implacable darwinisme des luttes de pouvoir qui lie le plus intimement les mamelouks modernes au général Baybars, héros de la bataille de Mansoura (1249) et à ses successeurs. Nasser, Boumedienne et Assad étaient loin d’être les dirigeants les plus talentueux, mais ils savaient survivre coûte que coûte dans un environnement implacable de trahisons et de putschs. Ils apprirent à tuer pour ne pas l’être et leur obsession sécuritaire en vint à déterminer le sort de leur pays. Une fois l’indépendance nationale détournée à leur profit, ils prirent leurs compatriotes en otages de leur soif de pouvoir. Que le pire gagne et non plus le meilleur, telle semblait désormais la règle de cette sinistre saga.

La rivalité exacerbée entre Nasser et le maréchal des armées Abdelhakim Amer contribua largement à précipiter l’Egypte dans le piège de la « guerre des Six Jours », en juin 1967.

Les militaires algériens furent les premiers touchés par une telle vague de protestation populaire –aspirations collectives à la liberté- et ils tracèrent la voie du plus sombre des avenirs aux autres Mamelouks : ne jamais baisser la garde, quelles que soient les marques extérieures de soumission ; et surtout, surtout, ne pas hésiter un seul instant à combattre par les armes le verdict des urnes.

4. La matrice algérienne

Libéralisation et expansionnisme offraient de nouvelles opportunités de captation de ressources et de redistribution des prébendes au sein de l’élite dominante et de ses protégés.

(Algérie) La violence atteignit en 1993 et 1994 les niveaux inégalés de quelque 500 morts par semaine…Le GIA eut cinq chefs successifs durant ces deux années sanglantes.

Bouteflika avait accompli son devoir électoral en chaise roulante. Les Mamelouks algériens ne se contentaient plus d’un président marionnette, ils avaient installé une momie au sommet de l’Etat.

Peu importait l’état réel du pays et de son économie, les Mamelouks défendaient avec ténacité et constance leurs intérêts collectifs. De tels processus de rente et d’accaparement, essentiels à la cohésion du régime algérien, se déclinaient sous des formes tout aussi redoutables dans les autres autocraties arabes.

5. Les rentiers de la violence

Hafez al-Assad (Syrie) ou Ali Abdallah Saleh (Yémen) n’étaient que deux exemples de ces milliers de jeunes officiers dont la fulgurante ascension sociale dépendait de la consolidation des privilèges multiformes de leur corporation.

L’opacité des budgets militaires, et des appareils de sécurité en général, ne pouvait à cet égard que faciliter les détournements collectifs ou personnels. L’impératif de « défense nationale » n’avait qu’à être mentionné pour légitimer tous les passe-droits.

(Egypte) Les grands généraux, qu’ils soient ou non en activité, développèrent leurs relations avec la classe affairiste pour mieux collaborer avec la génération montante de capitalistes globalisés, tout ce petit monde prospérant à l’ombre de l’Etat égyptien et de ses réseaux clientélistes.

Le chantage exercé sur une bien plus grande échelle aux dépens des pouvoirs occidentaux, afin de leur extorquer une juteuse « protection » contre une menace que les Mamelouks arabes ont pourtant largement contribué à créer.

(Le jackpot israélien) Ces chiffres astronomiques illustrent comment les Mamelouks d’Egypte et de Syrie ont réussi à transformer leur relation avec Israël en un formidable

instrument de pression à l’égard de leurs parrains étrangers.

Les Mamelouks arabes ont démontré une exceptionnelle capacité d’adaptation et de survie à n’importe quel prix, surtout quand ce prix est payé par une partie de leur propre population. Après avoir détourné les indépendances postcoloniales, ils ont accaparé la gestion des ressources nationales et consolidé leur mainmise sur la sphère publique. Ils sont ensuite parvenus à encore accentuer leur position dominante par un processus de « privatisation » au profit de leurs protégés ou de leur propre famille. Les Mamelouks d’Egypte furent à l’avant-garde de ces liaisons incestueuses avec l’affairisme le plus débridé, mais leurs homologues arabes ne tardèrent pas à suivre cette voie.

6. A chacun sa « terreur globale »

Le régime Assad a ainsi géré avec un sang-froid impressionnant la « guerre globale contre la terreur » qui faisait rage dans l’Irak tout proche. Il a démontré une capacité hors du commun à agiter l’épouvantail d’Al-Qaida aux dépens de sa propre opposition, tout en continuant à collaborer avec d’authentiques réseaux jihadistes, au Liban ou en Irak…Bachar al-Assad a ainsi poussé la logique du « pompier pyromane », héritée de son père, à des niveaux de perversité sans précédent.

7. Deux fers au feu en Syrie et au Yémen

Les frères ennemis de la dictature mamelouke et du jihad global s’accordaient à l’évidence sur un point : la contestation politique devait être écrasée à n’importe quel prix…pour les contestataires.

(Syrie) Cela n’était certes pas suffisant pour accréditer la menace jihadiste. Aussi le régime Assad décida-t-il de relâcher massivement les jihadistes détenus dans les prisons syriennes.

Le régime Assad, fidèle à sa politique du pire, épargnait ostensiblement Daech pour concentrer ses frappes contre les autres groupes armés.

8. Elégie de Tahrir

Les Mamelouks avaient ainsi restauré leur hégémonie sur l’appareil de sécurité, tout en envoyant aux Etats-Unis et à Israël les messages nécessaires à la perpétuation de leur rente stratégique. Ils avaient absorbé l’impact de plus sérieux de la vague révolutionnaire de 2011 en prenant l’initiative de déposer Moubarak. Il leur fallait maintenant une formule constitutionnelle de validation de leur structure de pouvoir.

Morsi apparaissait de plus en plus comme un chef de parti, prêt à couvrir tous les débordements de l’appareil islamique, au lieu de diriger le pays en président de tous les Egyptiens.

Pendant que les généraux s’engraissaient, le pays s’enfonçait dans la pire période de violence de son histoire moderne : environ 2500 civils tués et quelque 17 000 blessés pour les seuls huit premiers mois de l’après-Morsi, avec un nombre de 41 000 détenus (selon les organisations de défense des droits de l’homme).

Les Mamelouks égyptiens sont parvenus, avec bien plus de talent que leurs homologues algériens deux décennies plus tôt, à contenir, renverser, puis écraser la vague démocratique.

9. Les fossoyeurs de la Palestine

Pour les Mamelouks égyptiens au chauvinisme affiché, mépriser les Palestiniens était devenu une seconde nature. Gaza était fondamentalement une marchandise à vendre au meilleur prix à Israël et aux Etats-Unis. Il n’en était que plus logique de punir les palestiniens lorsqu’ils osaient contester les termes d’un tel échange.

Le paradoxe d’une Egypte plus insensible qu’Israël aux souffrances palestiniennes était déjà cruel. Il se doublait, en outre, d’une montée en puissance, en matière de lutte antidjihadiste, de l’engagement discret d’Israël dans le Sinaï, ne serait-ce que pour y suppléer aux défaillances de l’armée égyptienne.

Par cette campagne contre le peuple de Palestine et ses droits, l’Etat profond avait parachevé son émergence au grand jour arabe, il n’avait plus besoin d’œuvrer dans les coulisses, de monter des intrigues complexes ou d’entretenir des rideaux de fumée. L’horreur du carnage en Palestine était indécente et la plaie, ainsi ouverte, demeurait béante. La Palestine devenait pour les fossoyeurs mamelouks le tombeau du rêve arabe. Car aucune contre-révolution n’était digne de ce nom sans la liquidation de la cause palestinienne.

10. L’alternative tunisienne

Alors que l’Egypte s’enfonçait dans la spirale de la sédition armée, la Tunisie parachevait sa transition institutionnelle, depuis le renversement du despote Ben Ali jusqu’aux premières législatives, organisées conformément à une nouvelle Constitution, elle-même adoptée après des débats passionnés. Le peuple de Tunisie et sa classe politique avaient effectivement posé les bases d’une IIème République en état de marche, là où les généraux égyptiens avaient saboté toute alternative crédible à leur règne mamelouk.

A partir de l’interdiction d’Ansar al-Sharia (AS), en septembre 2012, la Tunisie avait été aussi déterminée dans la lutte contre le jihadisme que les régimes mamelouks. Elle n’avait néanmoins pas pris le prétexte du terrorisme pour monter les uns contre les autres, bien au contraire. Et les procédures de l’Etat de droit étaient respectées dans l’instruction des dossiers et le jugement des 1 343 détenus pour délits liés au terrorisme.

A bien des égards, la Tunisie avait rejoint la famille et les préoccupations, voire les angoisses de ces démocraties occidentales. Le pays avait dès lors moins à craindre la virulence de tels débats que son isolement persistant dans un environnement aussi agressivement mamelouk.

La contre-révolution arabe n’aura donc épargné que la Tunisie. Elle aura plongé la Syrie et le Yémen dans les abominations de la guerre civile afin de laisser, officiellement à Bachar al-Assad, de facto à Ali Abdallah Saleh, l’essentiel de leur pouvoir. Elle aura enfoncé l’Egypte dans l’impasse d’un autoritarisme impuissant à assurer une sécurité minimale. Elle aura réussi le tour de force d’obliger le Premier ministre « d’union nationale » en Libye à négocier sur un pied d’égalité avec Haftar, ainsi légitimé et conforté dans son arbitraire. Elle aura abandonné durant de longues années des millions de femmes et d’hommes au joug de Daech, s’en remettant à une coalition extérieure pour réduire très laborieusement le territoire de ce pseudo-califat.

« La révolution n’a pas échoué. Elle continuera tant que ses mots d’ordre « Pain, liberté, justice » ne seront pas accomplis. Ils peuvent la retarder, mais je pense que le mouvement est irréversible. N’oubliez pas que nous sortons de décennies de totalitarisme. Cela ne se fera pas en un jour. »

*

Verbatim proposé par François C.

Verbatim de PROFESSION SLASHEUR: Cumuler les jobs, un métier d’avenir de Marielle BARBE - Ed. Marabout 2017

Profession slasheur ; cumuler les jobs, un métier d'avenir

Je n’ai jamais su choisir !

Mon «coming out»

Mes familles de compétences

L’organisation de mon planning

Mes difficultés de slasheuse

Le fil conducteur de mon parcours

Le sens que j’ai donné à ma vie professionnelle

Demain, tous slasheurs

Un slasheur sachant slasher

Dessine-moi un slasheur!

Le slasheur par « nature »

Le slasheur « par accident » ou par nécessité

21 slasheurs et slasheuses extraordinaires

La boîte à outils

Votre profil «positive slasheur»

Super-slasheur sur le marché du travail!

Slashez-vous!

Conclusion

Une vie qui vous ressemble.

TABLE DES TESTS ET OUTILS POUR LE SLASHEUR

Slasheur or not slasheur ?

Si vous avez répondu par oui à la majorité des propositions, bienvenue dans la tribu des slasheurs ! Dans ce cas, spontanément, sans réfléchir, notez ce que vous considérez être vos différents slashs ?

Pause respiratoire

Ma pratique autour de la respiration m’a donné la certitude que le souffle nous offre un ancrage à la fois très simple et très efficace, à nous-mêmes et à l’instant présent.

L’histoire des gros cailloux

Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Ceux que vous aimez ? Qui correspondent à ce qui est essentiel pour vous ? Ceux qui donnent du sens à votre vie ? Qui vous permettent de vous réaliser, d’accomplir vos rêves ? Quels qu’ils soient, c’est à vous et à vous seul, de vous assurer qu’ils trouvent une place prioritaire dans votre vie !

Si vous donnez la priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), vous remplirez votre vie de peccadilles et vous n’aurez plus assez de temps précieux à consacrer aux priorités de votre propre vie.

Voyage vers ma future vie professionnelle

Et vous, comment voyez-vous votre vie professionnelle « idéale » en 2030 ? Feuilletez les magazines en y découpant tout ce qui vous inspire, vous appelle, fait des liens avec :

Soyez vigilants à ne pas vous censurer et laissez parler votre cœur.

Le vide-dressing

Ecrivez à l’intérieur de cette poubelle, sans vous censurer :

Ensuite, à l’extérieur de cette poubelle, notez en face de chaque mot le « pendant » positif…Personnellement, lorsque je souhaite me libérer de certaines choses encombrantes, je les écris et les brûle. C’est un acte symbolique qui me donne la sensation de me libérer.

Slashez-vous : speed slashing

 

Quel slasheur « extraordinaire » êtes-vous ?

Cahier des charges

Ce qui ne vous convient plus dans votre vie professionnelle (colonne de gauche) versus ingrédients de votre vie professionnelle idéale (colonne de droite)

Rewind

Le jeu des sept familles

Familles : « Valeurs » ; « Savoir-être » ; « Dons/talents naturels » ; « Compétences professionnelles » ; « Compétences personnelles » ; « Centres d’intérêt » ; « Carburants ».

In & out of the box

Slashs & moi

Si j’étais…

Chacun a une représentation personnelle du slasheur qu’il est…Chaque compétence, chaque métier, est une pièce du puzzle et ces pièces combinées entre elles finissent par dévoiler peu à peu qui je suis.

Mon « multikigai »

Selon la philosophie de l’ikigai, votre raison d’être se situe au croisement de ces quatre éléments :

Et si vous aviez une baguette magique ?

Bucket List

Écrire la liste de vos envies. Ces dernières peuvent être en lien avec : des voyages, des aventures et expériences de vie, des apprentissages et des connaissances, des projets et des plaisirs tout simples, des objectifs à atteindre,…

Aucun regret

Bronnie Ware : « Les cinq regrets des personnes en fin de vie »

Je reconnais et assume (enfin) ma valeur ajoutée

Le fil conducteur de mes slashs

Le nuancier de mes offres

Quelles nuances vos couleurs primaires combinées entre elles (par deux, par trois, etc.) produisent-elles ? Quelles offres singulières vos différentes compétences, vos multiples métiers en s’hybridant donnent-ils ?

Je compte (sur) tous mes trésors

Fiche d’identité «slasheur »

La chasse aux bonnes excuses

Merci au slasheur que vous êtes !

Prenez le temps de noter et de dire « Merci » à tout ce que votre vie de slasheur vous a apporté :

L’attrape-rêves

Dessinez cinq ballons de baudruche, correspondant respectivement à vos :

Votre mantra

*/

Verbatim proposé par François C.

Verbatim de SURDOUÉS: s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail de Cécile BOST- Ed. Vuibert 2016

Surdoués ; s'intégrer et s'épanouir dans le monde du travail

Chapitre 1 – POURQUOI PARLER DES SURDOUES DANS LE MONDE DU TRAVAIL ?

Des malentendus tenaces

Tentatives de définition et conséquences

Trois « traits ombrelles » : intensité, complexité et dynamique personnelle (besoin de faire toujours plus, plus loin et mieux).

. Une construction identitaire parfois difficile

Deux grands groupes différents de stratégies d’adaptation : les intégrés/conformistes ; les marginaux.

Trois types de comportement : équilibré ; exagéré ; effondré.

. Une estime de soi à géométrie très variable

C’est avec ce regard critique permanent sur lui-même (« l’inaccessible idéal du moi ») que grandit un surdoué.

. Une place difficile à trouver

Le surdoué grandit avec un sentiment envahissant d’être perçu comme celui qui a ou est toujours « trop » par rapport à une « norme » définie par les habitudes du groupe dominant.

Le surdon n’est pas une vue de l’esprit

. Une réalité neurophysiologique

. Pour mémoire, l’origine du test de QI et son utilité

Un test d’intelligence ne sait pas évaluer de façon correcte un surdoué « dys », hypersensible, hyperémotif, dépressif et/ou assommé par des médicaments.

. Les intelligences multiples de Gardner

. Le surdon, une différence qui s’inscrit dans un continuum

Plus l’intelligence mesurée est élevée, plus grande est la capacité à distinguer les informations pertinentes de toutes natures, grâce à une acquisition, un traitement et un stockage des informations plus importants et plus rapides.

Prélude au monde du travail : la sélection par l’école

. La roche tarpéienne de l’école

Les vrais problèmes de l’enfant surdoué commencent quand il « en montre trop ».

. Des résultats d’études convergents

Un tiers des enfants surdoués réussit brillamment ses études, un tiers s’en sort sans éclat, le reste est en échec scolaire.

Deux grands types de populations surdouées : a) des surdoués équilibrés ; b) des surdoués en mode survie.

. Le casse-tête de l’orientation professionnelle

Le plus important est d’aider le surdoué à cheminer entre le sentiment de choisir une carrière pour faire plaisir à d’autres et ses passions « irraisonnées », entre ce qui relève de ses centres d’intérêt et de ses habiletés et compétences.

. De la difficulté d’être trop intelligent

. De la « norme » en matière d’intelligence

Certains arrivent à survivre au système scolaire en choisissant une voie professionnelle moins classique : en étant indépendant (artisan, commerçant, profession libérale) ou en devenant chef d’entreprise.

Chapitre 2 – LE SURDOUE EST-IL SOLUBLE DANS L’ENTREPRISE ?

Au commencement était le recrutement

. La lettre de candidature

Motifs du rejet de deux ordres : a) Les compétences demandées sont bien là, mais les expériences passées font apparaître un candidat surqualifié, ou au potentiel trop important pour ce que le poste peut offrir ; b) La logique qui a conduit le candidat à postuler n’est pas cohérente avec le poste à pourvoir.

. L’entretien

La forme…et le fond

Les différentiels de repères

. Différences d’intensité

L’intensité concerne tous les aspects de la vie quotidienne du surdoué, vite qualifié d’ »excessif » ou de « trop ».

. Différences d’approche

Les différences physiologiques cérébrales donnent au surdoué une capacité accrue de perception, de traitement et de mémorisation de l’information, tant en termes de quantité que de rapidité.

. Différences de synchronisation

Le temps est une variable très particulière chez le surdoué…, qui ne se montre jamais synchrone avec son environnement.

. Différences de pensée

Cette capacité à penser hors du cadre, à remettre en cause les règles, est de facto un facteur de fragilisation du groupe.

Une créativité compulsive

Le surdoué est un créatif permanent. Il challenge les autres et les traditions, bouscule les statu quo, fait appel à des idées folles venues d’on ne sait où, comme s’il voyait ce que les autres ne pouvaient pas voir.

L’idéalisme et le perfectionnisme

Son idéalisme le rend intransigeant et cassant. Il faut vraisemblablement lui rattacher le perfectionnisme. Le surdoué se met la pression tout seul pour atteindre un objectif qui correspond à l’image idéale de lui-même qu’il souhaite atteindre.

La question de l’intelligence émotionnelle

. La performance avant les émotions

Vu de l’extérieur, il est donc très difficile de comprendre ces montagnes russes émotionnelles auxquelles est soumis un surdoué, qui passe si facilement (et pour un rien !) du rire aux larmes.

. QE versus QI

Les recherches ont largement démontré que les surdoués ont a minima un QE « dans la moyenne », et qu’ils sont nombreux à être charismatiques.

. La tyrannie des émotions

Depuis son plus jeune âge, le surdoué est confronté aux émotions qui l’assaillent par le biais du bombardement sensoriel permanent qu’il vit.

. Des émotions hors norme

. L’IS (intelligence stratégique) mieux que l’IE

Michael Maccoby : l’anticipation, la vision, la réflexion systémique, la capacité à motiver, la capacité à établir des partenariats.

Des relations épineuses

. Se ressourcer seul ou sociabiliser ?

Un surdoué se sent mieux dans le silence et une certaine solitude…Il a besoin d’une énergie intense pour se sociabiliser, pour se mettre au niveau (d’intérêts et de langage) des autres.

. Se museler ou agacer ?

Un surdoué passe néanmoins très souvent pour arrogant et exaspérant.

. Se taire ou manipuler ?

Jusque dans sa façon de parler, le surdoué dérange : sa logique de réflexion, son débit de parole et le vocabulaire qu’il emploie peuvent déstabiliser.

. Suivre ou être soi-même, mouton ou mouton noir ?

Apprendre à tolérer que les autres ne fonctionnent pas de la même façon que lui, à vivre avec le reste du monde et non malgré lui, est vital pour un surdoué, sous peine de devenir aigri et de s’isoler plus encore, la phobie sociale guettant particulièrement les plus doués d’entre tous.

Promotions et progression

. Quel profil faut-il en général pour progresser en entreprise ?

Quatre profils de manager, dans cette bataille qui se joue en permanence pour le pouvoir : le rebelle positif ; le râleur ; l’imposteur ; le manipulateur, destructeur ou pervers narcissique.

. Les surdoués sont-ils doués pour progresser en entreprise ?

Bien au-delà de toute promotion, la déconnexion, l’isolement social et la marginalisation guettent le surdoué qui ne réussira pas à trouver la stratégie gagnante pour préserver son intégrité psychique, ni à apprendre à vivre et à progresser avec des gens qui, visiblement, ne fonctionnent pas comme lui.

Chapitre 3 – QUAND LA CRISE SURVIENT

Harcelé, harceleur, ou un peu des deux ?

L’entreprise est un lieu agressif et souvent psychorigide, dont le conformisme cognitif et la faible tolérance à la diversité ne conviennent pas au surdoué.

Burn out

…ou Bore out

La manifestation extérieure du Bore out est l’apathie. Le surdoué qui s’ennuie dans son travail s’effondre aussi sûrement que sous une très lourde charge de travail !

Invoquer le surdon comme handicap, une solution ?

Chapitre 4 –ENTREPRISE ET SURDOUE : LE GRAND MALENTENDU ? DECRYPTAGE

Entreprise cherche collaborateur ayant du savoir-vivre

Surdoué cherche entreprise pour activité ayant du sens

. Une question de valeurs et de besoins

Besoins du surdoué : exigence de qualité ; désir d’apprendre ; goût du travail bien fait ; goût du challenge ; faible besoin de formalisme ; besoin d’autonomie ; besoin de réactivité et de partage ; besoin de respect, de reconnaissance de l’engagement pris et du travail accompli ; besoin de se sentir reconnu dans son mode de fonctionnement singulier.

. Peu importe le métier pourvu qu’on ait l’environnement

. Des compétences bien particulières

Capacité à voir de façon globale, augmentée par capacité de projection, d’anticipation ; goût pour la complexité et créativité associée à de multiples centres d’intérêt ; sens de l’organisation, doublé d’une inclination naturelle pour le travail et d’une vraie puissance à l’abattre.

La personnalité du surdoué à la lueur des tests

. Le MBTI, Myers Briggs Type Indicator

. Le Big 5

Cinq grands traits de personnalité universels : 1. Ouverture d’esprit ; 2. Conscienciosité (organisation, fiabilité, sens de l’effort,…) ; 3. Extraversion ; 4. Amabilité (sociabilité, altruisme et coopération,…) ; 5. Névrose (degré de stabilité émotionnelle,…).

. Le décalage du surdon à la lueur des tests

. Qu’impliquent ces différents types dans l’entreprise ?

. Quels profils de collaborateurs recherche l’entreprise ?

. Quelle cohabitation entre surdoués et non-surdoués en entreprise ?

. Quels profils d’entreprise recherche le surdoué ?

Surdoués en entreprise : (un)wanted ?

Le classement des individus en trois groupes (Roland Persson) : le nerd (Steve Jobs ; Xavier Niel) ; le héros (de Gaulle, Zinédine Zidane) ; le réformateur (remet en cause l’ordre établi et menace les intérêts en place).

Chapitre 5 – POUR LA ROUTE

Accepter le surdon

Etre surdoué, ce n’est pas une question de production mais une question de ressenti. Le véritable enjeu est de se sentir mieux.

Accepter d’être surdoué, c’est se réconcilier avec soi-même et ne plus ressentir ce sentiment diffus de honte…Accepter est libérateur d’un nouveau flot d’énergie.

Quatre grandes étapes dans l’acceptation de son surdon : 1. Se reconnaître ; 2. S’affirmer ; 3. Retrouver son groupe d’appartenance ; 4. La recherche d’affinités.

Apprendre à vivre avec le surdon

. Pour penser à l’avenir, penser d’abord au passé

. Respecter certains besoins : 1. dappartenance ; 2. de nourriture intellectuelle ; 3. de pratique et de créativité.

Gérer sa réputation

. Améliorer son image : 7 briques pour améliorer votre intelligence relationnelle :

  1. Comprenez pleinement ce que signifie être surdoué et ce décalage entre vous et les autres.
  2. Sachez de quoi est fait votre surdon et acceptez ce mode de fonctionnement.
  3. Faites les choses « comme il faut ».
  4. Investissez du temps pour développer vos habiletés sociales.
  5. Développez un réseau en commençant par des surdoués.
  6. Elargissez votre réseau initial à d’autres cercles.
  7. Appuyez-vous sur un mentor.

. Mieux gérer ses émotions

. Apprendre à fixer des limites

Questions de santé

. L’hypersensibilité

. Les hyperexcitabilités

Cinq formes d’hyperexcitabilité : émotionnelle ; psychomotrice ; sensuelle ; intellectuelle ; imaginaire.

. Les erreurs de diagnostic

. Apprendre à connaître et (surtout) accepter ses limites

. Apprendre à trouver sa place

 EN GUISE DE CONCLUSION

Par sa capacité à apprendre facilement, à s’engager, à travailler avec puissance, à être multitâches et multi-intérêts, à voir loin, à envisager des solutions innovantes, par sa créativité, un surdoué est un véritable atout pour la structure qui l’intégrera. Malheureusement, son mode de fonctionnement singulier est encore bien mal connu et donc très mal utilisé, ce qui est dommage.

  *

CITATIONS :

Frankl Ce qui doit donner de la lumière doit d’abord supporter de brûler.

Huxley A. Le prix que Newton a eu à payer pour être intellectuellement si exceptionnel a été qu’il n’a pas eu d’amis, qu’il n’a jamais connu l’amour, qu’il n’a pas eu d’enfants, ni beaucoup d’autres choses désirables. En tant qu’homme, c’est un raté ; en tant que monstre, il est magnifique.

Pfeffer Le talent est une force, pas un outil. Le talent n’est ni bon, ni mauvais. Etre doué de plusieurs talents est en fait un cadeau ambigu. Pour certains, c’est un fléau.

Ziglar Ce ne sont pas vos aptitudes, mais votre attitude qui déterminera votre altitude.

 *

Verbatim proposé par François C.

 

Verbatim de DIRIGEANTS LE DEFI de L'ENGAGEMENT de Raphaelle LAUBIE et Philippe WATTIER - Ed. L'Archipel 2017

Dirigeants ; le défi de l'engagement

1.LES PARADOXES DANS L’ENGAGEMENT DU DIRIGEANT

Des racines et des ailes.

Le dirigeant a fait le choix de s’élever…Cela comporte des risques, il doit l’assumer. Tôt ou tard, il se retrouve confronté à son idéal et à des situations paradoxales inédites et parfois brutales…C’est par un travail sur soi, apprentissage permanent, et par la recherche de sa « juste place », que l’on peut surmonter ces paradoxes et en faire des leviers pour l’action.

L’insuffisante prise en compte des facteurs de santé.

Des charges de travail trop importantes sans périodes de repos sont contre-productives…Le respect de certaines règles d’hygiène de vie (alimentation, sommeil, activité physique…) est garant d’un niveau de performance durable…Une pratique sportive régulière permet de maintenir un bon état de santé global tant au niveau du tonus physique que du développement des capacités mentales…Des mesures de prévention limitent les problèmes de santé graves et récurrents.

Les déséquilibres des trois vies

Il est essentiel de ne pas vivre uniquement des vies professionnelle et familiale. D’autres activités (sports, associations, etc.) qui entraînent une socialisation vont créer des sas de décompression…Ces interactions entre vie professionnelle et vie personnelle sont le lieu de très nombreux paradoxes. Avoir un complice indépendant des sphères professionnelle et personnelle pour partager ses questionnements sera d’une grande utilité, notamment pendant une période délicate.

Les dissonances cognitives.

Dans l’exercice de ses fonctions, le dirigeant peut être amené à vivre des situations très inconfortables, lorsque ses pensées et schémas mentaux ne se trouvent plus en harmonie avec sa propre perception de l’environnement externe. On parle alors de dissonance cognitive.

Tout dirigeant peut être confronté à ce type de situation à un moment ou à un autre de sa vie professionnelle…Le « dysconfort » vécu alors par le dirigeant l’amène à modifier son mode de fonctionnement, et parfois à prendre des décisions irrationnelles, laissant collaborateurs et proches démunis et dans une incompréhension totale.

Les erreurs de casting et les fausses routes.

Une mobilité géographique mobilise toutes les ressources du dirigeant…Imprégné de la culture de son entreprise, le dirigeant croit connaître les codes en arrivant dans un nouveau pays et peut faire preuve d’analyses ou de comportements inadaptés. En effet, les cultures locales prédominent encore sur les cultures d’entreprise, aussi fortes soient-elles…Le dirigeant n’est souvent pas préparé à ce paradoxe qui peut l’amener à remettre totalement en question sa performance professionnelle passée, et à perdre totalement confiance en lui…Une mobilité géographique est donc un véritable projet qui doit être préparé au sein de l’entreprise et en famille, afin que le dirigeant se sente soutenu et accompagné dans une expérience qui, si elle est riche d’enseignements, peut se révéler complexe.

2.FEMMES ET LEADERSHIP

Evolution des codes sociétaux et irritants.

Aujourd’hui, les femmes ont les mêmes opportunités, libertés et prérogatives que les hommes. Pas plus, mais les mêmes…Elles ne pourront tirer parti de ces opportunités qu’à condition de définir quel équilibre elles visent en termes de contrainte et de reconnaissance professionnelles, de vie personnelle, familiale, et seulement si elles assument pleinement ces choix.

Les femmes font face à un dilemme culpabilisant qui est présent très tôt…En effet, il est courant pour les femmes de devoir composer avec des injonctions contradictoires –réussir leurs études, puis gérer leur carrière, être une bonne mère de famille en restant présente pour ses enfants –sous peine de perdre leur indépendance en cas de problèmes conjugaux ultérieurs. Il est assez justifié d’avancer que les hommes y sont moins exposés.

Les femmes doivent apprendre à reconnaître et lever leurs « facteurs irritants », les freins à leur développement professionnel et personnel.

La levée de ces obstacles et la création d’un environnement de travail bienveillant et accueillant sont bénéfiques aux femmes, mais aussi aux hommes qui souhaitent se détacher des parcours « masculins classiques ».

Vertus et bonnes pratiques.

Il existe autant d’approches, de démarches et de plans d’action concernant les femmes et leur place en entreprise que de situations. Chaque entreprise doit s’investir dans ce challenge en intégrant sa culture, les problématiques et les moyens qui lui sont propres. Les solutions toutes prêtes à « reproduire » n’existent pas.

Il est nécessaire de s’engager dans une première étape de diagnostic afin d’identifier les points forts et faibles de l’entreprise, mais aussi les freins perçus par les femmes. Cette première étape permet de mettre en place des objectifs, un plan d’action, et d’en préciser les modalités de suivi.

La démarche doit être appuyée par le top management, emporter l’adhésion du middle management et, une fois amorcée, doit être soutenue sur le long terme. Les études et les exemples pratiques montrent que tout relâchement des actions provoque inévitablement un retour en arrière.

Les défis pour demain

Les programmes en lien avec l’éducation des lycéens et lycéennes, par exemple, sont un moyen de traiter certaines problématiques avant l’entrée dans la vie active, et donc de diminuer la nécessité de certaines mesures de « rattrapage » une fois intégré le monde du travail.

Les entreprises peuvent aussi intervenir au niveau sociétal pour poser un regard sur la place et le rôle de la femme dans la société.

Les mesures en faveur de la promotion féminine ne doivent pas être prises au détriment des compétences, faute de quoi le risque de rejet est réel.

Le leadership est-il sexué ?

Les femmes sont perçues comme plus créatives, plus coopératives et à l’écoute, dans une démarche plutôt horizontale.

Les hommes sont perçus comme étant davantage animés d’un esprit de conquête, de compétition –les prises de décision s’effectuent selon une démarche plus verticale.

Les hommes et les femmes appréhendent différemment leurs émotions.

Pour autant, les femmes au pouvoir ne montrent pas de différences majeures dans l’exercice du leadership. Il est impossible de distinguer un leadership spécifiquement féminin.

Par ailleurs, les jeunes générations ont tendance à gommer les différences hommes/femmes.

3.ENGAGEMENT SOCIETAL : TEMOIGNAGES

RSE, vous avez dit RSE ?

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est encore méconnue dans les entreprises et relativement peu formalisée, particulièrement dans les petites structures.

Intégrée à la stratégie globale, la RSE est un véritable outil de pilotage de l’entreprise dans une logique de pérennisation et de développement responsable.

La RSE est un atout pour attirer les consommateurs, renforcer la marque employeur et fidéliser les salariés.

Pour mettre en œuvre une démarche RSE, il est recommandé d’être accompagné et de désigner un ou des référents en interne pour le déploiement en lien avec tous les services et directions de l’entreprise.

Valeurs : au-delà des mots

Les valeurs revêtent un usage interne vis-à-vis des salariés et des managers, au moment des recrutements et tout au long de la vie de l’entreprise.

Les valeurs doivent être définies dans un esprit de co-construction avec les parties prenantes de l’entreprise, notamment les salariés.

La simple définition des valeurs ne suffit pas. Elles doivent constituer le socle de pratiques managériales et organisationnelles cohérentes.

Les valeurs doivent être un support dans le cadre de la relation client afin d’assurer un service le plus qualitatif possible.

En tant que premiers ambassadeurs des valeurs de l’entreprise, les dirigeants doivent faire preuve d’exemplarité.

La gouvernance responsable ou l’entreprise étendue.

Recourir aux administrateurs indépendants revêt un intérêt pour se faire challenger et bénéficier du regard de personnes externes à l’entreprise.

Les clients et usagers sont une ressource précieuse qu’il ne faut pas hésiter à consulter dans le cadre du développement de nouveaux produits et services.

Le mode coopératif et la gouvernance incluant toutes les parties prenantes de l’entreprise sont un gage d’équilibre sociétal.

Il est recommandé d’impliquer ses fournisseurs dans la gouvernance de l’entreprise, dans un esprit de coconstruction pour un résultat gagnant-gagnant.

Engagement et responsabilité

La culture managériale doit avant tout reposer sur le fait de donner du sens aux collaborateurs.

Qu’on adopte ou pas le concept d’entreprise libérée, il est nécessaire de réfléchir et innover sur un plan managérial en donnant la possibilité aux salariés de s’investir et d’être force de proposition.

Pour que les salariés s’engagent, les entreprises doivent leur donner toutes les clés et transformer les idées en actions concrètes.

Transparence et pédagogie sont essentielles à une communication fluide entre les collaborateurs et la direction.

Focus : des projets dont ils sont fiers.

Impliquer les équipes, c’est à terme faire émerger dans l’entreprise des collaborateurs citoyens engagés…C’est souvent révéler à des salariés toutes leurs potentialités.

Les Fondations ne doivent être en aucun cas les « danseuses du patron ». Tournées vers l’externe, elles doivent permettre de fédérer et créer du lien en interne.

La diversité est un enjeu de taille dans les entreprises tant d’un point de vue humain qu’économique. La prise en compte de la diversité ne peut être que vertueuse.

4.DIGITAL ET INNOVATION OUVERTE<

Innovation ouverte et clients

A l’instar des pure players, les industries de biens de consommation courante, pour lesquelles l’innovation est une considération prioritaire, ont ouvert leurs process d’innovation à leurs cibles de clientèle, tout autant qu’à des start-ups ou des partenaires industriels.

La valeur attendue du client dans ce processus diffère selon les industries.

Cette ouverture de l’innovation au client représente un phénomène pérenne, auquel le digital et les nouvelles technologies ont donné une formidable puissance…Elle impose qu’une culture centrée sur le client anime l’ensemble de l’entreprise.

Start-ups et entreprises innovantes

Par ses nouvelles offres, les nouvelles manières de travailler qu’il occasionne et ses nouveaux outils, le 2.0 est une opportunité pour aller plus loin dans l’innovation collaborative ou innovation ouverte.

Nous assistons à une accélération des cycles, de même que s’accroît la facilité de mise en relation d’un nombre plus important d’intervenants. Ce qui ne semblait pas possible il y a encore quelque temps est, avec les nouvelles technologies, réalisable et praticable.

Le processus d’innovation ouverte, par nature, traverse les organisations. Ainsi, l’innovation doit venir de partout et un des challenges des organisations établies est de gérer ce changement de culture.

Comme pour les autres processus de l’entreprise, la digitalisation et les nouvelles technologies viennent challenger les principes établis de l’innovation ouverte (open source, crowdsourcing, crowdfunding,…).

Enfin, comme pour tout apprentissage, il est important d’avoir conscience du degré de maturité en innovation ouverte de son organisation pour identifier outils et partenaires.

Financiarisation de l’innovation

C’est à partir de 2008 que les groupes se sont orientés vers l’innovation ouverte.

Innover sous la pression des actionnaires impose de limiter les risques. Sur cet aspect aussi, l’innovation ouverte est intéressante, car elle constitue un moyen d’externaliser les risques inhérents à l’innovation en s’alliant notamment aux start-ups.

Pour les innovations périphériques et incrémentales, les grands groupes se sont naturellement tournés vers d’autres acteurs (universités, start-ups, centres de recherche,…) afin d’avoir accès à l’expertise de pointe en limitant l’investissement et le risque financier.

L’open source, aux frontières de l’innovation ouverte

Le modèle open source…est un processus d’innovation ouvert, souvent à une très large communauté, qui repose sur le partage de la valeur, voire sur la gratuité, notions qui sont éloignées des modes classiques de gestion de la propriété intellectuelle –quand elles ne s’y opposent pas.

Les freins à la diffusion de l’open source sont réels : remise en cause des modèles économiques existants, notamment en termes de valorisation de l’innovation et de contrôle de la valeur, coût élevé de transition du modèle classique au modèle open source, risque d’une extension trop forte d’offres sur mesure.

Le modèle open source, surtout présent aujourd’hui dans le secteur des softwares, a de fortes chances de s’étendre : d’une part, du fait de l’extension des technologies de l’information au sein de toute forme d’innovation, et ce quel que soit le secteur d’activité ; d’autre part, parce que les valeurs « idéologiques » portées par l’open source correspondent en partie aux nouvelles attentes sociétales de partage, d’engagement individuel et de quête de sens.

La diffusion de la culture open source dans l’entreprise imposera alors de bien maîtriser les enjeux technico-juridiques de ce type de modèle (plateforme, système de régulation) et de revoir les pratiques managériales de l’entreprise (capacité à gérer un écosystème externe complexe, à donner un sens collectif à l’action, à assurer un bon équilibre entre leadership et taylorisme managérial).

L’innovation ouverte : pari culturel et défi pour le leadership

Un certain nombre de facteurs culturels contribuent aux succès des entreprises les plus performantes en matière d’innovation ouverte : l’obsession du client, une bonne intelligence de l’écosystème et la capacité à partager une même vision à tous les niveaux de l’entreprise.

Leurs leaders ont une réelle aptitude à observer, à questionner, à associer des savoirs sans relation apparente. Ils expérimentent et encouragent l’essai chez leurs collaborateurs. Ils pensent et agissent en réseau. Ils font preuve d’agilité, d’audace, mais aussi d’humilité.

C’est la combinaison de ces compétences distinctives avec un fort engagement personnel, une attention aux équipes, une mission claire et partagée qui fonde le succès du pilotage des démarches d’innovation ouverte. 

*

Verbatim proposé par François C.

Verbatim de 52 poèmes d'occident pour apprendre à s'émerveiller de Fabrice Midal ed. Pocket 2015

52 poèmes d'Occident pour apprendre à s'émerveiller

  1. S’ouvrir à la beauté du monde. Je ne pouvais pas prévoir combien ce spectacle allait me toucher –je peux juste m’arrêter et lui dire « bonjour ». Le laisser être. Vous aussi, qu’est-ce qui vous appelle maintenant et que vous pourriez accueillir ?
  2. Apprendre des arbres. Méditer, c’est être comme un arbre. Comme lui, restons immobiles. Abandonnons, pour un instant, nos projets et nos prétentions. Ce qui advient, laissons-le advenir. N’essayons pas de le changer. En nous ouvrant ainsi sans condition à la réalité, nous découvrirons un sens d’être primordial, qui nous permettra ensuite de pouvoir agir et aimer avec justesse.
  3.  Libérer en nous le plus haut désir. Méditer, c’est faire le mouvement du tournesol : se libérer de nos chaînes et entendre le plus haut désir qui nous habite, le désir d’éveil, de liberté, de tendresse et d’amour.
  4.  L’émerveillement et le papillon. La poésie comme la méditation nous apprennent -et de façon « magique »- à invoquer la splendeur oubliée de l’existence qui n’attend de nous que d’être reconnue.
  5.  S’accorder au monde. La méditation nous apprend elle aussi cette apaisante réconciliation avec la réalité. Nous ne sommes plus à distance, séparés, mais nous coïncidons avec ce qui est. Nous ne regardons plus l’oiseau, nous sommes l’espace où il se déploie.
  6.  La splendeur du « bel aujourd’hui ». Telle est bien l’épreuve que l’on fait dans la pratique méditative : nous avons à traverser le gel de nos inquiétudes pour retrouver le bel aujourd’hui. En ce sens, méditer est un travail : ouvrir les portes et les fenêtres pour goûter à neuf l’azur.
  7.  S’élever. Là est le sens tout entier de la pratique de la méditation. En méditant, nous posons nos fardeaux. Nous retrouvons un souffle vivifiant. L’exil s’achève, nous sortons du désert.
  8.  La douleur et l’espérance. Dans la méditation, nous découvrons que nos douleurs et nos difficultés ne sont pas solides et figées –elles peuvent passer, se transformer, être apaisées. Nous découvrons une source toujours inattendue d’où tout peut renaître.
  9.  La magie de la parole, le rythme du temps. La méditation, à l’instar de la poésie, met entre parenthèses nos préoccupations, pour nous permettre ainsi de mieux coïncider avec le jeu du monde. Pour cette raison, elle est une source de joie toute pure.
  10.  La pure honnêteté. La méditation, loin de se présenter comme un outil ou une technique pour être moins stressé ou plus efficace, est une leçon d’authenticité. Elle nous confronte à nos limites, à nos peurs, à nos erreurs –sans en faire toute une histoire. Les grands méditants n’étaient pas des êtres parfaits ; ils étaient simplement qui ils étaient. Ils ne s’excusaient plus d’être et ne cherchaient pas à prouver quoi que ce soit. Ils étaient pleinement humains.
  11.  La quête de l’étoile. Lorsque l’on s’engage dans la pratique de la méditation, nous voyons la nuit –notre inquiétude et notre peur, nos doutes et ce bavardage qui devient parfois incessant –s’effacer peu à peu et la clarté jaillir. Il nous suffit alors de la laisser croître.
  12.  Vivre est bon. La méditation nous apprend à reconnaître cette bonté qui n’est pas le bien-être que l’on peut éprouver quand on réussit un examen ou quand on achète un vêtement neuf, mais qui se déploie du simple fait d’être en vie.
  13.  La tendresse et la nostalgie. La méditation peut jouer un rôle majeur dans la vie des hommes, non seulement en leur apprenant à vivre la splendeur et la gravité du présent vivant, mais aussi en libérant en eux la haute mémoire de  l’origine.
  14.  Ne soyons pas si prévisibles. Donnez moi le calme, le blanc bouillonnement, l’incandescence et la froideur du moment incarné ; le moment, la chair vive de tout changement, de toute hâte et de toute opposition ; le moment, le présent immédiat, le Maintenant…C’est lui que j’attends. Il est simple et élémentaire.
  15.  La solitude authentique. La méditation nous apprend à ne plus être effrayé par la solitude, mais à en faire une bénéfique compagne. Nous ne cherchons plus de divertissements ou de consolations. Nous redécouvrons la dimension originaire de paix et de silence qui règne là, maintenant.
  16.  Etre pleinement soi. La méditation est une entreprise de libération. Elle vous invite à ressentir ce que vous ressentez, à assumer votre singularité. Vous êtes mieux à même de dire « non » si cela est juste et nécessaire.
  17.  Regarder ce qui est avec droiture. Dans la tradition bouddhique dont elle est issue, la méditation a toujours été pensée comme l’union de la paix (shamatha) et de la vision claire (vipashyana). On ne se pose dans le présent que pour mieux voir ce qui est –la confusion comme la sagesse. En ce sens, la méditation est d’abord un exercice de clarté très précieux.
  18.  Les étranges animaux de l’esprit débridé. Les poèmes d’Apollinaire montrent le jeu de l’esprit dans son mouvement le plus créatif. Ils nous apprennent à l’observer avec amusement et tendresse. N’est-il pas étrange et ironique que notre esprit passe si rapidement du chaud au froid, du calme à la panique, de la jalousie à la plus grande tendresse ? Devenir familier de l’esprit débridé, c’est le début de la sagesse !
  19.  Le chemin sans chemin. La méditation nous délivre de la tyrannie des buts qui déterminent notre présent et nous soumettent à eux. Elle nous permet beaucoup plus fondamentalement de nous relier à la vie dans son surgissement toujours imprévu. S’y engager, c’est partir dans la plus belle aventure qui soit –celle de notre propre existence.
  20.  N’aie pas peur des ombres. La méditation nous ouvre à l’autre côté des choses, au silence entre les mots, à la nuit qui entoure le jour. Elle sait voir en toute chose sa charge de beauté et de dignité. Elle nous ouvre ainsi à l’immensité de la vie.
  21.  Comment l’amour nous rend meilleurs. La méditation nous aide à nous libérer de deux erreurs qui nous privent de tout rapport juste à l’amour : le découragement cynique et le narcissisme consommateur. Elle nous montre comment retrouver la dimension si précieuse de pur don propre à tout amour véritable. On aime toujours sans pourquoi et on est aimé de même –sans raison.
  22.  S’ouvrir à l’énigme de notre corps. Méditer consiste à toucher la présence nue avec son corps tout entier. La méditation est une invitation : et si je vivais moi aussi en devenant pur remerciement devant le simple fait d’être, découvrant que « c’est moi le jardinier et moi la fleur » dans le palais qu’est parfois le monde ?
  23.  Retrouver un sens du sacré. La méditation, en mettant hors jeu l’emprise de ces petits démons, nous fait faire cette expérience de présence ouverte. Loin de nous enfermer dans le prosaïque du présent, elle en entrouvre l’extraordinaire (au cœur même de l’ordinaire) ! Et quiconque s’est engagé dans de longues sessions de pratique méditative a vu naître en lui un rapport tout à fait neuf et souvent bouleversant aux choses.
  24.  Le jeu des métamorphoses. La méditation est une voie alchimique en ce qu’elle fait découvrir dans les choses les plus concrètes, en notre propre lourdeur, ce que nous avons tendance à oublier ou à rejeter, la matière (materia prima) permettant d’œuvrer à la pierre philosophale. Autrement dit, ce que nous voudrions supprimer, détruire en nous, ce qui nous blesse et nous peine, ce que nous négligeons, devient par la pratique source d’une nouvelle vie.
  25.  Le verger pour voûte. Etre fidèle à ce que nous vivons au présent, même dans sa simplicité toute nue, est essentiel et devrait être préféré à la logique de toutes les institutions. La méditation aide à faire cette expérience de confiance. Tout est là, à portée de main. Tout peut être l’occasion d’un réveil authentique.
  26.  L’esprit est plus vaste que le ciel. L’esprit, quel phénomène surprenant ! Il pense, il a peur, il envisage ceci ou cela qui ne se passe généralement pas du tout comme il l’a prévu. Nous sommes très préoccupés par ces événements mentaux, mais nous ne portons pas attention à l’esprit lui-même. Méditer, c’est le découvrir, se familiariser avec l’immensité qui est la sienne.
  27.  De l’innocence à l’expérience. Méditer, c’est à la fois ne pas renoncer à notre innocence première et consentir à se relier au monde de l’expérience si souvent douloureuse et injuste. Et c’est précisément cette union de l’innocence et de l’expérience qui fait toute l’importance de la pratique.
  28.  Le courage de l’extrême tendresse. Méditer, c’est simplement entrer en rapport avec ce qui est et donc se relier aussi à ceux qui souffrent pour pouvoir les apaiser. Méditer, c’est apprendre à ouvrir son cœur.
  29.  L’invisible. Notre être n’est pas saisissable. Avant de méditer, on peut croire être « comme ceci » ou «comme cela », selon des critères qui viennent souvent du jugement des autres et que nous avons fini par accepter. Or, par l’épreuve de la méditation, nous découvrons que notre esprit passe par tant de phases différentes, prend tant de formes diverses, qu’il est sans doute préférable d’accepter qu’il ne nous sera jamais totalement transparent. Un ouvert premier nous constitue. C’est lui qu’il faut saluer. Ne nous identifions pas à des identités relatives –gardons notre lien à l’invisible.
  30.  Le monde vivant de l’imagination. Découvrir le présent n’est pas restreint à ce qui est là immédiatement, mais doit nous permettre de nous ouvrir à un monde plus vaste –en réalité sans limites. Même un grain de raisin, la voix d’un ami, le scintillement des étoiles dans la nuit, peuvent devenir un univers magnifique.
  31.  Le bonheur d’être. La méditation est l’art suprême du bonheur. Elle nous apprend à célébrer la joie d’être, à remercier du simple fait d’exister. Elle nous montre ainsi que le vrai bonheur ne vient pas de la saisie, du contrôle ou de l’accumulation de biens, mais d’un geste de confiance gratuit et libre.
  32.  Contempler la mort et retrouver le goût de l’essentiel. Je prends souvent un moment pour me rappeler la brièveté de l’existence, le fait que la mort surgisse parfois sans que l’on y prenne garde, et je considère à partir de là ce qui, pour moi, est essentiel, ce qui fait tout le sel de la vie. La pratique devient alors plus évidente et porteuse d’une joie neuve et vivifiante.
  33.  Entrer apaisé dans l’absence de sécurité. Partout où les hommes ont vécu avec sagesse, ils ont découvert des formes de méditation. Et c’est son invitation à abandonner toute identité, à s’ouvrir pour de bon, qu’il me semble important aujourd’hui de chercher à cultiver. Personnellement, je ne médite pas pour obtenir une autre identité, mais pour réaliser la limite profonde de toute.
  34.  L’épreuve et la décision éthique. La méditation aujourd’hui est aussi le geste éthique par excellence : non pas acquérir un savoir, chercher à être à l’abri, mais affronter la nécessité de nous tenir au plus juste dans les diverses épreuves de l’existence.
  35.  Fragilité et beauté de l’existence humaine. La méditation, en nous apprenant à ne rien saisir, nous indique la langue de la modulation qui colore toute expérience. Elle nous apprend ainsi à ne pas faire seulement attention à l’information que les propos d’un ami ou d’un collègue contiennent, mais aussi au ton de sa voix, au rythme de son être –à sa présence si fragile et unique. Sachons nous aussi célébrer ces moments qui nous montrent que vivre est la chose la plus précieuse et la plus incomparable entre toutes.
  36.  Entrer dans l’espace du sentiment. Méditer, c’est retrouver cette dimension originelle du sentir où le langage conventionnel s’éteint, où nos routines n’ont plus de prise, où tout peut apparaître sous un jour neuf. Nous découvrons ainsi un espace vibrant de présence : c’est là que naît toute poésie, que s’ouvrent des relations inattendues et des possibles nouveaux…C’est là aussi que nous nous découvrons reliés au monde tout entier, permettant ainsi à notre cœur de s’apaiser.
  37.  Quand la profondeur de la présence est apaisement. La méditation nous fait découvrir un tout autre rapport au présent, loin de celui dans lequel nous sommes d’habitude installés. Là, le temps n’est plus figé. Le temps n’est plus mesurable. Ce qui était opposé est comme apaisé, non par une réconciliation naïve, mais par la profondeur de notre présence.
  38.  Le Bouddha et l’étoile. La présence méditative ne nous enferme ni en nous-mêmes, ni dans une sorte de néant, mais nous ouvre à l’immensité la plus vigilante et claire. Elle est cette intelligence et cette compassion non fabriquées qui se déploient quand nous acceptons enfin d’être tout simplement.
  39.  Intacte et vertigineuse nature. Et si méditer, c’était s’arrêter de s’agiter, de gérer de nouveaux projets, pour apprendre à laisser la vie disposer en nous de forces oubliées, de traits enfouis, de paroles inconnues ? Dans les moments de crise, nous découvrons que cette approche est fertile. L’homme en difficulté constate que ce n’est plus par sa seule volonté qu’il peut s’en sortir. Il doit retrouver l’appel qui, en lui, plus vaste que lui, saura lui montrer le chemin. Méditer, c’est se tourner vers cet appel.
  40.  La quête amoureuse des troubadours. Méditer ne consiste donc nullement, comme on le dit souvent à tort, à tuer le désir. Cela ne nous conduit évidemment pas non plus à vouloir un assouvissement systématique. La méditation nous apprend à laisser notre désir nous rendre vivants en nous tournant vers l’essentiel.
  41.  Comment la poésie apaise notre douleur. Le poème et la méditation donnent à ce qui se révèle difficile à soutenir son juste poids. Nous retrouvons cet espace ouvert et chaleureux qui change la tonalité de toute expérience. La douleur n’a pas disparu, mais sa place dans l’équilibre de notre existence est désormais toute différente.
  42.  La grâce et l’élégance. Laissons tomber le contrôle épuisant de la volonté et du raisonnement affairé, tout autant que les petits jeux mesquins du cœur humain, pour retrouver la pure simplicité d’être. N’est-ce pas la leçon de toute méditation ?
  43.  Le secret de tout mouvement. L’immobilité de la méditation n’a rien de statique, elle est confiance profonde et ample dans le jeu toujours spontané du présent. C’est cette souplesse qu’il importe de vivre. Méditer, c’est trouver ainsi un mouvement qui est aussi pure stabilité ; c’est entrer dans la ronde de la vie.
  44.  La floraison de la beauté et de la gratitude. Là aussi est le secret de la méditation : nous apprenons à devenir pure gratitude devant le fait que le monde est. La méditation est cet apprentissage qui vise à permettre de nous accorder à la beauté du monde en effaçant ce qui, en nous, vient la recouvrir ou l’embrumer. Nous sortons ainsi de nous-mêmes. Joie profonde.
  45.  La quête de l’outre-monde. Comme je serais satisfait si la méditation, au lieu d’être présentée comme une manière de mieux se connaître soi-même, était reconnue comme ce qui invite tout être humain à voyager dans l’outre-monde ! Ce serait tellement plus juste.
  46.  Vivre dans le pays du poème. Car tel est bien le grand secret : dans la nuit, la lumière de la vérité, même si nous la remarquons à peine, garde néanmoins le jour.
  47.  La liberté intérieure. Il n’y a pas un chemin unique qui conduise à la sérénité. Il incombe à chacun de trouver le sien. La poésie comme la méditation ne nous prescrivent aucune règle, n’imposent rien, ne font qu’invoquer cet état de sérénité, de manière chaque fois nouvelle, et par là nous éveillent à lui.
  48.  L’instant en suspens. Lorsqu’on rentre plus profondément dans la pratique, on apprend à reconnaître cet interstice, à la fin de l’expiration, avant la prochaine respiration, entre deux pensées ; il y a une brèche, « douceur d’être et de n’être pas ». Il n’y a rien à saisir et pourtant, c’est là qu’est le secret de la pratique.
  49.  Merveille d’une simple chose. En poésie comme en méditation, par le miracle de l’attention, le minuscule devient immense. Ce qui pourrait sembler anecdotique devient universel. Le simple devient grandiose.
  50.  Briser les conventions. La méditation, par sa manière de nous plonger dans le sentir nu, nous ouvre à la source même de la vie, qui seule peut permettre un véritable changement.
  51.  La révolte qui libère. La méditation est cette épreuve : trouver « la vérité dans une âme et dans un corps ». Elle rassemble ce qui est ainsi partout désuni et nous libère tout autant d’un intellectualisme mortifère que d’un matérialisme aveugle et bête.
  52.  Transformer le monde en splendeur. Oui, telle est bien la grande leçon de la poésie et de la méditation : nous permettre de nous ouvrir à la splendeur du terrestre et transformer ce qui s’y refuse, comme l’alchimiste qui, par un travail patient, fait que le plomb devient de l’or.

*

Verbatim proposé par François C.