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Verbatims et recommandations...

Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel Tome 1 L'alchimiste Michael Scott- Pocket Jeunesse (roman ado)

Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel t.1 ; l'alchimiste Recommandation de Camille D., une adorable petite lectrice :

Des faux jumeaux vont faire la rencontre de Nick Fleming.  Josh travaille avec ce dernier dans une librairie, sa sœur, Sophie travaille en face dans un salon de thé. Les deux frère et sœur vont alors s’embarquer dans une aventure qu’ils n’auraient jamais pu envisager la veille! Car Nick Fleming est en réalité Nicolas Flamel, oui LE Nicolas Flamel!

Suite à une réimpression, la couverture qui était déjà belle est devenue magnifique! Ce livre, j’ai lu le tome 1, puis j’ai couru (ou presque) acheter les  autres tomes. J’ai dévoré la série en un week-end! On s’attache très facilement aux personnages et on plonge aisément dans l’histoire! Si bien que parfois on a l’impression d’y être avec eux!!

!!!!!! D’ailleurs, ne pas déranger quelqu’un dans cette lecture! Sinon à vos risques et périls!!!!!!!!

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Les recettes de la vie de Jacky Durand - Gallimard (roman en poche)

Les recettes de la vie Coup de cœur d'Élodie, libraire de Fil en page:

Au chevet de son père mourant, Julien se remémore son enfance aux côtés de cet homme qui l’a élevé seul après le départ de sa femme. Un homme bourru et taiseux mais aussi passionné par son métier, qui lui a transmis son goût pour la bonne cuisine et le partage, même s’il s’est toujours opposé à ce que son fils suive ses traces.

Un récit plein de tendresse sur la relation père-fils et la transmission d’une passion.

C’est aussi une ode à la gastronomie qui met l’eau à la bouche!

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Le temps des prédateurs ; La Chine, les États-Unis, la Russie et nous de François Heisbourg - Odile Jacob

Le temps des prédateurs ; la Chine, l'Amérique, la Russie et nous

 

Émetteur du verbatim: François C.

1. Le retour des prédateurs

L’Europe actuelle fait face à des puissances qui veulent forcer l’accès au marché unique européen et qui cherchent à affaiblir, voire détruire, l’Union européenne.

Dans un monde où les prédateurs sont de retour, mieux vaut ne pas devenir proie.

L’hégémonie au sens d’Antonio Gramsci, faite d’influence intellectuelle et culturelle, disparaît au profit du pur rapport de force, débouchant sur l’hégémonie au sens le plus brutal.

Les trois Etats-continents ont en commun depuis l’élection de Donald Trump de considérer l’existence même d’une Union européenne possédant des pouvoirs substantiels comme indésirable. Pour eux, l’UE doit être au moins affaiblie ou contournée, ou, mieux encore, divisée sinon détruite: il est tellement plus simple de diviser sinon pour régner, du moins pour soumettre et piller.

Le monde des prédateurs refuse les alliances, marginalise le droit et donne la priorité au rapport de force. L’Europe actuelle n’est pas équipée pour assurer la paix, la liberté et la prospérité dans ce monde-là. Les défis auxquels elle a à faire face sont existentiels.

2. Scènes de chasse

Pour ces trois protagonistes, la maîtrise des mers, les règles de fait et de droit qui présideront à l’accès aux océans sont d’ores et déjà un enjeu cardinal.

L’Europe doit désormais partir du principe que la prédation territoriale est de retour, au moins à ses confins orientaux.

En termes de développement économique et sociétal, la domination par la maîtrise technologique est l’équivalent de ce que furent la maîtrise de la vapeur, puis de l’électricité aux siècles précédents.

La Chine tente aussi de devenir «première de cordée» des technologies vertes, notamment en termes d’énergies non carbonées: éolienne, solaire et nucléaire… Elle produit aussi deux fois plus de véhicules électriques que le reste du monde, avec 1,5 million de voitures construites en 2019.

Le cyberespace est un de ces nouveaux terrains de la prédation… Qui contrôle et qui sécurise les fonctionnalités du monde numérique?

Ajoutons que les données chinoises sont un « pétrole» d’exceptionnelle qualité, les lois et règlements sur la protection de la vie privée n’étant pas exactement une priorité du Parti communiste chinois.

Contrairement aux Etats-Unis, il manque cependant à la Chine et à la Russie, tout comme à l’Europe, la maîtrise du pivot monétaire et financier du système international.

Le rêve chinois combine la poursuite de la croissance économique avec l’harmonie sociale et la défense des intérêts chinois dans la région et dans le monde. A l’intérieur des frontières, la stabilité et l’harmonie au quotidien sont assurées par une organisation policière sans égale dans le monde, disposant des derniers raffinements de la technique: l’expression cyber-dictature s’applique d’ores et déjà.

Ce sont les Européens qui ont du mal à se penser collectivement en termes de modèle partagé ou de vision mobilisatrice.

L’eau en tant que ressource indispensable à la vie devient plus précieuse dans un monde plus chaud et plus peuplé, et la capacité à maîtriser les grands bassins hydrauliques deviendra un critère de puissance croissant.

Ainsi, le jeu futur risque d’être différent de celui ayant jusqu’à présent guidé l’action des peuples et des Etats face à des défis climatiques, hydrauliques, sanitaires échappant en grande partie aux mesures isolées. Prédateurs ou proies seront placés face à des choix stratégiques faits d’un mélange de coopération et de coercition. Les rapports de force et avec eux les logiques de prédation y auront leur part.

3. Chine : que le cauchemar commence

Cette conscience chinoise de son rang historique est passée de l’ère des regrets et des aspirations à celle de la mise en œuvre de la restauration de la grandeur passée et cela à l’échelle du monde dans sa globalité, au-delà des régions à portée des dynasties impériales.

A l’échelle nationale, la Chine est en train de devenir la première cyber-dictature. La population est largement isolée de l’Internet mondial par la Grande Muraille électronique. Son usage des réseaux sociaux est suivi et censuré au fil des événements… Avec la mise en place de plus de 2 milliards de caméras disposant de logiciels de reconnaissance faciale, toute sortie en ville est connue.

Avec la généralisation du système dit du crédit social… la métaphore de Big Brother empruntée au «1984» de George Orwell deviendrait réalité. Emploi, logement, études, sécurité sociale, liberté d’aller et de venir, moyens de paiement, instruments de communication: tout serait ajusté vis-à-vis de chaque individu en vertu de son crédit social numérisé…

En termes pratiques, l’approche chinoise envers l’Europe peut se résumer par cinq mots:

PROFITER englobe tout ce que fait la Chine pour vendre ses productions dans l’immense marché unique européen, le plus important du monde, s’approprier les technologies dans lesquelles les Européens conservent des avantages et amener l’Europe à adopter des solutions chinoises en ce qui concerne l’économie en ligne.

INFLUENCER. La Chine a une stratégie d’influence qui combine le long cours dans des domaines politiquement peu sensibles, avec par exemple la multiplication des Instituts Confucius en Europe comme ailleurs, avec une mise en place expérimentale de formes d’influence plus agressives.

DETACHER. Lorsqu’est évoquée la capacité qu’aurait le suédois Ericsson de se substituer à Huawei sur les marchés dont celle-ci serait évincée, les Chinois font immédiatement savoir aux entreprises européennes du secteur qu’elles perdraient leur accès au marché chinois si elles jouaient à ce type de jeu.

INTEGRER. L’U.E. pourrait devenir partie intégrante du «supercontinent eurasiatique», une version moderne des «royaumes tributaires» prêtant allégeance à la Chine impériale: jadis, ces contrées étaient voisines de la Chine; à l’ère de la mondialisation, elles peuvent se situer au-delà de l’horizon.

Qui contrôle la 5G contrôle les infrastructures économiques et sociétales de nos pays.

INTERVENIR. Au plan mondial… les occasions de confrontation militaire s’accroîtront avec la mondialisation des intérêts de la Chine à l’étranger.

A terme, l’interaction entre la Chine et l’Europe acquerra une dimension militaire.

4. Les États-Unis: au revoir ou adieu?

C’est sous les présidences de George W. Bush Jr (2001 – 2008) et d’Obama (2009 – 2016) qu’a débuté le processus de délitement du système d’alliances américain et il pourrait fort bien se poursuivre après le départ de Trump.

De fait, les racines de la puissance américaine sont principalement la force des armes, l’effet de levier des alliances, la créativité technique et économique, la cyber-puissance, la suprématie financière, l’état des infrastructures, l’exemplarité du modèle de société.

. La force des armes américaines reste incomparable…Il faudra encore une ou deux décennies -mais sans doute pas plus- pour que la Chine rivalise militairement avec les Etats-Unis ;

. Le levier des alliances est un multiplicateur de forces dont l’URSS a fait les frais naguère et qui contraint la Chine aujourd’hui;

. La créativité économique et la capacité d’innovation technologique sont des atouts américains déjà anciens et qui demeurent d’actualité;

. La cyber-puissance est une force évidente des Etats-Unis;

. La suprématie financière est, avec la supériorité militaire et peut-être davantage qu’elle, un atout que l’Amérique est seule à détenir et qui ne pourra pas lui être rapidement ravi;

. L’état des infrastructures: l’école publique sous-financée; le système de santé le plus coûteux du monde en termes de part du PIB; le taux d’incarcération américain prive encore 2,1 millions de personnes de liberté;

. Les inégalités croissantes jointes à la rigidification de la société… Le vivre ensemble n’est pas vraiment en marche.

Le transactionalisme à courte vue (il n’existe pas d’alliances durables ni de stratégie à long terme) et le bilatéralisme comme mode opératoire par défaut peuvent résumer le positionnement de Trump sur la scène internationale.

Dans les domaines clés du consensus sur la Chine, du délitement des alliances, d’un hypothétique désengagement au Proche-Orient et de la gouvernance financière et économique, le monde de l’après-Trump portera sa marque.

Au plan international, le rôle historique du «Donald» sera d’avoir été un facteur de désordre et d’accélération de tendances déjà présentes, plutôt que le créateur d’une nouvelle donne.

5. La Russie : un appétit d’ours

La Russie moderne n’offre aucun modèle économique et social qui puisse attirer qui que ce soit, sauf le cas échéant des kleptocrates à la recherche de sensations fortes.

La Russie veut retrouver son statut impérial et recréer un espace postsoviétique dans ce que les analystes russes appellent «l’étranger proche».

Il a fallu que la Russie procède avec méthode dans la mise en place des moyens d’une politique révisionniste efficace. On retiendra ici:

. la modernisation des armées russes;

. l’agilité politique et militaire (vitesse et manoeuvrabilité);

. la déstabilisation narrative et informationnelle des antagonistes.

Options russes. Il est important de rappeler que les faiblesses économiques de la Russie lui interdisent le recours à des moyens coûteux dans la durée : les objectifs stratégiques seront poursuivis au gré des opportunités, en maximisant l’effet de surprise et l’agilité dans la décision politique et son exécution sur le terrain.

  1. Le retournement de la Russie contre la Chine;
  2. Le statu quo amélioré, malgré ses limites, reste une option forte ne serait-ce que parce qu’elle n’exige pas des changements de stratégie majeure de la part d’un président russe vieillissant;
  3. La grande convergence avec les Etats-Unis est un objectif à la fois paradoxal et rationnel pour la Russie moderne.
6. L’Europe: un mot qui tue?

Certes, nous ne nous sommes pas approprié l’Europe comme marqueur identitaire, mais nous ne pouvons pas ignorer le fait que, à défaut du peuple européen, il existe bien une maison européenne, avec son voisinage alentour et ses règles de copropriété.

Le fait dominant est que la plupart des problèmes qui sont en partie ou en totalité européanisés sont aussi ceux qui sont à peu près ingérables au seul niveau national.

Les avantages comparés de l’Europe sont substantiels… Tout cela permet à l’Europe prise comme un tout d’équilibrer ses comptes commerciaux mais avec un fossé entre l’Allemagne fourmi excédentaire, y compris vis-à-vis de la Chine, et la France cigale déficitaire qui se situe à l’exact opposé.

L’ensauvagement de notre voisinage est une des grandes transformations du XXIème siècle européen par rapport à la génération précédente: la menace djihadiste; le terrorisme identitaire; la pression démographique croissante en Afrique et les effets prévisibles du réchauffement climatique.

La capacité de mobilisation de l’Union face aux menaces est inégale et variable.

La majorité des pays européens est plus proche de la culture allemande que de la française.

Il n’y a pas que les brexiters qui ont perdu la boussole. Surtout si ce délitement a pu se produire dans la mère des démocraties, il peut se produire n’importe où en Europe ou hors d’Europe.

 

7. L’avenir n’existe pas, il se construit

Nous savons que l’échec est à la fois possible et lourd de conséquences, le tout dans un bloc opératoire livré aux bruyants pathogènes que sont les réseaux sociaux avec leur court-termisme délétère et contagieux.

Nombre des défis stratégiques du XXIème siècle se présentent dans des domaines pour lesquels la Commission et d’autres institutions de l’UE sont bien outillées : économie numérique, commerce international, politique énergétique, politique de la concurrence, politique monétaire et bancaire. Ces instruments existent pour être utilisés stratégiquement.

En bonne stratégie, il convient naturellement de savoir qui sont ses ennemis, les hiérarchiser par degré de dangerosité d’une part, de vulnérabilité d’autre part, de tenter de les isoler les uns des autres… voire de les retourner les uns contre les autres, ou de rechercher le moindre mal.

Puisque la priorité stratégique américaine au cours des prochaines décennies sera la compétition de grande puissance avec la Chine, c’est en se positionnant comme un partenaire incontournable par rapport à cette rivalité que l’Europe pourra bâtir une relation privilégiée avec les Etats-Unis, sans pour autant couper les ponts avec la Chine et la Russie.

Il n’y aura pas d’économie européenne moderne si nous prenons du retard sur la 5G, qui servira de support à l’ensemble des activités en ligne, et comme il y a fort peu de domaines qui pourront se permettre d’opérer hors ligne, les décisions prises au début de la décennie 2020 - 2030 touchent nos intérêts vitaux.

C’est inachevée, incomplète et incertaine que l’Europe réelle devra gérer les menaces.

La bonne nouvelle, c’est que cette Europe de l’incomplétude a un instinct de survie plus puissant que ne pouvaient l’espérer ses défenseurs et que ne le souhaitaient ses détracteurs.

Épilogue

 

  1. Les Européens, eux, sont condamnés à un lent processus de ce que leurs ancêtres du XXème siècle auraient qualifié de tiers-mondialisation. Les plus anciens regrettent le bon vieux temps. Mais qu’ils ne s’avisent pas de l’afficher trop ostensiblement: la reconnaissance bionique veille et leur crédit social pourrait s’en ressentir.
Il ne tient qu’à nous d’éviter une telle issue.

 

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A tort et à raison, entretien avec Frederic Taddei de Jacques Attali - Ed. de L'Observatoire

Émetteur du verbatim: François C.

à tort et à raisonL’avenir s’enracine dans le passé. Il ne découle ni de sa prolongation, ni d’un mouvement aléatoire.

En Europe, l’économie de marché s’est organisée depuis le XIème siècle en neuf formes, parfaitement identifiées autour de neuf cœurs, avec autant de technologies, d’élites et de cultures dominantes. Ces tendances se prolongeront dans l’avenir, avec des ruptures…

C’est dans la santé et l’éducation que va se produire l’essentiel du changement. C’est par eux que l’on sortira de la crise actuelle. Parce que l’automatisation de ces deux domaines est essentielle pour l’avenir de l’économie de marché.

En 1979, je prévois l’arrivée d’entreprises qui domineront le monde par le contrôle des données, en particulier des données de santé… Le pouvoir passera à ceux qui fixent les normes qui seront de moins en moins les Etats et de plus en plus des compagnies gérant des données et des assureurs qui seront les maîtres. C’est en marche!

Demain, on pourra transformer les humains en des somnambules, surveillés et manipulés numériquement et biologiquement. Avant d’être fabriqués comme des artefacts.

Il est très difficile de prévoir l’avenir d’un système devenu structurellement erratique. Et plus encore d’agir sur lui. Il n’empêche: il obéit encore à des lois profondes (telles celles de l’artificialisation du monde, du déplacement de son centre de gravité vers l’Asie, du retour du nomadisme et des creusements des inégalités).

J’ai deux maîtres à penser pour prévoir l’avenir: Marx et Shakespeare. Marx pour les lois de longue durée. Shakespeare pour les passions humaines. Les unes et les autres se combattent.

En 2030, la population sera de l’ordre de 9 milliards dont plus d’un tiers en Afrique. La cause climatique sera à son apogée. L’intelligence artificielle sera partout, en partie dans la santé et l’éducation. Les réfugiés seront plus puissants qu’aujourd’hui. Les élites seront de plus en plus bousculées. La dette publique aura encore doublé. La dette privée dépassera 13 000 millions de dollars. Tout sera sur le point d’exploser. La démocratie représentative sera de plus en plus contestée. Les entreprises auront pris le pouvoir sur les nations. Les humains seront écartelés entre la tyrannie du narcissisme et l’exigence de l’altruisme.

J’aime cette phrase qu’on prête à Lévinas: «Une vie réussie consiste à recevoir, célébrer et transmettre.» Recevoir, c’est apprendre; célébrer, c’est créer; et transmettre, c’est enseigner.

Tous les mouvements des peuples, multimillénaires ou rapides, toutes les évolutions culturelles, toutes les guerres s’expliquent par la géographie.

Cette loi fondamentale: toute chose, tout être, à tout instant, est défini par sa généalogie la plus longue et la plus brève.

Ben Gourion disait: «Je ne sais pas si je suis optimiste ou pessimiste, mais je ne connais aucun optimiste qui soit sorti vivant d’un camp de concentration.»

C’est bien la question : ne jamais être spectateur du match de la vie. Toujours acteur du match.

Trois formes de gestion de la violence se sont succédées: d’abord le Sacré, puis la Force et enfin l’Argent. L’humanité n’est jamais sortie de la nécessité de ruser avec la violence, ni de cette trilogie fonctionnelle du pouvoir. Chacune de ces forces définit un ordre correspondant à un certain type de formes sociales.

La puissance dominante, le «cœur», est successivement, selon moi, Sriwijaya en Asie, Cordoue, puis Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York, puis Los Angeles…Et à chaque nouveau cœur est associée une nouvelle technologie qui accélère cette artificialisation…

Forme après forme, chaque «coeur», ruiné par ses dépenses, laisse la place à un rival. En général pas un de ceux qui l’attaquent, mais une autre puissance qui s’est au contraire occupée, pendant la bataille, de faire naître une autre culture, une autre dynamique de croissance autour d’une autre classe créative, d’une nouvelle liberté, d’une nouvelle source de surplus, d’une nouvelle technologie, du remplacement d’un ancien service par un nouvel artefact, élargissant l’espace de l’artefact. Une crise, c’est dans le capitalisme un paroxysme conduisant à une mutation de forme, à un changement de cœur et à une nouvelle étape dans l’artificialisation. La crise, c’est un paroxysme de contradictions.

Le chiffre 3 a toujours été pour moi très intéressant. Il indique la dialectique, le complexe, le dynamique, l’inachevé. J’ai été aussi très impressionné depuis toujours par le travail de Dumézil sur la trinité des dieux (Jupiter, Mars, Quirinus) dans toutes les civilisations. C’est aussi un nombre très important en physique. C’est aussi le chiffre clé de la dialectique.

Le renouvellement des groupes dirigeants et la production d’un sens de la société est fondamental si on veut sauver la démocratie. Sinon, on passera de l’actuel «dégagisme soft», à un «dégagisme hard». Et les soi-disant élites politiques seront balayées. C’est arrivé si souvent dans l’histoire…

Si je devais avoir un modèle politique, ce serait plutôt le Joseph de la Bible. Il agit. Et il pense… Il incarne l’intelligence, la vision, la tolérance, la sagacité, l’humilité, la capacité à pardonner, l’empathie; avec les princes comme les gens du peuple.

A mon sens, un intellectuel ne doit refuser aucune occasion de se confronter au réel, de mettre ses idées en pratique, de faire avancer les causes qu’il défend.

La BNF… C’est typiquement français: on a tout mis sur l’ancien (10 milliards pour ces quatre tours absurdes et laides) et presque rien sur le nouveau (un peu moins de 100 millions pour la numérisation).

J’essaie de faire le pont entre des domaines qu’on ne relie pas souvent: technologie, culture, politique, économie, histoire, religion, philosophie, musique, littérature, psychologie… J’ai plein de références, d’éclaireurs parmi lesquels Ibn Ruchd, Pascal, Giordano Bruno, Spinoza, Marx, Schumpeter, Braudel, Girard, Arrow, Thorn, Prigogine et tant d’autres.

Chef d’orchestre: c’est une activité très sérieuse, qui est d’abord un défi et un immense plaisir. C’est une activité très difficile intellectuellement, physiquement et sensuellement. Elle met en marche la totalité du corps et de l’esprit. Elle exige une forme de communication unique avec d’autres êtres humains, qui ne s’apparente à rien d’autre de connu… C’est pour moi la preuve que, avec du travail, de l’exigence, du dépassement, l’humanité peut produire du beau. Même si je sais que les dirigeants d’Auschwitz faisaient jouer un orchestre dans le camp. Il n’empêche, la musique est l’ultime espoir de l’humanité.

Il nous faut une nouvelle classe de créateurs, de politiciens, d’enseignants, de paysans, d’entrepreneurs positifs. Et il y a tant à innover pour créer cette société positive!

On ira jusqu’à rémunérer les jeunes pour se former et pour pouvoir acheter les objets nomades nécessaires à cette formation, et préparer leur usage ultérieur tout au long de la vie.

En 1988, j’expliquais déjà que l’économie financière était devenue plus importante que l’économie réelle. A l’époque, c’était 10 fois plus important. Aujourd’hui, c’est plus de 100 fois… La dette est la mesure de la procrastination.

On assiste aujourd’hui à une globalisation des marchés sans globalisation de la règle de droit, et encore moins de globalisation de la démocratie, qui au contraire s’affaiblit. Ce qui conduit à l’aggravation des inégalités, de la criminalité, au refus du long terme, aux désordres de l’environnement.

Si le marché global l’emporte, sans une gouvernance globale, il donnera plus de pouvoir aux détenteurs des données et artificialisera les services; les hôpitaux deviendront des cliniques privées, puis des robots, puis des prothèses, nourries par les informations fournies à des intelligences artificielles. De même pour l’éducation.

L’hyper-empire créera une accumulation extrême de contradictions: sur le climat, l’environnement, les inégalités, la violence, la peur du déclassement de soi et de ses enfants, le communautarisme, le refus des autres et de l’universalisme. La moindre étincelle pourra y déclencher un conflit général.

Si on s’enferme dans l’identité, on est mort! Et si on n’est que voyage, on est vide.

Depuis de longues années, la gauche n’incarne plus les revendications des classes populaires. Elle est émiettée, elle n’a plus de vision de l’Histoire, de projet, de stratégie. Elle n’a pas de réponse à la peur du déclassement des générations futures.

La social-démocratie, ni par ses théoriciens, ni par ses partis, ne cherche en rien à réfléchir aux enjeux nouveaux de la globalisation, de l’artificialisation du vivant, de la perte de l’identité humaine, des nouvelles formes de l’aliénation.

J’en suis sorti convaincu qu’on a tout à gagner à l’altruisme. Sans renoncer à l’exigence d’excellence, qui est d’ailleurs encore plus facile à atteindre par l’entraide. Plus encore, il faut apprendre le plaisir d’apprendre, la curiosité, la niaque, apprendre à trouver du plaisir à un usage non marchand du temps.

Ce qui change vraiment dans le monde, ce sont les idéologies et les technologies. Les technologies utilisées différemment selon les idéologies. Regardez ce qui se passe en Chine, en Russie, aux Etats-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne, où les technologies sont utilisées pour dévoyer la démocratie. Il faut d’abord vaincre ce poison!

La fraternité (ou l’altruisme) permettra l’avènement d’une société positive planétaire, protégeant le propre du vivant, i.e. sa capacité à penser, à transgresser, à se révolter, à changer d’avis, à rester mortel, fragile et amoureux.

S’il était sérieux, un gouvernement mondial ne s’occuperait que des questions d’importance mondiale. Préserver le vivant, faire respecter les droits humains, définir un prix unique du carbone sur la planète à 100 dollars la tonne, définir clairement les limites du clonage, maîtriser l’intelligence artificielle.

Le problème, c’est que la plupart des gens se résignent à ne pas devenir eux-mêmes. Ou ils y renoncent en chemin.

Aristote est un personnage absolument central de l’histoire de la pensée occidentale… Il émet aussi l’idée d’un temps infini dans l’avenir et dans le passé. Il a l’idée d’un Dieu unique, qu’il nomme le «premier moteur».

Pour le judaïsme, c’est différent: Dieu s’est retiré et a laissé à l’homme le soin de finir sa tâche, de réparer le monde, de faire que le monde soit meilleur. Donc, il a rendu l’Homme libre de faire le Bien ou le Mal.

On est juif si on a donné une éducation juive à ses enfants. L’essentiel, c’est la transmission.

Donc, quand vous devez cinq choses aussi lourdes que Dieu, la Bible, Jérusalem, l’argent et l’espérance à quelqu’un, vous êtes inévitablement conduit à le détester pour justifier l’oubli de la dette…

La France a donc toujours été trop riche pour se donner les moyens d’être une superpuissance ; elle n’a manqué de rien… Les Français n’ont jamais ressenti le besoin de se dépasser collectivement pour survivre.

Nos rois, puis nos présidents et nos partis politiques ne se sont jamais intéressés à la mer, au mouvement, à la mobilité, à l’accueil des autres. On a une surreprésentation politique du monde rural. Il y a plus de communes en France que dans la totalité des autres pays d’Europe.

J’ai esquissé ce que serait une société positive, i.e. socialement, écologiquement et démocratiquement durable, c’est-à-dire altruiste, au service des générations à venir.

Ce qui m’est apparu très vite, c’est que la relation à la mort (et à la souffrance physique et morale) est le principal déterminant, la clé, de toutes les organisations sociales.

Le chantage à la mort et au coût de la santé conduira sans doute à une résignation, à l’abolition de la confidentialité de ses données personnelles.

Chaque être humain meurt trois fois: mort mineure, mort majeure et mort absolue. La mort mineure, c’est la mort physique, celle qu’on nomme traditionnellement la «mort». La mort majeure, c’est la fin de toute lignée, de toute descendance identifiable. Et la mort absolue, c’est quand plus personne ne se souvient de ce qui était rattaché à vous et à votre lignée.

La vie continuera sans doute sur la Terre bien après que l’espèce humaine aura disparu de cette planète, satellite d’une étoile parmi les milliards d’étoiles de notre galaxie, qui n’est qu’une parmi les milliards de galaxies dans notre Univers… Faut-il pour autant négliger de comprendre notre raison d’être? Non, il faut encore et encore la chercher. Ne jamais se résigner à penser qu’il n’y en a pas. Là serait la véritable mort de l’espèce humaine : se résigner à penser que nous n’avons pas de raison d’être.

 

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Blue Pearl de Paula Jacques - Gallimard Jeunesse

Coup de cœur de Mlle Jeanne: Eliza Burlington vit paisiblement à Little Africa, un quartier noir de Washington. Rien n’est venu remuer son passé avant cette femme blanche, richement vêtue, sur le pas de sa porte. «Je m’appelle Helen Williams, je collectionne les poupées noires.» Lizzie retrouve sa poupée, Blue Pearl, dans les mains de cette collectionneuse. Elle ne lui appartient plus mais ses souvenirs, eux, refont surface. Depuis son enfance d’esclave auprès de sa mère Abigail à ses premiers pas de jeune femme libre, Lizzie se souvient et raconte avec émotion sa vie dans une Amérique esclavagiste et ségrégationniste.

L’histoire est fictive mais l’auteure a été inspirée par l’exposition Black Dolls, à la Maison rouge de Paris (aujourd’hui définitivement fermée) en 2018, pour écrire son roman.

Blue Pearl est un roman émouvant et captivant qui m’a beaucoup plu! Lizzie est une vieille femme quand on la rencontre mais c’est une petite fille qu’on apprend à connaître au fil du roman. De sa vie d’esclave, elle se souvient de toutes les injustices, jusqu’aux terribles événements qui la pousseront à fuir. Le simple nom d’une poupée fait rejaillir une foule de souvenirs poignants qui nous font voyager dans une époque malheureusement pas si lointaine…

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Les dents de la Maire, souffrances d'un piéton de Paris de Benoît Duteurtre - Ed. Fayard

Les dents de la maire ; souffrances d'un piéton de Paris

 

Émetteur du verbatim: François C.

Est-ce parce que derrière les discours, les promesses, les perspectives radieuses, mille choses se dégradent autour de moi, changeant la nature de la vie parisienne et tout ce que j’aimais dans cette ville?

Il me semblait toutefois entrevoir aussi… une fâcheuse ignorance des plaisirs disparus qui enchantaient autrefois les promeneurs: comme cette libre déambulation sur un sentier, cette marche pleine de surprises et de découvertes qui ne vise pas, contrairement au ride, à procurer un bénéfice physique immédiat, encore qu’elle puisse y contribuer; bref, cette joie de la promenade qui n’est ni un commerce ni un sport, mais une façon toujours renouvelée de découvrir le monde.

Aujourd’hui, sur ces mêmes quais, l’embouteillage est permanent. Dimanche comme semaine, été comme hiver, la paix des bords de Seine n’est plus qu’un souvenir.

Ce n’était rien, toutefois, en comparaison du vent de folie qui allait s’abattre après l’élection d’Anne Hidalgo. Car celle-ci, pressée de montrer qu’elle pouvait dépasser son prédécesseur en matière de lutte contre la pollution, allait enchaîner les mesures impulsives et brutales, avec une sévérité accrue consistant à ignorer purement et simplement les nécessités quotidiennes.

Ce n’est là toutefois qu’un aspect du pourrissement urbain. Car les décisions de la mairie ont également pour conséquence une forte aggravation des nuisances sonores.

Ne pouvait-on d’ailleurs imaginer d’autres solutions? Une portion de voie sur berge permettant de réduire la circulation en ville; un réel contrôle du stationnement et des couloirs d’autobus; un calendrier de travaux supervisés par la mairie et tenant compte de la vie quotidienne; une offre renforcée de transports en commun; un véritable réseau de navettes fluviales desservant Paris dans les deux sens pour le prix d’un ticket de métro… Autant de mesures mises en œuvre avec finesse, parallèlement à l’essor de voitures moins polluantes et à certaines restrictions de circulation.

Il n’empêche que Paris, durant toute cette mandature, se sera montré aussi tolérant pour le développement de l’autobus à impériale charriant les touristes d’un quartier à l’autre, que sévère vis-à-vis du simple citoyen circulant pour les impératifs de sa vie quotidienne.

Rien n’arrête Hidalgo, méprisante pour l’adversaire. Rien ne saurait ébranler cette supposée femme de gauche drapée dans ses bonnes intentions et radicale dans l’exécution de ses projets.

Ce que je vois partout est une ville bruyante, polluée, sale, et violente comme jamais.

Elle soulignera ainsi, une fois encore, combien le concept d’écologie, vu par l’actuelle municipalité, et étranger à cette domestication subtile des éléments naturels qui caractérisait l’urbanisme parisien, ses rues, ses arbres, ses jardins et ses fontaines.

Ce chauffeur de taxi partage, comme toute sa corporation, ma détestation de cette femme qui rend Paris invivable et surtout incirculable.

Anne Hidalgo aime les grandes entreprises et leurs puissants patrons; elle n’a rien contre l’économie de marché, mais elle marque l’évolution de la gauche vers les combats « sociétaux »: droits des femmes, des LGBT, des migrants et primauté des circulations douces.

Mais la politique événementielle soumet chacun, toujours davantage, au rythme d’une capitale de province où l’on se déplace à vélo, où l’on fait du bruit le vendredi soir, des courses le samedi et du jogging le dimanche dans des quartiers fermés à la circulation.

On retrouve ainsi la même obstination à faire de cette ville un terrain de grands projets, de politique et de propagande -au détriment de cette «douceur de vivre» qu’on prête encore, de loin, à la capitale française et qu’elle pourrait entretenir comme un trésor.

Paris a besoin d’un maire aux ambitions limitées, attaché à sa ville et à son caractère plutôt qu’au sauvetage de l’humanité entière.

On sait pourtant comment le sport est devenu, surtout, ce monstre qui conjugue toutes les tares de l’époque: un divertissement orchestré par les marques, une parade de l’argent et de la vulgarité, une arène des comportements grégaires, et l’unique expression tolérée d’un nationalisme bien plus primaire que celui qu’on dénonce dans le champ politique.

L’avenir radieux et la «circulation douce» qu’on nous promet s’éloigneront toujours davantage, cependant que les chantiers nécessaires pour y parvenir se multiplieront: aménagement des voies, trous innombrables, marteaux-piqueurs, véhicules de secours bloqués, sirènes hurlantes et autres nuisances qui devraient s’aggraver au moins jusqu’à 2024.

Ville propagande se voyant désormais comme un instrument de communication au service de la vertu… Une vertu en accord avec cette époque où chacun doit montrer qu’il défend la planète, la transparence, le mouvement, la fête, les droits de l’homme et, simultanément, combat les stéréotypes de genre, le nationalisme, le populisme, etc.

Elle nous le rappelle à chaque occasion, par les invités qu’elle honore ou par le choix des actions municipales : le mouvement, c’est bien, l’immobilisme, c’est mal; l’ouverture, c’est bien, la fermeture, c’est mal ; l’Europe, c’est bien, la France, c’est mal (d’ailleurs la langue française est sexiste, l’écriture inclusive, c’est mieux); le vélo, c’est bien, la voiture, c’est mal; les plantes sauvages, c’est bien, les grilles autour des troncs d’arbre, c’est mal, etc. Toutes ses actions, ses décisions, ses proclamations peuvent se lire peu ou prou à la lumière de cette grille de lecture qui plane sur la ville.

 

*

 

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Survivre aux crises de Jacques Attali - Ed. Fayard

Survivre aux crises

Émetteur du verbatim: François C.

Ch. I ANTICIPER: après la crise, les crises

1. Après la crise

Rien ne vient enrayer l’épuisement de l’Occident (population, technologie, épargne, matières premières), financé par des emprunts transférés des ménages aux banques, puis des banques aux Etats, et que rien ne vient maîtriser… et sans qu’aucune régulation efficace, ni nationale, ni mondiale, vienne recréer les contraintes nécessaires

Le pronostic pour 2010 et 2011 reste incertain. Un scénario optimiste en U/pessimiste: le double plongeon en W. La consommation, et en particulier la demande de crédit, n’augmenterait pas. L’offre de crédit n’augmenterait pas non plus, en raison de la faiblesse des fonds propres des banques. Les Etats occidentaux devraient alors continuer à subventionner banques et entreprises, entraînant une poursuite de la hausse de la dette publique, une remontée des taux d’intérêt et la perte de confiance des investisseurs en bons du Trésor.

2. Les crises

A. D’autres crises économiques

L’insuffisance des fonds propres des entreprises;

L’explosion de la bulle chinoise;

Des tentations protectionnistes;

L’hyperinflation (l’inflation des flux reste, à terme, une quasi certitude);

L’effondrement du dollar;

La faillite de la FED.

B. Une crise énergétique majeure: les peak oil

C. Une crise écologique majeure

D. La crise de la santé et de l’éducation

E. Une pandémie incontrôlable: une crise à la fois sanitaire, économique et humaine de vaste ampleur, en ralentissant la circulation des gens et des objets

F. Crises politiques et militaires

Ch. II S’INSCRIRE DANS LE MOUVEMENT

A. Grandes tendances pour le monde

. L’explosion démographique : la classe moyenne mondiale augmentera de plus d’un milliard d’individus

. Les progrès techniques : les NBIC

 

. L’amélioration de l’efficacité dans l’usage de l’énergie et des matières premières

. Une accélération de la croissance des secteurs et des métiers d’avenir

. Le basculement géopolitique

. Un nouveau Moyen Age

B. L’évolution idéologique

. La liberté individuelle restera la valeur dominante

. L’optimisme et la déloyauté des puissants, la vulnérabilité des plus faibles

. La remise en cause de l’idéologie de la liberté individuelle et de ses élites

 

Ch. III LES STRATEGIES DE SURVIE

1 Les stratégies passives

A le renoncement à soi;

B le renoncement au monde… no livers;

C la repentance ;

D l’espérance en autrui.

2 Les stratégies positives à caractère politique

A l’exaspération ;

B l’action politique ;

C la révolution.

3. Les stratégies positives à caractère personnel

Respect de soi ; Intensité ; Empathie ; Résilience ; Créativité ; Ubiquité ; Penser révolutionnaire.

Ch. IV POUR SURVIVRE – LES GENS

1er principe: se prendre soi-même au sérieux; le respect de soi

Exigence, lucidité, intégrité, capacité de décision rapide, compassion, honnêteté, humilité, douceur, maîtrise, écoute des autres

2ème principe: donner de l’intensité au temps

3ème principe: se faire une opinion personnelle du monde par l’empathie

4ème principe: être capable de résister à une attaque: la résilience

5ème principe: détourner toute menace en opportunité: la créativité

6ème principe: ne pas se contenter d’une seule identité: l’ubiquité

7ème principe: penser révolutionnaire

Ch. V POUR SURVIVRE – LES ENTREPRISES

Ch. VI POUR SURVIVRE – LES NATIONS

Phrases clés extraites de ce livre:

Panique le 15 septembre 2008 : on se rend compte que personne ne contrôlait, que personne ne surveillait rien, et même que tout le monde, dans le système financier, avait intérêt à ce que ce système de prêts et de dettes (d’effet de levier) se développe pour en tirer le maximum de profits et de bonus sans que les fonds propres laissés en garantie aient augmenté dans les mêmes proportions.

Dans les trois derniers mois de 2008, les banques américaines ont perdu 80 milliards de dollars, reçu 175 milliards de subventions de l’Etat fédéral, et versé 36 milliards de bonus à leurs cadres.

En mai 2009, le FMI estime qu’il manque en réalité 875 milliards de fonds propres aux banques américaines et européennes pour qu’ils représentent un ratio de 4% de leurs actifs.

Septembre 2009… les dettes des principaux Etats s’envolent sans que nul ne s’en inquiète; le chômage augmente partout; les agences de notation, les banques, les fonds de pension, les activités spéculatives ne sont pas contrôlées.

Septembre 2009…Le taux de chômage réel aux USA dépasse les 16%. Le déficit public anglais dépasse les 14% du PIB; celui de la France approche les 10%. En Espagne, le taux de chômage est de 18,7%, en Lettonie de 16,3%, en Allemagne de 7,7%, en France de 9,3%. En Italie, la récession coûte un million d’emplois; en Irlande, le taux de chômage est passé de 3 à 10%. Au Japon, la récession atteint 6% et la dette publique dépasse les 200% du PIB

Pour que l’équilibre revienne sans passer par la faillite des nations, il faudrait qu’il existe des forces de rappel capables de contraindre les Etats en crise à équilibrer leurs budgets, et les banques à restaurer leurs fonds propres.

Aux USA, la part des dépenses de santé dans le PIB est passée de 12% en 1990 à 18% en 2009 (elle n’est encore que de 11% en France).

Outre les 25 000 armes nucléaires existant sur la planète, commencent à proliférer des armes très meurtrières utilisant des technologies civiles, telles les bio et les nanotechnologies.

Chacune de ces innovations ne pourra se développer que grâce aux autres : pas de génétique sans technologies de l’information; pas de biotechnologies sans nanotechnologies; pas de traçabilité sans nano-, biotechnologies et technologies de l’information; pas de robotique sans bio et nanotechnologies qui permettront de construire des robots de la taille d’une mouche, contrôlables par le cerveau; pas de neurosciences sans toutes les autres.

Les secteurs industriels et de services qui deviendront absolument stratégiques: l’énergie, l’eau, l’assurance, la distraction, la santé, les infrastructures, les réseaux, les logiciels, les services et la sécurité informatiques, la gestion du risque, les services financiers publics, l’élevage, la pisciculture, l’agriculture, l’écologie, les énergies renouvelables, le génie climatique, les déchets, la grande distribution, le reclassement de salariés, le matériel médical, le biomédical, les entreprises de nanotechnologies, de neurosciences, de biotechnologies, les services à la personne, la dépendance des personnes âgées, les administrations locales, la logistique, les cabinets de conseil…

Secteurs d’avenir: les vainqueurs seront donc au croisement de ces deux critères: dynamique de croissance et dynamique de survie. Parmi eux: les infrastructures, l’eau, l’énergie, les réseaux, la distraction, l’agriculture, l’économie verte, la santé, l’assurance et l’éducation.

40 villes régions produisent déjà aujourd’hui les 2/3 de la richesse du monde et sont le lieu de 90% de ses innovations

Dans des sociétés de plus en plus individualistes, de moins en moins solidaires, de plus en plus déloyales, la situation des plus faibles sera de plus en plus fragile.

Respect de soi: avoir conscience de soi, se respecter, prendre soin de soi, exprimer sa raison de vivre, définir ses propres valeurs, leur donner un sens concret, les afficher et les mettre en œuvre.

Accorder la plus grande valeur à un usage non marchand du temps: la conversation, la surprise, le rire, la tendresse, l’amitié, l’art, l’amour.

Survivre requiert de chacun la mise en œuvre d’une stratégie à sept dimensions: une prise de conscience de soi, un désir de vivre, une profonde introspection, une grande lucidité sur ses forces et faiblesses, un désir d’excellence (le respect de soi); puis une volonté de vivre sa vie le plus intensément possible,  chaque instant, sans jamais en perdre une miette, selon un projet à long terme donnant des raisons de durer (l’intensité de vie); puis une capacité d’analyser la situation (en particulier d’appréhender et accepter les mauvaises nouvelles), une capacité d’analyser le comportement des autres, de comprendre ce qui peut émaner d’eux, d’évaluer leur loyauté, de les répartir entre alliés et ennemis (l’empathie); puis, pour ne pas risquer d’être détruit par une attaque, une préparation faite de la constitution de réserves, d’assurances, de voies de recours (la résilience); puis une faculté à détourner les forces hostiles pour en faire des atouts nouveaux (la créativité); puis une aptitude à changer, si cela se révèle nécessaire, de valeurs, de projet de vie, d’identité, à devenir autre sans cesser pour autant de se respecter (l’ubiquité); enfin, en cas extrême, une capacité de renverser tous les principes, d’agir hors des normes et des lois, en légitime défense, de façon littéralement révolutionnaire.

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PHILOSOPHIES - 365 graines de sagesse à cultiver de Jacques de COULON - Ed. Jouvence 2015

Philosophies ; 365 graines de sagesse à cultiver Émetteur du verbatim: François C.

HIVER  EN ATTENTE DE SOI: DÉPOUILLEMENT ET GESTATION

JANVIER Élaguer: remise en question et libération

. Se désencombrer: comment m’alléger?

Plotin Fais comme le sculpteur: il enlève, il gratte, il polit, il nettoie jusqu’à ce qu’il fasse apparaître un beau visage dans la statue. Toi aussi, enlève tout ce qui est superflu et ne cesse de sculpter ta propre statue.

. Se remettre en question: de quelles illusions me libérer?

Etty Hillesum La vie est si curieuse, si surprenante, si nuancée, et chaque tournant du chemin nous découvre une vue entièrement nouvelle. Il faut s’affranchir intérieurement de toutes les représentations convenues.

. S’étonner: comment renouveler mon regard sur le monde?

Sénèque J’ai regardé le monde comme si je le voyais pour la première fois.

. Choisir la vie: comment affronter la peur de la mort?

Epicure La mort n’est rien pour nous ; tant que nous sommes là nous-mêmes, la mort n’y est pas et, quand la mort est là, nous n’y sommes plus.

FÉVRIER Préparer le terrain: le recentrage

. Se focaliser sur l’essentiel: qu’est-ce qui existe vraiment?

Simone Weil La croyance en l’existence d’autres êtres humains comme tels est amour. L’esprit n’est forcé de croire à l’existence de rien. C’est pourquoi le seul organe de contact avec l’existence est l’acceptation, l’amour.

. Quitter les sables mouvants: y-a-t-il une réalité stable?

Nietzsche Il y a en moi quelque chose d’invulnérable, quelque chose qu’on ne peut enterrer et qui fait sauter les rochers: cela s’appelle ma volonté.

. Se recentrer: comment remonter à la source de ma conscience?

Hillesum Tous les matins, avant de me mettre au travail, me « tourner vers l’intérieur », rester une demi-heure à l’écoute de moi-même. Créer au-dedans de soi une grande et vaste plaine débarrassée des broussailles sournoises qui vous bouchent la vue, ce devrait être le but de la méditation.

. Faire des choix: quelle est ma marge de liberté?

Etty Hillesum L’homme forge son destin de l’intérieur, voilà une affirmation bien téméraire. En revanche, l’homme est libre de choisir l’accueil qu’il fera lui-même à son destin.

MARS Semer fécondité du projet

. Penser: comment apprendre à réfléchir?

Etty Hillesum On cherche toujours la formule libératrice, la pensée clarificatrice. Les choses doivent s’éclaircir en toi ; tu ne dois pas, toi, te laisser engloutir par les choses.

. Y croire: qu’est-ce que la pensée positive?

Marc-Aurèle L’âme se colore par l’effet des pensées. Colore-la donc par une attention continue à des pensées comme celle-ci: là où il est possible de vivre, il est aussi possible de bien vivre.

. Se décider: sur quoi me baser pour agir?

Simone Weil Ce qu’on nomme la morale ne fait appel qu’à la volonté, et dans ce qu’elle a pour ainsi dire de plus musculaire. La religion au contraire correspond au désir. Les pratiques religieuses sont entièrement constituées par de l’attention animée de désir.

. Créer: où puiser ma force créatrice?

Marc-Aurèle Tout être est la semence de l’être qui doit sortir de lui.

Nietzsche Tu dois construire plus haut que toi-même. Mais il faut d’abord que tu sois construit toi-même. Tu dois construire un corps d’essence supérieure, un premier mouvement, une roue qui roule sur elle-même. Tu dois créer un créateur.

PRINTEMPS  VERS SOI: CROISSANCE ET CONSTRUCTION DE SOI

AVRIL Germer: la renaissance

. Venir au monde: naissons-nous naturellement bons?

Hobbes À l’état de nature, l’homme est un loup pour l’homme.

. S’éveiller: comment vivre plus consciemment?

Marc-Aurèle Au petit jour, lorsqu’il t’en coûte de t’éveiller, aie cette pensée: c’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille. Serais-je encore de méchante humeur si je vais faire ce pour quoi je suis né? Ou bien ai-je été formé pour rester couché et me tenir au chaud sous mes couvertures?

. Se transformer: faut-il mourir pour renaître?

Simone Weil Si le grain ne meurt…Il doit mourir pour libérer l’énergie qu’il porte en lui afin qu’il se forme d’autres combinaisons. De même, nous devons mourir pour libérer l’énergie attachée, pour posséder une énergie libre, susceptible d’épouser le vrai regard des choses.

. Désirer: qu’est-ce que le vrai désir?

Etty Hillesum Je ne veux rien être de spécial. Je veux seulement tenter de devenir celle qui est déjà en moi mais cherche encore son plein épanouissement.

MAI Pousser: l’élévation

. Se fortifier: qu’est-ce qui me rend plus résistant?

Marc-Aurèle Le maître intérieur se porte, après choix, vers le meilleur et s’il rencontre un obstacle, il s’en fait une matière comme le feu lorsqu’il se rend maître des choses: il les consume et, par ce qu’on y jette, il s’élève plus haut.

. Connaître: d’où viennent mes connaissances?

Emmanuel Levinas L’enseignement ne revient pas à la maïeutique. Il vient de l’extérieur et m’apporte plus que je ne contiens.

. Apprendre: de quoi ai-je besoin pour grandir?

Simone Weil Si on cherche avec une véritable attention la solution d’un problème de géométrie, et si, au bout d’une heure, on n’est pas plus avancé qu’en commençant, on a néanmoins avancé, durant chaque minute de cette heure, dans une dimension plus mystérieuse. Sans qu’on le sente, cet effort en apparence stérile a mis plus de lumière dans l’âme et le fruit se retrouvera, un jour.

. S’élever: comment élargir mon point de vue?

Simone Weil La pensée doit être, à toutes les pensées particulières et déjà formées, comme un homme sur une montagne qui, regardant devant lui, aperçoit en même temps sous lui, mais sans les regarder, beaucoup de forêts et de plaines.

JUIN Fleurir: l’ouverture

. Laisser être: qu’est-ce qu’une attitude non violente?

Etty Hillesum Ce que je trouvais beau, je le désirais de façon beaucoup trop physique. Aussi avais-je toujours cette sensation pénible de désir inextinguible. L’autre soir, en revanche, j’ai réagi tout autrement: j’ai accueilli dans la joie l’intuition de la beauté de la création divine.

. Accueillir: vers quoi déployer mes pétales?

Etty Hillesum En excluant la mort, on se prive d’une vie complète ; en l’y accueillant, on élargit et on enrichit sa vie.

. S’ouvrir à l’autre: oui mais comment?

Pierre Hadot Le dialogue apprend aux interlocuteurs à se mettre à la place de l’autre, donc à dépasser son propre point de vue. Ils découvrent par eux-mêmes et en eux-mêmes une vérité indépendante d’eux dans la mesure où ils se soumettent à une autorité supérieure : le LOGOS.

. Accepter ce qui est: faut-il consentir à tout ce qui arrive?

Nietzsche La volonté est créatrice. Tout ce «qui fut» est fragment et énigme et épouvantable hasard, jusqu’à ce que la volonté créatrice ajoute: «Mais c’est ainsi que je le voulais, que je le veux et que je le voudrai.»

ÉTÉ  EN SOI: LE PLEIN ÉPANOUISSEMENT

JUILLET Resplendir: l’intensité de la vie

. Vivre pleinement: comment savourer la vie?

Saint Augustin Il y a trois temps: le présent du passé, le présent du présent et le présent du futur. Ces trois sortes de temps n’existent que dans notre esprit. Le présent du passé, c’est la mémoire ; le présent du présent, c’est l’intuition directe ; le présent de l’avenir, c’est l’attente.

. Trouver son équilibre: qu’est-ce qu’une vie juste?

Marc-Aurèle Agir, parler et penser en homme qui peut sortir à l’instant de la vie. Accomplis chaque action de ta vie comme si c’était la dernière en te tenant éloigné de toute légèreté.

Spinoza La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. La tristesse est le passage de l’homme d’une plus grande à une moindre perfection.

. Vivre heureux: où réside mon bonheur?

Pythagore Peu savent être heureux: jouets des passions, tour à tour ballottés par des vagues contraires, ils roulent sans pouvoir résister à l’orage.

. Vivre dans sa chair: le corps, prison de l’âme ou foyer d’épanouissement?

Simone Weil L’homme doit faire acte de s’incarner, car il est désincarné par l’imagination.

AOÛT Mûrir: l’approfondissement

. Découvrir ses valeurs: d’où viennent mes idéaux?

Platon La vraie voie de l’amour, c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant par échelons d’un beau corps à deux, puis des beaux corps aux belles actions, puis aux belles sciences, pour aboutir à la contemplation du Beau tel qu’il est en soi.

. S’analyser avec lucidité: comment affiner mon jugement?

Pythagore Ne laisse pas le sommeil tomber sur tes yeux avant d’avoir pesé tous les actes du jour. Qu’ai-je fait? Quels devoirs ai-je omis? Après quoi, blâme ce qui est mal fait, du bien réjouis-toi!

. Se perfectionner: comment acquérir des qualités pour mûrir?

Marc-Aurèle Les principes et les valeurs vivent. Comment pourraient-ils mourir à moins que ne s’éteignent leurs représentations? Or, ces représentations, il est en ton pouvoir de les ranimer sans cesse.

. Vivre librement: ma liberté est-elle bonne?

Blaise Pascal «C’est là ma place au soleil»: voilà le commencement

SEPTEMBRE Fructifier: l’accomplissement

. Se dilater: et si j’étais une grande sphère qui contenait tout?

Héraclite On ne peut trouver les limites de l’âme, quelque chemin qu’on emprunte, tellement est profond le génie qui l’habite.

. Vivre ensemble: qu’est-ce qu’un citoyen du monde?

Simone Weil Les enfants de Dieu ne doivent avoir aucune autre patrie ici-bas que l’univers lui-même, avec la totalité des créatures raisonnables qu’il a contenues, contient et contiendra. C’est là la seule cité natale qui a droit à notre amour.

Empédocle Ne cesserez-vous jamais le douloureux carnage? Ne voyez-vous pas que c’est vous-mêmes que vous égorgez stupidement?

. Cultiver son jardin secret: comment échapper à la globalisation?

Emmanuel Levinas Autrui déborde absolument toute idée que je peux avoir de lui.

. Rechercher le bien: dois-je me laisser guider par ma seule raison?

Emmanuel Levinas La conscience, c’est l’impossibilité d’envahir la réalité comme une végétation sauvage qui absorbe ou brise ou chasse tout ce qui l’entoure. Voir un visage, c’est déjà entendre: tu ne tueras point.

AUTOMNE  VERS L’AUTRE : DÉTACHEMENT ET DON DE SOI

OCTOBRE Donner son fruit: l’amour du prochain

. Reconnaître la valeur de la personne: pourquoi est-elle si précieuse?

Etty Hillesum N’y aurait-il qu’un seul Allemand respectable, qu’il serait digne d’être défendu contre toute la horde des barbares et que son existence vous enlèverait le droit de déverser votre haine sur un peuple entier.

. Aimer le prochain: quels sont les signes distinctifs de l’amour?

Maître Eckhart Au-dessus de la connaissance et de l’amour est la miséricorde.

Saint-Exupéry Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder dans la même direction.

. Donner: qu’est-ce que le don véritable?

Marc-Aurèle En aidant quelqu’un, ne cherche pas à en tirer profit mais passe à un autre bienfait comme la vigne qui, la saison venue, produit à nouveau du raisin.

. Être soi-même: suis-je autosuffisant ou voué à l’autre?

Blaise Pascal Le moi est haïssable: il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres en ce qu’il veut les asservir.

NOVEMBRE Lâcher prise: l’amour désintéressé de l’humanité

. Apprendre à mourir: faut-il penser à la mort?

Spinoza Un homme libre n’est pas dirigé par la crainte de la mort mais désire ce qui est bon directement, c’est-à-dire désire agir, vivre, conserver son être. Sa sagesse est une méditation de la vie, non de la mort.

. Lâcher prise: qu’est-ce que le détachement?

Marc-Aurèle Rien pour moi n’est prématuré ni tardif, de ce qui est pour toi en temps opportun, ô Monde. Tout est fruit pour moi de ce que produisent tes saisons, ô Nature.

. Agir de manière désintéressée: à quoi dois-je renoncer?

Simone Weil Détachement des fruits de l’action. Agir non pour un objet mais par une nécessité: je ne peux pas faire autrement.

. Aimer toute l’humanité: quels sont les fondements de cet amour universel?

. Simone Weil Ce sont ceux qui sont capables d’amitié qui peuvent aussi s’intéresser de tout leur cœur au sort d’un inconnu. Dans tous les domaines, l’amour n’est réel que dirigé sur un objet particulier. Il devient universel, sans cesser d’être réel, seulement par l’effet de l’analogie et du transfert.

DECEMBRE S’intérioriser: l’enracinement dans l’Absolu

. S’intérioriser: comment me retirer dans ma citadelle intérieure?

Marc-Aurèle Ton principe directeur devient inexpugnable lorsque, rassemblé sur lui-même, il se contente de ne pas faire ce qu’il ne veut pas. Voilà pourquoi c’est une citadelle que l’esprit libéré des passions.

. Contempler: qu’est-ce que la sagesse contemplative?

Cicéron L’observation et la contemplation de la nature sont une sorte d’aliment naturel pour les esprits. Nous nous redressons, nous nous dilatons, nous regardons d’en haut les choses humaines.

. S’interroger sur Dieu: existe-t-il?

Einstein La religiosité du savant réside dans l’étonnement en face de l’harmonie des lois de la nature dans laquelle se révèle une Raison si supérieure que toutes les pensées ingénieuses des hommes et leurs agencements ne sont, en comparaison, qu’un reflet tout à fait futile.

. Entrer en contact avec Dieu: comment est-ce possible?

Angelus Silesius La circonférence est dans le point, le fruit dans la graine, Dieu, l’Infini, dans la finitude: sage est celui qui le cherche dans l’univers fini.

CONCLUSION  J’AIME, DONC JE SUIS

Etty Hillesum Je fais jaillir le plus petit acte d’un grand foyer central de disponibilité et d’amour.

 

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ET N’OUBLIE PAS D’ETRE HEUREUX - Abécédaire de psychologie positive de Christophe ANDRE - Ed. Odile Jacob

Et n'oublie pas d'être heureux Émetteur du verbatim : François C.

A comme Aujourd’hui

C’est comme pour le souffle, la force ou la souplesse: il va nous falloir pratiquer régulièrement des exercices dans le but de muscler nos capacités à héberger, amplifier, savourer des ressentis émotionnels positifs.

Awe: quelque chose d’infiniment grand et infiniment fort existe, nous saisit parfois et nous relâche (en général).

C’est beau et effrayant.

Ça donne envie de continuer à vivre, à aimer, et à sourire tout doucement.

B comme Bienveillance

Pose un regard bienveillant sur le monde: Écoute et souris ; prends ton temps, tout ton temps, pour juger ; puis, agis.

C comme Choix

Souvent tu n’y penses pas, prisonnier de tes croyances anciennes ; mais presque toujours, tu as le choix: parler ou bouder, construire ou détruire, grogner ou sourire.

D comme Don

Donne, et ne garde qu’une chose: le bonheur d’avoir donné.

E comme Efforts

Pour changer, l’important n’est pas ce que tu sais, mais ce que tu fais: ça s’appelle un effort.

Ce qui facilite l’émerveillement, c’est la disponibilité mentale, la curiosité, ce qu’on appelle dans le zen l’esprit du débutant: une fraîcheur toujours renouvelée face à ce que nous pourrions penser connaître et maîtriser.

F comme Folie

Psychiatre, je n’ai jamais vu de fous,

Seulement des humains qui souffraient

De ne pas être heureux.

G comme Gratitude

Toutes tes joies te sont données:

Par la vie, par autrui, par un Dieu (peut-être).

Pour cela: gratitude, qui renforce ton cœur et ton bonheur.

H comme Harmonie

L’harmonie, comme un besoin caché

Qu’on oublie volontiers.

Mais qui peut vivre longtemps sans elle?

I comme Illusion

N’aie pas peur des illusions

Quand elles réchauffent ton cœur

Et te poussent à l’action.

J comme Joie

Sauts de joie, cris de joie, larmes de joie: la joie comme une sève montant d’un coup en toi. Elle ne durera pas? Tu garderas en toi sa certitude. Et puis elle reviendra.

K comme Karma

Pas de destin, pas de karma.

Ce n’est pas du passé que tu es prisonnier.

Juste de tes habitudes.

Karma express: ce que nous faisons de bien dans notre vie actuelle nous rendra plus heureux, non pas dans une existence ultérieure, mais bien dans celle-ci.

L comme Lien

Le bonheur est dans le lien.

N’oublie jamais: tu es lié à toute l’humanité

Et ses larmes sont tes larmes.

Fais que tes bonheurs soient aussi les siens.

M comme Malheur

Le bonheur ouvre le cœur,

Le malheur ouvre les yeux,

Ne cherche pas: tu as besoin des deux.

Mantras: «Fais de ton mieux, et n’oublie pas d’être heureux.»

«Mieux vaut marcher et respirer que ruminer.»

«Ne renonce jamais sans avoir essayé. Mais si tu as vraiment essayé, donne-toi toujours le droit de renoncer.»

N comme Nature

Marche dans les forêts, sur les rivages, les sommets,

Admire chaque jour le ciel et l’horizon.

Prends soin de cette Terre: elle est la tienne, pour toujours.

Tu y retourneras un jour.

O comme Ouverture

Regarde autour de toi et pas seulement vers tes problèmes.

Ouvre ton esprit et tes yeux,

Pour que ton cœur respire mieux.

Oxymores du bonheur: pire bonheur et merveilleux malheur

P comme Pardon

Pardonne aux humains, pardonne au destin.

Tu ne peux pas pardonner?

Alors libère-toi au moins du ressentiment.

Bonheur = efforts + chance

Grand bonheur = un peu plus d’efforts + beaucoup plus de chance

Q comme Quotidien

Source principale du bonheur. Les gisements sont considérables, l’exploitation facile: il suffit d’ouvrir les yeux et de prendre conscience.

R comme Respirer

Quoi qu’il advienne, respire.

Quand tu admires et quand tu pleures, quand tout et quand rien.

Parce que tu es vivant, tout simplement.

Recueillement. Je suis resté quelques minutes en connexion avec mon père sur ce canal de gratitude.

S comme Savourer

Affronter la difficulté: ça, tu sais.

Mais inviter en toi la grâce et la beauté?

Dix fois dans la journée, arrête-toi pour célébrer un petit bout de vie.

Sagesse: le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité (Comte-Sponville).

T comme Tristesse

Avant, Après, Ailleurs: c’est la déclinaison du triple A anti-instant présent. Et anti-bonheur. Plus mon esprit prend l’habitude de s’évader avant, après ou ailleurs, au lieu de rester dans l’ici et maintenant, plus mon bien-être diminue.

U comme Urgent

Le combat de l’urgent et de l’important, ça commence dès le matin au lever…

Parfois je serai du côté de l’important. Parfois esclave de l’urgent. C’est très bien comme ça: c’est le signe que je suis vivant.

V comme Vertus

Vertueux: heureux.

Faire le bien te fait du bien.

W comme Walden

«Live. Believe. Worry a bit.» N’oublie pas de vivre. Garde la foi. Fais-toi un tout petit peu de souci.

X comme Anonyme

Le malheur fait des beaux romans,

Des vies intéressantes à raconter, mais pas à traverser.

Les vies heureuses sont ennuyeuses?

Bien sûr que non: juste joyeuses et silencieuses.

Y comme Yin et Yang

Bonheur dans le malheur: lorsqu’on te console.

Malheur dans le bonheur: le dernier jour d’été.

Les deux se succèdent et nourrissent ta vie.

Tout est bien.

Z comme Zen

La voie du zen: travaille à t’alléger. Ne cherche pas à tout résoudre, Laisse les nœuds se dissoudre. Chaque jour de ta vie assieds-toi, Contemple, médite. Sois.

 

Conclusion : À l’heure de ma mort

«Je n’ai plus besoin de rien. Je peux mourir maintenant, à cet instant. J’aurai connu le bonheur. J’ai souvent deviné son visage, ressenti sa présence. Je l’ai souvent entendu respirer à mes côtés, ou juste derrière moi. Je peux partir. Je peux laisser ma place aux autres. J’ai eu ma part du gâteau. Tout ce qui m’arrivera désormais sera comme une suite de grâces imméritées, mais que j’accueillerai et savourerai avec un émerveillement croissant. Je finirai par en mourir de joie. Je me demande bien ce que je trouverai alors de l’autre coté…»

* Sur la boutique

UNE AUTRE VIE EST POSSIBLE deJean-Claude GUILLEBAUD - Ed. L’Iconoclaste 2012

 Une autre vie est possibleÉmetteur du florilège: François C.

L’espérance a beaucoup à voir avec le petit matin. Ou le mois d’avril. L’idée d’un commencement, d’une remise en route, d’une infatigable renaissance. L’appétit de l’avenir et l’énergie du matin sont vraiment le propre de l’homme. Nous sommes mus par le besoin d’un «en-avant» déterminé.

Si l’espérance concerne l’avenir, elle se vit au présent, un présent qu’elle éclaire et enrichit.

Espérer, c’est refuser de s’en remettre à la fatalité.

Quand je me remémore ces années-là, c’est l’énergie des humains, l’opiniâtreté de leur espérance, l’ardeur de leurs recommencements qui me viennent en tête. Je pourrais mettre des noms propres sur tous ces êtres que j’ai vus s’accrocher à l’avenir, avec cette infatigable volonté qui leur permettait de rester debout dans le désastre.

Chaque fois, en tous pays et en toutes circonstances, j’ai trouvé des hommes et des femmes qui n’acceptaient ni de capituler ni de désespérer. Au milieu des pires saloperies humaines perdurent leurs contraires : entraide, détermination, vitalité, projets, courage, douceur…

Un ébranlement ambigu du principe espérance.

Composantes de l’optimisme européen (avant la guerre de 14-18): le «nous», l’attachement à la raison, l’aspiration égalitaire, la solidarité agissante, le volontarisme historique, le respect du droit, l’humanisme démocratique,… Tout le viatique de l’esprit européen était à la fin du XXème siècle devenu équivoque, discutable, critiquable, compromis.

La Grande Guerre fut la matrice, la cellule souche de ce siècle ensanglanté… Une série d’emboîtements se succédèrent, comme autant de répliques du séisme initial… Au terme symbolique du XXème siècle, toutes les «valeurs» dont se prévalait l’Europe se retrouvèrent corrompues, tordues, salies, déconsidérées.

  1. Aspiration à l’égalité versus «projet inégalitaire».
  2. Volonté de construire l’Histoire au lieu de la subir.
  3. Économie (marché jugé plus «raisonnable» que la politique, toujours soupçonnée de démagogie).
Le trou béant creusé dans le siècle par la Shoah peut s’interpréter comme une contrefaçon démoniaque du TIKKOUN OLAM: réparer le monde en le débarrassant d’un des peuples qui l’habitent!

Les «trente piteuses» le furent surtout en matière d’idées, de vision du monde, de détermination et d’espérance.

Selon la nouvelle vulgate néolibérale, l’avenir ne sera plus « onstruit» par les citoyens mais «produit» par le marché et la fameuse RDTS.

Ramené à lui-même et cadenassé sur sa finitude, le présent devient un champ clos. Y prévalent les corporatismes inquiets, les frilosités communautaires, les doléances, le chacun-pour-soi et le cynisme impitoyable.

L’avenir en mémoire vive!

Dans le désordre, dans l’excès, dans l’imprévisibilité, quelque chose de notre futur est en gestation, qui s’exprime en une toute petite phrase: Un autre monde est possible.

Un monde commun, avec ses repères, ses récits fondateurs, son ordre symbolique, ses croyances et son habitus, est peu à peu englouti. Et nous sommes ses naufragés.

Représentations collectives (Durkheim) : l’ensemble des convictions librement choisies et partagées qui permettent de solidifier une cohésion sociale.

Ce que nous prenons pour des effondrements, ce ne sont que des métamorphoses.

  1. Décentrement du monde.
  2. Mondialisation ou globalisation/repasser à l’économie de marché le licol de la démocratie.
  3. La révolution génétique.
  4. La révolution numérique ou informatique.
  5. La révolution écologique.
Le sixième continent est en expansion permanente car chaque jour voit s’ajouter sur le web des millions de «sites» nouveaux qui sont autant de provinces. Ce continent virtuel est partout et nulle part… Il est encore une jungle qui abrite le meilleur et le pire, tout le savoir du monde et toute la saloperie humaine.

L’Europe est maintenant un grand cadavre à la renverse.

Dans l’aventure, nos activités et nos professions subissent une métamorphose. Elles changent de statut, de règles et de sens. La culture devient «connaissance» ; la finance devient un orage magnétique permanent qui fait circuler des milliards de milliards de dollars «virtuels» d’un bout à l’autre de la planète ; les réseaux sociaux bousculent les hiérarchies et les pouvoirs, alors même que la démocratie à l’ancienne, affaiblie, demeure prisonnière des anciens territoires.

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La désespérance n’est pas mieux fondée que l’espérance. Elle n’est ni plus sagace, ni plus stoïquement lucide. Elle participe plutôt, osons le dire, d’une manière de lâcheté. En effet, pour une communauté comme pour un individu, l’espérance n’est pas seulement reçue, elle est décidée. En nous souvenant des grands « optimistes » de jadis qui ont été capables de faire bouger l’Histoire, il nous incombe aujourd’hui d’être aussi joyeux et aussi déterminés qu’ils l’étaient eux-mêmes.

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