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Verbatims et recommandations...

Cœur salé de Cathy Cassidy PKJ

Fiche de Lecture faite par Antoine M.

Les filles au chocolat T.3 1/2 ; coeur saléPRÉSENTATION DU LIVRE

Nom du livre : Cœur salé

Auteur : Cathy Cassidy

Nombre de chapitre : 10

Thèmes : musique, rumeur, chagrin d’amour

Nombre de page : 130

Série : les filles au chocolat

Année : 2013 (1ère édition en anglais), 2013 (traduction en français), 2015 (nouvelle édition)

Éditions : Puffin books (en anglais), Nathan (pour la traduction) et PKJ -Pocket jeunesse- (pour la nouvelle édition).

IDENTITÉ DU PERSONNAGE PRINCIPAL

Prénom et nom : Shay Fletcher

Âge: 15 ans

Caractère: Beau, sensible, passionné de musique et excellent musicien

Né en Angleterre (il n’est pas précisé dans quelle ville, mais sûrement Kitnor)

Père: Jim Fletcher (le prénom de la mère n’est pas mentionné)

Morphologie: Cheveux blonds recouverts par un bonnet de marin et des yeux bleus Style: bonnet mou et tee-shirts de surfer

Aime: Cherry Costello

Rêve: devenir chanteur professionnel

Problème: Cherry pense que Shay est toujours amoureux de Honey, son ex…

Frère(s) et/ou sœur: Ben Fletcher (son aîné de 6 ans).

RÉSUMÉ DU LIVRE

Shay Fletcher est un adolescent de 15 ans très mal loti. Son père le méprise et veut le modeler pour qu’il ait le même avenir que lui et refuse que ses chansons soient publiées, son frère «parfait et chouchou de son père» l’agace, et quand Honey lui demande conseil, il n’a pas cœur à la repousser et par accident, Honey fait croire à tout le monde qu’il a trahi Cherry. Le pire, c’est que tout le monde se fait des idées et lui dit qu’il est nul ou s’apitoie sur son sort, et des ragots tournent autour de lui… Comment regagner la confiance des Tanberry-Costello?

MON AVIS

Ce roman, court et intense, montre qu’il faut croire en ses rêves, qu’il ne faut pas se faire une idée des personnes à l’avance et qu’une rumeur peut être destructrice pour les principaux intéressés.

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LES FAUX JETONS - Dans le secret des conseils d’administration de Sophie COIGNARD - Fayard

Les faux jetons ; dans le secret des conseils d'administration Émetteur du verbatim : François C. 

Les conseils d’administration sont le nouveau Graal des « premiers de cordée »…Ils feignent d’y cultiver l’ouverture et y perpétuent l’entre-soi.

Mais, en toutes circonstances, les administrateurs ne s’estiment ni responsables, ni coupables.

1 « On ne te laissera pas faire »

(Sébastien Bazin Accor) Sa brutalité, dans un monde feutré de lâcheté, a impressionné et payé. Mais il s’en est fallu de peu pour qu’ »on ne le laisse pas faire ».

Sébastien Bazin a su depuis 2013, l’année de son arrivée à la tête d’Accor, se faire une place au sein de la nomenklatura du CAC 40. Il préside même le conseil d’administration du Théâtre du Châtelet, l’une des institutions culturelles les plus chics de la capitale. Il a appris les codes secrets de ce monde à part. Jusqu’à la caricature.

  1. Un administrateur très remuant
(Nicolas Sarkozy) A peine arrivé au conseil de l’opérateur hôtelier, il prend ses nouvelles fonctions à la hussarde. Assidu en séance, il s’interdit de jeter un coup d’œil à son téléphone, ne manifeste jaais de signe d’impatience, mais se lance parfois, à l’ébahissement général, dans un « laser show » comme il en a le secret.
  1. Air France et les irresponsables
(Alexandre de Juniac) Voilà donc un PDG imposé en 2011 par le pouvoir politique sans que le conseil d’administration ait eu son mot à dire. Au point de se demander à quoi sert cette instance, et surtout de s’interroger sur l’utilité de dépenser plus de 600 000 euros de jetons par an pour rémunérer ses membres.

(Jean-Marc Janaillac 2016)

(Ben Smith fin 2018) Dans les rangs des faux jetons, on ne donnait pas cher de sa peau à son arrivée : sans réseau, le nouveau patron allait se faire dévorer tout cru par les pilotes. Il a au contraire fait la paix avec eux, qu’il trouve beaucoup moins durs que leurs homologues canadiens. Depuis, Ben est appelé par son prénom par tous ceux qui le raillaient hier.

  1. Le charme discret de l’entre-soi
Le Gotha français des affaires, longtemps, ne s’est même pas posé la question, poussant l’échange de bons procédés jusqu’à ses dernières extrémités : je siège à ton conseil et tu sièges au mien, et nous remisons notre esprit critique au vestiaire.

La moitié des groupes du CAC 40, aujourd’hui encore, est aux mains d’une famille. Les administrateurs qui n’appartiennent pas au clan doivent alors se résoudre à faire de la figuration.

Mais à quoi sert vraiment un administrateur indépendant dans un groupe contrôlé par un seul actionnaire ? C’est une vaste question, que les faux jetons n’aiment pas aborder.

  1. La dame de Chartres
(Colette Neuville) En 1991, elle a 54 ans, et une nouvelle vie s’offre à elle. Elle crée l’ADAM (Association pour la défense des actionnaires minoritaires). Depuis, elle a fait gagner près de trois milliards d’euros aux actionnaires. Elle a obtenu des réformes législatives ou réglementaire importantes, concernant notamment les OPA ou la responsabilité des dirigeants et des administrateurs. Elle a fait mordre la poussière à des patrons emblématiques. Mais tous la respectent.

Opiniâtre et réaliste, la dame de Chartres n’hésite pas à nouer des alliances avec des fonds d’investissement activistes, souvent considérés comme d’affreux cupides, parce qu’ils exigent toujours plus de rentabilité, toujours plus de résultats. Elle ne partage pas cet avis. Elle est au contraire ravie d’avoir trouvé des complices pour perturber l’entre-soi qui ronronne.

  1. Le sentier de la guerre
(Fonds activistes) Depuis peu, ils ont débarqué en France. Ces virtuoses de la spéculation fondent sur leur proie quand ils considèrent que le PDG est surpayé, que ses administrateurs lui sont humblement soumis, que tout ce petit monde dort sur ses lauriers ou encore, comme Sébastien Bazin quand il est arrivé chez Accor, que l’entreprise pourrait cracher plus de bénéfices.
  1. De l’ombre à la lumière
(Avant-après le « code de gouvernement d’enreprise des sociétés cotées ») Faut-il, avec Daniel Lebègue, croire au passage de l’ombre à la lumière ? Ou se dire que cet homme de conviction est animé par la foi du charbonnier ? Qu’il veut espérer à tout prix que ses efforts pour moraliser l’univers des administrateurs n’ont pas été vains ? Et qu’en vérité tout a changé pour que rien ne change ?
  1. Missions impossibles
La plupart des très grandes entreprises ont ainsi renoncé à offrir à certains de leurs membres les plus éminents une double rémunération : les jetons de présence bien sûr, mais aussi des honoraires liés à des « missions » plus ou moins réelles. Ces dernières prestations doivent faire l’objet d’une convention réglementée approuvée par les actionnaires réunis en assemblée générale, qui apprécient de moins en moins ce genre de pratique.
  1. La preuve par Renault
(Carlos Ghosn et son rapport à l’argent) Il est devenu difficile à tous ces adultes responsables, surdiplômés pour la plupart, de prétendre qu’ils ne savaient pas, qu’ils ont découvert avec effarement les rapports névrotiques de Carlos Ghosn à l’argent.

Rien qu’en France, il a gagné 764 fois le smic annuel en 2015. Au moins. Car personne ne peut ignorer combien il est difficile d’évaluer la rémunération totale du patron de Renault-Nissan.

Tout cela s’est poursuivi jusqu’à novembre 2018, et aurait pu durer encore longtemps si les dirigeants de Nissan ne s’étaient pas retournés, en vrais faux jetons, contre leur mentor autoproclamé.

  1. Au service de Sa Majesté
En réalité, les administrateurs, à l’exception de ceux qui représentent les salariés, ont été choisis par le patron. Cela fait partie des évidences que tout le monde veut cacher.

Désormais, le salaire fixe des grands patrons représente à peine le quart de leur rémunération. Le reste se divise entre le bonus annuel, qui compte pour environ 30%, et la « rémunération de long terme », versée le plus souvent sous forme d’actions gratuites, pour récompenser à la fois la performance et la fidélité d’un dirigeant.

  1. « Pognon de dingue » et « dingues de pognon »
(Georges Plassat Carrefour) L’ex-PDG empoche plus de 13 millions d’euros : 819 000 euros de fixe, 1,8 million de bonus pour une demi-année de présence, 6,5 millions de « rémunération de long terme », et 4 millions d’ »indemnité de départ et engagement de non-concurrence », plus quelques dizaines de milliers d’euros de jetons de présence…
  1. Licencier plus pour gagner plus
L’absence de corrélation entre l’emploi et les bonus. Et même, osons le terme, entre le mérite d’un patron et l’argent qu’il perçoit.
  1. Des régimes très spéciaux
Les conseils d’administration offrent aux patrons qui les ont nommés des avantages à faire pâlir d’envie tous les cheminots, tous les électriciens de l’Hexagone, avec leurs régimes spéciaux…Les PDG sont protégés en toutes circonstances : licenciement, maladie, invalidité, décès prématuré, chômage, retraite…Tout est prévu pour leur éviter, ainsi qu’à leur famille, les conséquences des accidents de la vie auxquels tout un chacun redoute d’être confronté.
  1. Pantouflage à tous les étages
La grande transhumance vers le CAC 40 concerne aussi les énarques. Surtout ceux qui appartiennent à un grand corps. Le conseil d’administration d’Orange ? Une assemblée d’inspecteurs des Finances ou presque.
  1. Conseils d’amis
Comment éviter toute connivence quand on se fréquente à longueur de journée ? Environ deux cents administrateurs siègent dans les conseils du CAC 40. Mais celles et ceux qui cumulent plusieurs appartenances sont dix fois moins nombreux. Ils forment une sorte de club qui se retrouve aussi dans les organes des grandes institutions culturelles parisiennes.
  1. Une indépendance de façade
Siéger au conseil d’un groupe du CAC 40 est rémunéré en moyenne 85 000 euros par an en jetons de présence. Trois mandats rapportent environ 250 000 euros. Qui est prêt à prendre le risque de perdre un tiers de ce revenu, soit près de 100 000 euros par an, pour entrer en dissidence, contester et être définitivement catalogué comme un enquiquineur ? Quelques rares héros, peut-être…
  1. Très chers salariés !
(Administrateurs salariés) Tout, en réalité, semble avoir été étudié pour embarrasser les administrateurs salariés. Ou du moins pour les neutraliser, voire les instrumentaliser.

L’équilibre d’un conseil d’administration composé pour un tiers de salariés, pour un tiers d’actionnaires et pour un tiers d’indépendants n’est pas pour demain.

  1. Les supplétifs
(Actionnaires salariés) Ils sont aujourd’hui près de trois millions à posséder des actions de la société pour laquelle ils travaillent…On a voulu les transformer en idiots utiles du système. Certains s’en sont rendu compte…
  1. Présidents à vie
Une fois nommés, rares sont les PDG qui ne se considèrent pas comme propriétaires de leur fauteuil. Patrons de droit divin, ils ne veulent pas songer à leur succession. Pour beaucoup d’entre eux, c’est aussi douloureux que de penser à la mort. Alors, ils rusent.
  1. Les Tables de la loi souple
(HCGE Haut Comité de gouvernement d’entreprise) Les grandes entreprises sont surveillées par un haut conseil dont elles nomment les membres, lesquels se montrent en retour d’une exquise compréhension à leur égard. Mais alors, à quoi ça sert ? Tout simplement à éloigner la menace de vraies lois, que tout le monde serait réellement obligé d’appliquer.
  1. Bien obligés !
Cette féminisation des conseils cache un machisme toujours à l’œuvre dans les comités exécutifs. Là, c’est le vide sidéral. Zéro PDG parmi les sociétés du CAC 40. Une seule directrice générale, Isabelle Kocher chez Engie, à laquelle le titre de présidente a été refusé. Chez Axa, on trouve une femme sur dix membres du comité de direction. Chez Vinci, zéro sur treize…Faudra-t-il une loi pour féminiser aussi les instances de direction ? A l’AFEP ou au Medef, on en frémit déjà.

Conclusion

Le capitalisme à la française, concentré d’entre-soi comme nulle part ailleurs dans le monde, fait preuve d’une résilience remarquable.

Derrière les portes capitonnées des conseils, la réalité qui demeure est celle d’une aristocratie d’Etat régénérée par ses alliances avec les grandes fortunes. Et inversement. Ce mariage entre les réseaux de la haute technocratie et des héritiers peut donner une impression d’ouverture. Mais ce n’est qu’une impression. Les entrepreneurs, les vrais, ceux qui mettent en jeu leur argent, sont quasiment inexistants parmi les administrateurs du CAC 40.

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Une autre vie est possible de Jean-Claude Guillebaud - Pocket

Une autre vie est possible Émetteur du verbatim: François C.

L’espérance a beaucoup à voir avec le petit matin. Ou le mois d’avril. L’idée d’un commencement, d’une remise en route, d’une infatigable renaissance. L’appétit de l’avenir et l’énergie du matin sont vraiment le propre de l’homme. Nous sommes mus par le besoin d’un «en-avant» déterminé.

Si l’espérance concerne l’avenir, elle se vit au présent, un présent qu’elle éclaire et enrichit.

Espérer, c’est refuser de s’en remettre à la fatalité.

Quand je me remémore ces années-là, c’est l’énergie des humains, l’opiniâtreté de leur espérance, l’ardeur de leurs recommencements qui me viennent en tête. Je pourrais mettre des noms propres sur tous ces êtres que j’ai vus s’accrocher à l’avenir, avec cette infatigable volonté qui leur permettait de rester debout dans le désastre.

Chaque fois, en tous pays et en toutes circonstances, j’ai trouvé des hommes et des femmes qui n’acceptaient ni de capituler ni de désespérer. Au milieu des pires saloperies humaines perdurent leurs contraires: entraide, détermination, vitalité, projets, courage, douceur…

Un ébranlement ambigu du principe espérance.

Composantes de l’optimisme européen (avant la guerre de 14-18): le «nous», l’attachement à la raison, l’aspiration égalitaire, la solidarité agissante, le volontarisme historique, le respect du droit, l’humanisme démocratique,… Tout le viatique de l’esprit européen était à la fin du XXème siècle devenu équivoque, discutable, critiquable, compromis.

La Grande Guerre fut la matrice, la cellule souche de ce siècle ensanglanté… Une série d’emboîtements se succédèrent, comme autant de répliques du séisme initial… Au terme symbolique du XXème siècle, toutes les «valeurs» dont se prévalait l’Europe se retrouvèrent corrompues, tordues, salies, déconsidérées.

  1. Aspiration à l’égalité versus «projet inégalitaire».
  2. Volonté de construire l’Histoire au lieu de la subir.
  3. Économie (marché jugé plus «raisonnable» que la politique, toujours soupçonnée de démagogie).

Le trou béant creusé dans le siècle par la Shoah peut s’interpréter comme une contrefaçon démoniaque du TIKKOUN OLAM: réparer le monde en le débarrassant d’un des peuples qui l’habitent!

Les «trente piteuses» le furent surtout en matière d’idées, de vision du monde, de détermination et d’espérance.

Selon la nouvelle vulgate néolibérale, l’avenir ne sera plus «construit» par les citoyens mais «produit» par le marché et la fameuse RDTS.

Ramené à lui-même et cadenassé sur sa finitude, le présent devient un champ clos. Y prévalent les corporatismes inquiets, les frilosités communautaires, les doléances, le chacun-pour-soi et le cynisme impitoyable.

L’avenir en mémoire vive!

Dans le désordre, dans l’excès, dans l’imprévisibilité, quelque chose de notre futur est en gestation, qui s’exprime en une toute petite phrase: Un autre monde est possible.

Un monde commun, avec ses repères, ses récits fondateurs, son ordre symbolique, ses croyances et son habitus, est peu à peu englouti. Et nous sommes ses naufragés.

Représentations collectives (Durkheim): l’ensemble des convictions librement choisies et partagées qui permettent de solidifier une cohésion sociale.

Ce que nous prenons pour des effondrements, ce ne sont que des métamorphoses.

  1. Décentrement du monde.
  2. Mondialisation ou globalisation/repasser à l’économie de marché le licol de la démocratie.
  3. La révolution génétique.
  4. La révolution numérique ou informatique.
  5. La révolution écologique.

Le sixième continent est en expansion permanente car chaque jour voit s’ajouter sur le web des millions de «sites» nouveaux qui sont autant de provinces. Ce continent virtuel est partout et nulle part… Il est encore une jungle qui abrite le meilleur et le pire, tout le savoir du monde et toute la saloperie humaine.

L’Europe est maintenant un grand cadavre à la renverse.

Dans l’aventure, nos activités et nos professions subissent une métamorphose. Elles changent de statut, de règles et de sens. La culture devient «connaissance» ; la finance devient un orage magnétique permanent qui fait circuler des milliards de milliards de dollars «virtuels» d’un bout à l’autre de la planète ; les réseaux sociaux bousculent les hiérarchies et les pouvoirs, alors même que la démocratie à l’ancienne, affaiblie, demeure prisonnière des anciens territoires.

*

La désespérance n’est pas mieux fondée que l’espérance. Elle n’est ni plus sagace, ni plus stoïquement lucide. Elle participe plutôt, osons le dire, d’une manière de lâcheté. En effet, pour une communauté comme pour un individu, l’espérance n’est pas seulement reçue, elle est décidée. En nous souvenant des grands «optimistes» de jadis qui ont été capables de faire bouger l’Histoire, il nous incombe aujourd’hui d’être aussi joyeux et aussi déterminés qu’ils l’étaient eux-mêmes.

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Comment sauver le genre humain de Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

Émetteur du verbatim: François C.

Comment sauver le genre humainOù EN SOMMES-NOUS?

Survie individuelle et survie de l’espèce

Rien n’interdit en effet que nous puissions disparaître en tant qu’espèce, alors qu’à titre individuel nous n’avons jamais vécu aussi longtemps en bonne santé.

La capacité de charge d’une espèce

Pour cet environnement, dont nous devons respecter la capacité de charge, il est déjà bien tard: il était vulnérable, il est désormais encore davantage fragilisé. Notre survie, malgré la générosité de la Terre à notre égard, n’est assurée que dans une bande extrêmement étroite.

Le genre humain est sociable

La solidarité reprend toujours ses droits. Et heureusement pour nous, car dans la période de turbulences qui s’ouvre, il sera crucial qu’elle revienne au premier plan en toutes circonstances.

Le genre humain est «opportuniste»

Nous sommes une espèce qui, devant l’obstacle, ne s’entêtera pas, mais mettra plutôt en peu de temps au point une nouvelle stratégie.

Le genre humain est «colonisateur»

Mais nous sommes aussi une espèce colonisatrice…

Gérer la capacité de charge

Nous sommes arrivés au moment où notre inclination colonisatrice nous mène aux limites, aux frontières de la capacité de charge de notre environnement.

Il faut que nous changions, mais nous sommes très différents

Les exemples abondent de coexistence pacifique dans la vie quotidienne entre ennemis irréductibles sur le plan des idées.

Mille ans ne suffisent pas à nous faire abandonner nos croyances

L’éthique pourrait-elle nous sauver?

Modifier les comportements sans changer les croyances

Il est impératif de parvenir à orienter la réflexion de tous sur la menace imminente d’extinction et que chacun concentre tous ses efforts à assurer la survie de l’espèce.

LA TECHNOLOGIE SERA-T-ELLE NOTRE SAUVEUR OU NOTRE FOSSOYEUR?

Qu’est-ce que la technologie? Pourquoi l’avons-nous engendrée?

Ambivalence: nous disons à la fois que les machines produisent de l’artificiel et qu’elles sont elles-mêmes de l’artificiel… La technologie: capacité d’être l’instrument même de la perfectibilité, et pouvant aussi bien être à l’origine de l’anéantissement définitif de l’humain.

Nous réconcilier avec notre nature technicienne

Nous avons été incapables d’intégrer ces révolutions technologiques dans une représentation du monde correctement mise à jour.

NOS GOUVERNEMENTS TELS QU’ILS SONT

Comparer 2020 à 1935?

L’horizon se révèle très sombre. Le sentiment d’être dans l’impasse est omniprésent. Le système est à bout de souffle et révèle ses contradictions. Les forces politiques n’arrivent plus à se réinventer, mis à part dans le fascisme.

Gouvernements inefficaces vs populisme

Envisagé sans préconceptions, le populisme s’assimile à la variété «en col bleu» du même libéralisme dont les gouvernements prétendument «centristes» offrent la variété «en col blanc».

Les parlementaires: une classe autocentrée et conservatrice par nature

La classe parlementaire constitue en soi un facteur d’inertie et de conservatisme foncier… faisant d’elle le contraire même de celle sur qui il faudrait compter dans une période de crise où le changement de cap radical sera impératif.

Prisonniers du cadre

Des administrations et des gouvernements qui, du fait de leur mode de fonctionnement présent, sont incapables de sortir du cadre. Le choc sera rude.

NOS GOUVERNEMENTS TELS QU’ILS DEVRAIENT ÊTRE

La rationalité des fins et la rationalité des moyens

Dans cette logique de rationalité des moyens, il n’est plus question d’un objectif que nous nous serions fixé, mais d’un simple constat pragmatique du résultat obtenu… C’est d’avoir fait de cette logique de boutiquier le principe de gestion des Etats qui nous a conduits à la catastrophe.

Réinstaurons la logique des fins

Seule une rationalité des fins devrait être à l’œuvre dans la réalisation des objectifs assignés à l’Etat.

CRISE ECOLOGIQUE: LE PLUS IMMINENT DES RISQUES EXISTENTIELS

Que sont les risques existentiels?

C’est un risque mettant en péril l’intégralité de l’espèce humaine, son existence y est remise en cause à titre définitif.

Les types de risques existentiels

Les «risques cosmologiques» (forces cosmiques: volcans, pandémies…); les «couplages agent-outil» (individu délibérément mal intentionné aux commandes de technologies avancées potentiellement dévastatrices); les «conséquences imprévues» de nos modes de vie (dérèglement climatique).

La destruction déjà bien entamée de notre environnement

Plus d’un demi-million d’espèces terrestres peuvent déjà être considérées comme des «espèces mortes ambulantes» si leurs habitats ne sont pas restaurés.

Sombre horizon pour les décennies à venir

Toujours garder à l’esprit que ce qui nous attend est certainement bien pire encore que les prévisions cataclysmiques mentionnées ici.

Les êtres humains ne sont pas naturellement outillés pour se soucier de la survie de l’espèce

Voilà plus de trente ans que nous vivons à crédit sur la planète Terre. Chaque année, le «jour du dépassement» se rapproche davantage du début de l’année.

Nous nions la réalité

Comment faire pour «donner à voir» la crise climatique? Comment faire pour que nous nous rendions compte des dangers véritablement à l’œuvre?

La rationalité économique face à l’urgence climatique

A la «valeur» économique, il s’agit d’opposer les valeurs… Pourquoi l’humanité doit-elle être une fin en soi? Car les êtres humains sont dotés d’une dignité et non pas d’un prix. Le prix s’applique aux objets interchangeables, comme les marchandises. La dignité concerne ce qui est sans équivalent… Tout être digne a le droit au respect: les êtres humains à titre individuel, l’espèce humaine, la vie et son environnement.

LES ATTITUDES POSSIBLES FACE AU RISQUE D’EXTINCTION

La culture populaire nous montre qui nous sommes

Il existe une tradition dans l’université, de ne retenir de la distinction entre la haute (higbbrow) et la basse culture (lowbrow) que la première.

Le film ajoute à l’évocation d’un danger sa représentation visuelle

Le cinéma peut mettre en scène des événements, des circonstances, dont nous sommes peut-être conscients de l’éventualité, mais dont une représentation à proprement parler nous manque.

Cinq films:

Le dernier rivage (1959): une guerre nucléaire.

Terminator (1984): les machines désormais autonomes se débarrassent des hommes, devenus un fardeau pour elles.

Elysium (2013): tandis que les pauvres s’entre-déchirent sur une Terre dégradée, les riches, devenus immortels, bénéficient d’une vie idyllique dans une station spatiale.

Interstellar (2014): la Terre ayant été rendue par nous inhabitable, le salut du genre humain réside dans la colonisation d’autres mondes.

Colossus (Le cerveau d’acier) (1970): nous avons confié la gestion de nos guerres à des ordinateurs intelligents qui prennent le pouvoir et nous imposent la paix, au prix cependant de notre liberté.

Nos réponses face à la menace d’extinction

  1. Déni de l’extinction: soit un déni personnel passif et à titre privé, soit un déni actif (financer publiquement le déni par le biais d’une campagne d’agnotologie).
  2. Acceptation de l’extinction: forme passive (vision fataliste que notre destin est scellé depuis plusieurs siècles) ou forme active (la position militante «Bon débarras»); intelligence artificielle: le transfert de notre héritage à des robots qui seraient à proprement parler nos héritiers.
  3. Malthusianisme: la frugalité individuelle; l’eugénisme; l’exterminisme (élimination de populations à l’échelle industrielle).
  4. Le progrès l’emportera: accroître la capacité de charge de l’environnement de l’espèce humaine par l’innovation technologique.
  5. Survivalisme: nous adapter à un environnement se dégradant rapidement soit en nous abritant dans de nouveaux habitats souterrains ou sous-marins, soit par des modifications génétiques («enhaussement») visant à nous rendre plus résilients, soit encore en téléchargeant nos identités individuelles en tant que logiciels fonctionnant dans des machines à base de silicium, en utilisant la lumière comme seule source d’énergie plutôt que des aliments.
  6. La colonisation de l’espace
DEBOUT, PETIT HOMME!

La ruse de la Raison: chaque sujet est le siège individuel de sa propre ruse de la Raison, i.e. leurré quant à ses propres objectifs, ceux-ci résultant d’un difficile compromis entre motivations inconscientes et projets délibérés.

Les individus isolément n’y peuvent rien: la raison? Nous dépendons tous d’un cadre «socio-technique» qui nous dépasse, fondé sur la consommation massive d’énergie.

Etatisme et citoyennisme: L’étatisme est la croyance que l’Etat peut tout, sur tous les fronts en même temps. Mais c’est surtout la croyance que l’Etat est par nature tourné vers l’intérêt général.

Le citoyennisme affirme que c’est aux citoyens de s’organiser entre eux pour être directement acteurs du changement attendu.

Le citoyen a besoin de l’Etat: sécurité, justice et «bonne vie»: les trois aspirations fondamentales du «petit homme» (Wilhelm Reich).

L’Etat a besoin du citoyen: le citoyen a le pouvoir de presser les Etats à agir. L’inaction climatique causée par l’absence d’intérêt citoyen. L’action climatique: le réveil nécessaire du citoyen.

Connaissance implicite de l’urgence par le citoyen, propositions explicites par l’Etat et action conjointe: le citoyen attend que la réponse vienne des décideurs, car seul il ne peut rien. Il attend aussi que l’Etat explicite sa demande et prépare concrètement le plan adéquat pour atteindre cet objectif. Le citoyen dresse la liste des objectifs, l’Etat doit en fournir le moyens.

POUR UN EFFORT DE GUERRE ECOLOGIQUE

Sommes-nous prêts pour un retour à la planification?: Un seul pays au monde dispose encore aujourd’hui d’un système de planification bien huilé et en bon état de marche: la Chine.

Que voulons-nous?: le droit à l’accès aux ressources fondamentales pour tous, le droit égal à l’exercice de ses capacités, le droit commun à une «vie bonne». Deux impératifs catégoriques: écologique et social.

Y mettre les moyens: nous avons techniquement les moyens de construire une société durable en accord avec les objectifs climatiques.

L’insuffisance de la réponse libérale: une transition écologique à la hauteur des enjeux exige une transformation radicale de nos sociétés et de nos habitudes.

L’imprévisibilité de la réponse révolutionnaire

Capitalisme, économie de marché et libéralisme comme sources de la destruction de l’environnement: dans la question écologique, tout comme dans la question sociale, l’alliance du capitalisme, de l’économie de marché et du libéralisme nous mène dans l’impasse. Il s’agit enfin de la dépasser.

D’une économie capitaliste à une économie humaniste: stipuler qu’existent sur un plan comptable trois éléments à mettre au passif, car il n’y a pas d’économie florissante sans intégration harmonieuse des trois apports qu’offrent à la firme sa fortune propre -seule prise en compte jusqu’ici-, l’homme et la nature… Le premier principe fondamental de la comptabilité devrait être la préservation non seulement de l’argent, mais aussi de l’homme et de la nature qui l’environne et à laquelle il appartient.

D’une économie de marché à une économie mixte: l’économie mixte peut être définie comme le fait que le secteur public a une place non négligreable dans l’activité économique par rapport au secteur privé.

Du libéralisme à la planification économique: l’économie dirigée est ainsi le système économique qui guiderait l’entreprise publique et privée vers l’exécution d’un plan général fixé par une autorité reconnue d’un commun accord.

Ce que nous entreprenons aujourd’hui ne s’est jamais fait!? Détrompez-vous!

La planification soviétique: l’échec d’une planification impérative.

La planification indicative «à la française» (1946 – 2006): l’équilibre fragile entre libre entreprise et intérêt général.

La planification chinoise après Deng Xiaoping: un «capitalisme d’Etat».

L’économie de guerre des Etats-Unis (1941 – 1945): le dirigisme au pays du libéralisme.

L’économie de guerre de la Grande-Bretagne (1940 – 1945): le système «Utility».

Les leçons à retenir du passé: a) établir une hiérarchie claire entre les différents niveaux de planification, mais aussi entre les différentes priorités; b) risque que le dirigisme bascule dans l’autoritarisme et un contrôle total de la vie économique; c) l’effectivité de la norme, notamment en interdisant les pratiques les plus superflues ou les plus contraires aux objectifs du plan.

Financer la transition écologique: l’exemple du financement de la Seconde Guerre mondiale; le financement de la transition écologique comparable à la seconde révolution industrielle; les fonds de pension sont une source de financement titanesque.

Le rôle de l’intelligence artificielle dans la planification: les apports du machine learning, technologie mûre aux applications infinies; ceux du big data et du deep learning.

Une planification internationale efficace est-elle possible?: l’exemple de la protection de l’Antarctique; l’exemple de la lutte contre le trou dans la couche d’ozone.

Le moment Pearl Harbor: notre société est certainement plus psychologiquement prête qu’on ne le croit pour une telle transformation en profondeur. Aussi ne tardons-plus, mobilisons-nous contre le dérèglement climatique et la perte de la biodiversité, condition de la survie de l’espèce!

COMMENT SAUVER LE GENRE HUMAIN

Quel modèle économique pour une société écologique?

Concilier, sur le plan politique, libéralisme économique et préservation de l’environnement débouche nécessairement sur l’inaction écologique. L’environnement est sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte équation «business + croissance = emploi + élection».

La «science économique» propose des modèles erronés

Les agents ne sont ni libres, ni égaux, ni indépendants les uns des autres… De manière générale, toute dépendance est en réalité une interdépendance.

Feuille de route

  1. Réinventer l’Etat-providence pour faire face aux enjeux du XXIème siècle.
  2. Taxer les machines remplaçant les êtres humains: imposer le travail des machines, robots ou logiciels, en lui appliquant le même barème que celui qui vaut pour les êtres humains que ceux-ci remplacent.
  3. Pour garantir un socle commun: la gratuité pour l’indispensable. La démarchandisation des biens fondamentaux; le revenu universel de base; l’indispensable: un nombre limité de besois fondamentaux et satiables; au-delà de la logique économique, remettre la logique sociale et environnementale au centre de la valeur des biens.
  4. Une Constitution universelle pour l’économie: revenir à l’interdiction de la spéculation; faire apparaître en surface la conception du monde inscrite dans les règles comptables.
  5. Réorientons les capitaux financiers vers la transition écologique. Pour éviter l’effondrement, il est urgent que la finance serve enfin massivement la transition écologique.
MOBILISONS-NOUS!

Nous avons les moyens de changer le cours de l’Histoire

Nous sommes en possession de tous les outils qu’il faut pour lutter contre notre extinction.

Sortir du fatalisme et renouer avec l’optimisme

A l’homme ou la femme accablé par la mélancolie, tout défi paraît insurmontable. A la femme ou l’homme clairvoyant, rien au contraire n’est impossible. Et le même principe vaut pour une nation ou pour l’espèce humaine dans son ensemble.

Que la fête continue!

De quel droit pourrions-nous priver des générations futures d’hommes et de femmes d’avoir leur fenêtre de temps, même étroite, d’accès au monde?

Vivons-nous une crise existentielle salutaire?

Il est l’heure de passer à l’action. Le moment est à l’entreprise collective! Il est l’heure de se défaire de la mollesse, de l’indifférence, de la résignation, de cette apathie généralisée. En avant, toute!

Il n’est plus l’heure de réfléchir, mais de se retrousser les manches

Si vous êtes: collégien ou lycéen…; étudiant…; citoyen…; agent public…; maire ou élu local…; ministre, Premier ministre, président de la République ou chef de l’Etat…; présidente de la Commission européenne…; secrétaire général des Nations unies…

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Ce sera l'IA ou/et moi de Cécile Dejoux -Vuibert

 

Émetteur du verbatim: François C.

 

Ce sera l'IA ou/et moiPartie 1. Ou en sommes-nous avec l’IA?

En schématisant, on peut distinguer trois niveaux d’implication de l’IA au sein de l’entreprise:

1.1.  Tout ce que l’IA peut faire…

. Briques technologiques de l’IA et domaines d’application:

Parole et langage

Identification de mots; création de réponse ; chatbot ; traduction.

Vision

Reconnaissance objets, images…; Computer vision; mise en relation; alerte.

Optimisation des connaissances

Détection; Data visualisation; Analyse; Prédiction.

Robotique et automatisation

Cobots; RPA.

. Contribution de l’IA aux fonctions de l’entreprise :

Comptabilité

Tri des factures; réponses automatisées aux fournisseurs/clients; Rapprochement des comptes; Analyse de recouvrement

Contrôle de gestion

Data visualisation; Prévision

Marketing

Chatbot; Hyperpersonnalisation; Génération automatique de contenu; Détection tendances; Alerte clients (départ, fraudes, etc.)

Communication

Reconnaissance faciale; Panneau publicitaire; Génération de contenu; Personnalisation du message pour analyse de contenu

RH

Pré-sélection; Analyse de sentiments; Parcours de formation; Détection de talents; Analyse absentéisme; Détection de conflits; Alerte départ; Chatbot premier niveau

Légal

Chatbot 1er niveau; Aide à la traçabilité des documents; Maintien niveau sécurité; Analyse de la jurisprudence

Achat

Gestion prédictive de stocks; Détection de contrefaçon; Analyse des prix; Identification de fournisseurs

Supply Chain

Prédiction pour stock; Allocation des produits; Connexion de tous les systèmes; Alerte de criticité

Veille prospective

Curation de contenu; Scénario de prospective; Identification de thématiques; Regroupement de tendances.

1.2. Quand l’IA décuple nos compétences

Il est important de prendre conscience des nouvelles opportunités qu’offre l’IA, car ce sera aux hommes de créer de nouvelles activités et de nouveaux usages dérivant de ces opportunités technologiques. Dans chacun de nos métiers, grâce à la connaissance de ce que peut ou ne peut pas faire l’IA, il nous appartient d’inventer de nouvelles frontières à nos missions, tout en gardant à l’esprit que ce n’est pas parce qu’une tâche est automatisable techniquement que le bon choix serait de l’automatiser. Tout est affaire de culture, contexte, équilibre entre l’optimisation des coûts et le développement des compétences humaines. En d’autres termes, alors que le numérique a favorisé l’apprentissage continu, l’IA nous impose une posture réflexive: c’est à chacun de nous d’imaginer son futur métier avec l’IA et de se définir sur des compétences clés sources de différenciation (certains appelleront cela un talent) comme créer de nouvelles tâches grâce à elle (quand l’IA nous augmente) et savoir travailler avec elle (quand l’IA nous assiste).

1.3. Quand l’IA nous assiste

S’agissant d’IA, combien les techniques sont différentes selon les outils et les livrables créés: on peut envisager de nombreuses applications qui aident le collaborateur à appréhender différemment l’exercice de son propre métier. L’IA peut assister le collaborateur de trois façons: tout d’abord en lui faisant gagner du temps sur des tâches automatisables, puis elle augmentera le périmètre de ses missions car elle traitera plus de volume, plus vite et enfin se posera la question de la décision car l’IA sera capable de recommander ou de prédire à l’homme de ce qui peut être fait jusqu’à ce qu’il doit faire. Dans cette progression, les activités humaines seront nécessaires dans le champ du contrôle, du repérage des erreurs ou biais des IA et dans la coordination entre les processus, les hommes et les équipes.

1.4. Quand l’IA travaille à notre place

L’IA remplace l’homme sur de plus en plus de tâches à faible valeur ajoutée. Elle fait gagner du temps, de la précision, des coûts. Mais ce ne sont que des tâches et un métier est composé de multiples missions qui ne seront pas toutes remplacées par l’IA. Plus le collaborateur effectuera des tâches de natures différentes, complexes, en relation avec d’autres, gérant des aléas et de l’incertitude, moins il sera remplacé par les IA. C’est dans la transdisciplinarité, la diversité des tâches, la multi-expertise, l’acculturation à l’évolution de l’IA et le renforcement de ses soft skills que se trouvent les conditions actuelles de l’employabilité.

1.5. Quand l’IA transforme nos métiers

Trois métiers sur lesquels l’utilisation de l’IA a un impact fort intéressant : les métiers d’expert-comptable, de consultant et de commercial.

1.6. Au cœur du débat : les questions qui font peur

. L’IA va-t-elle voler nos postes…ou en créer?

. Une IA pourrait-elle prendre le pouvoir?

. L’homme va-t-il se transformer?

. Peut-on se fier à l’IA?

. Responsabilité et sécurité, comment gérer?

. Nouvelles addictions, fin du libre arbitre…

. Le point de vue énergétique (accentuation des risques environnementaux)

. Tout est une question d’éthique!

Partie 2. Comment participer à un projet IA?

2.1. Culture IA: ce qu’il faut savoir

. L’acte de naissance de l’IA: de Minsky à aujourd’hui; un champ vaste et pluridisciplinaire

. Les grands courants de pensée: le «symbolisme»; le «connexionnisme»; le «comportementalisme»

. Pas d’IA sans data! L’habitude est de caractériser les données en les distinguant en «structurées» et «non structurées» (données très difficiles à labelliser)

. Comment s’y prendre pour acquérir une culture data? Comprendre ce qu’est l’analytics; passer à l’action et utiliser la data dans des situations simples ; la datavisualisation; l’indispensable sens logique.

Il ne s’agit pas de savoir coder… Il s’agit d’acquérir des compétences nécessaires pour faire évoluer son métier et rester employable à long terme.

2.2. Des systèmes logiques et des systèmes d’apprentissage

. Systèmes logiques: quand l’IA applique des règles préétablies

. Systèmes d’apprentissage: quand l’IA est capable d’apprendre. Quatre types d’apprentissage: a) non supervisé (pour traiter des données non classées); b) supervisé (pour traiter des tâches précises); c) par transfert (pour utiliser des algorithmes construits sur une tâche antérieure et les appliquer à une nouvelle tâche); d) par renforcement (pour réagir à des événements connus)

Pour résumer, disons que l’IA est l’imitation de la réponse d’un expert dans un domaine. Le machine learning est de l’IA reposant sur des statistiques, tandis que le deep learning est du machine learning utilisé avec des réseaux de neurones.

. L’hybridation, ou les systèmes mixtes

. Trois types de modèles: prédictif; de décision; d’optimisation.

2.3. Le rôle de l’expert métier IA

Avoir une vision claire de toutes les étapes clés d’un projet IA vous permettra de devenir ainsi un expert métier qui puisse être partie prenante dans la phase initiale de définition du besoin et la phase finale de valorisation pour l’utilisateur. N’attendez pas que l’on vous attribue ce rôle, prenez-le. Rencontrez les équipes d’innovation et du numérique de votre organisation, en leur suggérant de participer à un projet comme observateur dans un premier temps pour ensuite monter un groupe de travail de volontaires qui prenne un sujet « irritant » et le traite avec la collaboration d’experts IA. Ainsi, progressivement, vous monterez en compétences, vous développerez en interne et en externe votre réseau en IA et vous saisirez concrètement toute l’étendue de l’apport de l’IA dans la transformation de votre entreprise et celle de votre métier.

2.4. Comprendre les règles du jeu dans un projet IA

L’IA est un outil qui ne peut être déconnecté du contexte culturel dans lequel il se décline. Il est à la fois au cœur des nouvelles ambitions des Etats, de la gestion des populations et de la possible arrivée de nouveaux modèles de société. L’harmonisation internationale semble indispensable pour réguler les paradoxes et créer un nouveau bien commun autour de l’IA. Nous sommes la première génération qui va utiliser et créer avec l’IA. Nous avons un devoir envers les générations futures, le devoir de nous investir simultanément dans la recherche, les usages, le cadre éthique et politique pour créer les conditions favorables à la vie et à la paix avec l’IA.

Partie 3 Quels nouveaux équilibres entre l’homme et l’IA?

3.1. De nouvelles compétences pour intégrer les IA

Les compétences de base pour intégrer les IA et interagir avec elles…sont indispensables aux managers, mais bien sûr à la portée de tous les collaborateurs. Mais elles ne suffisent pas pour être « IA compatible » ; il faut également se montrer capable de construire une communauté, un écosystème, avec des collaborateurs, des fournisseurs ou des partenaires spécialistes ou non de l’IA afin de réfléchir à des projets IA et à la transformation des métiers. Dans ce cadre, il est nécessaire de développer un autre champ de compétences : les compétences d’acculturation à l’IA en direction de collectifs, que ce soit ses équipes quand on est manager ou/et son écosystème quand on est entrepreneur ou free-lanceur. En d’autres termes, pour changer son métier avec l’IA, il faut être dans une logique de co-construction collaborative avec un socle commun de culture IA et de compétences d’intégration en IA.

3.2. L’indispensable acculturation des collaborateurs à l’IA

. Savoir problématiser et exercer son esprit critique;

. Se montrer créatif et expérimenter pour envisager de nouvelles activités au travail à forte valeur ajoutée;

. Penser la complémentarité et favoriser l’intelligence collective, reposant sur une co-construction de nouvelles cartographies dynamiques et évolutives en temps réel/redistribution des rôles et redéfinition des tâches.

3.3. Deux exemples d’intégration de l’IA en entreprise

EDF & Malakoff Humanis

Avoir une stratégie et une communication en IA constitue une nouvelle responsabilité sociétale de toute organisation. Il s’agira de recueillir les avis des partenaires sociaux, des collaborateurs, des clients et de l’ensemble de son écosystème, car ce qui est important, c’est de penser ensemble comment se réinventer avec l’IA comme levier, comme force d’opportunités, et surtout de prendre en main ce nouveau mouvement. Les méthodes agiles sont très souvent utilisées dans la mise en place d’un déploiement de projets IA. Dans ce cadre, le manager doit développer ses propres compétences et acculturer ses collaborateurs afin de créer une équipe « IA compatible ». Dans tous les cas, il est essentiel de laisser chacun prendre à son rythme la mesure de l’intérêt de ces nouveaux outils.

3.4. Nos forces : tout ce qui nous différencie

. L’humain et son rapport à l’IA

. Maintenir nos capacités cognitives et d’adaptation

. Exercer notre cerveau, cet organe majeur

. Conserver nos capacités critiques et de réflexion

L’enjeu est bel et bien d’apprendre à maitriser ces machines pour qu’en aucun cas elles ne nous réduisent à un état passif, impuissant. Nous devons conserver une participation active à notre environnement tout en intégrant les progrès de la science et de l’IA. Tout ne doit pas leur être externalisé.

3.5. Les « compétences de centrage » : l’attention, la mémoire et le temps

Accueillir le changement induit par l’entrée de l’IA dans nos vies personnelles et professionnelles suppose de s’ancrer d’une nouvelle manière, de trouver où placer le curseur entre des extrêmes qui ne cessent d’être repoussés, de repenser également le collectif et le lien social. Il faut réapprendre à se concentrer, à mémoriser et à organiser son temps pour rester employables, mais aussi à maîtriser le stress que nous occasionnera l’IA. Nous sommes amenés à redéfinir notre propre identité, à nous resituer dans notre relation aux autres et à nous-même, en gardant une grande vigilance pour ne pas se laisser happer par les univers virtuels qui nous tendent les bras. On devra, dans nos vies personnelles mais aussi immanquablement dans le monde du travail, mettre en place de nouveaux «équilibres dynamiques».

 

 

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Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel Tome 1 L'alchimiste Michael Scott- Pocket Jeunesse (roman ado)

Les secrets de l'immortel Nicolas Flamel t.1 ; l'alchimiste Recommandation de Camille D., une adorable petite lectrice :

Des faux jumeaux vont faire la rencontre de Nick Fleming.  Josh travaille avec ce dernier dans une librairie, sa sœur, Sophie travaille en face dans un salon de thé. Les deux frère et sœur vont alors s’embarquer dans une aventure qu’ils n’auraient jamais pu envisager la veille! Car Nick Fleming est en réalité Nicolas Flamel, oui LE Nicolas Flamel!

Suite à une réimpression, la couverture qui était déjà belle est devenue magnifique! Ce livre, j’ai lu le tome 1, puis j’ai couru (ou presque) acheter les  autres tomes. J’ai dévoré la série en un week-end! On s’attache très facilement aux personnages et on plonge aisément dans l’histoire! Si bien que parfois on a l’impression d’y être avec eux!!

!!!!!! D’ailleurs, ne pas déranger quelqu’un dans cette lecture! Sinon à vos risques et périls!!!!!!!!

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Les recettes de la vie de Jacky Durand - Gallimard (roman en poche)

Les recettes de la vie Coup de cœur d'Élodie, libraire de Fil en page:

Au chevet de son père mourant, Julien se remémore son enfance aux côtés de cet homme qui l’a élevé seul après le départ de sa femme. Un homme bourru et taiseux mais aussi passionné par son métier, qui lui a transmis son goût pour la bonne cuisine et le partage, même s’il s’est toujours opposé à ce que son fils suive ses traces.

Un récit plein de tendresse sur la relation père-fils et la transmission d’une passion.

C’est aussi une ode à la gastronomie qui met l’eau à la bouche!

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Le temps des prédateurs ; La Chine, les États-Unis, la Russie et nous de François Heisbourg - Odile Jacob

Le temps des prédateurs ; la Chine, l'Amérique, la Russie et nous

 

Émetteur du verbatim: François C.

1. Le retour des prédateurs

L’Europe actuelle fait face à des puissances qui veulent forcer l’accès au marché unique européen et qui cherchent à affaiblir, voire détruire, l’Union européenne.

Dans un monde où les prédateurs sont de retour, mieux vaut ne pas devenir proie.

L’hégémonie au sens d’Antonio Gramsci, faite d’influence intellectuelle et culturelle, disparaît au profit du pur rapport de force, débouchant sur l’hégémonie au sens le plus brutal.

Les trois Etats-continents ont en commun depuis l’élection de Donald Trump de considérer l’existence même d’une Union européenne possédant des pouvoirs substantiels comme indésirable. Pour eux, l’UE doit être au moins affaiblie ou contournée, ou, mieux encore, divisée sinon détruite: il est tellement plus simple de diviser sinon pour régner, du moins pour soumettre et piller.

Le monde des prédateurs refuse les alliances, marginalise le droit et donne la priorité au rapport de force. L’Europe actuelle n’est pas équipée pour assurer la paix, la liberté et la prospérité dans ce monde-là. Les défis auxquels elle a à faire face sont existentiels.

2. Scènes de chasse

Pour ces trois protagonistes, la maîtrise des mers, les règles de fait et de droit qui présideront à l’accès aux océans sont d’ores et déjà un enjeu cardinal.

L’Europe doit désormais partir du principe que la prédation territoriale est de retour, au moins à ses confins orientaux.

En termes de développement économique et sociétal, la domination par la maîtrise technologique est l’équivalent de ce que furent la maîtrise de la vapeur, puis de l’électricité aux siècles précédents.

La Chine tente aussi de devenir «première de cordée» des technologies vertes, notamment en termes d’énergies non carbonées: éolienne, solaire et nucléaire… Elle produit aussi deux fois plus de véhicules électriques que le reste du monde, avec 1,5 million de voitures construites en 2019.

Le cyberespace est un de ces nouveaux terrains de la prédation… Qui contrôle et qui sécurise les fonctionnalités du monde numérique?

Ajoutons que les données chinoises sont un « pétrole» d’exceptionnelle qualité, les lois et règlements sur la protection de la vie privée n’étant pas exactement une priorité du Parti communiste chinois.

Contrairement aux Etats-Unis, il manque cependant à la Chine et à la Russie, tout comme à l’Europe, la maîtrise du pivot monétaire et financier du système international.

Le rêve chinois combine la poursuite de la croissance économique avec l’harmonie sociale et la défense des intérêts chinois dans la région et dans le monde. A l’intérieur des frontières, la stabilité et l’harmonie au quotidien sont assurées par une organisation policière sans égale dans le monde, disposant des derniers raffinements de la technique: l’expression cyber-dictature s’applique d’ores et déjà.

Ce sont les Européens qui ont du mal à se penser collectivement en termes de modèle partagé ou de vision mobilisatrice.

L’eau en tant que ressource indispensable à la vie devient plus précieuse dans un monde plus chaud et plus peuplé, et la capacité à maîtriser les grands bassins hydrauliques deviendra un critère de puissance croissant.

Ainsi, le jeu futur risque d’être différent de celui ayant jusqu’à présent guidé l’action des peuples et des Etats face à des défis climatiques, hydrauliques, sanitaires échappant en grande partie aux mesures isolées. Prédateurs ou proies seront placés face à des choix stratégiques faits d’un mélange de coopération et de coercition. Les rapports de force et avec eux les logiques de prédation y auront leur part.

3. Chine : que le cauchemar commence

Cette conscience chinoise de son rang historique est passée de l’ère des regrets et des aspirations à celle de la mise en œuvre de la restauration de la grandeur passée et cela à l’échelle du monde dans sa globalité, au-delà des régions à portée des dynasties impériales.

A l’échelle nationale, la Chine est en train de devenir la première cyber-dictature. La population est largement isolée de l’Internet mondial par la Grande Muraille électronique. Son usage des réseaux sociaux est suivi et censuré au fil des événements… Avec la mise en place de plus de 2 milliards de caméras disposant de logiciels de reconnaissance faciale, toute sortie en ville est connue.

Avec la généralisation du système dit du crédit social… la métaphore de Big Brother empruntée au «1984» de George Orwell deviendrait réalité. Emploi, logement, études, sécurité sociale, liberté d’aller et de venir, moyens de paiement, instruments de communication: tout serait ajusté vis-à-vis de chaque individu en vertu de son crédit social numérisé…

En termes pratiques, l’approche chinoise envers l’Europe peut se résumer par cinq mots:

PROFITER englobe tout ce que fait la Chine pour vendre ses productions dans l’immense marché unique européen, le plus important du monde, s’approprier les technologies dans lesquelles les Européens conservent des avantages et amener l’Europe à adopter des solutions chinoises en ce qui concerne l’économie en ligne.

INFLUENCER. La Chine a une stratégie d’influence qui combine le long cours dans des domaines politiquement peu sensibles, avec par exemple la multiplication des Instituts Confucius en Europe comme ailleurs, avec une mise en place expérimentale de formes d’influence plus agressives.

DETACHER. Lorsqu’est évoquée la capacité qu’aurait le suédois Ericsson de se substituer à Huawei sur les marchés dont celle-ci serait évincée, les Chinois font immédiatement savoir aux entreprises européennes du secteur qu’elles perdraient leur accès au marché chinois si elles jouaient à ce type de jeu.

INTEGRER. L’U.E. pourrait devenir partie intégrante du «supercontinent eurasiatique», une version moderne des «royaumes tributaires» prêtant allégeance à la Chine impériale: jadis, ces contrées étaient voisines de la Chine; à l’ère de la mondialisation, elles peuvent se situer au-delà de l’horizon.

Qui contrôle la 5G contrôle les infrastructures économiques et sociétales de nos pays.

INTERVENIR. Au plan mondial… les occasions de confrontation militaire s’accroîtront avec la mondialisation des intérêts de la Chine à l’étranger.

A terme, l’interaction entre la Chine et l’Europe acquerra une dimension militaire.

4. Les États-Unis: au revoir ou adieu?

C’est sous les présidences de George W. Bush Jr (2001 – 2008) et d’Obama (2009 – 2016) qu’a débuté le processus de délitement du système d’alliances américain et il pourrait fort bien se poursuivre après le départ de Trump.

De fait, les racines de la puissance américaine sont principalement la force des armes, l’effet de levier des alliances, la créativité technique et économique, la cyber-puissance, la suprématie financière, l’état des infrastructures, l’exemplarité du modèle de société.

. La force des armes américaines reste incomparable…Il faudra encore une ou deux décennies -mais sans doute pas plus- pour que la Chine rivalise militairement avec les Etats-Unis ;

. Le levier des alliances est un multiplicateur de forces dont l’URSS a fait les frais naguère et qui contraint la Chine aujourd’hui;

. La créativité économique et la capacité d’innovation technologique sont des atouts américains déjà anciens et qui demeurent d’actualité;

. La cyber-puissance est une force évidente des Etats-Unis;

. La suprématie financière est, avec la supériorité militaire et peut-être davantage qu’elle, un atout que l’Amérique est seule à détenir et qui ne pourra pas lui être rapidement ravi;

. L’état des infrastructures: l’école publique sous-financée; le système de santé le plus coûteux du monde en termes de part du PIB; le taux d’incarcération américain prive encore 2,1 millions de personnes de liberté;

. Les inégalités croissantes jointes à la rigidification de la société… Le vivre ensemble n’est pas vraiment en marche.

Le transactionalisme à courte vue (il n’existe pas d’alliances durables ni de stratégie à long terme) et le bilatéralisme comme mode opératoire par défaut peuvent résumer le positionnement de Trump sur la scène internationale.

Dans les domaines clés du consensus sur la Chine, du délitement des alliances, d’un hypothétique désengagement au Proche-Orient et de la gouvernance financière et économique, le monde de l’après-Trump portera sa marque.

Au plan international, le rôle historique du «Donald» sera d’avoir été un facteur de désordre et d’accélération de tendances déjà présentes, plutôt que le créateur d’une nouvelle donne.

5. La Russie : un appétit d’ours

La Russie moderne n’offre aucun modèle économique et social qui puisse attirer qui que ce soit, sauf le cas échéant des kleptocrates à la recherche de sensations fortes.

La Russie veut retrouver son statut impérial et recréer un espace postsoviétique dans ce que les analystes russes appellent «l’étranger proche».

Il a fallu que la Russie procède avec méthode dans la mise en place des moyens d’une politique révisionniste efficace. On retiendra ici:

. la modernisation des armées russes;

. l’agilité politique et militaire (vitesse et manoeuvrabilité);

. la déstabilisation narrative et informationnelle des antagonistes.

Options russes. Il est important de rappeler que les faiblesses économiques de la Russie lui interdisent le recours à des moyens coûteux dans la durée : les objectifs stratégiques seront poursuivis au gré des opportunités, en maximisant l’effet de surprise et l’agilité dans la décision politique et son exécution sur le terrain.

  1. Le retournement de la Russie contre la Chine;
  2. Le statu quo amélioré, malgré ses limites, reste une option forte ne serait-ce que parce qu’elle n’exige pas des changements de stratégie majeure de la part d’un président russe vieillissant;
  3. La grande convergence avec les Etats-Unis est un objectif à la fois paradoxal et rationnel pour la Russie moderne.
6. L’Europe: un mot qui tue?

Certes, nous ne nous sommes pas approprié l’Europe comme marqueur identitaire, mais nous ne pouvons pas ignorer le fait que, à défaut du peuple européen, il existe bien une maison européenne, avec son voisinage alentour et ses règles de copropriété.

Le fait dominant est que la plupart des problèmes qui sont en partie ou en totalité européanisés sont aussi ceux qui sont à peu près ingérables au seul niveau national.

Les avantages comparés de l’Europe sont substantiels… Tout cela permet à l’Europe prise comme un tout d’équilibrer ses comptes commerciaux mais avec un fossé entre l’Allemagne fourmi excédentaire, y compris vis-à-vis de la Chine, et la France cigale déficitaire qui se situe à l’exact opposé.

L’ensauvagement de notre voisinage est une des grandes transformations du XXIème siècle européen par rapport à la génération précédente: la menace djihadiste; le terrorisme identitaire; la pression démographique croissante en Afrique et les effets prévisibles du réchauffement climatique.

La capacité de mobilisation de l’Union face aux menaces est inégale et variable.

La majorité des pays européens est plus proche de la culture allemande que de la française.

Il n’y a pas que les brexiters qui ont perdu la boussole. Surtout si ce délitement a pu se produire dans la mère des démocraties, il peut se produire n’importe où en Europe ou hors d’Europe.

 

7. L’avenir n’existe pas, il se construit

Nous savons que l’échec est à la fois possible et lourd de conséquences, le tout dans un bloc opératoire livré aux bruyants pathogènes que sont les réseaux sociaux avec leur court-termisme délétère et contagieux.

Nombre des défis stratégiques du XXIème siècle se présentent dans des domaines pour lesquels la Commission et d’autres institutions de l’UE sont bien outillées : économie numérique, commerce international, politique énergétique, politique de la concurrence, politique monétaire et bancaire. Ces instruments existent pour être utilisés stratégiquement.

En bonne stratégie, il convient naturellement de savoir qui sont ses ennemis, les hiérarchiser par degré de dangerosité d’une part, de vulnérabilité d’autre part, de tenter de les isoler les uns des autres… voire de les retourner les uns contre les autres, ou de rechercher le moindre mal.

Puisque la priorité stratégique américaine au cours des prochaines décennies sera la compétition de grande puissance avec la Chine, c’est en se positionnant comme un partenaire incontournable par rapport à cette rivalité que l’Europe pourra bâtir une relation privilégiée avec les Etats-Unis, sans pour autant couper les ponts avec la Chine et la Russie.

Il n’y aura pas d’économie européenne moderne si nous prenons du retard sur la 5G, qui servira de support à l’ensemble des activités en ligne, et comme il y a fort peu de domaines qui pourront se permettre d’opérer hors ligne, les décisions prises au début de la décennie 2020 - 2030 touchent nos intérêts vitaux.

C’est inachevée, incomplète et incertaine que l’Europe réelle devra gérer les menaces.

La bonne nouvelle, c’est que cette Europe de l’incomplétude a un instinct de survie plus puissant que ne pouvaient l’espérer ses défenseurs et que ne le souhaitaient ses détracteurs.

Épilogue

 

  1. Les Européens, eux, sont condamnés à un lent processus de ce que leurs ancêtres du XXème siècle auraient qualifié de tiers-mondialisation. Les plus anciens regrettent le bon vieux temps. Mais qu’ils ne s’avisent pas de l’afficher trop ostensiblement: la reconnaissance bionique veille et leur crédit social pourrait s’en ressentir.
Il ne tient qu’à nous d’éviter une telle issue.

 

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A tort et à raison, entretien avec Frederic Taddei de Jacques Attali - Ed. de L'Observatoire

Émetteur du verbatim: François C.

à tort et à raisonL’avenir s’enracine dans le passé. Il ne découle ni de sa prolongation, ni d’un mouvement aléatoire.

En Europe, l’économie de marché s’est organisée depuis le XIème siècle en neuf formes, parfaitement identifiées autour de neuf cœurs, avec autant de technologies, d’élites et de cultures dominantes. Ces tendances se prolongeront dans l’avenir, avec des ruptures…

C’est dans la santé et l’éducation que va se produire l’essentiel du changement. C’est par eux que l’on sortira de la crise actuelle. Parce que l’automatisation de ces deux domaines est essentielle pour l’avenir de l’économie de marché.

En 1979, je prévois l’arrivée d’entreprises qui domineront le monde par le contrôle des données, en particulier des données de santé… Le pouvoir passera à ceux qui fixent les normes qui seront de moins en moins les Etats et de plus en plus des compagnies gérant des données et des assureurs qui seront les maîtres. C’est en marche!

Demain, on pourra transformer les humains en des somnambules, surveillés et manipulés numériquement et biologiquement. Avant d’être fabriqués comme des artefacts.

Il est très difficile de prévoir l’avenir d’un système devenu structurellement erratique. Et plus encore d’agir sur lui. Il n’empêche: il obéit encore à des lois profondes (telles celles de l’artificialisation du monde, du déplacement de son centre de gravité vers l’Asie, du retour du nomadisme et des creusements des inégalités).

J’ai deux maîtres à penser pour prévoir l’avenir: Marx et Shakespeare. Marx pour les lois de longue durée. Shakespeare pour les passions humaines. Les unes et les autres se combattent.

En 2030, la population sera de l’ordre de 9 milliards dont plus d’un tiers en Afrique. La cause climatique sera à son apogée. L’intelligence artificielle sera partout, en partie dans la santé et l’éducation. Les réfugiés seront plus puissants qu’aujourd’hui. Les élites seront de plus en plus bousculées. La dette publique aura encore doublé. La dette privée dépassera 13 000 millions de dollars. Tout sera sur le point d’exploser. La démocratie représentative sera de plus en plus contestée. Les entreprises auront pris le pouvoir sur les nations. Les humains seront écartelés entre la tyrannie du narcissisme et l’exigence de l’altruisme.

J’aime cette phrase qu’on prête à Lévinas: «Une vie réussie consiste à recevoir, célébrer et transmettre.» Recevoir, c’est apprendre; célébrer, c’est créer; et transmettre, c’est enseigner.

Tous les mouvements des peuples, multimillénaires ou rapides, toutes les évolutions culturelles, toutes les guerres s’expliquent par la géographie.

Cette loi fondamentale: toute chose, tout être, à tout instant, est défini par sa généalogie la plus longue et la plus brève.

Ben Gourion disait: «Je ne sais pas si je suis optimiste ou pessimiste, mais je ne connais aucun optimiste qui soit sorti vivant d’un camp de concentration.»

C’est bien la question : ne jamais être spectateur du match de la vie. Toujours acteur du match.

Trois formes de gestion de la violence se sont succédées: d’abord le Sacré, puis la Force et enfin l’Argent. L’humanité n’est jamais sortie de la nécessité de ruser avec la violence, ni de cette trilogie fonctionnelle du pouvoir. Chacune de ces forces définit un ordre correspondant à un certain type de formes sociales.

La puissance dominante, le «cœur», est successivement, selon moi, Sriwijaya en Asie, Cordoue, puis Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York, puis Los Angeles…Et à chaque nouveau cœur est associée une nouvelle technologie qui accélère cette artificialisation…

Forme après forme, chaque «coeur», ruiné par ses dépenses, laisse la place à un rival. En général pas un de ceux qui l’attaquent, mais une autre puissance qui s’est au contraire occupée, pendant la bataille, de faire naître une autre culture, une autre dynamique de croissance autour d’une autre classe créative, d’une nouvelle liberté, d’une nouvelle source de surplus, d’une nouvelle technologie, du remplacement d’un ancien service par un nouvel artefact, élargissant l’espace de l’artefact. Une crise, c’est dans le capitalisme un paroxysme conduisant à une mutation de forme, à un changement de cœur et à une nouvelle étape dans l’artificialisation. La crise, c’est un paroxysme de contradictions.

Le chiffre 3 a toujours été pour moi très intéressant. Il indique la dialectique, le complexe, le dynamique, l’inachevé. J’ai été aussi très impressionné depuis toujours par le travail de Dumézil sur la trinité des dieux (Jupiter, Mars, Quirinus) dans toutes les civilisations. C’est aussi un nombre très important en physique. C’est aussi le chiffre clé de la dialectique.

Le renouvellement des groupes dirigeants et la production d’un sens de la société est fondamental si on veut sauver la démocratie. Sinon, on passera de l’actuel «dégagisme soft», à un «dégagisme hard». Et les soi-disant élites politiques seront balayées. C’est arrivé si souvent dans l’histoire…

Si je devais avoir un modèle politique, ce serait plutôt le Joseph de la Bible. Il agit. Et il pense… Il incarne l’intelligence, la vision, la tolérance, la sagacité, l’humilité, la capacité à pardonner, l’empathie; avec les princes comme les gens du peuple.

A mon sens, un intellectuel ne doit refuser aucune occasion de se confronter au réel, de mettre ses idées en pratique, de faire avancer les causes qu’il défend.

La BNF… C’est typiquement français: on a tout mis sur l’ancien (10 milliards pour ces quatre tours absurdes et laides) et presque rien sur le nouveau (un peu moins de 100 millions pour la numérisation).

J’essaie de faire le pont entre des domaines qu’on ne relie pas souvent: technologie, culture, politique, économie, histoire, religion, philosophie, musique, littérature, psychologie… J’ai plein de références, d’éclaireurs parmi lesquels Ibn Ruchd, Pascal, Giordano Bruno, Spinoza, Marx, Schumpeter, Braudel, Girard, Arrow, Thorn, Prigogine et tant d’autres.

Chef d’orchestre: c’est une activité très sérieuse, qui est d’abord un défi et un immense plaisir. C’est une activité très difficile intellectuellement, physiquement et sensuellement. Elle met en marche la totalité du corps et de l’esprit. Elle exige une forme de communication unique avec d’autres êtres humains, qui ne s’apparente à rien d’autre de connu… C’est pour moi la preuve que, avec du travail, de l’exigence, du dépassement, l’humanité peut produire du beau. Même si je sais que les dirigeants d’Auschwitz faisaient jouer un orchestre dans le camp. Il n’empêche, la musique est l’ultime espoir de l’humanité.

Il nous faut une nouvelle classe de créateurs, de politiciens, d’enseignants, de paysans, d’entrepreneurs positifs. Et il y a tant à innover pour créer cette société positive!

On ira jusqu’à rémunérer les jeunes pour se former et pour pouvoir acheter les objets nomades nécessaires à cette formation, et préparer leur usage ultérieur tout au long de la vie.

En 1988, j’expliquais déjà que l’économie financière était devenue plus importante que l’économie réelle. A l’époque, c’était 10 fois plus important. Aujourd’hui, c’est plus de 100 fois… La dette est la mesure de la procrastination.

On assiste aujourd’hui à une globalisation des marchés sans globalisation de la règle de droit, et encore moins de globalisation de la démocratie, qui au contraire s’affaiblit. Ce qui conduit à l’aggravation des inégalités, de la criminalité, au refus du long terme, aux désordres de l’environnement.

Si le marché global l’emporte, sans une gouvernance globale, il donnera plus de pouvoir aux détenteurs des données et artificialisera les services; les hôpitaux deviendront des cliniques privées, puis des robots, puis des prothèses, nourries par les informations fournies à des intelligences artificielles. De même pour l’éducation.

L’hyper-empire créera une accumulation extrême de contradictions: sur le climat, l’environnement, les inégalités, la violence, la peur du déclassement de soi et de ses enfants, le communautarisme, le refus des autres et de l’universalisme. La moindre étincelle pourra y déclencher un conflit général.

Si on s’enferme dans l’identité, on est mort! Et si on n’est que voyage, on est vide.

Depuis de longues années, la gauche n’incarne plus les revendications des classes populaires. Elle est émiettée, elle n’a plus de vision de l’Histoire, de projet, de stratégie. Elle n’a pas de réponse à la peur du déclassement des générations futures.

La social-démocratie, ni par ses théoriciens, ni par ses partis, ne cherche en rien à réfléchir aux enjeux nouveaux de la globalisation, de l’artificialisation du vivant, de la perte de l’identité humaine, des nouvelles formes de l’aliénation.

J’en suis sorti convaincu qu’on a tout à gagner à l’altruisme. Sans renoncer à l’exigence d’excellence, qui est d’ailleurs encore plus facile à atteindre par l’entraide. Plus encore, il faut apprendre le plaisir d’apprendre, la curiosité, la niaque, apprendre à trouver du plaisir à un usage non marchand du temps.

Ce qui change vraiment dans le monde, ce sont les idéologies et les technologies. Les technologies utilisées différemment selon les idéologies. Regardez ce qui se passe en Chine, en Russie, aux Etats-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne, où les technologies sont utilisées pour dévoyer la démocratie. Il faut d’abord vaincre ce poison!

La fraternité (ou l’altruisme) permettra l’avènement d’une société positive planétaire, protégeant le propre du vivant, i.e. sa capacité à penser, à transgresser, à se révolter, à changer d’avis, à rester mortel, fragile et amoureux.

S’il était sérieux, un gouvernement mondial ne s’occuperait que des questions d’importance mondiale. Préserver le vivant, faire respecter les droits humains, définir un prix unique du carbone sur la planète à 100 dollars la tonne, définir clairement les limites du clonage, maîtriser l’intelligence artificielle.

Le problème, c’est que la plupart des gens se résignent à ne pas devenir eux-mêmes. Ou ils y renoncent en chemin.

Aristote est un personnage absolument central de l’histoire de la pensée occidentale… Il émet aussi l’idée d’un temps infini dans l’avenir et dans le passé. Il a l’idée d’un Dieu unique, qu’il nomme le «premier moteur».

Pour le judaïsme, c’est différent: Dieu s’est retiré et a laissé à l’homme le soin de finir sa tâche, de réparer le monde, de faire que le monde soit meilleur. Donc, il a rendu l’Homme libre de faire le Bien ou le Mal.

On est juif si on a donné une éducation juive à ses enfants. L’essentiel, c’est la transmission.

Donc, quand vous devez cinq choses aussi lourdes que Dieu, la Bible, Jérusalem, l’argent et l’espérance à quelqu’un, vous êtes inévitablement conduit à le détester pour justifier l’oubli de la dette…

La France a donc toujours été trop riche pour se donner les moyens d’être une superpuissance ; elle n’a manqué de rien… Les Français n’ont jamais ressenti le besoin de se dépasser collectivement pour survivre.

Nos rois, puis nos présidents et nos partis politiques ne se sont jamais intéressés à la mer, au mouvement, à la mobilité, à l’accueil des autres. On a une surreprésentation politique du monde rural. Il y a plus de communes en France que dans la totalité des autres pays d’Europe.

J’ai esquissé ce que serait une société positive, i.e. socialement, écologiquement et démocratiquement durable, c’est-à-dire altruiste, au service des générations à venir.

Ce qui m’est apparu très vite, c’est que la relation à la mort (et à la souffrance physique et morale) est le principal déterminant, la clé, de toutes les organisations sociales.

Le chantage à la mort et au coût de la santé conduira sans doute à une résignation, à l’abolition de la confidentialité de ses données personnelles.

Chaque être humain meurt trois fois: mort mineure, mort majeure et mort absolue. La mort mineure, c’est la mort physique, celle qu’on nomme traditionnellement la «mort». La mort majeure, c’est la fin de toute lignée, de toute descendance identifiable. Et la mort absolue, c’est quand plus personne ne se souvient de ce qui était rattaché à vous et à votre lignée.

La vie continuera sans doute sur la Terre bien après que l’espèce humaine aura disparu de cette planète, satellite d’une étoile parmi les milliards d’étoiles de notre galaxie, qui n’est qu’une parmi les milliards de galaxies dans notre Univers… Faut-il pour autant négliger de comprendre notre raison d’être? Non, il faut encore et encore la chercher. Ne jamais se résigner à penser qu’il n’y en a pas. Là serait la véritable mort de l’espèce humaine : se résigner à penser que nous n’avons pas de raison d’être.

 

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Blue Pearl de Paula Jacques - Gallimard Jeunesse

Coup de cœur de Mlle Jeanne: Eliza Burlington vit paisiblement à Little Africa, un quartier noir de Washington. Rien n’est venu remuer son passé avant cette femme blanche, richement vêtue, sur le pas de sa porte. «Je m’appelle Helen Williams, je collectionne les poupées noires.» Lizzie retrouve sa poupée, Blue Pearl, dans les mains de cette collectionneuse. Elle ne lui appartient plus mais ses souvenirs, eux, refont surface. Depuis son enfance d’esclave auprès de sa mère Abigail à ses premiers pas de jeune femme libre, Lizzie se souvient et raconte avec émotion sa vie dans une Amérique esclavagiste et ségrégationniste.

L’histoire est fictive mais l’auteure a été inspirée par l’exposition Black Dolls, à la Maison rouge de Paris (aujourd’hui définitivement fermée) en 2018, pour écrire son roman.

Blue Pearl est un roman émouvant et captivant qui m’a beaucoup plu! Lizzie est une vieille femme quand on la rencontre mais c’est une petite fille qu’on apprend à connaître au fil du roman. De sa vie d’esclave, elle se souvient de toutes les injustices, jusqu’aux terribles événements qui la pousseront à fuir. Le simple nom d’une poupée fait rejaillir une foule de souvenirs poignants qui nous font voyager dans une époque malheureusement pas si lointaine…

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