A Livr'Ouvert

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Clin d'œil de la semaine

Littérature de janvier

Frantumaglia ; l'écriture et ma vie Frantumaglia ; l’écriture et ma vie d’Elena Ferrante - Gallimard

«Ma mère m’a légué un mot de son dialecte qu’elle employait pour décrire son état d’esprit lorsqu’elle éprouvait des impressions contradictoires qui la tiraillaient et la déchiraient. Elle se disait en proie à la frantumaglia.» C’est autour de ce mot, du sentiment d’instabilité qu’il évoque, que ce recueil de textes d’Elena Ferrante s’articule. Lettres échangées avec son éditeur, entretiens, correspondances sont les pièces hétérogènes d’une mosaïque qui éclaire la démarche de l’écrivain et invite le lecteur à entrer dans son atelier. En revenant sur ses romans, de L’amour harcelant à la saga L’amie prodigieuse, Elena Ferrante prolonge sa recherche autour des thématiques essentielles de son œuvre: le rôle de l’écriture comme tentative de recomposition d’une intériorité morcelée, l’univers féminin, la complexité de la relation mère-fille, Naples. À travers la multiplicité des écrits rassemblés, Frantumaglia offre un parcours original dans l’univers littéraire d’Elena Ferrante, ainsi que l’autoportrait inédit d’un écrivain à l’œuvre.

Ces femmes-là Ces femmes-là de Gérard Mordillat - Albin Michel

«Personne n’avait jamais entendu un tel rugissement. Personne n’avait jamais vu ça: les jeunes, les vieilles, les vierges, les prostituées, les amoureuses, les musulmanes, les Africaines, les Asiatiques, les échevelées, les tondues, les sévères, les robes rouges, les pantalons noirs, les beautés, les disgraciées, les en fauteuil, les béquillardes, les sirènes, les gorgones, les talons hauts, les chaussures basses, les myopes, les lunettes noires, les battues, les battantes, les voilées, les seins nus, les callipyges, les hurleuses, les timides, les grandes, les petites, les grosses dondons, les fils de fer, les roploplos, les œufs au plat, les révoltées, les rebelles, les révolutionnaires… Elles étaient le chaos, l’insurrection.» Après La Tour abolie et La Brigade du rire, Gérard Mordillat capte, à travers une multitude de destins individuels, la puissance d’une action collective. Épique, politique et humaine: une fresque visionnaire.

La vengeance du loup La vengeance du loup de Patrick Poivre d’Arvor - Grasset

Charles s’ennuie ferme sur les bancs de l’école. Mais au fond de lui, le jeune garçon sent que sa vie est ailleurs. Il brûle d’un appétit vorace et ses rêves sont hantés par les plus hautes destinées. À douze ans, Charles perd sa mère. Elle était tout pour lui: sa confidente, son inspiratrice, son idole. Sur son lit de mort, elle lui révèle qu’il n’est pas le fils de l’homme qu’il croyait être son père. Son père biologique se nomme Jean-Baptiste d’Orgel, un acteur connu du grand public. Le monde de Charles s’écroule, il ne lui reste que son ambition… Adolescent, Charles confronte son géniteur: Pourquoi les a-t-il abandonnés, lui et sa mère, sans jamais chercher à les revoir? Et voici qu’une autre histoire de fils orphelin surgit, qui plonge ses racines dans les années 40 en Algérie. Guillaume, le père de Jean-Baptiste, y avait vécu une grande histoire d’amour clandestine avec une jeune algérienne, Amina, qui sera violée par trois fils de colons. Mais faire appel à un milicien factieux pour l’aider à punir les violeurs, quand on est fils du gouverneur général, ne peut que conduire à des tragédies… En aidant son jeune loup à accéder aux plus hautes marches du pouvoir, le vieux loup va venger sa lignée maudite: attaché de cabinet, député, ministre, le jeune ambitieux monte dans l’ombre d’un certain Victor Exbrayat, qu’il finira par trahir et par «tuer» pour prendre sa place. Des années de l’Algérie française aux palais nationaux, La Vengeance du Loup offre une grande fresque qui nous fait pénétrer dans les arcanes du monde politico-médiatique français.

Sérotonine Sérotonine de Michel Houellebecq - Flammarion

«Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq. Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman - son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.

Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.