A Livr'Ouvert

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Clin d'œil de la semaine

L'antisémitisme de Vichy à nos jours

Vichy et les juifs Vichy et les juifs de Michaël R. Marrus et Robert O.Paxton (Livre de poche - 9,90€)

Dans ce livre, qui fut un événement lors de sa première parution en 1981, les historiens nord-américains Michaël R. Marrus et Robert O. Paxton révélaient que la politique antisémite menée en France dès l’été 1940 était due au seul gouvernement de Vichy, sans pression directe allemande. À l’époque, la question de la responsabilité du régime de Vichy n’était déjà plus complètement refoulée mais le sujet était traité en marge et l’accès aux archives françaises et allemandes extrêmement laborieux. Beaucoup de choses ont changé depuis (ouverture des archives, reconnaissance du rôle de l’État français dans la déportation des Juifs, etc…) et ont permis aux auteurs d’étudier une matière abondante pour approfondir et affiner leur démonstration. Une synthèse devenue un classique dans le paysage intellectuel. Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Ce livre démontre qu’il reste encore beaucoup à découvrir.

L'Etat contre les juifs ; Vichy, les nazis et la persécution antisémite L’État contre les juifs de Laurent Joly (Grasset - 20,90€)

Répondant à une série de questions clés, Laurent Joly renouvelle profondément l’histoire de la persécution des juifs sous l’Occupation et balaie bien des idées reçues. Pourquoi, dès l’été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite? Pourquoi a-t-il accepté de contribuer aux déportations massives décidées par les nazis en 1942 et d’assumer pleinement ces opérations, à Paris comme en zone libre? S’appuyant sur de nombreuses sources inédites, restituant les marges de manœuvre des agents et les effets concrets de leurs décisions, Laurent Joly écrit une histoire incarnée, au plus près des exécuteurs, des victimes et des témoins. Le lecteur apprendra ainsi que le statut d’octobre 1940 n’est pas une simple transposition de la tradition antisémite française: Vichy cherche surtout à suivre le modèle nazi. Sur le Vel d’Hiv, il découvrira une histoire qu’on ne lui a jamais racontée: l’opération du point de vue policier. Enfin, il réalisera que l’idée selon laquelle la persécution des juifs a été occultée par la justice de l’épuration mérite d’être fortement nuancée. Au bout du compte, l’auteur montre que si toute la puissance de l’État a été mobilisée pour persécuter puis rafler les juifs, les logiques propres à l’appareil étatique, ses objectifs contradictoires, ses pesanteurs et finalement les résistances ont contribué à ce que la majorité des juifs de France, frappés de plein fouet par la persécution, échappent malgré tout à la mort.  

Ils étaient juifs, résistants, communistes Ils étaient juifs, résistants, communistes d’Annette Wieviorka (Perrin - 25€)

Ils s’appelaient Victor Zigelman et Henri Krasucki, Sophie Szwarc et Yanina Sochaczewska, Jacquot Szmulewicz et Étienne Raczymow, Paulette Shlivka et Esther Rozencwajg. Le plus jeune, en 1940, avait quatorze ans, le plus âgé moins de trente. Eux ou leurs parents, nés en Pologne ou en Roumanie, étaient venus en France chercher du pain et la liberté, la sécurité aussi croyaient-ils, car tous étaient juifs. Tous également étaient ou devinrent communistes, et résistants organisés au sein de la main-d’œuvre immigrée (MOI). L’histoire de ces quelques centaines de jeunes gens, enfants de Belleville ou de la rue des Immeubles industriels à Paris, est restée largement méconnue. Pourtant, son importance est déterminante pour la communauté juive elle-même, mais aussi pour l’histoire de la Résistance et de celle, si discutée, du PCF pendant l’Occupation. L’oubli qui les a frappés est d’autant plus surprenant qu’ils payèrent leur action d’un prix démesuré. Seule une minorité en réchappa. De quel poids pesa leur identité juive, qui faisait planer sur eux une menace permanente, par rapport à leur engagement communiste, qui subordonnait tout à la défense de l’Union soviétique? Ce dilemme fut dramatique pour beaucoup d’entre eux, notamment pour la sulfureuse Lucienne Goldfarb, dite «la Rouquine», dont un destin extraordinaire fit après la guerre une tenancière de maison close amoureuse de l’opéra. Ces portraits éclairent une page trouble, héroïque et polémique des années noires, qui continuent de hanter la mémoire collective. 

Le nouvel antisémitisme ; avatars d'une haine ancestrale. Le nouvel antisémitisme d’Henri Deleersnijder (Renaissance du livre - 22,90€)

Toulouse mars 2012, Bruxelles mai 2014, Paris janvier 2015, Copenhague février 2015. On tue à nouveau des Juifs en Europe, soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne. On y profane des cimetières juifs et on y moleste des personnes simplement parce qu’elles sont juives. D’où vient cette haine protéiforme? Comment s’explique, quelques décennies à peine après la Shoah, le retour de l’antisémitisme sur le Vieux Continent? En quoi se différencie-t-il de l’antijudaïsme qui l’a précédé durant des siècles? Et quid de l’antisionisme actuel, cette hostilité à l’État d’Israël qui pourrait bien n’être que le cache-sexe d’une ancestrale judéophobie? C’est à ces diverses questions, à coup sûr interpellantes, que tente de répondre ce livre à l’actualité brûlante. Il vise à faire prendre conscience de la dangerosité à laquelle s’expose notre société si elle se laisse entraîner non seulement par les théories du complot et du négationnisme, mais aussi par les funestes passions de la xénophobie et du rejet de l’Autre en général - musulman et rom en particulier. Il y va de la pérennité du vivre-ensemble.