Mort sur le net de Christian Grenier Ed. Rageot

« Mort sur le Net » est le tout dernier volet des aventures de Laure-Gicielle, surnommée Logicielle, jeune lieutenant de police spécialisée en informatique.

Cette fois la victime est retrouvée morte dans sa chambre, tuée par une épée de collection qui lui appartenait, alors que la porte d’entrée est fermée de l’intérieur ! On pourrait penser à un suicide, mais Logicielle est persuadée que ce n’en est pas un.

D’abord, l’épée devait être rangée avec les autres dans une vitrine. Elle en a été extraite violemment puis l’assassin l’a emporté, laissant un message sur l’écran d’ordinateur : « Par le fer par le feu par le net »…

Cette fois, Christian Grenier nous fait découvrir certains passages de l’histoire de Jeanne d’Arc. Il se passe plein de choses inattendues et surprenantes au fil des pages. La technologie est présente et comme dans beaucoup d’ouvrages de Christian Grenier, il y a une part d’amour dans cette série : Logicielle et son adjoint Max sont amoureux et espèrent se marier…

J’ai voulu en savoir plus sur cette héroïne de roman et j’ai donc posé quelques questions directement à l’auteur, Christian Grenier… grâce au Net:

1) Qu’avez-vous ressenti en écrivant ce livre “Mort sur le Net”?

C’est toujours pour moi un plaisir et une angoisse.

Un plaisir parce que ces enquêtes me permettent, de récit en récit, de peaufiner l’image de mon héroïne et d’enrichir le cadre du récit avec des relations de plus en plus complexes entre tous mes personnages : le commissaire Germain s’éloigne de plus en plus depuis qu’il envisage de refaire sa vie avec Andre Connely, la jalousie de Max s’exacerbe avec cet inconnu qui semble vouloir prendre contact avec Logicielle – sans parler de Delumeau, de Jean-François, du docteur Waquier… et bien entendu de ce frère énigmatique qui semble rechercher sa soeur – à moins qu’il ne la connaisse déjà mieux que le lecteur ne le soupçonne ?

Bref, il est pour moi très excitant d’utiliser cette vaste panoplie ( Kostovitch, Tony, etc. ) et d’enrichir le passé de mon héroïne, un passé souvent suggéré et parfois révélé : ainsi, ma nouvelle Mon frère Hacker permet au lecteur d’apprendre enfin dans quelles circonstances Logicielle a perdu ses parents.

C’est aussi une angoisse dans la mesure où je ne cesse de naviguer entre deux écueils toujours possibles : me répéter ( donc décevoir le lecteur ) et franchir des limites qui heurteraient sa sensibilité ou ses espérances.

En même temps, je voulais que ce récit

2) Avez-vous envie de continuer à écrire d’autres aventures de Logicielle?

Un écrivain est toujours flatté de constater que ses histoires captivent des lecteurs en grand nombre.

Le jour où le public se lassera, où les ventes baisseront, où l’enthousiasme et la curiosité seront en berne, l’envie de relater les enquêtes de mon héroïne s’émoussera, je le crois, au même rythme.

3) Est-ce que vous avez senti que votre façon d’écrire changeait au fil des aventures de Logicielle?

Ma façon d’écrire ne cesse d’évoluer – malgré moi !

La vérité, c’est que je n’ai relu aucune des enquêtes de Logicielle depuis leur parution.

Si je “possède” en moi le détail des caractères et des actions de mes personnages, c’est parce que je consacre de longs mois à peaufiner le livre dans ma tête… avant de consacrer deux ou trois mois ( un an, pour Cinq degrés de trop ! ) à leur rédaction.

Je n’ai pas l’impression, cependant, que ma façon d’écrire ce type de récits ait énormément changé.

Certes, je crois que l’écriture de @ssassins.net est plus soutenue, plus littéraire que celle de Big Bug, par exemple… mais c’est le contenu du roman qui détermine souvent une modification de l’écriture. Evoluer dans le Paris du XVIIe siècle nécessite un style plus soigné qu’un thriller se déroulant de nos jours, surtout quand les dialogues entrent en jeu.

D’ailleurs mon éditeur me reproche parfois des “dialogues trop soutenus et littéraires”.

4) Est-ce que maintenant que vous êtes rentré dans des histoires policières, vous pensez que vous pourriez écrire de nouveau des romans fantastiques ou de science-fiction?

Ecrire des romans policiers ne m’a pas empêché, pendant quinze ans, de continuer à publier… toutes sortes de récits ! Des albums, des nouvelles, des romans historiques, des récits résolument rangés dans le fantastique comme Je l’aime, un peu, beaucoup, Le métronome magique ou le très récent Toi, Lumière de ma nuit.

Certes, le succès des “enquêtes de Logicielle” m’a entraîné à écrire moins de science-fiction – même si,depuis la parution de Coups de théâtre ( en 1994 ), j’ai publié de nombreux ouvrages relevant de la SF, ne serait-ce que mes six volumes d’Aïna, la fille des Etoiles ( entre 1995 et 1999 ), ou les quatre volumes de La Musicienne de l’Aube ( en 1997/1998 ) ( repris l’an dernier en un seul gros volume chez Bayard ).

J’ai aussi publié…

Virus LIV 3 ou la mort des livres ( en 1998 )

Le seigneur des neuf soleils ( en 2 000 )

Allers simples pour le futur ( en 2002 )

Le soleil va mourir ( en 2002 )

Un amour d’éternité ( en 2003 )

Ecoland ( en 2003 )

L’éternité, mon amour ! ( en 2007 )

Robinson des étoiles ( en… 2008 )

Et tous ces romans relèvent de la SF !

Le roman policier ( je n’en fournis qu’un tous les deux ans en moyenne ) ne m’a donc pas fait renoncer aux autre genres littéraires !5) Pensez-vous que Logicielle finira par se marier ce qui serait exceptionnel pour une héroïne de roman policier ?

Oui.

Il est évident que si les “enquêtes de Logicielle” se poursuivent, elle se mariera !

Il est impossible de faire l’impasse sur un mariage qui a été promis dans Big Bug, ébauché ( sur le plan virtuel ) dans Cinq degrés de trop – et confirmé dans Mort sur le Net, où seule la date ( prochaine ) reste à fixer !

S’il y a une prochaine enquête de Logicielle, je vois mal comment je pourrais ignorer ces promesses, ces engagements. Certes, je peux tricher mais… pas de façon indéfinie.

Le mariage de Logicielle est pour bientôt, c’est une évidence.

Le risque est grand de marier Logicielle, je le sais ! D’abord parce que le suspens concernant ce mariage sera achevé, ensuite parce qu’une héroïne mariée risque de toucher un lectorat plus âgé.

Cela dit, je ne pense pas qu’un lieutenant de police marié soit si exceptionnel !

Depuis des années fleurissent, à la télévision et dans la littérature, des jeunes femmes qui cumulent la fonction de lieutenant de police et d’épouse, voire de mère au foyer !

Certains écrivains font mourir leur héros ( Conan Doyle pour Sherlok Holmes, Lecureux pour Rahan ! ) mais les lecteurs, alors, se rebellent !

Marier Logicielle est tout de même plus sympa que la faire mourir – ce qui serait pour moi plus facile, étant donné son métier !

Interview virtuelle de… Christian Grenier réalisée par Ilyana